Bienvenu, je vous partage ce premier texte sur l'univers de Banana Fish dans le cadre d'un Event pour Noël du groupe d'écriture « Papotage, écriture, lecture et bonne humeur » !

Cet Event nous propose chaque semaine une liste avec différentes situations à utiliser pour passer Noël avec nos fandoms, voici donc ma contribution !

Merci à Lyla0i d'avoir pris le temps de corriger cette petite histoire ! Bonne lecture !


En arrivant au Japon à la mi-novembre, Ash avait suivi des cours de langue et s'était trouvé un emploi à mi-temps dans le restaurant d'une ville touristique pas très loin de chez les parents d'Eiji qui l'hébergeaient. Ce dernier quant à lui enchaînait les cours à l'université et son travail partiel pour un grand journal régional. Le japonais s'était fait remarquer grâce aux photographies qu'il avait prises aux États-Unis et avait donc été embauché comme assistant officiel d'Ibe. A cause de leurs emplois du temps chargés, ils ne se voyaient pas beaucoup. Eiji avait des journées interminables en semaine et ne rentrait qu'après le départ de Ash qui devait assurer les services du soir. Le weekend, Ash devait servir en journée et Eiji suivait Ibe à travers le pays pour le journal. Les deux garçons, bien que vivant sous le même toit ne se voyaient que le midi en semaine pour partager le déjeuner et quelques heures par weekend quand ils n'étaient pas trop épuisés.

A cause de ce rythme effréné, beaucoup de leurs proches avaient craint que leur couple encore jeune ne tienne pas le coup. C'était vrai que dans le quotidien ça avait été difficile pour eux de ne pas se voir aussi souvent qu'ils le souhaitaient, mais ils avaient changé ça en une force. Ainsi, ils profitaient de chaque moment ensemble, c'était leur façon de se ressourcer. Ils faisaient tout pour ne pas se disputer sur ces quelques heures en commun. Ils savaient que cette situation ne durerait pas longtemps, ils devaient juste tenir le coup encore un petit peu.

Eiji avait encore une année à l'université avant d'obtenir son diplôme, Ash quant à lui maîtrisait déjà très bien la langue ce qui allait, à terme, lui ouvrir d'autres portes sur le marché du travail. Ils projettaient d'emménager prochainement ensemble dans un appartement en bord de mer pas très loin de la capitale. Ainsi, l'américain aurait plus d'opportunités d'avenir. Eiji pourrait voyager plus facilement à travers le Japon pour ses articles grâce à la proximité de l'aéroport national.

En attendant, ils s'étaient démenés pour se dégoter une semaine de vacances pour passer Noël et le nouvel an ensemble. Le japonais avait tenu à passer les fêtes loin de sa famille, rien qu'avec son amant. L'américain n'ayant pas encore eu l'occasion de visiter le pays, le couple avait jeté son dévolu sur la capitale nippone. C'était donc ainsi qu'ils s'étaient retrouvés à parcourir les rues de Tokyo depuis déjà trois jours.

Ash découvrit l'écart culturel entre leurs pays en ce qui concernait les traditions. Comme Noël était une fête chrétienne et que les japonais étaient majoritairement shintoïstes ou bouddhistes, il ne s'attendait pas à voir autant de décoration pour cette fête dans ce pays. Surtout qu'il n'y avait que la décoration qui collait avec ses souvenirs d'enfance de Noël. Ici, pas de dindes au four, de repas interminables composés d'innombrables plats, de bûches de Noël ou de cadeaux sous le sapin. C'était juste un repas, généralement un fast food à base de poulet, partagé avec la famille ou des amis. Avec Eiji, ils avaient décidé de faire un mixte : fast-food avec une bûche pâtissière, pas de famille, juste eux deux, entre amoureux. Ils s'étaient tenus éveillés une bonne partie de la nuit à se raconter leurs anecdotes de repas de famille.

Le lendemain, le réveil avait été rude, mais Eiji avait absolument voulu visiter le musée national d'art moderne. Alors, même en ronchonnant, Ash avait fait l'effort d'être à l'heure. Effort qui avait largement été récompensé car même si le début de l'exposition était classique avec les portraits, les photos et les tableaux, la seconde partie plus tournée vers la technologie était un vrai chef d'œuvre. Les jeux de lumières, les hologrammes, les œuvres interactives étaient uniques, il n'avait jamais vu ça ailleurs. De plus, voir les yeux pétillants d'admiration d'Eiji devant chaque création, quelle qu'elle soit, valait toutes les grasses matinées de sa vie.

