La nuit était tombée il y a déjà un moment, pourtant les rues de la ville étaient encore bondées. Ça ne dérangeait pas Terushima, il aimait les gens, la foule et le bruit de la ville.
Il se plaisait à regarder des inconnus passés, à être témoin, un instant, de leur vie, à voler un morceau de leurs conversations, à imaginer d'où ils venaient et où ils allaient.
C'était relaxant, différent de ce qu'il faisait avec ses amis, différent du volley. C'était une chose dont il avait besoin de temps en temps.
Il y a dix minutes, il s'était assis sur un banc avec un café bien chaud, histoire de ne pas se faire avoir par le froid qui devenait de plus en plus mordant. Misaki ne le lui pardonnerait pas s'il tombait malade.
Le faux blond prit une gorgée de sa boisson et se laissa envahir par les bruits environnants. Les sons des pas rapide sur le sol, la voix d'une femme en colère, des rires amoureux, la vois fluette d'un enfant qui dressait la liste de ses envies de cadeaux.
Il y avait des dizaines de voix différentes mais une, en particulier, retenu son attention. Elle n'avait rien pour vraiment se démarquer des autres, pourtant elle lui donnait des frissons assez agréables.
Terushima se leva précipitamment et chercha des yeux la personne à qui pouvait appartenir cette voix. Il ne la vit pas mais il pouvait encore entendre l'inconnu parler. Sa voix semblait se distancer du reste du brouhaha de la foule.
Le deuxième année se laissa guider par le son parmi la masse de gens, abandonnant son café encore chaud. Il bouscula quelques passants sans même s'en rendre compte.
Finalement, à bout de souffle, il rattrapa son inconnu qui marchait, seul, encore deux pas devant lui, téléphone à la main.
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-Ne t'en fais pas pour moi. Je serais bientôt rentré, dit l'inconnu d'un ton rassurant. Je dois juste passer chercher ce que Natsu m'a demandé puis. . .
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Le garçon devant lui ne finit pas sa phrase mais se tourna vers lui avec une expression de surprise. Probablement parce que Yuuji lui avait saisit le bras. Étonné par son propre geste, le plus grand lâcha le bras de l'inconnu comme si ce dernier le brûlait.
Puis il reconnut l'inconnu, le petit central de Karasuno, le numéro dix s'il se souvenait bien et son nom, son nom. . . c'était. . . euh
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-Shoyo ? Tout va bien ? S'inquiéta une voix féminine à l'autre bout du fils qu'il entendait à peine.
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Aucun des deux adolescents n'avait dit un mot depuis qu'ils étaient face-à-face, ils étaient comme coincés dans un silence. Le blond devait faire quelque chose, s'excuser de lui avoir agripper le bras comme ça pour commencer.
Mais il n'en eut pas le temps car le roux remit son téléphone contre son oreille avant de poursuivre sa conversation.
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-Je vais bien, je viens juste de croiser une connaissance. On se voit à la maison. Prends soin de toi, continua le plus jeune avant de raccrocher.
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Après il rangea son portable et fixa le faux blond d'un regard assez dur et froid.
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-Tu me veux quelque chose ? Demanda-t-il, le ton en parfaite concordance avec le regard.
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Une nouvelle fois, Yuuji se sentit parcouru de frissons, il avait aussi un genre de boule au ventre et- Ah, oui. Il devait dire un truc, n'importe quoi.
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-Ah. Euh, désolé. Je- je voulais pas te surprendre, juste. . .
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Juste, ta voix me donne des frissons et j'aime ça. Non, il pouvait pas lâcher ça comme ça. Devant son air désemparé, son interlocuteur se détendit et lui sourit doucement, faisant sursauter son cœur.
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-Ça te dit d'aller boire un truc. Je t'invite pour me faire pardonner.
-D'accord, pourquoi pas. Je te suis.
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Heureux que le conversation n'ai pas coupé court, Terushima emmena son cadet dans un petit café et lui paya un chocolat chaud alors qu'il reprenait une autre boisson caféinée.
Les lycéens s'installèrent à une table près d'une des vitres puis ils commencèrent à discuter. Enfin, l'ailier posait des questions pour essayer d'entendre un peu plus longtemps la voix de l'autre. Il lui demanda comment il avait commencé le volley, comment était son équipe, son lycée, ses amis. N'importe quoi pour faire parler son vis-à-vis encore et encore.
