BONSOIR A TOUS !
Ceci est ma 100e fanfiction publiée sur ffnet, c'est un cap. Et ça sera pas le dernier, j'ai plein de trucs à poster lmao (deux os kuroshou et une toute nouvelle fic de QUALITE sur laquelle je peux encore rien dire car c'est une surprise mais vous verrez bientôt) donc attendez vous a pas mal de mails de ma part si vous m'avez follow ! Hésitez pas d'ailleurs, je fournis essentiellement du kuroshou débile et de temps en temps une update de fic (les vrais savent que c'est faux, mais faites semblant svp)
Bref j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes ! Cette fois ci je poste un OS pour le Secret Santa de cette année avec liuanne, CATHARSIS, Bxkanx & Partizion. Girls, comme chaque année c'est chaotique as fuck, mais c'est toujours une journée géniale le 26 de lire ce que tout le monde a écrit (ou essaie désespérément de finir d'écrire)
Je remercie tout particulièrement ma dream team, que dis-je, le grouchat Kuroshou nation, les seules et uniques liuannes et CATHARSIS avec qui j'ai fait le nanowrimo cette année et passé des moments incroyables malgré cette année toute pourrie. Vous n'avez jamais cru que je finirai le secret santa à temps eh bien vous aviez TOUT FAUX ! le voici. idk ce que ça vaut mais je l'ai écrit avec tout mon petit coeur.
Les prompts pour celui-ci étaient Mikayachi et « protag A est amoureux et c'est obvious mais protag B captes pas ses avances et vibe dans l'ignorance »
Je vais vous faire une confession : j'ai changé d'idée de plot quatre fois avant de décider d'écrire celui là. C'est mon premier OS MikaYachi et j'avais à la fois beaucoup d'idées et quelques doutes sur ma façon d'appréhender ce ship (qui est très quali, si vous aimez ça lisez Demande à la Poussière de liuanne il est very quali.) Je crois que c'est la première fois que Yachi est dans une de mes fics donc j'espère que ça sera IC haha. Probablement pas entièrement mais j'ai fait ce que j'ai pu, gardez en tête que c'est un Université AU et que par conséquent elle est pas mal plus vieille que dans HQ.
PS : Encore une fois je ne suis pas morte (on m'a vraiment posé la question dans une review, by the way si vous vouliez la suite de ma fic sense8 fallait reviewer l'été ou je l'ai écrite my motivation is gone for now, mais sait on jamais...) :)
PPS: pour info, Mika écoute Dancing on my Own (la version chantée par Elle Fanning) si vous vous posez la question pendant la lecture de l'os !
PPPS: nobody asked mais la couv de la fic est de moi hihi
wishes
Passer les fêtes de fin d'année à l'internat de son université libérait Yachi d'un nombre certain d'obligations pénibles. Elle n'avait pas besoin de réfléchir à quel jeu vidéo offrir à son neveu sans risquer qu'il possède déjà celui qu'elle avait choisi, ni à se préparer à manger jusqu'à en avoir envie de vomir simplement pour faire plaisir à sa grand-mère. En revanche, elle devait maintenant réfléchir à un dilemme d'une toute autre nature : choisir un modèle parmi les cinq écharpes vertes disposées dans son magasin favori qui soit susceptible de plaire à Daishou Suguru.
Heureusement pour elle, Mika était visiblement une experte en Daishoulogie – discipline inventée par cette dernière – et lui avait indiqué une écharpe parmi toutes celles du rayon, qui ne faisait aucune différence comparée à celle que Daishou portait le reste de l'année aux yeux de Yachi.
— T'es sûre qu'il la mettra ?
— Certaine. Une fashion victim comme lui…il a plus de paires de chaussures que moi.
Yachi fronça les sourcils. Elle avait vu le placard de Mika et le fait qu'autant de chaussures y rentrent défiait sans doutes toutes les lois de la physique – un autre domaine dans lequel elle n'était pas experte.
— Tu me crois pas ?
— Si, si, mentit Yachi avec un grand sourire. On va payer ?
Mika l'examina quelques secondes du regard comme pour tenter de deviner si elle mentait ou non. Elle ne lui partagea pas sa conclusion mais acquiesça.
— Ensuite on ira chercher les masques pour le visage que j'ai repérés pour Kuroo.
Yachi se demandait parfois si ce dernier avait réellement vingt-trois ans et pas quarante-trois.
— Heureusement que t'es là pour m'aider à leur trouver des cadeaux, soupira Yachi lorsqu'elles sortirent du magasin. J'aurai jamais su quoi leur acheter.
— Malheureusement j'ai passé assez de temps avec eux pour les percer à jour. Et puis tu as le mérite de t'y prendre à l'avance. Je suis sûre qu'ils vont m'appeler la veille de Noël pour me demander ce que tu aimes parce qu'ils sont tous les deux des crétins.
Yachi soupira.
— Je serai bien en peine de répondre à cette question moi-même, avoua t-elle.
A l'heure actuelle, si elle avait eu le pouvoir de téléphoner au père noël, Yachi lui aurait probablement demandé une boule de cristal afin de voir son avenir. La perspective de devoir choisir un métier à la fin de ses études l'angoissait déjà.
La majorité des choses angoissaient Yachi, si elle avait dû être tout à fait honnête. Ses examens de la semaine prochaine, la perspective de passer Noël avec les amis de Mika et de passer pour une gourde, et à peu près tous les types de chiens.
— Ah bon ? s'étonna Mika. T'en fais pas, je suis sûre que mon cadeau te plaira, je sais lire dans les esprits.
— J'espère pas, marmonna Yachi, sans réfléchir.
— Hein ?
— Je veux dire, comment ça ? toussa Yachi.
Elle espérait sincèrement que Mika ne lisait pas véritablement dans les esprits car si tel était le cas, elle aurait déjà dû prendre ses jambes à son cou en lisant celles de Yachi.
