Chapitre 3 : Harry

Après s'être senti en forme toute la journée, Harry subit le contrecoup des dernières heures passées à caracoler dans la forêt et à s'agiter en cuisine : une fatigue monumentale lui tomba dessus après le repas. Il ne put rien faire d'autre que se traîner jusqu'à son lit. Il fallut pousser le vice jusqu'à demander à Malfoy d'allumer la cheminée dans sa chambre mais à la surprise d'Harry, son hôte s'exécuta de bonne grâce.

Il se réveilla après avoir somnolé environ une heure. Il savait que s'il s'endormait maintenant, il se réveillerait vaseux et les muscles endoloris vers 3h du matin et serait incapable de retrouver le sommeil. Il saisit donc le bouquin qu'il avait abandonné hier sur sa nouvelle table de chevet, arrangea du mieux qu'il put ses oreillers pour éviter que son dos n'hurle de douleur et se plongea dans les aventures de Sherlock.

Trois petits coups à sa porte le firent sursauter. Il lâcha un « Oui ? » étonné et Malfoy passa la tête dans l'entrebâillement.

-Euh … désolé. J'ai vu de la lumière donc je ne savais que tu ne dormais pas. Je suis venu t'apporter ça.

Il désigna d'un geste de la tête le bol fumant qu'il tenait d'une main.

-Ecorces de chêne, fleur d'oranger et gelée royale que j'ai fait bouillir avec de l'eau de source, expliqua-t-il. Rien de révolutionnaire mais ça devrait aider pour la fatigue chronique. Ça euh … et une bonne nuit de sommeil.

Harry sentit son cœur chavirer devant tant de prévenance.

-Je ne sais pas quoi dire … avoua-t-il. C'est adorable de ta part.

Malfoy secoua la tête et franchit en trois pas la distance qui le séparait du lit, afin de confier le breuvage à Harry. Leurs doigts se superposèrent un instant, juste le temps que le bol change de main. Harry aima le contact de la peau de Malfoy contre celle, fine, de ses propres doigts.

Encore une fois, il ne sût que dire et se réfugia plutôt dans des considérations pratiques :

-J'imagine qu'il faut boire tant que c'est chaud ?

Malfoy confirma d'un signe de tête alors Harry s'exécuta. C'était plutôt bon. Comme un thé très fort.

Malfoy tendit la main et Harry mit plusieurs secondes à comprendre qu'il voulait récupérer le bol vide. Il le lui rendit.

-Je ne savais pas que tu étais un grand lecteur, dit Malfoy d'une voix douce en désignant du doigt le livre qui reposait ouvert sur les jambes d'Harry.

-C'est parce que je ne l'étais pas avant. Disons que quand tu es en cavale avec une tente pour seul abri, les moyens de distractions sont tellement rares que tout est bon à prendre … C'est comme ça que je me suis découvert une passion pour les romans policiers. Conan Doyle m'a sûrement sauvé de l'ennui mortel.

Draco hocha la tête avec une expression d'intérêt poli et l'évidence atteignit Harry : évidemment, il ne savait pas qui était Arthur Conan Doyle. Ça faisait de lui un chanceux : il allait pouvoir découvrir Sherlock Holmes !

-Tiens, regarde dans ma malle, lui dit Harry en désignant du doigt l'objet qui l'accompagnait partout depuis qu'il avait onze ans. Fouille un peu, tu vas tomber sur un bouquin qui s'appelle Le Chien des Baskerville…

Draco s'exécuta, puis se retourna vers lui, le roman à la main.

-Mais c'est … euh …

-Moldu, oui. Mais c'est une histoire, c'est universel, lui dit Harry avec un sourire.

