Bonjour, j'espère que vous passez de bonnes fêtes de fin d'année. Je vous présente mes plus plates excuses pour le temps qu'il m'a fallu pour publier ce chapitre. Je suis vraiment désolée.

Je l'ai retravaillé au cours des derniers mois et j'espère que vous aimerez le travail que j'ai fait.

Merci vraiment pour votre patience, merci aussi de lire, suivre, mettre en favori et surtout merci de commenter cette fic. J'espère que vous aimerez ce chapitre et bonne lecture.


Guest : Merci beaucoup, je suis heureuse que ça change de ce que tu lis habituellement et que tu la trouves intéressante. Mes excuses pour le délai.

Pixiel : Désolée de t'y avoir poussé alors ;), je crains de t'y obliger à nouveau.

Ne t'en fais pas, je n'ai pas été vexé par ta review, et je suis désolée de ne pas avoir réussi à t'attacher au personnage. Mais je suis contente que tu arrives mieux à la comprendre.

J'en parlerai plus dans les prochains chapitres, mais l'histoire concernant Georgiana Darcy n'est pas connue non, mais Wickham avait aussi des habitudes avec les femmes. Il a couru les dots, mais il aimait aussi toute compagnie féminine. Il était clair que Lydia n'était pas sa première victime.

Non, Wickham n'est que de passage, il n'a pas véritablement d'importance dans cette fic. Je n'aime pas le moins du monde ce personnage et je suis heureuse de le faire disparaître pour être franche.

Encore mes excuses pour l'attente, ce n'était vraiment pas prévu.

Guest : Merci beaucoup, je suis contente que mon histoire te plaise et qu'elle soit différente des autres fics. Merci pour tes compliments sur mon style d'écriture.

Artemis1813 : Merci beaucoup, c'est gentil de ta part. Je suis heureuse que cet univers d'Orgueil et Préjugés te plaise. Non, l'histoire n'est pas abandonnée, elle a même été reprise depuis le début. Voici donc la suite, j'espère qu'elle te plaira.


Pénélope était la fille d'un Amiral et la sœur d'un Capitaine de Vaisseau, pour beaucoup cela ne signifiait pas grand chose, autre que sa famille était impliquée dans la Royal Navy. C'était un honneur, surtout qu'ils étaient très respectés et capables.

Elle les respectait également, mais parfois, voire même très souvent, elle aurait donné n'importe quoi pour que les choses soient différentes. Parce que non seulement la situation avait fait qu'elle était très seule, peu entourée. Il y avait peu d'hommes qui prenaient avec eux leur famille, c'était plutôt risqué après tout, de plus étant la fille d'un Amiral, Pénélope avait été tenu à distance par respect pour son père. Les lieux où ils avaient résidé n'étaient pas toujours sûrs, ou avec des gens ... de bonne société. Elle n'avait pas de problème avec cela personnellement, tant que les gens étaient corrects, mais elle avait du penser à ses petits frères et à sa petite sœur.

Elle s'était donc reposée grandement sur les lettres qu'elle échangeait avec ses cousines, et sur la discussion de la dame de compagnie que son père avait engagé pour elle, ainsi que la gouvernante des plus jeunes. Mais là encore elles n'avaient pas été sur un pied d'égalité, après tout elles étaient des domestiques, et elles avaient conscience de la différence de rang...

Pénélope s'était donc souvent plongé dans les livres pour se distraire et s'occuper, elle avait été forcé de devenir plus mature, bien plus rapidement que les jeunes femmes de son âge. Devant devenir une mère pour ses plus jeunes frères et sœurs. Tenir la maison sans beaucoup d'aide. Elle avait du apprendre à être prête à un départ rapide pour une autre destination lointaine. Prête au risque d'une attaque par les ennemis de l'Angleterre. Prête à recevoir sans avertissement, ou quelques heures à peine, son père, son frère et leurs hommes pour un repas. Copieux bien sûr après un séjour en mer...

