Bonjour !
Etant donné que cette histoire est un OS à la base (et que si j'attends plus longtemps Mrs Yoflam va me trucider), voici déjà la suite ! Les deux prochains chapitres arriveront également dans les jours suivants.
Bonne lecture !
.
.
.
- Plus jamais. Tu m'entends, Pansy ? Plus jamais tu ne ramènes ce type à la maison !
- Parce qu'il t'a vu péter un cable contre un bocal d'olive ? demanda Pansy, lui soufflant sans vergogne la fumée de sa cigarette au visage.
- Oui et puis… et puis il est particulièrement détestable, voilà ! Il s'est complètement fichu de moi hier soir dans la cuisine, en refusant de me laisser passer.
Pansy leva les yeux au ciel et hocha distraitement la tête, comme si elle avait quoi que ce soit à faire de ce qu'Hermione disait. Mais déjà, elle voyait que son esprit était ailleurs. Cigarette coincée entre les lèvres, Pansy pianotait sur son téléphone à une vitesse hallucinante.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Hermione.
Pansy ne répondit rien, reposa le téléphone en soupirant et s'apprêtait à relancer la conversation quand son portable se mit à vibrer. Jamais Hermione ne l'avait vu sauter aussi vite dessus pour regarder son message. Elle prit quelques secondes pour le lire, afficha un petit sourire satisfait et le reposa sur table.
- Je vais le faire patienter quelques minutes, décréta-t-elle pour elle-même.
- A qui est-ce que tu parles ? C'est Drago, c'est ça ? Vous vous moquez bien de moi tous les deux, j'en suis sûre.
Et encore une fois, Pansy leva les yeux au ciel.
- Tu es complètement parano ma pauvre. D'ailleurs, si ça peut te rassurer, Drago et moi n'avons même pas reparlé de ta petite crise de folie, hier soir.
Elle aurait dû se sentir rassurée. Elle aurait dû apprécier qu'ils n'aient pas comméré derrière son dos. Mais, sans savoir pourquoi, un sentiment de frustration l'envahit. Ils n'avaient même pas parlé d'elle, comme si elle n'existait pas, comme si elle était tellement pathétique et insignifiante que même ses éclats de rage ne valaient pas le coup d'être évoqués. A bien y réfléchir, l'indifférence était pire que la moquerie et Hermione détestait ça.
.
.
Les semaines suivirent leur cours et Hermione se replongea avec la même application que d'ordinaire dans ses études. Finis les sorties avec Pansy, ses conseils à la con qui ne lui apportaient finalement rien de bon. Hermione redevenait cette étudiante studieuse et appliquée qu'elle avait toujours été. D'ailleurs, Pansy la laissait plutôt tranquille ces derniers temps. La déconvenue avec Drago avait peut-être suffit à lui faire comprendre qu'Hermione n'était ni intéressée, ni prête pour ce genre de rendez-vous arrangés.
Pansy ne désertait plus l'appartement aussi régulièrement qu'avant. Elle passait des heures les yeux rivés sur son téléphone, un sourire niais fixé au visage. Quand elle se rendait compte qu'Hermione la voyait, elle reprenait son air froid et hautain, la défiant du regard d'oser dire quoi que ce soit.
Et puis un soir, Drago revint.
Hermione le sut à la seconde où il franchit la porte de l'appartement. Son odeur musquée traversait les pièces, l'amenant à elle avant même qu'il ne la rejoigne dans le salon.
Elle regarda autour d'elle, tentant de trouver une échappatoire mais elle était coincée. Pour retourner dans sa chambre, elle devait passer par le couloir de l'entrée et Drago l'y verrait forcément. Hermione soupira, resserra sa prise sur le livre qu'elle tenait entre ses mains et fit semblant de lire pour la dixième fois la même phrase qu'elle ne parvenait pourtant pas à comprendre. Il n'y avait rien de sorcier dans les mots qui tapissaient le papier mais Hermione n'avait qu'une idée en tête : il allait encore la juger. Et il n'aurait pas besoin de se creuser la tête bien longtemps.
Tout était critiquable pour un aristocrate dans son genre. Hermione portait un vieux jogging et un tee-shirt rongé par les mites. Elle avait enfilé de grosses chaussettes en polaire et s'était emmitouflée dans son inséparable snugget.
A chaque fois qu'elle le sortait, Pansy la regardait avec un mélange de mépris et de pitié, comme si elle se mettait à caresser la fourrure empaillée de feu Pattenrond, son adorable chat qu'elle avait perdu l'an passé. Mais Hermione n'était pas une de ces décérébrés. Non, Pattenrond reposait tranquillement au fond du jardin, chez ses parents et, une fois la nuit tombée, elle ne voulait qu'une chose : du confort et du repos.
