Bonjour ! :)

Il était une femme DouveVelane qui voulait écrire un gentil petit OS pour l'anniversaire de sa copine, Mrs Yoflam. Avec The White Quill, DouceVelane se moquait très souvent de Neville et de l'intérêt de Mrs Yoflam avait pour lui. Toutes deux ont commencé à énumérer tout un tas de loufoques péripéties qui auraient pu mettre Neville dans des situations particulièrement inconfortables. DouceVelane s'est alors dit : et si j'écrivais un petit OS sur Neville pour l'anniversaire de Mrs Yoflam ?

Nous étions début août, il ne restait que quelques jours avant l'anniversaire de son amie et DouceVelane s'est alors rendue compte que malgré tout l'amour qu'elle avait pour Mrs Yoflam, Neville ne l'inspirait définitivement pas.

Après quelques temps, DouceVelane s'est relancée dans l'écriture, trouvant enfin l'angle qu'elle voulait exploiter. Après quatre mois de pages blanches, 8 000 mots sont finalement sortis en une journée, donnant un OS faisant au total plus de 19 000 mots.

Pour vous épargner deux heures de lecture sur un OS, je l'ai donc divisé en trois chapitres et un épilogue, vous donnant ainsi une micro-fic.

Très bon anniversaire (à peine en retard) Mrs Yoflam ! Ou devrais-je dire, joyeux noël, plutôt, non ?

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- Il t'a fait quoi ? demanda Hermione en manquant de recracher son jus d'orange.

- Ne sois pas si prude, soupira Pansy.

- Je ne suis pas prude, je suis simplement… surprise.

Pansy leva les yeux au ciel, décrocha une cigarette de son paquet et la coinça entre ses lèvres.

- Tu pourrais éviter de fumer à l'intérieur quand je suis là ? maugréa Hermione.

Cette fois-ci, les yeux de Pansy se levèrent tellement qu'ils manquèrent de disparaître derrière ses paupières.

- Je ne dois pas fumer, je ne dois pas boire d'alcool avant midi, je ne dois pas laisser traîner mon vibro sur la table du salon, et je ne dois pas faire trop de bruit quand je baise. Autre chose, Granger ?

- Mais enfin, c'est du bon sens !

- C'est ton bon sens. Tu veux quoi ? Que je devienne une nonne ? Que j'arrête de boire, de fumer et de prendre mon pied, peut-être ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, grommela Hermione.

- On n'est pas toutes comme toi, Sainte-Granger, à nous contenter d'une baise minable trois fois par an et à manger des légumes crucifères à tous les repas.

- Tu abuses-là…

- Vraiment ? C'était quand la dernière fois ?

- Je ne sais plus vraiment, peut-être…

- Mauvaise réponse, la coupa Pansy. Tu as vingt-sept ans, tu vis dans la ville la plus dynamique du monde entier et tu te contentes du minimum. Demain, je te reposerais la question et tu sais ce que je veux entendre ? Hier soir, Pansy, et j'ai pris mon pied comme jamais !

Clope à moitié consumée au bout des lèvres, rouge à lèvre rouge pétasse parfaitement apposé et escarpins démesurés aux pieds, Pansy ramassa son sac à main et lança un dernier regard à sa colocataire avant de claquer la porte derrière elle.

Hermione poussa un long soupir. Pansy avait sûrement raison. Elle passait à côté des plus belles années de sa vie.

Hermione était venue s'installer à New York trois ans auparavant. Elle venait de terminer son master et entamait tout juste son doctorat. Elle s'était imaginé que tout serait différent aux Etats-Unis, qu'elle recommencerait tout à zéro, qu'elle réussirait enfin à allier études et vie privée. Mais Hermione était une travailleuse acharnée et rien ne parvenait à la détourner de l'objectif qu'elle s'était fixé : devenir chercheur en neurosciences.

Aujourd'hui, elle n'était même pas persuadée d'être passionnée par le domaine. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire d'autre ? Elle venait de passer presque dix ans de sa vie à étudier sans relâche, à toujours aller plus loin. Il n'était plus l'heure de reculer. Dans un an, peut-être deux, elle terminerait enfin sa thèse, soutiendrait et sortirait de l'amphithéâtre avec les félicitations du jury. Elle trouverait une excellente place dans une université hautement cotée, peut-être Princeton ou même le MIT et révolutionnerait le monde avec ses recherches. Comment pouvait-il en être autrement ? Son avenir avait été tracé à la seconde où elle avait tenu son premier microscope entre les mains. Elle devait avoir à peine trois ans, n'avait aucune idée de comment se servir de cette machine mais ses parents avaient insisté : notre fille est un génie, il faut l'y pousser dès le plus jeune âge.

