Bonjour !

Merci pour vos retours hier :)

Je vous laisse avec ce troisième chapitre que j'aime beaucoup et j'espère que vous aussi .

Enjoy !


Samedi 3 décembre

Hermione s'étira longuement en se réveillant. Elle avait profité de sa grasse matinée ce samedi et elle pensa que ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas aussi bien dormi. Ces dernières semaines, elle se réveillait à sept heures tous les matins pour rédiger sa proposition, week-end inclus. Hier soir, elle avait diné au Square et Ginny avait fini par lui faire accepter qu'elle n'était pas responsable du retard que prenait le Magenmagot. Pour sa part, elle avait tout fait dans les temps. C'est comme libéré d'un poids qu'elle s'était autorisé à dormir tard et après s'être levée elle s'offrit quelques minutes de divertissement devant la télé en buvant son café.

Harry et Ron lui avaient donné rendez-vous à Hyde Park cette après-midi. Tous les ans le parc accueillait Winter Wonderland, une grande fête foraine composée d'attractions, d'une patinoire, d'un marché de Noël. Hermione avait l'habitude de s'y rendre tous les ans avec ses parents quand elle était enfant.

Ils avaient prévu d'emmener James et Teddy faire un tour de grande roue. Teddy réclamait la roue à son parrain depuis que la foire s'était installée à la mi-novembre.

Hermione finit de se préparer et transplana près de la station de métro dans une ruelle. Elle marcha jusqu'au parc en respirant l'air frais de décembre. Les températures n'étaient pas si basses pour la saison et elle pouvait voir les gens autour d'elle s'engouffrer dans les magasins pour faire leurs courses de Noël.

En arrivant à l'entrée du parc, elle ne vit personne. Cela ne l'étonna même pas qu'ils ne soient pas à l'heure. Elle s'assit sur un banc et attendit.

- Tata Hermione, entendit-elle crier et elle se retourna pour voir un petit courir vers elle.

Du haut de ses sept ans, Teddy Lupin vouait un culte à sa tante. Personne ne pouvait dire du mal d'elle et il n'avait aucun problème à reprendre tous ceux qui osaient.

Hermione le hissa à sa hauteur et il entoura ses bras autour d'elle pour lui faire un câlin.

- On n'arrivait plus à le tenir, dit Ginny alors qu'ils arrivaient à sa hauteur.

Harry portait le petit James, dix-huit mois, sur ses épaules qui riait aux éclats.

Ils s'embrassèrent et discutèrent un moment des dernières nouvelles de la Gazette du sorcier. Ginny travaillait comme consultante pour la rubrique quidditch depuis peu.

- Ron n'était pas avec toi ? demanda Hermione en direction de Ginny.

- Oui, il l'était, mais Pansy lui a envoyé un message, elle avait besoin de lui tout de suite. Du coup Ron lui a dit qu'on venait ici et apparemment elle vient avec Blaise et Drago.

Hermione dut se retenir de ne pas lâcher un soupir. Depuis que Ron et Pansy sortait ensemble et que Drago et Harry travaillait ensemble, le groupe s'était agrandi et désormais, c'était toujours tous les sept qu'ils passaient leur week-end. Parfois l'époque où ils n'étaient que tous les trois lui manquait. Elle avait ses deux meilleurs amis rien que pour elle. Les temps ont changé et elle était la dernière de leur trio à être toujours célibataire.

- Alors je suppose que je peux te remercier pour le sapin, dit Harry à Hermione alors que Ginny s'éloignait avec les enfants pour qu'il puisse jouer en attendant les retardataires.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-elle d'un air innocent.

- J'ai reconnu la façon que tu as d'entremêler les guirlandes Hermione, révéla Harry en riant.

- Je suis démasquée.

- Et vous avez fait ça sans vous hurler dessus avec Malefoy ?

- Quoi ? Ça te parait si surprenant que ça qu'on puisse faire quelque chose tous les deux sans s'entretuer ?

A la façon dont Harry la regardait, clairement la réponse qu'elle attendait était oui.

- Il a été plutôt agréable pour une fois. Quand j'y pense, il a fait tout ce que je lui demandais de faire. Je devrais même te dire félicitation pour avoir réussi à le mater comme ça, dit-elle en souriant.

Harry redoubla d'hilarité et elle ajouta : qui aurait cru que Malefoy puisse être si docile ?

- Je te rassure Granger, il y a aussi d'autres endroits où je peux être très docile.

