NETFLIX AND CHILL
- CHAPITRE 3 -
In my room
Quand ils arrivent chez Marco, les deux garçons sont accueillis par ce fameux silence qui paraît, dés à présent, si familier et beaucoup plus apprécier qu'avant.
Ils savent que ce calme est précieux et qu'il mérite d'être savouré avec plus de reconnaissance. Alors, en s'étirant discrètement, Marco contourne le salon et se dirige vers la cuisine afin de préparer quelque chose à boire. Pendant ce temps, Jean s'affale sur la table à manger qui se situe non loin du salon et commence à déposer ses affaires. Sûrement par habitude, il faut croire que le châtain est motivé pour réviser et commencer ses devoirs. Ce qui ne déplaît pas non plus à Marco, mais il aurait sûrement imaginé faire autre chose avec lui. Rien de sexuelle, bien sûr... Est-ce qu'ils sont même prêts à recommencer ? C'est bien trop bizarre pour lui de le revoir ici, comme si de rien n'était.
— Tu veux boire quoi ?
Jean ouvre sa trousse tout en cherchant le moindre objet qui n'est pas mâchouillé ou vide.
— Coca s'te plaît.
Marco prend deux verres, une bouteille de soda et décide enfin de déposer son sac à dos à l'entrée, non loin du porte manteau. En arrivant vers Jean, il remarque rapidement son air demi-concentré et demi tendu qui ne semble pas disparaître.
— Merci. Murmure-t-il en prenant le verre qui lui est donné.
— Tu veux faire quoi ?
La phrase reste un moment en suspens avant que Marco pointe du doigt l'agenda de Jean tout en s'asseyant à sa droite, comme si sa phrase se doit d'être plus clarifiée.
Le châtain hoche finalement des épaules tout en grignotant le capuchon d'un stylo (l'un de ses derniers survivants).
— Allemand... J'ai rien fait.
— Dis plutôt que tu n'as rien compris.
Jean sourit légèrement en tournant son regard vers Marco.
— Même si j'avais compris, j'aurais rien fait t'façon.
Que serait Jean sans ses petites phases de rébellion où de flemmardise qui sont pour lui synonyme de quelqu'un se voulant être « cool » et peut être, et honteusement, « bad boy ». Marco sait qu'il n'est pas du genre à se laisser aller et à détester l'école jusqu'au point de refuser de travailler. Au contraire, Jean a montré plus d'une fois son intérêt pour certaine matière et ses notes plus que satisfaisantes ont toujours l'habitude de convaincre sa mère de le laisser rentrer tard le soir - allez savoir ce qu'il fait. Peut-être qu'il ressent juste le besoin de prouver quelque chose aux autres, même à son ami.
— Bon bah t'inquiètes pas, moi je l'ai fait.
Marco fait un rapide aller-retour vers son sac à dos et revient rapidement à sa place en posant son cahier et quelques stylos. Jean le regarde pendant un moment puis prend finalement la parole quand Marco lui tend son devoir d'allemand :
— Non mais c'est bon... J'peux le faire tout seul.
Marco croit d'abord avoir mal entendu. Puis après quelques secondes, il rapproche discrètement ses sourcils en ne disant rien. Ça doit bien être la première fois que Jean refuse son aide, ou lui refuse tout simplement quelque chose. En n'y pensant, ce n'est qu'un simple bout de papier, mais Marco ressent un léger pincement au cœur. Il a l'impression de paraître quelque peu inutile à ses yeux, mais en même temps, l'indépendance que le châtain semble acquérir lui fait plaisir.
— T'es sûr ?
— Ouais, t'inquiètes. Répond Jean en commençant son exercice avec plus de concentration.
Marco le laisse alors seul pendant un moment. Il tue le temps en sirotant sa boisson, en relisant les dernières leçons (qu'il a déjà relus une bonne dizaine de fois) et en défilant toutes les informations plus ou moins intéressantes qui apparaissent sur son compte Instagram. Pendant ce temps, les bruits de stylo et les soufflements de Jean résonnent de façon régulière dans l'appartement. Mais sans qu'il ne le veuille vraiment, le léger ricanement de Marco semble le déconcentrer.
Jean, sa tête maintenue par sa main droite, tourne légèrement son attention vers lui. En voyant cela, Marco se calme un peu et rougi.
— Désolé...
— C'est quoi ? Murmure Jean en fronçant ses sourcils.
