NETFLIX AND CHILL


- CHAPITRE 2 -

Strange


Quand Marco arrive au lycée, il est joyeusement accueilli par Sasha qui se tient dans le hall d'entrée.

Il comprend rapidement qu'elle n'a pas choisi d'être toute seule. Soit les autres l'ont abandonné, soit Conny n'est toujours pas arrivé. Dans les deux cas, elle ne s'est pas gênée pour attraper Marco à bout de bras afin que sa solitude soit comblée par une discussion matinale des plus banales. Mais ça ne le dérange pas, loin de là. Marco aime bien sa compagnie et son sens de l'humour très « pipi-caca » qui réussit toujours à lui voler un ou deux sourires. Par la suite, Reiner et Berthold se rejoignent à eux. La discussion vire rapidement sur les cours et particulièrement sur celui de sport qui arrive la semaine prochaine et qui promet d'être divertissant, selon les dires du blond. Tous les quatre décident finalement de monter jusqu'au deuxième étage afin de ne pas être en retard pour le premier cours de la journée.

Marco doit avouer qu'il s'entend un peu mieux avec les deux garçons qu'avec la brune. Il n'a pas envie de penser qu'une quelconque question de sexe est l'origine de cela - c'est ridicule et faux - mais il doit admettre que le silence de Berthold et les conseils de Reiner sont plus rassurants que les bruits de bouche de Sasha. Ils ne sont pas non plus ce que l'on peut qualifier de meilleurs amis, mais ils s'entendent assez bien pour être désignés comme proches.

Arrivant dans le couloir, les bruits des bavardages entre élèves lui saute au visage. C'est assez bondé pour une heure aussi tôt et Marco à l'impression d'avoir un mal de crâne. Mais heureusement, arrivé au bout du couloir, le bruit se calme et l'allée se vide petit à petit. Devant la salle de classe, seulement quelques élèves se tiennent accouder contre le mur ou bien assis par terre. En apercevant Conny, Sasha grogne et accourt vers lui et Reiner et Berthold se dirigent instinctivement vers Annie qui est seule, plongée dans ses pensées, écouteurs aux oreilles.

Et Marco regarde autour de lui, comme un chiot perdu. Mais aucune trace de Jean.

Heureusement pour lui, il ne reste pas bien longtemps seul avant que la professeure arrive et leur demande de rentrer dans la classe, en silence. Prenant une place au milieu, Marco se voit rejoindre par Mikasa qui s'installe à ses côtés. C'est assez étonnant et le brun ne sait pas trop quoi en penser. Puis il aperçoit Eren et Amin s'asseoir sur les deux places devant lui et devine tout simplement que Mikasa n'a pas d'autre choix que de venir ici si elle veut rester proche de ses amis.

Mais comme toujours, ça n'ennuie pas Marco. Rien ne l'embête.

Alors doucement, il sourit à Mikasa et enlève son sac à dos qui était positionné sur sa chaise pour le déposer par terre, vers ses pieds. Avant que l'appelle commence, d'autres élèves rentrent dans la salle de classe. Des visages plus fatigués que d'autres, des pas traînant sur le sol glissant et la tête quelque peu essoufflée de Jean. En le voyant dépasser le pas de la porte, Marco sent son cœur rater un battement.

En apercevant son bonnet quitter sa tête de façon désinvolte et ses cheveux légèrement ébouriffés, le brun croit revoir pendant un instant cette même expression qui s'était figé sur son visage la soirée d'hier. Mais malheureusement, Jean formule seulement un simple « bonjour » destiné à sa professeure et zigzague entre les tables. Son corps s'affale sur une chaise un peu plus loin et son regard traverse un peu la salle, mais ne vient jamais rencontrer celui de Marco. Un pincement réussit à se créer une place dans son cœur, accompagné d'une toute petite once de colère. Mais peut être que Jean ne l'a tout simplement pas remarqué, ou bien il essaye juste de ne pas traîner du pied à cause de son retard. Pourquoi Marco est aussi touché par cette indifférence ? Ce n'est pas comme si Jean avait l'habitude de le saluer tous les matins depuis deux ans... Mais quelque part, au fond de lui, le brun pensait juste que les choses allaient être différentes.