Pourtant, elle n'hésita pas une seconde avant de se défaire de son plaid, le roulant maladroitement en boule avant de le fourrer derrière un coussin du canapé. Même si sa tenue n'avait rien de reluisant, elle était certaine que les commentaires assassins de Drago seraient tout de même moins piquants.
Effectivement, il ne dit rien. Mais son regard suffisait. Bien qu'elle feignait de poursuivre sa lecture, elle le voyait du coin de l'œil. Il la détaillait de haut en bas, un rictus moqueur collé aux lèvres.
Mais cette fois-ci, Hermione ne se dégonflerait pas. Hors de question qu'il la vire de son canapé par sa simple présence. Non, Hermione était chez elle et Drago n'avait strictement aucun droit de jugement sur sa tenue ou ses activités solitaires du samedi soir.
Alors, elle resta plantée là. Attendant patiemment qu'ils se lassent, comprenant qu'elle ne bougerait pas et qu'ils délocalisent leur soirée de dépravés.
- Granger, commença Pansy d'un ton mêlant l'ordre et le malaise, on va prendre un verre, là.
Hermione ne prit pas la peine de relever les yeux, elle se contenta d'hocher la tête, comme si elle ne comprenait pas le subtile conseil de Pansy. Elle voulait qu'elle s'en aille, c'était évident, mais Hermione ne bougerait pas.
Voyant qu'elle ne faisait aucun mouvement, Pansy échangea un coup d'œil avec Drago qui secoua imperceptiblement le visage. Elle soupira longuement et s'éclipsa dans la cuisine, le laissant seul au milieu du salon.
Il ne cessait de la regarder et Hermione commença à sentir ses joues rougir. Cette situation était extrêmement gênante. Le silence était si lourd qu'il en devenait palpable et Hermione ne savait plus où se mettre. Elle en vint à se dire que cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas tourné sa page mais n'avait pas envie de perdre le fil de sa lecture pour autant. Elle détestait les longs silences, et voir Drago debout, les bras croisés, planté au milieu du salon n'aidait en rien.
Heureusement, Pansy finit par revenir dans la pièce, trois verres à la main. Elle en posa un devant Hermione qui fit semblant de ne rien voir, les yeux toujours rivés sur la page 237.
Mais personne ne disait rien, le silence était toujours là et Hermione commença à se dire qu'elle aurait mieux fait de filer dès l'arrivée de Drago.
- Tu prends quoi ? demanda Pansy en la regardant.
- Heu… non rien c'est bon, bredouilla Hermione.
- Tu es là maintenant tu ne vas pas nous regarder boire pendant des heures, soupira Pansy. Donc, tu prends quoi ?
- Un verre d'eau suffira, répondit-elle dans un sourire contrit.
Pansy leva les yeux au ciel, ne prit pas la peine de lui servir quoi que ce soit et se tourna vers Drago, entamant la conservation.
Ils parlaient de leurs amis en commun. Enfin, ami était un bien grand mot. Hermione ne parvenait pas vraiment à comprendre comment on pouvait apprécier quelqu'un et lancer de telles vacheries à son encontre dès qu'il avait le dos tourné. Mais Pansy et Drago s'en donnaient à cœur joie, n'ayant pas la main légère sur les détails et ponctuant chaque fin de phrase par un éclat de rire moqueur.
- Et toi Granger ? demanda Drago.
Hermione sursauta, leva les yeux de son livre pour enfin croiser son regard. Ses yeux étaient si gris qu'ils en devenaient irréels. Dans ses pupilles, mouchetées d'éclat d'argent, elle pouvait lire un air taquin qu'elle ne lui connaissait pas.
- Je… quoi ? bégaya-t-elle.
- Ne fais pas celle qui n'écoutait pas, soupira Pansy. Tu lis la même foutue page depuis une demi-heure.
Et voilà, l'écrevisse faisait sa grande entrée dans la pièce. Hermione ne savait plus où se mettre. Foutue pour foutue, il ne lui restait plus qu'à assumer et poser son livre sur le coin de la table basse.
- Je n'en sais rien, répondit-elle, tentant d'amasser l'intégralité du peu de confiance en elle qu'elle avait. Je ne connais pas ce Blaise et n'ai absolument aucun avis sur le fait qu'il couche avec une nouvelle femme tous les soirs.
- C'est pas tellement ça le problème, rebondit Pansy comme si elle détenait un scoop qui changerait la face du monde. Le problème, Granger, c'est que cette fois il s'est tapé la mère et la fille !
- Tiens, ça me rappelle quelqu'un, maugréa-t-elle en remplissant son verre d'eau.
- Parkinson ? demanda Malefoy de sa voix traînante, un sourcil outrageusement levé.
- Techniquement je ne me suis tapé que le fils, répondit-elle en haussant les épaules.
Hermione grommela dans son coin, n'ayant absolument aucune envie de reparler de cette soirée où un homme charmant lui était passé sous le nez pour s'acoquiner de sa colocataire.
