Chapitre 8 : Descente en Enfer
L'appel à l'aide de Penguin résonna dans tout le sous-marin. Chopper arriva moins d'une minute plus tard, paniqué, suivi par Bepo et quelques autres.
- Il s'est soudainement écroulé ! expliqua le mécanicien paniqué alors que Chopper se transformait pour avoir la force de soulever le capitaine à présent inconscient.
Il le conduisit aussi vite que possible à l'infirmerie.
- Est-ce qu'il va bien ? s'inquiéta l'ours alors que l'autre le déposait avec précaution sur la table d'auscultation.
- Law ? Est-ce que tu m'entends ? demanda le petit renne en tapotant ses joues.
Il ouvrit ses paupières et découvrit avec soulagement que ses pupilles répondaient à la lumière. Il revenait à lui. Il maintint sa tête droite pour l'empêcher de dodeliner.
- Tout va bien. Concentre-toi sur ma voix. Réveille-toi.
Quelques instants plus tard, Law réussit à entrouvrir les yeux. Bepo poussa un soupir de soulagement, presque immédiatement suivi par Chopper.
- Qu'est-ce… qu'il s'est passé ? marmonna le capitaine.
- Ne t'agite pas, tu viens de faire un malaise. Comment tu te sens ?
- Mal.
- Ta tension est assez élevée, ton rythme cardiaque aussi… Tu as dormi ces derniers jours ? demanda Chopper.
- Pas moins que d'ordinaire.
Chopper grimaça. L'insomnie chronique qui l'empêchait de dormir plus de quelques heures par nuit l'inquiétait mais il n'avait jusqu'ici pas réussi à en apprendre plus sur le sujet.
- Et tu manges correctement ?
- Suffisamment.
Trop, à son avis, mais le regard inquiet de Shachi chaque fois qu'il ne terminait pas son assiette lui pesait. C'était d'autant plus vrai que le cuisinier faisait un effort pour lui servir la presque même portion que ses compagnons, malgré sa grossesse.
- Ce n'est pas normal. Je vais te faire une prise de sang pour vérifier que tu ne manques de rien.
Law lui offrit son bras sans protester. Il se sentait trop épuisé pour ça.
- Effectivement, ça ne va pas du tout, conclut le médecin quelques minutes plus tard. Tu es sérieusement carencé. Ça explique ton état. Ce qui est étrange, c'est que tout allait bien la dernière fois qu'on a vérifié… Tu as de quoi faire des perfusions à bord ?
Le capitaine lui indiqua une armoire dans lequel il s'empressa de fouiller. Il revint avec tout le matériel et entreprit de le piquer. Rapidement, Law commença à retrouver des couleurs, pour le plus grand soulagement de ses deux amis. Lorsqu'il se sentit mieux, Chopper le fit monter sur une balance pour contrôler son poids.
- Tu as perdu cinq cents grammes cette semaine, constata-t-il avec effroi. Comment est-ce possible ?
- Les femmes enceintes prennent du poids généralement, elles n'en perdent pas… s'alarma Bepo.
- Je vais vérifier, décida Law.
- Tu es encore faible, protesta Chopper.
- Si mon bébé va mal, je veux le savoir, rétorqua sèchement le capitaine.
Fermant les yeux, il effectua un scan de son enfant.
- Il grandit bien et les échanges entre nous sont fonctionnels. Tout semble normal.
- C'est déjà ça, mais il faut comprendre pourquoi tu as perdu autant de poids, murmura Bepo, inquiet.
Law se rassit en soufflant, la fatigue l'empêchant de pousser plus loin son investigation. Bepo vint immédiatement passer un bras dans son dos, au cas où il basculerait, et l'aida à se rallonger.
- Tu ne dois pas présumer de tes forces, le rabroua Chopper. Ce n'est pas raisonnable.
- Je sais.
Et, clairement, il s'en fichait.
- On va essayer de te faire manger davantage et voir comment évolue ton état, décida Chopper. Si… enfin, si ton bébé est bien celui de Luffy, cela suffira peut-être.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda l'ours, confus.
- Il n'engloutit pas des tonnes de nourriture juste parce que c'est un goinfre. Il en a besoin pour rester en parfaite santé parce que son métabolisme est hors norme. L'enfant a peut-être hérité de ses besoins et de son énorme appétit.