Marco sourit et décale légèrement sa chaise vers lui en pianotant sur son téléphone.
— C'est une vidéo, regarde.
Ce n'est pas vraiment le moment propice pour déranger Jean, mais lui-même semble un peu trop intrigué et quelque peu fatigué par cet exercice d'allemand qui ne finit jamais. Alors avec plus d'entrain qu'avant, le châtain glisse sa chaise vers Marco et vient se coller à lui. En positionnant son téléphone en face d'eux, le brun sent le coude de Jean se poser sur son épaule et sa tête se lover dans celui-ci. Plus proche qu'il ne l'aurait cru, Marco peut même sentir sa respiration au coin de son oreille. La vidéo défile à nouveau et sa concentration se focalise plus sur les petits ricanements de Jean qui créer de léger courant d'air sur sa nuque qu'autre chose.
— C'est ça qui t'a fait rire ? Reprend-il en touchant l'écran du téléphone afin de voir une autre vidéo.
— Bah oui... t'entends même son crâne cogner quand il tombe.
— T'es con.
En appuyant sur play, Jean ne se rend pas compte qu'il a aussi appuyé un peu plus fort sur le cœur de Marco. Celui-ci ressent à nouveau toutes les émotions, plaisantes ou non, qui se sont tiraillé en lui le jour précédent. Ça a le don de le démanger, mais aussi de tendrement s'enflammer en lui, comme une feuille prenant feu.
Il faut croire que les exercices de Jean et les révisions de Marco prennent une pause. Les vidéos ne dépassant pas plus de sept secondes défilent à la chaîne devant leurs yeux et la proximité qui s'est créée entre les deux garçons ne semble pas s'élargir. Entre deux rires, Jean s'est même autorisé quelques mouvements délicats et Marco plusieurs regards rougissants en son encontre. C'est après quelques instants que les doigts fins de Jean se hissent enfin au niveau de sa nuque et caressent subtilement - mais avec une once de maladresse - la nuque de Marco et la naissance de ses premiers cheveux. En s'entend ce contact froid et chatouilleux contre sa peau, il lui vint d'abord un rire. Puis ensuite, quand ceux-ci sont devenus plus insistants, une chaleur indescriptible le long de son cou, son cœur et son ventre.
Marco pense adorer ça. Il en est même sûr, ce genre d'attentions et de gestes si délicats et si doux peut rapidement le faire flotter dans l'air et lui faire toute oublier : l'indifférence de Jean, son refus face à son aide et même ses doigts qui sont vraiment trop froids. Alors, pendant les secondes où les bruits de la vidéo ont disparu de son champ auditif, Marco ose tourner son visage rougissant vers Jean. Celui-ci semble l'avoir regardé pendant un instant, sans dire un mot.
Le brun lève simplement un sourcil tout en souriant légèrement, voulant demander - de façon subtile - ce qu'ils allaient bien pouvoir faire maintenant. Alors en signe de réponse, Jean s'approche de lui, pose sa main sur le dos de sa chaise et lui vole un baiser.
Un simple baiser qui semble lui être familier, mais qui parait - et qui paraîtra toujours - aussi unique, à sa façon. Marco est tellement heureux qu'il en oublie la pause qui est censée ne durer que quelques minutes. Il initie même le prochain baiser, de façon plus intense et profonde. Entre deux coups de langue, Jean plonge pleinement sa main dans la chevelure du brun et fait grincer sa chaise dans un mouvement brusque. Tout est encore trop inattendu et soudain mais pourtant, les deux jeunes garçons trouvent une certaine routine dans ces embrassades trop inexpérimentées. C'est comme si après une journée entière à avoir fait de l'apnée, ils pouvaient enfin respirer entre leurs lèvres trop humides et leurs langues trop curieuses.
Marco est si comblé d'avoir retrouvé le Jean qu'il aime tant. Il pensait que ces moments d'intimités avec lui avaient disparu pour toujours... Mais l'excitation et l'énergie que semble faire preuve Jean lui enlève tout doutes. Il est là, près de lui, main dans ses cheveux et bouche contre la sienne. Il n'y a pas plus grande preuve d'amour et d'attention au monde que celle-ci.
— On monte ? Chuchote Jean en finissant le baiser.
