Bonjour !
Et voici déjà la fin de ce géant OS/micro fic. J'espère que cette petite histoire vous aura plu. Merci pour vos retours ! Merci également à The White Quill qui suit cette histoire depuis le début et à Mrs Yoflam sans qui Neville n'aurait même pas été évoqué.
Bonne lecture !
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- Tu as l'air différente, dit Pansy en fronçant les sourcils.
- Je ne vois pas ce qui te fait dire ça.
Pansy, elle, était semblable à elle-même. Elle souffla la fumée de sa cigarette au visage d'Hermione sans même sembler le réaliser, rajouta une dose de bourbon à son café matinal et laissa une trace de rouge à lèvre souiller sa tasse.
- Où est-ce que tu étais hier soir ? insista Pansy.
- A la fac, je faisais des recherches pour ma thèse.
- Hum hum, répondit-il, dubitative. Et la nuit précédente ?
- Pareil.
Hermione ne relevait pas les yeux, fixant fermement sa tasse de thé. Si elle avait toujours été une piètre menteuse, son regard était encore moins doué qu'elle.
- Habituellement quand tu reviens d'une nuit de travail, tu as l'air épuisée et dépressive. Là, tu as effectivement l'air épuisée mais tu sembles… sereine. Ça fait des semaines que tu découches pour passer la nuit à travailler. Tu ne peux pas le faire depuis la maison ?
- Je travaille mieux à l'université. J'ai tous les manuels qu'il me faut là-bas.
- Tu n'as qu'à les ramener ici. J'ai l'impression de vivre avec un fantôme ces derniers temps. L'appart est austère quand on est seul dedans.
Hermione leva les yeux au ciel. C'était bien la première fois que Pansy se plaignait d'avoir les lieux pour elle seule.
- Je vais faire ça.
- Très bien. Neville doit travailler tard ce soir, on en profitera pour se faire une soirée entre filles.
Hermione hocha la tête, se leva pour déposer sa tasse dans l'évier et partit dans la salle de bain.
Elle commença à se déshabiller, alluma l'eau de la douche lorsque son téléphone se mit à sonner.
- Je te manque déjà ? demanda-t-elle d'une voix malicieuse.
- Tu n'as même pas idée. Tu viens directement après tes cours, ce soir ?
- Non, Pansy veut que je reste à la maison.
- Et depuis quand c'est Pansy qui décide de ton emploi du temps ?
- Elle dit qu'elle se sent seule ces derniers temps, qu'elle n'aime pas être toute seule à l'appartement, que je ne suis jamais là. Elle n'a pas vraiment tort, je n'ai pas passé une nuit complète chez moi depuis des semaines.
- Et moi alors ? Tu crois que je ne me sens pas seul quand tu es chez toi ?
- Je ne suis jamais chez moi, Drago.
- Alors c'est moi qui vient.
- Hors de question. Pansy sera là.
- Pansy m'a déjà vu, tu sais.
- Oui mais je n'ai pas vraiment envie qu'elle sache pour… et bien que nous on… enfin tu vois.
- Qu'on couche ensemble ?
- Voilà. Tu la connais, elle va poser des tas de questions et elle ne va pas nous lâcher d'une semelle.
- Bon très bien. On se voit demain alors ?
- A qui est-ce que tu parles ?
La porte de la salle de bain venait de s'ouvrir en trombe, dévoilant une Pansy aux sourcils froncés.
- Ça te dérangerait de frapper ? s'offusqua Hermione, tentant maladroitement de se couvrir en attrapant une serviette au vol.
- Dépêche-toi, j'aimerais bien prendre ma douche, moi aussi, soupira-t-elle avant de claquer la porte.
- Il faut que je te laisse, dit Hermione en reprenant le téléphone.
- Tu es dans la salle de bain là ?
- Oui.
- Tu es toute nue ?
- Drago…
- Je prends ça pour un oui. Pansy rentre souvent dans la salle de bain pendant que tu es nue ?
- Plus souvent que je ne voudrais l'admettre. Cette fille n'a aucune notion de pudeur.
- Et ça lui arrive de prendre sa douche avec toi ?
- Bon là c'est clair, je raccroche !
Elle l'entendit ricaner et ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
- Laisse-moi au moins quelques images pour m'occuper ce soir.
- A demain, Drago.
Elle aurait dû s'offusquer, lui dire qu'il n'était qu'un gros porc et qu'elle n'avait pas besoin qu'il lui rappelle avoir déjà couché avec sa colocataire. Mais cette période était révolue depuis longtemps déjà. Hermione savait qu'il adorait la mettre en rogne et elle devait avouer qu'elle ne détestait pas leurs chamailleries constantes.
Quand Hermione sortit de la salle de bain, Pansy était déjà sur le seuil, l'attendant les bras croisés et les sourcils froncés.
