Chapitre 10 : Orage Pacificateur

Law et Luffy s'étaient suffisamment éloignés pour ne plus être à portée de voix de leur équipage. Le plus jeune n'avait pas manqué la distance que son homologue avait instaurée entre eux et décida d'y remédier.

- Je veux que tu prennes mon cœur, dit-il avec sérieux en se tournant vers lui.

Law fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Parce que tu pourras me faire taire d'une seule pression si jamais je recommence à dire n'importe quoi. Et puis, je sais que tu te sentiras tout de suite plus à l'aise avec un avantage certain sur moi.

Il le considéra longuement du regard avant de hausser les épaules. Il serait bête de refuser une offre aussi déséquilibrée.

- Scalpel.

Le cœur du plus jeune fut éjecté de sa poitrine et enfermé dans un cube transparent que Law récupéra avec facilité. Luffy lui adressa un petit sourire.

- Capitaine, tout va bien ? lança Penguin, au loin.

Tournant les yeux vers leurs hommes, ils s'aperçurent que tous les fixaient avec tension, prêts à bondir pour éviter tout combat.

- Tout va bien, répondit Luffy à sa place. Ne vous inquiétez pas.

Mais si ses dires calmèrent les Chapeaux de Paille, les Pirates du Heart attendirent la confirmation de leur capitaine avant d'acquiescer. Néanmoins, tous restèrent vigilants.

- Maintenant, nous allons pouvoir discuter sereinement, reprit Luffy en baissant les yeux.

Law réalisa avec mauvaise humeur que le plus jeune avait vu juste et qu'il se sentait légèrement mieux. Il y eut un court silence avant que Luffy ne reprenne la parole.

- Je suis désolé, Law. Pour tout ce que je t'ai dit. Pour tout ce que j'ai voulu faire. Crois-moi, s'il te plaît.

Voyant que son interlocuteur ne répondait pas, se contenant de le fixer, il tenta de prendre sa main et fut heureux de constater que Law le laissa faire.

- Comment vas-tu ? ajouta-t-il.

- Bien.

Luffy le scruta du regard mais ne releva pas ce qu'il devinait être un mensonge.

- Je vois que ton ventre s'est bien arrondi.

- Le bébé grandit.

- Par contre, toi, tu as maigri.

Law ne releva pas mais il n'en avait pas besoin. Les os de son visage, saillant plus que d'ordinaire sous sa peau, parlaient pour lui.

- Est-ce que ta grossesse se passe comme prévue ?

- Il n'y a rien de particulier à signaler.

Luffy brûlait de lui extirper plus de quelques mots mais il savait que le pirate n'était pas dû genre à se confier facilement, même après tout ce qu'ils avaient partagé. Il devait se montrer patient pour ne pas le faire se refermer sur lui-même.

- Donc, tout se passe… bien ?

- On peut dire ça.

- J'en suis content, soupira Luffy en retrouvant son sourire.

- Tu peux remercier Chopper, reprit Law d'un ton accusateur. Lui et Bepo veillent sur moi comme s'ils étaient mes parents. Pire que des sangsues.

- Je sais que j'ai été injuste avec lui, admit le jeune capitaine en passant une main coupable sur sa nuque. J'irai m'excuser proprement.

Law hocha imperceptiblement la tête, satisfait.

- Est-ce que… je peux toucher ? demanda Luffy avec hésitation en désignant son ventre d'un geste de la main.

Law était un peu surpris du comportement de Luffy. Jamais il n'avait été aussi incertain et si calme. Cette histoire l'avait peut-être fait cogiter plus qu'il ne l'avait imaginé. C'est pourquoi il n'hésita pas longtemps avant de lui donner son autorisation, même s'il dut se forcer à réprimer un geste de recul lorsque son homologue s'accroupit et posa avec précaution ses mains sur son abdomen.

- C'est… trop bizarre, marmonna-t-il avec une grimace. Hey, tu te souviens de moi ?

- Il ne peut toujours pas t'entendre.

- Je suis sûr que ça ne t'empêche pas de lui parler.

