Défi n°75 du Poney Fringant : "Galadriel trouve un étrange objet sous un arbre"


Fendant la brume matinale de sa longue robe blanche, la Dame de Lorien avançait des yeux aux ciel, plongée dans ses grandes réflexions. Les rumeurs de guerre, le destin des Hommes et celui - plus noble - des Noldor, bien sûr la sauvegarde du bien-être au sein de son royaume étaient autant de soucis qui lui dévoraient son quotidien. L'Ennemi était à l'orée de la Lothlorien, certainement, et seule sa sagesse pouvait assurer la protection dont ses gens avaient besoin.

Un nuage imposant couvrit le soleil. La brume, qui jusqu'alors teintait d'arcs-en-ciel le paysage boisé, n'était maintenant que humidité froide, pénétrante et malsaine. Les rayons de soleil perçant les cimes des arbres majestueux s'éteignirent les uns après les autres. Galadriel, impassible, continuait de glisser dans les nuances de gris, toujours absorbée dans sa sagesse. Sa robe se mouillait aux mollets et commençait à coller, tandis que l'ourlet était déjà bien noir de terre.

Le vent de l'Est se leva, un oiseau prit son envol du pied d'un arbre. Le regard de Galadriel revint en Terre du Milieu et s'y posa précieusement. Il y avait là un intrus. Non pas un individu, mais plutôt un objet. La Dame de Lorien souleva sa lourde robe imbibée d'eau qui lui collait désormais aux cuisses et s'approcha tant bien que mal en traversant les hautes fougères. L'artefact n'était pas à sa place ici. Il écrasait de tout son poids la mousse d'ordinaire si fine et si verte. Galadriel s'autorisa un froncement de sourcil furtif qui lui dévisagea tout de même complètement le visage. Si l'objet inquiétant était un sceptre, alors il était orné d'une imposante pierre noire dont l'obscurité si profonde lui renvoyait des images sordides d'un temps pourtant révolu. La Dame posa ses poings sur ses minces hanches, laissant ainsi saillir ses coudes aux côtés. Elle fit un pas à droite, un pas à gauche, tendant le cou pour observer plus près, puis le rétractant. Quelle grossièreté dans la manufacture, se dit-elle. Il s'agissait assurément d'un objet de pouvoir de la haute race des sorciers ou de quelque fléau menaçant ses terres et ses arbres. Un frisson lui parcourut la nuque, même si elle n'était pas du genre à se laisser impressionner par le danger. Mais parmi ses conclusions et ses certitudes subsistait encore la question de l'arrivée de cet artefact corrompu dans sa forêt immaculée. Le vent d'Est soufflait désormais très fort et chantait une mélodie grave dans les feuilles. Les cheveux dorés et la robe mouillée de la Dame flottaient en rythme.

Le tableau fut alors interrompu par l'arrivée d'un Elfe aux cheveux roux hirsutes, à la barbe naissante et aux vêtements modestes. Il s'approcha frivolement de l'artefact. Galadriel le suivit du regard sans même cligner des yeux. L'inconscient attrapa alors l'objet de la main droite et se releva. Galadriel fit un pas en arrière, elle qui n'avait pourtant jamais reculé devant aucun péril. "Et bah quoi ?" dit-il. "C'est mon marteau que j'ai perdu y a deux jours."

Puis l'elfe hirsute quitta la scène, laissant la souveraine de Lothlorien seule au pied de l'arbre. Elle regarda à droite, à gauche, puis ferma les yeux et replongea dans ses réflexions. Puisqu'après tout, elle devait encore et toujours protéger ses gens des menaces extérieures.

Sauf peut-être les menuisiers. Ce sont des personnes vraiment très vexantes, tout de même.