Résumé : Armin Arlert, 23 ans, professeur de philosophie. Annie Leonhart, 18 ans, lycéenne en classe de terminal.

Intrigué par la blonde, Armin Arlert fait tout pour que la jeune femme parle. Cette dernière, elle, n'arrive pas à parler. Elle aimerait parler, pouvoir sortir de son calvaire, mais c'est trop dur. Arrivera-t-il tout de même à la faire parler ? Univers Alternatif. Romance entre professeur et élève.

/ Trigger Warning / Mention de viol, de scarification et de maltraitance.


CHAPITRE UN


ARMIN

Dans la salle des professeurs, Armin écouta l'autre professeur de philosophie lui parler. Ce dernier avait un air hautain que le blond ne supporta pas. Cependant, il ne dit rien, ne voulant pas créer des tensions avec un collègue.

« C'est votre première fois avec des élèves ? » Demanda l'homme face à lui.

« Non, j'ai déjà été suppléant plusieurs fois. Mais c'est la première fois à plein temps. » Répondit le blond.

« Je vous conseillerais d'être ferme et stricte dès le début. Les gamins vont voir que vous êtes jeune, ils vont penser que vous serez un prof « cool » comme ils aiment le dire. »

« Je sais... » Marmonna Armin, agacé qu'on lui dise cela.

« Par quel thème allez-vous commencer en tronc commun ? »

« Je pensez commencer par un chapitre introductif pour leur expliquer ce qu'est la philosophe. Ensuite, je commencerais avec la conscience. »

« J'aurais été à votre place, j'aurais commencé par l'art, mais bon, c'est une autre option. Et en spécialité ? »

« Sur la recherche de soi. » Répondit Armin avant de se lever.

« J'espère que vous êtes patient. Les élèves ne sont pas très bavards. »

« Ce n'est pas un problème. » Fit le blond en prenant son sac avant de sortir de la salle des professeurs.

Montant d'un étage, Armin arriva rapidement à sa salle. Il déverrouilla la porte et alluma les lumières. Posant son sac sur le bureau, il s'assit, allumant l'ordinateur. La sonnerie n'allait pas tarder à retentir, dans quelques minutes, il allait rencontrer ses premiers élèves. Le professeur espérait qu'il allait bien se débrouiller en tant que prof.

Soudain, il entendit la sonnerie. Se levant, il s'approcha de la porte et l'ouvrit. Devant lui se trouvait à peine dix élèves. Il leur sourit chaleureusement avant de les inviter à rentrer. Armin retourna s'asseoir et, pour sa plus grande surprise, les deux premiers rangs étaient remplis, personne ne s'était installé au fond. En fait, la seule personne qui était légèrement reculée des autres était une fille blonde. Elle s'était mise au deuxième rang sur une table de deux, près de la fenêtre.

Et évidemment, il n'y avait que des filles. Il s'y était attendu. Rare étaient les garçons qui aimait la philosophie.

Il commença par faire l'appel. De par le petit nombre d'élève, il ne mettrait pas trop de mal à retenir leur prénom. De plus, il pourrait alors se permettre peut-être de leur fournir une aide individuelle.

« Bonjour à toutes. » Commença alors Armin en se levant. « Je suis monsieur Arlert, c'est moi qui vais vous enseigner la spécialité du côté philosophie. Votre programme n'a pas l'air bien compliqué mais je vais tout faire pour cela vous paraisse encore plus facile que ça ne l'ai déjà. Juste une question : Quelqu'un envisage de faire ses études dans la philosophie ou encore la psychologie ? »

A sa grande surprise, la majorité leva la main. Alors chacun leur tour, il leur demanda leurs projets d'avenir. Certaines voulaient devenir psychologue, une autre voulait devenir orthophoniste, puis psychanalyste, une psychiatre. Armin tourna la tête vers la blonde seule, qui le regardait en silence.

« Et vous... Annie, c'est ça ? Que voulez-vous faire plus tard ? »

« Criminologue. Ou autrice. L'un des deux. » Répondit-elle.

Première fois qu'il voulait rencontrer quelqu'un qui voulait faire l'un de ces deux métiers. S'il s'attendait à ça... Voilà. Maintenant, il était intrigué par cette jeune femme.

« Ce sont des projets très ambitieux. Pour la criminologie, je vous conseillerais de vous tourner peut-être vers le droit. Ainsi, vous aurez plus de chance. Mais vous pouvez vous tourner vers la psychologie ou la sociologie. » Expliqua le blond.

« Je verrais. » Répondit-elle, prenant une feuille en griffonnant quelque chose dessus.

Il était définitivement intrigué par cette fille. En même pas dix minutes, elle lui avait déjà tapé dans l'œil. Soudain, il se rappela d'une chose qu'on lui avait dit la veille. Mais oui, c'était elle qui avait redoublée sa terminale. Il se devait de l'aider, elle allait surement avoir plus de difficulté que les autres.

ANNIE

Seule dans le couloir, elle attendait patiemment que le prof arrive pour ouvrir la porte. Elle allait faire deux heures de philosophie en tronc commun et elle avait hâte, plus qu'elle ne l'imaginait.

Le cours qu'elle avait eu avec lui ce matin lui avait plu. Ce monsieur Arlert était complétement différent de son ancien prof qui avait été un vrai con toute l'année. Il semblait beaucoup plus à l'écoute et beaucoup plus sympathique. Peut-être parce qu'il était jeune. Et charmant.

D'ailleurs, il avait tapé dans l'œil de toutes les filles de la classe de spécialité. Les pauvres, elles faisaient tellement pitié à regarder le prof avec des yeux doux, priant intérieurement pour qu'il leur voue une quelconque attention. Certes, elle était d'accord avec toutes ces filles : il était vraiment attirant, mais c'était un prof, alors ça ne devait pas aller haut delà. Elle était sûr que les filles de sa classe de tronc commun aller craquer sur lui.