Hermione fit volte-face et elle se retrouva nez à nez avec Drago Malefoy. Il se trouvait près d'elle et avait son sourire arrogant sur le visage. Ses joues étaient rougies par le froid et ses prunelles métalliques la transperçaient.

- Je suis désolé d'être en retard Hermione, c'est de la faute de Pansy.

Ron se pencha pour lui faire un câlin ce qui eu pour effet de lui faire perdre le contact avec le blond. Elle soupira intérieurement, chaque petite victoire était importante dans la guerre qu'ils livraient silencieusement depuis cinq ans.

- Comment ça de ma faute ? s'indigna Pansy. C'est toi Weasley qui laisse traîner tes farces et attrapes partout dans la maison. Monsieur a confondu sa baguette avec une des baguettes farceuses. Evidemment, je me suis retenue de lui dire où était la vraie.

Blaise éclata de rire, suivit de Drago et de Harry qui essayait pourtant de retenir le sien par solidarité

C'est avec un Ron bougon qu'ils pénétrèrent tous dans le parc. Hermione se sentit tout de suite heureuse et elle entraîna tout le monde au cœur du marché de Noël pour qu'ils puissent marcher le long des exposants. Ils goûtèrent les traditionnels sablés, burent du chocolat chaud avant d'aller vers les attractions où la majestueuse grande roue se dressait.

- Qui est prêt pour monter sur la roue ? s'exclama Blaise alors que Teddy n'en pouvait plus d'attendre et suppliait les adultes.

Hermione se chargea de payer les places pour tout le monde et Blaise embarqua les deux garçons avec lui en direction d'une nacelle. Teddy râlait parce qu'il voulait être avec Hermione, mais après que Blaise lui ai murmuré quelque chose à l'oreille, il prit James par la main et se précipita dans la première disponible. Harry et Ginny en prirent une à deux ainsi que Ron et Pansy.

Hermione sentit son cœur se serrer et elle s'en voulait d'être jalouse et envieuse de ses amis. Elle aurait probablement fait la même chose si elle avait été avec la personne qu'elle aime.

- Granger, tu montes avec moi ?

La voix de Drago la coupa dans ses pensées et il se tenait à coté de la prochaine nacelle, la voie libre pour elle si elle voulait monter.

Qu'est-ce qui était le pire ? Être toute seule dans une grande roue ou partager les prochaines quinze minutes avec Malefoy ? Le choix s'imposa de lui-même. Elle lui fit un sourire timide et s'installa sur le banc alors qu'il montait à sa suite.

Ils ne dirent rien les premières minutes alors qu'ils s'élevaient dans le vide. Ils pouvaient entendre les cris de joie des garçons avec Blaise qui chantait un chant de Noël à tue-tête. Soudainement, alors qu'ils étaient presque au sommet, la roue s'immobilisa dans un crack sourd et les mains d'Hermione se crispèrent sur la barre devant elle.

- Ça va ? demanda Drago en voyant les jointures de ses mains si crispées qu'elles perdaient toutes couleurs.

- J'ai le vertige Malefoy… souffla-t-elle alors qu'elle fermait ses yeux.

Cela ne pouvait pas lui arriver, pas à elle.

- Oh… fut tout ce qu'il trouva à dire. Il ajouta après quelques secondes : je suis sûr qu'ils vont réparer ça tout de suite, ils ont l'habitude les moldus, je suis sûr que ça arrive souvent. Ça doit être un môme qui a perdu son jouet.

Hermione rouvrit les yeux et tourna la tête en direction du blond. Il s'était penché par-dessus la barrière et essayait probablement de regarder en bas ce qu'il se passait. En attendant, il avait tenté de la… rassurer ?

- Malefoy parle moi, dis moi n'importe quoi pour que j'évite de penser qu'on est à cent mètres du sol et qu'on peut s'écraser à tout moment, dit Hermione rapidement alors qu'elle avait les yeux fixés sur ses pieds.

- Pourquoi tu ne m'appelles pas Drago ?

- Hein ? dit-elle en relevant brusquement les yeux sur lui.

- Tu appelles Blaise et Pansy par leur prénom. Tu t'entends même très bien avec Pansy, tu aides Blaise avec ses clients et malgré ça, tu ne m'accordes pas la paix que je demande depuis cinq ans.

- Je ne crois pas que ce soit le moment pour parler de ça.

- Au contraire, tu évites ce sujet continuellement, mais avec ce qui s'est passé hier, je veux une réponse à ma question.

- Quoi hier ?