Ce n'était vraiment pas dans les plans de Marco. Peut-être est-il tout simplement naïf, comme d'habitude. Mais les choses qu'il peut refuser à Jean se comptent sur les doigts d'une main. Alors en signe de réponse, il hoche simplement la tête et débarrasse à la va-vite la table avant de le suivre.
Jean paraît presque précipité. Ses pas, rapidement suivis par ceux de Marco, résonnent comme des tambours sur les escaliers tournants menant à la chambre du brun. Arrivés en haut, les deux s'engouffrent dans la pièce et ressentent instinctivement une chaleur naître au creux de leurs ventres. Tout est un peu plus sombre et intime qu'en bas. Comme enfermés dans un cocon, dans un endroit qui leur est familier et qui est marqué par leur présence, le reste devient beaucoup plus facile.
Marco s'approche même de Jean et l'aide à enlever son pull, dans le but d'accélérer les choses. Dans ce contact bref, ses doigts touchent furtivement sa peau nue et chaude. Quelques pensées qu'il n'aurait jamais osé imaginer ne cessent de s'accroître dans sa tête. Son cœur et son ventre s'enflamment au fil des secondes et comme en ébullition, son cerveau ne cesse de se brouiller. Il est impossible pour Marco de penser clairement ou de dire la moindre phrase sensée. Tout ce qu'il croit vouloir ne se résume qu'à une envie sauvage qui paraît trop démesurée pour être rationnelle.
Dans un mouvement rapide, le châtain s'assoit avec énergie sur le lit défait de Marco. L'admirant dans toute sa hauteur, ses regards fuyants et gênés se sont maintenant volatilisés pour laisser place à ceux plus avides et à un léger sourire. Les joues rouges et le souffle court, Jean souhaite secrètement que Marco le rejoigne. Alors il le provoque, comme il sait si bien faire. Il commence par caresser son corps en débutant des mouvements rapides et maladroits sur son torse nu, puis il descend sa main vers son ventre tout en effleurant son duvet qui mène le chemin vers la naissance de ses poils pubiens, un endroit trop intime pour laisser Marco indifférent. Puis soudainement, Jean s'arrête et observe son meilleur ami. Le regard de Marco est doux et plein de désir, le châtain à l'impression qu'il va fondre dans les secondes qui suivent. Alors pour inverser la tendance, le brun commence lui aussi à se déshabiller très doucement. Ses vêtements glissent le long de son corps et l'attente mélangée à de la frustration commence à creuser un trou dans l'esprit de Jean.
Le châtain ne bouge plus et silencieusement, seuls ses yeux suivent le mouvement des mains de Marco le déshabillant. Les vêtements tombent un à un sur le sol et il se retrouve en sous-vêtement, parsemé de ses taches de rousseurs si admirables et splendides. À cette vue, Jean dégluti et sent ses joues brûlées, comme le reste de tout son corps. En papillonnant des yeux, il croise rapidement ceux de Marco et laisse place à un silence intense.
Le brun s'approche timidement du lit et instinctivement, comme si l'envie lui brûlait depuis des heures, Jean vient coller son corps au sien. C'est encore une fois surprenant et irréfléchi. Lui qui a toujours l'habitude de voir clair dans les idées des gens, l'esprit de son meilleur ami est comparable à un casse-tête. Marco ne sait jamais à quoi s'attendre ou l'ampleur de toutes ses pensées plus confuses les unes que les autres qui s'entrechoquent dans l'esprit de Jean.
Alors voulant calmer les choses, le brun l'embrasse tendrement, tout doucement, dans le but de faire durer le moment. Mais Jean est plus vif, comme à son habitude. Alors il passe sa main sur la nuque de son ami, comme s'il savait parfaitement que cet endroit ne le laisserait pas indifférent. Puis discrètement, sans vraiment qu'il ne le contrôle, une danse sensuelle se crée entre les deux. C'est instinctif, presque comme un mouvement animal, mais c'est chaud et addictif. Un désir sauvage né de leurs deux corps commence à se peaufiner. C'est un moment planant et enivrant, telle une danse fugace prenant forme en mêlant leurs sueurs et leurs souffles courts.
