Tout d'abord je vous souhaite de joyeuses fêtes ! (même si ce chapitre n'est pas des plus joyeux, le cœur y ait !)

Maintenant, comme d'habitude, quelques petits mots !

Katymyny : J'ai été voir la musique "Clic song" de Miriam Makeba, et c'est vrai que la langue d'Akatcheta et de Mayeka y ressemble ! Merci pour m'avoir fait découvrir cette musique ! Je ne connaissais pas !

Ensuite, je dis un gros OUI pour ta commande ! Mais il va falloir qu'on trouve un moyen de pouvoir communiquer de façon plus rapide. Car j'aimerais te soumettre mes écrits avant de les publier et voir avec toi si la direction de l'histoire et les personnages te vont.

Je n'ai pas vieillis Regulus. Il est d'une années plus jeune que Severus mais ça n'a pas empêché ces deux-là de se parler et de se rapprocher, un peu à cause des maraudeurs d'ailleurs ^^.

Ca va être une fic assez longue, Je prévois de reprendre tout les évènements des Harry Potter. Je pense en faire 2 tomes. Le premier sera accès sur Severus, Akatcheta et Mayeka et s'arrêtera un peu après la naissance d'Harry Potter et du drame de la nuit d'halloween. Le second sera centré sur un autre personnage que, j'espère, vous allez aimer. Et bien sûr, Severus, Mayeka et Akatcheta seront de la partie ! Avec quelques années en plus :-)

Contente que tu aimes les deux demoiselles !

A tous : Désolé pour cette longue attente. Beaucoup de chose se sont passé et j'ai eu peu de temps pour écrire. Mais je ne vous oublie pas !

P.S : J'ai décidé de mettre les noms en français mais me demande si c'est une bonne idée. Dites-moi ce que vous préférez !

Passez un bon moment sur ce chapitre ! Je vous souhaite une bonne année !

oOo

Il était très tôt ou bien très tard lorsque Severus descendit du bus qui l'avait amené à Carbone-les-Mines. Debout au milieu de la place vide, il regarda brièvement l'ombre des maisons toutes identiques, collées les unes aux autres, si rapprochées que même l'air semblait ne pas circuler. Soupirant, il reporta son regard sur le sol sale et jonché de détritus, remontant son col et plongeant son nez dedans pour essayer d'éviter l'odeur nauséabonde de la rivière qui coulait non loin. On n'y voyait presque rien. Seul quelques lampadaires ayant survécu aux délinquants, qui s'amusaient à les exploser, et à l'abandon relative du maire, projetaient une faible lueur. Severus attrapa sa valise et avança, la tête penchée vers le sol. Il tourna ainsi plusieurs fois et parcourra plusieurs rues, les yeux fixés sur les pierres qui défilaient. Il s'arrêta à la fin d'un chemin et releva la tête. En face de lui à sa droite, des planches de bois fermaient quelques-unes des vitres d'une maison, tandis que la porte montrait des traces de coups. A gauche, les propriétaires n'avaient même pas pris la peine de partir en fermant leur maison après leur déménagement. La porte était ouverte et tenait à moitié sur ses gonds. Et devant lui, la maison avait l'air plus habitable. Sa mère tentait tant bien que mal de garder sa demeure propre et avenante. Certaines plantes survivaient dans des pots récupérés ci et là, posés sur les rebords. Il vit alors à la fenêtre qui donnait sur la rue, une faible lumière à travers une mince étoffe, chute de tissus récupéré pour en faire un rideau. Il pouvait distinguer une fine silhouette bouger d'un côté à l'autre. Sa mère l'attendait. Il fit un pas en avant prêt à aller la voir quand il se souvint de quelque chose. Il regarda sa montre. Son père avait encore 3 heures de sommeil devant lui avant d'aller travailler et il ne voulait vraiment pas le réveiller. Il fit demi-tour, s'éloigna de sa maison et se dirigea vers le parc qu'il connaissait bien. Arrivé là, il s'installa sous un grand saule pleureur. Il essaya de ne pas penser aux jeux qu'ils faisaient ici avec Lily quand ils étaient petits et sorti de son sac un livre. S'adossant au tronc et une lampe torche à la main, il s'appliqua à se plonger dans la « Descriptions des ingrédients rares, effets et interactions en potion ».

