Ce soir avait eu lieu le premier match de la saison, son équipe avait affronté les Black Jackals. Hoshiumi avait toujours aimé ouvrir la saison, le premier match attirait bien plus l'attention des médiats que les autres. C'était l'occasion de montrer à quel point il affutait chacune de ses capacités.

Cependant, cette année, c'était différent. Ce match, en plus d'être le premier, avait aussi été le retour d'Hinata Shoyo.

Korai avait été excité rien qu'en sachant qu'il allait enfin terminé son affrontement avec le rouquin. Six ans, il avait attendu ce match pendant six ans.

Alors bien sûr quand les aigles s'étaient inclinés, il avait été déçu. Déçu que le match ne dure pas un peu plus longtemps. Déçu de ne pas toucher un peu plus la balle. Déçu de ne pas avoir un peu plus de temps avec Hinata.

Est-ce que pour autant ce match valait six ans d'attente ? Oui, c'était même le meilleur match qu'il ait jamais joué jusqu'à présent. Hoshiumi serait prêt à attendre aussi longtemps qu'il le faudrait pour rejouer un match pareil. Même s'il préférerait ne plus avoir à patienter autant.

Alors qu'il répondait aux questions des journalistes, il pouvait encore sentir l'excitation et la tension du jeu qui s'était terminé, il y a déjà une demi-heure.

L'interview qu'il donnait dévira rapidement sur ce qu'il pensait d'Hinata. Korai eut du mal à se retenir de dire tout le bien qu'il voyait dans le numéro vingt-et-un des MSBY en dehors du terrain.

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-Vous vous êtes trouvé un rival de taille, sourit la journaliste.

-Ça pourrait être le cas mais pas vraiment, commença le numéro seize des Alders. Parce que, lui et moi, on va vaincre le monde ensemble, déclara-t-il d'un ton confient.

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L'interviewer rit nerveusement avant de poursuivre avec des questions plus conventionnelles.

Une fois le petit entretient fini, le numéro seize des Schweiden Alders partit vers les vestiaires pour prendre une douche et se changer.

Alors qu'il atteignait la porte des vestiaires, il entendit des pas derrière lui. Avant qu'il ne puisse se retourner, une voix familière lui indiqua qui l'avait suivi.

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-Alors, comme ça, c'est toi et moi contre le monde, le taquina Shoyo.

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Il fit volteface pour voir son adversaire deux mètres derrière lui, un sourire en coin trônant sur ses lèvres. Korai ne pu empêcher le rouge de lui monter aux joues. Certes il avait dit ça pour une interview, il ne s'attendait cependant pas que Hinata l'entende, du moins pas tout de suite.

Il fit de son mieux pour calmer les battements frénétiques de son cœur. Il ne voulait pas que le plus jeune prenne sa déclaration comme une confession. S'il se confessait, il ferait ça bien, en face à face et certainement pas de manière détournée.

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-Oui, bien sûr ! affirma-t-il d'une voix qu'il espérait confiante. On va montrer au monde que notre taille n'est pas un défaut.

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Hinata rit et c'était le rire le plus cristallin que le blandin ait jamais entendu. Il sentit de nouveau son rythme cardiaque s'emballer.

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-Évidemment ! Et je ne voudrais faire ça avec personne d'autre que toi, Hoshiumi-san.

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Dire que le plus âgé était touché serait un euphémisme. Savoir que le plus petit n'envisageait personne d'autre que lui pour se tenir sur le terrain olympique le remplissait d'une joie immense. Il pourrait même dire qu'il en était heureux.

L'attaquant des Alders savait que si le petit roux le rendait heureux, il devait faire son maximum pour tenter de le garder. Alors, il rassembla son courage, ce qui ne prit pas beaucoup de temps car il avait toujours du courage sous la main.

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-Est-ce tu voudrais sortir avec moi ?

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Son interlocuteur le regarda un peu perdu avant de demander :

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-Sortir avec toi, comme dans aller dehors, avoir un rendez-vous ou être ton petit-copain ?

-Euh. . . Les trois ?

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Encore une fois, le rire du joueur des Black Jackals retentit dans le couloir du gymnase. Hoshiumi se sentit un peu idiot devant l'admiration qu'il vouait à ce rire mais chaque fois qu'il l'entendait, il avait l'impression de pourvoir voler jusqu'à la lune.

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-D'accord, répondit finalement le plus jeune avec un doux sourire.

-Vraiment ?

-Oui, mais j'ai une condition, ajouta-t-il d'un ton plus sérieux.

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Ce fut au tour de Korai de dévisager son vis-à-vis, avec, il l'avouait, un peu d'appréhension.

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-Ça sera pas exclusif, annonça fermement le plus jeune. Par là, je veux dire que j'ai déjà d'autres petits-amis et je les quitterais pas pour toi, comme je ne te quitterais pas pour eux.

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Est-ce que ça signifiait qu'ils sortaient quand même ensemble ? Il ne s'était pas fait rejeter, n'est-ce pas ?

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-Évidemment, toi aussi, tu pourrais voir d'autres personnes. Est-ce que ça t'irait ?

-Mais tu es quand même mon petit-copain ?

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Hinata sourit tendrement à la question.

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-Jusqu'à ce que tu ne veuilles plus de moi, oui, je le suis.

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Le plus âgé sourit en prenant son cadet dans ses bras, le serrant de toute ses forces.

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-Hé ! Si tu ne veux pas étouffer ton petit copain, tu ferais mieux de relâcher un peu la pression.

-Oh désolé, murmura le blandin en desserrant un peu ses bras sans pour autant relâcher Shoyo.

-C'est pas trop grave, rigola le plus jeune. Mais je veux une compensation. . .

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Avant que le joueur des Alders n'ait le temps de réagir, ses lèvres rencontrèrent celles du rouquin. Le baiser ne dura qu'une seconde et fut chaste, très chaste, trop chaste au goût de Korai qui l'embrassa à nouveau.

L'instant suivant, il avait poussé Hinata contre un mur et approfondit l'échange. Il pouvait sentir les mains chaudes du plus petit se glisser sous son maillot, caresser sa peau froide.

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-Oi, Boke !

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La voix les sorti tous les deux de leur transe. D'un geste, ils se tournèrent vers la personne qui les avait interrompus.

Kageyama se tenait au centre du couloir et les fixait, on pouvait lire dans son expression tout le mécontentement qu'il ressentait.

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-On avait dit cinq minutes, pas vingt. Les autres nous attendent.

-Oh, j'avais oublié.

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À contre cœur, le rouquin se défit de l'emprise de son adversaire à qui il chuchota un "désolé" et "à plus tard" avant de rejoindre le passeur. Il se retourna une dernière fois pour offrir au blandin un sourire joyeux et un signe de la main.

Alors que Hoshiumi les regardaient s'éloigner, il crut entendre le numéro vingt ronchonner :

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-Tu pourrais arrêter de charmer mes coéquipiers.

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La réponse de leur adversaire fut un simple "hehe" puis les deux volleyeurs disparurent en prenant l'allée centrale.

Il fallut quelques minutes à Korai pour se remettre de ce qu'il venait de se passer. En ouvrant la porte des vestiaires, il se dit que oui, il avait perdu le match mais il avait aussi gagné le meilleur petit copain dont il pouvait rêver.

- Jour 19 - Fin -