Bonjour à toutes et à tous,
Me revoilà après plusieurs semaines de silence avec un texte que je n'avais pas prévu d'écrire. Mais voilà, une amie m'a dit ne pas avoir été très gâtée pour Noël, alors j'ai voulu réparer cette insupportable injustice.
Et donc… Lily Aoraki, ce texte, il est pour toi. J'espère qu'il te plaira, malgré les probables fautes (ben vi, je n'ai pas pu te le faire relire celui-là), sa piètre qualité (désolée, mais je l'ai écrit à l'arrache et plus ou moins sur un coup de tête), et la surcharge de guimauve…
Et j'espère qu'il plaira à tous ceux qui prendront le temps de le lire, en dépit des mises en garde ci-dessus.
Sur ce… Bon courage… toutes mes excuses par avance… et bonne lecture quand même.
Disclaimer: Tous les personnages cités et décrits dans cette histoire appartiennent à Masami Kurumada et à la Toei. La chanson appartient à ses interprètes (dont le brillantissime Jimmy Somerville) et à ses auteurs.
Pairing : CaMilo, plus quelques autres.
Rating : M (précaution pour le langage, certains chevaliers étant parfois un peu malpolis)
Repère chronologique: Post-Hadès, tous les chevaliers morts ayant été ressuscités (merci Déesse).
Genre: Romance, guimauve (humour ?) (avec une très légère touche de 80's)
Ne me laisse pas comme ça
« Camus, reste encore un peu. Pour une fois, s'il te plaît…
- Tu sais bien que ce n'est pas possible.
- Pourquoi ?
- Le Sanctuaire, nos armures, notre serment pour Athéna. Ça te rappelle vaguement quelque chose ?
- Camus, arrête ton baratin ! Tout ceci n'est plus vraiment d'actualité. Enfin si, ça l'est, mais disons que le contexte est différent. La Guerre est finie, nous avons signé la Paix, l'Humanité n'est plus menacée. Tout ci, tout ça. Ça te rappelle vaguement quelque chose ?
- Ce n'est pas une raison, Milo. La situation, en ce qui nous concerne toi et moi, ne me semble pas différente. En tout cas de mon point de vue, elle ne l'est pas.
- Ah ouais ? Et pourquoi les autres se permettraient-ils ce genre de choses et pas nous ? Parce que me dis pas que t'es aveugle au point de ne rien avoir remarqué ! Même Kanon s'envoie en l'air avec sa Bestiole. Encore, j'ai même envie de dire… Comme si la première fois n'avait pas suffi.
- Kanon n'est à mes yeux ni un exemple de droiture, ni de loyauté.
- Tu es injuste.
- Oui. C'est parce que je suis à court d'arguments.
- Ah, Ah ! Donc tu reconnais que ton raisonnement ne tient pas la route !
- Peut-être…
- Alors, tu vas rester avec moi ce soir. Cette nuit ?...
- Non. Milo, je ne peux pas. Pas encore. Laisse-moi du temps. Les choses ont changé, je ne peux le nier, mais je reste le même, et tu le sais.
- Oui, comment je pourrais l'oublier ? Saint de Glace. Maîtrise des sentiments. Contrôle absolu. Mais j'en ai marre, tu vois ! Ras l'armure. Camus, me laisse pas comme ça !
- Quoi, tu n'es pas satisfait ? Ces deux dernières heures ne t'ont donc pas rassasié ?
- Bien sûr que si que je suis satisfait ! Je suis toujours comblé par chaque seconde que je passe avec toi. Mais non, ça ne me suffit pas ! Jamais. Je suis insatiable parce que mon appétit pour toi est sans limite.
- Vraiment ? Alors tu devrais te souvenir de ce que Shion nous disait quand nous étions gamins.
- De quoi tu parles ? Non, Camus, tu ne vas tout de même pas oser !
- Si... Qui dort dîne, Milo. Alors bonne nuit, et bon appétit !