Hermione avait appris à étudier avec plus d'assiduité que quiconque, à impressionner ses professeurs et faire soupirer ses camarades. Elle savait résoudre une équation plus rapidement que quiconque, interpréter des résultats sans jamais commettre une seule erreur et nommer les moindres cellules du corps humain.

Mais Hermione n'avait pas appris à se faire des amis, à se prendre une bonne cuite ou à tout simplement laisser couler. Hermione était une associale ambulante qui craignait tout bonnement de vivre sa vie de jeune femme.

Pansy, sa colocataire, lui était diamétralement opposée. Elle sortait tous les soirs, se branlait sur le canapé du salon, prenait un verre de shot au petit déjeuner pour faire passer la cuite de la veille, fumait deux paquets par jour, s'astreignait à un rythme minimum de six orgasmes par semaine et malgré tout, réussissait tout ce qu'elle entreprenait.

Pansy était un mystère pour Hermione qui ne comprenait pas comment on pouvait mener une si belle carrière dans le journalisme de mode et une telle vie de débauche à la fois.

Peut-être aurait-elle dû prendre exemple sur elle ? Peut-être devrait-elle se laisser aller, au moins une fois de temps en temps et boire jusqu'à oublier son nom ?

Et si elle commettait une erreur ? Et si, trop saoule, elle appelait son directeur de thèse pour lui annoncer qu'elle plaquait tout ? Et si elle se faisait écraser en rentrant chez elle en titubant ? Et si elle chopait une infection en couchant avec un parfait inconnu ?

Mais vis, putain !

La voix de Pansy soupirant d'exaspération résonna en elle comme un boomerang.

Pansy avait raison.

Ce soir, pour la première fois, Hermione vivrait sans craindre les conséquences de ses actes.

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Le café dans la tasse de Pansy fumait presque autant que la clope qu'elle tenait entre son index et son majeur manucurés.

Hermione, les yeux baissés sur son verre de jus d'orange n'en menait pas large. Elle ne vit pas Pansy lorsqu'elle la toisa de son regard en coin ni lorsqu'elle la pointa du bout de sa cigarette.

- Alors Granger, c'était quand la dernière fois ?

Elle lui avait promis, elle l'avait fait. Hermione savait que cette question reviendrait ce matin, n'était-ce pas pour ça qu'elle s'était engagée envers elle-même à sortir et à faire la fête ?

Mais voilà, son directeur de thèse avait appelé, il y avait quelques corrections à apporter aux chapitres qu'elle lui avait envoyés. Elle s'était jurée de ne pas partir trop tard, de remettre au lendemain mais Hermione en avait tout bonnement été incapable. Les cernes sous ses yeux n'avaient rien à voir avec la musique d'un bar bondé d'étudiants, non. Hermione s'était encore une fois abîmé les yeux à regarder des cellules souches se battre en duel à travers les loupes de son microscope. Elle y avait passé toute la nuit, ne s'arrêtant que lorsque le personnel d'entretien l'avait sommée de quitter le bâtiment.

Face au silence d'Hermione, Pansy soupira.

- Qu'est-ce qui t'en empêche ? lança-t-elle en prenant place sur le tabouret de la table où elles petit-déjeunaient.

- Comment ça ? demanda Hermione en fronçant les sourcils.

- Et bien je ne sais pas, peut-être que tu n'aimes tout simplement pas ça ? J'ai entendu dire qu'il y avait des gens comme ça qui ne prenait jamais leur pied, c'est peut-être ton cas ? Ça t'emmerde les queues ?

Les joues d'Hermione se colorèrent de rouge et son regard se fit fuyant, en quête d'un endroit où elle pourrait s'enterrer immédiatement. Comment Pansy pouvait-elle aborder le sujet aussi librement ? N'avait-elle vraiment aucune notion de pudeur ?

- Je ne sais pas, moi, enchaîna-t-elle, il doit bien y avoir une explication à ta vie de retraitée, non ?

Hermione ne répondit rien, se contentant de hausser les épaules, espérant que son absence de réponse mette un terme rapidement à cette conversation gênante.

- Alors, t'aimes ça ou pas ? insista Pansy.

De toute évidence, elle ne lâcherait pas le morceau et Hermione ne s'en tirerait pas aussi facilement.

- Oui je veux dire… Oui, j'imagine que oui, bredouilla-t-elle.

- Comment ça tu imagines que oui ? Les peu de fois où tu t'envoies en l'air tu apprécies, non ?

- Oui, c'est pas mal, répondit Hermione, de plus en plus mal à l'aise.

