La vie d'Osamu avait subi de grands changements au cours des dernières années. De bons changements, l'un des derniers en date étant certainement l'ouverture de son restaurant. Il en était fier, si fier. Les gens aimaient sa cuisine, et lui aimait ce qu'il faisait, c'était génial.

Puis, il ne lui dirait jamais mais il aimait aussi le fait que son frère soit dans la même ville, qu'il soit encore prêt de lui. Ils ne vivaient plus ensemble mais ils pouvaient toujours passer chez l'autre à l'improviste. Ça avait quelque chose de rassurant.

Même s'ils avaient pris des voies différentes, Atsumu restait une constante dans sa vie. C'était relaxant, malgré le fait qu'il préférerait que ce dernier arrête de venir se plaindre à la moindre occasion.

Osamu préférait quand son jumeau ramenait son équipe après certains entraînements. Il appréciait entendre leurs petites anecdotes, les entendre rire et partager un repas tous ensemble. Il aimait rejoindre le groupe une fois le dernier client partit, s'intégrer un peu, rire avec eux.

C'était encore mieux depuis qu'Hinata Shoyo avait rejoint les Black Jackals. Le jeune homme apportait une dynamique envoûtante et attirante au groupe. Le jeune homme était envoûtant et attirant.

Oh, Osamu savait qu'il n'était pas le seul sous le charme du rouquin. Il avait aussi remarqué que le plus jeune ne rejetait aucun de ses prétendants, tout du moins, pas sans leur avoir donné une chance. Et le cadet Miya était plus que certain d'avoir sa chance.

Il salua les derniers clients qui partaient, il ne restait plus que les joueurs des MSBY comme souvent. Il sourit doucement en les voyant rire de bon cœur. Il rangea ce qui demandait de l'être puis il s'approcha de la grande table encore occupée.

.

-Oh, tu fermes ? Il faut qu'on parte ? demanda le capitaine de l'équipe.

-Non. Vous êtes toujours les bienvenus, surtout si vous avez des nouvelles croustillantes, sourit malicieusement l'ex-volleyeur en s'asseyant en bout de table.

-Ton frère a trébuché sur son lacet, déclara Inunaki d'un ton plat, et est tombé face la première devant les journalistes qui venaient nous interviewer.

.

La plupart des adultes riait discrètement, d'autres - lire : Osamu et Barnes - bien plus ouvertement, au dépend du passeur. Ce dernier tentait vainement de justifier sa chute différemment, faisant redoubler les rires.

En dernier recours, Atsumu se tourna vers Hinata, espérant un geste de ce dernier. Cependant, le rouquin ne lui lança qu'un regard désolé, un grand sourire sur les lèvres témoignant de son amusement de la situation.

.

-Même toi, Shoyo, dit le blond blessé. Toi aussi, tu m'trahis.

-Pour te trahir, il fallait être de ton côté, répliqua son frère.

.

Une nouvelle fois, les rires envahirent la pièce excepté que cette fois, Hinata prit la main de l'aîné des jumeaux pour le rassurer. Celui-ci plongea ses yeux dans ceux ambrés de plus jeune, s'y perdant instantanément.

.

-Cette chute était très drôle, tu dois l'avouer. Mais tu n'en restes pas moins super cool ! le consola le rayon de soleil du groupe avec un doux sourire.

-Ah non, Hinata. Ne booste pas sa confiance en lui. Il va encore être insupportable pendant des jours, se plaignit le libéro.

-Et franchement, les gamelles de Bokuto sont plus honteuses, ajouta le numéro vingt-et-un avant de sortir son téléphone. Et j'ai des preuves.

-Attends, tu avais dit que tu effacerait les vidéos ! S'exclama le concerné en tentant de subtiliser l'appareil.

-Les vidéos, oui. Mais j'ai gardé les photos.

.

Les cinq minutes qui suivirent furent une bataille pour essayer de récupérer les preuves en questions. Heureusement pour lui, Kotaro réussit à sauver son honneur ou du moins ce qu'il en restait.

L'ambiance entre les garçons était bonne enfant, agréable. Cependant, toutes les bonnes choses avaient une fin et peu à peu, les volleyeurs rentrèrent chez eux. Bientôt, il n'y avait plus que le libéro, le disciple et son mentor ainsi que les jumeaux.

.

-Hors de question que je tiennes la chandelle, annonça Shion en se levant et enfilant son manteau.

.

Shoyo le regarda perplexe tandis que Bokuto somnolait sur son épaule.

.

-Hein ? Mais je ne sors pas avec Osamu.

-Pas encore, lâchèrent Inunaki et le cadet Miya au même moment.

.

Les regards du blond et du roux se posèrent successivement sur les deux hommes qui venaient de parler, aussi perdu l'un que l'autre. Après une longue minute de silence, le plus âgé bougea.

.