- Il n'a pas besoin de mots pour me comprendre.

- Un super pouvoir de papa, j'imagine, plaisanta Luffy.

Puis, son expression se fit plus sérieuse.

- Qui est son second père ?

- Je suis sa seule famille, répondit l'aîné, sur la défensive.

Il ne voulait pas s'engager dans cette discussion pour le moment.

- Mais les autres m'ont dit que le père ne pouvait être qu'une personne avec qui tu...

- Tu es le mieux placé pour savoir que la génétique ne signifie par grand-chose dans une famille, le coupa Law. Tu as deux frères qui ne sont pas de ton sang et ton père biologique est un homme que tu n'as pas dû croiser plus de dix minutes dans toute ta vie.

- Je sais mais...

- Biologiquement parlant, tu pourrais effectivement être son géniteur.

Ça y était : il l'avait enfin dit. Les yeux de Luffy s'écarquillèrent lentement avant que son expression ne s'assombrissent et que la jalousie n'envahisse ses yeux noirs.

- Comment ça je « pourrais » ? Tu n'es pas sûr ?

- Tu es le plus probable, mais je ne peux exclure l'autre, explicita Law.

- Qui est-ce ? gronda Luffy.

Cette réaction poussa Law à la méfiance. Était-ce la seule question qu'il avait à lui poser alors qu'il venait de lui confirmer sa possible paternité ?

- Ça ne te concerne pas.

- Je veux savoir !

- Fais attention à ce que tu vas dire, Chapeau de Paille, le menaça Law en lui jetant un regard coléreux. N'oublie pas à qui tu as donné ton cœur.

- Justement ! Peu importe qui est l'autre, jamais il ne t'aimera autant que moi !

Law serra les dents. Il ne fallait pas que Bepo et Chopper aient raison. C'était hors de question.

- Il n'y a pas d'amour entre nous, répliqua-t-il en se détournant.

Il voulait s'en aller aussi loin et aussi vite que possible. Il aurait dû savoir que les choses allaient tourner ainsi. Luffy le saisit par le bras, l'obligeant à lui faire face, et Law sentit une sourde envie de meurtre s'emparer de lui.

- Ne me touche pas, Chapeau de Paille, gronda-t-il alors que ses yeux se mettaient à luire dangereusement.

- Je ne couche pas avec toi juste parce que j'en ai envie. Je t'aime plus que je n'ai jamais aimé personne ! Je veux faire partie de ta vie et pas seulement une journée de temps à autre. Je veux être avec toi tout le temps !

La sphère chirurgicale de Law se déploya et, l'instant suivant, la lame de son nodachi avait trouvé sa place tout contre la gorge de Luffy. Elle glissa sur sa peau, faisant couler suffisamment de sang pour que la menace soit claire.

- Et moi j'ai une irrépressible envie de te trancher la tête. Elle ne devrait pas trop te manquer.

Intelligemment, Luffy ne pipa mot, se contentant de le fixer avec une froide détermination. Un peu plus loin, tous les pirates s'étaient figés de terreur et n'osaient plus faire un geste : il suffirait d'un battement de cil pour que le cadet ne perde la vie et aucun ne souhait s'y risquer. Les Pirates du Heart se refusaient à aller contre leur capitaine et à risquer l'une des colères monumentales dont il avait le secret et les Chapeaux de Paille savaient qu'attaquer Law reviendrait à déclarer officiellement la guerre à son équipage et à Luffy lui-même. Ils avaient beau être des trompent-la-mort, ils n'avaient aucune chance de s'en sortir indemnes.

- Te demandes-tu parfois ce que je veux ? reprit Law. Tu prends ce que tu veux sans jamais te soucier de ce que cela implique. Je ne suis pas un bout de viande que tu peux revendiquer parce que, tiens donc, aujourd'hui tu as décidé que tu m'aimais.

- Je t'aime, répéta Luffy avec sérieux. Depuis longtemps.

- Tu crois que ça change quelque chose pour moi ?

- Je l'espérais.

Un rictus mauvais étira les lèvres de Law.