Il ne vit pas l'heure passer et c'est à plus de 9 heures qu'il réalisa que le soleil était haut dans le ciel et que le quartier c'était animé depuis quelques heures déjà. Il se releva, s'étira et reprit le chemin inverse, évitant les passants, prenant cette fois quelques raccourcis par des ruelles étroites. Il avait adopté un rythme rapide et se dépêchait de rentrer. Il eut juste le temps de cogner deux fois à la porte que celle-ci s'ouvrit. Une femme mince, voire trop maigre, et élancé se matérialisa devant lui. Ses iris noires le parcoururent du regard. Si elle nota quelque chose de la physionomie de son vis-à-vis, elle n'en montra rien. Elle se contenta de s'écarter de la porte et de dire d'une voix sans émotion :

« - C'est à cette heure-ci que tu rentres ?

Severus fixa sa mère et sans se démonter dit :

- Je ne souhaitais pas vous réveiller en pleine nuit, mère.

A l'ombre qui passa sur le visage de sa mère, il sut qu'elle avait compris.

- Dépêche-toi de ranger tout ça. Ton père rentre à 20 heures. » Lança-t-elle avant de disparaitre dans la cuisine, un chiffon à la main, frottant énergiquement tout ce qu'elle voyait.

Severus se demanda brièvement ce qu'elle pouvait bien nettoyer vu qu'il n'y avait pas une seule poussière en vue. Tout ne brillait pas, sa mère pouvait bien frotter ce qu'elle pouvait, elle ne rendrait jamais leur éclat neuf à ces meubles dépareillés et sans âges récupérés ci et là. Mais tout était si propre que même une salle d'opération de sainte-Mangouste n'aurait su rivaliser. Sans un mot et sans réaction, Severus empoigna la poignée de sa valise et entreprit l'ascension du minuscule boyau que représentait l'escalier, dans lequel un seul homme avait juste la place de s'y tenir - et encore, il ne fallait pas qu'il soit trop costaud, à se demander comment son géniteur faisait -. Il se demanda, alors qu'il soulevait péniblement marche après marche, son bagage qui pesait trois tonnes, comment des livres pouvaient être aussi lourd. Il se fit la réflexion d'en récupérer moins la prochaine fois, mais la repoussa très vite. Son géniteur se faisait un plaisir de détruire tout ce qu'affectionnait Severus. Et Severus avait toujours adoré les livres. Alors il fallait bien les protéger, lorsqu'il n'était pas là. Et donc, emmener avec lui toute sa bibliothèque à Poudlard, et la laisser dans sa valise même le temps de son séjour chez ses parents. Car son père ne fouillait pas dans sa malle, il avait bien trop peur des maléfices qu'il pouvait attraper en le faisant. Et Merlin que Severus se ferait un plaisir d'en poser partout une fois la marque sur lui supprimée ! Son père aurait alors une bonne raison de l'appeler « monstre » et de se conduire comme il le faisait. Il pourrait compter sur sa magie pour se défendre lui et sa mère à défaut de sur ses muscles inexistants.

Il arriva dans sa chambre, abandonna sa valise entre le mur et son lit, bloquant ainsi tout passage et avisa les résidus de papier et de cuir déposé comme un cadavre d'animal, bien en évidence sur la couette. Il s'approcha et découvrit un roman fantastique moldu qu'il n'avait pas lu mais, laissé ici en début d'année, avant de partir, en test. Visiblement, livre moldu ou sorcier, son père continuait encore à s'acharner sur ses affaires quand il n'était pas là. Il rassembla le cadavre et le mis dans une poche de sa valise. Il le réparerait à la rentrée, s'il y pensait. Il était devenu très doué pour le sort de réparation. Il défit ses chaussures, soupira en voyant que la gauche était trouée sur le coin du talon. En colère, il alla la balancer contre le mur avant de la posé doucement sur le sol, se disant que l'abimer plus ne serait pas vraiment une bonne idée étant donné qu'il allait devoir la porter tout l'été en l'état. Il sentit sa baguette dans sa poche intérieure de veste et se demanda s'il ne pouvait pas juste la réparer à l'instant. Après tout, personne ne savait qu'elle était abimée. Il se ravisa immédiatement en pensant que sa mère saurait qu'il avait lancé un sort et qu'elle allait lui tomber dessus. Aucun sort n'était toléré ici. Imaginez que son père le sache ! Mais comment un vulgaire moldu des bas-fonds pourrait ne serait-ce que comprendre qu'il y avait quelque chose d'étrange dans le fait qu'une vieille chaussure soit comme neuve ?! Il faudrait déjà qu'il remarque la présence de son fils. Et Severus ne voulait pas que cet homme remarque sa présence. Il soupira, fatigué, déjà agacé d'être rentré à « la maison ». Il s'allongea sur son lit tout habillé, laissa ses jambes en dehors - son lit étant trop petit pour lui puisqu'il n'avait pas été changé depuis sa primaire -. Il s'endormit ainsi, la tête sur l'oreiller, les pieds sur le couvercle de sa valise.