Pansy marqua une pause durant laquelle elle ne la quitta pas des yeux. Elle n'amorça un mouvement que pour écraser sa cigarette dans l'évier de la cuisine, prit une grande inspiration et posa une main à la fois compatissante et particulièrement avilissante sur le bras d'Hermione.

- Je crois que le problème est plus sérieux que ce que j'imaginais. Que ce soit pas mal, comme tu dis, ça arrive. Parfois tu tombes sur un abruti qui pense certainement que ton clitoris se situe au fin fond de tes amygdales. Mais rassure-moi, ce n'est quand même pas toujours le cas ?

Hermione haussa de nouveau les épaules, pas certaine d'être prête à assumer la question qui suivrait, fatidiquement.

- Granger, il faut que je te le demande, c'est du ressort de ma santé mentale. Est-ce qu'au moins ils te font jouir ?

Elle s'en doutait et elle avait eu raison. Pansy allait forcément y venir. Mais comment révéler à la femme qui la réveillait une nuit sur deux en poussant des hurlements que non, Hermione ne jouissait pas ?

Visiblement, elle n'eut besoin de rien dire pour que Pansy traverse la pièce pour la prendre dans ses bras. Elle semblait à deux doigts de se mettre à pleurer. Hermione grimaça et se détacha de son étreinte.

- Arrête, grogna-t-elle. Je ne suis pas une pauvre petite malheureuse pour autant.

- Non bien sûr que non mais…

Mais elle ne semblait pas y croire un traître mot.

- Mais rien du tout, Pansy. C'est comme ça, c'est tout. Je n'ai jamais vraiment le temps d'y penser et puis souvent, j'ai trop de choses en tête pour me laisser aller alors forcément…

- On va trouver une solution, ne t'inquiètes pas.

Pansy ne semblait jamais avoir été aussi concernée qu'en ce moment et Hermione s'en sentie plus humiliée encore.

- Vendredi soir, ne prévois rien, je m'occupe de tout.

Hermione n'eut pas le temps de décliner que Pansy avait déjà récupéré son sac et sortait de l'appartement.

Foutue colloc.

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Hermione avait tout fait pour éviter cette soirée. Elle avait téléphoné à ses parents, leur demandant ce qu'ils faisaient ce weekend et si elle pouvait passer mais tous les deux avaient décliné. Elle n'avait pas un centime en poche et ils refusaient de lui payer un billet d'avion seulement pour deux jours.

Elle aurait bien voulu se tourner vers ses amis mais, bien vite, Hermione vint au triste constat qu'elle n'était que maigrement entourée. Il y avait bien un ou deux camarades de promo avec qui elle avait discuté quelques fois mais ses relations s'arrêtaient là. La meilleure amie d'Hermione était la science et malheureusement, cette fois-ci, elle ne pouvait rien pour elle.

Elle simula un début d'angine, se mit à tousser et à renifler bruyamment dès le mercredi mais Pansy n'était pas dupe et son regard cinglant parlait pour elle. Hermione s'était donc résignée. Cette fois-ci, elle n'allait pas pouvoir y couper.

- Bien, commença Pansy avec un sérieux qu'Hermione ne lui connaissait pas. On va d'abord s'occuper de cette tignasse qui te sert de cheveux. Tu as déjà entendu parler de lotion capillaire, non ?

Hermione lui lança son regard le plus sombre. Il était hors de question que Pansy se lance dans un relooking. Elle n'était peut-être pas très coquette ni particulièrement férue de mode mais elle refusait que qui que ce soit la travestisse.

- Très bien, c'est bon, calme toi, souffla Pansy. On va se contenter de les attacher dans ce cas. Un chignon, c'est bien un chignon, non ?

Hermione hocha la tête et se laissa entraîner dans la salle de bain. Elle poussa quelques cris quand Pansy venait à tirer sur ses mèches folles et pesta plus d'une fois mais finit par apprécier l'image qu'elle renvoyait dans le miroir. Elle se laissa même tentée par une pointe de rouge à lèvre et enfila sa robe préférée.

- Et ben voilà quand tu veux. Ça nous a pris quoi, quinze minutes ? Tu pourrais le faire tous les jours, tu sais.

Hermione leva les yeux au ciel en soupirant et croisa les bras sur sa poitrine en attendant que Pansy se prépare à son tour. De toute évidence les quinze minutes se transformèrent en trois quart d'heure et Hermione avait fini par allumer la télévision, se collant devant un programme minable en attendant que sa colocataire soit enfin décidée à sortir de la salle de bain.

- Bon, on y va ? demanda-t-elle finalement, sur le pas de la porte.

Ne relève pas Hermione. Surtout, ne relève pas, s'entendit-elle penser en tentant de garder son calme.

