Bonsoir, je suis vraiment désolée pour le retard sur la case, mon ordi faisait des mises à jour et je ne me sentais vraiment pas à l'aise pour écrire une case aussi longue sur mon tel donc... En plus, même si je n'étais qu'avec mes parents, ça restait Noël, donc encore désolée pour les trois jours de retard ! Normalement, la dernière case arrive demain !

Il s'agit ici de la suite des cases 2, 12 et 22 (ou plutôt 22, 2 et 12, pour aller dans l'ordre chronologique) ! Il y aura quelques références aux autres cases, aussi, enfin bref : c'est l'avant-dernière, la plus longue (4400 mots coucou mdr) et le point culminant de ce recueil, si je puis dire !

Bonne lecture !


Drago finissait de fermer le dernier bouton de ses manchettes quand les flammes ronflèrent, brillant d'un vert caractéristique.

— Allez Drago, bouge ton cul ! s'exclama Blaise en s'époussetant. Ginny est déjà là-bas. Où est mon merveilleux filleul ? Scorpius !

— Tonton Blaise ! rit l'enfant, tandis que son parrain le soulevait à bout de bras, jouant à l'avion avec lui.

La scène arracha un sourire à Drago. Blaise avait eu la chance de pouvoir voir Scorpius plus que lui, et pourtant il avait décidé de ne pas profiter de cette chance plus que de raison, par égard pour le blond. Après avoir attrapé son manteau — sait-on jamais —, Drago annonça qu'il était fin prêt et ils s'engouffrèrent l'un après l'autre dans la cheminée, Scorpius dans les bras de son père.

Drago était quelque peu désorienté en arrivant dans le monde coloré et chaleureux des Weasley. Il fut accueillit par une Molly souriante, et une étreinte puissante. Arthur Weasley se contenta une poignée de main — mais c'était déjà beaucoup, c'était déjà trop, venant de gens dont il s'était moqué des années durant, dont la vie avait été rendue difficile par la faute de son père, Lucius Malefoy.

— J'ai amené des biscuits, si jamais... Je les ai faits moi-même, ajouta-t-il avec un petit sourire mal assuré.

— Oh ! s'indigna la mère Weasley. Ce n'était pas nécessaire, mon chéri ! Mais c'est très gentil, merci beaucoup, pose-les donc sur la table basse !

Luna et Rolf étaient déjà là, juste à côté de la cheminée. Rolf, assis à même le sol, avait sa tête posée contre la cuisse sa femme, elle-même confortablement installée dans un fauteuil moelleux.

— Je t'avais dit que tu ne serais pas seul pour Noël, sourit la blonde quand Drago lui embrassa chastement le front en guise de salutations.

Ils étaient arrivés dans la matinée, Luna voulant aider Molly le plus possible pour éviter qu'elle ne se fatigue trop. Rolf avait d'ailleurs préparé une grande partie du repas, selon la matriarche, et Drago salivait à l'avance. Les plats de Rolf étaient les meilleurs. Tracey aussi était là — et Drago fut très surpris d'apprendre que son mari moldu était en fait le cousin de Potter.

Après avoir laissé filer Scorpius (attiré dans la cuisine par une odeur de gâteaux), il parla un peu économie avec Bill et eut le plaisir de dérouiller son français en échangeant avec la Vélane de Beauxbâtons, Fleur.

— Au fait ! s'exclama soudain Luna en tapant joyeusement dans ses mains. Vous avez vu les nouvelles pour Gregory et Lavande ? Ils forment un si beau couple !

— J'irai pas dire ça, grimaça Blaise. Greg a le charisme d'une chaussette, franchement. Mais ouais, c'est cool pour eux. Daphné m'a dit que Greg avait fini son apprentissage de l'art des Potions il y a quelques semaines, en plus.