Les cours de la matinée sont finies et le ventre de Marco cri famine. Avant de se le lever de sa chaise, il regarde une seconde si son portefeuille est assez rempli pour ce midi.

— Marco, tu viens ?

L'adolescent lève les yeux devant lui et tombe sur Reiner et sa main levée.

— Oui, attendez-moi !

Avec précipitation, il range ses affaires et dit rapidement au revoir à Mme. Zoe tout en s'engouffrant dans le couloir. Il tombe rapidement nez à nez sur Berthold, Reiner et Annie.

— C'est bon, on peut y aller. Reprend-il en souriant.

Sur le chemin menant au hall d'entrée, Reiner engage la conversation et Annie participe de façon active, mais toujours un peu nonchalante. De son côté, Marco demande à Berthold s'il a bien suivi le cours de physique-chimie et celui-ci lui répond positivement, ce qui ne le surprend pas tellement. Le grand brun est assez intelligent dans son genre et malgré son silence récurant, c'est toujours l'un des premiers à répondre aux questions des professeurs.

— Tu peux te mettre à côté de moi à seize heures, si tu veux. Je t'aiderai...

D'autres personnes auraient sûrement été mal à l'aise face à cette demande. Marco connaît pas mal de monde qui n'aime pas être pris pour des bons à rien, des incompétents en science et qui ont encore besoin de l'aide des grosses têtes pour comprendre un cours... Le jeune garçon pense que sa réflexion est tellement précise qu'il aurait été plus rapide de tout simplement dire Jean.

Mais au contraire, cela le ravit ! Il est rare qu'un type comme Berthold fasse le premier pas et cette attention est si gentil et si bienveillante que cela comble son manque d'attention assez récurant ces temps-ci.

— Oui pourquoi pas, merci !

En arrivant au hall, les quatre adolescents sont accueillis par une marée noire d'élèves se précipitant vers la sortie. Il faut croire que l'estomac de Marco n'est pas le seul à souffrir le martyr. En s'avançant vers la sortie, Annie s'éloigne petit à petit d'eux et attire l'œil de Marco.

— Tu ne manges pas avec nous ?

La blonde se retourne légèrement vers lui et son regard blasé se plonge dans ses grands yeux marrons.

— Je vais à la cantine. Je mange avec Hitch.

Et comme si le hasard faisait bien les choses, les trois garçons regardent la prénommée marcher derrière elle avec sa démarche et son rire éternellement condescendant. Elle est rapidement suivie par son groupe d'amis qui se constitue majoritairement de garçons et par la silhouette si familière de Jean qui saute directement aux yeux de Marco.

— OK, on t'attendra devant la cour alors. Répond Reiner en rebroussant déjà chemin vers la sortie.

Annie hoche seulement de la tête en signe d'approbation et s'avance déjà vers Hitch et Jean.

Pas une remarque, ni même un signe de main ou un simple regard. Le châtain paraît tellement dans ses pensées qu'il n'a même pas remarqué que son nouveau groupe d'amis se dirigeait déjà vers la cafétéria. Sans qu'ils ne s'en rendent compte, Marco et Berthold affichent tous les deux le même air maussade et rougissant. C'est avec la remarque taquine de Reiner que Marco le réalise et qu'il se dispenserait bien de paraître autant minable et ridicule aux yeux du monde.


La journée a été plus longue que prévue - c'est normal, c'est un vendredi. Mais habituellement, Marco ne paraît pas autant épuisé en fin d'après-midi. Il a l'impression d'avoir fait pieds et mains pour se donner bonne conscience et pour garder son air qui lui va si bien : celui de quelqu'un d'heureux et de souriant en toute circonstance.

Mais maintenant qu'il est tout seul dans ces escaliers interminables, il ne peut s'empêcher de souffler toutes les dix secondes et d'embrasser la frustration qui l'envahit. Les dernières heures passaient entre les chaises grinçantes et le froid du dehors l'a plus anéanti qu'autre chose. Heureusement pour lui, sa journée de torture se finit dans une heure. Alors il vaut mieux qu'il n'arrive pas en retard à son prochain cours s'il veut que celle-ci se passe le plus paisiblement possible.

En poussant la grande porte battante du couloir, le brun s'avance jusqu'à sa salle. Mais avant qu'il ne rentre, la porte de celle-ci s'ouvre brusquement et lui coupe le chemin. Entre la voix de la professeure en fond sonore et le bruit de la porte se refermant, Marco tombe nez à nez sur Jean.