- Il n'est même pas encore né, protesta l'ours. Il est a peine au début de sa croissance ! Il ne peut pas avoir de tels besoins !
- Pourquoi cela t'étonne-t-il ? marmonna Law avec cynisme. La logique n'a pas sa place au milieu de cet absurdité chronique. Si en plus le Chapeau de Paille s'en mêle...
Il retint un grondement contrarié.
- Ce n'est qu'une hypothèse, déclara Chopper qui n'avait pas raté son agacement.
Law plissa légèrement les yeux. Tout concordait un peu trop bien que que ce ne soit pas une certitude à ses yeux. Il n'avait plus aucun doute sur le fait que Luffy était effectivement le père de son bébé. Un père qui avait voulu le tuer avant même sa venue au monde. Un petit rire sinistre lui échappa.
- Law, est-ce que ça va ? demanda le petit renne, inquiet de cette réaction.
- Parfaitement bien, répondit simplement le capitaine.
Il se leva et se dirigea vers la porte d'un pas mal assuré.
- Attends, je vais t'aider, s'empressa de s'exclamer Bepo en venant l'entourer de son bras.
Mais son supérieur lui jeta un regard glacial.
- Lâche-moi. Je peux marcher tout seul.
- Mais Capitaine…
- C'est un ordre.
L'ours obéit promptement et le regarda s'en aller, l'air misérable.
- Je n'aurais pas dû parler de Luffy, se flagella Chopper.
- Ce serait se voiler la face de penser que le Capitaine n'y réfléchit pas déjà de son côté, murmura son ami. Seulement, entendre verbaliser ses problèmes n'est pas facile…
Law alla s'enfermer dans sa cabine et s'allongea sur son lit, un bras sur son visage. Il s'employa à respirer normalement mais plus il tentait de rester calme, plus il sentait ses émotions enfler en lui.
Pourquoi avait-il fallu que Luffy soit le père ? Au moins, si son deuxième amant avait été le père, les choses auraient été plus simples : jamais il ne lui aurait révélé l'existence de l'enfant et, même si d'aventure il s'y était risqué, l'autre lui aurait sans doute rit au nez et refusé d'avoir quoi que ce soit à voir avec lui. Ce n'était pas le genre à s'encombrer de personnes incapables de se battre, ce qui signifiait qu'il aurait été tranquille.
Et pourquoi avait-il fallu que Luffy réagisse aussi mal ? Cette réaction ne collait pas du tout avec ce qu'il savait du jeune Roi des Pirates. N'aurait-il pas pu se contenter d'être l'idiot crédule et insouciant qui accueillant le danger comme un vieil ami ? Il aimait littéralement tout le monde, alors pourquoi s'en prendre à son enfant ? Il était innocent. Même si lui mourrait, il serait quand même innocent. Ce n'était un petit être dont la vie débutait à peine.
On toqua à la porte. Il ne fallait pas être devin pour savoir de qui il s'agissait. Cependant, Law n'avait aucune envie de les voir. Il voulut se redresser mais s'en trouva totalement incapable. Ses membres ne répondaient plus. Son sang battait à toute allure dans ses tempes et son cœur avait des ratés inquiétantes.
- Si vous voulez conserver vos mains, je vous conseille de déguerpir, menaça-t-il.
Heureusement pour eux, les importuns n'insistèrent pas et le silence se fit de nouveau. Il ferma les yeux. Il devait se détendre, se calmer, évacuer cette tension qui se répercutaient sur ses constantes. Trop de stress pourrait provoquer des malformations chez son fœtus, voire le tuer, et il était hors de question que cela se produise.
Personne ne le dérangea pendant plusieurs heures, lui laissant tout le temps de ressasser toute sa colère et tous ses doutes une bonne dizaine de fois. Cependant, Chopper et Bepo finir par lui imposer leur présence, un plateau repas dans les mains. Jetant un coup d'œil à l'horloge, il réalisa qu'il avait raté le dîner de plus de deux heures.
- Tu dois manger, déclara le petit médecin sur un ton d'excuse après avoir croisé son regard sombre.
Law baissa les yeux vers l'assiette et fronça le nez. Comme souvent depuis le début de sa grossesse, son odeur lui agressait le nez. Comment un plat préparé par Shachi pouvait-il le rebuter à ce point ?
