Les lunettes (partie 2)
Le lendemain, Matt n'avait pas oublié sa promesse de t'inviter à sortir un soir. En fait, il t'avait pratiquement poussé dans sa Escalade dès la fin de la réunion mondiale.
"Whoa là, mon beau." Le prévins-tu alors qu'il enroulait ses bras autour de ta taille, son ventre collé à ton dos. Tu n'étais pas très fière de la façon dont le "rendez-vous" s'était déroulé en soi. Se faire interdire à tout jamais d'entrer dans le jardin d'Oliver n'était absolument pas sur ta liste de choses à faire, mais maintenant tu allais devoir endurer un dîner avec Feliciano si tu veux manger italien. "Je n'ai toujours pas oublié que tu as frappé notre serveur au visage." Lui grognas-tu dessus en croisant tes bras sur ta poitrine. Quelques rires forts retentissaient dans ton dos et tu sentis ton visage s'échauffer de colère et d'embarras, mais tu n'avais pas le courage de t'éloigner de lui. Putain de magie canadienne.
"Il était clairement en train de te draguer, alors j'ai décidé de le séduire... avec mon poing." Murmura-t-il, luttant pour cacher sa joie évidente. "D'ailleurs, je suis presque sûr de t'avoir entendu rire alors que le chef cuisinier nous chassait par la porte d'entrée."
"Hmph." Reniflas-tu avec dérision. En te tortillant dans sa prise, tu te dérobas à son emprise et tu te tournas vers lui, les mains sur les hanches comme si tu étais une mère sur le point de gronder son enfant. "Même si je l'étais, ça ne veut pas nécessairement dire que je m'amusais!"
Vous vous êtes juste regardés, le souffle visible en expirant dans l'air froid de l'automne, engagés dans une bataille silencieuse jusqu'à ce que Matt se remette à rire.
"Qu'y a-t-il de si drôle?" Lui Crias-tu dessus, gagnant quelques regards méfiants des passants de l'autre côté de la rue. Matt fit un pas en avant et te pressa doucement contre le capot de sa Escalade, ses mains enveloppant ton visage.
"Tu es tellement mignonne quand tu es en colère." Murmura-t-il en pressant ses lèvres légèrement gercées contre les tiennes.
Après cela, tout semblait être sur pilote automatique. La porte d'entrée de la maison de Matt s'ouvrit d'une quelconque façon et vous vous êtes tous les deux précipités dans le couloir, les lèvres scellées alors que vous vous arrachiez et déchiriez les vêtements de l'autre. Ton manteau fut jeté sur le piano de Matt et ensuite tu as été poussé contre le mur. Les lumières s'allumèrent, vous aveuglant tous les deux momentanément, mais vos visages ne se séparèrent pas une seule fois, même pas pour respirer. Tout ce que tu pouvais entendre, c'était le battement de ton cœur, le bourdonnement de tes oreilles, le halètement de Matt et le bruissement des tissus lorsque vos corps se pressaient et se fusionnaient ensemble.
Puis vous bougiez à nouveau, tes pieds peinant à se déplacer assez vite alors que Matt te poussa en arrière dans le salon. Tes mollets heurtèrent un objet et tu fus projeté en arrière, Matt s'effondra sur toi avec rien de plus qu'un "ouufff" pour indiquer qu'il avait remarqué que vous étiez tous les deux tombés sur le canapé en cuir.
"Tu étais vraiment obligé de porter une chemise à boutons?" Aboya-t-il, ses longs doigts tâtonnant discrètement sur le devant de ta blouse, alors qu'il essayait avidement d'arracher le vêtement en question. Tu te décalas, en essayant de surélever ta poitrine afin de pouvoir l'aider à déboutonner les boutons, mais cela n'avait pas d'importance car ta chemise fut déchirée, les boutons volant dans tous les sens. Tu produisis un son au fond de ta gorge pour indiquer ton mépris, mais Matt se contentait de plaquer sa bouche sur la tienne et de te bloquer dans un autre baiser brûlant.
Et maintenant, ses lèvres parcouraient tout le long de ton cou et mordaient au niveau de ton épaule, laissant de délicates ecchymoses sur ta clavicule. "Tu es mienne." Sembla-t-il dire, en te marquant dans des endroits que les gens pourront voir. Tu étais son territoire maintenant et il allait le faire savoir à tout le monde.