— Tu pourrais avoir tout ce que tu veux avec ton visage d'ange, de toute façon, murmura Mika.
Yachi ne respirait plus que par automatisme – la seule chose qui la rattachait à ce monde était le contact des deux paumes de Mika sur ses joues. Son esprit flottait au-delà des nuages gris qui s'accumulaient au dessus de Tokyo cet après midi là. Mika se rendait-elle seulement compte de l'effet qu'elle lui faisait ? Il était impossible qu'elle ne voie pas ses joues écarlates ni la panique au fond de ses yeux bleus. Peut-être essayait-elle de l'hypnotisait. C'était à deux doigts de fonctionner. Encore quelques secondes à fixer le visage angélique de Mika penché vers le sien et Yachi dirait la seule chose qui lui passait par la tête.
Tout ce que je veux ? Même toi ?
Mika rompit l'enchantement en retirant ses mains, laissant le froid mordre à nouveau le visage de Yachi, lui rappelant qu'elle pouvait toujours rêver. Mika sortait avec Kuroo Tetsurou, et aucune lettre à un vieil homme habitant sur la banquise ne la convaincrait de le laisser tomber.
— Pourquoi t'as l'air triste d'un coup ? lui demanda Mika. Tu veux un câlin ?
Oui, pensa Yachi.
— Non merci, répondit-elle avec un sourire. C'est rien.
Un seul ne lui aurait jamais suffi, de toute façon. Elle était à peu près certaines qu'ils auraient le même effet que ces chocolats qui étaient exposés dans les vitrines à la période des fêtes de fin d'années : elle finirait la boîte en trois minutes.
La boîte de chocolat susmentionnée lui fit signe de la suivre et Yachi s'exécuta.
— Je croyais qu'on avait trouvé tous les cadeaux, s'étonna Yachi en la voyant se diriger vers une boutique de vêtements féminins.
— Exact, maintenant on peut s'amuser et essayer des trucs pour nous.
Yachi la suivit sans protester – elle n'avait pas besoin de nouveaux vêtements mais après ces quelques mois à côtoyer Mika, et elle avait découvert une nouvelle façon de voir les choses : acheter des vêtements n'avait rien d'un besoin, c'était un mélange entre une obsession et un passe-temps.
Mika consultait les boutiques de vêtements en ligne comme d'autres lisaient les informations. Elle pouvait courir après une femme dans la rue simplement pour lui demander où elle avait acheté ses boucles d'oreilles, et Yachi l'avait déjà vue prendre un nombre incaculables de gens en photos simplement parce que « t'as vu comme il était bien habillé ? Si j'étais un mec, tu peux être sûr que je m'habillerais comme ça. » En définitive, si Mika avait repéré un vêtement qui lui plaisait, il était préférable de ne pas essayer de l'empêcher de se le procurer – même s'ils s'agissait d'un sac coûtant la moitié du prix de son loyer.
Mais l'obsession de Mika pour les vêtements était encore plus dangereuse lorsqu'elle n'avait aucune idée en tête. Comme ce jour là, où elle écumerait les rayons avec Yachi à la recherche de la pièce, le vêtement qu'elle pourrait ramener chez elle, essayer devant son miroir et marier avec d'autre de ses vêtements, jusqu'à ce qu'elle jette son dévolu sur un autre vêtement la semaine suivante. Yachi craignait également une autre éventualité : qu'elle essaie de lui acheter quelque chose. Elle l'avait fréquemment vue apporter des vêtements à Kuroo et Daishou simplement parce que « Oh, je l'ai vu et j'ai pas pu résister, ça t'ira trop bien ».
En définitive, Yachi aurait dû la convaincre de rentrer. Après tout, elles avaient toutes les deux dépensé assez d'argent aujourd'hui.
Bien évidemment, elle n'en fit rien.
Alors qu'elle passait en revue un porte-vêtements sans grand entrain, Mika lui montra un haut à paillettes vert foncé que la mère de Yachi aurait qualifié de « bon pour faire le trottoir ».
— T'en penses quoi ?
Yachi en pensait suffisamment de choses pour acquiescer et lever son pouce en signe d'approbation. Elle s'évanouirait probablement si elle voyait Mika le porter mais il y avait sans doute de pires façon de quitter ce monde.
— Il t'irait super bien.
Un sourire illumina le visage de Mika. Yachi résista à l'envie de dégager les mèches de sa frange qui lui tombaient devant les yeux.
— T'es mignonne.
— Toi aussi. Enfin je veux dire, merci.
— Allez, essaie quelque chose avec moi ! Je vais pas aller en cabine toute seule.
— Oh, j'ai vraiment besoin de rien.
— On a toujours besoin de vêtements, je te l'ai déjà dit.
En effet, lors d'une soirée à laquelle Yachi évitait de penser trop souvent, elle s'était retrouvée entre Daishou et Mika qui, dans un état d'ébriété avancée, s'étaient mis en tête de lui expliquer pourquoi il n'y avait rien de plus important que le style dans la vie.
Yachi passa le reste du magasin en revue d'un regard. Rien ne lui semblait particulièrement intéressant, à part peut-être…
Mika se précipita sur la robe qui avait retenu l'attention de Yachi plus de deux secondes.
— Elle est super belle, t'as l'œil.
— Non, bafouilla Yachi. Ça me va pas, ce genre de trucs.
Mika la détailla de haut en bas d'un regard qui donna envie à Yachi de remettre son manteau qu'elle avait enlevé à l'entrée de la boutique.
— Je suis sûre que t'en as jamais essayé. Tu serais à croquer dedans, fais moi confiance.
— Tu lâcheras pas l'affaire, hein ? soupira Yachi.
