Cette histoire est une traduction, dont le lien est le suivant (sans les tirets) : h-t-t-p-s-:-/-/-archiveofourown-.-org-/-works-/-15903789-/-chapters-/-37067670 Un grand merci à l'auteure de me laisser traduire ses fanfictions, parce que oui, ce n'est ni la première, ni la dernière fois que je traduis un de ces travaux :D

Titre original : The alumni night

Auteure : CarmillaCarmine


À l'ancienne

- Oh mon dieu, non, soupire John en ouvrant l'enveloppe qui était venue ce matin-là.

- Réunion d'anciens, déclare Sherlock d'un ton monotone, comme il en a l'habitude.

- Comment tu… ? Peu importe...

- L'enveloppe est clairement-

- J'ai dit « Peu importe », répond John d'un ton assez sec.

Il n'est pas d'humeur à écouter des déductions élaborées. Sherlock se tait. Mince. Que devait-il faire ?

- Je dois y aller.

- Pas nécessairement.

- Si je n'y vais pas, mes camarades vont penser que je ne peux pas les voir parce que je ne suis pas fier de ce que j'ai fait de ma vie.

Le grognement de frustration résonne dans le salon, alors que John réalise la situation perdante dans laquelle il se trouve.

- Ce n'est pas un peu le cas ? questionne Sherlock, l'air confus, et c'est une première.

- Oui. Enfin, je veux dire, non ... Merde.

John avait redouté ce moment pendant des mois, sachant qu'il arrivait.

- C'est juste que je n'ai pas envie d'y aller seul.

- Qu'est-il arrivé à… Sherlock réfléchit un petit moment, « Jenny ? Judy ? Non, c'était Jane ?

- Jennifer, répond John avec résignation. Parfois, il est persuadé que Sherlock mélange les noms de ses copines exprès, juste pour le contrarier. « C'est fini. » John sait que ce n'est pas utile de préciser à quel point elle avait été jalouse de Sherlock. C'était ridicule; c'étaient des amis qui vivaient ensemble. Il regarde Sherlock qui était maintenant occupé à taper quelque chose à toute vitesse sur son ordinateur portable. « Est-ce que tu viendrais avec moi ? »

L'expression de Sherlock se transforme alors en une d'amusement mêlée d'horreur.

- Moi ? Pourquoi est-ce que je ferai ça ? Même toi, tu n'as pas envie d'y aller. Alors dis-moi pourquoi ?

- Pour moi. » John fixe du regard son colocataire avant de continuer, « Parce que c'est ce que font les amis. »

Sherlock soupire d'exaspération. Son expression change tandis qu'il semble réfléchir à l'idée, ses sourcils se plissant légèrement alors qu'il plaque ses doigts sous son menton.

- C'est ce que font... » Une expression interrogative obscurcit son visage. «...les amis ? »

- Oui. J'ai bien dit ça.

- Je sais ! s'exclame Sherlock.

Oh bon sang. John serre puis desserre son poing gauche. Parfois, il veut frapper Sherlock avant même le café du matin. Ou plutôt, surtout avant de prendre le café du matin.

- Ça veut dire oui ? demande John mais Sherlock continue de taper au clavier, ignorant son colocataire comme s'il ne se tenait pas à seulement deux mètres de lui.



- Prêt ? demande Sherlock d'un ton comme professionnel.

- Ouais. » John se retourne pour faire face à Sherlock, qui est vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche dont le bouton supérieur est habituellement déboutonné. « Attends, attends... Tu viens avec moi ? »

- Tu as demandé. Tu as besoin de mon aide, répond Sherlock en haussant les épaules nonchalamment.

- Je n'ai pas besoin de ton…» John prend une profonde inspiration et expire lentement. Inutile de s'expliquer. « Merci. »

Sherlock hoche la tête, enfile son manteau et part avec la même démarche comme quand il part pour une enquête. John n'est guère sûr si c'est une bonne chose ou non. De toute façon, il le découvrira bien assez tôt.