— Ouais, sourit doucement Drago en hochant la tête. J'ai reçu l'invitation hier, et il m'a demandé d'être son témoin. Même si on ne se parle plus du tout, je suppose qu'il se sent redevable pour les cours de Potions que je lui ai donnés après la guerre.

— Ou peut-être que tu lui manques, opposa Rolf, la bouche pleine de biscuit. Vous aviez une relation bizarre à Poudlard, mais ils... il avait l'air de bien t'aimer. Sainte Rowena ! Je pourrais passer ma vie à manger tes gâteaux, ils sont beaucoup trop bons. T'as répondu quoi ?

— Merci, et je vais accepter, bien sûr ! répondit le blond, tâchant de ne pas trop penser à ce pluriel maladroitement employé par son ami.

Crabbe resterait à jamais un sujet sensible pour lui, même si sa mort était due à sa propre bêtise.

Ils furent interrompus par l'arrivée de Weasley et sa sœur. Le rouquin descendait, alors que la petite-amie de Blaise revenait du jardin, le nez rougi par le froid. Si la rousse salua chaleureusement Drago — ils étaient depuis longtemps passé outre leur ancienne inimitié, grâce à Hermione et Blaise —, ce ne fut pas le cas de son frère. Les deux hommes se regardèrent chien de faïence durant de longues secondes, presque une minute d'un silence pesant qui mit les autres mal à l'aise.

— La fouine, salua finalement Weasley, le visage impassible et la voix monocorde.

— Crache-limace, répondit sur le même ton Drago, avec tout de même un haussement de sourcil malefoyen.

Quelques secondes encore passèrent, avant que Weasley ne sourie franchement et ne le l'attire dans une franche accolade, occasionnant quelques soupirs de soulagement çà et là. Ils avaient grandi, après tout.

Quand Hermione vit Drago, elle se précipita vers lui, voulant à tout prix qu'il se sente à l'aise. Après tout, elle était celle qui l'avait invité, et souhaitait que tout se passe bien. Ils furent bientôt rejoints par Percy, qui entraîna Drago à part pour lui parler. Disposant d'un siège au Magenmagot, il faisait partie des seuls pouvant faire avancer le problème de Drago avec Noam Kissinger et la garde de Scorpius. Hermione lui en avait touché quelques mots, et espérait que tout puisse s'arranger pour son ami.

Ginny et Blaise s'étaient réfugiés dans un coin de la pièce, le plus loin possible des enfants. Hermione sentit son coeur se serrer un peu à cette vision, mais elle comprenait, en quelque sorte. Ginny s'était forcée à avoir des enfants, parce que c'était ce que sa mère attendait d'elle — et ça avait été le début de la fin de son couple, et l'une des raisons principales de son besoin d'un suivi psychomagique.

Elle dirigea son regard vers le petit blond, copie presque parfaite de son père. Ses traits étaient plus doux, et ses yeux plus ronds, mais sinon tout en lui indiquait qu'il était un Malefoy. Il avait été trouvé par les autres enfants, principalement par James et Rose, qui tentaient vainement d'attirer son attention. Teddy riait, jouant aux échecs sorciers avec Victoire, mais il ne s'intéressait pas beaucoup aux autres enfants. Il avait pris une apparence proche de celle de Harry, comme toujours quand son parrain était dans les parages. Les autres étaient bien trop jeunes pour s'intéresser à autre chose qu'à la main nourricière, et passaient du temps auprès de leurs parents ou dans leur berceau.

Contrairement à ce qu'avait pensé Hermione, Scorpius se moquait de tous ceux-là. Il n'ignora certes pas James et Rose mais, dès qu'il le put, la brune eut la surprise de le voir s'échapper et se diriger vers Albus. Ce dernier était assis dans un coin de la pièce, un livre d'images sur les genoux, ses yeux grand ouverts d'émerveillement devant les images immobiles. Il planta son regard vert dans celui de Scorpius, ce garçon que Hermione avait toujours vu rieur et extraverti, et lui sourit.