Celui-ci paraît d'abord surpris puis agite rapidement son carnet scolaire dans les airs.

— J'vais faire un mot de retard.

Marco essaye de calmer les battements de son corps et recule un instant en voyant leur proximité.

— Ah... J'imagine que moi aussi alors. Répond-il en levant un sourcil.

Jean semble approuver et commence à rebrousser chemin.

Ce qui agace Marco n'est pas la présence de Jean, mais plus le fait qu'il doit faire demi-tour. Bien au contraire, toute l'incompréhension et la frustration qu'il gardait en lui depuis le début de la journée vient de s'évaporer en un instant. Jean marche enfin à ses côtés comme si de rien n'était et Marco ne peut pas être plus heureux.

Les deux adolescents restent d'abord silencieux pendant un moment. Seul leur pas dans les escaliers forment un semblant de son d'ambiance et le carnet se froissant sous les doigts de Jean la preuve qu'ils ne sont pas deux zombies marchant côte à côte.

— T'es arrivé en retard pourquoi ? Demande enfin Marco en tournant son visage vers lui.

De près, il remarque les légères goûtes de sueurs qui deviennent quelque chose de très récurant chez Jean ces temps-ci. Le prénommé rapproche discrètement ses sourcils tout en parlant très bas :

— Je... Je faisais juste un truc rapide.

Le brun n'a pas le temps d'en apprendre plus que Jean se précipite vers la porte battante menant au hall d'entrée. Devançant Marco, il tourne à droite et se dirige vers le bureau de la vie scolaire. C'est rude et hostile, mais Marco préfère le suivre rapidement que de se poser plus de questions.

Arrivé devant le bureau, celui-ci paraît d'abord vide. En voyant une surveillante arriver, Marco sort lui aussi son carnet scolaire de son sac à dos et prépare d'avance son mot de retard.

— C'est pour, les garçons ?

— Retard. Réponds simplement Jean en s'approchant du bureau qui se tient devant eux.

Marco fait de même et se colle presque au châtain. En ne remarquant pas la gêne qui se créer entre les deux adolescents, la surveillante remplie silencieusement l'un des carnets tout en chantonnant.

— Vous êtes en retard pour... ?

— Je... j'étais aux toilettes.

La surveillante ne dit rien et fixe Jean en attendant sa réponse. Celui-ci reste d'abord silencieux tout en fronçant ses sourcils.

— Pareil.

Marco sent son estomac se tordre, mais il ne dit rien. Jean ment - comme il le fait souvent - mais là, il a l'impression d'être impliqué dedans sans son consentement. Est-ce que le brun doit être content de la confiance que lui porte Jean (c'est quand même son meilleur ami) ou bien incroyablement suspicieux (et même s'il l'est, il ne lui a rien dit).

— Ça doit faire trois ans que vous êtes ici et vous savez très bien que les toilettes ne sont pas une excuse, les garçons.

— Mais c'est la vérité. Rétorque immédiatement Jean, presque indigné et trop impliqué dans son mensonge.

— Heureusement que vous êtes tombé sur moi alors.

La surveillante, toujours un peu trop aimable avec eux, leur rend leurs carnets et Jean et Marco les prennent simultanément.

— Merci. Répond le brun, un sourire aux lèvres alors que l'autre garçon se dirige déjà vers le hall.

Qui y a-t-il de plus désagréable qu'un Jean incroyablement distant et pressé pour aucune raison ? Ça aussi, c'est quelque chose de récurant depuis quelque temps. N'importe la situation, Jean paraît impatient et veut sans cesse prendre les devants jusqu'à laisser Marco derrière lui. Peut-être qu'ils devraient en parler, ils sont tout de même ami. Marco se le répète mentalement depuis une dizaine de minutes comme s'il essayait de se prouver quelque chose.

Est-ce qu'ils peuvent encore être qualifiés de meilleurs amis après ce qu'il s'est passé ? Pourquoi quand Marco veut aborder le sujet, quelque chose bloque dans sa gorge ? Jean paraît tellement désinvolte et intouchable qu'il a l'impression que ce sujet de conversation est impensable. Peut-être que son ami fait comme si de rien n'était, peut-être qu'il regrette ou qu'il a honte. Toutes les inquiétudes de Marco lui reviennent en pleine face, comme un ouragan inarrêtable.

