Os écrit pour le secret santa de *voir à la fin* :)))
Ship : Sakuatsu
Thème : Secret Relationship
Jamais Atsumu n'aurait imaginé atterrir ici. Rio de Janeiro, une ville colossale complètement à l'opposé de son petit village natal. Il inspira longuement l'air frais du Brésil, les yeux posés sur l'immense horloge qui lui montrait le décalage horaire d'une demi-journée exactement avec Tokyo. La plage, les rues colorées et le soleil plein la tête, il se disait que jamais rien ne pourrait gâcher sa semaine. Sauf la main de la plus détestable personne sur terre qui venait de lui frapper l'arrière du crâne.
– Tsumu, c'est pas le moment d'éteindre ton cerveau.
Évidemment. Même quand tout s'annonce parfait, il fallait qu'il y ait un détail qui casse tout. Et le pire, c'est qu'il eut à peine le temps de se tourner vers son cher frère pour lui rendre son coup qu'il lui attrapa le poignet dans son mouvement.
– Tout le monde a récupéré sa valise. Arrête de faire ton boulet et dépêche-toi.
Et il le laissa planté ici, au milieu des tapis roulants de l'aéroport. Atsumu grommela quelques mots doux avant d'obtempérer. Après tout, il ne voulait pas commencer ses vacances avec son jumeau sur le dos. Surtout si c'était pour avoir tout le monde qui lui râle dessus après.
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– Donc là t'es en train de me dire que le gars qui sort « incognito » avec Hinata va vous emmener au Brésil car Bokuto en a entendu parler et qu'il a fait un caprice ?
Atsumu avala sa bouchée après avoir savouré chaque grain de riz. Interdiction de gober les préparations d'Osamu, c'est une règle tacite.
– Ouai. Après je crois aussi que Bokuto en a causé à son meilleur pote qui est accessoirement aussi le meilleur pote de Kozume donc ça aide.
– Je vois...
Le blond plissa les yeux en examinant son frère. Il y avait quelque chose de louche.
– T'es au courant que t'es pas invité hein ? J'ai prévu de profiter tranquillement sans voir ta sale tête.
– On a la même tête abruti, renchérit-il, et franchement je ne sais pas de quoi tu parles...
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Et c'est ainsi qu'il s'était finalement retrouvé avec son jumeau squattant son voyage alors qu'il ne connaissait personne. Mais ce n'était pas ça le plus frustrant, oh que non. Se dirigeant vers la joyeuse bande en tirant sa valise derrière lui, Atsumu ne peut s'empêcher de souffler.
Il a carrément réussi à ramener son mec. Et il ose me faire croire que c'est pas un coup monté.
Car oui, même avec tous les efforts du monde, et dieu sait qu'il a prié pendant tout le vol pour que soit une hallucination due à un ballon qu'il s'était pris en pleine poire (ne demandez pas comment), il pût clairement voir Suna se tenir entre Bokuto et Osamu. Et à en croire son clin d'œil, il savait qu'il savait totalement que le couple n'allait pas le laisser en paix.
– Tsum-Tsum ! On croyait que tu t'étais encore perdu !
Atsumu adressa un regard noir à Bokuto, le genre de regard qui signifiait « je pensais qu'on avait dit que cette histoire resterait entre nous ». Il reçut un grand sourire en réponse qui le fit abandonner. Atsumu était faible face aux idiots heureux.
Les discussions reprirent rapidement après ça et il en profita pour aller attendre à côté de l'homme le plus lumineux du groupe.
– Ça va Sakusa ?
Il eut le droit à un fantastique soupir qui lui rappela qu'il devait réviser sa définition de « lumineux ».
– Tu sais que tu es le soleil de ma vie quand t'es aussi bien réveillé ?
– Je suis trop fatigué pour t'entendre. Va plutôt voir ton frère.
Bon. Peut-être qu'il aurait mieux fait d'attendre le lendemain pour lui parler. Voire la semaine d'après. Sakusa avait à peine dormi depuis leur départ : il avait été malade pendant une grande partie du trajet, à tel point que le passeur avait pu entendre une hôtesse de l'air dire à une de ses collègues qu'il était le nouveau record de sacs papier utilisés. Mais il avait estimé que l'homme préfèrerait ne pas savoir cette information. Mieux valait garder ça secret jusqu'à la bonne opportunité en interview.