Hermione n'avait pas souvent vu Albus sourire. Elle sentit son cœur faire un bond. Qu'avaient-ils fait à cet enfant ? Elle n'y avait jamais prêté attention, bien trop occupée par les cris et les caprices de Rose, puis par la faim du petit Hugo, mais Albus n'était jamais dans les environs lors des accolades familiales, ou lors des assemblées joyeuses. Il était toujours à l'arrière-plan, discrètement assis loin de toute l'agitation. Elle avait toujours cru que c'était la personnalité du petit bonhomme, mais le regard étonné et heureux qu'il posait sur Scorpius lui prouvait le contraire. Albus voulait être remarqué, être aimé.

Le petit blond s'installa aux côtés du petit brun, qui partagea avec lui son livre d'images. James fronçait des sourcils, mécontent, mais se laissa entraîner par Rose pour aller embêter Teddy et Victoire. Hermione sentait ses jambes flageoler, mais elle se reprit rapidement et monta pour nourrir son fils, se promettant de faire bien plus attention à Albus qu'elle ne le faisait auparavant, et de faire part de ses réflexions à Harry.

Peu après vingt-trois heures, quand même Teddy fut tombé d'épuisement et que les adultes commencèrent à partir, Drago s'assit sur l'accoudoir du fauteuil occupé par Luna, seule place plus ou moins libre de la pièce. La blonde avait les joues pailletées, et ses éternels radis avaient laissé place à des branches de gui miniatures qui scintillaient selon les mouvements de la future mère.

Malgré son état et la journée chargée qu'ils avaient tous eue, Luna resplendissait et ne paraissait pas le moins du monde fatiguée, riant avec Blaise et Ginny à propos des couvre-chefs fantasques qu'elle portait durant les matchs de Quidditch à Poudlard. La tête de Rolf, endormi depuis longtemps, reposait sur ses genoux, bien qu'un peu gênée par son ventre rond. À la gauche de Drago, Potter et Weasley disputaient une partie d'échec — ou plutôt, Weasley prenait plaisir à laminer Potter dans le seul domaine où il en avait la capacité.

En le voyant, Blaise, quelque peu étourdi par l'alcool, sourit de toutes ses dents.

— Drago, mon pote ! Toi aussi, tu t'y connais en croyances bizarres, hein ?

Le blond fronça des sourcils à la question inattendue. Blaise ne pouvait pas faire référence au paganisme des traditions Sang-Pur, puisqu'il faisait partie des membres de la communauté sorcière les plus attachés à ces fêtes et ces idoles, même s'il n'y croyait pas comme Astoria pouvait croire au Seigneur. Mais, s'il ne faisait pas référence à ça...

— Tu vois pas, Drake ? Si j'te parle d'une lettre, tu percutes ?

Son sourire était bien trop large pour que Drago ne comprenne pas immédiatement à la mention de lettres. Evidemment que Blaise allait en parler.

— Salazar, Blaise, se plaignit le blond. C'est vieux !

Potter et Weasley avaient laissé leur partie en suspens et étaient désormais tout ouïe, avides de petits potins sur leur ancien ennemi — après tout, malgré les années, se moquer les uns des autres serait toujours un de leurs petits plaisirs !

— Vieux, vieux... Pas tant que ça, nuança le métisse avec une petite moue sceptique, avant de rire. Figurez-vous que ce cher Drago croyait au Père-Noël jusqu'à la première année ! Et même qu'il lui écrivait des lettres et tout, comme un gros naïf ! Je crois que c'est parce que j'me suis foutu de sa gueule en première qu'il m'a détesté jusqu'en cinquième !

— Ouais, y'a de ça, avoua Drago du bout des lèvres, extrêmement gêné. Enfin, de toute façon je les ai retrouvées l'autre jour en déménageant le bureau de mon père, et je les ai brûlées, merci Morgane ! Je ne veux plus jamais en entendre parler.