- Camus, si tu passes cette porte, je te préviens, tu risques de le regretter !
- Milo, ne fais pas l'idiot. Et je n'ai que faire de tes menaces.
- Mais tu me brises le cœur. Encore.
- C'est faux, et ce n'est pas honnête de ta part d'utiliser cet argument. Je sais le mal que je t'ai fait, et… Enfin, zut… tu sais quoi.
- Alors me laisse pas comme ça !
- Milo. A demain. »
Un baiser déposé sur des lèvres entrouvertes. Comme si un baiser pouvait tout effacer…
Milo ne bougea pas et regarda Camus quitter la chambre de la Huitième Maison. Leur chambre en quelque sorte. Enfin à peine pour deux petites heures, trois ou quatre fois par semaine.
Mais ce soir, Milo en avait assez. Et Milo ne comptait donc pas en rester là.
Un an. Douze mois. Trois cent soixante-six jours - parce que merde, l'année écoulée avait été une fichue année bissextile en plus – qu'ils avaient été ramenés à la vie, et autant de jours au cours desquels son amant, glacial dehors, mais bouillant dedans, lui avait refusé la moindre petite nuit. Pourtant Milo n'était pas exigeant. Il ne demandait pas grand-chose. Juste une nuit. Une nuit par semaine. Et même pas trois... Même une toute petite nuit aurait suffi, avec un lever à l'Aurore et des gros cernes sous les yeux. Oui, c'est tout ce dont il avait besoin. Une nuit dans ses bras, pour ne plus faire de cauchemars. Pour ne plus ouvrir les yeux avec le cerveau en vrac, l'angoisse lui retournant les tripes, et la douleur vissée au cœur, en imaginant que Camus n'était plus là.
Alors ce soir, Milo avait pris sa décision. Camus allait comprendre, une fois pour toute, qu'ils n'avaient plus aucune raison de se cacher. Parce qu'il n'y aurait plus rien à cacher. Parce que tout le Sanctuaire devait savoir, et parce que Milo était Milo, le Sanctuaire devait apprendre la nouvelle de la plus belle des façons.
Milo se leva, ouvrit son placard, farfouilla à l'intérieur, et en ressortit une boite en carton, défoncée et poussiéreuse. Il souleva le couvercle, chercha avec conviction l'objet convoité, et une fois ce dernier entre ses doigts, il le brandit devant lui avec fierté et détermination.
« Camus du Verseau, je t'avais prévenu qu'il ne fallait pas me laisser comme ça ! ».
Le Scorpion se dirigea vers la porte, devant laquelle il se figea un instant, un coup d'œil rapide dans le grand miroir sur sa droite lui ayant rappelé un détail qu'il avait oublié. Il était à poil. Il devait donc enfiler un pantalon, et peut-être même un T-shirt. Ce serait tout de même plus convenable.
Une fois la chose faite, il ouvrit le battant de bois, le claqua violemment derrière lui, traversa le salon, et avisa l'horloge de la cuisine. Vingt et une heures. Il n'était pas si tard. Personne ne devait dormir à une heure pareille, enfin personne de normal en tout cas. Et donc personne ne lui en voudrait. Et puis d'abord, il en avait rien à foutre.
Il enfila ses baskets sans défaire les lacets, et entreprit la descente vers le Cinquième temple. Il avait besoin d'un complice, et le Lion accomplirait parfaitement cet office. Parce qu'Aiolia était son ami, et parce qu'Aiolia était en possession du matériel dont Milo avait besoin.
« Enfin, Milo, qu'est-ce que tu comptes faire avec ça, et à cette heure-ci en plus ?!
- T'inquiètes Aio, tu le sauras dans cinq minutes.
- Mais tu sais t'en servir au moins ?
- On / off. Eject. Lecture. Volume. J'ai tout bon ?
- Oui, à peu près.
- Alors à plus tard. Et merci ! » cria le plus jeune des deux grecs à l'encontre de son compatriote.