Mika n'avait pas lâché l'affaire non plus lorsque Yachi avait émis l'hypothèse de changer de coiffure, jusqu'à ce qu'elle ose finalement la coupe courte qui lui faisait envie depuis un bon moment. Sa mère avait détesté, mais Yachi s'était sentie plus libre que jamais. Sans compter que Mika n'avait cessé de lui répéter à quel point cette coiffure lui allait bien – ce qui était un avantage plus convaincant encore que la perspective de ne passer que cinq minutes à les laver.
— Non, de toute façon je connais ta taille. Suis moi.
— Attends ! protesta Yachi. Pas en rouge, prend plutôt la noire…
— Non, répondit Mika avec un grand sourire. Je sais ce que je fais.
Yachi la suivit jusqu'aux cabines d'essayages en traînant les pieds.
— J'imagine que ça n'a pas d'importance puisque je ne compte pas l'acheter, soupira t-elle en se déshabillant dans la cabine.
— C'est ça, claironna Mika depuis la cabine d'à côté. Cause toujours.
Yachi s'observa dans le miroir de la cabine et caressa l'étoffe du vêtement. Elle n'oserait jamais aller où que ce soit habillée de la sorte mais elle devait admettre qu'il s'agissait d'une très belle robe. Plissée sur le devant, elle lui arrivait à mi-cuisse. Son col bustier fit se demander à Yachi à quand remontait la dernière fois qu'elle avait porté ne serais-ce qu'un débardeur. C'était une tenue redoutablement inadaptée à la saison.
— Fais voir ! l'appela Mika depuis l'extérieur de la cabine.
Yachi prit une inspiration avant de sortir de sa cabine et constata avec horreur que d'autres femmes la fixaient depuis un banc.
— Vous êtes mignonne comme tout, commenta une femme avec un bébé dans les bras. Vous allez en briser des cœurs !
Les joues de Yachi n'avaient rien à envier à la couleur de sa robe lorsqu'elle croisa finalement le regard de Mika.
— Elle a raison, t'es magnifique.
— Merci, balbutia Yachi en essayant de ne pas fixer Mika – qui éclipsait pourtant le reste de la pièce avec ce haut à paillettes. Il te va super bien, ce haut.
— Tu trouves ? Parfait alors, mon objectif est atteint.
Si son objectif était que son petit-ami s'évanouisse en la voyant, elle pouvait sans doute déjà composer le numéro des urgences. Yachi n'avait jamais envié quiconque comme elle enviait Kuroo Tetsurou.
Elle jeta un dernier regard à sa propre robe dans le miroir. Elle n'avait jamais possédé une seule robe bustier et ça n'était pas prêt de changer. Sa mère l'aurait sans doute déshonorée sur le champ rien que pour l'avoir essayée. Pourtant, Yachi se surprit à se ranger à l'avis de Mika : elle n'était peut-être pas magnifique, mais elle était au moins jolie.
— Je vais la reposer, déclara t-elle en retournant dans sa cabine.
— Si tu le dis, soupira Mika. Donne la moi, je vais te la ranger.
— Merci, répondit Yachi, étonnée qu'elle lâche l'affaire si facilement.
Après avoir tendu sa robe à Mika à travers les rideaux de sa cabine et passé une bonne dizaine de minutes à refaire les lacets de ses chaussures, Yachi sortit finalement de la cabine, son manteau et son sac sous le bras. Elle détestait faire les magasins à peu près autant qu'elle aimait faire plaisir à Mika.
Lorsqu'elle la retrouva près des caisses, cette dernière lui tendit un sac portant le nom du magasin avec un grand sourire.
Yachi fronça les sourcils, comprenant qu'elle avait été bernée.
— Mika, vraiment c'était pas la peine.
— Tu me remercieras. Comme pour le coiffeur.
— C'est pas toi qui a payé ma coupe de cheveux.
— Considère ça comme mon cadeau de Noël en avance.
— Tu m'as dit que tu m'en avais déjà acheté un.
— Qu'est ce que tu comptes faire ? ricana Mika en lui tirant la langue. Aller voir la police ?
Yachi fit la moue.
— J'apprécie, vraiment. Mais j'oserai jamais la mettre.
— Peut-être pas maintenant. Mais je suis sûre qu'un jour t'auras envie de la mettre. A un rencard, par exemple !
Yachi leva les yeux au ciel. Bien sûr.
— Tu peux aussi la mettre dans ta chambre juste pour danser devant ton miroir ou faire semblant que tu es une actrice qui reçoit un Oscar. Je fais ça tout le temps.
Imaginer Mika faire une chose pareille suffit à rendre le sourire à Yachi.
— Merci, murmura t-elle.
Mika se pencha pour l'embrasser sur la joue.
— Crois moi, tout le plaisir est pour moi.
Cette journée de shopping avec Mika avait beau avoir été épuisante, elle avait offert Yachi une pause bienvenue dans ses révisons de fin d'année. Cette pensée lui traversa l'esprit plusieurs plus tard lors d'une après midi particulièrement épuisante à la bibliothèque. Rien ne l'empêchait d'appeler Mika pour lui proposer de sortir se changer les idées, mais cette dernière était sans doute avec Kuroo et Daishou. Elle chassa l'image de Mika et de son petit ami de ses pensées. Elle avait beau être désespérément amoureuse d'elle, elle n'était pas obligée de tenir la chandelle comme le faisait Daishou.
Mika et Kuroo n'étaient heureusement pas le genre de couple à s'embrasser devant tout le monde mais Yachi n'était pas dupe. Il suffisait de passer deux minutes dans la même pièce que ces deux là pour comprendre ce qui les liait.
Une fois de plus, Yachi tenta de penser à autre chose en baissant les yeux vers ses notes de cours. Rien n'y faisait, les révisions étaient simplement la dernière chose qu'elle avait en tête.
Les paroles de Mika lui revinrent en mémoire.
Tu pourrais avoir tout ce que tu veux.