Le jour d'après avait été dédié à l'admiration des vitrines et des décorations des boutiques. Ash en avait vu des centres commerciaux à étages aux États-Unis, il avait même toujours veillé à ne pas s'en approcher car c'étaient de vrais labyrinthes de galeries et en cas de problème s'échapper auraient été trop compliqué. Ce fut Eiji qui parvint, par il ne savait quel miracle, à le traîner dans ce genre d'endroits. Même si les décorations étaient effectivement nombreuses et inventives, Ash devait avouer que ce n'était pas sa visite favorite.

Ce jour-là, c'était les jardins et les parcs qu'ils visitaient. Ils avaient commencé avec le magnifique jardin du palais impérial et ses splendides cerisiers couverts de neige. Ils avaient ensuite traversé tout Inokashira-koen, l'un des plus beaux parcs de Tokyo d'après le guide touristique qu'avait lu Ash. Il y avait un grand lac sur lequel d'étranges pédalos en forme de cygnes étaient en location. Ça lui rappelait Central-Park, à New-York, avec juste un côté bien plus oriental. L'américain trouvait ces jardins sympathiques mais quelque chose le dérangeait, alors qu'à côté de lui Eiji semblait plutôt s'amuser avec son appareil photo. Ash profita que son amant soit concentré sur son activité et reporta alors son attention sur son guide, il voulait trouver un endroit où emmener Eiji manger ce soir-là. Son compagnon avait tellement l'air d'apprécier cette journée qu'il voulait trouver un restaurant à la hauteur, souhaitant prolonger la joie d'Eiji. Il trouva bon nombre de restaurants, des japonais, des thaïlandais, des italiens, même des grecs. Il y en avait aussi de toutes les gammes : du bistrot de rue jusqu'au restaurant multi-étoilé. Ash n'avait jamais aimé les lieux guindés car ils lui rappelaient toutes les fois où Dino l'avait aveuglé pour l'y emmener. C'était de trop mauvais souvenirs qui lui revenaient systématiquement en mémoire. Il finit par choisir une enseigne qui lui semblait proposer une nourriture de bonne qualité et une bonne ambiance puis réserva une table.

Eiji finit par revenir pour continuer leur promenade.

- « Les parcs, ce n'est pas trop ton truc en fait ? Demanda Eiji semblant connaître la réponse.

- Pas trop… Confirma le blond. C'est joli, il n'y a pas de doute là-dessus par contre...

- C'est trop à découvert j'imagine… »

Pensa le japonais à voix haute. Ash le regarda sans comprendre, puis Eiji reprit comme s'il n'avait jamais marqué de pause.

- « Quand on est dans des rues, tu es tout le temps attentif à ce qui nous entoure, aux gens, aux voitures et pourtant tu arrives à apprécier les décorations des vitrines. Ici, ça doit être trop à découvert pour que tu puisses faire les deux en même temps : surveiller et apprécier. »

Ash sentit une once de déception dans la voix du japonais, il se rapprocha alors de son amant et passa son bras autour du sien.

- « Ce n'est rien, c'est juste encore un peu trop tôt pour un espace aussi grand qu'ici, c'est tout. Ça viendra. » Le rassura Ash, confiant.

A son arrivée dans ce pays, ensemble ils avaient tout fait pour aider l'américain à appréhender son anxiété constante. Le blond allait même chez un thérapeute pour l'aider avec ce qu'ils avaient diagnostiqué comme étant un syndrome de stress-post traumatique. Depuis, le couple suivait les exercices à la lettre pour aider Ash à affronter son trouble. Il avait énormément progressé, mais ce n'était pas encore ça. Ce qui embêtait l'américain, c'était qu'à chaque fois que son syndrome se manifestait Eiji culpabilisait, pensant avoir été trop rapide. C'était encore nouveau pour eux et ils avaient du mal à gérer cette situation. Mais ce n'était qu'une étape de plus à franchir, ce n'était pas grand-chose après ce qu'ils avaient déjà traversé. Ash entraîna alors son compagnon dans un autre parc de leur liste qui, lui, était moins vaste et plus arboré.