Il passa deux jours enfermé dans sa chambre, ne sortant pas du tout, jouant au mort. Son père était toujours à bout de nerf quand il revenait de son école de « monstres » et attendait la première occasion pour lui tomber dessus. La faim, il gérait, la soif, beaucoup moins. Il finit par céder, descendant en plein milieu d'après-midi, silencieux comme un fantôme. Il tendit l'oreille, observa les pièces qui ne se composaient que de la cuisine et du salon. Ne voyant et n'entendant que sa mère qui nettoyait le sol pour la troisième ou quatrième fois de la journée, il fondit sur un verre et sur le robinet et bu jusqu'à sentir son estomac plein. Lorsqu'il se retourna, il surprit le regard réprobateur et perçant de sa mère.

« - C'est maintenant que tu descends ? Cingla-t-elle.

- J'ai des devoirs de vacance à faire. Mentit-il.

Il ne su jamais si ce genre de mensonge marchait ou si sa mère n'était pas dupe. Toujours était-il que cette dernière ne montrait jamais ses doutes et que Severus continuait de nier qu'il évitait son père comme la peste et faisait en sorte de bouger le moins possible histoire de ne rien déplacer qui montrerait qu'il était dans cette maison.

- Je t'ai préparé à manger dans le réfrigérateur. Lança-t-elle en évitant de le regarder dans les yeux et retourna à son ménage.

- Merci. » Murmura Severus.

Il repoussa son assiette, écœuré. Il y avait à peine 20 minutes, il avait fouillé dans le placard, les avaient trouvés sans surprise presque vides, et avait décidé de prendre un morceau de pain rassis et une tranche de jambon. Ça suffirait. Il pourrait bien manger ce qu'il voudrait à Poudlard. Ici, il était juste question de se garder en vie. Il ne voulait pas entamer les maigres provisions que sa mère faisait, il ne savait trop comment. C'était presque un miracle qu'elle réussisse à lui trouver de l'argent pour ses fournitures scolaire et pour se faire quelque réserve de nourriture. Tobias, car c'était le nom de son géniteur, était presque toujours partit boire dans les bars, prenant pratiquement tout l'argent servant à faire vivre la maison. Severus jeta un coup d'œil à la bouteille vide de whisky, abandonnée au sol dans l'entrée. Son père avait dû la finir juste sur le palier sinon il s'en serait débarrassé avant. Il ferma les yeux et se massa les tempes distraitement. 15 minutes que son père hurlait contre sa mère. 10 minutes qu'elle répondait, elle aussi en haussant la voix. Il aurait dû regarder l'heure. Il aurait su que son père reviendrait dans peu de temps. Son père arrivait toujours à peu près à la même heure. Mais, il avait été plongé dans un grimoire de magie noire que Regulus lui avait prêté. Assez compliqué, mais intéressant. Et il n'avait pas vu l'heure quand son estomac lui avait rappelé que cela faisait depuis la veille midi qu'il n'avait rien mangé. Un grand bruit le fit sursauter. C'était un coup donné violemment à un meuble. Les cris se rapprochaient. Et, instinctivement, Severus se tassa et baissa la tête, créant un rideau de cheveux noirs cachant son visage. Il ressemblait trop à sa mère au goût de Tobias. Ça l'énervait généralement encore plus de le voir.