Elle avait aussi dû devenir forte afin de tenir tête à deux hommes puissants, obstinés, de fortes têtes, surtout lorsqu'ils étaient à la maison. En repos. Techniquement. Le pire c'était lorsqu'ils étaient blessés et qu'ils refusaient de se reposer, de laisser à leurs corps le temps de guérir. Ça avait été son rôle de s'assurer qu'ils prennent soin d'eux et qu'ils suivent les directives des médecins. Elle avait du apprendre à leur dire non et sans sourciller ou broncher ensuite, sans montrer la moindre faiblesse.

Perseus avait été formé dans le même moule que leur père après tout. Heureusement il était plus facile de s'opposer à un frère, même s'il était un peu plus vieux, qu'à un père. Il l'écoutait d'avantage quand elle lui disait non, pour leur père... Et bien c'était une tout autre histoire. Elle n'avait jamais rencontré un homme plus têtu que lui, seule leur mère avait réussi à le raisonner. Pénélope y arrivait plus ou moins bien selon les fois, selon ses humeurs et la situation...

Elle avait du apprendre à ne jamais montrer son inquiétude, sa peur, le moindre doute sur son visage. Non seulement pour ne pas inquiéter ses petits frères et sœurs. Une leçon qu'elle avait du apprendre très rapidement, les enfants étaient particulièrement sensibles aux émotions des gens qui les entouraient. Leur mère le lui avait dit bien souvent, mais elle n'y avait cru qu'à moitié. Jusqu'à ce qu'elle soit en charge des trois enfants, et là, et bien elle n'avait plus eu le choix. Elle avait déjà commencé à apprendre à l'époque, sa mère lui avait donné des leçons, c'était après tout aussi très important dans la Société Londonienne de ne pas montrer ses émotions. Ou plutôt ses inquiétudes, et sa souffrance.

Néanmoins elle avait du apprendre à un tout autre niveau après la mort de sa mère, déjà pour les enfants, mais pas qu'eux. C'était également le cas des femmes des marins qui les accompagnaient. Si jamais elle s'effondrait, alors pourquoi ces femmes ne le feraient-elles pas aussi ? Cela pourrait être une catastrophe. Et bien sur elle avait du apprendre à contrôler ses émotions, et ses expressions, parce que sinon elle n'aurait jamais pu s'opposer à son père.

Ce dernier ne supportait pas les 'crises d'hystéries' comme il disait, donc pas de cris furieux, ou de crises de larmes ou encore de crise de nerf. Outre cela, si jamais elle avait montré sa peur... Et bien il n'aurait plus eu le moindre respect envers elle déjà, pas alors que pour lui le courage et l'honneur étaient deux qualités primordiales. De plus elle n'osait penser à ce qu'il aurait ressenti si jamais il avait pensé qu'elle avait peur de lui.

Alors elle avait continué à porter des masques, à dissimuler ses émotions, peu importe à quel point elle avait eu envie de pâlir par moment ou de se reculer lorsqu'il se mettait à hurler ou qu'il levait une main pour lui faire peur. Il ne l'avait jamais frappé et ne le ferait jamais, de ça elle était certaine, mais ce n'était pas pour autant plus facile à supporter dans ce genre de situation. Ça pouvait être difficile de se le rappeler quand il hurlait. Il était un homme impressionnant après tout, et s'il était un homme qui se contrôlait, il était aussi un soldat, un dangereux combattant.

Pénélope avait du devenir forte, solide. Elle avait du maîtriser ses émotions, quoiqu'il arrive, quelque soit ses sentiments, qu'importe à quel point elle était terrifiée chaque fois que son père et Perseus prenaient la mer. Qu'ils partaient se battre. Dissimuler sa peur était devenue une seconde nature pour la jeune femme aux cheveux sombres. Elle ne pouvait après tout pas montrer une telle chose aux plus jeunes, ça les inquiéteraient bien trop, alors qu'importe à quel point elle avait pu se ronger les sangs en privé, en public elle ne l'avait jamais montré. A quoi ça aurait servi ? Ça n'aurait pas arrêté l'Amiral ou son frère, ils seraient quand même partis. Ça aurait juste eu le risque de les déconcentrer et dans un combat ça pouvait être fatal.