- C'est le fameux ? lança Drago en souriant en coin.
Pansy afficha un air faussement mystérieux, cachant son sourire et préféra boire une longue gorgée plutôt que de répondre.
- Le fameux quoi ? insista Hermione.
- Rien, répondit Pansy, d'un air si sec qu'elle n'eût aucune envie d'essayer de nouveau.
Mais Drago ne semblait pas craindre la jeune femme.
- Le seul mec qui a eu le droit à plusieurs rendez-vous.
Hermione manqua de s'étouffer.
- Attends… quoi ? Alors c'est lui avec qui tu parles pendant des heures au téléphone ?
- Peut-être bien…
- Pansy ! s'exclama Drago. Je ne te savais pas si… sentimentale. Je pensais seulement que c'était un bon coup.
- Moi aussi, au début… soupira Pansy. Mais il n'a pas arrêté de me harceler alors j'ai fini par répondre. Et comme tu dis, c'était un excellent coup alors j'ai dérogé à ma règle d'or et je me suis dit "voyons nous une seconde fois, qu'est-ce que ça fait, après tout ?".
- Et alors, insista Drago, qu'est-ce que ça fait ?
- Ca fait qu'on n'arrête pas de se parler, qu'on a passé le weekend dernier ensemble et qu'on doit encore se revoir demain… Mais qu'est-ce qui m'arrive ? geignit-elle alors que Drago grimaçait.
- Mais je croyais que tu étais rentrée dans ta famille le weekend dernier ? s'étonna Hermione.
Pansy leva les yeux au ciel pour toute réponse.
- Et encore, je ne vous ai pas dit le pire, soupira-t-elle, visiblement totalement déconfite par la situation.
- Ne me dit pas qu'il t'a demandé en mariage ? s'étouffa Hermione.
Pansy la regarda avec un air si supérieur qu'elle se sentit pathétique et minuscule en moins d'une seconde.
- L'autre soir on s'est vus et on n'a pas couché ensemble…
- Oh putain, lâcha Drago en ayant toutes les peines du monde à se retenir de rire.
Pansy se cachait la tête entre les mains, Drago tapotait une main compatissante sur son épaule et Hermione ne comprenait strictement rien à la conversation.
- Et alors ? finit-elle par demander.
N'apprendrait-elle donc jamais à se taire ? Tous deux venaient de relever si brusquement la tête pour la regarder qu'ils auraient dû en avoir le tournis. Elle se sentait stupide lorsqu'ils échangèrent un regard avant de lever les yeux au ciel. Pansy agita une vague main vers Drago, l'encourageant à répondre à sa place.
- Alors, Pansy et ce Neville sont en couple, Granger.
Elle ne comprenait plus rien. En quoi était-ce un problème ? Et comment en était-il arrivé si vite à cette conclusion ?
- Réfléchis, Granger, soupira Pansy. Quel genre de type passe la nuit avec une fille comme moi sans la toucher ? Voilà, j'ai même pas vingt-huit ans et je suis en couple. Je suis pathétique. Est-ce que ça fait de moi une vieille femme ? Est-ce que je vais bientôt passer mes samedis soir seule à la maison, habillée comme une souillon ? Est-ce que je… Oh mon dieu Drago, je vais me transformer en Granger !
C'en était trop. Les regards humiliants étaient déjà largement suffisants. Hors de question qu'elle subisse également des insultes verbales.
- La souillon va se coucher, grommela-t-elle en se levant du canapé.
- Oh ça va… lança Pansy comme si cette maigre phrase était suffisante pour se faire pardonner. Ce n'est pas comme si tu avais tenté de faire le moindre effort ce soir.
Elle n'avait pas tort mais cela ne lui donnait pas pour autant le droit de la juger et de l'humilier de la sorte. Hermione était profondément vexée et serait partie sur le champ si Drago n'avait pas pris la parole.
- Moi j'aime bien sa tenue, répondit-il en haussant les épaules.
- C'est vrai ? demanda Hermione, ne parvenant pas à y croire.
Alors comme ça, ce type condéscendant au possible appréciait de voir une femme qui n'en faisait pas des tonnes pour ressembler à une bimbo. Elle n'aurait jamais cru qu'il était du genre à privilégier le naturel sur le superficiel mais après tout, elle ne le connaissait pratiquement pas. Se pouvait-il qu'elle l'avait jugé trop tôt ?
- Ben oui, répondit-il au regard interrogateur de Pansy, je n'aurais aucun scrupule à déchirer le chiffon qu'elle porte quand je la mettrais dans mon lit.
Non.
Définitivement, Hermione avait vu clair en lui au premier regard. C'était un porc. Un porc et un horrible… porc.
Pathétique.
Même mentalement, Hermione était incapable d'insulter qui que ce soit qui venait de lui manquer de respect. Elle se contenta de lui décrocher un regard noir et partit s'enfermer dans sa chambre.