— T'es vraiment allé aux toilettes ?

La voix de Jean résonnant dans la cage d'escalier réveille presque Marco. Il lève subitement sa tête vers lui et le regarde pendant un instant. Submerger par les lumières artificielles et la pénombre qui se créer autour d'eux, Jean a l'air tellement beau. Il n'est pas plus élégant que d'habitude et beaucoup moins charismatique qu'il l'était hier soir dans son lit, mais sa normalité si désolante a le don de séduire Marco. Il n'y a bien que lui pour trouver quelques choses de séduisant chez un imbécile comme lui...

— Pour être honnête, non. Reprend Marco, souriant doucement pour lui-même.

Il arrive rapidement à rattraper Jean et les deux garçons montent les escaliers, moins rapidement que leur descente d'il y a quelques minutes.

— Comment tu as deviné ? Demande finalement Marco en le regardant.

— Bah, c'est pas dur. Je sais quand tu mens.

Cet aveu a le don de faire battre le cœur du brun. C'est assez évident en plus, Jean le connaît maintenant depuis deux ans de façon proche, ça serait presque vexant qu'il ne connaisse pas ce genre de chose sur lui. Marco le sous-estimait peut-être un peu trop. Avec toute la peine que Jean lui a causé depuis le début de la journée, le brun s'efforçait de se créer une mauvaise image de lui. Mais ces choses-là, elles ne se renient tout simplement pas... Marco et Jean sont meilleurs amis, qu'ils ne le veuillent ou non. Ce sont un duo.

— Ah bon...

— Ouais.

Un nouveau silence s'installe et Jean ne cesse de passer sa main dans ses cheveux. Depuis quand tout cela est devenue beaucoup trop gênant être eux ? À cette pensée, Marco fait la moue et poursuit :

— Je suis juste aller voir Daz pour qu'il me rende le gilet que j'lui avais prêté. Et étonnement, il l'a fait...

Jean fronce ses sourcils tout en posant sa main sur la rembarre.

— Faut vraiment que t'arrêtes de prêter des trucs à ce type. C'est un naze, il te rend jamais rien.

— Ouais je sais... Mais au bout de la cinquième fois, il le fait ! Faut être un peu persévérant, c'est tout.

Jean ricane un peu tout en détournant le regard.

— Bah cinq c'est trop. J'irai le voir s'il continue... T'es pas son pigeon.

Marco trouve tout ça un peu trop ironique. Il sait que Jean est le premier à lui demander de lui prêter - et même donner - quelques affaires quand l'idée lui vient. Il ne dit rien quand c'est le brun qui le fait de sa propre volonté, ni même un merci, et les autres ne font aucune remarque parce qu'ils sont meilleurs amis et que c'est son devoir entant que tel. Mais bizarrement, quand c'est une autre personne qui profite un peu trop de sa gentillesse, cela agace Jean et il est même prêt à défendre sa possession. Et même si cela sonne incroyablement dérangeant, Marco ne peut s'empêcher de sourire tendrement face à cette idée.

— Merci... prince charmant.

C'est sorti sans qu'il ne veuille vraiment... Les mauvaises habitudes semblent reprendre le dessus sans son consentement. Alors, la peur au ventre que la gêne s'intensifie encore plus entre eux et que Jean le prenne mal, Marco tourne son visage vers lui. Mais le châtain fronce simplement son nez tout en levant les yeux au ciel.

— Tais-toi.

Marco a à peine le temps d'étirer ses lèvres que la salle de classe se dresse déjà devant eux et que la voix de Mme. Zoe résonne un peu plus fort dans le couloir.

Ce moment de répit s'est passé beaucoup mieux que le brun ne l'aurait pensé, mais les formules de chimies se percutant dans ses oreilles lui remettent rapidement les idées en place. Mais avant de dépasser le pas de la porte, Jean le devance rapidement - encore une fois - tout en se collant à lui. Avec ce geste, la main froide du châtain vient se glisser maladroitement sur sa hanche, caresser les plis de son veston se situant sur son dos, puis disparaître complètement quand celui-ci s'engouffre dans la classe.