Du coup, pour le moment, il préféra le laisser tranquille. Il aura bien d'autres occasions de le taquiner pendant cette semaine.
Ils attendirent sagement encore quelques minutes avant qu'un taxi, ou plutôt un minibus, soit disponible pour les embarquer. Hinata se mit à discuter avec le chauffeur avec aisance, traduisant les informations importantes. Personne n'avait eu l'intelligence d'apprendre la langue avant le départ à sa connaissance. Atsumu se fit la résolution de ne jamais sortir seul sans le garçon. Ou même seul en général.
Les yeux rivés sur le paysage embelli par la tombée de la nuit, il écouta distraitement la conversation, finissant par sombrer dans un sommeil léger.
Atsumu fit la moue en regardant son frère le narguer avec son pass, surtout lorsque sa main libre se lia à celle de Rintarô.
Kenma venait de finir d'expliquer le fonctionnement global de l'hôtel et leur avait ensuite donné les trois cartes magnétiques restantes, étant donné qu'il avait gardé la quatrième pour lui et Hinata. Bien sûr, son frère en avait eu une à partager avec son copain et Bokuto avait directement sauté sur l'occasion pour faire des blagues vaseuses avec Kuroo. Atsumu ne le sentait pas vraiment celui-là, mais il était riche ce qui constituait en soit une qualité qu'il n'avait pas. Tout ça pour dire qu'il avait vite compris qu'il dormirait une semaine avec Sakusa. Dans la même chambre.
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Il faisait déjà nuit lorsqu'Atsumu rentra dans la chambre qu'il partageait avec son jumeau. Sans aucun égard pour son frère adoré, il balança son sac sur une chaise avant de commencer à se changer.
– C'était comment le stage intensif ? D'ailleurs j'espère que t'as réveillé les parents, histoire que tu te fasses punir.
– Tu m'as manqué aussi crétin. Et franchement c'était trop bien, j'ai vu plein de types intéressants.
– Du genre des mecs lambdas ou le mec ?
Atsumu ne put s'empêcher de rougir faiblement, lui lançant son t-shirt au visage. Évidemment, être dans le lit du dessus l'aida à esquiver aisément. En revanche, il ne parvint pas à éviter la chaussette sale qui vola juste après.
– T'es sérieux ? Je vais devoir me relaver là !
– C'est toi qui me cherches !
Une bataille épique était sur le point de commencer. Cependant, un rappel à l'ordre parental ne se fit pas attendre.
– Du coup, il y était nan ?
Atsumu résista à peine cinq secondes. Il était mauvais pour ignorer son frère.
– Ouai.
– Tu lui as parlé ?
– Ouai.
– Je veux dire, en dehors des entraînements ?Un ronflement lui répondit.
– Tsum, tu ronfles jamais. Je traduis ça par un non alors. Tu sais que tu vas pas perdre un bras si tu lui dis un mot hein ?
– Mouai, marmonna le blond, mais je vais pas prendre le risque, merci. On sait jamais.
Seul un fort soupir se fit entendre pour réponse.
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Il ne pouvait pas y croire. Cette chambre était immense et certainement bien trop chère par rapport à ce qu'il envisageait. Il faisait déjà nuit noire, mais Atsumu était convaincu que le paysage visible depuis leur balcon serait fantastique. Le moindre détail avait été parfaitement soigné. D'ailleurs il n'avait jamais vu un lit aussi bien fait. Il se dépêcha donc de sauter dedans.
– Sérieusement Atsumu ? Tu n'as même pas enlevé ton manteau. C'est dégoutant.
Quelques rires se firent entendre depuis le couloir, certainement Bokuto ou Osamu, et Sakusa ferma la porte. Le blond se redressa avec un air amusé.
– T'inquiète ça va. Maintenant qu'on est tranquilles, tu vas quand même pas continuer ton numéro de Mec Super Gavé Par Tout Ce Que Je Fais ?
- Tu as mis les majuscules je parie ? soupira-t-il.
– Carrément. Ça rend toujours mieux. Et tu sais ce qui rendrait bien aussi ?
–Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir ?
Atsumu se leva et enleva sa veste.
