Résumé : Armin Arlert, 23 ans, professeur de philosophie. Annie Leonhart, 18 ans, lycéenne en classe de terminal.

Intrigué par la blonde, Armin Arlert fait tous pour que la jeune femme parle. Cette dernière, elle, n'arrive pas à parler. Elle aimerait parler, pouvoir sortir de son calvaire, mais c'est trop dur. Arrivera-t-il tout de même à la faire parler ? Univers Alternatif. Romance entre professeur et élève.

/ Trigger Warning / Mention de viol, de scarification et de maltraitance.


CHAPITRE DEUX


ARMIN

En rentrant chez lui, il fut accueilli par son petit chat, Simba, âgé de cinq ans. C'était un chat couleur sable qui adorait particulièrement les câlins. Il posa sa veste sur son porte manteau et posa son sac sur la table. Cette première journée de cours avait été... étrange.

La spécialité s'était bien passée. Il avait eu deux classes dans la journée de tronc commun dans la journée. La première s'était bien passée, les élèves avait l'air motivé. Évidemment, ce n'était que le début. La seconde classe, elle, avait été moins motivé. Et dès le début, Armin avait cerné la classe : une fille harcelée par les autres, surement parce qu'elle était différente d'eux.

Il avait bien vue que cette Annie Leonhart était une fille complétement différente des gens de sa classe, notamment par ses projets d'avenir, mais par sa façon d'être et son style vestimentaire. Oui, la différence rendait la banalité mal à l'aise.

Ses doutes s'étaient confirmés en entend l'insulte qu'une des filles derrière Annie avait dite : « Elle va essayer de le mettre dans son lit, cette sale pute. »

Putain, ce que les filles pouvaient être méchante en train. Armin avait vu la tête qu'avait tirée la blonde. Heureusement qu'il était vite intervenu en l'interrogeant, parce que ça aurait pu mal tourner.

A la fin du cours, il s'était dit qu'il fallait qu'il lui en parle. Et pour cela, quoi de mieux que de choisir l'option du « je-lui-dis-que-j'ai-vécu-la-même-chose-pour-qu'elle-ait-confiance ». Bien sûr, Armin avait choisi cette option parce qu'il avait réellement vécu ce genre de chose ; Le harcèlement scolaire, ça le connaissait. C'est également pour cela qu'il lui avait dit qu'elle pouvait lui parler. Elle n'avait rien répondu et était partie à toute vitesse. Elle avait surement eu peur, et ça se comprend. Mais il n'allait pas lâcher l'affaire, jusqu'à ce qu'elle crache le morceau.

Avec les adolescents harcelés, il ne fallait pas les lâcher d'une semelle, jusqu'à ce qu'ils crachent le morceau afin de régler le problème. En tout cas, pour lui, on avait dû lui faire cracher.

Pendant un instant, il s'était dit qu'il pouvait lui donner son numéro de téléphone pour qu'elle puisse lui parler à tout moment si elle en ressentait le besoin, mais il s'était résiné. Ce n'était que le premier jour de cours, elle allait surement penser qu'Armin était un pervers à lui donner son numéro de téléphone.

Il trouverait bien un moyen de la faire parler. Il suffisait qu'il soit sympathique avec elle et qu'il gagne sa confiance. Ça ne devrait pas être trop compliqué. En général, on lui faisait facilement confiance. Espérons qu'elle lui fasse confiance, elle aussi. Il voulait vraiment l'aider. Il savait que le harcèlement pouvait aller très loin pour celui ou celle qui le subissait.

Oui, il se devait d'aider cette jeune femme.

ANNIE

Au fond d'elle, Annie savait qu'elle allait passer une sale soirée. Elle avait dit à son père qu'elle serait à la maison pour 17h environ. Mais il était 17h30, et elle n'avait pas pu prévenir son père du retard des trains car son téléphone avait décidé de le lâcher.

Foutu batterie de merde..., pensa-t-elle.