Elle n'en savait strictement rien. Yachi ne lui en voulait pas, après tout elle avait souvent tendance à parler sans réfléchir, à faire cadeau au monde entier de sa dernière pensée fugace comme s'il s'agissait d'un proverbe universel. Elle ne pouvait pas se douter que Yachi avait parfaitement l'habitude de ne jamais avoir précisément ce qu'elle voulait.
Noël ne faisait pas exception à la règle. C'était toujours un livre différent de celui dont elle avait parlé pendant des mois, toujours une robe d'une couleur différente de sa préférée que sa tante lui offrait – et rien de tout cela n'avait d'importance. Savoir se contenter de presque ce qu'elle voulait était sa spécialité. Même si pour une fois, une seule, elle aurait voulu avoir Mika.
Pas son ami aux tâches de rousseur qui lui aurait donné le monde entier s'il avait pu le porter sur ses épaules, ni cette fille qu'elle avait embrassé en première année et qui lui disait toujours que ses dessins devraient être exposés au Louvre. Pas presque Mika. Mika.
Yachi referma son livre et sortit de la bibliothèque. Il lui fallait absolument trouver un moyen de se distraire, ou elle allait rater cet examen.
Une fois de retour dans sa chambre dans l'internat de l'université, Yachi se débarrassa de ses bottes et alluma son poste de radio. Il datait du lycée et il lui fallait parfois s'y reprendre à plusieurs fois avant qu'il s'allume, mais elle ne s'en serait séparée pour rien au monde.
Comme pour lui donner tort, la radio lança une chanson que Yachi ne supportait plus d'entendre. Il était rare qu'elle ne passe pas au moins une fois sur deux le matin lorsqu'elle se préparait à se rendre en cours ou à la bibliothèque. Parfois, elle l'entendait également à la cafétéria où dans un magasin, et comble de l'ironie, elle avait déjà entendu Mika la fredonner.
Yachi passa en revue ses chances de parvenir à s'étouffer avec son propre oreiller afin de ne pas avoir à passer le réveillon de Noël à la regarder échanger des regards complices avec Kuroo.
Que diable devait-elle faire pour finalement être libérée de ses sentiments pour Mika ?
Elle ne lui rendait pas la tâche facile. Mais Yachi pouvait difficilement le lui reprocher - ça n'était pas sa faute si Yachi ne pouvait pas la regarder plus de cinq secondes sans avoir envie de l'embrasser.
La robe que Mika lui avait achetée attira son attention depuis sa penderie entrouverte.
T'es magnifique.
Oublierait t-elle son petit ami une poignée de minutes si Yachi mettait cette robe pour la soirée du réveillon ? Cette robe était-elle fantastique au point de donner à Yachi exactement ce qu'elle voulait, pour une fois ?
Oh, tant pis, grogna t-elle.
Elle tourna le bouton du volume de sa radio au maximum et se débarrassa de ses vêtements avant d'attraper le cintre sur lequel sa robe était sagement posée.
Une fois que Yachi l'eut enfilée, elle s'observa longuement dans le miroir. Jamais elle n'oserait dépasser le seuil de sa porte dans cette tenue. En revanche, elle était réellement agréable à regarder.
Qu'est ce que je veux hein ? Un peu de courage et de confiance en moi, pour commencer.
Yachi se rendit compte avec un certain agacement qu'elle connaissait les paroles de la chanson par cœur, après tous ces mois d'écoute forcée.
Décidant d'écouter le conseil de Mika, elle se mit à danser en chantant silencieusement les paroles de la chanson. Le volume n'était pas assez fort pour être entendu à travers la porte, mais elle ne voulait pas risquer que quelqu'un entende sa voix.
Yachi détestait cette chanson de toute son âme. Sans doute parce qu'elle décrivait son actuelle situation, le tout sur une mélodie bien trop joyeuse.
« Im giving it my all but I'm not the guy you're taking home
I keep dancing on my own »
Peut être que cette soirée de soirée était une idée stupide. Peut être qu'elle devrait simplement prendre un billet de train pour rentrer chez elle et confier tous les cadeaux qu'elle avait achetés à Mika. De cette façon, elle ne passerait pas la soirée à rêver d'empoisonner son petit-ami.
C'est même pas la peine d'y penser.
Elle pouvait voir le visage déçu de Mika sans même avoir besoin d'y réfléchir très longtemps et cette seule image suffisait à la décourager de mettre ce plan en place.
Environ cinq secondes avant la fin de la chanson, Yachi fut sortie de sa transe par trois coups frappés à sa porte.
— Oui ? couina t-elle à travers la porte.
— Ça va, Yachi ? s'enquit une voix de l'autre côté de la porte. C'est Yamaguchi.
Yachi soupira. Elle ne pouvait pas lui ouvrir dans cette tenue.
— Oui, ça va ! Euh…tu as besoin de quelque chose ?
— Euh, pas spécialement mais comme je passais dans le coin je me demandais si tu voulais qu'on révise ensemble avant l'exam de demain ?
Yachi pesa le pour et le contre. Se replonger dans ses révisons avec Yamaguchi lui ferait sans doute penser à autre chose. En revanche, il fallait absolument qu'elle enlève cette robe avant de sortir.
— Euh, bredouilla t-elle. Laisse moi une minute, je sais pas trop -
Après s'être contorsionnée pour tenter de l'enlever, Yachi réalisa avec horreur que la fermeture éclair de sa robe était bloquée.
— Fais chier.
— Qu'est ce que tu dis ?
— Rien !
— Tiens, fit une troisième voix reconnaissable entre mille. Salut Yamaguchi. Toi aussi, tu cherchais Yachi ?
Il ne manquait plus que Mika. Yachi sentit la panique l'envahir. Elle était coincée dans cette maudite robe trois fois trop extravagante pour elle. Il était hors de question que quiconque la voie. Mais sans personne pour l'aider, elle était bonne pour dormir dans cette robe jusqu'à la fin de ses jours.