Il y a quelques années, la réaction de l'autre homme l'aurait exaspéré. Heureusement, Harry avait appris de ses erreurs. À de maintes et douloureuses reprises. La leçon la plus importante peut-être était la suivante : s'énerver ne sert à rien. Même quand l'indignation est légitime. Ici, Draco ne disait pas ça pour le blesser. Il fonctionnait juste comme ça. Harry le savait maintenant : on ne remporte jamais l'adhésion de l'autre en le poussant dans ses retranchements. Au contraire, on le braque dans ses positions, voire on le pousse dans une posture conservatrice dans laquelle il ne se serait peut-être pas placé de lui-même.

-Essaie, lui dit-il d'un ton joyeux. Et si toi tu as une histoire à me recommander, je prends.

Draco hocha la tête. Et se retira avec le bol vide et le roman (YES !).

Harry se réinstalla aussi confortablement qu'il put sur son oreiller et médita le constat suivant : il lui était bien plus facile d'interagir avec Draco Malfoy qu'avec l'ensemble du reste de ses compatriotes sorciers (à l'exclusion d'Hermione). Comment en était-il arrivé là ?

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Tous les deux jours, avec sa rigueur habituelle, Hermione lui écrivait depuis les États-Unis où elle séjournait depuis maintenant deux semaines. Elle lui décrivait les contacts qu'elle nouait, les solutions qu'elle tentait de faire émerger, le tout allégé par quelques anecdotes de voyage.

Ce matin-là, Harry fut saisi par un paragraphe en particulier :

Depuis plusieurs jours, j'ai cette idée qui s'installe, Harry. Tout serait tellement plus facile ici, pour toi comme pour moi. Si tu savais le soulagement que ça peut être, d'être enfin face à des gens qui t'écoutent, te croient, te prennent au sérieux. De ne pas devoir sans arrêt te justifier de tout. Par le prisme de nos amis américains, je prends douloureusement conscience d'à quel point nos positions nous ont isolés en Grande-Bretagne, au sein de notre propre camp (si tant est que ça ait encore un sens de parler de « notre camp »). Alors oui, j'en suis sûre, d'une manière ou d'une autre la tyrannie des Restaurateurs sera renversée. L'aveuglement collectif a ses limites. Mais de plus en plus, je doute que ce soit signe d'un renouveau pour toi comme pour moi. Même lorsque nos noms seront lavés, même lorsque la vérité sur Poudlard sera faite, on restera des radicaux, des pro-moldus, des anti-secret acharnés. Je ne vois pas d'avenir pour nous, même dans un scénario de happy-end. Alors qu'ici, il y a toute une communauté parfaitement intégrée à la société qui est prête à nous accueillir à bras ouverts. Des hôpitaux et des magisorciers qui ne demandent qu'à se pencher sur ton cas. Je pense qu'à court, moyen voire long terme, c'est ça la solution, Harry.

Le susnommé posa le parchemin à côté de lui sur le lit et s'étendît en fermant les yeux. À vrai dire, il s'y attendait. Il trouvait même que cela arrivait tard. Mais peut-être attendait-elle simplement d'avoir fait le plein d'arguments, dont il était sûr qu'ils étaient longuement développés dans la suite de la missive. Hermione était très pro-Etats-Unis. Et ce depuis un programme d'échanges dont elle avait bénéficié lorsqu'elle était étudiante, bien des années plus tôt. Bien avant que ce soit la merde. Ce premier voyage outre-Atlantique avait eu une immense influence sur la jeune femme, sur sa manière de voir le monde. Harry était certain qu'une fois qu'elle y aurait remis les pieds, elle n'aurait plus envie d'en partir. Et il comprenait. La Grande-Bretagne sorcière était si hostile pour elle comme pour lui ces derniers temps. C'était un havre de paix que son amie avait dû trouver de l'autre côté de l'océan. Peut-être auraient-ils dû faire ça dès que les ignobles accusations les avaient contraints à se lancer dans une cavale qui durait depuis trois ans.