- Je n'en veux pas. Sortez ça d'ici, ordonna-t-il en reculant de quelques pas.
- Tu es censé manger davantage, pas moins, protesta Chopper.
Une nouvelle nausée montait en lui.
- Je n'ai pas faim, gronda-t-il avant de marquer un temps d'arrêt et de se précipiter dans sa salle de bain.
Après avoir rendu le peu de nourriture qu'il restait dans son estomac, Law constata qu'il ne se sentait pas mieux, comme c'était d'ordinaire le cas. Rien que de penser de nouveau à l'assiette lui donnait envie de détruire quelque chose. Le visage de Luffy s'imposa. Oui, cela s'expliquait : il était tellement perturbé par le jeune capitaine qu'il rejetait tout ce qui pouvait le lui rappeler, ce qui comprenait la nourriture. Il se joignait à ses nausées pour le tourmenter. Law sentit son nez le piquer doucement, prélude de larmes non voulues. Il en avait assez de tout ça. Ne pouvait-il pas juste se réjouir de la futur venue de son petit garçon ou de sa petite fille, comme tout parent normal ?
- Capitaine ?
Il se releva, passant une main sur son visage pour se recomposer un masque d'indifférence et dissimuler ses pensées. Il devait simplement faire un effort et oublier Luffy. Seul son bébé était réellement important. S'il fallait qu'il ingurgite cette monstrueuse assiette pour lui, il le ferait… autant que cela lui était possible.
- Law ? le questionna silencieusement Chopper lorsqu'il reparut.
Le capitaine braqua sur lui un regard morne. Le petit renne sentit tout son être se tendre et n'osa pas le questionner.
- Est-ce que l'on peut faire quelque chose pour toi ? demanda prudemment Bepo à sa place.
- Partir, répondit-il simplement d'une voix neutre.
- Tu mangeras ?
Law se contenta de les fixer, tant et si bien que les deux amis finirent par obtempérer et quittèrent la pièce en contrecœur. Une fois dans le couloir, Chopper se tourna vers Bepo.
- Il faut arriver à lui parler. Il en va de sa santé et de celle de son enfant.
- Il ne nous écoutera pas facilement, murmura l'ours, tout aussi inquiet. On a un sacré problème...
Dans les jours qui suivirent Bepo et Chopper virent leurs craintes se concrétiser. L'état psychique de Law se dégrada de manière exponentielle et, malheureusement, toutes leurs tentatives pour l'aider ou le parler furent réduites à néant. Plus ils essayaient de l'approcher, plus ils sentaient Law se renfermer.
Ils devaient se battre pour qu'il accepte de manger et, entre ses nausées et les besoins du bébé, c'était un véritable défi de maintenir son poids constant. À vrai dire, ils en étaient venus à compter sur les rares fois où, sans explication et sans doute poussé par les hormones, il mangeait plus que de raison. Bon point pour eux, Law n'aimait pas trop ce qui était sucré et préférait engloutir des kilos de fruits et de légumes. Chopper redoutait chacune des visites médicales qu'il lui faisait passer, craignant que, une fois de plus, son corps ne montre des signes de faiblesse. Curieusement, Law ne semblait plus souffrir d'aucune carence. Il en comprit la raison quand, en vérifiant dans le carnet que le capitaine tenait toujours sur sa grossesse, il découvrit qu'il prenait à son insu des compléments alimentaires pour contrebalancer son régime alimentaire défaillant. Chopper vérifia chacun d'entre eux et constata avec soulagement qu'aucun ne présenter de risques pour le développement du fœtus. C'était juste une maigre tentative de Law pour protéger son enfant de lui-même.
Son sommeil suivait le même schéma : le plus souvent, il dormait à peine une heure et, parfois, il ne quittait pas son lit pendant douze heures consécutives. Régulièrement, il semblait avoir des absences mais il s'agissait en réalité de micro-sommeils, quelques instants volés à sa conscience en une veine tentative de trouver du repos. Law les gérait admirablement bien et, s'il n'avait pas été médecin, Chopper ne les aurait sans doute jamais remarqué. C'était une attention de tous les instants et des anomalies au niveau de ses prises de tension qui l'avaient alertées. Cela l'inquiétait mais Law refusait catégoriquement d'en discuter avec lui, arguant qu'il était habitué à gérer ces problèmes nocturnes et leurs répercussions. Chopper enrageait : un médecin insomniaque était une plaie lorsqu'il devenait le patient d'un autre. Cependant, il ne pouvait pas faire grand-chose : s'il contraignait Law, il risquait de perdre le peu d'influence qu'il avait sur lui, ce qui serait une catastrophe pour le père et pour l'enfant.