- C'est la première fois qu'on faisait quelque chose toi et moi. Sans se battre, sans se chamailler ou s'insulter et je peux le dire, j'ai trouvé ça plutôt agréable pour une fois. Ce qui m'amène à te reposer cette question et je sais que tu ne trouveras pas mille excuses pour t'évincer. Tu ne peux pas de toute manière.

Hermione était silencieuse, ne sachant pas quoi répondre, elle le laissait continuer.

- Est-ce que tu sais que Potter m'a dit qu'il ne nous laisserait pas assister au réveillon si nous n'étions pas capables d'être civilisés ? Je lui ai répondu que si ça ne tenait qu'à moi, ça ferait longtemps qu'on serait civilisé.

- Comme si Harry pouvait m'interdire de passer les fêtes ensembles, dit-elle en secouant la tête, c'est absurde.

- Crois-moi il était très sérieux. Et encore une fois tu t'éloignes du sujet.

Hermione continuait de le fixer sans rien dire. Lui, avait croisé ses bras sur sa poitrine et attendait une réponse. Elle regarda autour d'elle et priait pour qu'on la sorte de cet enfer.

- Tu sais, j'ai toujours cru qu'entre nous il y avait quelque chose qui ne pourrait jamais s'effacer. Une rancune trop ancienne. Je me suis fait une raison, si tu voulais continuer à jouer à faire la guerre après tout, tu avais tes raisons. Je m'interroge cependant sur ces raisons.

Hermione détourna le regard, gênée. Pourquoi est ce qu'il fallait qu'il parle de ça maintenant ? Ils avaient décoré un sapin ensemble hier, il ne fallait pas qu'il en fasse toute une affaire d'état.

- Dis moi si je me trompe mais la première fois que je t'ai demandé qu'on fasse la paix ça devait être après que Pansy et Weasley se soit mis en couple. A cette époque on se voyait rarement et quand on a commencé à se voir plus fréquemment on a eu cette discussion toi et moi. Tu te souviens ? C'était au manoir des Parkinson, Pansy avait organisé cette fête pour célébrer leur couple. J'avais bu, tu avais bu. On a passé des heures à discuter. Du passé, de nos vies, de l'avenir. J'ai eu l'impression qu'on était arrivé à quelque chose. Je me suis excusé et tu m'as dit que tout était oublié.

Il s'arrêta pour faire une pause. Hermione l'écoutait raconter son histoire et elle en connaissait bien sûr le dénouement.

- Et pourtant, le lendemain, tout était redevenu comme avant et tu m'as dit qu'on ne pourrait jamais être amis. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Rien, j'ai juste réalisé qu'on ne pourrait jamais être amis et que je n'en avais pas envie, répondit-elle après un moment.

- Comme ça ? J'ai cette impression qu'il s'est passé quelque chose et des morceaux m'échappent.

- Il ne s'est rien passé. J'ai changé d'avis, j'ai le droit, répondit Hermione avec force.

- Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que tu as pardonné aux autres mais pas moi ? insista-t-il en se rapprochant de la brune.

Leurs jambes étaient maintenant collées l'une à l'autre et Hermione pensait sérieusement à sortir sa baguette pour réparer cette foutue roue quitte à être arrêté par le ministère. Harry la sortirait d'affaire.

- Pourquoi ça t'importe tant ? murmura-t-elle finalement.

- Réponds d'abord à la mienne et je répondrais à la tienne.

Drago était finalement heureux que la roue soit arrêtée et qu'ils soient coincés. A cet instant, il attendait d'avoir la réponse qu'il voulait depuis des années. Le destin était de son côté ce soir.

Il était rentré chez lui hier soir avec un sentiment désagréable. Il avait cherché toute la soirée et quand il avait mis le doigt dessus, il était encore plus confus qu'avant. Il avait maintenant eu la preuve qu'Hermione et lui pouvait s'entendre. Même si ça n'avait été que pour une heure.

Pourtant, là, maintenant, il pouvait sentir la chaleur que dégageait leur proximité et il n'avait pas envie de laisser tomber. Il allait avoir des réponses. Pourquoi ça lui importait tant ? Bonne question.

- Je te le demande Hermione, pourquoi ? reprit-il sérieusement.

- Tu ne t'en souviens pas hein ? demanda-t-elle alors après avoir inspiré profondément. La soirée dont tu as parlé, bien sûr que je m'en souviens. On n'avait pas bu tant que ça. A cette soirée j'ai rencontré un Drago Malefoy que je ne connaissais pas et qui m'a plu. Je me suis rendu compte que finalement on avait beaucoup de choses en communs et qu'on avait gâché tant de choses à se détester pendant toutes ces années.