Le trajet en taxi jusqu'à la salle dure moins d'une demi-heure, le tout se passant dans un silence confortable. John sent sa main se tendre et la met à plat sur sa cuisse. Avoir Sherlock avec lui rend les choses moins stressantes. Le médecin avait été apprécié à l'hôpital St Barthelemy à l'époque, du moins, c'est ce qu'il pense. Cependant, avec le temps, il n'est pas resté en contact avec d'autres camarades, ces derniers ayant sûrement quelque peu surestimé sa capacité à être sociable.

John se sent brisé maintenant, la guerre lui a laissé des choses qu'aucune personne ne devrait avoir à porter avec elle toute sa vie. Il le fait, du moins, il l'espère. Ses cauchemars se font rares depuis qu'il a emménagé avec Sherlock, mais les images de mort et de sacrifice qui réussissent encore à se frayer un chemin dans son esprit sont comme une part d'ombre lui collant à la peau.

- On est arrivés, annonce John.

À l'extérieur du grand bâtiment blanc, les groupes de personnes se rassemblent déjà. Beaucoup bavardent et rattrapent toutes ces années où ils ne se sont guère vus. John sort du taxi et se dirige vers la foule. Sherlock se rapproche de lui, et son colocataire peut sentir sa présence sans se retourner. Ses épaules se détendent considérablement en sachant qu'il n'est pas seul.

Les deux compères entrent par les grandes portes doubles, et John se dirige aussitôt vers le bar.

- De la bière et un cognac, s'il vous plaît, demande John tout en commençant à chercher son portefeuille. Mais Sherlock jette sa carte sur le bar.

- Tu es nerveux.» fait remarquer ce dernier, ce qui est facilement perceptible même pour John. « Pourquoi ? »

- Il y a cette fille…ou plutôt cette femme qui…

- John ! John Watson ! » Le bégaiement de John est interrompu par une voix joyeuse. « Je ne m'attendais pas à vous voir ici ! » s'exclame Mike Stamford en lui serrant la main, puis celle de Sherlock avec un signe de tête. « J'adore ton blog. Vous résolvez toujours des enquêtes ensemble ? »

- Oui.

La main de Sherlock glisse autour de la taille de John, sa réponse si directe qu'elle laisse John perplexe. La sensation d'être si proche du détective le fait tressaillir, et son regard jongle entre Sherlock et Mike.

- Qu'est-ce que tu fais ? demande John à Sherlock dans un murmure, alors qu'il regarde Mike rejoindre un grand homme qu'il ne reconnaît pas.

- Ce que tu as demandé.

L'expression de Sherlock est parfaitement étudiée, prenant un air cool et détendu, tout en émanant de la confiance. C'est un masque que John ne connaît que trop bien. Sherlock est le meilleur acteur que le monde ait jamais vu. Malheureusement, la plupart du monde ne se rend pas réellement compte qu'il joue. Avant que John n'arrive à dire un autre mot, ils sont approchés par une femme blonde que John ne reconnaît pas au premier abord. Le bras de Sherlock le sert assez fort pour qu'il ne puisse pas s'éloigner sans faire de scène.

- Excusez-moi d'avoir écouté, mais est-ce que je viens d'entendre que vous enquêtez sur des affaires criminelles ?»

Elle scrute Sherlock avec un mouvement de haut en bas peu subtil sur tout son corps, et remarque l'emplacement du bras de Sherlock, avant de hausser légèrement les sourcils puis de poser son regard sur John qui est stupéfait.

- Tu me surprends, John, dit-elle avec un sourire charmeur, et John est maintenant certain de qui il s'agit. Oh mon Dieu. Elle est d'une beauté à couper le souffle, encore plus que dans ses souvenirs. Vêtue d'une robe verte moulante qui se termine juste au dessus ses genoux et des talons assortis, elle est la quintessence de la féminité.

- Ce n'est pas ce que tu penses, commence-t-il à dire, tout en essayant de se dégager de l'emprise de Sherlock.

- N'est-ce pas, John ?

Le chuchotement de Sherlock, si près de son oreille le fait soudain se raidir. Oh mon Dieu, sa voix. Il sait que Sherlock se joue de lui, mais la sensation de son souffle sur sa joue le fait frissonner, et cela lui prend une seconde de plus pour réaliser que cela ne l'aide aucunement à sortir de cette affaire.

