Akatcheta et Mayeka avaient parcouru en 1 mois la côte Sud de l'Angleterre. Mayeka était de plus en plus désappointé et déçus de voir que la médecine d'ici ne différait pas de celle pratiqué par la médecine des grandes villes non-magique de son pays. Akatcheta elle, travaillait pendant de longues méditations au milieu d'un cercle de bougies et après avoir récité quelques cantiques étranges dans une langue encore plus ancienne que la sienne, travaillait donc à calmer les esprits frappeurs, à fouiller les rêves des voisins et à se renseigner sur la vie de ce pays. Elle discutait avec les esprits errants qui avaient décidés d'attendre des membres de leur famille avant de rejoindre l'autre côté et qui traînais ci et là.

Elles avaient finalement décidé de s'installer dans un hôtel de Londres. Cette bâtisse d'apparence miteuse n'avait d'hôtel que le nom. Des rats se montraient de jours comme de nuits, les marches conduisant à l'unique étage craquaient à tel point que les jeunes femmes avaient peur de passer au travers à chaque pas. Elles partageaient une petite chambre, constitué d'un seul lit mais qui par miracle était double et d'une petite commode. La salle de bain, elle, était sur le palier. Les peintures s'écaillaient, le papier peint se déchirait, il régnait toujours une odeur de choux brûlé. Seul le réceptionniste mettait un peu de vie dans cette maison presqu'abandonné. Vêtu d'un costume effilé et au couleur bariolés, il semblait vouloir, malgré sa petite taille, remplir l'espace de sa voix et de ses exclamations de joie. Pour qu'elle raison éclatait-il de joie ? Pour tout et pour rien : pour avoir réussis à chasser un rat - qui de toute façon serait revenait 10 minutes après - pour avoir des clientes et les voir de bon matin, parce qu'il parlait avec elles, parce qu'il changeait leurs draps, pour avoir du travail tout simplement. C'est sa petite tête ronde et son sourire immense découvrant des dents écartées qui avaient fait se décider Akatcheta. Parce que « si le réceptionniste et gérant de cet hôtel est si joyeux, alors nous seront forcément bien ici ! » Ce qui n'était pas du tout du goût de Mayeka qui avait peur d'attraper ici une quelconque maladie. Mais leur budget était limité et la bonne humeur de cet homme dont le nom lui a échappé, permettait un peu à Akatcheta d'éloigner les esprits qui lui voulaient du mal. Car une femme capable de projeter son esprit en dehors de son corps pour entrer dans les rêves, ou, plus basiquement, pour enfermer les esprits malfaisants dans des pierres, était une cible vivante. Elle pouvait aller trop loin de son corps et ne plus pouvoir revenir, se faire posséder, certaine âme puissante pouvait même la blesser physiquement et psychologiquement. Alors c'est avec un soupir résigné et un demi-sourire que Mayeka accepta de loger dans cette masure.

Pestant contre l'idée saugrenue qu'elle avait eu de voyager pour accumuler des connaissances utiles pour le village. Elle entra en trombe, rageuse dans la chambre. Elle lança son sac sur le lit et avait à peine fini son geste qu'elle se rendit compte de sa bêtise. Akatcheta était allongé en travers du matelas, profondément endormis. Enfin elle était endormie avant de se recevoir un sac remplit de livres et de fiole sur la tête. Sa réaction instinctive ne se fit pas attendre. Se redressant vivement, elle lança une boule d'énergie vers la source du danger. Mayaka eut juste le temps de se baisser, créant un bouclier avant de se recevoir une deuxième salve, moins puissance, signe qu'Akatcheta se réveillait quelque peu. Celle-ci en effet, des cernes sous les yeux, les cheveux en pétard, l'air hagard et épuisé, une boule blanche au reflet bleuté, crépitant et laissant s'échapper des lignes électriques dans une main, commença à se rendre compte de qui elle attaquait.

- "Mayé ? Demanda-t-elle.

- Oui s'est moi. Répondit d'une petite voix la deuxième femme en se relevant. Elle avait conscience qu'Akatcheta ne se reposait que très mal ces temps-ci. Les yeux noirs de cette dernière se fixèrent sur son amie. Elle semblait pouvoir la tuer d'un simple regard.

- Tu te rends compte que c'est le seul moment que j'ai réussi à avoir pour me reposer ? Qu'il y a dans cette ville une proportion énorme d'esprit qui son mort inexplicablement et qui veulent des comptes ? Que l'explication « explosion de gaz », ou autres, donné à leur famille ne leur suffit pas ? Qu'ils sont tellement en colère que sans moi, cette ville serait envahie d'esprit frappeur ? J'ai déjà énormément de mal à les calmer pour qu'ils passent à l'autre monde. J'ai déjà dû en enfermer 3 ! S'énerva Akatcheta en élevant la voix et en montrant trois pierres dans des teintes sombre de gris qui étaient solidement attaché entre eux et entouré par des fils de cuivre, argent, or et fer.