- Tu es bien naïf si tu crois que je vais t'aimer en retour. Tu as dit que tu ferais n'importe quoi pour te faire pardonner alors voici : arrête de prendre tes désirs pour des réalités.

Luffy resta silencieux un moment, ses grands yeux noirs scrutant le visage glacial de celui qu'il aimait.

- D'accord. J'essaierai. Excuse-moi.

Law le considéra dix longues secondes avant de reculer à bonne distance et de rengainer sa lame. Le sang battait dans ses tempes sous l'effet de la tension qui l'habitait. Il devait se calmer et respirer. Respirer. Continuer à respirer.

- Ça ne peut pas continuer comme ça, déclara-t-il alors que sa respiration s'accélérait sensiblement. Ma vie n'est pas un terrain de jeu que tu peux ravager à ta guise.

Le monde commençait à tanguer autour de lui. Sa mâchoire se crispa et ses yeux cherchèrent immédiatement un point sur lequel concentrer toute son attention pour lutter contre ses vertiges. La seule chose qu'il trouva fut Luffy, dont le visage se peignit de peur.

- Law, ça va ? demanda-t-il en attrapant son bras alors qu'il vacillait.

Non, ça n'allait pas du tout. Il allait perdre pied une fois de plus. Cela n'aurait-il pas pu attendre quelques minutes ? Sa main tâtonnant dans le vide, il se laissa glisser à terre afin de ne pas se faire mal en tombant. Luffy l'accompagna dans son mouvement.

- Law ! Parle-moi ! Qu'est-ce qu'il se passe ?!

- Capitaine !

Le cri de Bepo fut la dernière chose qu'il entendit.

- Qu'est-ce qu'il a ?! paniqua Luffy alors que la tête du capitaine roulait en arrière, les yeux révulsés.

Bepo récupéra aussitôt le corps inanimé de son capitaine tandis que Chopper s'activait à vérifier son état.

- Fatigue, sous-alimentation, hypertension, énuméra le petit renne en secouant la tête. Je vais devoir lui refaire une intraveineuse.

- Je savais qu'il n'allait pas bien ! s'exclama Luffy, hors de lui. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Comment avez-vous pu laisser ça arriver ?

Les deux amis s'éloignèrent à grands pas sans lui prêter attention.

- Essaie de lui faire entendre raison, je t'en prie, grogna Shachi, sa mauvaise humeur exacerbée par sa culpabilité de ne rien avoir réussi à lui faire avaler le matin même. Tu ne sais rien du calvaire que c'est de le voir se détruire sans rien pouvoir y faire !

- Ce n'est pas ce que je voulais… rétorqua Luffy avec douleur.

- Ça ne change rien, cracha Ikkaku, les bras croisés et le regard mauvais. Tu es celui qui est responsable de son état. Toutes mes félicitations. Contemple les ravages que tu as faits !

- Assez !

Tout le monde se tourna vers Bepo, surpris par son éclat de voix. Il venait de réapparaître du sous-marin et les contemplait d'un regard furieux.

- Nous sommes des alliés, pas des ennemis ! Mieux encore, nous sommes des amis. Comportez-vous comme tels. Si le Capitaine ne voulait pas voir le Chapeau de Paille, il n'aurait pas demandé cette rencontre. C'était son choix et il aurait honte de votre comportement.

Beaucoup des subordonnées de Law baissèrent la tête, honteux.

- À l'heure actuelle, nous voulons tous une seule et même chose : que le Capitaine aille mieux et que tout s'arrange.

Les deux équipages hochèrent la tête dans un ensemble parfait.

- Donc, puisqu'on est d'accord, on va attendre bien gentiment qu'il se réveille autour d'un bon repas tout en discutant paisiblement comme des personnes civilisées.

Luffy approuva d'un signe de tête et, voyant que c'était également le cas pour les Pirates du Heart, fit un pas en avant pour prendre la parole à son tour.

- Croyez-moi ou non, je ne veux que le bonheur de Law. Je l'aime. Et s'il veut que je sorte de sa vie… je le ferai.

- C'est avec lui que tu verras ça, l'informa Bepo, adouci. Nous n'avons pas le droit de lui retirer ce choix.

