Me revoilà pour une nouvelle histoire spéciale Noël ! Merci mille fois pour tous vos commentaires positifs sur « Mon Amour ». Le deuxième chapitre est en cours d'écriture, ne vous en faites pas !

Seulement, la période oblige, j'ai eu l'idée d'écrire une fanfiction spéciale pour la fin d'année. Elle se tiendra en deux chapitres ! La suite sera postée soit demain, si j'ai le temps, soit le 25… C'est un peu mon cadeau de Noël pour vous, quoi ! :)

J'espère que vous aimeriez… N'hésitez pas à me laisser vos avis !

À très vite…


La Magie de Noël

Les fêtes de fin d'année étaient devenues une période sombre pour Balthazar depuis la mort de Lise. Pour lui, rien n'avait plus aucun sens sans elle. D'ailleurs, il n'avait plus vraiment fêté Noël depuis presque 10 ans, considérant cette journée comme une journée normale, à part entière.

Il s'était vite agacé de toutes les explosions de joie, l'atmosphère dans les rues, les chants de Noël qui passaient constamment sur les stations de radio. D'humeur morose, il avait fini par prendre l'habitude de se renfermer à l'approche de la fin décembre, et de se plonger davantage dans son travail. Jusqu'à présent, il avait toujours refusé les invitations de ses amis et collègues aux diverses soirées organisées tant à la DPJ qu'à l'IML, n'ayant pas le cœur à la fête.

Cette année avait tout de même une résonnance particulière pour Balthazar. L'affaire Maya Deval avait jeté un froid sur les personnes de son entourage et sur sa vie. Il avait frôlé la mort, s'en était sorti de justesse, il avait pu enfin faire le deuil de sa femme sauvagement assassinée, et mettre des visages et des noms sur cette silhouette floue qui avait hanté ses plus sombres cauchemars. Dire qu'il avait enfin réussi à tourner la page et à fermer ce chapitre de sa vie seraient sans doute précipité, mais Balthazar pouvait enfin le dire : il allait mieux.

Il allait mieux, et c'était grâce à une personne en particulier.

Son petit séjour en soins intensifs et son artère sectionnée lui avaient gentiment ramenés un peu les pieds sur terre. Il était médecin légiste, il connaissait mieux que quiconque les risques. Personne n'avait dû lui expliquer à quel point il avait eu de la chance ce jour-là.

Il lui fallut beaucoup de temps pour comprendre et accepter ce qui lui était arrivé. Admettre qu'on s'était fait berner en amour et de cette façon, par la meurtrière de sa propre femme, ce n'était pas donné à tout le monde. Plus d'un aurait probablement fini interné dans un asile psychiatrique. Il aurait pu sombrer, c'est vrai. Après tout, il avait tout perdu. Du moins, c'est ce qu'il croyait.

Mais malgré tout ce qui s'était produit, et malgré le fait qu'il se croyait définitivement seul, quelqu'un était resté à ses côtés tout du long.

Penser à elle le fit soudainement sourire.

Le soutien d'Hélène avait été indéfectible. Elle avait été son pilier, sa bouée de sauvetage, sa bouffée d'oxygène dans les heures les plus noires de sa vie. Malgré l'incertitude face à la mort, les difficultés de la rééducation, son traumatisme psychologique et le procès interminable, elle était restée sans jamais douter de lui. Sans jamais douter de leur amour.

Oh bien sûr, ils savaient. Tous les deux étaient conscients des mots qu'Hélène lui avait murmurés tandis qu'il perdait peu à peu conscience à mesure que le sang s'écoulait sur la terre goudronnée et froide de ce chemin de campagne. Ils en avaient parlé brièvement, une seule fois à sa sortie de l'hôpital. Seulement, au vu des événements, ni elle ni lui n'avaient osé en reparler par la suite. Balthazar avait besoin de temps, et Hélène en était bien consciente.