Une seule solution s'offrait à elle, aussi humiliante soit-elle. Il fallait qu'elle demande à Mika de l'aider à l'enlever.
— Yamaguchi, je vais pas pouvoir venir, désolée. Je me sens un peu malade.
— Oh non, s'écria t-il d'une voix inquiète, qu'est ce qui t'arrive ?
— Euh, bredouilla t-elle. J'ai –
— Tu devrais y aller, Yamaguchi, je vais m'en occuper, déclara Mika.
— T'es sûre ?
— T'inquiètes, lui assura Mika. Je t'appelle si y'a le moindre problème.
Yachi leva les yeux au ciel. Mika n'avait même pas son numéro.
— Bon alors à plus tard Yachi ! Repose toi bien.
— Merci ! lança t-elle avec le plus grand des soulagements.
Lorsqu'elle ouvrit la porte à Mika quelques instants plus tard, elle croisa les bras sur sa poitrine en fixant le sol, morte de honte.
— Je sais ce que tu vas dire et –
Contrairement au fou rire auquel Yachi s'était attendue, Mika se contenta de lui sourire après l'avoir examinée de haut en bas.
— Dis donc, pour quelqu'un qui avait juré qu'elle la mettrait jamais…
— Ça va, soupira Yachi. J'arrive pas à l'enlever, aide moi, par pitié.
— Allez, viens par là.
Yachi lui tourna le dos et tenta de se concentrer sur autre chose que les mains délicates de Mika posées sur son dos, tandis qu'elle examinait le problème.
— Tu m'as fait peur, j'ai cru que t'étais vraiment malade. Un problème de fille, un truc dans le genre…
C'était bien plus humiliant que ça, aux yeux de Yachi.
— Je sais pas ce qui s'est passé, j'arrivais très bien à l'enlever dans le magasin, soupira t-elle.
— Elle est coincée dans un fil qui dépassait, je vais te sortir de là.
— Merci, murmura Yachi. Je me voyais mal aller à mon examen comme ça demain.
— Tu m'étonnes, ricana Mika. Ah, c'est bon, j'ai réussi.
En effet, elle avait débloqué la fermeture éclair sans le moindre problème et s'attelait maintenant à la descendre.
— Euh, bredouilla Yachi. Merci, je vais m'en sortir toute seule.
— Dis donc, s'étonna Mika comme si elle ne l'avait pas entendue, qu'est-ce que tu mets comme crème pour le corps ? Ta peau est vraiment super douce. Faut que je m'achète la même.
Au lieu de lui dire d'arrêter de caresser la peau de son dos comme si elle testait un échantillon dans un magasin, Yachi ferma les yeux. S'il existait une quelconque forme de dieu sur cette terre, il était en train de la tester.
Elle se demanda brièvement ce qui pouvait bien se passer dans la tête de Mika avant de faire ce genre de chose. Lui acheter une robe. Descendre la fermeture éclair de sa robe et faire des gestes circulaires avec son pouce comme si elle n'avait rien de mieux à faire de sa fin d'après-midi.
— T'as l'air stressée, dis-donc, remarqua t-elle en passant ses pouces sur ses épaules. C'est à cause des exams ?
— Ouais, marmonna Yachi entre ses dents.
Rien à avoir avec la fille magnifique qui refuse de me lâcher alors que je suis a moitié nue. J'aurai dû y réfléchir avant et mettre un soutien-gorge. Ou pas.
Sans dire un mot, Mika se mit à lui masser les épaules et Yachi soupira. Elle aurait dû être en train de réviser, pas de laisser la personne dont elle était éperdument amoureuse la masser comme si la sensation de ses mains déliant lentement la tension dans ses épaules ne lui faisait pas le moindre effet.
— T'es plutôt douée, remarqua Yachi d'une voix absente.
— C'est vrai ?
Yachi ne pouvait pas voir son visage, mais elle était pratiquement capable d'entendre son sourire.
— Ouais, murmura Yachi. T'as pas idée.
— Tant mieux, je voudrais pas que tu te bloques le dos avant la soirée de demain, crois moi tu vas avoir besoin d'énergie.
— J'ai hâte, répondit Yachi.
— Et moi j'ai hâte de voir ce que tu vas mettre.
— Certainement pas cette robe.
— Que tu la mettes ou pas, tu seras quand même la plus mignonne. C'est un fait. En même temps t'auras que Daishou et Kuroo pour te faire de l'ombre, c'est vrai que c'est pas grand-chose niveau compétition.
Pourtant tu sors avec un des deux.
Cette pensée rappela à Yachi qu'elle avait des examens à réviser et qu'il valait de toute façon mieux que Mika arrête de la toucher. Histoire qu'elle évite de faire quoi que ce soit de stupide, comme lui dire je t'aime au détour d'une conversation.
— Merci, murmura t-elle en se retournant. Faut que je retourne réviser.
— Avec Yamaguchi ?
Yachi éclata de rire.
— Non, je me suis assez ridiculisée comme ça. D'ailleurs, pourquoi tu me cherchais ?
Mika haussa les épaules.
— Je m'ennuyais et je voulais juste voir ta petite tête. Mais t'en fais pas pour moi, je vais passer voir Kuroo et faire semblant de réviser pendant qu'il révise vraiment.
— Bon courage, murmura Yachi, alors que la sensation de chaleur qui s'était diffusée dans tout son corps depuis que Mika était entrée laissait la place à un froid aussi glacial que celui qui soufflait à l'extérieur.
Yachi fut réveillée en sursaut par des voix. Les membres tout engourdis, il lui fallut quelques minutes pour se rendre compte qu'elle s'est endormie à la bibliothèque et non dans son lit, comme le prouvait la surface très peu confortable de la table.