Mayeka se dit que normalement, ces pierres seraient cachées à sa vue, dans une boîte solidement ensorcelée, et celle-ci caché dans un compartiment secret du sac brodé qui n'était jamais loin d'Akatcheta. Toutes ces précautions étaient faites pour que si jamais un sort de protection venait à tomber, elle, ou une autre personne passant par-là, ne soit pas tentée de libérer les esprits. Akatcheta devait être au bord du coma pour les laisser à la vue de tous. Mayeka se mordit la lèvre.

- Je sais Aka. Pardonne-moi.

Un grognement lui répondit tandis que son amie se rallongeait déjà. A peine quelques secondes plus tard, elle était de retour dans les bras de Morphe. Mayé soupira en se passe une main sur son visage.

- Il nous faut des vacances. » Conclu-t-elle.

Le lendemain midi, alors que sa meilleure amie mangeait comme quatre, elle lui exposa son idée.

« Et si on allait du côté des sorciers ?

Akatcheta resta figé la bouche pleine. Elle prit le temps de finir sa bouché avant de parler :

- Développe ton idée.

- Je me disais que, comme tu dois observer les esprits et les analyser, que tu l'as déjà fait ici chez les non-magiques et que de mon côté je n'avance pas avec leur technique non magique,…. Je me suis dit que… Peut-être… Pourquoi ne pas aller chez les sorciers ? Et puis, il paraît qu'il y a un passage par ici.

- Tu te rends compte à quel point c'est dangereux ? Ce Vol… Volcadavre-machin-chose est complètement détraqué. S'il apprend que des êtres comme nous sont dans le domaine sorcier...

- Je sais. Mais… Tu l'as dit toi-même. Le village est beaucoup trop hors de tout. Du temps, des avancées technologiques, des autres villes et de ce qu'il se passe. Il viendra forcément un jour ou l'autre à savoir notre existence. Et nous ne serons pas prêts.

- Laisse les sorciers s'occuper de leur progéniture dégénérée et restons planqué en observant de loin. C'est le mieux à faire.

Mayeka se renfrogna.

- Et s'il prend de plus en plus de pouvoir ? S'il arrive à ses fins ?

- Alors les sorciers sont plus idiots que je ne le pensais et il aura affaire à notre peuple. Mayé. Ce n'est vraiment pas une bonne idée. Dit Akatcheta d'un ton doux.

Mayeka s'énerva mais essaya de ne rien laisser paraître. Elle détestait par-dessus tout faire du sur-place dans son domaine.

- Et si une épidémie arrivait dans le village ? Et si je trouvais dans le monde sorcier, de quoi soigner la maladie des muscles-faibles ou de la pierre ? Et s'ils existaient déjà, ces remèdes ? Attendant juste que je ramène la recette au village ?

L'argument toucha Akatcheta de plein fouet. Son visage se décomposa et son amie s'en voulu. Elle crut un instant, en voyant les yeux noirs s'assombrir, recevoir une pluie d'insultes et pourquoi pas quelques maléfices, mais il n'en fu rien. Akatcheta se détendit, reposa sa fourchette, s'essuya la bouche du bout de sa serviette et reposa le tissu doucement sur la table. Elle fixa alors sa vis-à-vis, un sourire moqueur et carnassier aux lèvres.

- On essaie les points faibles comme argument maintenant ? Lança-t-elle sur un ton joyeux.

Mayeka baissa les yeux sur son assiette. Elle n'aimait pas du tout cette expression de prédateur sur le visage de son amie où son sourire rayonnait, mais ses yeux promettaient une grande souffrance. Elle n'aurait pas dû citer cette maladie. Le père d'Akatcheta était mort transformé petit à petit en statue de pierre. Mais le fait était qu'elle voulait vraiment trouver un remède à ces maux. Les éradiquer une bonne fois pour toutes.

- Ma mère l'a eu aussi, si tu te rappelles bien. Lança-t-elle à l'intention d'Akatcheta, d'une voix étouffée.

Soupirant, Aka s'affala un peu sur sa chaise. Oui, elle s'en souvenait. C'était comme cela qu'ils s'étaient rencontrés. Elle regarda son assiette, réfléchit quelques minutes, avant de lancer d'un ton joyeux, qui cette fois ne promettait pas mille souffrances :

- Tu as raison ! Elle claqua des mains et cela fit sursauter Mayeka. On stagne ici et je commence à devenir folle. Une promenade me ferait le plus grand bien ! Et à toi aussi. Je suis sûre que tu feras des miracles avec leurs potions ! Alors, allons-y ! Avant que je ne change d'avis ! »

Et sur ces mots, elle attrapa son amie au poignet et la tira vers la sortie de l'hôtel. Passé le choc, Mayeka essaya de la raisonner, de lui dire qu'elles ne savaient même pas où aller, puis, voyant qu'Akatcheta faisait la sourde, elle se prit au jeu.