Ils n'avaient jamais vraiment discuté d'eux, ni d'un éventuel avenir ensemble. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mettre des mots sur ce qu'ils ressentaient, du moins pas tout de suite. Les regards qu'ils s'échangeaient en disaient bien plus longs sur leurs sentiments et ça leur suffisait amplement… du moins jusqu'à il y a peu.

De longs mois s'étaient écoulés depuis les évènements tragiques qui avait failli lui coûter cher, et au lieu de s'accabler davantage sur son sort, il préféra voir cela comme un nouveau départ, une nouvelle chance à la vie. Et à l'amour ?

Au plus le temps passait, au plus il avait du mal à faire taire ses sentiments grandissants pour la belle flic blonde qu'il côtoyait chaque jour au travail. Il commençait à en avoir marre de faire comme si rien n'avait changé entre eux, de faire comme s'ils ne ressentaient rien l'un envers l'autre. Il respectait le fait qu'Hélène lui laissait l'espace suffisant dont il avait besoin pour se remettre de tout ça, mais ces temps-ci il fallait avouer qu'elle se tenait bien trop éloignée de lui à son goût, et à tous les niveaux. Oui, Raphaël Balthazar était prêt. Prêt à donner une énième chance à l'amour, à eux. Alors c'était tout naturellement qu'il décida de tenter une approche.

Mais comment allait-il bien pouvoir faire, sans s'attraper les foudres de la Capitaine et sans la brusquer, elle qui semblait toujours aussi réticente et distante ?

Comme chaque année depuis très longtemps, il n'avait une fois de plus rien prévu de particulier pour Noël et cela lui convenait très bien. Seulement, 4 jours avant Noël, après un interrogatoire auquel il avait assisté pour les besoins de l'enquête, il entendit Hélène et Delgado discuter.

« Alors, Hélène, t'as prévu quoi de beau pour Noël cette année ? Tu le fêtes avec tes enfants ? »

Confortablement installé comme à son habitude dans une chaise de bureau, les jambes étendus sur le rebord de la table, il observa ses deux amis sortir du bureau du Capitaine et se diriger vers lui.

« Non, cette année ils sont chez leur père. Je vais probablement me faire un plateau-télé et me lire un bon bouquin avant d'aller dormir. »

« Oh mais non, tu peux pas rester toute seule pour le soir du réveillon de Noël ! On fait rien d'extraordinaire avec ma mère et sa famille. Tu peux te joindre à nous, si tu veux, tu es la bienvenue. »

Hélène esquissa un sourire.

« C'est gentil, mais je suis une grande fille tu sais. Je ne me sens pas de m'incruster dans une réunion de famille qui n'est pas la mienne. »

« Oh allez, Hélène. Tu fais pour ainsi dire partie de la famille. »

Elle posa sa main sur son épaule et émit une légère pression en signe de remerciement.

« Ça va aller, je te promets. Mais merci d'avoir proposé. »

« C'est toi qui décides. » Delgado haussa les épaules, « mais si jamais tu changes d'avis tu sais où me trouver. »

Quel idiot il faisait. Bien sûr qu'après son divorce avec Antoine, elle ne passerait certainement pas le soir de Noël en sa compagnie. Lui vint alors une idée qui ne lui plairait sans doute pas mais trop tard, la machine était lancée dans la tête de Balthazar, qui ne tenta même pas de cacher son sourire éclatant.

« Et toi, Balth ? Tu comptes faire quoi ? »

Balthazar fut sorti de ses pensées, sentant les deux paires d'yeux sur lui qui attendaient une réponse. Il marqua un temps de pause dans un premier temps, réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir leur raconter.

Oh bon sang, si Maya n'avait pas réussi à avoir sa peau, il en était sûr maintenant… Hélène ne le louperait pas, elle !

« Je sens que cette année, je vais passer un excellent réveillon. »

Il engloutit un énième mini beignet et le mâcha fièrement, tandis qu'il regarda alternativement Hélène puis Jérôme, complètement hébétés face à l'attitude soudainement très bizarre de leur légiste.

Qu'est-ce qu'il mijote encore ? Pensa alors Hélène, qui retint un soupir.

À suivre…