Law émergea du sous-marin une petite heure plus tard, après être longuement resté allongé dans son lit. Avec ce nouveau malaise, Chopper allait encore lui faire la morale. Il savait très bien que c'était sa faute et n'avait pas besoin de lui pour se faire des reproches. Si cela suffisait à changer les choses, il n'aurait pas eu besoin de cette entrevue avec Luffy. Il retint une grimace en voyant le petit médecin bondir sur ses pieds alors qu'il s'avançait pour les rejoindre.

- Qu'est-ce que tu fais debout ? Tu dois te reposer !

- Je me sens mieux, répondit le capitaine en venant s'installer entre lui et Bepo.

- Ce ne serait pas arrivé si tu avais mangé et dormi ! Tu n'en fais qu'à ta tête !

- Chopper, le rabroua Law avec un regard menaçant.

Le petit renne se tut mais son expression laissait clairement transparaître sa désapprobation. Ses compagnons échangèrent un regard compatissant : leur ami n'avait pas dû avoir que des moments faciles avec Law.

- Je ne suis pas aussi compréhensif que tes hommes, déclara Sanji avec sévérité en lui mettant une assiette bien garnie dans les mains. Tu as intérêt à tout manger. Je t'attacherais s'il le faut.

Ils s'affrontèrent un moment du regard avant que le cuisinier ne se détourne. Sans un mot, Law commença à manger, durement conscient de l'inquiétude de tous ceux qui l'entourait – tout équipage confondu – et plus particulièrement de celle de Luffy, assis un peu plus loin sur sa gauche. Il réprima sa mauvaise humeur naissance et tâcha de les ignorer.

- Que diriez-vous d'une petite chanson ? proposa Brook en tirant son violon.

Aussitôt, il entonna l'air bien connu du Rhum de Binks.

- Vous appelez ça chanter ? lança Ikkaku avec une lueur malicieuse dans le regard. Attendez de voir ce qu'on peut faire. Ça vous dit, les gars ?

L'ensemble de l'équipage lui répondit avec enthousiasme, encouragé par Chopper.

- Capitaine, fais-nous l'honneur de défendre notre équipage, pria Penguin en se tournant vers Law.

Celui-ci leva les yeux au ciel avant d'esquisser un petit sourire plein d'assurance.

Dès les premières notes, les Chapeaux de Paille comprirent qu'ils ne jouaient pas dans la même catégorie. Les Pirates du Heart chantaient avec leurs tripes, de toutes leurs forces, faisant résonner chaque mot au point des faire vibrer. Et la chanson choisie par Law n'était pas anodine : il clamait haut et fort son envie de vivre sa vie comme il l'étendait, sans se soucier des autres, guidé par quelqu'un ou quelque chose qui dépassait les limites du monde physique. Chacun pouvait l'identifier à ce qu'il souhaitait, en fonction de son histoire et de son ressenti : une divinité, un être cher, ou simplement l'incarnation d'une impérieuse volonté. C'était cette multiple interprétation qui empêcha les Chapeaux de Paille de prendre ce choix comme une provocation directe envers Luffy. La chanson n'était pas agressive, simplement l'expression de la liberté à laquelle aspirait chaque pirate parti en mer.

- Alors là, je dois avouer que je suis bluffé, s'extasia Franky. C'était super !

- Mais on ne va pas se laisser faire ! répliqua Usopp avec défi. Vous avez devant vous le Grand Usopp, Maître de la Chanson !

- Sans compter que nous avons le seul et unique Soul King, pouffa Robin avec légèreté.

Débuta une sorte de concours durant laquelle chaque équipage tenta de démontrer sa supériorité musicale.

Law observa avec bienveillance le duel se transformer en une chorale unissant les deux groupes. Lorsqu'un équipage ne connaissait pas les paroles de la chanson en questions, il se contentait de reprendre le refrain avec bonne humeur et rires. Le chant et la musique avaient ce pouvoir surprenant d'unir les êtres tout en faisant ressortir les émotions profondes de chacun. Plus aucune tension ne régnait entre eux.