Entrant en silence dans la maison, elle ferma la porte derrière elle, avant d'entendre une voix à quelques mètres d'elle.

« Ferme-la à clé. » Fit le père d'Annie, froidement.

Cette dernière s'exécuta sans broncher, ne voulant pas l'énerver encore plus. Lentement, elle se tourna vers l'homme et baissa les yeux, ne voulant pas le regardant. En fait, elle n'osait pas le regarder dans les yeux.

« C'est quoi ton excuse ? »

« Les trains ont eus du retard et... et mon portable à plus de batterie... regarde. » Dit-elle en lui tendant son téléphone.

« Dépêche-toi de faire le ménage, salope. J'en ai marre de vivre dans cette crasse. » Dit-il avant d'aller s'installer dans le canapé.

D'ailleurs, Annie était persuadée qu'il avait passé sa journée devant la télé, comme tous les jours. Putain, jamais elle n'aurait la paix. Sans se faire prier, elle prit un torchon ainsi qu'un produit ménager et débuta son ménage. Heureusement, elle avait déjà fait tout l'appartement lundi soir, ce n'était pas aussi sale qu'il le prétendait.

Astiquant la cuisine, Annie réfléchit à ce qu'il s'était passé en cours de philosophie. Heureusement que le prof l'avait interrogé, parce que s'il n'avait rien fait, elle aurait probablement fait quelque chose de regrettable. Quoiqu'il en soit, elle n'avait rien fait.

En temps normal, elle laissait passer les remarques. Mais là, elle était fatiguée, encore plus qu'avant. Elle n'avait pas eu un instant de tranquillité pendant les grandes vacances. Elle avait dû travailler durant les deux mois pour pouvoir gagner un maximum d'argent. Cela faisait déjà un bon moment que son père ne travaillait plus, les fins de mois étaient terriblement compliquées. Annie était presque sûre que ce n'était qu'une question de semaine avant qu'ils se fassent déloger.

Une fois le ménage de la maison, Annie débarqua dans le salon et observa son père.

« Il reste un plat de lasagne, je te le fais ? » Demanda-t-elle.

« Oui. Tu vas manger quoi ? »

« Rien. Je n'ai pas faim. »

Elle se rendit alors dans la cuisine et mit le plat cuisiné dans le four et attendit que le plat soit cuit. Pour s'occuper, elle s'installa à table et entama ses devoirs. Elle devait faire signer une feuille par son père. Allait-il accepter de signer ? Surement pas, c'est pour cela qu'elle signa elle-même, prenant soin de faire deux signatures différentes. Elle signa avec sa signature et fit une autre signature, semblable à celle de sa mère.

Sa mère... elle lui manquait terriblement. Ce qu'elle aurait aimé qu'elle soit encore avec elle.

Elle griffonna quelques petites choses dans son cahier de spécialité anglaise, histoire de dire qu'elle avait travaillé avant de ranger ses affaires.

Sortant le plat du four, elle manqua de se brûler. Dans un soupir, elle coupa une part et la mit dans une assiette. Elle se dirigea ensuite dans le salon, tendant le plat à son père avec un bière à l'autre main. Pas un regard, pas un remerciement.

Comme d'habitude. Mais ça l'importait peu. Elle n'attendait plus rien de son père.

Montant les escaliers, elle se rendit dans la salle de bain. Évidemment, elle ne ferma pas la porte à clé, elle en avait la stricte interdiction. Et si elle osait enfreindre la loi, ça allait mal finir pour la blonde.

Après une rapide douche ( il ne fallait pas qu'elle reste trop longtemps sous l'eau, question économique ), elle commença à se vêtir de son pyjama mais la porte s'ouvrit en grand. Annie observa son père : elle savait ce qui l'attendait.

Elle pleurait déjà.


Après une courte nuit durant laquelle elle pleura la majorité du temps, Annie monta dans le train. Elle n'avait aucune motivation pour aller en cours, ce jour-là. Elle aurait aimé rester chez elle. Mais bon, il fallait quand même y aller.