Il était vingt et une heures et Pansy, un air à la fois séducteur et mystérieux collé au visage, se pavanait dans les rues de New York. Hermione, en retrait, se demandait déjà si elle ne ferait pas mieux de faire demi-tour pour enfiler une combinaison pilou-pilou et engloutir son poids en pop-corn.

Mais Pansy venait d'entrer dans un bar et comme un bon petit pantin, Hermione la suivit sans trop réfléchir. Elle commanda des shots et Hermione se demanda si elle avait prévu de payer une tournée générale ou si elle voulait la voir vomir avant même d'avoir franchi la piste de danse.

La seconde option fut la bonne quand elle vit Pansy pousser vers elle cinq ou six verres remplis à ras bord. Hermione soupira, trempa ses lèvres dans le premier, grimaça outrageusement et le laissa retomber sur le bar.

- Je vais prendre un Bloody Mary, demanda-t-elle au barman, ignorant superbement les shots qui s'étalaient devant ses yeux.

- Mon dieu que tu es triste, soupira Pansy, avalant les verres qu'Hermione avait négligés.

Hermione fit semblant de ne rien avoir entendu et commença à siroter son cocktail, habilement cachée derrière la branche de celeri.

Au bout d'un quart d'heure, elle comprit que rien de plus n'adviendrait de cette soirée. Pansy avait déjà tenté par trois fois de l'entraîner sur la piste de danse, sans succès et se trémoussait désormais devant un homme qui avait l'âge d'être son père.

Les lèvres vaguement serrées autour de sa paille, Hermione baragouinait pour elle-même, pestant sur sa colocataire et ses idées plus stupides les unes que les autres.

- Moi non plus je n'aime pas vraiment ce genre de soirées, entendit-elle dans son dos.

Hermione se retourna, intriguée, et tomba nez à nez avec un charmant jeune homme. Il n'avait pas l'air plus à l'aise qu'elle dans cet environnement de fête et d'alcool. Il tenait une bouteille de bière à la main, l'air mal-assuré, n'ayant pas vraiment l'air de savoir ce qu'il était supposé faire avec.

Elle lui adressa un petit sourire timide auquel il répondit en rougissant légèrement.

- C'est ma coloc qui m'a trainée de force jusqu'ici, répondit Hermione en désignant Pansy d'un coup d'épaule.

- La jolie brune qui danse avec le trader entre deux-âges ?

- C'est bien ça, pouffa Hermione.

- On dirait qu'elle n'a besoin de personne pour s'amuser.

- Je ne te le fais pas dire, soupira Hermione. Le truc c'est qu'elle s'est mise en tête de… de…

Non. Hermione ne pouvait décemment pas révéler à un parfait inconnu dans un bar que sa colocataire s'était fait une idée fixe de lui trouver un plan cul suffisamment convenable pour la faire jouir. Pour qui passerait-elle ?

- De ? demanda-t-il en haussant un sourcil intrigué.

- De ma faire plus profiter de la vie, répondit Hermione en souriant maladroitement.

Il hocha la tête.

- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle.

- Je garde un œil sur mon père en m'assurant qu'il ne fasse pas d'une fille plus jeune que moi ma nouvelle belle-mère.

- Attends tu veux dire que…

- Que c'est dans la bouche de mon père que ta coloc vient de fourrer sa langue ? Tout à fait, c'est bien ça.

Hermione écarquilla les yeux, partagée entre l'envie d'exploser de rire et l'horreur que la scène représentait. Le rire prit le dessus et le jeune homme la regarda en souriant, visiblement aussi habitué que blasé d'assister à ce genre de spectacle.

- Hermione, enchantée, déclara-t-elle finalement en tendant la main vers lui.

- Neville, répondit-il en souriant. Je peux m'asseoir ? Tu sembles avoir le point de vue idéal pour garder ces deux-là à vue.

Hermione accepta et passa une délicieuse soirée. Pansy était ivre morte et titubait plus qu'elle dansait. Hermione, elle, s'était contentée d'un cocktail ou deux et passait de longues minutes à contempler le regard noisette de son nouvel ami.

Elle apprit qu'il travaillait dans les finances, comme son père, pour une grande entreprise de livraison de fleurs. Il avait le même âge qu'elle, n'appréciait pas vraiment les sorties en boîte ni les réveils brumeux par l'alcool. Il trouvait son sujet de thèse absolument passionnant et n'avait pas poussé le moindre soupir pendant la demi-heure où elle lui expliqua en long et en large la différence entre une cellule et un atome.