— T'es sûr qu'il est rangé ici ? râla une voix. Ça serait pas la première fois que tu nous fais perdre du temps avec une de tes soi-disant idées de génie.
Yachi écarquilla les yeux en reconnaissant la voix de Daishou.
— Mais qu'est ce que tu fais encore là avec moi à cette heure ci si je te fais perdre ton temps ? rétorqua l'autre voix sur un ton guilleret. Tu es libre de rentrer chez toi.
L'autre voix appartenait à Kuroo. Elle en était certaine.
— Ouais, c'est ça, râla Daishou. En attendant on a toujours pas trouvé ce putain de livre.
— Patience, répondit Kuroo.
Yachi jeta un œil à sa montre. Il était plus de vingt heures et les lumières de la bibliothèque étaient pratiquement toutes éteintes. Que fichaient ils ici ?
— Tu sais, finir par déclarer Kuroo, c'est pas que j'aime pas réviser jusqu'à pas d'heure ici, mais peut être qu'on pourrait admettre ce qu'on fait vraiment là. Ça nous éviterait de perdre du temps, vu que le tien a l'air si précieux.
Yachi se retourna pour les observer à travers les rayonnages, curieuse malgré elle.
— Je disais pas ça sérieusement, grogna Daishou, dont la voix avait soudainement perdu en assurance.
— Mais moi si, répondit Kuroo en faisant un pas vers lui.
Sa voix s'était réduite à un murmure que Yachi parvenait à peine à discerner.
— On peut savoir ce qui te prend ? répondit Daishou, qui se laissait clairement envahir par une panique dont Yachi n'ignorait rien.
Elle en aurait presque compati. Kuroo se comportait curieusement comme Mika le faisait avec elle.
— J'en sais rien, admit Kuroo. Je crois que j'en ai assez de faire semblant qu'on ne vient pas ici tous les deux juste pour avoir un prétexte pour se voir.
Daishou l'observa sans dire un mot, une expression d'une rare vulnérabilité prenant la place de son habituel masque sarcastique.
— Et alors ? lança t-il en affrontant son regard. Qu'est ce que tu comptes y faire ?
Sous le regard stupéfait de Yachi, Kuroo se pencha pour embrasser Daishou.
— T'es cinglé, murmura Daishou sans faire un seul geste pour le repousser. Préviens moi au moins…
— Me pose pas des questions auxquelles tu veux pas entendre la réponse, rétorqua Kuroo. Je te préviens, cette fois ci.
— De qu-
Figée sur place, Yachi le regarda embrasser Daishou à nouveau. Ce dernier, après quelques secondes de surprise, ferma les yeux et lui rendit son baiser.
— T'es un abruti, murmura t-il. J'en reviens pas –
— Tais-toi, soupira Kuroo. Heureusement qu'un de nous deux est moins coincé que l'autre.
— Je suis pas coincé.
— C'est ça. Si j'avais rien fait on en serait encore au même point dans deux ans.
— Tu –
— Faut que je fasse tout ? soupira Kuroo. Très bien, au point où j'en suis, est-ce que tu veux sortir avec –
— Mais non !
Kuroo cligna des yeux.
— Comment ça, mais non ?
— Euh, répondit Daishou en se redressant. C'est pas moi qui ait dit ça.
Yachi plaqua une main sur sa bouche, parfaitement consciente que ces deux mots étaients sortis de sa propre bouche. Et il était trop tard pour s'enfuir – ils l'avaient déjà repérée.
— Yachi ? S'étonna Kuroo. Qu'est-ce que tu fais là ?
Il ne semblait pas très inquiet pour quelqu'un qui venait d'être pris en flagrant délit d'adultère.
— Je m'étais endormie là et puis je vous ai entendus, bredouilla t-elle. Je voulais pas vous espionner, je suis dé-
Elle se rendit compte au beau milieu de sa phrase qu'elle s'apprêtait à s'excuser.
Mais de quoi exactement ? lui demanda une voix dans sa tête qui sonnait exactement comme celle de Mika.
Yachi n'avait pas à s'excuser. Elle n'était pas désolée. En fait, elle était très en colère, à cet instant précis.
— Toi, grogna t-elle en regardant Kuroo.
Toi, tu sors avec la fille que j'aime. La fille avec qui tout le monde rêverait de sortir, et tu viens d'embrasser quelqu'un d'autre.
— Comment tu peux faire une chose pareille à Mika ? S'écria t-elle. Si tu l'aimes plus, il suffit de lui dire ! Plutôt que de te planquer ici pour embrasser Daishou !
Kuroo écarquilla les yeux, l'air scandalisé.
— Mais de quoi tu parles ?
— Et quel est le rapport avec Mika ? voulut savoir Daishou en se tournant vers Kuroo. Y'a quelque chose entre vous ?
— Mais non ! s'écria Kuroo, tu me prends pour qui ? C'est avec toi que je veux sortir, t'es sourd ou quoi ?
— Mais, bredouilla Yachi, vous sortez ensemble, Mika et toi…
Kuroo passa une main sur son visage, l'air de plus en plus perdu.
— Je pense que je le saurais, si c'était le cas.
Oh non, pensa Yachi. C'est pas pas possible.
Ça n'avait aucun sens. Combien de fois avait-elle vu Mika sortir de la chambre de Kuroo avec des vêtements froissés ou qui ne lui appartenaient même pas, combien de fois l'avait-elle vue faire la sieste sur son épaule dans le parc… Et pendant ce temps là, Kuroo était amoureux de Daishou ?
Yachi n'aurait rien voulu d'autre que de disparaître de la surface de la terre, à cet instant. Une autre voix, aussi inutile que rassurante, lui confia qu'elle s'était peut être ridiculisée, mais qu'au moins elle n'était pas assez stupide pour préférer Daishou Suguru à Mika Yamaka.