Le coucher du soleil fut accompagné par une volée de flocons et une chute des températures. Ash guidait Eiji vers le petit restaurant traditionnel qu'il avait repéré plus tôt. Celui-ci se découpait dans le décor avec une devanture en ardoise qui imitait avec réalisme l'architecture des bâtiments de l'époque d'Edo donnant un charme particulier à l'endroit. Le menu était orienté vers les produits de la mer et le couple se régala avec une dégustation d'oursins et d'œufs de saumon, la spécialité de la maison. Ils passèrent un moment vraiment agréable, l'ambiance chaleureuse les réchauffant après cette journée dans le froid hivernal.

Une fois rassasiés, Eiji souhaita emmener Ash dans un dernier parc un petit peu singulier. Le blond curieux, suivit son compagnon à travers les flocons qui continuaient leur course jusqu'au sol. Pendant le trajet, l'américain en vint à regretter son choix de restaurant, manger froid et ensuite marcher dans le froid n'était pas l'idée du siècle. Semblant avoir eu le même cheminement de pensée que lui, Eiji lui proposa de s'arrêter prendre un café à emporter prêt d'un food-truck avant de reprendre leur route.

Arrivés sur place, Ash fut surpris par l'architecture. Ils étaient au bord d'un fleuve et la promenade était essentiellement constituée de passerelles sur pilotis. D'où ils étaient, ils avaient une vue singulière sur Tokyo et ses illuminations. La seule source de lumière dont ils disposaient était des spots lumineux le long des pontons, ce qui rendait la pollution lumineuse à cet endroit quasi inexistante. En contrebas, le couple put admirer des bateaux de plaisance traditionnels en bois, décorés de lanternes, naviguer sur le fleuve. La neige tourbillonnante rajoutait quelque chose de magique à la scène.

Ash apprécia vraiment cet endroit. Jusque-là, la pénombre apportée par la nuit avait toujours été anxiogène pour lui. Ici, avec cette vue, ce calme, ce silence, il ne pouvait qu'être bien. Il lui manquait juste un petit détail qu'il se dépêcha de corriger en enlaçant ses doigts avec ceux de son compagnon. « Voilà, maintenant, tout est parfait », se dit-il, un sourire aux lèvres.

Après un certain temps de contemplation, le couple reprit sa route. L'américain observait toujours la ville lumineuse lorsqu'Eiji attira son attention sur l'autre versant de la passerelle. Surpris, Ash s'immobilisa en voyant la statue que le japonais lui montrait. C'était une réplique de la Statue de la Liberté. Elle était plus petite que celle de New-York qu'ils avaient vu avec Eiji mais tout le reste était identique, du socle où elle reposait jusqu'aux spots qui la maintenaient dans la lumière.

- « La dernière fois que tu as vu cette Statue, c'était en pleine journée et tu m'avais dit que tu ne te projetais pas dans ce qu'elle symbolisait. Raconta Eiji d'une voix douce. Celle-ci est différente. Un autre pays, une autre culture, de nouvelles lois, une nouvelle vie.

- Puis, regarde là, reprit le japonais dans un léger rire. Elle est comme toi, elle a sa part d'ombre et de lumière. »

En effet, les faisceaux de lumière orientés vers elle par le bas ne l'éclairaient pas en totalité, jouant avec l'ombre sur les reliefs. C'était un peu comme Eiji et lui. Eiji était la lumière qui l'avait sorti de l'ombre des rues de Manhattan. Et maintenant ils étaient là, ensemble, au Japon, un japonais et un américain. Emu, il tourna son visage vers celui de son compagnon, croisant son regard. Il s'y accrocha. Des flocons de neige s'étaient accrochés dans ses cheveux de jais, apportant à leur façon un peu de lumière eux aussi. Ses yeux sombres brillaient. Son sourire était tout aussi éblouissant, réchauffant encore un peu plus son cœur meurtri. Il déposa sa main sur la joue de son compagnon et se pencha pour l'embrasser. Un simple baiser chaste sur ses lèvres, court, rapide. C'était tout ce qu'il était capable de donner avec de vrais sentiments, mais cela ne dérangeait pas Eiji qui en réponse l'enlaça tendrement. Ash lui rendit son étreinte et ils restèrent ainsi un moment, ignorant la neige qui continuait de tomber, apportant de la lumière dans la pénombre de la nuit.


Voici donc le résumé des situations que j'ai utilisée pour cet OS :

Situation 6 = S'embrasser sous la neige.

Situation 20 = Allez voir les illuminations de la ville.

Merci d'avoir lu ce premier texte, en espérant qu'il vous plaise ! A bientôt pour d'autres histoires !