Elle connaissait la peur, c'était un sentiment familier, la peur pour sa famille, la peur de recevoir la terrible nouvelle de la mort de son père, de la mort de son frère, la peur que les français, ou un autre ennemi de l'Angleterre, n'attaquent le port où elle se trouvait avec les enfants, la peur que son jugement soit faux à nouveau, qu'elle mette sa famille en danger...

Non la peur elle connaissait, et elle avait appris à vivre avec, à la surmonter pour ne jamais la montrer et surtout pour ne pas se laisser contrôler par elle. Elle n'avait pas été un soldat, elle n'avait pas à eu à combattre les ennemis de l'Angleterre, mais elle avait affronté la mer de la même manière que les hommes de son père. Elle avait été à bord lorsque le navire affrontait des tempêtes terribles, elle y avait été forcé et elle en était ressortie plus forte. Pour autant elle se retrouva figée en voyant le cheval de l'idiot qui lui servait de cousin, un peu éloigné heureusement, qui fonçait droit sur ses deux petits frères.

Elle voulait bouger mais ses membres semblaient réagir au ralenti. Ses lèvres ouvertes, formulant un cri, un hurlement de terreur et d'alerte mais le reste de son corps immobile ou presque, en tout cas ses yeux ne bougeaient pas, fixés sur ses deux petits frères, les jumeaux qu'elle avait élevé, qui étaient pour ainsi dire ses fils, et qui étaient sur le chemin d'un cheval incontrôlé. Elle se préparait déjà au pire, imaginant leurs corps ensanglantés, elle avait vu la violence du monde et pouvait donc très bien imaginer dans quel état ils seraient ... Lorsque quelqu'un arriva et les poussa hors du chemin, les plaquant au sol. Et le monde, ou plutôt le temps, sembla reprendre son cours.

Pénélope avait certes eu l'impression que son corps était immobile mais ça avait été loin d'être le cas, elle avait couru mais ayant été à une certaine distance, il lui avait fallu un moment pour arriver à destination. Elle arriva cependant avant ses cousines qui étaient pourtant parties en même temps qu'elle, elle avait été plus rapide, poussée par le désespoir. Nestor et Ménélas allaient heureusement bien, quoiqu'un peu choqués, de même que leur sauveuse Charlotte Lucas, la jeune femme avait l'air secoué et un peu salie par la mésaventure qu'elle venait de vivre, sa robe avait subi quelques dégâts cependant elle n'était pas non plus blessée.

Quoique très reconnaissante envers la voisine et amie de ses cousines, Pénélope ne se concentra pas vraiment sur elle, après s'être assurée qu'elle ne saignait pas d'un coup d'œil rapide. La jeune femme brune était entièrement focalisée sur ses deux petits frères, alternant entre serrer les deux garçons contre elle et les écarter pour s'assurer de ses propres yeux qu'ils allaient bien. Vu la manière dont ils se serraient contre elle, alors qu'ils avaient depuis peu décidés qu'ils étaient trop grands pour les câlins en public, ça ne semblait pas les déranger. Ils avaient clairement eu très peur eux aussi.

Peu à peu son angoisse disparut, en tout cas elle reflua, elle la revisiterait probablement cette nuit et les suivantes... C'était ainsi que cela fonctionnait en général, Pénélope avait appris aussi à ne jamais montrer sa fatigue, et à faire avec peu d'heures de sommeil. Elle était souvent visitée par des cauchemars, c'était un autre aspect de son quotidien. Avec un peu de chance avec son père et son frère, qui intégraient la vie civile, ils diminueraient en intensité. Enfin si jamais elle pouvait oublier le danger dans lequel venait d'être Nestor et Menelas.