– Tu dis à chaque fois ça, mais je sais qu'au fond t'es curieux.
– Ah non pas du tout. Mais genre je te le promets, je survivrai sans cette information.
Sakusa était déjà occupé à vider sa valise, repliant soigneusement les affaires ayant été un peu défaites. Il ne s'arrêta pas quand deux bras l'enlacèrent par-derrière.
– Atsumu... Je suis trop fatigué pour ton numéro...
– Mais j'ai à peine pu m'approcher de toi depuis le départ, souffla l'autre homme dans son cou, c'est pas juste qu'ils nous narguent exprès...
– Tu te fais des films, ils ont aucun intérêt à le faire...
Sauf s'ils savent que je crush sur toi depuis des lustres, songea Atsumu. Et Osamu et Suna étaient parfaitement conscients de le faire enrager à chaque fois. Il s'apprêtait à faire un commentaire constructif, mais son copain prit la parole en premier.
– De toute façon, Kozume a bien précisé de rester discret sur ça pour éviter les problèmes. Et ton frère n'est pas bête comme toi donc ça ira.
– Merci mon rayon de soleil, grommela Atsumu, t'as toujours les mots justes avec moi.
Il s'écarta pour lui permettre de finir de ranger ses affaires, nullement blessé. Bon, rien qu'un chouilla. Il en avait l'habitude de toute façon. Sakusa était comme ça, il ne mâchait pas ses paroles, mais restait honnête. Et ça lui plaisait. En revanche, il aurait aimé ne pas avoir à cacher sa relation. Surtout lorsque ses proches étaient persuadés qu'il n'était qu'un loser en amour. Mais Kiyoomi lui avait demandé ça dès le début et même si Atsumu pouvait être un sacré enfoiré (il le reconnaissait franchement d'ailleurs), il avait accepté sans mal.
Mais après plusieurs mois de relation, il commençait à en avoir marre. Parfois, il avait le sentiment que l'autre homme avait presque honte d'être avec lui. Pourtant, si ça avait été réellement le cas, il l'aurait quitté sans aucun remords. Atsumu se contentait donc d'attendre. Un jour, tout le monde saurait qu'ils formaient le meilleur couple de l'univers.
Parfois, le meurtre devrait être légal. Ou peut-être juste exceptionnellement autorisé pour certaines raisons. Par exemple le fait que deux andouilles viennent les réveiller en tambourinant à leur porte vitrée à même pas sept heures du matin. Atsumu avait failli mourir de peur. En effet, qui aurait pu prévoir qu'à la place d'un oiseau un peu trop courageux se trouveraient ses deux coéquipiers en pleine forme ? Surtout, qui aurait eu l'idée de sauter d'un balcon à un autre ?
Atsumu choisit de nier le cri peu viril qu'il poussa en les apercevant. Après avoir plusieurs fois fermé et ouvert les rideaux pour vérifier qu'il ne s'agissait pas d'une illusion d'optique, il se décida à les laisser entrer.
Il n'aurait jamais dû.
Atsumu était donc en train de ruminer ses pensées sombres pendant que tout le monde installait ses affaires sur la plage proche de leur hôtel. Les lieux étaient peu occupés, ce qui était sûrement normal pour un lundi matin, eu-t-il envie de hurler lorsque Bokuto fit la remarque à Hinata. Ces deux-là semblaient s'être rapidement remis de la fureur de Sakusa qui avait encore moins bien digéré leur réveil personnalisé. Heureusement qu'Atsumu avait eu la bonne idée de s'habiller un minimum avant d'ouvrir le rideau.
Le soleil commençait déjà à taper fort, mais ça ne découragea pas les deux lève-tôt qui partaient en courant pour réserver un terrain de beach-volley. Atsumu se rassura en voyant qu'il semblait ne pas être le moins bien réveillé. Kenma s'était installé sous un parasol et traînait sur son téléphone tout en écoutant distraitement Kuroo. Le Miya avait mentalement nommé ce duo « les deux riches », « les deux chanceux » ou encore tout simplement « Les Deux A Se Mettre Dans Les Poches ». Avec les majuscules évidemment. Osamu et Suna papotaient également et Atsumu espéra fort qu'ils avaient mal dormi pour une raison stupide. Avec un peu de chance, la chambre au-dessus de la leur avait hébergé un bébé en furie.