Elle eut envie de passer sa main dans ses cheveux quand il se pencha vers elle pour ramasser ses clés qu'il venait de faire tomber. Elle eut envie de l'embrasser quand il ne la lâcha pas des yeux pendant de longues minutes. Mais Hermione n'en fit rien, bien trop timide, bien trop peu sûre d'elle pour amorcer quoi que ce soit.

Et puis Pansy s'échoua sur leur table, décrétant qu'elle avait trop bu. Hermione soupira et s'extirpa de la banquette pour l'aider à se relever. Elle échangea un dernier regard avec Neville lorsqu'il fit entrer son père dans un taxi et qu'elle tentait de maintenir Pansy sans qu'elles ne s'écroulent toutes les deux.

Elles n'avaient pas fait deux mètres que déjà, Pansy décida de s'arrêter en plein milieu du trottoir pour faire une petite pause. Hermione soupira tellement qu'elle fut au bord de l'évanouissement. Elle se demanda comment elle allait bien pouvoir la ramener jusque chez elles quand deux bras solides entourèrent le corps frêle de Pansy pour la soulever. Hermione paniqua, se demandant si son amie n'allait pas tout bonnement se faire enlever. Et puis, elle reconnut le doux visage de Neville et son sourire revint.

- Tu veux un coup de main pour la ramener ? demanda-t-il en souriant.

Hermione ne put qu'accepter, soulagée et écouta Pansy clamer qu'elle venait de trouver son prince charmant pendant la bonne moitiée du trajet.

A cette heure-là, les métros ne circulaient plus dans la ville et Hermione était bien trop fauchée pour envisager de prendre un quelconque taxi. Ils durent donc marcher pendant une bonne heure avant d'apercevoir la porte de leur immeuble.

Pansy avait commencé à décuver et était maintenant à même de marcher toute seule, ses idées devenant plus claires de minutes en minutes.

- Tu… tu veux monter prendre un dernier verre ? demanda une Hermione rouge écarlate d'avoir eu l'audace de formuler sa question.

- Avec plaisir, répondit Neville, tout sourire.

Hermione lui indiqua le salon, lui proposant de se servir dans les placards le temps qu'elle mette Pansy au lit.

Sans ménagement, elle la colla sous la douche, profitant qu'elle retrouve ses esprits pour la sermonner.

- Plus jamais je ne sors avec toi ! s'entendit-elle vociférer alors que Pansy se prenait la tête entre les mains.

- Oh ça va, grommela-t-elle pour simple réponse.

- Non ça ne va pas ! Tu m'as laissé toute seule pendant que tu te saoulais avec un inconnu !

- Détends-toi, Granger, soupira Pansy en s'entourant d'une serviette.

Elle se sécha méticuleusement, reposa la serviette sur le crochet derrière la porte et examina Hermione de haut en bas.

- Toi aussi tu devrais prendre une douche, décréta-t-elle, tu es couverte de jus de tomate.

Hermione baissa les yeux sur sa robe. Comment avait-elle pu se renverser autant d'alcool sur elle sans même s'en rendre compte. Elle soupira, retira le tissu alors que Pansy ouvrait la porte en grand, sortant nue dans le couloir.

Elle lui hurla de s'habiller mais n'obtint d'un joli majeur manucuré levé à son encontre.

Hermione soupira, entra à son tour dans la douche, tâchant de faire le plus vite possible pour ne pas laisser Neville attendre plus longtemps. D'humeur audacieuse, elle n'enfila rien d'autre que le somptueux peignoir en soie de Pansy et sortie, les joues pâmées de rose et le cœur battant jusque dans le salon.

Un verre à moitié vide trônait sur la table basse mais personne pour le finir. Hermione regarda dans la cuisine, dans le couloir et même sur le balcon, personne.

Elle soupira de nouveau. Neville était parti.

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Le lendemain matin, Hermione était plus déprimée que jamais. Elle qui pensait avoir enfin trouvé quelqu'un de digne d'intérêt… Elle n'avait même pas son nom de famille ou son numéro de téléphone pour tenter de le recontacter.

Neville s'était évaporé, la laissant seule et frustrée au milieu des couvertures.

Elle resta couchée une bonne partie de la matinée, ne se levant que lorsqu'on vint sonner à leur porte d'entrée. Après la cuite que venait de se prendre Pansy, il ne fallait pas compter sur elle pour daigner se lever.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle se retrouva face à un épais bouquet de fleurs, plus fournie qu'elle n'en avait jamais vu.

Neville, devina-t-elle instinctivement.

Un large sourire aux lèvres, elle récupéra le bouquet, remercia le fleuriste et ne fit même pas attention à Pansy qui sortait de sa chambre en traînant des pieds, préférant courir dans la cuisine pour lire la carte qui était accrochée aux fleurs violettes.