L'audience avait été plutôt calme, voire un peu trop si l'on considérait l'envergure de l'anecdote et la personne concernée — d'ordinaire, la plupart de ces gens se seraient précipités sur l'information avec des rires machiavéliques, et l'auraient exploitée jusqu'à la fin de leur vie, comme avec l'histoire de la fouine. Mais ça avait été le calme plat, ce que Drago n'avait pas remarqué, trop mortifié, jusqu'à ce qu'ils s'agitent tous.

Luna et Ginny éclatèrent de rire, sous le regard étonné des deux hommes. Même Potter avait soufflé du nez, et Weasley souriait de toutes ses dents, son corps agité de soubresauts — Drago n'avait jamais vu quelqu'un capable de rire silencieusement en étant aussi voyant.

— Qu'est-ce qu'il y a, encore ? soupira le blond.

Il sentait poindre le pire. Forcément, la chance ne serait jamais de son côté. Il s'attendait presque à ce qu'on lui dise que brûler une lettre au Père-Noël constituait un sacrilège selon la religion Gryffondorienne, qu'ils avaient tous été très heureux de le connaître par-delà le masque, mais qu'il était temps de se préparer pour la mise à mort sur le bûcher, merci beaucoup.

Ginny peinait encore à retrouver son rire, et Luna et Weasley ne s'en tiraient visiblement pas mieux, alors ce fut Potter, entre tous, qui lui annonça la nouvelle.

— C'est de la magie, Malefoy, lui apprit-il avec un petit sourire contrit. Je n'ai su ça que récemment, mais le Père-Noël existe vraiment, il s'appelle Nicolas, est considéré comme un Saint par certains Moldus, et il a été maudit. Il est condamné à vivre éternellement. Quand on lui écrit une lettre et qu'on la brûle, elle lui est livrée par je-ne-sais-quel procédé. Toujours est-il que, peu importe ce que tu lui as dit, il l'a probablement déjà lu.

Ignorant les balbutiements choqués de Blaise, Drago se recroquevilla sur lui-même, mortifié, riant nerveusement. Bon sang. Tout ce qu'il avait écrit était d'une stupidité sans nom. Saint Nicolas allait le prendre pour un allumé, en recevant toutes ces lettres d'un coup.

— T'inquiète pas, Drago, tenta vainement de le consoler Potter en effleurant son épaule, comme s'il n'osait pas le toucher. Au pire, tu lui en écris une autre où tu lui présente tes excuses, et puis voilà. Franchement, tu lui demandais quoi pour être aussi gêné ?

Drago ne se sentait pas très bien. Ou l'inverse, il ne savait pas bien. Il avait le cœur au bord des lèvres, et l'usage de son prénom par Potter — par Harry ? — n'arrangeait en rien les choses.

— Pas grand chose, répondit-il cependant. Le renvoi de Weasley, des vêtements, ce genre de chose...

Peut-être que s'il était évasif, il ne serait pas tenté de parler de la fois où il avait demandé une statue de Harry. En pierres et métaux précieux, tout le tintouin — Merlin, rien que d'y repenser, il sentait ses joues chauffer. Toutes ses lettres n'avaient été qu'indignation vis-à-vis d'un stupide animal, et des babillages à propos de Potter... Harry... peu importait. Ce dernier se leva pour rejoindre Molly et George Weasley dans la cuisine à la demande de Hermione.

— C'est pas ce que me disait ta mère, l'autre jour, ricana Blaise, remis de son choc.

— Blaise, pitié, pleurnicha faussement le blond, sachant très bien de quoi allait parler le métisse.