-Pas mon problème, finit-il en partant du restaurant.

.

Pendant les instants suivants, le seul bruit dans la pièce fut les ronflements réguliers du numéro douze, toujours affalé sur l'épaule du plus jeune. Atsumu lança un regard meurtrier à son frère.

.

-Non. Je refuse, déclara le passeur. Pas question.

-Ce n'est pas ton choix, soupira lourdement Shoyo.

-Mais. . . C'est mon jumeau, genre une copie ratée de moi. Tu peux pas sortir avec lui !

.

Osamu grimaça à la remarque de son aîné.

.

-'Tsumu, tu sais que c'est faux. Et on pourra en parler demain. Il faut encore ramener Bokuto chez lui et je n'ai pas envie de me battre avec toi.

-J'veux pas me battre non plus. Mais Shoyo, tu peux pas-

-Pas maintenant ! S'énerva le rouquin. S'il te plaît, continua-t-il d'une voix suppliante. Ramène Bokuto chez lui et on se voit demain. Promis.

.

Atsumu allait de nouveau protester quand il croisa le regard fatigué de son amant, il serra les dents. Il se leva brusquement et fit le tour de la table pour décharger Hinata de leur coéquipier endormi.

Le plus jeune accompagna le numéro treize jusqu'à la porte l'épaulant encore un peu. Osamu, lui, resta à table, il savait qu'il fallait mieux éviter d'intervenir tant que son jumeau était encore là. Histoire de ne pas envenimer encore un peu plus les choses.

.

-Je compte sur toi pour que Bokuto arrive chez lui en sécurité, déclara Shoyo avant de rapidement embrasser son petit-ami. Merci, murmura-t-il alors que le blond traînait sa charge dans les rues.

.

Ensuite, il retourna s'asseoir à la table, sur une chaise plus proche de celle du chef. De nouveau, un silence s'installa. Certes le plus grand voulait une relation avec le rouquin, il ne voulait pas pour autant détruire celle que son jumeau entretenait avec lui.

.

-Tu m'as surpris tantôt, avoua le plus jeune au bout d'un moment. J'avais pas remarqué que tu voulais ce genre de relation avec moi. . .

-Pourquoi ? Tu sors bien avec 'Tsumu.

-Je ne vois pas le rapport.

-C'est mon jumeau. On est identique, si tu l'aimes alors tu peux aussi m'aimer, affirma Osamu.

.

Shoyo le dévisagea durement pendant ce qui sembla être une éternité au plus âgé. Puis son visage s'adoucit et il lui sourit faiblement.

.

-C'est vrai, vous êtes jumeaux. Ça ne veut pas dire que vous êtes pareils pour autant. Vous vous ressemblez mais vous n'êtes pas les mêmes.

-Est-ce que ça veut dire que tu me rejettes ?

-Hé bien, non. P-Pas vraiment, on peut essayer, hésita le joueur professionnel en posant sa main sur celle du plus grand.

.

Osamu sourit un peu alors qu'il serrait la main plus petite de l'autre dans la sienne. Il avait sa chance.

.

-Mais je veux que tu comprennes que si je suis avec toi, ça n'a rien à voir avec lui.

-Ce que je ne comprends pas, moi, c'est comment tu fais pour être amoureux de lui. Nous de toi, aucun problème. Toi de lui, je suis perdu.

.

Le sourire d'Hinata s'élargit et le plus grand regretta se question. En fait, il ne voulait pas savoir.

.

-Hé bien, il est gentil, adorable et vachement sexy.

.

Le jumeau aurait pu s'étouffer à chacun des adjectifs. Il était certain que son frère n'était rien de tout ça. C'était lui qui avait pris la partie sexy dans leurs gènes, pas Atsumu.

.

-En vrai, je ne sais pas trop. J'aime simplement passer du temps avec lui, il me fait rire, le voir me met de bonne humeur. Ça a pas besoin d'être compliqué.

-Et moi, alors ?

.

Le plus jeune lui donna un regard interrogateur.

.

-Pourquoi tu pourrais m'aimer ?

-Hum. . . Ta cuisine ! Clairement, je pourrais me damner pour en manger tous les jours. Sinon, tes petits sourires en coin quand tu es fier de toi. Je trouve ça attirant et puis, tu es attentif aux autres.

.

Hinata fit une pause avant de reprendre avec un grand sourire. Osamu était quasi sûr qu'il rougissait, il ne s'attendait pas à ces compliments.

.

-J'ai peut-être pas vu que tu m'aimais mais j'ai bien remarqué que nos plats arrivaient plus vite. Un peu comme s'ils étaient préparés à l'avance, juste pour nous.

-Juste pour toi, en fait.

.

Immédiatement, le visage de Shoyo prit une teinte rosée. Peut-être que Osamu n'avait plus besoin de chance maintenant.

- Jour 21 - Osamu -