"Tu es un peu gourmand en ce moment, hein? Fais au moins des suçons dans des endroits où les gens ne pourront pas les voir, putain." Grognas-tu en passant tes doigts dans ses cheveux dorés, en forçant sa tête à descendre de plus en plus bas jusqu'à ce que tu sentes ton visage s'échauffer par l'envie. Il ne prit même pas la peine de répondre, pas quand il avait les doigts au travail pour défaire ton soutien-gorge et ses dents jouant avec la ceinture de ton pantalon. Il était trop concentré pour se soucier de ce que tu lui disais, et ne s'arrêterait probablement même pas si tu lui disais que tu avais la chlamydia. Mais bon, tu ne le fis pas et tu appréciais qu'il ne s'arrêtât pas, alors tu te mordais la lèvre et tu essayais de ne pas l'interrompre.
Tu reçus une bouffée d'air froid quand ton soutien-gorge se détacha de ta forme svelte et glissa sur le bois dur, ce qui te donna des frissons d'excitation le long de ta colonne vertébrale. L'attention de Matt était maintenant dirigée vers toi, ton visage en particulier, et tu ne pouvais pas t'empêcher de gémir un peu quand tu croisas son regard vorace. Ses cheveux étaient en bataille et n'étaient pas attachés en queue de cheval comme d'habitude, ses boucles douces tombaient autour de son visage de telle sorte qu'il avait l'air à la fois précieux et sauvage. Ses mains étaient maintenant à tes hanches, tirant légèrement sur la ceinture de ton pantalon, mais ses yeux ne vacillaient jamais lorsqu'il te fixait, et tu te sentis alors complètement essoufflée. Tu n'étais même pas sûr de voir le même Matt qu'hier quand tout ce qui l'intéressait était une pipe gratuite et qu'il ne te reparlerait plus jamais. Tu n'en étais pas tout à fait sûr, mais tu pensais vraiment que tu aimais cela et pendant une fraction de seconde, tu pensas que peut-être il aimait cela autant que toi.
Tu étais maintenant libérée de ton jeans et il ne vous restait plus que vos sous-vêtements, vous vous regardiez, haletant, et puis il vint au-dessus de toi. Ses lèvres se sont écrasées sur les tiennes, les dents s'entrechoquèrent ensemble de la manière la plus fantastique qui soit. Tu voyais des étoiles. Chaque fois que vous déhanchiez à l'unisson, ses doigts te griffaient la peau délicate de ton ventre et ton dos frottait contre le cuir du divan, tu jurais que c'était comme si les forces divines de l'univers qui étaient à l'œuvre. C'était le mélange de sensations le plus intense et c'était presque trop dur à supporter sans crier. Tes narines étaient imprégnées de l'odeur de la cigarette, ta langue était couverte de sa salive, tu étais complètement secoué par ses incroyables miasmes. Aucune expérience ne pourrait vraiment se mesurer à cela, du moins pas encore dans ta vie. Quelque part dans le fouillis de ton cerveau, tu te surpris inconsciemment à espérer que cela ne finisse jamais.
Le lendemain matin était pour le moins normal. Tu te réveillas dans le divan, enveloppée dans une couverture douce et moelleuse, avec un Matt introuvable. Au fond de ton esprit, tu ressentais une pointe de colère quand tu réalisas qu'il t'avait probablement laissé là, un sacré bordel qu'il ne voulait pas nettoyer. Au moins, il avait eu la décence de te donner une couverture.
En te levant, tu te précipitas dans la cuisine, bien décidé à remplir ton estomac complètement vide avec ce que Matt avait dans son frigo. Grognon, tu te frottas les yeux et tu t'approchas de la clinche du frigo, mais tu remarquas une note grossièrement écrite à la main et collée à l'aide d'un aimant. Tu l'arrachas du frigo et tu la regardas avec tes yeux endormis.
"Si tu n'as pas trop de douleurs, nous devrions recommencer un jour." Dis-tu à haute voix. Ton expression se contorsionne en une sorte de sourire hébété, sans savoir si tu étais énervé ou si tu avais chaud au cœur, une combinaison d'émotions que tu ne pouvais franchement pas supporter. En écrasant la note de papier dans ta main, tu la jetas à la poubelle et tu sortis de la cuisine pour aller dans la chambre de Matt. Pour l'instant, tout ce que tu voulais, c'était de dormir, mais peut-être que plus tard, à son retour, tu le convaincras de se racheter pour le fait qu'il t'ait laissée tomber si tôt, et tu avais justement une idée en tête.
En te laissant tomber sur son lit en soupirant, tu laissas tes yeux se fermer et tu te retrouvas à rêver de lui, et plus tard, quand il reviendra, tes rêves se réaliseront réellement (mais pas nécessairement de façon féerique). Tu le détestais parfois, et c'était peut-être un connard insupportable, mais tu ne voulais rien changer dans cette relation. Même pas après un million d'années.