- Je vais en cours, à ce soir, lança Hermione.
Pansy ne répondit rien, la regardant partir sans la lâcher du regard.
Hermione n'était pas dupe, elle savait bien que les soupçons de Pansy ne s'évanouiraient pas aussi vite. Et puis, évidemment qu'elle avait changé ses habitudes depuis que Drago et elle se voyaient aussi souvent. Pour autant, elle ne se sentait pas prête à révéler à qui que ce soit ce qu'elle faisait. D'ailleurs, elle ne savait pas elle-même ce qu'elle faisait.
Elle allait chez Drago presque tous les soirs mais ne restait jamais dormir. Ils buvaient un verre, regardaient un film ou dinaient et finissaient toujours par coucher ensemble. Elle traînait dans ses bras quelque temps et finissait par se rhabiller pour rentrer chez elle.
Elle ne savait pas si Drago voyait d'autres filles ni si cela la dérangerait. Elle n'avait pas non plus vraiment envie de se poser de questions, profitant de ce que la vie lui donnait pour l'instant sans s'occuper du reste.
Mais Hermione ne devait pas s'oublier pour autant et peut-être qu'une soirée entre filles, tranquillement à la maison avec Pansy lui ferait du bien. Passer trop de temps avec Drago Malefoy commençait à lui monter à la tête.
Alors, quand elle rentra des cours et qu'elle vit Pansy dans le salon, en train de déballer des plats chinois qu'elle venait de se faire livrer, elle se rappela qu'il était bon d'être chez soi.
- Hors de question que tu t'enfermes dans ta chambre avec tes fichus bouquins, la menaça Pansy. Ce soir, on se goinfre de glutamat, on enfle comme des baleines et on parle de nos peines de cœur.
- Tu as des peines de cœur ?
- Tu n'imagines même pas ce que c'est que d'être avec Neville, soupira-t-elle.
- Vraiment ? demanda Hermione en attrapant une paire de baguettes. Je croyais que tout allait bien entre vous.
- C'est bien ça le problème ! Il est toujours au petit soin, me baise comme un marin qui vient d'accoster. Il sait toujours quoi dire, il me couvre de fleurs, il est parfait je te dis. Qu'est-ce que ça cache à ton avis ? Tu crois qu'il voit quelqu'un d'autre ?
- Mais pourquoi est-ce que ça cacherait quoi que ce soit ?
- Un homme n'est jamais aussi parfait, c'est louche.
- Tu devrais peut-être arrêter de te poser autant de questions, profite de l'instant !
- Qui êtes-vous et qu'avez vous fait de ma colocataire ?
- Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
- Hermione Granger qui ne se pose pas de questions, ça c'est louche ! Tu es miss remise en question permanente, l'inverse absolu de la détente et toi tu me dis ça ?
- Apparemment, répondit-elle en haussant les épaules.
- Qu'est-ce que tu me caches toi aussi ? Et avec qui est-ce que tu étais au téléphone ce matin ?
- Je ne te cache rien. J'étais au téléphone avec mon directeur de thèse.
- Toute nue dans la salle de bain ?
- Ce qui a de pratique avec le téléphone, Pansy, c'est que ton interlocuteur ne te vois pas.
- Ne me la fait pas à moi. T'es pas le genre de personne à répondre quand tu es à poil, tu serais bien trop mal à l'aise.
- De toute évidence, tu ne me connais pas aussi bien que tu le penses.
Pansy n'avait pas l'air convaincue mais lui laissa le bénéfice du doute, pour cette fois. Hermione eut la judicieuse idée de revenir à sa relation avec Neville. Pansy n'aimait rien de plus que de parler d'elle-même. La conversation leur dura toute la soirée et toutes deux affalées dans le canapé finirent par allumer la télévision.
Hermione s'endormait à moitié devant un programme insipide tandis que Pansy jugeait allégrement le physique de ces pauvres filles cherchant désespérément à trouver l'amour dans un programme de divertissement.
Au beau milieu des hurlements de rire de Pansy, Hermione sentit son téléphone vibrer dans sa poche.
"Tu viens te coucher ?"
Elle fronça les sourcils, déverrouilla son téléphone pour répondre à Drago quand elle reçut un second message. Une photo, cette fois-ci.
Drago était nu, allongé sur le lit d'Hermione, ses jolies fesses posées contre son couvre-lit brodé.
Hermione sursauta, manqua de faire tomber le téléphone par terre en voulant le cacher à la vue de Pansy et feignit bien maladroitement de bailler.
- Bon aller, je suis épuisée, je vais me coucher, lança-t-elle dans un jeu presque aussi pitoyable que celui des participants au programme télé.
- Déjà ? demanda Pansy en fronçant les sourcils.
- Bonne nuit Pansy, à demain.
