En se levant ce matin-là, Iwaizumi ne s'attendait pas à ce que sa journée lui réservait, pas que ça lui déplaise plus que ça.
C'était un jeudi qui avait commencé comme tous les autres : lever, déjeuner, entraînement, douche cours, gérer Oikawa. Rien d'extraordinaire.
L'élément spécial, inhabituel qui rendit cette journée si différente des autres arriva lors de trajet vers son domicile.
Pour une fois, il avait laissé Oikawa s'entraîner un peu plus sous la surveillance de Matsukawa et Hanamaki. Il aimait beaucoup son ami d'enfance, il ne fallait pas se tromper. Juste, parfois, il avait besoin d'une pause, d'un moment pour s'occuper de lui-même.
En passant dans le parc qu'il traversait pour rentrer, il aperçut une chevelure couleur mandarine et il ne connaissait pas dix mille personnes rousses. Il s'approcha doucement de la petite fille qui semblait un peu perdue.
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-Hey! Tu es perdue ? Demanda-t-il en s'abaissant à sa hauteur.
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La petite fille le regarda avec une expression mélangeant soulagement et prudence.
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-Je peux pas parler aux inconnus.
-Tu as un grand-frère, non ? Qui joue au volley ?
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La fillette hocha timidement la tête, elle ne savait pas comment le beau mec savait ça mais s'il connaissait son frère alors c'était pas un étranger.
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-J'ai joué plusieurs fois contre lui, ajouta le vice-capitaine. Quelqu'un doit venir te chercher ?
-Oui, Nii-chan devait venir me chercher chez Minori-chan mais maman trouvait que c'était trop loin du coup, on a décidé de se retrouver ici, expliqua la rousse avec de grands gestes pour illustrer ses propos. Mais, il n'est pas encore arrivé.
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Iwaizumi s'installa à côté de l'enfant, elle avait l'air plus à l'aise qu'il y a quelques instants. Cela le rassura un peu et il sourit.
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-Est-ce qu'il est fort ?
-Non, répondit l'adolescent. Mais il est très impressionnant, ajouta-t-il devant l'air mécontent de la petite. Il a une très bonne détente et il est endurant. Ce n'est pas le meilleur joueur mais il a de quoi le devenir.
-Haha ! Je savais que mon frère était cool et je serais meilleur que lui !
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La petite sœur abordait un grand sourire et un air confiant, Hajime trouvait qu'elle ressemblait beaucoup à son frère, c'était mignon.
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-Tu aimes mon frère ?
-Hein ? Non.
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La question le pris au dépourvu et il avait répondu dans la précipitation.
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-Alors tu le détestes ?
-Non plus.
-Donc tu l'aimes.
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D'accord, cette enfant était peut-être plus énervante que ce qu'il pensait, ne pas aimer quelqu'un ne signifie pas qu'on le déteste. Il ne connaissait pas assez le rouquin pour savoir s'il l'aimait ou non.
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-Écoute, ton frère est très sympathique et il a beaucoup d'énergie. Il sourit beaucoup, est aimable et cherche toujours à en apprendre plus. Mais on ne s'est croisé que quelques fois donc je ne peux pas dire si je l'aime ou pas.
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La petite fille sembla réfléchir à ses mots un instant puis elle acquiesça vivement la tête. Le grand brun soupira discrètement se croyant tirer d'affaires.
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-Donc si vous vous voyez plus, tu l'aimeras ?
-Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
-Et tu pourras l'épouser ?
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Le cerveau d'Hajime arrêta d'écouter la conversation, il devait d'abord analyser la situation, comprendre ce qui arrivait.
Bon okay . . . Il s'était approché d'une petite fille perdue qui s'est avérée être la petite sœur d'un joueur d'une équipe adverse. Jusque-là aucun problème, ensuite. . . ensuite la fillette lui avait demandé d'épouser son frère et là il ne saisissait plus.
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-Natsuuuuuu !
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Le cri était si fort que le troisième année était persuadé que tout le quartier l'avait entendu. C'était également le signe qu'il était sauvé de cette situation étrange.
Il n'eut pas le temps de se lever qu'un courant d'air avec une touffe orange soulevait la petite curieuse qui était assise à ses côtés.
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-Désolé! Tu n'as pas attendu trop longtemps ?S'inquiéta le grand frère tout son attention tournée vers sa cadette.
-Humhum, fit la fillette en secouant négativement la tête. Monsieur super beau gosse a attendu avec moi.
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Enfin, Hinata s'intéressa à autre chose que sa frangine, pas que quiconque ne lui en tienne rigueur.
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-L'ace de Seijo !?
-Mon nom est Iwaizumi, précisa le plus âgé avec un sourire amusé quoi qu'un peu gêné.
-Ha euh... Je suis Hinata Shoyo ! Se présenta le première année, assez embarrassé par la situation au vu du rouge qui lui montait aux joues.
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Hajime ne put retenir le rire franc qui éclata, le joueur de Karasuno était mignon quand il était gêné au point de lui faire oublier son propre embarrassement.
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-Dé-désolé. Je sais qui tu es, articula le plus grand entre deux rires. Je suis pas prêt d'oublier le numéro dix de Karasuno, crois moi.
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Par automatisme, ou parce qu'il en avait envie, une de ses mains caressa les cheveux roux du central. C'était plus doux que ce à quoi il s'était attendu, pas désagréable.
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-On rentre ? Demanda Natsu innocemment, rappelant au vice-capitaine qu'ils n'étaient pas seuls ainsi que la conversation qu'il avait eue avec la jeune demoiselle.
-Ah oui, on rentre tout de suite. Merci d'être resté avec ma sœur, Iwaizumi-san.
-De rien, c'est normal, murmura l'ace.
-Toi aussi, Natsu. Dis lui merci.
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Le petite fille qui était descendue des bras de son frère s'approcha de l'autre garçon et lui indiqua de se baisser à sa hauteur. Le vice-capitaine se pencha et elle déposa un bizou sur sa joue.
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-Merci ! Sourit-elle. C'est quand il parle de toi qu'il a le plus d'étoiles dans les yeux, chuchota ensuite l'enfant avant de repartir vers son frère et de lui prendre la main.
-Au revoir, Iwaizumi-san ! Encore merci ! Lança le rouquin en s'éloignant.
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Durant un instant, le cerveau pas encore tout à fait remis d'Hajime tenta d'assimiler les mots de la plus jeune. Shoyo parlait de lui, et il l'admirait à en croire sa petite sœur. D'un coup l'attaquant eu chaud, très chaud et c'était aussi très agréable.
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-Attends ! Attends ! Cria-t-il en courant après la fratrie.
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Les Hinata se retournèrent vers lui d'un même mouvement.
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-Un problème ?Demanda l'autre garçon avec une expression que le plus âgé qualifia mentalement d'adorable.
-Ton numéro. Je peux avoir ton numéro ?
-Bien sûr, sourit le numéro dix.
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Les deux adolescents s'échangèrent leur numéro. Et alors que les roux repartaient chez eux, Iwaizumi ne manqua pas le sourire malicieux de la fillette ni celui heureux de Shoyo.
Oui, définitivement, ce n'était pas un jeudi comme les autres.
- Jour 2 - Fin -