Quitter le pays. Plutôt que de se planquer comme des rats. Se barrer la tête haute plutôt que de se terrer comme des coupables. Mais au début, tout paraissait tellement gros, tellement délirant … Harry Potter et Hermione Granger, responsables de l'assassinat sanglant de l'ensemble du corps enseignant de Poudlard ? Non mais sérieusement ?! Leurs ennemis n'avaient rien de moins crédible à proposer ? Sauf que les forces en présence étaient inégales. Les Restaurateurs contrôlaient maintenant la presse en plus du ministère. Ils maîtrisaient aussi l'art de jouer sur les peurs des braves gens, tout comme celui de la désignation des boucs émissaires. Face à cette injustice sans nom, Harry n'avait pas envie de se cacher ou d'émigrer. Il avait envie de se lever et de hurler la vérité : « Putain mais c'est vous les assassins, bandes de salauds ! ». Mais il savait que s'il les laissait lui mettre la main dessus, ç'en était fini de lui à jamais. Dans l'état où il était certains jours, il suffirait de le malmener un peu pour que son corps lâche l'affaire. Soyons sérieux : à combien de Doloris était-il capable de résister ? Et il était hors de question de leur faire ce plaisir.

Alors oui … le plan d'Hermione avait un côté séduisant. Même un côté facile. Mais d'une part, Harry détestait la facilité. Et d'autre part, il était convaincu qu'il lui restait deux ans, peut-être trois à vivre. Et il n'avait pas envie de les passer dans un pays inconnu. Il n'avait pas envie de fournir l'effort massif d'intégration que demande une émigration quand il lui restait si peu de temps. Et en même temps … pouvait-il refuser ça à Hermione ?

Avec un profond soupir, il reprit sa lecture. C'était exactement ce à quoi il s'attendait : une liste parfaitement organisée d'arguments censés et sourcés, mélangés à des tentatives de séduction du genre : description du confort de la salle de bain de la maison qu'on avait prêté à Hermione (depuis son incursion dans la salle de bain des préfets de Poudlard quand il avait 15 ans, Harry adorait prendre des bains) ou encore l'info glissée l'air de rien qu'Hermione avait rencontré plusieurs sorciers gays et sorcières lesbiennes complètement out et que tout le monde ici « était très cool avec ça ». Ben voyons.

Bien sûr, l'imagination fit le reste et Harry fut saisit d'une fantasmagorie où il se réveillait dans une grande maison aux larges pièces, sous un rayonnant soleil d'été et prenait son petit déjeuner sur une terrasse en compagnie du type avec qui il avait passé la nuit. Un mec sympa qui se serait montré patient la veille face au corps défaillant de Harry (oui, il ne poussait pas le vice jusqu'à s'imaginer guéri même en rêve, son imagination n'allait plus jusque-là). Il prenait un bain dans lequel il lisait un magazine, peinard. Puis il préparait un repas dans sa belle et grande cuisine, pour le partager avec Hermione qui viendrait déjeuner en compagnie d'un gosse qui aurait les mêmes yeux intelligents que sa mère …

Oui, ce serait bien. Ce serait doux. Il pourrait mourir tranquille, en sachant Hermione en sécurité. En sachant qu'elle aurait un futur heureux.

Un bruit de l'autre côté du mur le tira de ses rêveries pour le ramener au présent. C'était Draco qui venait de se lever. Les murs étaient si fins dans cette partie du manoir que Harry l'entendait se mouvoir dans sa chambre, juste à côté. Et ces simples bruits quotidiens : son hôte qui marchait, le bruit d'un cintre qui cognait contre le mur, le grincement de la porte, le ramenèrent à un présent certes pas idyllique mais réel. Et il fut surpris d'une envie soudaine : celle de se lever et d'aller prendre le petit-déjeuner avec Draco.

Il ne finit même pas la lecture de la lettre d'Hermione. Elle était bien là où elle était, elle pouvait attendre un peu.

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Harry fut surpris de sa forme ce jour-là. Draco le laissa l'accompagner dans sa précieuse serre et lui confia même de menues tâches dont Harry s'exécuta avec joie.