Et elle s'enfuit précipitamment jusque dans sa chambre.
- Comment est-ce que tu es entré ? chuchota-t-elle à toute vitesse.
- J'ai ma clé.
- Mais pourquoi est-ce que tu as une clé de mon appartement ?
- C'est Pansy qui me l'a donnée.
Hermione leva les yeux au ciel.
- Bon, on règlera ça plus tard. Il ne faut pas qu'elle sache que tu es là alors surtout tu ne fais aucun bruit.
Il se redressa, tendit la main pour prendre la sienne et l'attira sur le lit.
- Ça devrait aller pour moi mais j'ai bien l'intention de te faire hurler, murmura-t-il contre ses lèvres.
Hermione retint son premier gémissement de la soirée.
Il captura ses lèvres, l'embrassant comme si sa vie en dépendait et commença à lui retirer son tee shirt. Il glissa ses mains sur son soutien-gorge, prenant un de ses sein en coupe quand la porte de la chambre s'ouvrit en grand.
- Au fait Herm… Oh putain !
Pansy et son besoin constant de revoir les limites de l'intimité.
- Oh putain ! répéta-t-elle avant de se mettre à hurler en sautillant sur place. Je le savais ! J'en étais sûre !
Hermione tenta d'attraper son tee shirt pour se cacher un minimum alors que Drago, nu comme un ver, se contentait de ricaner.
- Mais couvre-toi bon sang ! le somma Hermione en jetant son tee shirt sur son bassin.
Pansy commença à ouvrir la bouche mais Drago lui fit signe de se taire. Hermione les fusilla du regard tandis qu'ils riaient tous les deux.
- Tu peux nous laisser, maintenant ? grogna Hermione.
Pansy leur fit une révérence ridicule avant de refermer la porte, scandant dans le couloir qu'elle le savait.
Hermione soupira.
- Au moins, elle est au courant maintenant, on n'a plus besoin de se cacher, dit Drago pour la rassurer.
- Super nouvelle…
Il se mit à rire, l'encercla de ses bras et embrassa son front, puis ses lèvres et reprit place sur sa poitrine.
- Je crois qu'on s'était arrêté par là, non ?
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- Je veux tout savoir. Depuis le début. Comment est-ce que ça à commencé, depuis combien de temps ça dure ? Est-ce que c'est sérieux ou vous baisez juste ? Est-ce que tu as réussi à la faire jouir ? Quelle question, elle rayonne depuis des semaines, bien sûr que tu as réussi. Est-ce qu'elle est aussi prude au lit qu'elle en a l'air ?
Il n'était pas neuf heures et les questions s'enchaînaient sans discontinuer.
- Je suis là, tu sais, grommela Hermione.
Mais cet interrogatoire n'avait pas l'air de déranger Drago plus que ça. Il rigolait, continuait à préparer le café et déposa un baiser sur le sommet de son crâne au passage.
- Oh merde, lança finalement Pansy.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione.
- C'est plus grave que je ne le croyais, reprit-elle. Ce regard… Vous avez le même regard niais que Neville et moi. Attention, c'est contagieux, c'est dégoulinant et même un peu dégoûtant.
- N'importe quoi, grogna Hermione.
- Mais oui, moi aussi au début je disais que c'était n'importe quoi.
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- Miss Hélène Samantha Galway. Félicitations. Monsieur Jonathan Gollin. Félicitations.
Hermione avait les jambes qui tremblaient. Dans quelques secondes, le doyen de l'université prononcerait son nom. Dans quelques secondes, elle serait officiellement docteure en neuroscience.
Plus de la moitié de sa vie passée au service des études. Des centaines de livres parcourus, des années de recherches, une thèse en cinq cent pages et Hermione allait enfin accomplir ce pour quoi elle avait travaillé si dur jusqu'ici.
- Miss Hermione Jean Granger. Félicitations.
Hermione n'entendit ni les éloges du doyen, ni les hurlements de ses proches dans la salle. Il n'y avait que son cœur qui battait la chamade, son diplôme fièrement brandit entre ses mains.
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- A Hermione ! lança Pansy en soulevant son verre. Qui, après des années à nous bassiner avec sa thèse, va pouvoir nous bassiner avec ses recherches pour le MIT !
Elle se mit à rire, trinqua avec Pansy et but une gorgée.
- Je n'aurais jamais cru dire ça mais tu vas me manquer, soupira Pansy. Et en plus tu me voles mon meilleur ami. T'es vraiment obligée de l'emmener avec toi à Boston ?
- Essaye de me séparer d'elle, pour voir, lança Drago en défiant Pansy du regard.
Hermione releva le visage vers lui, le regarda lui embrasser la joue et se blottit dans ses bras. Drago n'était peut-être pas qu'un simple goujat, finalement. Il était le sien.