Le trajet fut plutôt rapide, si bien qu'elle fut saisie d'être déjà au lycée, attendant devant la salle de classe. Elle avait une tête de déterré et elle ne pouvait pas cacher ses cernes. Son père ne voulait pas qu'elle se maquille. Les seules fois où il l'autoriser à utiliser un peu de maquillage, c'était pour cacher ses hématomes. Sinon, c'était toujours au naturel.

« Annie ? Tu vas bien ? » Demanda alors la professeure, la regardant avec inquiétude.

« Hum... oui oui... » Marmonna la jeune femme, sentant les larmes monter.

« Tu as l'air épuisé. »

« Ça va. » Finit-elle par dire, tentant de sourire.

Elle la regarda, pas franchement convaincu avant d'entrer dans la salle. Annie avait été tellement plongé dans ses pensées qu'elle ne l'avait pas vu arriver. S'asseyant dans son petit coin toute seule, elle cligna des yeux longuement. Elle était littéralement épuisée, elle voulait dormir.

ARMIN

Sortant de sa salle de classe, il vit les élèves se ruer hors des bâtiments pour se rendre à la cantine. On aurait dit de vrai animaux... Mais bon, au moins, sa semaine était finie.

Pour remonter vers la salle des professeurs, Armin devait passer à côtés des toilettes des filles. Il marcha le long couloir avant d'entendre une respiration forte, comme si quelqu'un avait des difficultés respiratoires. Oubliant le fait que ces toilettes étaient réservées à la gente féminine, il entra. Il se devait de savoir ce qu'il se passait.

« Vous allez bien ? » Commença alors Armin en s'approchant de la cabine, toquant légèrement.

La personne toussa fortement en entendant Armin parler. Le blond toqua une nouvelle fois.

« Est-ce que ça va ? Sortez, je vais vous aider. »

« Je... Ça va... » Fit une voix féminine rempli de sanglot.

« Annie ? C'est vous ? » Demanda-t-il en reconnaissant la voix de la blonde. « Ouvrez-moi cette porte, Annie. » Fit Armin, inquiet.

Quelques instants plus tard, la porte se déverrouilla. Il se précipita de l'ouvrir et vit Annie, assise sur la cuvette, le visage inondé de larmes. Pris de pitié, il s'approcha d'elle et posa une main sur l'épaule de la blonde qui le dégagea violement. Le professeur fut d'abord étonné par ce comportement, mais il comprit qu'elle ne voulait aucun contact. D'ailleurs, ceci suffit pour que ses pleurs reprennent.

« Dites-moi ce qu'il se passe. »

« Peux pas... » Murmura-t-elle, ayant du mal à respirer.

« Calmez-vous, respirez lentement. » Continua-t-il d'une voix qui se voulait être rassurante.

« Partez... s'il vous plait. »

« Et vous laissez dans cet état ? Vous allez commencer par vous calmer et après un parlera. »

Après de longues minutes qui semblaient être des heures, Annie réussit enfin à se calmer. Le blond lui tendit un mouchoir qu'elle prit en le remerciant. Après s'être mouché, elle essuya ses joues avec sa manche, la tête toujours baissée.

« Ca va mieux ? » Demanda Armin.

« Oui. Merci. » Répondit-elle, d'une voix tremblante.

« Pas de problème. Pourquoi vous vous êtes mise dans cet état ? »

Et là, pas de réponse. Elle continua d'observer ses pieds. Il remarqua de nouvelles larmes couler et il s'accroupit pour être à sa hauteur. Annie leva légèrement les yeux vers lui.

« Vous avez dit que vous ne pouvez pas me le dire. Si vous dites quoique ce soit, quelqu'un va vous en vouloir ? »

Elle hocha la tête en reniflant.

« Qui ? »

« Je peux pas le dire... » Finit-elle par dire.