Malheureusement, le moins bien réveillé n'était nul autre que son propre partenaire. C'était limite s'il pouvait voir des ondes maléfiques émaner de lui à chaque fois que quelqu'un avait l'audace de lui parler. Et bien sûr, c'était lui la principale victime. Atsumu souffla fortement en s'asseyant à côté de lui. Foutu pour foutu, autant y aller.
– Bien dor-
– Je vais te tuer si tu continues cette phrase.
Bon, ça pourrait être pire. Il aurait pu se faire étrangler sans aucun avertissement.
– Ça te dit de venir un coup dans l'eau avant de jouer, demanda malgré tout Atsumu, ça nous réveillera.
Allez refuse, histoire que je puisse finir de me lamenter comme un raté.
– Pas faux... Je te suis...
Atsumu ouvrit de grands yeux et réprima son énorme sourire bête en se levant, lui tendant ensuite la main pour l'aider. Bon, il tenta de l'aider, car sa proposition se fit royalement ignorer. Mais il n'allait pas laisser ce fait ruiner sa mini-victoire.
– Vous faites quoi ?
Voilà le dernier obstacle à son moment tranquille. Osamu Miya, son plus ancien ennemi. Mais il lui suffirait de dire tout simplement qu'ils vont se baigner et il n'insisterait pas plus. Après tout, il était un frère lourd et agaçant, mais il comprendrait bien qu'ils souhaitaient être seuls.
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– Donc finalement vous êtes enfin ensemble ?
– Ouai. Mais t'en fais pas, quelqu'un finira bien par vouloir de toi-même si tu es insupportable.
Osamu venait de dire ça en plongeant son regard dans le sien. Le plus insultant était qu'il parvenait tout de même à cuisiner parfaitement bien dans ces conditions. Et aussi que Suna contemplait son frère avec un air un peu niais en même temps.
– Vous avez intérêt à ne jamais vous embrasser devant moi, maugréa-t-il comme unique réponse un minimum recherchée.
– Oh mon Rintarô d'amour, je sens que j'ai besoin de sentir le contact de tes lèvres sur les miennes pour survivre.
– J'arrive mon poussin des îles, enchaîna Suna en se levant. Je viens pour sauver ta vie si chère à mon cœur.
Atsumu fit mine de vomir en les voyant se prendre dans les bras et il détourna la tête juste à temps pour s'éviter une vision pas forcément agréable. Deux hommes lambdas, il s'en fiche. Mais son frère et un ami qu'il connaît de longue date, impossible.
– Vous avez répété combien de fois ?
– Au moins dix cette semaine. On attendait que ça Tsum.
Atsumu souffla avec force en croisant ses bras sur la table pour y enfouir sa tête. Jamais il n'aurait imaginé qu'ils sortiraient ensemble aussi vite. Et surtout, il avait espéré être celui qui narguerait son frère de cette façon. Il ne remua même pas quand Rintarô vint lui tapoter l'épaule.
– Et toi sinon ? T'en es où ?
Bon, il bougea un petit peu. Si manquer de s'étouffer de surprise avec de l'air était considéré ainsi.
– Que quoi ? Comment ça moi ?
– J'en sais rien, continua Suna avec un sourire amusé, je me disais que peut-être tu aurais quelqu'un qui t'intéresse... Du genre un brun...
Atsumu riva un regard offusqué sur son frère.
– Sam ! Tu m'as pas trahi quand même ? Je ne peux même plus faire confiance à mon propre jumeau ? Je t'ai tout donné !
– Alors non. C'est plutôt l'inverse sale profiteur. Combien de fois je t'ai prêté des fringues ou aidé sur tes devoirs ?
– Tu n'es qu'un ingrat Osamu Miya. Et toi une giga fouine Suna.
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– Purée elle est froide !
– Abuse pas Rin, on a connu pire.
Atsumu serrait les dents en se forçant à ne pas hurler. Bien sûr qu'Osamu serait venu, surtout avec Suna pour enfoncer le clou. Pourquoi s'était-il fait des illusions ? Mais en vrai, le plus frustrant était que c'était Sakusa qui leur avait proposé le premier.