— Les amis, déclara solennellement son traître de meilleur ami. J'ai certes mal évalué la porté de l'anecdote précédente — vous m'en voyez profondément navré, et cela ne se reproduira plus — mais cette fois-ci... Je suis sûr de mon coup. Voyez-vous, j'ai eu une discussion très intéressante avec la mère du principal intéressé, l'autre jour... Une femme charmante, vraiment, et jamais avare d'anecdotes sur son cher fils, le tout accompagné d'un adorable sourire plein d'amour maternel. Et donc, figurez-vous, cher auditoire, que ce bon vieux Drago avait une peluche quand il était petit. Mais, attention ! Elle était très spéciale, cette peluche. Une superbe cicatrice en forme d'éclair sur le front, de magnifiques lunettes, et des yeux...

Drago sentit son visage chauffer, et arrêta d'écouter, tandis que le visage de Weasley prenait une teinte écarlate tant le souffle lui manquait, à force de rire. Blaise, ce sale traître ! Bon sang, Drago n'avait qu'une envie : disparaître. Il comprenait soudain l'attrait d'un Animagus discret et minuscule. Il aurait volontiers écrit toute l'intox nécessaire si cela avait voulu dire pouvoir se transformer en scarabée dans ce genre de situations critiques.

Et Weasley qui n'arrivait pas à s'arrêter de rire, ne reprenant son souffle que pour repartir de plus belle, de son rire aigu et presque asthmatique. Sa seule consolation était que Potter n'était pas là.

— Oh Merlin, George, Harry ! s'exclama finalement le rouquin en les voyant sortir de la cuisine. Il faut que je vous raconte, c'est pas possible !

Drago se refonça un peu plus dans son siège, sous le regard compatissant de Luna. Si seulement Blaise avait pu se taire !

Luna et Rolf venaient de partir, devant prendre le petit-déjeuner avec Xenophilius le lendemain. De plus, il ne fallait pas que la blonde s'épuise trop. Une fois ses deux amis partis, Drago sortit sur le pas de la porte pour regarder le ciel. La Gazette avait promis de la neige, mais elle ne semblait pas se décider à tomber. Il fut bientôt rejoint par Blaise, Hermione et Harry.

— L'année a été bonne, commenta ce dernier en s'appuyant contre la façade irrégulière de la maisonnette.

— Et pas qu'un peu, acquiesça Blaise. Enfin, le titre est à moi !

Les trois autres froncèrent des sourcils avant de comprendre et de rire un peu.

— Il est au Département, corrigea gentiment Hermione. Mais il faut dire que Ginny, Tracey et toi avez fourni un travail monstrueux. C'était grandiose. Félicitations, au fait.

— Merci, mais vous aussi, vous vous êtes bien débrouillés ! s'exclama Blaise. Et vous partiez avec un handicap de taille : vous ne disposez évidemment pas de mon génie... Je dois avouer que le coup des Elfes de Poudlard, avec le ballet-banquet était splendide. Et la danse aquatique des Êtres des Eaux ! une vraie merveille.

— Non mais on ne pouvait pas rivaliser, Blaise, sourit Drago. Ta chorégraphie en balai, avec la voix de Crivey... Je ne savais pas qu'il chantait aussi bien d'ailleurs !

— Oh, on serait intéressé ? ricana le métisse avec un haussement de sourcils suggestif.

— Nan, j'aime pas les blonds, répondit Drago avec une grimace.

Il appréciait surtout un certain type de bruns, mais ça... il le garderait pour lui. Il fit semblant de ne pas remarquer le regain d'intérêt de Harry pour la conversation. Ce n'était pas le moment de se donner de faux espoirs. Le métisse se tourna d'ailleurs vers lui avec une moue désolée.

— Par contre, tu me vois navré pour votre dernière place, Harry. Vous ferez mieux l'année prochaine, c'est sûr.

— Ouais, enfin c'est pas compliqué de faire mieux que rien... C'est même pas que de la faute des B.P.M., il n'y en a vraiment pas un pour rattraper l'autre dans ce Département, grimaça le brun. On n'aura jamais aucune chance tant qu'on a ce conflit interne, sans parler du Magenmagot... enfin bref. On n'a juste pas réussi à se caler le moindre rendez-vous.