- Jenny ! s'exclame John un peu trop fort, dans une tentative de se libérer de sa transe causée par Sherlock. « Euh, salut. Ça fait longtemps, hein ? » Espèce d'idiot. Qu'est-ce que je raconte ? Il doit rester calme pour augmenter ses chances de passer la soirée avec elle.

- En effet, répond t-elle en enlevant un fil inexistant sur le col de John. Ce dernier à l'esprit en ébullition. Entre la prise serrée de Sherlock, ses doigts maintenant écartés touchant son flanc et le toucher de Jenny, John en est bouleversé. Il espérait autrefois épouser cette femme. Le picotement dans son estomac lui rappelle ce douloureux souvenir.

- Tu es vraiment...vraiment belle. Tu es superbe, je veux dire. » Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Sherlock le distrait et il se ridiculise devant Jenny. Pour un génie, Sherlock est incroyablement ignorant des réactions humaines de base et du comportement social. Jenny lâche un petit rire. «C'est mon…» John indique son colocataire avec un signe de tête, «C'est Sherlock. »

- Nous vivons ensemble, ajoute Sherlock avec un clin d'œil, mortifiant un peu plus John.

- Vraiment ? répond Jenny, ses sourcils se soulevant légèrement avec le ton de sa voix.

- Et bien, oui mais…commence à dire John mais la jeune femme pose sa paume sur son bras, ce dernier fermant alors la bouche.

- Tu sais, John. Je sens que je peux te dire ça maintenant.

Elle jette un coup d'œil à Sherlock, qui a toujours une main dans la poche de son pantalon et l'autre sur John, caressant légèrement son flanc.

- J'avais eu le béguin pour toi. » John choisit ce moment pour prendre une gorgée de son verre et manque alors de s'étouffer. Sherlock le lâche pour lui caresser le dos, ne disant toujours rien. «Mais je suis contente que tu es trouvé quelqu'un.» continue Jenny avec un sourire dans la voix. « Je l'ai peut-être toujours su quelque part, c'est pour ça j'avais peur de t'approcher. Quoi qu'il en soit, je ferais mieux de m'éclipser C'était super de te voir, John. Et ravie de vous rencontrer, Sherlock. »

Elle marche vers la foule, ses longues jambes et ses larges courbes faisant tourner de nombreuses têtes.

John est toujours en train de se remettre de cet échec quand il attrape Sherlock par le coude pour l'emmener à l'extérieur vers une alcôve.

- Qu'est-ce que tu viens de faire, au juste ?! » demande John tout en chuchotant, regardant autour de lui pour s'assurer que personne ne perçoive sa colère sous-jacente « Maintenant, elle pense que je suis… elle pense que nous sommes… Bon sang, Sherlock, pourquoi ? » Sa réaction n'est pas excessive, et il le sait, parce qu'il n'y a pas vraiment de raison.

D'un mouvement rapide, Sherlock les fait pivoter, poussant John dans l'alcôve et le plaquant là. Le petit renfoncement est situé juste à l'extérieur, à l'entrée du jardin arrière, une petite lumière d'une lanterne voisine éclairant faiblement l'endroit. Malgré cela, il serait évident pour quiconque passant par là de voir qui sont-ils ... et ce qu'ils font.

- Sherlock…

John a l'air essoufflé, se remettant probablement encore de sa quinte de toux dû à cette maudite gorgée de bière. Les avant-bras de Sherlock reposent sur le mur des deux côtés de sa tête alors que leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre. Le souffle de John se bloque dans sa gorge alors qu'il est sur le point de dire quelque chose.

- Tais-toi, John.» murmure Sherlock, son souffle semblable à une caresse sur les lèvres de John. Son ton n'est pas différent de celui qu'il utilise au quotidien, mais le cœur de John bat la chamade. « Tais-toi et embrasses-moi. »

John sent son visage rougir mais il n'a pas le temps, ni le souffle ou l'esprit pour répondre à cela avec des mots. Les lèvres douces de Sherlock taquinent les siennes en une douce caresse, puis un léger effleurement de la langue fait haleter John, acceptant alors le baiser. Le picotement en lui est bien de retour. Les sentiments ne sont pas pour Jenny, mais pour lui. Pour son ami, son colocataire...