« Je comprends. Mais si vous parlez à quelqu'un et que ce quelqu'un ne dit rien à personne, qu'il garde tout pour lui. Vous pouvez le dire, non ? »

Elle secoua la tête, signifiant que non, elle ne pouvait pas parler. Armin l'observa un moment, se demandant bien ce qu'il pouvait se passer chez Annie.

« Pourquoi ça ? »

« Parce que... parce que la personne finira par le dire à quelqu'un. » Murmura-t-elle.

« Vous ne pouvez pas le dire ou vous ne voulez pas le dire ? »

« Je ne sais pas... »

La jeune femme lui faisait terriblement de peine. Il devait l'aider.

« Je veux vous aider. Et pour ça, il faut que vous me parliez. »

« Je n'ai pas besoin d'aide. » Lança-t-elle, étouffant un sanglot.

Armin la regarda sans dire un mot, ne sachant pas quoi dire d'autre. Évidemment qu'elle avait besoin d'aide. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'il allait repartir faire ça petite vie comme s'il n'avait jamais rien vue ?

« Vous pouvez dire ce que vous voulez, ça ne change pas au fait que la situation est grave. »

« Qu'est-ce que vous en savez ! » Lui cria-t-elle, énervé. « Vous n'en savez rien ! »

« Je ne sais surement rien, mais de ce que je vois, je constate que la situation est grave. Personne ne se met dans cet état si c'était pour une chose sans importance. Qu'est-ce que je dois faire pour que vous parliez ? » Lança Armin, essayant de garder une voix calme.

« Rien... On ne peut rien faire... » Dit-elle en se relevant, séchant les dernières larmes.

Armin se releva aussi en observa la blonde devant lui. Leur regard se rencontra à nouveau. Les deux blonds étaient terriblement proches, si bien qu'il remarqua que les joues de la jeune femme s'empourprèrent. Il connaissait ce regard qu'Annie lui lançait. C'était un appel à l'aide. Il avait jeté le même regard quelques années plutôt à Eren Yaeger qui l'avait sauvé de ce harcèlement.

« On peut toujours faire quelque chose, même dans les situations délicates. » Lui dit-il, la fixant du regard.

« Pas dans la mienne, monsieur. » Répondit-elle à voix basse.

« Pourquoi ? Pourquoi ça ne pourrait pas s'améliorer ? Votre situation est une impasse ? »

« Oui. » Dit-elle. « Merci pour... ça. » Finit-elle par lui dire.

« Aucun problème, Annie. Mon offre est toujours valable : je suis là si vous avez changé d'avis, si vous êtes prête à parler. »

« Merci... »

« Vous êtes seule ? » Demanda-t-il subitement.

La jeune femme le regarda un instant avant de froncer les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.

« Vous vous sentez seule ? » Rectifia-t-il, se rendant compte que sa phrase était maladroite et que ça portait à confusion.

« Je lui suis, pour être honnête. »

« Plus maintenant. » Dit Armin avec un petit sourire.

« Vous êtes mon prof. » Lança Annie, croisant les bras sur sa poitrine.

« Ce n'est pas un problème, ça. Rien n'interdit à un professeur d'aider une élève. Juste ça, pas d'autres choses qui porte à confusion, vous voyez. »

« Oui... » Dit-elle, embarrassée.

Armin se gratta la nuque. Devait-il lui donner son numéro, finalement ? La situation était déjà assez embarrassante comme ça, devait-il en rajouter une couche ? Certainement pas, mais il allait quand même le faire.

« Je peux emprunter votre téléphone ? » Demanda-t-il alors.

La jeune femme le regarda avec des gros yeux, sans comprendre : « J'aimerais que vous ailliez un moyen de me contacter à tout moment si vous avez besoin de parler à quelqu'un. Au cas où. » Continua-t-il.

Pour sa grande surprise, elle lui tendit son téléphone qu'elle venait de déverrouiller. Il se rendit dans la liste des contacts et y rentra son numéro. Il rendit le téléphone à la jeune femme qui semblait vouloir dire quelque chose. Elle n'osait pas.