Milo s'engagea alors dans les marches de l'escalier millénaire, d'un pas toujours aussi déterminé. Ah oui… ils allaient comprendre… tous ! Et tant pis pour les conséquences. Même si son cul devait finir congelé pour les deux prochaines décennies. Au moins il aurait tenté le coup, et n'aurait aucun regret.
Aphrodite des Poissons sursauta, et Angelo du Cancer laissa échapper un cri.
« Bordel, Aphro, tu m'as mordu !
- Pardon… Mais t'as entendu ?
- Non, j'étais occupé à gérer la douleur. Putain, tu m'as saccagé l'oreille !
- Je comprends pas, ça te dérange pas d'habitude…
- C'est parce que d'habitude, je m'y attends plus ou moins. Mais là, tu m'as pris par surprise.
- Ah mais mon cœur, je croyais que tu étais un guerrier sanguinaire, qui ne craignait ni la douleur, ni les guet-apens ?
- Appelle-moi mon cœur encore une fois, et c'est toi qui devras étouffer un cri.
- Mais je n'attends que ça, mon cœur, de crier sous ta main… »
A nouveau le même bruit strident.
« Ah mais t'as entendu cette fois ?
- Oui. Qu'est-ce que c'est que ce boucan ?
- On dirait que ça vient d'en dessous.
- Si c'est encore Shura qui joue des castagnettes, je lui brise les couilles avec.
- Je te l'interdis ! Ce serait dommage… Ça peut toujours servir ces choses-là. Et non, ça ne peut pas être Shura. Beaucoup trop fort. Beaucoup trop aigu. Bon, moi je sors. Je veux en avoir le cœur net. »
Aphrodite se redressa du canapé, lissa un peu ses cheveux emmêlés mais superbes, et s'apprêta à sortir.
« Aphro, t'oublies pas quelque chose ?
- Quoi ?
- Ben, je sais pas… Au hasard, un pantalon ? Un peignoir ? Un caleçon ?
- Oups…
- Oups… J'adore quand tu dis oups…
- Quand je dis quoi ?
- Oups…
- Ce oups là… Quand je mets mes lèvres comme ça. Ouuups…
- Arrête ! Et tiens, enfile plutôt ça » asséna l'Italien en jetant un caleçon rose pâle à son amant.
OoOoO
Shura du Capricorne souriait. Il venait de s'installer dans son canapé, après avait allumé la télé et inséré une VHS dans le magnétoscope. Il allait pouvoir savourer le visionnage de l'un de ses films préférés. Les Chevaliers de la Table ronde. Ouais… Private Joke, rapport aux chevaliers, Excalibur, tout ça... Qui a dit que les Capricornes étaient des gens ennuyeux ?
Soudain, un bruit, insoutenable, en provenance de l'une des nombreuses maisons en-dessous. L'Espagnol haussa un sourcil, et étudia les possibilités quant à l'origine de cette dissonance acoustique. Neuvième temple ? Aucun risque. Il était vingt et une heures passées de cinq minutes, le Sagittaire devait déjà dormir. Huitième temple ? Probabilité plus élevée. Enfin tout dépendait de si le gardien concerné était occupé avec celui du Onzième. Bon parce que si Camus du Verseau avait la faiblesse de croire que personne ne connaissait son petit secret, eh bien Camus du Verseau se le fourrait dans l'œil bien profond. L'index de son bien-aimé Scorpion.
Shura se leva et éteignit la télé. Tant pis pour son film, il le regarderait plus tard. Il voulait connaître l'origine de ce bruit. Parce que même si Athéna en personne avait encensé la perfection et la dévotion sans bornes du Capricorne, eh bien ledit Capricorne était un homme curieux, et la curiosité était un vilain défaut, il paraît.