Pour Sherlock.

Dont les lèvres sont maintenant verrouillées avec les siennes dans une valse de langues exquise et experte, avec quelques mordillements. Bon sang, comment n'a t-il jamais réalisé que se taquiner ainsi les lèvres est si excitant ? Oui, l'étanchéité du devant de son pantalon peut confirmer cette observation.

La main de Sherlock bouge derrière son cou, rendant le baiser plus profond, rapprochant leurs corps. John gémit, exprimant son désir dans l'acte, Sherlock le suivant très rapidement. Juste une fraction de seconde, une seconde très longue et solitaire, le détective rompt le baiser.

- Regarde-moi, murmure-t-il et John réalise qu'il fermait les yeux. «Regarde-moi quand tu m'embrasses, John.»

Bon dieu, il est comme refait. John lève les yeux pour voir les magnifiques boucles de Sherlock encadrer son visage, la lumière de derrière le rendant éthéré. Surréaliste. Tout cela est surréaliste. Avec cette pensée, John encadre le visage de Sherlock avec ses paumes et l'entraîne dans un baiser brûlant.

Il y a des moments dans la vie où vous savez que rien d'autre n'a d'importance que ce que vous faîtes à ce moment-là. Quand John avait fait face à ce qu'il pensait être une mort imminente, il savait que tout ce qui l'avait entouré n'avait pas d'importance. C'était le genre de moments où personne ne regardait et il était concentré sur une seule chose, une mission importante.

Sherlock est sa mission d'aujourd'hui.

La main gauche de John glisse pour explorer la poitrine de Sherlock tandis que la main droite se déplace pour saisir une poignée de ses cheveux. Ils sont incroyablement doux et sont si agréables au toucher. Qui aurait pensé que le meilleur baiser de son existence serait avec un homme ? Et peu importe, en fait. John se laisse emporter par la sensation glorieuse de Sherlock si remarquablement proche de lui, dans sa bouche, à l'intérieur de son cœur. Leurs langues dansent et leurs mains errent, explorant leurs corps.

Un hoquet de femme les font se séparer.

Jenny.

John va pour courir après elle alors qu'elle s'éloigne rapidement, rougissant, mais Sherlock garde une main étonnamment forte sur sa poitrine pour le maintenir en place. John soupire de résignation et pose l'arrière de sa tête contre le mur. Maintenant, il n'aurait plus aucune chance avec elle.

- Tu savais qu'elle nous verrait. Tu le savais, n'est-ce pas ?! » Il serre les dents de frustration, tandis que le visage de Sherlock demeure passif, désinvolte, comme fière d'avoir fait une bêtise. « Connard. »

John commence à rire en secouant la tête d'exaspération.

- C'est quand tu veux, je suis prêt, lui répond Sherlock avec un sourire en remontant son col.

Ils quittent la fête sans dire au revoir à personne. John s'en fiche. Il ne recherche plus l'approbation d'aucune de ces personnes. Il n'a même plus envie de Jenny. Ça ne sert à rien de regarder son passé, il doit passer à autre chose. Il se tourne vers Sherlock.

- Comment as-tu appris à…?

- Une expérience, répond Sherlock avec une expression satisfaite sur son visage.

D'accord. Bien sûr que Sherlock sait comment embrasser. John se demande quels autres talents cet homme énigmatique cache encore.



Le lendemain, John se réveille à moitié paniqué, à moitié excité. La vie au 221B allait-elle être différente après la nuit dernière ? Quand il se rend au salon pour voir Sherlock tapoter sur son ordinateur portable et l'ignorer complètement, il a de suite sa réponse. Sherlock a fait tout cela la nuit dernière pour forcer John à ouvrir les yeux. Mais ce qu'il voit est complètement différent des intentions de Sherlock.

Ou peut-être pas ?


Merci aux personnes qui commentent, je transmettrai à l'auteure :)