« Vous êtes déjà là ? » Fit une voix masculine qui ouvrait la porte de la salle.

« Oui. » Répondit Annie en le regardant. « J'aime être en avance. »

Le professeur sourit avant d'ouvrir la porte, laissant Annie passer la première. Ils entrèrent tous les deux, posant leurs affaires. Annie prit son téléphone et vit que son père lui avait envoyait un message :

Père : Tu rentres à quelle heure ?

Annie : Je serais à la maison vers 17h si les trains n'ont pas de retard.

Père : OK.

Elle reposa son téléphone et soupira légèrement avant d'entendre un amas de bruit entrer dans la salle juste après la sonnerie. Forte heureusement pour elle, personne ne vint se mettre à côté d'elle. Pour cela, elle était bien contente d'être la salope de la ville.

Annie vit le professeur attendre le silence avant de commencer à faire l'appel. Derrière elle, la blonde entendit deux cruches en train de s'imaginer avec le prof dans leur lit. Pauvres idiotes...

Juste après s'être rapidement présenté, il expliqua rapidement le programme du début d'année.

« Nous allons débuter par un chapitre introductif que nous allons commencer maintenant. Ensuite, on enchainera avec lui premier chapitre de l'année qui portera sur la conscience. C'est le thème que j'aime le moins, c'est pour cela que nous l'étudierons juste après histoire d'être débarrassé. Question méthodologie, je vous en parlerais au moment venu, sinon, je vais déjà vous perdre. Vous êtes prêt à commencer ? » Dit-il en s'asseyant sur le bureau, observant les élèves prendre feuilles et stylo.

« Très bien, alors pour vous, qu'est-ce que la philosophie ? » Demanda le professeur.

Sachant pertinemment ce qu'était la philosophie, elle leva la main. Annie s'était motivée à participer, cette année. Dans son dos, elle pouvait entendre les deux pintades chuchoter des choses pas très sympa sur elle. Comme d'habitude, quoi. On la critiquait sans la connaitre.

Le professeur ne l'interrogea pas, mais elle savait parfaitement pourquoi : parce qu'il voulait laisser ceux qui ne faisaient pas la spécialité. Soudain, Annie entendit quelque chose qui ne lui plu absolument pas, et la moitié l'entendit.

« Elle va essayer de le mettre dans son lit, cette sale pute. » Fit une des deux filles derrières elle.

Annie baissa la main en entendit quelques élèves rire. Elle allait se retourner pour insulter la fille mais le professeur l'appela.

« Annie ? Dites-moi, c'est quoi la philosophie. » Dit-il, voyant du coin de l'œil les deux filles rire derrière elle.

La blonde l'observa un moment avant de parler : « C'est l'amour de la sagesse. C'est aussi une science mais également un ensemble de questions que les êtres humains peuvent se poser sur eux-mêmes ou sur la vision du monde. » Dit-elle.

« C'est ça. Mais il faut savoir que la définition a énormément changé avec le temps, mais celle qu'Annie nous a dit est une excellente définition. J'espère que vous avez pris en note même si vous étiez déjà trop occupé à rire... » Dit-il à l'intention d'une partie de la classe.

Alors il avait entendu la réflexion qu'elle venait de se prendre. Et il ne disait rien, juste une remarque sur leurs rires. Lui aussi devait probablement être au courant, ça ne faisait aucun doute.

A la fin du cours, Annie rangea lentement ses affaires et entendit une voix masculine devant elle.

« Vous pouvez attendre ? J'ai quelque chose à vous dire. » Fit le professeur, le dos contre le mur.

Sans rien dire, elle rangea ses affaires et mit sa veste, laissant tous les autres partir. Bien sûr, certains la regardait comme si c'était une bête de foire. Elle avait horreur de ça...

« Qu'est-ce que c'était ces rires, tout à l'heure ? » Commença-t-il en fermant la porte.

La blonde le regarda un instant, avant de répondre : « Je ne sais pas. »

« Cela n'avait pas l'air de vous faire plaisir. C'était sur vous ? »

« Non. » Répondit-elle en prenant son sac, prête à partir.

« J'ai entendu ce qu'une des filles à dit, mais je ne suis pas sûr de ce que j'ai entendu. »

« Je ne vois pas de quoi vous parlez, monsieur. »

Évidemment qu'elle voyait de quoi il parlait, mais simplement qu'elle ne voulait pas parler de ça. De toute façon, elle ne pouvait pas en parler. Personne ne la croirait. C'était toujours elle la méchante et la menteuse.

« Vous savez de quoi je parle, c'est évident. » Dit-il en s'approchant. « Écoutez, ignorez ce que les gens peuvent bien dire de vous. J'ai bien vue votre tête après ça, et vous ne devriez pas vous sentir toucher par cela. Je connais ça, les moqueries des autres. »

Observant ses pieds, Annie ne répondit pas, ne sachant pas tellement quoi dire. Pourquoi lui disait-il tout ça ? Pour avoir sa confiance ?

« Si vous avez besoin de quelqu'un pour parler, vous pouvez le faire. » Fit par dire le prof avec un petit sourire.

Surprise, la blonde leva les yeux vers lui. A vrai dire, c'était la première fois qu'on lui disait cela. C'était la première fois que quelqu'un accepte qu'elle se confie auprès de lui. Après toutes ces années de souffrance, de solitude, elle avait quelqu'un qui voulait bien l'aider et l'écouter. Mais était-elle prête à parler de cela avec quelqu'un ? Annie était-elle prête à parler d'elle à quelqu'un ?

Non, certainement pas.