OoOoO
Personne ne fut dérangé au Septième temple, car ce temple-là était inoccupé. Déjà avant, et encore aujourd'hui. Le locataire ayant accepté, sans discussion ni négociation, de s'installer au Treizième. Une histoire de temps à rattraper avec un vieil ami, a priori. Enfin, c'est la rumeur qui courrait dans les couloirs du Palais.
Idem au Sixième : personne n'y leva un sourcil. Parce que ce temple-là était en ruines, et pas encore reconstruit. Faut dire qu'il avait été salement amoché pendant la dernière Guerre. Cela dit ce n'était pas un mal, car la déco laissait à désirer, pour ne pas dire qu'elle était à chi… Et puis de toute manière, son occupant était occupé au Premier, à méditer avec l'autre chevalier qui portait un point sur le front. Sauf que celui-ci n'en avait pas un, mais deux.
Le locataire du Cinquième ne fut pas surpris. Après tout il savait ce qu'il avait donné à celui qui était venu le lui emprunter.
Le gardien du Quatrième était au Douzième, en train d'examiner la morsure laissée sur le lobe de son oreille par un camarade un peu soupe au lait. Parce que merde, le Suédois ne l'avait pas loupé… Il l'avait mordu jusqu'au sang. Et tout ça pour quoi ? Pour un petit sursaut en réaction à un bruit à la con.
Au Troisième, il n'y avait personne. Le plus vieux étant occupé à dormir avec le dormeur du Neuvième, et le plus jeune s'étant éclipsé par une dimension interdite vers une Wyverne britannique.
Le Taureau du Deuxième souleva ses épais sourcils d'un air interrogateur, et coupa le feu sous la bouilloire. Vingt et une heures, c'était l'heure de sa petite verveine du soir. Mais ce soir, la verveine attendrait un peu. Un bruit pareil ne pouvait qu'être annonciateur d'un terrible dessein. Un combat ? Une guerre ? Ou pire... une querelle de Gémeaux ? Non, les Gémeaux n'étaient pas chez eux ce soir. Aldébaran ne parvenait pas à percevoir leurs cosmos calmes et apaisés. Il s'agissait donc d'autre chose, et le Taureau était inquiet.
Et donc au Premier… La méditation des deux chevaliers les plus sages de tout le Sanctuaire fut interrompue par ce bruit incongru, au moment où ils allaient arriver à la position vingt-trois du Kamasutra.
Et enfin… Au Treizième, le Grand Pope lui-même fut sorti de sa lecture, de laquelle il avait déjà, autant être honnête deux minutes, été tiré par une Balance visiblement très pressée de rattraper tout le temps perdu.
Quant à Athéna… Eh bien, par le plus heureux des hasards, celle-ci n'était pas là. Saori avait des choses à régler au Japon, et donc, par la force des choses et en raison des contraintes techniques liées à la réincarnation, Athéna aussi. Comme quoi le Destin faisait parfois assez bien les choses…
Et lorsque tous les chevaliers furent debout devant leur Temple, éveillés ou dérangés, curieux ou en colère, celui qui manquait encore à l'appel finit par pointer le bout de son joli nez, fin et parfait, tandis que son nom résonnait dans le silence du Sanctuaire.
OoOoO
« Camus du Verseau… Je t'avais prévenu de ne pas me laisser comme ça… Alors tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ! »
Encore un bruit strident, le temps d'ajuster la sono, de régler le son du micro. Puis une intro de piano… Enfin, de synthétiseur. Oui, de synthétiseur. Et une voix… plutôt jolie d'ailleurs. La voix de Milo du Scorpion.
"Don't leave me this way
I can't survive I can't stay alive, without your love oh baby…
Don't leave me this way,
No I can't exist ...
I'll surely miss your tender kiss
Don't leave me this way…" (1)
OoOoO
« Non, il a pas osé ?
- Ben si, Angelo… Milo a fini par craquer. Je savais que cela arriverait tôt ou tard, mais je ne m'attendais pas à… ça.
- Cela dit, il est doué, l'Arachnide. Il chante vachement bien. Je n'aurais jamais cru.
