Après le camp d'entraînement et la florissante relation de Bokuto et Hinata, Akaashi avait cru bon d'avoir le numéro du plus jeune dans son téléphone.
Au cas où, un jour, il avait besoin du première année pour remonter le moral de son capitaine ou si le numéro quatre de Fukurodani voulait des nouvelles de son disciple ou simplement parce que Keiji voulait garder contact avec le central.
Depuis la fin du camp, le passeur se surprenait à penser au rouquin, à se demander comment il allait, à vouloir le revoir aussi. Revoir son sourire lumineux et ses yeux pétillants de joie.
Le noiraud avait échangé plusieurs messages avec le joueur de Karasuno. Généralement il initiait la conversation, s'inquiétant de la santé d'Hinata puis celui-ci lui décrivait en détail sa journée.
Cela avait pour effet de laisser un sourire sur les lèvres du plus âgé surtout lorsqu'il relisait le message au calme dans sa chambre et qu'aucun de ses coéquipiers ne pouvait le taquiner à propos de son sourire béat.
Il venait de déposer son sac au pied de son lit lorsque son téléphone vibra. Ce n'était pas inhabituel, c'était sûrement le chat de l'équipe ou un sms de son père le prévenant, qu'aujourd'hui aussi, il rentrerait tard.
Il n'avait pas envie de vérifier, l'entraînement l'avait épuisé et il ne voulait pas penser aux travaux qu'il devait faire. Il préféra se coucher sur son lit et fermer les yeux quelques instants, juste un peu.
Ce n'est qu'au moment où il rouvrit les yeux qu'il comprit qu'il s'était assoupi, il chercha rapidement son réveil pour savoir l'heure qu'il était : 18h33. Il soupira de soulagement, il n'avait pas dormi si longtemps.
Le deuxième année se redressa prêt à commencer ses devoirs, quand son cellulaire vibra une nouvelle fois. Keiji décida de checker rapidement les notifications avant de travailler.
Comme il le pensait, il avait une quarantaine de messages non lus sur la conversation de Fukurodani. Plus surprenant, même un peu déconcertant, il avait un message d'Hinata alors qu'il ne se souvenait pas lui en avoir envoyé un aujourd'hui.
Un élan d'angoisse lui saisit le ventre, et s'il était arrivé quelque chose au petit corbeau. Il se dépêcha de déverrouiller son téléphone et d'ouvrir le message.
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Shoyo [17:29]
Bonjour Akaashi, je voulais savoir si tu pouvais m'aider. . .
C'est pas grand chose mais je comprendrais si tu refuses.
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Le noiraud sentit son ventre se tordre douloureusement et sa gorge devenir sèche, il tapa rapidement une réponse.
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[18:55]
Bien sûr, je vais t'aider.
Dis moi ce qu'il t'arrive.
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Le plus grand attendit un instant avant de se lever et de commencer à tourner en rond dans sa chambre, imaginant mille et un scénarios qui auraient amené Hinata à le contacter.
Il savait qu'il n'était pas la personne la plus proche du numéro dix mais alors pourquoi le contacter lui. Est-ce qu'il avait un problème à l'école dont il ne voulait pas que le club de volley l'apprenne ? Ou est-ce que c'était un problème avec l'équipe elle-même ? Ou est-ce que quelqu'un lui avait fait-
Son smartphone vibra encore et Akaashi se jeta presque dessus.
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Shoyo [18:58]
En fait, c'est plutôt un ami qui m'a demandé conseil.
Je ne sais pas quoi lui répondre.
J'espérais que tu puisses m'aider.
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Le passeur soupira légèrement, si le rouquin utilisait le truc de l'ami, c'est qu'au moins ce n'était pas un problème trop urgent mais sûrement très gênant. Peut-être qu'il pourrait taquiner un peu le central la prochaine fois qu'ils se verraient.
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[18:58]
Aucun souci Hinata.
Dis en moi plus sur ton ami et son problème.
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Le numéro cinq réfléchit à ce qui pourrait être assez gênant pour que le disciple de son capitaine préfère se confier à lui. Une dispute avec un ami ? Ou peut-être qu'il veut avouer ses sentiments à quelqu'un ?
La dernière proposition ne plu pas vraiment à Keiji.
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Shoyo [18:59]
Son nom est Izumi et on était ensemble en primaire et au collège.