Drago était la personne la plus détestable qui lui avait été donnée de rencontrer et pourtant, elle vivait avec Pansy Parkinson. Mais Drago était différent dans son genre. Plus subtile - bien que sa dernière remarque ne le laissait pas transparaître - plus incisif. Drago était le type de personne qui ne parlait pas beaucoup mais qui vous laissait une empreinte indélébile à chaque fois qu'il vous faisait l'honneur de s'intéresser à vous. Et Hermione détestait devoir admettre que sur elle aussi, il avait cette emprise.
Recluse dans sa chambre, elle se posta devant le miroir, tentant de déterminer l'image qu'elle renvoyait.
Certes, elle n'était pas coiffée et habillée comme si elle couvait une mauvaise grippe. De vilains cernes entachaient une partie de son visage et ses lèvres s'étiolaient en multitudes de petites peaux, faute de soin. Mais méritait-elle pour autant qu'on se moque ouvertement d'elle ? Ce type pensait vraiment que sous ces épaisses couches de laine, elle ne renfermait aucun sentiment ?
Hermione n'avait aucune envie qu'on la prenne pour une pauvre fille déprimée qui finirait seule entourée de tous ses chats. Pour autant, elle n'avait pas non plus envie de se transformer, tout ça pour plaire à une société qui, de toute évidence, ne savait pas reconnaître sa valeur.
Et puis, mettre du mascara, une jolie robe et des talons hauts donneraient raison aux deux abrutis dans le salon. Et plus que tout, il était impensable pour elle de leur accorder le moindre crédit.
Comme si te regarder dans le miroir depuis quinze minutes ne leur en donnait pas déjà, soupira-t-elle en se retournant pour fuir son reflet.
Mais alors, que lui restait-il à faire ? Rester elle-même et se condamner à ne vivre que pour la science ? Ou faire un effort, paraître plus sûre d'elle, le temps d'une soirée ou deux et de rencontrer quelqu'un avec qui elle pourrait partager le reste de ses jours ?
Après tout, elle n'était pas vilaine et elle n'avait pas eu beaucoup de changement à faire l'autre soir pour être présentable. Elle avait même réussi à passer une excellente soirée avec Neville jusqu'à ce que… Mais cette fois-ci, Parkinson ne serait pas là. Aucun risque qu'elle fasse tout foirer.
Hermione était décidée. Ce soir, elle se trouverait un mec.
Pas pour Pansy, ni pour montrer à Drago qu'elle en était capable. Non. Enfin si, un peu. Mais non. Pour elle-même, surtout pour elle-même. Voilà qui était une motivation plus noble bien que légèrement fallacieuse.
Elle s'attacha les cheveux, enfila une tenue qui n'était pas 100% laine et se concentra pour arborer un air sur d'elle. Elle jubilait déjà intérieurement en imaginant la tête que ces deux-là feraient en la voyant sortir.
Petit sourire en coin, elle ouvrit la porte de sa chambre, s'attendant presque à entendre une foule en furie hurler mais… rien. Absolument rien.
Pansy et Drago étaient toujours au salon, discutant avec animation d'une certaine Astoria qu'ils crucifiaient sur place. Ils ne semblaient même pas avoir entendu la porte de sa chambre s'ouvrir et il était tout bonnement hors de question qu'elle se pavane devant eux avant d'y aller, tout ça manquerait cruellement de naturel.
Tant pis pour la jalousie. Elle sortirait tête haute et affronterait les rues de New York, seule, certes, mais plus pour longtemps.
Hermione Granger était en chasse.
.
.
- Alors là je lui ai clairement dit d'aller se faire foutre. Mais elle se prend pour qui cette connasse à envoyer un message à mon mec à deux heures du mat ?
- Hum hum, grommela Hermione en ajoutant une cuillerée de sucre à son thé.
- Et puis ces petits surnoms là, brrrr, ça me dégoûte. Mon petit chat par-ci, mon petit chat par-là. Je t'assure Granger, il va vraiment falloir qu'elle se calme, celle-ci.
- Tu crois qu'il voit quelqu'un d'autre ? demanda-t-elle après avoir manqué de se brûler avec sa boisson.
- Mais tu suis ou pas quand je te parle ? s'agaça Pansy.
Non, absolument pas.
Pansy n'arrêtait pas de jacasser depuis une bonne quinzaine de minutes. Nous étions dimanche matin, Hermione avait une gueule de bois carabinée et n'attendait qu'une chose, que sa colocataire lui laisse enfin savourer son thé en paix.
Mais quelle idée avait-elle eu de sortir seule, à New York, au beau milieu de la nuit ? Hermione était une personne censée, elle ne commettait jamais ce genre d'erreurs. Mais il avait fallu qu'elle se fasse influencée par le regard moqueur de Drago et les sarcasmes de Pansy.