Marco reste d'abord surpris et extrêmement heureux et émoustillé par ce geste. Il essaye de le suivre sans que les battements de son cœur résonnent dans toute la pièce et que ses joues rouges illuminent tous ses camarades. Mais ça parait fichu d'avance.

La silhouette de Jean rejoint sa place, comme si de rien n'était et Marco s'avance avec maladresse vers la professeure de physique-chimie en lui tendant son mot de retard.

— Ah tu es là Marco ! J'ai failli te mettre absent. Va rejoindre Bertholt, il m'a dit que tu arriverais.

Marco ne sait pas vraiment ce que ce geste était censé être. Il connaît Jean depuis si longtemps que l'analyser n'est plus nécessaire, mais tout ça entre eux deux est nouveau et très perturbant. Peut-être est-ce une forme d'excuse ? Peut-être que Jean adopte ce genre de langage pour passer un message, mais ce n'est vraiment pas son genre. Quand son ami veut dire quelque chose, en général, il ne se gêne pas. Ou bien peut être qu'il en avait tout simplement envie de le faire et qu'il ne pouvait pas contrôler l'effet que Marco lui fait ?

— Merci d'avoir gardé ma place. Murmure l'adolescent en s'installant à la gauche de Bertholt

En signe de réponse, le grand hoche simplement la tête et continue d'écrire son cours tout en appuyant sa tête contre le mur. D'habitude, Bertholt n'est pas le genre de personne qui aime se mettre au fond de la classe. Mais il faut croire qu'il n'apprécie pas non plus être mis en avant et que les places à l'avant-dernier rang sont celles de prédilection pour lui.

En regardant autour de lui, Marco remarque qu'il n'est pas le seul à ressentir une fatigue de fin de journée des plus insoutenable prendre possession de son corps. Toute la classe semble somnoler et à deux doigts de faire une sieste. En jetant un coup d'œil derrière lui, le brun aperçoit même son camarade Eren dormir sur le rebord de sa table, cahier et trousse fermés. En général, quand il se retrouve punis au fond de la classe, c'est qu'il a sûrement dû trop bavarder avec Armin ou bien que la dispute entre lui et Jean fut beaucoup trop violente. Mais impossible, Jean n'était pas là... Il était trop occupé à passer sa main sur son dos tout en caressant sa hanche.

Une vibration dans la poche avant de son pantalon le retire de ses pensées. Marco n'est pas du genre à regarder son téléphone en cours, mais il doit avouer que celui de science n'est pas son préféré et que l'ambiance de la classe ne le motive pas trop. C'est donc avec discrétion qu'il tente de sortir son téléphone de sa poche et de la cacher dans sa trousse, entre stylo et bouts de gomme. En le déverrouillant rapidement, il remarque le message qui vient de lui être envoyé.

Arrête de mater Eren . beurk

Marco rougit et tourne instinctivement son visage vers Jean. Celui-ci est affalé contre sa table, le dos tourné et sa veste près de lui, sûrement pour éviter de se faire choper par Mme. Zoe en train d'envoyer des sms ridicules - et mignons - en plein cours. À côté de lui, Sasha profite aussi de sa cachette improvisée pour grignoter tout en écoutant les explications de cette stupide leçon. Marco a bien l'impression que personne ne compte être concentré pour la dernière heure qui suit.

Et toi arrêtes de me fixer, travail !

Lol

Tes parents sont absents où ils vont encore nous faire une apparition à l'improviste ?

Je sais pas, comme d'habitude

Tu veux venir à la maison ?

Peut être

Mais avant que Marco puisse répondre, Bertholt lui donne un léger coup de coude tout en cachant sa bouche avec sa main.

— La prof arrive... Murmure-t-il en regardant ailleurs.

Le brun sent son estomac se serrer et les premiers instincts de survie venir à lui. Il ferme rapidement sa trousse tout en faisant un bruit très peu discret et fait semblant d'écrire quelque chose sur sa feuille, n'importe quoi.

— Bertholt, redresse-toi s'il te plaît.

La professeure passe à côté d'eux et regarde rapidement leur bureau. Mais heureusement, seule la position du grand brun et le sommeil profond d'Eren a attiré son attention. Après avoir sermonné - avec rigolade - son second camarade, celle-ci fait le tour de la classe et laisse quelques secondes de répit à Marco pour finalement répondre :

Cool ;)