— Vous pouvez toujours espérer faire mieux que Smith... Je ne sais même pas comment ils ont réussi à pondre un truc crédible avec un abruti pareil à leur tête !

— Oh, m'en parle pas ! rit Hermione. Et pas que lui, je suis déjà étonnée que Percy ait réussi à obtenir la troisième place ! On ne peut pas dire que le sentimentalisme soit son fort... D'ailleurs, s'exclama-t-elle soudain en se tournant vers Drago, il t'a parlé de... ?

— Ouais, on se voit mi-janvier pour le premier réexamen du dossier.

Ils parlèrent ainsi de tout et de rien jusqu'à ce que Blaise ne décide de partir se coucher. Le lendemain, Ginny et lui partaient voir de la famille en Italie et le Portoloin était programmé assez tôt. Ils se saluèrent d'une accolade et Harry décida d'aller souhaiter une bonne nuit à Ginny.

Hermione se tourna vers Drago quand ils furent seuls.

— Alors, tu penses que je vais vraiment pouvoir voir Scorpius plus souvent ? demanda le blond, se triturant nerveusement les doigts.

Il le voulait tellement. Pouvoir passer plus de temps avec son fils était l'un de ses souhaits les plus chers — ne fût-ce que quelques jours de plus par an. Il voulait juste le voir grandir.

— Bien sûr, sourit Hermione. Le divorce a eu lieu il y a déjà presque trois ans. Depuis, je passe mon temps à dire du bien de toi partout où je vais, même si Kissinger n'en a visiblement pas eu vent. En plus, il y a eu beaucoup de remplacements dans le Magenmagot depuis, et on a découvert que certains avaient été soudoyés pour certaines affaires. Si ça se trouve, ça a été le cas ici aussi, que ce soit par chantage ou par pot-de-vin. C'est le genre de choses qui ne m'étonnerait pas venant de Greengrass senior ou de Kissinger. Ne t'en fais pas, si Percy est dans le coup, c'est dans la poche — et il est à fond de ton côté, maintenant.

Le blond cligna rapidement des yeux pour éviter le larmoiement de ses yeux. Par Morgane, quelle chance il avait ! Hermione était l'amie dont tout le monde rêvait. Il lui prit la main et la serra fort.

— Merci, murmura-t-il. Merci pour tout.

Ils restèrent ainsi quelques instants, en silence et avec le sourire, puis se séparèrent à l'arrivée de Harry, Dudley et Tracey.

— Bon bah du coup, on s'en va, marmonna le Moldu. On aurait adoré rester plus, mais Tracey est super fatiguée et il faut prendre soin de bébé et tout... Euh... Merci de nous avoir accepté au Terrier cette année, j'ai adoré vous revoir et rencontrer la famille de Harry, celle qui a essayé de rattraper un peu les conneries... pardon... les dommages que mes parents et moi on a causés. Et puis c'était un plaisir de te rencontrer, Drago ! On n'a pas vraiment eu l'occasion de parler beaucoup mais...

— Ce que veut dire Dud', le coupa sa femme, c'est qu'on a été très heureux de venir ici, et qu'on espère que Molly voudra bien nous accueillir plus tard aussi. Elle est partie se coucher avant qu'on ait pu le lui dire, alors vous pourrez lui transmettre ? S'il vous plaît.

— Bien sûr, sourit Harry. C'était un plaisir de vous avoir ici, en tout cas. Et j'attends avec impatience notre prochaine réunion de famille, avec peut-être un ou plusieurs nouveau membres !

— Exactement ! renchérit Hermione. Je vais vous raccompagner et aller me coucher aussi, sinon je vais regretter d'avoir veillé aussi tard quand Hugo me réveillera à six heures...

— Ron ne peut pas s'en occuper ? s'étonna Tracey tandis qu'elles rentraient, suivies par Dudley.