Foutu égo.
Une migraine et une nausée lancinante. Voilà tout ce qu'elle avait récolté de cette pitoyable soirée. Oh et puis, le numéro d'un mec louche qui lui avait fait froid dans le dos. Grandiose.
- … Et donc c'est là que j'ai pris le téléphone et que je lui ai répondu d'aller se faire foutre. Ca lui apprendra à déranger son fils quand il est avec une fille.
- Attends… quoi ?
Pansy haussa les épaules, ne semblant pas comprendre où était le problème.
- Tu as dit à la mère de Neville d'aller se faire foutre ?
Pansy décrocha une clope de son paquet, l'alluma et laissa l'épais nuage de fumée répondre pour elle.
- Apparemment.
- Mais… mais il devait être hors de lui !
De nouveau, elle haussa les épaules.
- Bof, j'en sais rien, je suis partie juste après. Et puis après tout je m'en fous, ce type n'était pas si intéressant que ça finalement.
- Oh, Pansy, geignit Hermione en secouant la tête. Alors ça te fait si peur que ça d'être en couple ?
Elle lui jeta un tel regard qu'Hermione aurait pu se statufier sur place.
- Tu apprendras, ma chère Granger, que je n'ai peur de rien. Et certainement pas d'un homme.
- Mais bien sûr, grommela Hermione alors que Pansy quittait déjà la pièce.
Elle voulait bien reconnaître être un cas désespéré dans son genre mais Pansy ne valait guère mieux dans le sien.
Il était temps pour Hermione d'aller de l'avant, de ne pas se laisser influencer par sa colocataire et de reprendre sa vie en main.
Elle commença par prendre une douche, s'emmitoufla dans un pantalon de survêtement et retourna devant son ordinateur. Il fallait qu'elle se remette au travail, elle avait suffisamment perdu son temps jusqu'ici.
Les heures passèrent sans qu'Hermione n'en prenne conscience, trop absorbée par ses recherches.
- T'es prête ? demanda Pansy en entrant en trombe dans sa chambre.
Hermione sursauta. Elle eut envie de lui rappeler les normes qui régissaient la loi de l'intimité, lui faire un nouveau sermon, argumenter, être volubile et convaincante mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un "hein ?" pâteux et mal assuré.
Pansy haussa les sourcils, comme si Hermione était un être profondément stupide et aliéné.
- La soirée chez Daphné ! répondit Pansy après un long silence particulièrement humiliant.
- Hein ? répéta Hermione.
Voilà qu'elle n'était plus capable de dire quoi que ce soit d'autre. Pathétique.
Bravo Hermione, les minutes passent et ta pertinence est exponentielle.
- C'est toi qui m'a suppliée de t'y emmener !
Face au silence d'Hermione et devant la grimace qui déformait ses traits, Pansy n'avait d'autre choix que de continuer, non sans se pâmer d'un nouveau soupir.
- Hier soir, quand tu es rentrée à moitié éméchée de ta soirée en ville, ça te revient ?
- Toujours pas, bredouilla Hermione.
- Je t'ai parlé du dîner entre filles qu'organisait Daphné ce soir. Tu t'es presque mise à genou pour que je t'y emmène.
Mais bien sûr.
- Et bien on y est, reprit-elle. Alors enfile quelque chose de vaguement portable et brosse toi les cheveux, on y va.
Sur ces mots, elle se retourna, claqua la porte de la chambre et laissa Hermione se sentir encore plus minable qu'au réveil.
Avait-elle réellement supplié Pansy ? Certainement pas.
S'était-elle engagée à venir ? C'était déjà plus probable.
Mais redevenue sobre, elle n'avait plus aucune envie de se retrouver chez la grande et belle Daphné Greengrass. Cette fille lui filait des complexes sans pourtant ne jamais l'avoir rencontrée. Il suffisait d'entendre Pansy parler d'elle pour qu'elle comprenne immédiatement que toutes deux n'évoluaient pas dans le même monde.
Et Hermione avait raison.
Daphné était une mondaine vivant dans un appartement qu'Hermione n'aurait jamais les moyens de s'offrir. Elle buvait des martini olives, faisait tinter son ongle manucuré sur son verre en cristal, perchée sur ses escarpins à semelle rouge. Daphné était entourée de sa horde, toutes plus pimpantes les unes que les autres. Elles gloussaient dans leur coin, s'embrassaient sans que leurs joues ne se touchent et débattaient depuis plus d'une demi-heure pour déterminer qui de Kendall Jenner ou d'Ivanka Trump était la plus inspirante.
Hermione était tout sauf à sa place. Elle faisait tache avec sa vieille paire de basket et son verre de grenadine. Jamais elle n'aurait pensé se sentir inférieure face à une bande de jeunes filles prétendant que le Wakanda était la première puissance économique d'Afrique. Et pourtant… Pourtant, Hermione comprit bien vite que sa culture générale ne lui apporterait pas grand-chose ce soir.