Qu'elle était d'ailleurs en train de rassurer, un peu dans un état second certes. Elle avait du mal à réaliser que c'était réel, qu'ils étaient bel et bien dans ses bras, en sécurité. Qu'ils n'avaient pas été écrasé par un cheval. Peu à peu l'angoisse refluait, les battements de son cœur se faisaient moins bruyants, le sang dans ses oreilles avait lui aussi disparu. Elle pouvait aussi entendre les voix de ses cousines, proches d'elle, qui étaient auprès de Charlotte Lucas.

Pénélope avait rencontré plusieurs fois la meilleure amie de Jane et Elizabeth, ainsi que leur voisine. Une femme un peu plus âgée qu'elles, moins séduisante, quoique Charlotte Lucas n'était pas laide. Sa beauté était simplement plus discrète, et il était difficile de la voir lorsqu'elle était comparée à Jane ou Elizabeth, il fallait bien le reconnaître. Néanmoins elle avait un charme, elle avait aussi la tête sur les épaules et elle ferait sans doute très bien pour un grand nombre de gentleman. Quoique visiblement pas ceux du coin, non qu'il y en ait tant que ça.

Jane était à présent auprès d'elle, passant une main dans les cheveux des deux garçons, sa cousine blonde avait clairement était secouée par ce qui venait de se produire. Non que Pénélope pouvait la blâmer, son cœur continuait à battre à un rythme fort dans sa poitrine, refusant de se calmer. Elle pouvait aussi voir que Lizzie, qui était auprès de Charlotte Lucas, qui envoyait des regard réguliers aux deux garçons que Pénélope refusait catégoriquement de lâcher. Mary venait d'arriver auprès du quatuor, elle avait été un peu plus loin.

Pénélope savait qu'elle devrait se relever pour parler à Charlotte Lucas, pour la remercier et lui dire qu'elle avait une dette immense envers elle. Si elle n'avait pas été là pour pousser les jumeaux hors du chemin... Elle n'osait y penser, elle avait déjà suffisamment animé son imagination pour le moment, elle y repenserait plus tard sans doute. Au fil des ans, elle avait fait de son mieux pour se préparer à la mort de son père, ou même celle de son frère, aussi horrible que ça puisse paraître. Elle avait su que c'était malheureusement une possibilité avec les combats contre les français, ou dans les colonies.

Elle aurait été dévasté bien sûr, elle les aimait tout deux énormément, mais ils avaient choisi leur voie, et ils étaient en état de se défendre, de se battre. Cela n'avait pas rendu plus facile chaque départ, ou chaque fois qu'ils étaient rentrés blessés, son père particulièrement. Elle avait été à son chevet, tout comme elle avait été au chevet de Perseus trop souvent à son goût, suivant les instructions des médecins et les forçant à faire de même. Elle avait prié pour le meilleur tout en se préparant au pire.

Cependant pour Nestor et Ménélas, c'était différent, ils étaient ses petits frères, ils étaient sous sa protection, jeunes et innocents. Enfin surtout jeunes et farceurs. Et elle avait échoué à les protéger, sans l'intervention de Charlotte Lucas, une jeune femme qu'elle connaissait à peine, ils auraient été tué. Elle réussissait à se calmer, en les serrant contre elle, en pouvant sentir qu'ils étaient vivants, qu'ils allaient bien en dehors de cette grosse frayeur. La panique refluait donc et laissait place à la colère. Elle continuait à les serrer contre elle, à les embrasser sur leurs fronts, sur leurs joues, sans s'arrêter, mais la rage montait dangereusement en elle.

"Ce n'est pas ma faute, cet animal est impossible à contrôler." la voix agaçante et nasillarde de Collins perça sa peur et son soulagement.

"Vous êtes fou, ce cheval est le plus calme et doux de mes écuries." répondit Oncle Bennet, de la colère très présente dans la voix, une chose rare, elle le savait bien.

Confiant les deux garçons à ses cousines Jane et Mary, les rassurant avec un sourire et quelques mots qu'elle faisait vite, elle adressa un autre sourire à Charlotte Lucas que Lizzie était en train d'aider à se relever, Pénélope fit de même quoique sans aide. Elle ajusta sa robe, enleva les feuilles et les brins d'herbes qui s'étaient accrochés, rétablissant son apparence, puis s'avança posément, gracieusement vers les hommes et Collins.