La fin de la conversation n'atteignit pas leurs oreilles, et la porte se referma sur eux. Drago et Harry se retrouvaient seuls — et si Drago avait eu peur de ne rien trouver à dire, il fut vite rassuré par le brun.

— Ron m'a parlé d'un truc marrant, tout à l'heure, sourit-il malicieusement. C'était juste après que tu as fui en te réfugiant près de Percy et Audrey.

Le blond sentit à nouveau ses joues rougir, pour ce qui semblait la énième fois de la soirée. Bon sang, ils n'allaient jamais le laisser tranquille avec ça.

— Apparemment, tu m'aimais bien, avant Poudlard... Une peluche, vraiment ?

— Mon père voulait que je sache te reconnaître, c'est tout, se défendit vaguement Drago. En plus elle était super moche. Vraiment, il n'y avait rien qui allait, entre les cheveux aplatis, et les yeux trop écartés...

Il continua ainsi pendant quelques temps, ne pouvant s'empêcher ni de sourire légèrement, ni de songer que, effectivement, la poupée avait été une pâle copie de l'original. Potter ce n'était pas que des lunettes et une cicatrice, c'était surtout une aura charismatique, des cheveux en pétard comme après l'amour, une voix de velours à damner un Saint... et des yeux verts à en mourir sur place. Puis, quand il riait, c'était comme si la porte d'un monde s'ouvrait, offrant mille et une possibilités nouvelles.

Bon sang, Drago était piqué. À nouveau. Ou peut-être n'avait-il jamais cessé de l'être.

Quand minuit sonna, ils se turent, échangeant un regard. Harry récupéra quelques paquets qu'il avait dû ramener en revenant avec Tracey et Dudley.

— Il est minuit, et comme tu n'es pas là demain matin... Voilà les cadeaux de la famille Weasley. Pour Scorpius et pour toi. Désolé, il n'y a pas le mien, je n'ai su que tu venais que ce matin, si j'avais su, je t'en aurais pris un, surtout que Hermione m'a dit que t'en avais ramené pour tout le monde, je suis vraiment désolé et puis...

— Eh, détends-toi, Harry, rit doucement le blond. C'est pas grave. Si ça te gêne tant, tu peux aussi m'offrir ton amitié... on peut dire que ça fait presque vingt ans que j'attends.

Le brun le regarda intensément avant de lui présenter sa main.

— Moi, c'est Harry, sourit-il. Harry Potter.

— Et je suis Malefoy, Drago Malefoy, répondit en retour le blond, serrant sa main. Mais appelle-moi Drago, s'il te plaît, j'aimerais mieux.

La poignée de main dura longtemps, bien plus longtemps qu'une poignée de main ne le devrait — et, tout du long, aucun d'eux ne quitta les lèvres de l'autre du regard. Finalement, Harry se rapprocha doucement et leurs bouches entrèrent en contact, quelques secondes seulement, à peine un effleurement.

— C'est le gui, prétexta-t-il en indiquant vaguement l'espace au-dessus d'eux. La tradition, tout ça...

Et, juste comme ça, il pressa une dernière fois sa main, se leva et partit. Drago leva son regard vers l'endroit que Harry avait désigné et eut un sourire rêveur. Il n'y avait pas la moindre branche de gui en vue.

La neige commençait à tomber, et Drago ferma les yeux. S'il s'était concentré sur autre chose que ses lèvres et le souvenir de celles de Harry sur celles-ci, ou s'il avait laissé revivre son âme d'enfant, peut-être aurait-il entendu le son lointain des clochettes pendant au cou des rennes, et peut-être le rire si caractéristique de l'homme habillé de rouge aurait-il résonné jusque ses oreilles. Mais Drago était un adulte, et il se contenta de retourner à l'intérieur, ses cadeaux sous le bras, sans se départir de son sourire.

À la fenêtre, un enfant hors de son lit posa ses yeux verts sur le traîneau volant à travers les cieux. Il avait hâte d'être le lendemain matin.