Ce n'est qu'au bout de plusieurs heures que l'évidence le frappa : il respirait bien. Il avait mal un peu partout mais il ne se sentait pas faible. Il n'avait pas de vertiges alors qu'il s'agitait depuis tout à l'heure. Deux bons jours consécutifs ? Ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé.

Puis il se souvient du breuvage magique (enfin, façon de parler) de Draco la veille. Se pourrait-il que … Trop beau pour être vrai, non ?

Il chercha du regard son hôte. A deux allées de là, à genoux au sol, Draco grattait la terre avec un outil de jardinage. Un rayon de soleil traversa le fameux toit en verre et tomba directement sur ses cheveux blonds, les faisant luire. Cela mis immédiatement une chanson en tête à Harry et il ne put s'empêcher de fredonner :

-Here comes the sun, doo doo doo doo, here comes the sun and I say « it's alright » …

Draco releva la tête à son tour et chercha Harry du regard avant de lui adresser un haussement de sourcils.

Sans savoir pourquoi, Harry ne trouva rien de mieux à faire que de poursuivre :

-Little darling, it's been a long cold lonely winter. Little darling, it's been like years since it ain't be clear …

-Franchement … grommela Draco comme si Harry venait de lâcher une bordée de jurons.

-Here comes the sun, doo doo doo doo, here comes the sun …

-C'est quoi ? La comptine que les moldus t'apprenaient quand tu étais petit ? grogna Draco.

Harry sursauta en réalisant. Sherlock Holmes c'était déjà terrible mais les Beatles, sérieusement !

Il se redressa d'un bon. C'était pas possible. Sa réserve de magie servirait à ça aujourd'hui, tant pis.

Draco le regarda avec des yeux ahuris passer devant lui à pas pressés et remonter l'allée centrale qui menait vers l'entrée de la serre.

-Je reviens, lui lança Harry par-dessus son épaule.

Si son passage sur cette terre ne devait servir qu'à une chose, il allait faire son éducation. C'était pas possible qu'il n'ait jamais entendu les Beatles, merde ! Il était sorcier certes mais britannique avant tout. Certaines lacunes étaient tout simplement intolérables.

Harry traversa la pelouse à grands pas, entra dans la maison et rejoignit sa chambre. Là, il déterra du fond de sa malle leur objet culte à Hermione et lui : un tourne-disque trouvé il y a quelques années dans le grenier d'une maison abandonnée et qu'Hermione avait trafiqué pour qu'il fonctionne à la magie. Ils avaient aussi récupéré une caisse de vinyles qui les avaient toujours suivis depuis. Harry rendit sa forme d'origine au tourne-disque et farfouilla dans la collection de disques miniaturisés par Hermione la dernière fois qu'elle les avait rangés là. Il finit par mettre la main sur celui qu'il cherchait : Abbey Road parce que tant qu'à faire dans le cliché… Et il lui rendit également sa forme initiale. Il devait lui rester juste assez de magie pour lire les deux faces de l'album en plus d'un Amplificarum.

Ce n'est qu'en retraversant la pelouse avec son fardeau en main qu'Harry s'aperçût que c'était très con de sa part de ne pas avoir attendu d'être revenu dans la serre avant d'annuler les sorts de rétrécissement d'Hermione … Toujours le champion de la suite dans les idées, décidément.

Qu'à cela ne tienne, il parvint finalement à bon port, posa l'instrument sur le tabouret que Malfoy avait sorti pour lui la dernière fois et le fit jouer.

-Les Beatles, dit-il en réponse au regard ahuri de l'autre homme qui grattait toujours sa même rangée. Je te lèguerai leurs albums à ma mort et tu me feras le plaisir de les apprendre par cœur !

Puis il se remit au travail comme si de rien n'était, tout en fredonnant l'air de rien sur quelques morceaux …

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Le soir même, à peine leurs dernières bouchées de reste de lasagnes avalées, Draco prit d'assaut la cuisine, étalant toutes sortes de plantes sur toutes les surfaces planes et monopolisant les brûleurs de gaz avec des chaudrons miniatures.