Merci pour cette nuit fabuleuse. Je n'ai pas osé te réveiller ce matin, tu dormais si bien. J'ai ajouté mon numéro de téléphone à tes contacts, appelle-moi. - Neville.

Hermione s'effondra sur le canapé.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Pansy qui passait derrière elle.

Pour toute réponse, Hermione lui tendit la carte mollement, se disant qu'elle ne ferait plus jamais confiance à qui que ce soit.

- Oh, un bouquet de pensées. C'est une jolie attention, lâcha Pansy en chiffonnant la carte pour la jeter aux ordures.

Hermione la foudroya du regard, se demandant comment elle allait bien pouvoir lui faire payer.

- Tu tires une de ces gueules, Granger. T'as passé une mauvaise nuit ?

- Tu te moques de moi, là ? grogna-t-elle, prise d'une rage qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps.

Pansy fronça les sourcils, ne comprenant vraisemblablement pas où elle voulait en venir.

- Tu as couché avec lui ! vociféra Hermione pour l'aiguiller.

Mais Pansy ne semblait pas plus comprendre où était le problème.

- C'était mon recart, Pansy !

Elle grimaça, lui lança un regard désolé et s'enfonça dans la cuisine pour se servir un café. Hermione n'en revenait pas.

- Si tu veux mon avis, tu n'as rien loupé, lança Pansy. Enfin si, un peu, c'était un très bon coup. Mais ce mec m'a sauté dessus à la seconde où je suis sortie de la salle de bain. Comment je pouvais deviner qu'il était ton recart ?

Hermione lança rageusement le coussin qu'elle maltraitait entre ses bras depuis le début de leur conversation.

- Et tu ne t'es pas demandé ce qu'un mec foutait au beau milieu de notre salon ?

- J'ai cru que je l'avais allumé, répondit-elle simplement en haussant les épaules. Écoute Hermione j'étais complètement déchirée et pour ma défense c'est bien la première fois que tu laisses un type traîner sur le canapé, comment j'étais censée deviner qu'il était avec toi ?

- Mais… bredouilla Hermione, mais on a passé toute la soirée ensemble ! Il m'a aidé à te ramener chez nous !

- Je suis désolée Hermione. J'étais nue, il m'a regardé avec envie, je ne me suis pas posée plus de questions, je l'ai embrassé et puis… voilà.

- Je croyais qu'il t'avait sauté dessus ?

- Est-ce que ça a vraiment de l'importance ?

Elle allait la tuer. Sur le champ, s'il le fallait, elle allait la tuer.

Mais Pansy n'avait pas l'air plus concernée que ça et se contenta d'allumer une énième cigarette.

- Je te le laisse si tu veux. Apparemment j'ai son numéro maintenant, tu n'as qu'à l'appeler.

- Oh ben oui, bien sûr, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Je meurs d'envie de rappeler le type qui était venu pour moi et qui a fini dans ton lit !

- Ça va, ça va, soupira Pansy, j'ai compris. Tu sais quoi, je vais me rattraper. Ce soir j'appelle un copain à moi, pour toi. Tu vas voir, c'est un vrai dieu grec et il baise… Mon dieu c'est incroyable. C'est un vrai connard par contre, ne compte pas sur lui pour t'envoyer des fleurs au petit déjeuner, rit-elle, comme si c'était la chose la plus hilarante qui puisse exister. Mais au moins, tu vas prendre un pied d'enfer et on sera quitte, d'accord ?

Hermione poussa un cri rageur dans les coussins du canapé. Elle allait la tuer. C'était décidé, elle allait vraiment la tuer.

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- Mais t'es pas sérieuse, là ? demanda-t-elle dans un chuchotement nerveux.

- Ben quoi ? demanda Pansy en haussant les épaules.

Pansy se hissa sur la pointe des pieds pour récupérer les verres à vin en haut de l'étagère.

- Je croyais que tu blaguais !

- Relaxe, Granger. Drago est là pour boire un verre avec nous. Laisse-toi aller, tu verras.

- Mais je n'ai aucune envie de me laisser aller !

Pansy leva les yeux au ciel, attrapa une bouteille de vin et se retourna, tout sourire, pour rejoindre Drago qui attendait au salon.

Hermione avait le cœur qui battait la chamade et ses joues étaient en feu. Elle détestait cette nouvelle situation dans laquelle la mettait Pansy. Elle n'avait aucune envie de prendre un verre avec un homme qu'elle avait missionné pour coucher avec elle. Et d'ailleurs, quel genre d'homme acceptait de rendre ce genre de service à son amie ? Était-ce un professionnel ? Certes, Hermione n'avait pas connu d'homme depuis longtemps mais elle n'était pas désespérée à ce point.