- Sache qu'il faut toujours se méfier des apparences, Angelo. Toujours… »
OoOoO
« Saga ? Reviens te coucher !
- Aiolos, arrête de faire ta feignasse, et ramène tes ailes par ici ! Y va y avoir du spectacle !
- M'en fous. Je veux pas savoir. Le seul spectacle qui en vaille la peine, c'est toi… »
Fin de la discussion mentale. Le Gémeau regagna l'intérieur de la Neuvième Maison, et ne profiterait finalement pas de la représentation qu'il venait pourtant de tenter de vendre à son amant. Il y avait d'autres priorités dans la vie que d'assister au bonheur des autres, ou à la destruction de Milo du Scorpion. Tout dépendrait des conditions météo.
OoOoO
Shura ne put retenir un frisson. Il faisait de plus en plus froid sur les hauteurs du Sanctuaire, et une fine couche de glace commençait à recouvrir les marches de l'ancestral escalier. Ce n'était clairement pas le moment de tenter une approche en direction de la Onzième Maison. C'était plutôt le moment d'aller enfiler un bon gros pull en laine.
OoOoO
Un éclair éblouissant illumina le Troisième temple, au milieu duquel Kanon des Gémeaux apparut, la chevelure ébouriffée et le torse nu, mais toutefois vêtu d'un caleçon, qu'il avait eu la présence d'esprit d'enfiler avant de quitter le lit King Size (2) de sa Wyverne préférée.
Bordel… Ayé. Milo avait pété un câble. C'était prévisible. C'était évident. C'était inéluctable. Et surtout… c'était grandiose ! Oui vraiment… le Scorpion n'était pas son meilleur ami pour rien. Il avait du style. Il avait la classe. Il avait des couilles. Et une voix… en Or, ce qui ne gâchait rien au tableau général.
Kanon ferma les yeux et se téléporta aussitôt devant l'entrée de la Huitième Maison. Il voulait être aux premières loges pour encourager son pote, et applaudir haut et fort quand cet insensible de Verseau finirait par lui tomber dans les bras. Ou pour le protéger de son propre corps dans l'hypothèse où ledit Verseau réagirait d'une manière un tout petit peu moins enthousiaste.
OoOoO
Milo grelotta, mais ne s'interrompit pas. Le Scorpion était frileux, et la réaction de son amant étant somme toute assez prévisible, il avait été négligeant de ne pas enfiler sa doudoune. Mais tant pis. Milo était aussi un chevalier entraîné, un guerrier coutumier des combats acharnés et sanguinaires, qui ne se terminaient que par deux issues : la capitulation ou la mort. Et ce soir, rien ne pourrait l'arrêter, pas même quelques malheureuses petites giboulées en provenance de trois étages au-dessus.
Alors Milo continua à chanter. Merde, il l'avait prévenu après tout ! Et c'était pour leur bien à tous les deux. Camus lui en serait reconnaissant. Il en était convaincu. Il ne pouvait pas en être autrement. Enfin, c'est ce qu'il espérait du fond de son petit cœur de Scorpion amoureux.
Et puis le grand sourire béat que lui adressait Kanon, qui venait d'apparaître en caleçon devant lui, l'encourageait à poursuivre le show. Ça c'était un véritable ami. Un pote inestimable, qui était devenu essentiel dans sa vie. Même si ce pote avait des goûts de chiottes en matière de plan cul. Mais après tout… il était qui pour juger ? Lui-même était bien tombé fou d'amour pour un frigidaire affublé d'un accent que beaucoup ne supportait pas, parce que de l'avis de certains, l'accent français, c'était snob et totalement surcoté. Alors que non, pas du tout. C'était juste un accent magnifique, dans une bouche magnifique, dans un corps magnifique… Et à ce sujet… Il était temps de poursuivre…
"Ahhh, baby!