Elle fit une pause.

- Et je t'ai entendu parler avec Blaise. Tu lui as dit qu'à tes yeux je resterais toujours la miss je-sais-tout insupportable de Poudlard, que travailler avec Harry ne changeait rien. Tu as aussi ajouté que je n'étais même pas assez bien pour une nuit avec toi.

Drago ne disait rien. Il avait plissé les yeux ,elle pouvait en déduire qu'il était occupé à fouiller au fond de sa mémoire. Elle comprit aussi qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait et alors qu'il ouvrait la bouche, elle ajouta :

- A partir de ce jour, tu étais redevenu le Drago Malefoy de Poudlard, méchant et prétentieux. Dommage, j'y ai cru pendant quelques heures.

- Non, je n'ai pas…

- Ne dis pas que ce n'est pas vrai. J'étais là et j'ai tout entendu, dit-elle en élevant la voix.

Il n'allait sûrement pas la faire passer pour une menteuse.

- Laisse-moi parler. Tu n'as entendu que la moitié de la conversation. Si tu étais restée plus longtemps, tu m'aurais aussi entendu dire que malgré ton foutu caractère, tu étais belle et intelligente et que c'était facile d'imaginer plus qu'une simple nuit avec toi.

Hermione le contemplait bouche-bée. Il mentait forcément. Une petite voix dans sa tête lui souffla qu'il n'avait pas d'intérêt à mentir alors que c'est lui qui la priait depuis cinq ans.

- Demande à Blaise, il pourra confirmer. Hermione…

- Non ! Tu n'as pas le droit. Je m'emploie à te détester depuis ce jour où j'ai réalisé que je ne me suis jamais trompé finalement et que l'erreur a été de croire que tu pouvais être un homme bien.

- C'est un énorme malentendu ! Oui, j'ai dit toutes ces choses sur toi, mais c'était avant de dire que je voulais t'inviter à un vrai rendez-vous. Que tu ne serais jamais une de ces filles qui passent et qui sont parties avant le petit-déjeuner. C'est ce que j'étais venue te demander le lendemain quand tu m'as claqué la porte au nez. Pourquoi tu crois que j'étais venu ?

- Pour te moquer de moi.

- Mais tu ne comprends donc pas… dit-il en soufflant désespérément.

Il décida alors de changer de tactique.

- Tu te souviens de la fois où tu es sorti avec ce mec du ministère ? Il t'a emmené au théâtre il y a trois ans.

Elle acquiesça.

- J'ai tourné en rond chez Blaise toute la soirée. Pansy et lui n'ont pas arrêté de me charrier, me disant que si je voulais, ça pouvait être moi à la place de ce type.

Ils se regardèrent en silence pendant les minutes qui suivirent. L'un plein d'espoir et l'autre perdu.

La roue se remit en marche brutalement et Hermione fut expulsée contre Drago. Elle se dégagea aussitôt les joues rouges.

- Écoute, je suis désolé pour ce que j'ai dit mais c'était sincère. Laisse-moi te le prouver.

Hermione haussa les sourcils, n'étant pas très sur de savoir comment il pouvait faire ça.

- Hermione, Drago, vous allez bien ? demanda Harry alors qu'ils descendaient de la nacelle. On a entendu quelques cris…

Personne ne répondit et Hermione aperçut Drago hocher la tête en direction de Blaise qui lui fit un sourire en retour.

- On va rentrer, c'est l'heure de la sieste, dit Ginny alors que James peinait à garder les yeux ouverts dans les bras de sa mère.

Les Potter embrassèrent tout le monde et s'éloignèrent. Hermione en profita pour s'éclipser aussi et elle se dépêcha de trouver un endroit sombre pour transplaner.

Son cerveau était en ébullition. Elle voulait sincèrement croire que Malefoy avait dit la vérité et comme quoi elle réalisait qu'elle avait passé les cinq dernières années à mettre beaucoup de volonté dans une guerre qui n'avait pas lieu d'être. D'un autre côté, on parlait de Malefoy et Hermione ne voulait surement pas être le sujet d'une mauvaise blague.

Elle rentra chez elle épuisée et en mettant la main dans sa poche pour prendre sa baguette, elle trouva un morceau de parchemin. Elle pouvait lire : « Laisse-moi jusqu'à Noël pour te le prouver » DM.


Tadaaaam !

Vos impressions ?

C'est à partir de ce chapitre que tout va se mettre en place :)

À demain xx