- Hermione, est-ce que tu peux nous ramener quelques olives ? la héla Pansy.

- Tu peux te les coller où je pense tes olives, grommela-t-elle en saisissant tout de même le bocal depuis le réfrigérateur.

Et puis elle entendit un rire derrière elle, traînant et plutôt mesquin. Un genre de rire qui oscille entre la moquerie et la satisfaction. Un genre de rire qu'elle détesta dès les premières notes.

Elle ne lui fit pas le plaisir de sursauter ni même d'afficher un rictus gêné. Du moins, elle essaya. Sans grand succès vu la mine qu'il affichait.

- Tu as besoin de quelque chose ? demanda poliment alors qu'elle rêvait de l'envoyer se faire voir, lui et son sourire ravageur.

- Je venais chercher les olives, répondit-il d'abord faussement désintéressé. Mais je crois que ce n'est pas ici que je vais les trouver, ajouta-t-il dans un sourire en coin qu'elle détesta tout autant que son rire.

Il n'en fallut pas plus pour qu'elle se mette à bredouiller, mal à l'aise et que, dans sa précipitation, fasse tomber le pot d'olives au sol. Il arqua un sourcil hautain en le regardant, ne bougeant pas d'un centimètre lorsqu'elle se baissa pour ramasser les bouts de verre. Immanquablement, elle se coupa le doigt et laissa passer un "saperlipopette" qui lui valut un nouveau rire moqueur de la part de Drago.

Elle lui jeta un regard furieux avant de se passer la main sous l'eau, pestant contre elle-même dans un gloubi-boulga de paroles insensées.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? s'exclama Pansy en entrant à son tour dans la cuisine.

- Je crois que ta copine n'avait pas très envie de t'apporter des olives, lança Drago en continuant de la fixer.

- Super, soupira Pansy. Maintenant ça va sentir le vinaigre pendant des semaines.

Ce fut la goutte d'eau. Hermione se releva brutalement, ne s'attardant même pas sur le fait qu'elle venait de se cogner le coin du crâne contre la table de la cuisine et lui lança un regard furieux.

- Tu te fous de moi ? rugit-elle, saturée par l'enchaînement des événements. D'abord il y a eu ton comportement au bar, et puis… et puis avec Neville et maintenant… je… vraiment tu es une personne… tu es…

Et Drago continuait à glousser sans même se cacher, la regardant fulminer sans bouger le petit doigt.

- Elle est… ? l'encouragea-t-il à finir dans un rictus plus moqueur encore que les précédents.

Hermione avait envie de se mettre à pleurer mais il était hors de question qu'elle s'abaisse à cela devant eux. De rage, elle ramassa une olive qui trainait au sol pour la jeter dans leur direction.

- Vous êtes… vous êtes… Raaaah ! hurla-t-elle, rageuse de ne pas parvenir à trouver ses mots.

Elle s'enfuit à grandes enjambées, les bousculant au passage pour s'enfermer dans sa chambre.

- Drago, je te présente Hermione, ma colocataire, soupira Pansy alors qu'Hermione claquait la porte de sa chambre dans un nouveau cri de rage.

Le soit-disant dieu du sexe attendra. Hermione n'avait aucune envie d'avoir quoi que ce soit affaire avec cet odieu personnage.

Mais le répit fut de courte durée et déjà Pansy ouvrait sa porte à la volée pour rentrer dans sa chambre. Hermione s'était réfugiée sous les couvertures, partagée entre l'envie de leur régler leur compte une bonne fois pour toute et de prendre le premier vol pour Londres.

- Tu m'expliques ? demanda-t-elle en la toisant de haut, les bras résolument croisés sur sa poitrine.

- C'est quoi son problème à ton copain, là ? s'énerva Hermione en se redressant en position assise sur son lit.

- Je t'ai dit que Drago était un connard, non ? Mais qu'est-ce que ça peut bien faire. Il était là juste pour que vous passiez une nuit ensemble, pas qu'il te passe la bague au doigt !

- Mais je n'ai aucune envie de passer la nuit avec lui !

- Rassure-toi, grommela Pansy, après le cirque que tu viens de nous faire dans la cuisine, ça ne risque pas d'arriver.

Hermione prit un oreiller pour se cacher le visage à l'intérieur. Pourquoi fallait-il qu'elle se donne toujours en spectacle de la sorte ? Elle ne pouvait pas simplement canaliser ses émotions, de temps en temps ?

- Tu veux venir boire un verre avec nous et on oublie tout ça ? demanda Pansy en posant une main compatissante sur son avant-bras.

Hermione secoua la tête, n'ayant aucune intention de sortir de cette chambre. Plus jamais. Elle mourrait ici s'il le fallait.