Elle devait fuir au plus vite. De toute façon, personne ne lui avait adressé la parole depuis qu'elle était arrivée. Enfin presque. Millicent Bulstrode lui avait jeté son manteau dans les bras en arrivant, avait glissé un billet incroyablement indécent dans sa main et lui avait demandé un verre de Bourgogne. Cette fille passait la moitié de son temps chez elle à ricaner avec Pansy et l'avait pourtant pris pour une des domestiques de Daphné.
Le cauchemar avait suffisamment duré.
Hermione reposa son verre et se glissa entre les convives pour retrouver Pansy. Elle lui tapota l'épaule avec la ferme intention de lui annoncer son départ quand Pansy la devança.
- Ah oui, j'ai amené ma coloc avec moi. Les filles, je vous présente Hermione, énonça-t-elle en souriant.
De mémoire, Hermione n'avait jamais entendu Pansy parler d'elle sans ajouter un commentaire déplaisant ou ironique. Elle en fut si décontenancée qu'elle resta là, plantée au milieu d'une armée de regard la détaillant de haut en bas.
- Va te chercher un verre, la renvoya Pansy pour reprendre sa conversation.
Et comme un gentil pantin, Hermione s'exécuta.
Un jour, il faudrait vraiment qu'elle prenne le temps de réfléchir à son absence totale d'amour propre. Mais de toute évidence, ce genre de réflexion n'avait pas sa place dans le penthouse Greengrass.
- Hermione, c'est bien ça ? lui sourit Daphné.
Hermione hocha doucement la tête, reposant la bouteille de jus d'orange hors de prix qu'elle tenait entre les mains.
- Pansy m'a beaucoup parlé de toi. Tu es doctorante en neurosciences, n'est-ce pas ?
- C'est ça, répondit-elle dans un sourire.
- C'est absolument fascinant ! Pansy n'a pas su me dire sur quoi reposait ton sujet de recherche ?
- Je travaille sur les modèles non liénaires et stochastiques.
- Oh, je vois ! Et que penses-tu de la théorie d'Eugène Izhikevich sur les systèmes dynamiques ?
Hermione avait envie de mourir.
Cette fille était incroyablement belle et possédait un cerveau en parfait état de fonctionnement. Si Hermione avait voulu la détester un instant, ses réflexions sur ses travaux et sa profonde gentillesse ne lui permirent pas d'éprouver le moindre ressentiment.
Daphné avait même complimenté son tee-shirt, arguant qu'elle aussi adorait les Guns N' Roses.
Elles auraient pu devenir les meilleures amies du monde si seulement Drago n'avait pas choisi ce moment pour faire son apparition. Il posa une main sur la hanche de Daphné, lui embrassa la joue et lui décrocha un sourire à faire baver n'importe qui.
- Bonjour, vous, gloussa Daphné en le regardant.
Drago paradait au milieu de ces filles, s'écartant toutes sur son passage, papillonnant des yeux pour attirer son attention. Il eut l'audace de ne pas lui accorder un regard, agissant comme si elle était une énième plante verte peuplant le somptueux appartement de Daphné.
- Ce n'était pas censé être une soirée fille ? grommela Hermione en retrouvant Pansy.
- Tu connais Drago, répondit-elle en haussant les épaules, il a un radar pour ces choses-là. Il suffit que tu réunisses quelques jolies jeunes filles et il débarque. C'est systématique.
Hermione grommela, se disant qu'elle aurait définitivement dû partir de cette soirée. D'ailleurs, rien ne l'empêchait de s'en aller tout de suite. Pansy s'était à nouveau détournée d'elle, Daphné avait rejoint ses copines pour discuter avec elle et Hermione était irrémédiablement seule dans un coin, son verre de jus d'orange à la main.
Il fallait seulement qu'elle retrouve son manteau et s'en irait immédiatement. Mais si dans toutes les soirées auxquelles elle avait assisté jusqu'ici, retrouver son manteau était une tâche des plus insignifiante, elle relevait du casse-tête dans un appartement plus grand que Central Park.
Le dédale de pièces était indécent. Hermione avait l'impression d'avoir déjà poussé une centaine de portes, de s'être retrouvée face à une dizaine de chambres et de salles de bains. Elle s'était même perdue dans le dressing de Daphné. Mais rien, impossible de trouver où cette charmante femme qui lui avait ouvert la porte avait pu déposer sa veste.
Elle soupira, se retourna pour sortir de ce qui ressemblait plus à un appartement entier qu'à une chambre d'ami mais se retrouva face à la dernière personne qu'elle souhaitait voir.
- Je me disais, aussi, qu'à plus de vingt et une heure, il était étonnant de voir Hermione Granger réveillée. Tu voulais faire un petit somme, peut-être ?