D'une manière générale, Law ne coopérait pas et s'éloignait même de Bepo. La seule personne qui avait toute son attention était son futur enfant, à l'intérieur de son ventre qui s'arrondissait de jour en jour. Pour les autres, lorsque son ton n'était ni cassant, ni impératif, il était tout simplement inexistant. Il n'avait jamais été bavard mais ils parvenaient néanmoins à voir la différence sans le moindre soucis. Bepo avait pris le relais pour tout ce qui touchait à la direction de l'équipage et avait hérité de la lourde tâche de devoir rassurer ses compagnons de vie.
- Nous devrions retrouver le Chapeau de Paille et lui faire sa fête, proposa Ikkaku un soir où ils s'étaient tous retrouvés pour en discuter. Comme ça, le Capitaine n'aurait plus à s'en préoccuper et pourrait se reposer convenablement.
Elle reçut un coup de coude dans les côtes de la part de Penguin qui, avec un regard accusateur, lui désigna d'un signe de tête leur petit invité à fourrure. Une mine coupable se peignit aussitôt sur ses traits.
- Chopper, je…
- Ce n'est pas la peine de t'excuser, la coupa gentiment le renne en secouant la tête.
Il comprenait la colère générale qui grandissait à l'encontre de Luffy et, parfois, lui aussi se laisser gagner par elle. Bien sûr, il s'en voulait immédiatement pour ses pensées car il savait que c'était un ensemble d'éléments qui poussait Law à se détruire lui-même et pas seulement son capitaine. Seulement, il se sentait tellement inutile que c'était le seul réconfort qu'il pouvait se permettre : accuser quelqu'un.
- De toute manière, c'est une mauvaise idée, appuya Jean Bart. Le Chapeau de Paille n'est pas dans les parages et ça n'empêche pas le Capitaine de s'en préoccuper. Ce n'est pas ça qui l'aidera.
- Mais alors qu'est-ce qui l'aidera ? C'est notre rôle de veiller à ce que rien n'arrive à notre capitaine et on ne peut rien faire ! Je refuse !
Ils se tournèrent vers Bepo et Chopper qui, la mort dans l'âme, se contentèrent de fixer le sol. Ils ne savaient pas. Eux aussi étaient impuissants.
- Je ne sais plus quoi faire, sanglota Chopper, un soir où son propre équipage l'avait contacté pour avoir des nouvelles.
Le médecin était tellement préoccupé qu'il ne prenait plus le temps de les appeler. Heureusement, ses compagnons étaient compréhensifs et se chargeaient de maintenir un lien entre eux.
- Il n'y a pas quarante solutions, lui répondit Sanji avec sérieux. Tu vas faire comme avec Luffy lorsqu'il est trop buté pour entendre raison : tu lui remets les idées en place.
- Je ne vais pas le frapper ! s'exclama le petit renne, les yeux écarquillés. Il est enceinte ! Et puis, je ne suis pas suicidaire !
- Tu n'as pas besoin d'en arriver là, tempéra Robin. Simplement, ne le laisse pas fuir.
- Il est assez intelligent pour savoir que tu fais ça pour son bien, ajouta Usopp. Et si ce que tu me dis est vrai, il n'est pas en état d'utiliser ses pouvoir contre toi.
- Effectivement mais il peut toujours attraper un scalpel et m'ouvrir la gorge. Je sais qu'il en a cachés un peu partout dans le sous-marin en cas de problèmes.
Tandis que le Zoro marmonnait quelque chose sur l'esprit tordu du chirurgien, Sanji reprit la parole.
- Il ne te ferait pas ça. Il te fait confiance.
- Je ne sais pas… oui, tu as sans doute raison. Merci, ça fait du bien de savoir que vous me soutenez.
- On sera toujours là pour toi, même si c'est pour organiser tes funérailles, lui assura Robin.
D'ordinaire, Chopper se serait récrié contre ses insinuations morbides mais par aujourd'hui. Non. Il était décidé à suivre leurs conseils. Il était médecin, nom d'un renne !