Observant la situation tout en avançant, Pénélope nota tout ce qu'elle voyait, calculant les risques et les attitudes de sa famille et de Collins. Elle connaissait assez son frère aîné pour voir à quel point il devait forcer pour empêcher leur père de tuer Collins. Et pour se retenir également, il était tout autant protecteur des jumeaux qu'elle après tout, ou presque. Elle pouvait aussi voir qu'il faiblissait, non dans sa force, il était nettement plus fort que leur père, surtout après la blessure récente que ce dernier avait à la chambre et l'autre au torse. Non, Perseus faiblissait dans sa volonté de le retenir.

Elle devait donc intervenir, avant que Perseus ne cède et n'aide leur père à massacrer Collins. Si la situation avait été différente, elle aurait été parfaitement satisfaite en étant simplement spectatrice de l'événement. En observant simplement son père et son frère s'en prendre à cet imbécile, appréciant grandement leurs actions sur ce misérable insecte qui se disait homme, et pis encore homme sage.

Cela lui plairait, cela la satisferait normalement de les laisser faire. Mais pas aujourd'hui, non pas cette fois. Pas alors qu'elle avait vu ce qui était arrivé sans pouvoir rien faire. Pas alors que cet imbécile ne semblait pas réaliser la gravité de ses actes et le risque qu'il avait fait courir à deux enfants. Pas alors qu'il clamait son innocence. Pas alors qu'elle sentait toujours son cœur battre à toute allure. Pas alors qu'elle pouvait toujours imaginer ce qui avait failli arriver... Il devrait être à genoux pour implorer leur pardon, ou au moins s'incliner afin de s'excuser. Mais non, ce... cet imbécile se tenait droit et disait qu'il n'avait rien fait de mal. Que ce n'était pas sa faute.

"Lady Cath..." commença Collins avant de s'interrompre.

En effet, en entendant le nom de la personne qui semblait être une femme de peu de sens mais aux nombreuses opinions, dont Pénélope avait entendu parler plusieurs fois par heures depuis sa rencontre avec cet insecte. Il la citait en tout cas bien plus que les Saintes Écritures ou que le Seigneur. Pénélope se considérait en général comme quelqu'un d'assez patient, néanmoins là elle était arrivée aux limites de sa patience, cette scène était de trop. Le nom fit déborder le vase. Sa main fusa vers la joue de l'imbécile, dans une gifle magistrale. Qui eut pour mérite de le choquer suffisamment pour qu'il reste silencieux. La meilleure chose qu'il ait faite depuis leur rencontre.

"Vous, vous taisez. Je ne veux plus vous entendre. Approchez-vous de ma famille encore une fois, mettez les en danger à nouveau, et je vous assure que je vous expliquerai en détail, avec démonstration à l'appui, ce que mon père m'a appris pour me défendre." avertit Pénélope, ses yeux clairs lançant des éclairs.

"De quel droit me parlez-vous sur ce ton ?" s'exclama Collins, retrouvant malheureusement l'usage de la parole. "Vous n'êtes qu'une femme, un être inférieur, en quête de guidance de la part des hommes de son entourage."

"Je suis un être inférieur selon vous. Ravi de l'apprendre, parce que je reconnais que je suis inférieure à vous en terme de stupidité. Là je l'admets vous êtes mon supérieur." répondit Pénélope, furieuse et moqueuse.

Furieux à son tour, Collins leva la main sur elle, mais elle l'arrêta net, lui tordant le poignet dans une prise que son père lui avait appris des années auparavant, et le forçant à se retourner, le bras coincé au milieu du dos.

"Pen..." commença son père uniquement pour se taire en la voyant, après qu'elle se fut retournée afin de lui faire face. Ayant poussé Collins qui était à présent par terre, visiblement choqué, se massant son poignet douloureux.