Elle le détestait. Lui et son impeccable chevelure blonde. Lui et sa mâchoire ridiculement anguleuse. Lui et son regard horriblement profond et pénétrant.
- Je cherchais mon manteau, bredouilla Hermione.
- Et tu n'as pas songé à demandé l'aide d'une domestique ? la railla Drago, son verre de scotch à la main.
- Je ne suis pas vraiment habituée à être entourée de personnel de maison, Malefoy.
- Non, c'est sûr. Ton truc à toi c'est plutôt de fouiner dans toutes les pièces.
Elle soupira. Que pouvait-elle bien répondre à un être se sentant tellement supérieur à elle que le simple fait de lui adresser la parole relevait d'un acte de charité.
- Viens, lança-t-il en ouvrant la porte.
- Où ça ? demanda-t-elle, naïvement.
- Tu ne cherchais pas ton manteau ? répondit-il en haussant un sourcil.
Evidemment.
Pourquoi fallait-elle qu'elle agisse toujours comme une idiote lorsqu'elle se retrouvait face à lui ?
Elle le suivit, repassa devant les salles de bain, arpenta un couloir d'une vingtaine de mètres de long et apparu miraculeusement dans la cuisine.
- Je ne suis pas certaine que mon manteau se trouve dans le réfrigérateur, Malefoy.
Il leva les yeux au ciel et lui tendit un plateau de petits-fours.
- C'est très impoli de partir d'une fête sans avoir fait honneur aux plats de ton hôte, Granger.
- Plus que de venir sans y être invité ? relança-t-elle.
- Touché, admit-il en souriant.
Il avala un feuilleté au crabe et Hermione se fit la réflexion qu'elle ne l'avait jamais vu sourire auparavant. Enfin, d'un sourire sincère et non rongé par le sarcasme ou la vanité. Il était plutôt mignon quand il souriait, finalement.
Mais qu'est-ce qui lui prenait ?
Malefoy n'était pas mignon. C'était un goujat. Un type dégueulasse qui se servait des filles pour les mettre dans son lit avant d'oublier leur prénom. Et elle le détestait. Fermement.
- Qu'est-ce que tu bois ? demanda-t-il.
- Rien, je vais rentrer.
- Qu'est-ce que tu bois ? répéta-t-il comme si elle n'avait jamais répondu.
- Rien je te dis.
- Alors ce sera un gin tonic.
Hermione soupira et s'assit sur le tabouret qui faisait face à l'îlot central.
- Tu es anglaise, non ? Tu dois aimer ça.
- Je ne vois pas ce que ma nationalité a à voir là-dedans.
- Alors disons plutôt que tu es un être humain. Et tous les êtres humains qui se respectent aiment le gin tonic.
Hermione se surprit à rire et il continua.
- Tu ne crois pas ?
- Peut-être bien, répondit-elle.
- A moins que tu sois plutôt… Monaco ? Non, tu n'as tout de même plus quinze ans. Ou alors, sex on the beach ? Non, bien trop déluré pour toi. Oh attends, laisse moi deviner, un Bloody Mary !
Ses joues se colorèrent de rose alors qu'elle tentait maladroitement de dissimuler un sourire. Drago se mit à rire et son cœur accéléra sans prévenir.
- Evidemment que tu es plutôt Bloody Mary. Daphné doit bien avoir une branche de céleri par ici.
Et ce fut à son tour, lui qui se targuait de connaître la bienséance, de se mettre à fouiner partout. Il trouva les ingrédients et se lança dans une démonstration de ses talents de mixologue. Hermione se demanda pourquoi diable il retroussait ses manches avant d'agiter le shaker. Pour autant, elle ne put détacher les yeux de ses veines, gonflées et épaisses, tant ses mains serraient l'objet. Ses joues ne parvenaient pas à retrouver une couleur convenable et plus que jamais, Hermione se répéta qu'elle aurait dû partir dès son premier essai.
Il versa le liquide dans un verre filiforme, le fit glisser vers elle et s'installa à ses côtés.
- Et toi, tu ne bois rien ? demanda-t-elle.
- J'espérais bien que tu me ferais goûter dans ton verre, lui souffla-t-il à l'oreille.
Sa nuque se couvrit de frisson. Non, il était hors de question que Drago Malefoy lui chuchote quoi que ce soit à l'oreille.
- Il n'en reste pas dans ton shaker ? demanda-t-elle, le machoir serrée.
Drago haussa un sourcil et elle avala une, puis deux, puis trois gorgées avant de reposer le verre.
- J'imagine qu'il n'est pas mauvais, souffla-t-il à nouveau.
- Très bon, répondit-elle sommairement, la tête résolument tournée vers les placards de la cuisine.
Hermione veillait à ne surtout pas croiser son regard. Le sentir si près d'elle, son souffle contre son cou était suffisamment déstabilisant comme ça.