Son regard dériva sur Luffy. Lui aussi s'était tu et le contemplait à présent avec un regard triste. Il lisait dans ses yeux sombres son désir de lui parler. Que déchiffrait-il dans le sien ? Voyait-il qu'il se sentait apaisé depuis leur petite altercation ? Qu'il souhaitait simplement que leur amitié reprenne le dessus un moment le temps qu'il se débatte avec lui-même ? Que tout redevienne simple ? Il reçut un sourire doux auquel il répondit furtivement.

Ils continuèrent à s'observer un moment avant que Law ne se lève et ne s'éloigne du groupe. Sa grossesse avait eu raison de son dos et il devait faire quelque pas pour le soulager, mais cela lui donnait également une excuse pour inviter Luffy à reprendre leur discussion à l'écart des autres. Il ne sut pas quel prétexte utilisa son homologue, ni même s'il se préoccupa d'en donner un, mais celui-ci finit par le rejoindre.

- Si tu dis que tu es désolé, je t'envoie au fond de l'océan, le prévint Law alors qu'il ouvrait la bouche.

- Ça te soulagerait ?

- Non. Je ne suis plus en colère contre toi. Plus autant en tout cas.

Luffy esquissa un petit sourire avant de reprendre avec sérieux :

- J'ai entendu ce que tu as dit tout à l'heure. Dis-moi ce que tu attends de moi.

- Je ne sais pas ce que je veux à ton sujet, répondit Law après un instant de silence. C'est entre autres pour ça que je voulais te voir.

Il se mit à marcher lentement, Luffy sur les talons.

- Et j'ai encore échoué, pas vrai ?

- Tu as agi comme tu l'as toujours fait, répondit-il en fronçant les sourcils. J'aurais dû m'en douter. Tu as toujours été possessif.

Luffy tenta un petit sourire.

- Ce que je t'ai dit n'en reste pas moins vrai. Je ne t'aime pas, l'informa Law d'un ton sans appel.

- C'est ce que tu dis, mais je refuse d'y croire.

- C'est ton problème.

- Si tu ne m'aimais pas, ne serait-ce qu'un petit peu, tu m'aurais déjà tué.

Quelques gouttes tombèrent du ciel et s'écrasèrent sur leur peau. Les deux capitaines levèrent les yeux vers le ciel tandis que la pluie commençait à tomber.

- Il est temps de se dire au revoir, comprit Luffy alors que leur équipage commençait à s'activer pour tout ranger aussi vite que possible.

Law hocha la tête en silence. Il avait toujours aimé le son de la pluie, cela avait quelque chose d'apaisant. Il avait bien besoin de ça alors que les mots de son compagnon raisonnait durement dans son esprit. Il avait raison : si cette histoire n'avait pas impliqué Luffy, il aurait déjà ajouté une mort à son actif.

- Si je t'appelle pour prendre des nouvelles, tu répondras ? reprit Luffy, l'hésitation clairement perceptible dans sa voix.

Law se mordit la lèvre. Que voulait-il ? Il voulait que Luffy disparaisse de sa vie. Ce serait logique, clair, sans contrainte. Toutefois, il ne voulait pas non plus le voir s'en aller. Ça, ça n'avait rien de rationnel et, pourtant, tout son être le poussait à choisir cette option. Ses ongles se plantèrent dans la paume de sa main.

- Essaie et tu sauras, répondit Law d'un ton désintéressé.

Un énorme sourire se peignit sur le visage du petit capitaine, qui prenait visiblement cela pour un oui.

- J'ai quelque chose à te rendre, reprit l'aîné avec un soupir.

Le cœur de Luffy était apparu entre les mains de son propriétaire.

- Tu ne l'as pas utilisé contre moi tout à l'heure, constata-il en fixant l'organe palpitant. Pourquoi ?

- Pour la même raison que, toi, tu me l'as donné sans la moindre hésitation. Je savais que tu ne représentais aucune menace pour moi.

Law déploya sa sphère.

- Au revoir, Chapeau de Paille.

Et il se volatilisa.