My heart is full of love and desire for you
Now com'on down and do what you gotta do
You started this fire down in my soul
Now can't you see it's burning out of control…
Com'on, satisfy the need in me
'Cause only your good lovin'
Can set me free"
OoOoO
« C'est tellement beau… Et cette chanson leur va tellement bien… Shaka, Mû, vous ne trouvez pas que c'est adorable ?
- Si Aldé, absolument adorable, approuva le Bélier.
- Oh, si je ne me retenais pas…
- Alors ne te retiens pas, mon ami, et laisse donc échapper les larmes que tu n'as nullement besoin de contenir. Car ces larmes retranscrivent la pureté des sentiments qui t'habitent, et il est de ton devoir de les libérer. L'Amour est une bénédiction, un cadeau des Dieux qu'il faut chérir avec grâce et passion ».
Mû ferma les yeux (une habitude qu'il avait prise à force de fréquenter la Vierge) et murmura mentalement, mais tout doucement malgré tout.
« Shaka, tu es Divin.
- Je sais. »
OoOoO
Aphrodite enfouit son nez sous la laine de son écharpe, et s'engagea avec précaution dans l'abominable escalier.
« T'es sûr que tu veux y aller ? Il risque d'être de mauvaise humeur…
- Oui Angelo, il le faut. Quelqu'un doit lui dire ses quatre vérités. Et merde, hors de question qu'on rallume le chauffage ! Et vu que je suis son voisin le plus proche, c'est à moi qu'incombe cette tâche pourtant profondément ingrate.
- Alors bon courage ! Tu veux ton bonnet ?
- Angelo ! Ne sois pas ridicule ! Tu me prends pour qui ? »
OoOoO
« Milo, c'était génial !
- Tu n'es pas objectif, Kanon.
- Non, sérieux, c'était vraiment sensass ! Même Saga vient de me dire que c'était super.
- Arrête de te foutre de ma gueule.
- Bon, c'est vrai, Saga ne m'a rien dit. Il dort. Ou il baise. Je sais pas. Difficile de faire la différence avec ces deux-là… Mais moi, j'ai vraiment adoré. Si avec ça Camus ne tombe pas à tes pieds…
- Kanon, tu grelottes.
- Ah oui, et alors ?
- Je crois que c'est pas bon signe. Il est en colère, et je vais passer un sale quart d'heure.
- Alors, c'est que ton Verseau n'a pas de cœur ! Mais ça, on le savait déjà.
- Kanon ! Je t'interdis !
- Pardon. Mais tu changeras peut-être d'avis si tu finis dans un cercueil de glace, comme son malheureux disciple. Quand je te dis que ce type n'a pas de cœur… Faire ça à un gamin, non mais quand même, y a pas idée ! On aurait dû lui foutre les services sociaux au cul, oui. Sans déconner…
- C'est bon ? T'as fini de marmonner ?
- Oui. Et dis, Milo…
- Quoi ?
- T'aurais pas une doudoune à me prêter ? Parce que là, je me pèle les couilles.
- T'avais qu'à t'habiller un peu plus avant de t'autre dimensionner.
- Ben j'ai pas eu le temps. J'ai réagi par réflexe… Ah putain, d'ailleurs, merde !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rhadamanthe…
- Ben quoi ? Tu lui as pas donné l'adresse de là où tu partais ? Il a pas de numéro où t'appeler et t'as peur qu'il s'inquiète ?
- Ben pour m'appeler, il faudrait qu'il ait les mains libres…
- Merde, Kanon, t'as pas fait ça ?
- Si…
- Bordel, j'espère que quelqu'un pensera à prendre une photo… »
OoOoO
« Camus, fais remonter la température tout de suite, s'il te plaît !
- Aphrodite, occupe-toi de tes affaires !
- Ah mais je m'en occupe justement ! Mon temple se trouve juste au-dessus du tien, et il est hors de question que tu le transformes en igloo. Alors je sais pas… respire un grand coup, avale une tisane, un valium, une vodka, et surtout… ravale ta satanée fierté, et va retrouver Milo. Il t'aime. Tu l'aimes. Tout le monde le sait. Il serait peut-être temps que tu l'acceptes.