« Vous voulez me dire quelque chose ? » Lui demanda-t-il.

Armin la vit serrer son portable dans la main, avant de commencer, hésitante : « Je... J'aurais un service à vous demander... en fait. »

« Dites-moi. »

« Vous avez le permis ? »

« Oui. »

« Je dois aller quelque part... vous pouvez m'y emmener ? »

ANNIE

C'est ainsi qu'elle se retrouva sur la place passagère, à côté de son professeur de philosophie qui conduisait, en silence. Il n'avait rien du depuis qu'il était dans la voiture, lorsqu'elle lui avait demandé de l'amener au planning familial. Il l'avait regardé avec étonnement avant de démarrer. Il n'avait rien demandé, pas le pourquoi du comment. Annie le remercia silencieusement pour ça.

En fait, le matin même, Annie avait fait un test de grossesse et il était positif. Elle était enceinte, et elle ne comptait absolument pas le garder. Voilà pourquoi elle se rendait au planning familial : pour avorter.

Après plusieurs longues minutes de trajet, la voiture s'arrêta, garé non loin de l'établissement. C'est à ce moment qu'elle entendit le blond se détacher.

« On y va ? » Lui demanda-t-il.

Pour réponse, la blonde se détacha et descendit du véhicule, fermant la portière. Les deux blonds avancèrent vers l'établissement. Ils entrèrent et se dirigèrent vers l'accueil. Il allait savoir pourquoi elle était là, et il la regarderait surement avec dégout.

« Bonjour, que puis-je bien faire pour vous ? » Demanda la secrétaire avec un sourire chaleureux.

« Bonjour... ce... ce serait pour un avortement. » Répondit Annie d'une voix assez forte pour qu'elle entende.

Elle sentit le regard du blond se posait sur elle. Il devait surement regretter de l'avoir accompagné.

« Très bien. Vous êtes le compagnon ? » Demanda-t-elle à l'homme.

Annie allait lui dire que non, que c'était simplement un ami qui l'accompagnait mais il fut plus rapide. Il affirma que oui, c'était bien son compagnon. La blonde sentit une boulle se former. Bordel, pourquoi il avait dit ça !

« J'aimerais que vous remplissiez cette feuille d'information. » Fit la femme en tendant deux feuilles. « J'aurais également besoin de votre carte d'identité. »

En silence, les deux blonds sortir leur carte d'identité et commencèrent à remplir la feuille. Heureusement, Annie n'avait pas besoin de remplir la case pour les responsables légales étant donné qu'elle était majeure. Le professeur finit le premier, Annie suivit.

« Parfait. Vous êtes à combien de semaine, mademoiselle ? »

« Je ne sais pas... Je dirais cinq ou six semaines. Je suis pas aller chez le médecin, je l'ai su ce matin. »

« Vous seriez disponible quand pour l'intervention ? »

« Je... Ce n'est pas possible de le faire en urgence aujourd'hui ? »

La femme la regarda avant de regarder sur son ordinateur. Après un petit moment, elle lui dit : « J'en ai une dans deux heures. Ça vous irait ? »

« Oui. Merci. »

Rapidement, elle tendit une feuille à Annie, comme une convocation.

« Ca ne prendra pas trop de temps. Il faut que vous soyez présente au moins une heure avant, ce qui vous laisse un peu de temps pour vous détendre. C'était quand la dernière fois que vous avez mangé ? »

« Hier midi. »

« Mademoiselle, il faut manger, c'est important. » Dit-elle, un regard inquiet vers Annie. « Vous préfériez une anesthésie locale ou générale ? »

« Locale... »

« Très bien. Il vous reste une heure pour vous détendre. Vous devriez aller manger quelque chose. » Dit la secrétaire.

Annie fit un sourire poli avant de la remercier et de s'éloigner. Prêt d'elle, elle pouvait sentir que le professeur l'étudiait avec attention.