On est pas dans le même lycée mais on essaye de garder contact.
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Peut-être que Shoyo demandait vraiment de l'aide pour quelqu'un d'autre. Il en était très certainement capable, Akaashi n'en doutait pas et puis connaissait-il seulement le truc de l'ami ?
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Aujourd'hui, il m'a dit qu'il pensait que sa mère était malade.
Il lui a demandé mais elle a refusé de lui répondre.
Mais il aimerait vraiment l'aider et la soulager un peu.
Il voit qu'elle va mal mais ne sait pas quoi faire.
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Ah.
Il aurait préféré que son correspondant lui dise qu'il était amoureux d'une ou un illustre inconnu. Bien plus facile à gérer que cette situation.
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[19:01]
Est-ce que son père est au courant ?
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Shoyo [19:01]
Il est parti.
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C'était probablement la plus courte et sèche réponse que le première année lui ai jamais donnée. Ça renforça encore un peu plus le sentiment de malaise qui l'habitait.
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[19:01]
Est-ce que ça va ?
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Il ne lâcha plus son écran des yeux, attendant anxieusement le message suivant. Ses mains tremblaient et son cœur devenait fou. Une minute passa puis deux et trois.
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[19:04]
Hinata ? S'il te plaît, réponds.
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Il fallut encore plusieurs minutes avant qu'il ne reçoive un nouveau message.
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Shoyo [19:07]
Qu'est-ce qu'il doit faire ?
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Akaashi sentit son cœur se briser. Sans réfléchir une seconde de plus, il appela le plus jeune.
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[19:07]
Appel en absence
Hinata, réponds!
Appel en absence
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Ses tremblements s'accentuèrent, lui aussi paniquait, qu'est-ce qu'il devait faire ? Appeler quelqu'un d'autre ? Il n'avait aucun numéro de l'équipe de Karasuno. Appeler quelqu'un qui avait un numéro de Karasuno ? Pas le temps. Continuer à appeler le corbeau et espérer qu'il réponde ? Oui.
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[19:09]
Appel en absence
S'il te plaît, décroche.
Appel en absence
Hinata, je veux juste te parler
Je t'en prie.
Shoyo, décroche.
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Alors qu'il s'attendait encore une fois à ce que son appel soit redirigé, le garçon de Miyagi décrocha mais ne parla pas. Pourtant Keiji pouvait entendre ses léger sanglots étouffés à l'autre bout du fils.
Ça le brisa un peu plus, il voulait faire quelque chose, n'importe quoi pour sécher les larmes de son cadet, pour l'entendre rire, pour le rendre heureux.
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-Hinata. . . ?
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Il n'eut aucune réaction de la part du plus jeune mais il continua.
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-Tu n'es pas tout seul, d'accord. Et même si je ne peux pas t'enlacer et te consoler correctement pour le moment, tu n'es pas seul.
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Akaashi ne savait plus dans quel ordre il devait parler, ce qu'il devait dire en premier. Tout dans sa tête était un bordel sans fond, lui qui aimait tant avoir les choses à leur place.
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-Tu peux pleurer, ça te fera du bien. Crie même si tu le veux.
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Les pleurs devinrent plus lourds, plus bruyants.
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-Tu es fort, Shoyo. Je sais que tu vas surmonter cette épreuve mais tu n'as pas à le faire seul. Je t'aiderai dès que je le pourrais. Et je ne serais pas le seul, ton équipe, Kenma et Bokuto, on sera tous avec toi.
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Pendant de longues minutes, Keiji continua à parler doucement au plus petit, aussi calmement que son propre état le lui permettait. Il lui chuchota des mots réconfortants, encourageants.
Lentement, Hinata se calma, sa respiration retrouva un rythme normal. Le noiraud fut rassuré.
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-Ça va mieux ? Demanda-t-il.
-Merci, répondit le rouquin dans un murmure.
-N'hésite pas, je serai là dès que tu en auras besoin.
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L'autre côté de la ligne resta silencieux, Akaashi entendait cependant la respiration calme et régulière du numéro dix. Il sourit en imaginant le plus jeune endormi à côté de son téléphone.
Le plus grand termina l'appel. La situation d'Hinata n'était pas facile mais il savait que Shoyo s'en sortirait. Shoyo était fort, déterminé, il ne plierait pas.
C'était peut-être pour ça que Keiji l'aimait.
- Jour 6 - Fin -