Le lendemain matin, Chopper passa chercher Bepo et, déterminés à le tirer de sa torpeur, ils allèrent toquer à la porte de Law.
- Capitaine, on peut entrer ?
Ne recevant pas de réponse, ils se permirent d'entrouvrir la porte. Ils découvrirent Law assis sur son lit, les bras autour de ses jambes et la tête posée sur ses genoux. Ne le voyant pas réagir à leur intrusion, les deux compagnons se tendirent. Il devait profondément être perdu dans son monde de sombres pensées pour ne pas avoir perçu leur entrée.
Bepo s'approcha avec prudence et posa une main sur son épaule. Law sursauta violemment. Sa tête relevée, les deux amis ne purent que constater que ses traits étaient tirés, ses yeux plus cernés qu'à l'ordinaire, signe qu'il n'avait encore pas dû dormir la nuit précédente.
- Que faites-vous ici ? grogna Law en tentant de retrouver son calme.
- On s'inquiétait pour toi. Tu vas bien ?
- Ne dis pas oui, ajouta sérieusement Chopper.
Law eut un soupir exaspéré.
- Le bébé va bien, il ne m'a pas encore tué, alors vous n'avez pas à vous préoccuper de quoi que ce soit. Arrêtez de vous en faire.
- Non.
Leur réponse avait été prompte, concise et sans appel. Ils reçurent en retour un regard glacés qu'ils soutinrent sans sourciller, par la force de l'habitude. Law faisait peur et était indéniablement dangereux mais ils savaient qu'ils ne les tueraient pas. Au pire, ils risquaient la perte d'un membre pendant quelques heures.
- Laissez-moi tranquille, ordonna sèchement le capitaine, ses yeux brillant de menaces silencieuses.
- Non, répéta l'ours avec douceur en s'asseyant près de lui.
Chopper bondit sur le lit et s'installa face à Law.
- Dis-nous ce qui ne va pas.
- Non.
- Law…
- Arrêtez d'être en permanence sur mon dos ! Je n'ai pas besoin de votre aide.
- Bien sûr que tu peux te débrouiller seul, acquiesça Bepo. Tu as enduré et surmonté trop d'épreuves pour qu'une grossesse te mette en porte à faux.
Law le considéra avec méfiance, silencieux.
- Tes parents, Lamy, Corazon, Doflamingo, Barbe Noire… tu avances constamment face à la tempête. Tu sais utiliser les opportunités et les contraintes s'offrant à toi pour te sortir de n'importe quelle situation. En quoi celle-ci est différente ? Tu n'utilises pas les atouts dont tu disposes.
- De quoi parles-tu ? marmonna Law.
- D'un ours et un raton-laveur plus têtus que des mules.
- Je ne suis pas un raton-laveur ! se récria Chopper, outré.
Néanmoins, l'appellation atteint son but initial, tirant un léger sourire à Law. Bepo profita de ce relâchement pour le prendre dans ses bras et ne rencontra aucune résistance. Voyant ceci, Chopper cessa de grommeler et croisa les bras.
- Mm. Notre raton-laveur est jaloux.
- Bepo !
Les bras de Law jaillirent et empêchèrent Chopper de bondir sur l'ours en l'attirant contre lui. Le petit renne s'était vite habitué aux étreintes de Law et elles lui étaient devenues aussi familières que celles des Chapeaux de Paille, aussi se fondit-il contre lui sans rechigner, non sans jeter un regard contrarié à l'ours. Ce dernier pouvait se montrer aussi manipulateur que son capitaine en fin de compte.
- Je déteste ne pas savoir quoi faire, murmura Law après plusieurs longues minutes de silence. À propos du Chapeau de Paille. Je ne devrais pas m'en préoccuper mais je n'arrête pas de penser à la façon dont il a réagi.
- Tu connais Luffy depuis des années, déclara Bepo. Penses-tu réellement qu'il te ferait du mal ?
Le capitaine allait répliquer mais le petit renne reprit avant qu'il n'en ait eu le temps :
- Même la dernière fois que vous vous êtes vu, malgré tout ce qu'il a dit, penses-tu qu'il aurait vraiment fait quelque chose d'aussi cruel que tuer un enfant. Contre ta volonté, qui plus est ?
Law garda le silence. Son second l'observa un instant avant de braquer son regard dans le sien.
- Il t'aime.