- Comment ça tout le monde ?
- Me dis pas que tu croyais sincèrement que votre petit secret en était un ?
- Ben si…
- Mais mon pauvre Camus… Ça fait dix ans qu'on vous a captés ! Tu nous prends pour des idiots ?
- Mais alors…
- Ouais, je sais, c'est rude. Désolé. Y a peut-être eu un peu de gâchis dans l'histoire… Et on aurait peut-être dû vous prévenir, qu'on était au courant. Ça vous aurait peut-être bien évité un ou deux tracas… »
Mais les excuses d'Aphrodite n'intéressèrent pas celui à qui elles étaient destinées, car celui-ci était déjà parti en courant, tandis que la température remontait doucement.
OoOoO
Milo faisait les cent pas sur le parvis de son temple, l'inquiétude étouffant la moindre tentative de réflexion Scorpionesque.
« Milo, arrête de te morfondre comme ça. Et regarde, il fait un peu plus chaud tout à coup. C'est probablement bon signe.
- Il va me haïr, Kanon. Camus va me regarder dans les yeux, me sourire avec élégance, et me dire qu'il me quitte.
- T'es trop défaitiste. Il faut être optimiste ! Et puis, il a peut-être apprécié le côté artistique de ta prestation.
- J'en doute…
- Ben de toute façon, tu vas bientôt en avoir le cœur net. Il arrive... Et donc je vous laisse tous les deux. Et ne sois pas trop inquiet. J'ai plutôt un assez bon pressentiment sur tout ça finalement… ».
Et Kanon des Gémeaux disparut comme il était arrivé, en caleçon et ébouriffé, pour rejoindre à la hâte une Wyverne ligotée et probablement légèrement énervée.
OoOoO
« Milo du Scorpion !
- Camus, te fâche pas… C'est ta faute aussi ! Je t'avais prévenu ! Je te demandais pas grand-chose… Juste de passer une nuit entière avec moi. Fallait pas que tu me laisses comme ça…
- Oui, bon ça va. Je crois que j'ai compris le message ! Je suis peut-être aveugle, mais je ne suis pas sourd…
- Comment ça aveugle ?
- Oui, Milo. J'ai été aveugle, et tu l'as été toi aussi. Figure-toi que tout le Sanctuaire savait, et aurait même plus ou moins toujours su.
- Toujours su quoi ?
- D'après toi ?...
- Pour nous deux ? Non mais tu me charries, là ? Hein… s'il te plaît, dis-moi que tu me fais marcher, et qu'on n'a pas gâché toutes ces années pour rien ?
- Je suis désolé…
- Camus du Verseau !
- Milo… Je suis sincèrement désolé. Tout est de ma faute… Je n'aurais pas dû vouloir garder notre relation secrète à tout prix, puisqu'elle n'était secrète pour personne.
- …
- Milo, tu ne dis rien ? S'il te plaît, dis quelque chose… Ton silence m'inquiète.
- Excuse-moi, mais là, je suis sous le choc. Bordel de merde, Camus ! Tout ce temps qu'on a perdu ! Je peux pas y croire… Qui était au courant ? Et surtout, qui ne nous l'a pas dit ? Au moins à moi ? A toi, je comprends que les autres n'aient rien voulu dire… Mais à moi… Bordel… Qui ? Donne-moi des noms, je vais tous leur péter la gueule !
- Calme-toi. Milo…
- Non, j'ai pas envie de me calmer ! Putain, t'es mort alors que j'avais à peine pu te dire au revoir. Alors que j'avais à peine pu effleurer ta peau… Que j'avais à peine pu te dire je t'aime… Camus ! C'est plus que ce que je peux supporter… Je le sens là… la colère, la rage… je perds le contrôle…
- Milo, je t'aime.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Je t'aime.