Marco profite de ce moment. Il laisse le châtain poser ses mains sur ses hanches et le plaquer contre lui tout en diminuant l'espace entre eux deux, comme si cela est possible. Son basin ondulant contre le sien créant une indicible sensation. Les mouvements de Jean, d'abord maladroits, deviennent plus téméraires et farouches. Il le dévore d'abord tout entier, sa langue jouant avec la sienne. Sa bouche picore ensuite son cou, voulant laisser quelques traces en vint, et son désir s'insinue sous sa peau, court dans ses veines et enflamme tous ses sens. Les mains de Jean sont si merveilleuses, joyeuses et habiles. Elles remplissent Marco d'une joie immense et lui rappelle encore une fois que son ami n'est réellement heureux qu'avec lui, dans ses bras et son corps collé au sien. C'est peut-être une pensée égoïste et aveuglée par l'amour, mais elle est pourtant véridique à ses yeux.
Au son d'un millième gémissement, la main bien baladeuse et discrètement glissante de Marco se retrouve encore une fois piégée entre le caleçon de Jean et son membre durcissant. Enveloppés de pénombre, dans cet appartement vide et cette chambre étouffante, il ne reste qu'eux deux, sous le joug de cette irrésistible attraction et déchaînant leurs corps mais sans faire de bruit pour ne pas attirer l'attention qui les a autre fois traumatisée.
Non, la seule chose qu'il faut attirer est Marco vers Jean, ses jambes entre les siennes et sa hanche contre son bassin. Tout ce que veut le brun est l'embrasser passionnément, cueillir son premier et son dernier souffle de jouissance, lui tout entier, frémissant sous ses caresses, comme une vague de plaisir suivie d'un épuisement profond.
Alors sans vraiment y avoir fait attention, Jean se retrouve assit au bord du lit, les yeux clos et la main plongée dans la chevelure de Marco qui se situe entre ses jambes.
— M-Marco.
Réussit à susurrer Jean entre deux gémissements.
Du coin de l'œil, il le regarde pendant un instant en lui demandant s'il est bien sûr de vouloir faire ça. Et Marco hoche immédiatement la tête, comme si la question ne se posait même pas.
— Ok...
Jean n'aime pas dévoiler ses sentiments. Il n'est pas non plus muet comme une tombe comme l'est Annie, ou bien froid et distant comme peut le paraître Mikasa. Mais il a cette facette en lui qui le retiendra toujours de franchement exprimer ce qu'il ressent, tout en rejetant et en cachant ses sentiments sous de l'agacement et des mots déplaisants. Et d'un côté, Marco sait qu'il n'apprécie pas ce moment. Sous l'effet de l'euphorie et du plaisir, Jean perd tous ses repères et voit disparaître les murs qu'il avait eu tant de mal à construire autour de lui.
Mais son meilleur ami se délecte silencieusement de cette situation. Parce que pour une fois, son ami est à sa merci et il peut enfin tenir les rênes de leur relation.
Alors il essaye de se rappeler les techniques et les scènes obscènes qu'il avait pu voir entre deux vidéos érotiques, tout en se demandant si c'est bien la bonne chose à faire. Mais heureusement, Jean semble apprécier le contact de ses lèvres contre son intimité et ses doigts humides faisant des semblants de va-et-vient. Les sensations que produisent ces frottements ont le don de lui faire perdre pied. Jean ne pensait pas que les effets de ce geste allaient être aussi puissants - les acteurs porno ont toujours l'air si stoïque et si désinvolte.
Mais avant que le plaisir arrive à sa fin, Marco décide d'arrêter tout mouvement et d'observer son ami, comme si son visage lui manquait terriblement. Il s'approche de lui et semble rêver pendant un moment. Le brun a soudainement envie de dire quelque chose, n'importe quoi. Peut-être que c'est un peu trop tôt, que la situation actuelle décuple ses sentiments et qu'il se sentira bête d'avoir dit quelque chose qu'il va fortement regretter dans une heure. Mais le regard de Jean lui donne l'impression qu'il a compris. Enfin, c'est ce que Marco pense.
Les gestes sont toujours plus forts que les mots, alors avec vivacité, le brun se voit trainé sur le lit. Ses genoux quittent le sol et son dos vient percuter son matelas maintenant imprégné de leurs odeurs. D'abord surpris, Marco ricane doucement tout en essayant de se débattre. Mais les bras de Jean sont un peu trop resserrés sur lui et son poids en devient presque étouffant. Le brun est maintenant complètement à sa merci.