"Il ne s'approche d'aucun des enfants. Et s'il vient près de moi, il le regrettera." elle dit sincèrement, dangereusement, une promesse, un serment.

"Il ne viendra pas près de vous." assura Perseus, un sourire très amusé mais aussi satisfait sur le visage, quoique ses yeux étaient brûlants de rage. "Va avec eux, on s'occupe de lui."

Pénélope sonda un instant les yeux de son frère, puis trouvant ce qu'elle voulait, elle lui fit un léger sourire avant de partir rejoindre ses petits frères et ses cousines, ainsi que Charlotte Lucas. Elle avait une dette immense envers cette jeune femme, et elle comptait bien s'en acquitter au mieux.

A présent qu'elle avait pu exprimer un peu de sa colère en s'en prenant à Collins, elle respirait mieux et avait pu évacuer un peu sa rage. Ça allait mieux, elle pouvait donc concentrer toute son attention sur ses petits frères, ses cousines et sur Ariane qui était à l'intérieur mais dont elle éprouvait le besoin de voir.

Elle quitta donc la scène, laissant derrière elle un père et frère satisfaits, un oncle amusé et un imbécile choqué et légèrement endolori. Néanmoins elle s'en moquait, elle avait dit à l'insecte ce qu'elle pensait, elle tiendrait parole s'il ne tenait pas compte de son avertissement. Il avait aussi eu beaucoup de chance que les jumeaux aillent bien, parce que Collins n'aurait pas survécu.

Lorsqu'elle serait plus détendue, elle réfléchirait à quoi faire pour remercier au mieux Charlotte Lucas, Jane et Elizabeth auraient peut-être une idée, elles la connaissaient bien après tout.


"Comment vont-ils ?" demanda Patrick Bennet.

La maison de son frère n'était pas immense, elle n'était pas faite pour loger autant de monde. La famille de Paul et leurs serviteurs n'avaient pas de problèmes pour y être confortables, mais avec Collins, plus sa propre famille et les gens qui les accompagnaient... Oui ça pouvait devenir un peu petit, heureusement leur maudit cousin partirait bientôt, laissant sa chambre vite pour les Gardiner. Enfin pour le couple Gardiner, leurs enfants pourraient être dans la nursery avec Nestor et Ménélas.

Sa belle-sœur Fanny avait eu la bonne idée de placer Pénélope dans une chambre non loin de la nursery, elle y logeait avec Ariane, séparant donc sa fille et ses jumeaux. Ce qui était vraiment une bonne chose, pour le sommeil des enfants et le bien être de leur gouvernante, les trois ensembles pouvaient être un trio infernal lorsqu'ils le souhaitaient. Postée dans cette chambre, Pénélope pouvait donc surveiller les trois enfants, elle était une des rares qu'ils écoutaient presque toujours.

Pénélope avait donc choisi de garder Ariane auprès d'elle, séparant ainsi les trois, sa plus jeune fille adorait aussi sa sœur et aimait particulièrement dormir avec elle. Lui même dormait avec son fils aîné, ce n'était pas une situation particulièrement agréable, mais il avait couché dans des situations bien pire. Tout comme Perseus d'ailleurs, en plus il était bien forcé de reconnaître qu'il avait besoin d'aide concernant ses blessures, surtout celle à la jambe. Il ne pouvait pas se mouvoir avec autant d'aise qu'il le souhaiterait, et par fierté il risquait d'aggraver ses blessures. Il détestait demander de l'aide, heureusement son fils le connaissait bien et n'avait jamais été affecté par ses piques ou autre sauts d'humeur. Enfin il ne l'était plus depuis plusieurs années.

Normalement les deux plus jeunes dormaient dans la nursery, mais visiblement ce soir Pénélope en avait décidé autrement, ce qu'il pouvait comprendre. Il avait été terrifié et il savait que la même chose pouvait être dite concernant Pénélope, elle voulait clairement les garder auprès d'elle.