- Camus… »
Le Verseau s'approcha alors de la sono qui trônait toujours à l'entrée de la Huitième Maison, et s'empara du micro.
« Camus, mais qu'est-ce que tu fais ? »
Le Français mit l'objet en position ON, monta le volume, et prit une profonde inspiration avant d'écarter ses lèvres superbes.
« Milo du Scorpion… Je n'aurais pas dû te laisser comme ça. Ni ce soir, ni jamais… »
Le temps se figea et toute la chevalerie dorée retint son souffle lorsque le Verseau se mit à chanter, sa voix cristalline et grave résonnant dans l'enceinte du Sanctuaire Sacré d'Athéna.
« Don't, don't you leave me this way,
No don't you understand I'm at your command
Oh baby please, please, don't leave me this way ... nooo baby
Don't leave me this way,
No I can't survive
I can't stay alive without your love baby,
Don't leave me this way"
Et tandis que chacun au Sanctuaire souriait de satisfaction à l'idée de savoir ce secret enfin révélé, Milo se jeta sur les lèvres de Camus avant que ce dernier n'ait pu atteindre la fin de la chanson.
Merci de m'avoir lue. J'espère que cela ne vous aura pas trop déplu…
Bonnes fêtes de fin d'année à tous, et encore Joyeux Noël Lily ! J'espère que cette petite déclaration t'aura plu... Et pardon de t'avoir piqué une chanson qui aurait pu figurer dans Back to the 80's (mais tu sais qu'elle me trottait pas mal dans la tête celle-là…). D'ailleurs, si vous lisez encore ceci, et si vous n'avez pas encore eu l'occasion de découvrir la fic Back to the 80's de Lily Aoraki, allez la lire. Elle est géniale !
(1) Vous aurez peut-être (probablement ?) reconnu la chanson Don't leave me this way, ici interprétée par Milo, puis Camus, dans la version des Communards de 1986 (avec la voix unique de Jimmy Somerville, bien sûr). Paroles et musique originales de Kenneth Gamble, Leon Huff et Cary Gilbert.
(2) Sa-chan, si jamais tu passes par ici… Ben je t'avais bien dit qu'elle m'avait plu la literie grand luxe de Rhadamanthe… -;)
Et pour les non anglophones qui pourraient être intéressés, voici la traduction des paroles reportées dans cette histoire (réalisée par mes soins, et donc probablement bourrée d'erreurs d'interprétation, mais tant pis…)
Don't leave me this way
Ne me laisse pas comme ça
I can't survive I can't stay alive, without your love oh baby
Je ne peux pas survivre, je ne peux pas vivre, sans ton amour, oh baby
Don't leave me this way,
Ne me laisse pas comme ça,
No I can't exist ...
Non je ne peux pas exister…
I'll surely miss your tender kiss
Tes tendres baisers me manqueront sans le moindre doute
Don't leave me this way
Ne me laisse pas comme ça
Ahhh, baby!
Ben… là pas besoin de traduction…
My heart is full of love and desire for you
Mon cœur est plein d'amour et de désir pour toi
Now com'on down and do what you gotta do
Maintenant viens par-là et fais ce que tu es censé faire
You started this fire down in my soul
Tu as allumé ce feu qui consume mon âme
Now can't you see it's burning out of control
Et maintenant ne vois-tu pas qu'il devient hors de contrôle ?
Com'on, satisfy the need in me
Allez viens, et satisfais ton besoin de moi
'Cause only your good lovin'
Can set me free
Parce que seul ton amour peut me délivrer
Don't, don't you leave me this way,
Non, vraiment, ne me laisse pas comme ça,
No don't you understand I'm at your command
Non, ne comprends-tu pas que je suis à tes ordres ?
Oh baby please, please, don't leave me this way ... nooo baby
Oh baby, s'il te plaît, s'il te plaît ne me laisse pas comme ça… Etc…