- Tu permets ?
Et avant qu'elle n'ai pu permettre quoi que ce soit, Drago s'était saisi de la branche de céleri qui trempait dans son verre. Hermione eut le malheur de tourner la tête et le vit. Ses dents se refermant subtilement, une goutte de jus de tomate perlant dans le coin de ses lèvres, son regard pénétrant venant s'immiscer dans le sien.
Hermione arrêta de respirer.
Il était proche. Beaucoup trop proche d'elle et ce petit jeu avait suffisamment duré. Elle ferma les yeux, tenta de retrouver ses esprits en quelques secondes et inspira de nouveau.
- Je crois qu'il est temps d'y aller. Merci pour le cocktail Malefoy, bonne soirée.
Elle avait parlé si vite qu'elle se demandait s'il avait compris quoi que ce soit à ce qu'elle venait de dire.
Mais c'était trop tard, Hermione était déjà debout et fermement décidée à partir de là au plus vite.
- Tu ne veux pas ton manteau ? demanda-t-il, taquin.
Elle soupira.
- Peux-tu m'indiquer où il se trouve ? grommela-t-elle entre ses dents.
- Mais avec plaisir.
Et sans prévenir, il se leva à son tour, déposa une main dans le creux de son dos et l'incita à avancer. Elle détestait sentir la douce chaleur de sa main contre sa peau. Elle détestait sentir son parfum hors de prix. Et plus que tout, elle détestait son coeur qui battait si vite et ses jambes qui ne cessaient de trembler.
Il l'accompagna jusqu'au hall d'entrée où, en toute logique, se trouvait le placard avec les manteaux des invités. Il n'eut pas besoin de lui demander lequel était le sien pour s'en saisir. Hermione aurait dû s'en sentir vexée mais après tout, il était évident qu'elle et les autres filles de la soirée n'évoluaient pas dans le même monde brodé de fil d'or.
Il l'aida à passer les manches et elle se maudit de ne pas lui avoir indiqué qu'elle pouvait se débrouiller seule.
- Je te raccompagne jusqu'en bas, eut-il l'audace d'énoncer, non pas comme une question mais comme une simple information.
Drago sortit de sa poche un paquet de cigarette, en glissa une entre ses lèvres et tendit le reste du paquet vers elle.
- Je ne fume pas, répondit-elle.
Elle massacra le bouton de l'ascenseur dans le vain espoir qu'il arrive plus rapidement mais les chiffres en haut de l'écran ne défilaient toujours pas assez vite à son goût.
Il posa sa main sur la sienne pour lui faire lâcher le bouton et serra ses doigts quelques secondes de trop avant de plonger son regard dans le sien.
- Je crois qu'il a compris, dit-il simplement.
Le bruit des portes s'ouvrant lui donnèrent raison et Hermione se maudit d'entrer dans un endroit aussi confiné avec lui.
Son odeur était partout, grisante, envoûtante, au point de lui faire tourner de l'œil. Il ne la lâcha pas du regard tandis qu'elle fixait compulsivement le bouton du rez-de-chaussée. La descente lui parut durer des heures et quand, enfin, elle sortit de l'immeuble pour retrouver de l'air frais, elle eut l'impression d'avoir manqué d'oxygène pendant des jours.
Il alluma sa cigarette, tourna la tête pour souffler la fumée avant de lui faire face. Il posa sa main sur sa joue et y déposa un baiser léger. Ses lèvres s'attardèrent plus que nécessaire et son cœur cessa de nouveau de battre. Il finit par faire glisser ses doigts contre son cou, puis le long de son bras. Il lui jeta un nouveau regard de braise et murmura :
- Bonne soirée, Granger.
Elle ne comprit toujours pas comment elle était parvenue à retrouver le chemin de son appartement. Elle ne prit conscience d'être rentrée chez elle que lorsqu'elle se laissa tomber sur son lit. Elle avait chaud, terriblement chaud et elle se détestait. Son cœur battait toujours la chamade, elle avait l'impression que la main de Drago contre sa joue était toujours présente. Et si sa joue la brûlait, l'intensité restait toujours moindre face à celle qui pulsait entre ses jambes.
Si Hermione se maudissait de s'être laissée avoir ce soir, elle ne s'en voulut jamais autant que quand elle glissa sa main sous sa culotte. Et quand elle se contracta, l'image des lèvres de Drago contre sa joue imprimée sur sa rétine, elle se détesta plus que tout.
Ce type était un monstre et rien de tout ça ne devait se reproduire.
Ou alors juste…
Non. Jamais. Il fallait qu'elle soit ferme avec elle-même.
Mais Hermione avait beau s'enfoncer la tête dans l'oreiller en se le répétant, elle savait au plus profond d'elle que s'il recommençait, ils iraient plus loin qu'un simple baiser sur la joue. Et cette seule pensée la brûla, une nouvelle fois.