Pansy soupira, arguant qu'elle était vraiment incroyable quand elle le voulait et sortit pour la laisser seule.

Dans ces moments-là, Hermione se détestait. Elle avait honte, si honte d'elle-même qu'elle en devenait particulièrement ridicule. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, elle ne pouvait pas se joindre à eux dans le salon alors que ce type l'avait vu se mettre dans un état pitoyable.

Non, tant pis pour son samedi soir, Hermione le passerait devant son ordinateur, peaufinant ses travaux de recherche. De toute façon, il n'y avait que ça de réellement important. L'opinion de ce Drago ne devait et ne compterait pas pour elle.

Mais voilà, si étudier restait son occupation de prédilection, Hermione restait tout de même une humaine avec quelques besoins primaires. Et vers minuit, après avoir déjà tenté d'ignorer par dix fois son ventre gargouillant, elle finit par se résoudre à aller chercher de quoi grignoter.

Elle colla son oreille à la porte de sa chambre, tentant d'entendre le moindre signe de vie mais rien. Avec un peu de chance, Drago était rentré chez lui ou s'occupait autrement dans la chambre de Pansy.

Prenant tout de même quelques précautions, elle sortit dans le couloir sur la pointe des pieds et rejoignit la cuisine, tête basse. Les lumières du salon étaient restées allumées, grand classique de Pansy Parkinson. Hermione les éteignit, rejoignit la cuisine et monta sur une chaise pour atteindre le placard qui hébergeait le pain de mie.

- Bonsoir, entendit-elle simplement.

Hermione manqua de tomber de sa chaise. Cette voix, traînante et sensuelle, avait perdu de ses accents de moquerie et lui couvrit le dos de frissons. Ne pouvait-il tout simplement pas rentrer chez lui ? Ils étaient au beau milieu de la nuit et de toute évidence, Pansy était partie se coucher. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire encore ici ?

- Où est Pansy ? demanda Hermione.

Elle ne se retourna pas, continua de farfouiller dans le placard comme si elle ne trouvait pas ce qu'elle cherchait. Elle refusait de le regarder dans les yeux, d'affronter son jugement et ses grands airs.

- Dans sa chambre, répondit-il sobrement. Elle vient de recevoir un appel.

Un appel ? A cette heure avancée de la nuit ? Pansy était vraiment hors du commun. Mais pour l'heure, Hermione voulait simplement retourner dans sa chambre, s'enfiler la moitié du pot de beurre de cacahuète et s'endormir devant une comédie romantique minable.

- Ah, répondit-elle sommairement. Et bien, bonne soirée.

Il fallait qu'il parte. Il fallait qu'il retourne au salon, qu'il la laisse s'en aller tranquillement et qu'elle n'ai pas à le regarder. Mais elle n'entendit pas le moindre bruit de pas s'éloigner. Drago restait planté là, dans son dos, la regardant déplacer les paquets de gâteaux et les brioches depuis cinq minutes. Elle ne pouvait pas rester là plus longtemps au risque de passer pour plus folle qu'elle ne l'était déjà. Alors, elle prit son courage à deux mains, descendit de la chaise, veilla à garder la tête basse et avança jusqu'à la porte.

Mais Drago se tenait juste devant, lui bloquant le passage. Elle attendit quelques secondes, se disant que la bienséance voudrait qu'il comprenne par lui-même mais cet homme n'avait décidément aucun savoir vivre. Alors, dans une infinie lenteur, elle finit par relever le visage vers lui, s'apprêtant à lui demander de se décaler.

Son regard s'accrocha au sien et Hermione se demanda ce qu'il avait à la fixer de la sorte. Drago ne bougea pas d'un millimètre jusqu'à ce qu'il vienne coincer sa lèvre entre ses dents. Du bout du doigt, il effleura la main d'Hermione, remontant délicatement le long de son bras, jusqu'à son visage. Il tint son menton entre ses doigts et Hermione se crispa, comme tétanisée, incapable de faire le moindre mouvement. Il rapprocha son menton de son visage, si près qu'elle pouvait sentir son souffle buter contre ses lèvres. Et puis, sans prévenir, il changea d'orientation, ramena sa bouche à son oreille et lui murmura :

- Bonne soirée, Hermione.

Avant de faire demi-tour.

Elle détestait ce type. Pour qui se prenait-il à la toucher de la sorte, dans sa propre cuisine ?

Rageusement et retrouvant enfin la pleine possession de ses membres, elle retourna dans sa chambre, claqua la porte derrière elle et laissa sa respiration reprendre un cours normal. Mais pourquoi son cœur n'arrêtait-il pas de battre aussi vite ?