Jean vient lover son visage au creux du sien et quelques pointes de ses cheveux réussissent à piquer sa nuque. Son souffle chaud contre son oreille, le châtain essaye d'attraper Marco comme s'il était soudainement pressé ou bien soumis à une envie pressante. Son corps tout entier vient se plaquer contre son sexe et le brun s'offre à lui, mi impatient, mi effrayé. Même si pendant un instant, les rôles ont semblé s'échanger, être sous son emprise est un danger que Marco aime ressentir. Celui de prêter son corps pour nourrir sa faim, mais toujours de façon subtile et délicate. À présent, Jean ne laisse plus place au doute ni au retour en arrière.
Fermement, le châtain saisit Marco d'une main et vient passer l'autre entre ses jambes, tout en la glissant vers l'arrière, créant un contact entre ses doigts et la naissance de ses fesses. Puis vient le moment où l'esprit de Marco bascule complètement, contraint par l'excitation de le sentir. Pendant un moment, il se débat par principe parce qu'il aime bien se faire désirer, mais il a toujours l'espoir que Jean n'écoute pas ses jérémiades, mais uniquement son plaisir à cet instant précis.
Les mots ne suffisent plus. Ils sont maintenant inutiles et remplacés par de minimes et tendres soufflements. Les yeux vitreux et les lèvres humides, le brun se laisse encore une fois aller et suit les mouvements de ses doigts, comme une chorégraphie. Essayant de balayer toutes les informations qui submergent son cerveau - tout en gardant les plus utiles - Marco se répète encore une fois à quel point il est chanceux. Honteusement, il remercie la mère de Jean d'avoir mis au monde un garçon si talentueux avec ses doigts et ô combien il ne le mérite tout simplement pas.
Son meilleur ami ramène une nouvelle fois son visage vers lui, les yeux mi-clos tout en essayant de diriger ses lèvres vers les siennes. Mais sous l'euphorie et captivé par le plaisir qu'il procure, son plan se voue à l'échec. Son baiser se voulant baveux se transforme rapidement en léchouille désordonner mélangeant sueurs et salives.
— A... Attend. Réussit à murmurer Marco en fronçant les sourcils.
Une certaine douleur, nouvelle et plaisante, s'immisce en lui. Refoulant un grognement, Jean obéit et reprend de la hauteur. Il fixe son ami - intensément et de façon perturbante - comme si on l'avait coupé dans son élan.
Reprenant quelque peu son souffle, le brun respire lentement et lui explique - avec une once de gêne parce que ce n'est jamais facile à dire - qu'il commence à avoir mal et qu'un lubrifiant ne serait pas de refus. Mais Jean n'en a que faire. Du moins, c'est ce que Marco croit. Il ne semble pas mal à l'aise, confus ou même dégoûté par la demande de son meilleur ami. C'est comme s'il avait fait ça un milliard de fois...
Alors en réponse, Jean approche sa main de son visage. Pendant quelques secondes, il caresse tendrement sa joue rouge, puis ses lèvres pulpeuses et brillantes. Doucement, il vient créer une ouverture avec son pouce. Marco se laisse faire, comme toujours, pensant qu'il n'a pas trop le choix - et même s'il l'avait, il ne ferait probablement rien.
Puis soudainement, le brun sent son index et son majeur s'initier dans sa bouche. Comme prit de court, Marco a d'abord du mal à respirer. Il trouve le geste perturbant et très vulgaire. Mais au fur et à mesure, les doigts de Jean caressants sa langue, son palet et même les extrémités de ses molaires lui procurent un plaisir coupable. Voulant approfondir l'expérience, Jean tente même d'enfoncer un peu plus profondément ses deux doigts dans sa gorge. Et surprenant soit-il, ceux-ci n'ont aucun mal à se faufiler dedans.
Marco pense être témoin d'un fantasme assez pervers que lui cachait Jean et celui-ci ne lui dira probablement jamais que cette capacité qu'a le brun d'avaler ses deux doigts sans difficulté l'excite encore plus. Le châtain les retire finalement et inspecte pendant un instant la bave de son ami se coller contre sa peau et ses ongles. Rapidement, il concentre de nouveau son attention vers le visage de Marco et remet sa main où elle était précédemment.
Les gloussements du brun sont immédiatement remplacés par des gémissements sourds et réguliers. La chambre reprend petit à petit son rythme et le paysage dansant et voluptueux qu'elle avait délaissé pendant quelques secondes se dresse à nouveau.
Et cela continue pendant un moment, jusqu'à ce que le soleil finisse de brûler et que le ciel s'assombrisse...