"Ils ont été épuisé par les événements et ils se sont endormis sans la moindre protestation, Ariane a tenu un peu plus longtemps, voulant veiller sur eux, avant de s'endormir à son tour." répondit Pénélope, sa voix étant un chuchotement tandis qu'elle gagnait l'entrée de sa chambre.

Les enfants dormaient et elle n'avait aucun désir de les réveiller, c'était certain. Elle accepta volontiers le bras de son père, qui avait heureusement sa cane. S'il ne l'avait pas pris avec lui pour monter les escaliers, ils auraient eu des mots. Le médecin lui avait après tout fortement déconseillé les escaliers, avant de changer la consigne, le connaissant de longue date. Lui interdisant à la place de se déplacer sans sa cane ou une autre aide, particulièrement dans les escaliers ou les pentes.

"Juste comme ça ?" questionna son père surpris.

"Ils sont jeunes, ils sont bien plus résistants qu'on ne le croit. Ils en plaisantaient avant de se coucher, ça n'était qu'une aventure pour eux." soupira Pénélope. "Qu'est-il arrivé au révérend Collins ?"

"Burton l'a confié à Anders et Baker, ils l'ont déposé à l'auberge de Meryton." répondit son père, un sourire aux lèvres. "Mieux valait qu'il ne passe pas la soirée ou la nuit en compagnie de ton frère, ou même en la mienne. J'ai du ordonner à Perseus de ne pas le tuer, cela risquerait de compliquer les choses concernant l'entail et mon frère."

"Des gens jaloux ou déterminés à nuire pourraient dire qu'Oncle Bennet l'a tué pour se libérer de l'entail. Bien que cela ne fonctionne pas ainsi." résuma Pénélope, comprenant où il voulait en venir. "Je ne regretterait pas sa compagnie, c'est certain. Encore moins après aujourd'hui."

"Il a eu énormément de chance aujourd'hui. S'il avait blessé les garçons, ou s'il t'avait touché... L'entail et la situation ne l'auraient pas sauvé, je peux te le jurer." dit l'Amiral, sa voix dangereuse.

"Je n'en doute pas une seule seconde papa." dit doucement Pénélope, l'embrassant sur la joue.

Le souper se tint dans une ambiance plus détendue avec l'absence du révérend Collins et le soulagement concernant le manque de blessure des jumeaux. Quoique l'inquiétude restait assez présente, surtout chez Tante Bennet, ou même Pénélope. Ils avaient échappé de peu au désastre.


Le sommeil de Pénélope fut entrecoupé de cauchemar, non que ça ait été réellement une surprise après tout ce qu'elle avait imaginé en voyant le cheval foncé droit sur ses petits frères. Heureusement elle n'avait pas crié, et ne s'était pas trop agité. En tout cas pas suffisamment pour réveiller Arianne, Nestor ou Ménélas, c'était bien la dernière chose qu'elle souhaitait. Et à chaque fois qu'elle s'était réveillée en sursaut, elle avait pu se rassurer en constatant que les garçons allaient bien, qu'ils n'étaient pas blessés.

Le soleil se levait à peine lorsqu'elle décida qu'elle en avait assez d'être allongée, elle n'avait jamais été très douée pour être inactive, bien au contraire même. Elle avait toujours besoin de faire quelque chose, même en étant bien assise, confortable, elle tricotait ou faisait de la broderie, ou repriser des affaires ou encore faisait du crochet. Non rester sans rien faire lui était tout simplement impossible.

Elle s'habilla en faisant attention à ne pas faire le même bruit, les enfants dormaient encore et il était hors de question qu'elle les réveille, surtout aussi tôt. Ou sinon ils risquaient d'être impossible toute la journée. Etant donné qu'Ariane avait l'habitude de venir dormir avec elle, même lorsqu'elle avait sa propre chambre, Pénélope avait une certaine pratique pour réussir à faire cela.

"Tu es debout bien tôt ma fille." commenta l'Amiral.

"Père, je pourrais te retourner cette remarque." sourit Pénélope. "Tes blessures te font souffrir ?"