— Mais t'es complètement folle, finit par dire Daishou, brisant le silence.
Kuroo lui donna un coup de coude.
— Non, juste un peu perdue, visiblement. Sois gentil.
— Elle vient de t'accuser d'avoir trompé Mika, mais c'est toi qui vois, grogna Daishou.
— Yachi, soupira Kuroo. Euh, je sais pas ce qui t'a fait penser que je sortais avec Mika mais…c'est faux ? Tu n'as qu'à lui demander, elle te le dira volontiers.
Oh non, pensa Yachi. Mika. Mika allait apprendre qu'elle avait hurlé sur Kuroo pour rien, Mika allait la prendre pour une folle –
— Hé, ça va ? Je t'en veux pas hein, pas la peine de t'en faire pour ça, la rassura Kuroo.
— Donc tu sors avec Daishou ?
— J'ai jamais dit oui, précisa ce dernier.
— Oui, répondit Kuroo en l'ignorant royalement. Donc ne t'inquiètes pas, Mika est totalement libre.
Yachi allait s'évanouir, c'était sûr et certain.
— Euh, tant mieux pour elle. Et pour vous, du coup. Je vous souhaite…euh. Une bonne soirée ? Et beaucoup de bonheur. C'est ça.
Sur ces mots elle tourna les talons. Elle n'avait à présent plus d'autre choix que de quitter le pays.
— Attends, la retint Kuroo. T'es sûre que t'as pas besoin de parler un peu ? On pourrait aller manger quelque part tous les trois, t'en penses quoi ?
— Euh, commença Daishou. Moi, j'en pense que –
— Je m'en cogne. Allez viens, Yachi, tu dois mourir de faim si t'as passé la soirée là.
Yachi hésita à les suivre. Daishou n'avait clairement aucune envie de passer une seconde de plus en sa compagnie. En revanche, Kuroo avait l'air d'y tenir. Peut-être que si elle acceptait, elle parviendrait à les convaincre de ne pas parler de tout ça à Mika.
— OK, soupira t-elle. Je vous suis.
Après avoir avalé trois cheeseburgers, Daishou était de bien meilleure humeur. Il avait également terminé les frites de Kuroo, qui l'avait laissé faire avec un sourire qui n'avait pas échappé à Yachi.
— Comment t'as pu croire qu'il sortait avec Mika ? finit par lui demander Daishou bien plus gentiment que quelques instants plus tôt.
Assise en face d'eux sur une banquette crasseuse, Yachi soupira.
— J'en sais rien. Je vous trouvais…proches.
— Et pourtant, ricana Kuroo. C'est lui, son ex.
— Je le sais, soupira Yachi. Elle me l'avait dit, mais –
— L'amour rend aveugle, c'est bien connu. Regarde, je fais bien abstraction de sa coiffure dégueulasse, déclara Daishou en désignant Kuroo.
— T'as dit que tu m'aimais où je rêve ? roucoula Kuroo. Quelle soirée. T'auras vraiment assisté à beaucoup de moments importants de notre relation. Si je te demandais en mariage maintenant, on serait obligée de te demander d'être notre témoin.
— C'était une façon de parler, espèce d'abruti, bredouilla Daishou qui semblait à nouveau submergé par la panique.
Yachi cligna des yeux. Chaque seconde passée en leur compagnie lui faisait remettre un peu plus en question ses choix de vie. Il lui restait toujours la possibilité de quitter le pays.
— En attendant, on a très bien compris ce qui se passe, t'en fais pas, dit Kuroo. T'es amoureuse de Mika, mais c'est pas grave, en tant que petit copain d'un psychopathe j'ai plein de conseils à te donner en la matière.
— T'es un expert parce qu'on sort ensemble depuis même pas une heure ? Voulut savoir Daishou.
— Je ne suis pas –
— Pas la peine d'essayer de nous embobiner, grogna Daishou. Va juste lui dire que tu la kiffes. Je te jure, c'est pas si compliqué.
— Qu'est-ce que t'en sais ? s'écria Kuroo d'un air outré. C'est moi qui ait tout fait !
— Tu te concentres sur des détails.
Yachi profita de leur moment d'égarement pour réfléchir à un moyen de se sortir de là. Pouvait-elle prétexter une urgence du côté de sa famille pour éviter cette soirée de réveillon avec eux ? Probablement pas.
— Mika t'adore, tu sais ? reprit Kuroo. Alors voilà le plan, on va vous laisser tranquilles aussi souvent que possible demain soir, et –
— On s'est mal compris, dit Yachi. Y'a pas de plan, puisque je ne vais rien faire du tout.
— T'aurais tort, elle embrasse super bien, l'informa Daishou.
Yachi résista à l'envie de lui planter sa fourchette dans la main. Cependant, la phrase de Daishou avait eu l'effet escompté. Comment Mika l'embrasserait-elle si ce moment arrivait finalement un jour ? Serait-elle aussi douce que lorsqu'elle lui avait massé les épaules, ou aussi intense que lorsqu'elle l'avait pratiquement poussée dans la cabine pour essayer cette maudite robe ?
— Tente le coup, l'encouragea Kuroo. On est les mieux placés pour savoir que tu risques pas de te prendre un râteau.
— Ouais, t'imaginer qu'elle sortait avec Kuroo alors qu'elle passe son temps à te dire que t'es trop belle ou je sais pas trop quoi –
— On a compris l'idée, le coupa Kuroo. Bref, fonce. Demain, ou quand t'en auras envie, mais fais-le. Tu risques de le regretter, sinon.
— Sinon quoi ? s'enquit Yachi. Vous allez appeler la police ?
— J'y crois pas, elle parle comme Mika, ricana Daishou. C'est fini, elle va le faire.
— On parie combien ?
Yachi les regarda parier sur son courage avec un nouveau soupir de lassitude.