« Venez manger quelque chose avec moi, Annie. »

« Je n'ai pas d'argent sur moi. »

« Je vous invite. »

Gênée, Annie haussa des épaules. Elle ne pouvait pas accepter d'aller manger avec lui, surtout s'il payait. Il avait déjà accepté de l'amener ici et de l'accompagner, elle ne pouvait pas abuser de sa gentillesse.

« Qu'est-ce qui vous ferez plaisir ? Dites-moi. »

La blonde sortit de l'établissement, toujours suivit de l'homme. Annie tourna la tête vers un endroit où manger rapidement, jusqu'à ce que ses yeux tombent sur un fast food. C'était vraiment raisonnable ? Ça faisait un bail qu'elle n'avait pas manger ce genre de nourriture. Avait-elle le droit ?

« Là-bas. » Lui dit-elle, pointant le fast food du doigt.

« Allons-y alors. » Fit le blond avec un petit sourire.


C'est seule qu'Annie sortit de la chambre, une heure après l'intervention. Elle marcha lentement dans les couloirs dans le but de rejoindre son professeur. Plus tôt dans l'après-midi, elle avait envoyé un mail à lycée, signalant qu'elle n'irait pas à son cours de spécialité littérature pour des raisons médicales.

Tournant dans un couloir, elle se retrouva dans l'entrée principale. Elle vit le blond debout contre un mur, les bras croisés sur son torse.

Merde, qu'est-ce qu'il est beau, pensa Annie, sentant le rouge monter aux joues.

Le regard sur le sol, il ne semblait pas l'avoir vue. Il était terriblement charmant comme ça. Elle avait rarement vue un homme aussi beau que lui.

Et merde, maintenant je réagis comme ces cruches, se dit-elle.

Annie ne pouvait pas s'empêcher de le regarder. Elle l'étudia longuement, le dévisagea de la tête au pied. Elle se demandait bien ce qu'il y avait sous cette chemise blanche impeccablement repassé.

Soudain, il redressa le visage et leur regard se croisa. Comme prit sur le gong, Annie tourna légèrement la tête pour ne pas qu'il voit ses rougeurs. Il s'approcha tendit qu'elle s'approcha de l'accueil. La secrétaire qu'ils avaient vu un peu plus tôt lui conseilla de ne pas avec de relations sexuelles durant le week-end et qu'elle pouvait prendre des médicaments si elle avait vraiment mal en bas du ventre.

Ils sortirent de l'établissement et retournèrent dans la voiture du professeur dans un silence de mort. Annie s'attacher et tourna la tête pour observer l'extérieur par la vitre de la portière.

« Je vous ramène chez vous ? »

« J'habite à plus de vingt minutes d'ici, je vais prendre le train. »

« Vous venez d'avorter, je ne vais pas vous laisser rentrer seule chez vous. »

Dans un soupir, Annie lui indiqua où elle vivait. Elle apprit alors qu'un des amis du professeur habitait également dans cette ville. Il démarra et commença à rouler. Elle devait le remercier pour tous ce qu'il avait fait pour lui.

« Merci, monsieur. » Remercia-t-elle, tournant la tête vers le blond.

« Ne me remerciais pas, Annie. Je ne dirais rien à personne de ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Je vous l'ai promis toute à l'heure. » Répondit-il pour la rassurer.

« Je vous fait confiance. » Finit-elle par dire.

Oui, elle devait lui faire confiance. Il l'avait aidé toute la journée, elle pouvait lui faire confiance. Pendant un instant, Annie hésita à lui raconter son calvaire, mais elle ne le fit pas. C'était trop dur. Elle n'y arrivait pas, même si elle le voulait.

« Maintenant, vous n'êtes plus toute seule. Vous avez mon numéro, je suis disponible à tout moment. » Rassura le professeur.

Annie fit un petit sourire avant de prendre son téléphone et de prévenir son père qu'elle rentrait bientôt.

Aujourd'hui, Annie était rassurée. Rassuré de ne plus être seule. Rassurée d'avoir quelqu'un à ses côtés.