Si elle vouvoyait son père en public, particulièrement devant ses hommes, elle ne le faisait jamais en privé, ce qu'il préférait en réalité. Leur maison était plutôt détendue au niveau des manières et des courtoisies, cela ne changeait rien au fait qu'ils respectaient tous l'Amiral.

"Un peu oui." concéda son père.

Pénélope le regarda avec une certaine inquiétude, son père n'était pas du genre à se plaindre ou à admettre qu'il avait mal, bien au contraire. Le fait qu'il le fasse à présent, c'était plus que révélateur. Elle lui aurait bien proposé d'aller lui chercher des calmants, mais elle connaissait déjà son opinion concernant ce genre de mixture. Il était contre, à part lorsqu'il souffrait le martyre, et même là ça pouvait être un combat.

"J'ai besoin de faire un peu d'exercice, que dirais tu de m'accompagner dans le jardin ? Je crains de ne pas être en forme pour les marches dont ma nièce à le secret." proposa son père en commençant à se lever. "Mais je peux marcher un peu avant que la cuisinière n'ait fini de préparer quelque chose pour manger."

Elle ne perdit pas de temps à venir l'aider, ce qui bien sûr le fit bougonner, mais elle n'arrêta pas pour autant, elle en avait l'habitude.

"Cela me paraît être une excellente idée." elle accepta volontiers, désirant se distraire un moment.

"Je souhaiterai faire quelque chose pour Miss Lucas, après tout elle a sauvé les garçons hier." dit l'Amiral après un moment de marche tranquille. "As-tu une idée ?"

"J'en ai parlé avec Lizzie et Jane hier, Charlotte Lucas n'a guère de possibilité ici pour un mariage. Elle a la tête bien sur les épaules et elle a un certain charme, même s'il est moins visible que chez d'autres, je pense qu'elle ferait le bonheur de bien des hommes avec son pragmatisme et sa gentillesse." répondit Pénélope. "Nous pourrions faire d'une pierre, deux coups."

"C'est à dire ?" questionna surpris et intrigué le Comte.

"Je souhaite prendre avec nous à Londres, mes cousines à l'exception de Lydia, il faudra du temps pour les préparer afin qu'elles soient aptes à faire face à la Ton, je sais bien sûr que je pourrais compter sur Madeleine Gardiner, mais elle ne pourra pas être là en permanence non plus. Nous pourrions prendre Miss Lucas avec nous également, la présenter à certains gentleman, et s'ils ne sont pas des cercles de la Haute Société, peut-être que les Gardiner auraient des contacts intéressants." dit Pénélope.

"Inviter Miss Lucas avec nous à Londres pour qu'elle serve comme compagnon et qu'elle rencontre du monde ?" réfléchit son père.

"Son rôle serait plus celui d'une amie de la famille, et bien sûr nous lui prodiguerons une garde robe adéquate. Une robe ou deux viendrait d'une modiste réputée, mais je compte utiliser les contacts de Tante Madeleine pour obtenir des tissus à des prix intéressants. Elle m'a aussi parlé d'une modiste qu'elle connaissait, de talent et bien moins chère que Mme Gaillard." expliqua Pénélope.

Il était vrai que l'argent n'était pas un problème, néanmoins cela ne voulait pas non plus dire qu'il fallait le dépenser inconsidérément non plus. Surtout vu que les Gardiner avaient des contacts avec d'excellentes boutiques, même si elles n'étaient pas fréquentées par le gratin de la société britannique.

"Miss Lucas viendrait donc avec nous, aurait de belles tenues et une chance de rencontrer des potentiels prétendants." résuma donc son père.

"Si cela te convient et qu'elle l'accepte bien sûr." elle acquiesça.

"Juste une question, dans les prétendants que tu envisages, ton frère y est-il compris ?" questionna Patrick.

"Je ne la connais pas assez pour être sûre, mais non, je ne pense pas qu'elle conviendrait à Perseus, ou l'inverse d'ailleurs." nia Pénélope.

"Si elle est d'accord, alors tu as le champ libre." acquiesça son père.