Après son examen, Yachi passa la journée enfermée dans sa chambre simplement pour éviter de croiser Mika. Daishou et Kuroo avaient beau avoir promis de ne rien lui dire de leur malentendu de la veille, elle redoutait toujours le moment où ils se retrouveraient tous les quatre dans la même pièce.
Accessoirement, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle porterait. Il était totalement exclu qu'elle porte larobe. Même si c'était ce que Mika voulait, même si c'était sans doute la tenue dans laquelle elle aurait le plus de chance de trouver le courage de lui avouer ce qu'elle ressentait.
Mika déteignait véritablement sur elle. Auparavant, Yachi n'aurait jamais réfléchi aussi longtemps à ce qu'elle porterait pour une soirée de réveillon.
Aux alentours de dix-neuf heures, Yachi n'avait toujours pas bougé de son lit et elle se releva en sursaut en entendant quelqu'un frapper à la porte de sa chambre. Sans grande surprise, elle découvra Mika sur le pas de sa porte, un immense sac jeté sur l'épaule droite.
— Hey ! lui lança Mika. Je suis en avance, mais je me disais que ça serait plus drôle de se préparer ensemble avant la soirée – t'es encore en pyjama ?
— J'ai eu une dure journée, soupira Yachi. Mon examen était super tôt ce matin et…j'ai dormi tout l'après-midi.
— Ça s'est bien passé ? s'enquit Mika alors que Yachi l'invitait à entrer.
— Pas trop mal, je pense.
Elle avait préféré oublier l'existence de cette épreuve à l'instant même où elle était sortie de la salle.
— Je suis sûre que t'auras une super note. T'as bossé super dur.
— Ça suffit pas toujours.
Mika lui fit un clin d'œil.
— Si tu le dis. Qu'est-ce que t'as décidé de mettre, finalement ?
— Aucune idée.
— Moi qui rêvait de voir porter cette fameuse robe pendant une soirée entière…
— Tiens donc, je pensais que tu rêvais de choses plus intéressantes, répliqua Yachi.
— T'as pas idée, répondit Mika avec un sourire qui força Yachi à regarder ailleurs. Et toi, de quoi tu rêves, ces derniers temps ?
Yachi aurait donné n'importe quoi pour avoir la moitié de la confiance en elle que Mika dégageait à cet instant précis. Mais étais-ce trop tard pour essayer ?
Un espoir cruel s'était insinué dans son esprit depuis que Kuroo lui avait fait comprendre que Mika était totalement libre.
Et si la leçon à retenir de tout ça était que pour avoir ce qu'elle voulait, il lui fallait commencer par le demander ?
— Tu veux vraiment le savoir ? lui lança t-elle.
— Ouais, carrément. Comme ça je saurai si mon cadeau est à la hauteur, au moins.
Yachi savait que réfléchir trop longtemps ne pourrait jouer qu'en sa défaveur.
— Ferme les yeux, déclara t-elle.
— OK, dit Mika avant de s'exécuter.
— Tu te méfies pas ? sourit Yachi en s'approchant d'elle, le cœur battant.
— De toi ? Ça risque pas. Mais fais vite, je pourrais bien changer d'avis.
Yachi pouvait sentir l'odeur de son rouge à lèvres, d'aussi près. Combien de fois cette teinte de rouge légèrement foncée l'avait-elle interpellée depuis qu'elle avait rencontré Mika ? Yachi ne pouvait plus observer un seul objet de cette couleur sans être submergée par son envie irrépressible de l'embrasser.
Juste avant que ses lèvres n'effleurent celles de Mika, Yachi espéra de tout son cœur que celle qui hantait ses nuits connaissait les gestes de premier secours, car il y avait une chance sur deux pour que l'appréhension ait raison de son pauvre cœur.
— Oh, murmura Mika.
La seconde d'après, elle posa une main sur la taille de Yachi pour l'attirer plus près d'elle et lui rendre son baiser.
— Tu te fiches de moi, soupira t-elle dans l'oreille de Yachi une poignée de secondes plus tard. Je suis en train de rêver, t'as –
— Ouais, murmura Yachi en levant les yeux vers elle. C'était ça que je voulais.
Mika l'embrassa à nouveau, passant une main dans ses cheveux et Yachi ferma les yeux, complètement hypnotisée. Daishou n'avait pas menti. Elle aurait été complètement stupide de passer à côté d'une chose pareille.
— Tu me rends folle, murmura Mika en embrassant délicatement le creux de sa gorge. Combien de fois j'ai rêvé de faire ça…
Yachi se contenta d'acquiescer, les yeux fermés.
— Je pensais que –
— Que quoi ? soupira Mika. Je pensais être claire, l'exact opposé de quelqu'un de subtil, et pourtant –
Pourtant pensais que tu sortais avec Kuroo. Mais c'est une histoire pour un autre jour.
Yachi l'attira à nouveau vers elle et Mika arrêta enfin de parler. Elle ne voulait penser à rien d'autre qu'au fait qu'elle avait trouvé le courage d'embrasser Mika, qu'elle la rendait folle, et qu'il était hors de question qu'elle s'arrête pour lui raconter cette histoire ridicule.
Ni Mika, ni Yachi n'arrivèrent à l'heure à la soirée organisée chez Daishou. Mais personne ne formula la moindre plainte, sauf Kuroo, qui devait à présent 4000 yen à Daishou.
Et voilààà ! Cet os de derrière les fagots était pour Ari aka bxkanx, our resident lesbian and mikayachi stan ! Girl j'espère que ça t'as plu. Continue de remplir ma TL avec des outfits de queen et ma foi tes prompts étaient d'une qualité supérieure, j'espère que je leur ai fait honneur !
C'était vachement sympa à écrire & I might do it again! good ship right there
Aeli, proud author of 100 fanfiction and owner of one half of a sick brain