Severus représentait la cause de sa détention, selon Tobias. Il avait été forcé d'épouser cette femme parce qu'elle lui avait fait un gosse. Et si Eileen Rogue n'était pas du même sang que Tobias, force était pour lui de constater que son propre sang coulait dans cette horreur qui était son fils. Il ne supportait pas de vivre avec des monstres qu'il faudrait rayer de la surface de la planète Terre. Et dire qu'il avait couché avec ça. Cette vicieuse lui avait dit pour ses pouvoirs après son mariage. En rentrant ce jour-là, il avait remarqué qu'il n'y avait plus d'électricité. Eileen lui avait dit qu'on leur avait coupé à cause des taxes impayés, mais lui était sûr que c'était un coup des deux monstres pour lui pourrir encore plus la vie. Alors, voir l'autre assis dans la cuisine lui donna une preuve irréfutable de ce qu'il pensait. Il vit rouge. Il allait leur apprendre à se foutre de sa gueule. Il avisa la bouteille par terre.

Bien que les yeux de Severus étaient cachés derrière un rideau qui semblait épais, il voyait très bien. Et il perçut distinctement le mouvement que son père avait amorcé. Tout s'enchaîna alors très vite. Alors qu'Eileen finissait sa phrase en hurlant, Tobias abattait déjà la bouteille. Severus se plaça devant sa mère et se reçut le culot, lancées avec forces, dans les côtes. Il ne sentit pas vraiment la douleur. Prit dans sa colère, il répliqua en abattant son poing contre le nez de son père. Le même que le sien. Tobias était beaucoup plus fort et musclé que son fils. Mais il était aussi plus enivré. Il chancela, porta la main à son nez en sang et tomba finalement contre le mur. Un silence profond, lourd, angoissant, s'abattit sur les Rogue. L'adrénaline courrait encore dans les veines de Severus. Il était toujours sur ses gardes, il attendait de voir ce que son géniteur ferait. Soudain, une poigne attrapa son bras de derrière lui et le retourna violemment.

« Qu'as-tu fait ?!

Le long visage de sa mère été marqué par la colère. Elle lui attrapa les épaules et se mit à le secouer violement. Sa mère était aussi frêle que lui. Elle bougeait autant que lui dans le mouvement, mais Severus ne s'en rendit pas compte. Il la regardait, choqué.

- Comment oses-tu lever la main sur ton père ?! Tu te prends pour qui pour oser le frapper ?! Tu lui dois le respect ! »

Sa mère sembla refléter tout le dégout du monde lorsqu'elle prononça ces phrases en le regardant dans les yeux. Severus était déjà pâle au naturel. D'une couleur maladive. Mais il parut blanchir encore plus alors que son cœur s'arrêtait et que son visage se décomposait. Il sentit toute son énergie partir alors qu'il prenait la mesure de ce que disait sa mère. Il avait soudain peur qu'elle ne le frappe. Elle n'en fit rien mais le rejeta avec force. Loin d'elle. Elle lui criait toujours dessus mais il ne comprit pas. Son cœur s'était remis à battre bien trop vite et il n'entendait que lui. Il monta dans sa chambre. Il voulait s'enfuir loin, très loin de cette maison.

Voir les deux erreurs de la nature se disputer entre eux calma un peu Tobias. Il se releva, repoussa violemment Eileen qui, d'un geste inquiet, voulait examiner sa blessure. Il alla s'enfermer dans le salon, claquant la porte au nez de sa femme.

Severus s'était réfugié dans un coin de sa chambre à l'opposé de la porte. Assis sur le sol, il avait replié ses genoux contre sa poitrine. Se tenant les côtes, car sentant soudain la douleur arriver et déferler dans sa poitrine, il essayait de respirer calmement et de calmer ses tremblements. Sa mère avait pris la défense de son mari alors que ce dernier voulait la frapper. Severus voulait juste lui éviter des coups. Il l'avait protégé. Elle avait toujours été distante avec lui, froide s'il comparaît avec le comportement que la mère de Lily avait avec cette dernière. Pour Severus c'était un comportement normal d'une mère envers un enfant. Juste différent des autres mères. Mais c'était la première fois qu'il voyait autant de colère et de dégout sur son visage. Et ça lui était destiné. Il ne dégoutait pas seulement son père, mais aussi sa mère. Et pas que sa mère. S'il réfléchissait bien, il dégoutait tout le monde.

La lune était haute dans le ciel quand il réussit à éloigner cette scène de son esprit et ne plus être fixé dessus. Il posa son visage sur ses genoux et ferma les yeux, soudain épuisé. Après ce concert de hurlement, la maison était étrangement calme. Il s'endormit ainsi, plié, dans un coin de la pièce, n'ayant pas la force d'aller dans son lit.