Fasciné, Harry prit place en face de lui et le regarda découper, presser et ciseler avec la rapidité et la précision que seules confèrent des années d'expérience.

Il ne proposa pas son aide tout comme Draco n'avait pas proposé la sienne pour préparer la salade qu'Harry leur avait concocté ce midi. Ils s'étaient entendus hier sur un partage des tâches et Harry savait combien ce genre d'équilibre était fragile.

-Tu crois … commença-t-il pris d'une idée soudaine. Mais il s'interrompît, ne sachant pas comment la formuler pour qu'elle sonne acceptable aux oreilles de l'autre homme.

Les sorciers étaient si réac parfois, Harry avait toujours peur d'une réaction outragée.

-Oui ? l'encouragea son hôte.

Apparemment, les préparations se passaient comme il voulait et il avait l'air de bonne humeur. C'était le moment d'en profiter.

-Tu crois que tu pourrais concocter quelque chose pour moi, une sorte de poison ou je ne sais pas quoi ? Quelque chose que je pourrais garder sur moi et avaler en dernier recours ? Tu sais, si jamais le besoin s'en fait sentir …

Draco s'interrompît net dans son touillage de mixture et le dévisagea très sérieusement.

-Tu te sens menacé ? lui demanda-t-il.

Harry dut faire un effort pour ne pas lui rire au nez. Ce n'était pas juste du domaine du ressenti, c'était un fait : il était gravement menacé.

Draco dut lire ce qu'il pensait sur son visage parce qu'il développa :

-Ici, je veux dire, enfin chez moi. Tu as peur qu'ils viennent te chercher ici ?

-Oh, compris Harry. Pas spécialement. Enfin pas plus qu'ailleurs. Je sais qu'ils finiront bien par y parvenir à un moment ou un autre ….

-Tu sais que cette maison est protégée par les sortilèges de défense de générations et générations de Malfoy, lui dit en même temps Draco, si bien que leurs mots se chevauchèrent.

Harry hocha la tête.

-Et si jamais le manoir était attaqué et que ses défenses étaient percées pour une raison que je ne m'expliquerais pas, poursuivit Draco, tu sais que je pourrais te défendre.

Il avait dit ça en détournant le regard pour ne pas croiser celui d'Harry. Ce dernier fut pris d'une envie dévorante de le toucher. Sa main, son bras, son visage, n'importe quoi. Une sorte d'urgence circulait dans ses veines, le rendant fébrile.

-Tu étais là euh … quand ma sentence a été prononcée, continua Draco. Je peux lancer des sortilèges de défense en n'importe quelles circonstances. Pas seulement si moi-même je suis attaqué.

-Pourquoi tu n'en as pas lancé un quand tu es tombé du toit ? lui demanda Harry.

Malfoy détourna le visage et répondit, penaud :

-Je n'avais pas ma baguette sur moi.

Harry ne pouvait pas lui jeter la pierre, il oubliait souvent la sienne aussi. À force de ne presque plus s'en servir, ça n'avait plus de sens de l'avoir toujours à portée de main.

-Tu as des raisons de penser que l'info sur ta présence ici pourrait fuiter ? s'enquit son hôte.

-Non. Il n'y a que trois personnes sur Terre qui savent que je suis ici : toi, moi et Hermione, lui révéla Harry.

-Et vos alliés ?

Harry eut un petit rire sans joie. Draco n'insista pas.

Un silence s'installa entre eux. Malfoy le brisa soudain, à la surprise d'Harry :

-Je vais réfléchir à ce que je peux te bricoler, Potter. Mais la situation n'est certainement pas si désespérée que ça.

Cette espèce de condescendance dans la dernière phrase aurait dû donner envie à Harry de le planter là. Au lieu de ça, il avait maintenant super envie de l'embrasser. Ô misère …