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-Eh! Est-ce que tu m'écoutes au moins ?
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Le première année faisait une moue adorable et le blond ne put s'empêcher de sourire en retour.
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-Bien sûr. Je pourrais écouter ta voix pendant des heures.
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Le rouquin en face de lui rougit en l'espace d'un instant et Yuuji se rendit compte qu'il n'avait pas juste répondu dans sa tête et rougit à son tour.
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-Attends. Je voulais pas dire ça. Je le pense mais. . . Est-ce que tu peux oublier ce que je viens de dire ?
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Sur la chaise en face de la sienne, le numéro dix semblait réfléchir.
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-C'est vrai ?
-Yeah. Ta voix. . . comment dire, commença le capitaine cherchant à exprimer son ressenti sans que ça soit trop gênant. Elle. . . m'excite.
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Ok, c'était définitivement très gênant. Au moins, le plus jeune ne s'était pas enfui en courant, ce qui était bon signe.
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-Ma voix t'excite ?
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L'entendre de la bouche du joueur de Karasuno augmentait encore plus son niveau d'embarrassement. Il voulait juste aller se cacher dans un trou.
Il hocha lentement la tête pour répondre à son interlocuteur, ses yeux fuyant ceux du rouquin. Il attendit avec beaucoup d'appréhension la réaction du plus jeune.
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-Terushima.
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Encore une fois, il frissonna. C'était une sensation étrange mais si plaisante. Il ne comprenait pas pourquoi son corps réagissait comme ça mais. . . c'était pas si dérangeant.
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-Regarde moi.
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Et il obéit. Il avait l'impression que les yeux d'Hinata pouvaient voir son âme et déchiffrer chacun de ses secrets. C'était perturbant et excitant.
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-On peut aller ailleurs, proposa le plus jeune. Où il y aura moins de gens.
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Avait-il bien entendu ? Le petit central de Karasuno venait de lui proposer de s'isoler après ce qu'il lui avait avoué. Il ne s'était certainement pas attendu à ça.
Terushima se leva d'un bond et l'autre lycéen le suivit, ils sortirent du café. Il marchait en tête mais ne savait absolument pas où aller.
Soudain Shoyo prit sa main et l'entraina dans une petite ruelle sombre, le plus petit le poussa contre un mur puis saisit son col pour coller leur lèvres ensemble.
Le joueur de Johzenji ne s'était certainement pas attendu à ça. Le numéro dix semblait innocent et certainement pas capable de tirer quelqu'un dans un ruelle pour l'embrasser.
Malheureusement pour le rouquin, lui aussi aimait dominer. Il poussa le plus jeune contre l'autre mur, coupant leur baisé. Il fixa un instant son vis-à-vis avant d'attaquer ses lèvres à nouveau.
Pendant de longues minutes, les deux adolescents s'embrassèrent passionnément. Leurs mains se baladaient librement sur le corps de l'autre. Ils finirent par se séparer à bout de souffle.
Hinata respirait difficilement et Terushima se demandait s'il avait déjà fait ça avec d'autres personnes avant.
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-Yuu~ji, haleta Hinata entre deux respirations.
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Et le plus grand fondit de nouveau sur lui. Cette fois, il approfondit le baiser, faisant en sorte que leur langues jouent l'une avec l'autre. Le blond sentit le central jouer avec son piercing et il rit mentalement, c'était mignon.
Lorsqu'ils se séparèrent de nouveau, Terushima se dit qu'il ne s'était pas du tout attendu à ça en se levant ce matin.
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-Shoyo, dis encore mon nom.
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Le corbeau s'exécuta alors que le blond s'attaquait à son cou remontant jusqu'à son oreille en murmurant des "encore".
C'est une sonnerie de téléphone qui les sorti de leur transe et les ramena à la réalité, abruptement. La mère du plus jeune s'inquiétait, apparemment.
Yuuji proposa au rouquin de l'accompagner jusqu'à l'arrêt de bus et le plus jeune accepta. Au moment de se séparer, Hinata se tourna vers lui.
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-Merci.
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Il ne savait pas pourquoi il était remercié mais il sourit avant de répondre.
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-Merci à toi.
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Shoyo monta dans son bus et lui adressa un dernier geste de la main avant de disparaître dans les rues voisines.
Le capitaine de Johzenji rentra chez lui avec un goût amer d'inachevé en bouche.
- Jour 5 - Fin -