Par conséquent, il avait décidé de bouder. Enfin, jusqu'à ce que le couple se mette en tête de le couler. Il serait un menteur s'il n'avouait pas avoir bu la tasse deux ou trois fois.
– C'est de la triche à deux contre un, s'empressa-t-il de crier dès qu'il eut l'opportunité de s'échapper quelques secondes. Vous avez ruiné ma coupe en plus !
– Roh ça va, c'est pas comme si c'était super recherché. T'as qu'à demander à Sakusa de rejoindre la bataille.
C'était une bonne idée ça. Il se tourna presque automatiquement vers son copain qui les regardait pile à la bonne distance pour ne pas se faire éclabousser. Kiyoomi avait un air moqueur dans les yeux et Atsumu ne put dire si c'était à cause du soleil qui tapait fort, mais ses joues étaient un peu rosées.
– Je ne viendrais pas au secours de ce qui te sert de cheveux si c'est ce que tu veux savoir.
Et alors qu'il s'apprêtait à hurler à la trahison et à la fin de l'équipe, Atsumu se retrouva de nouveau la tête sous l'eau.
La musique était forte et les lumières artificielles dansaient sur les murs de la pièce. La salle d'arcade de leur hôtel était vraiment extraordinaire. Atsumu crut entendre Kuroo marmonner à Bokuto que c'était très certainement pour ça que Kenma avait choisi cet hôtel en particulier.
Leur matinée s'était au final transformée en une journée plage durant laquelle ils avaient alterné baignade, bronzette et beach-volley. Ils avaient d'ailleurs presque tous sous-estimé cette variante de leur sport favori et Hinata en avait profité pour gagner tous ses matchs. Le jeune homme avait en outre rencontré différents fans, leurs parties se finissant donc régulièrement par une séance de dédicace de la part de Ninja Shoyo.
Ils étaient ainsi en train de jouer leur vie sur les différents jeux. Et il s'avéra que, fidèle à sa réputation, Kozume les explosait proprement. Il filmait même parfois pour poster sur ses réseaux sociaux. Le seul épargné était Hinata qui conservait donc son honneur entier. Atsumu ne se priva cependant pas de sourire avec son arrogance habituelle de tirer la langue (c'était quand même sa spécialité même si ça faisait soupirer son équipe).
L'unique jeu où ils ne s'en sortaient pas trop mal (et par là, ça voulait dire qu'ils avaient tous une chance de gagner) était le Just Dance qui avait une énorme piste dédiée. Chacun fit donc la démonstration de ses talents, certains avec un peu plus d'adresse que d'autres. Par exemple, Atsumu découvrit que Suna et Sakusa étaient de redoutables adversaires dans les musiques solos. De leur côté, Kuroo et Bokuto faisaient toujours d'incroyables duos.
Ils alternèrent tous entre différentes activités pendant un moment, puis allèrent progressivement se coucher. Atsumu patienta quelques minutes avant de partir dans les derniers, les seuls restants étant Kozume, qui n'avait pas encore pu tout tester, et Hinata. Le couple leur adressa un bref signe de main qui fit sourire Atsumu. Ils vont bien ensemble.
– Ils vont bien ensemble, tu trouves pas bro ?
– Carrément bro.
Bokuto et Kuroo. Atsumu avait vite compris que ce duo pouvait être aussi chaotique qu'extraordinaire. Et malheureusement pour lui, il se retrouvait à retourner aux chambres avec ces deux-là.
– Dis-moi Tsum-Tsum, t'as bien dormi cette nuit ?
– Bah oui, normal quoi...
Peut-être n'était-ce que lui, mais le coup d'œil amusé qu'ils s'échangèrent ne lui inspirait rien de bon.
– Je sais qu'on ne se connaît pas trop mon cher Tsum-Tsum, je me permets hein, mais j'ai entendu dire que vous aviez dormi dans le même lit.
Atsumu adressa un regard noir à Bokuto qui se mit à faire semblant de siffler, sans trop de réussite d'ailleurs.
– Il n'y avait qu'un seul lit en même temps. Vous avez fait pareil vous hein.
– Sauf que nous, on est des bros certifiés tu vois, c'est différent.
– Mais bien sûr. Et cherchez pas, y a rien de plus entre lui et moi.
Sur ces mots, il accéléra subtilement. En d'autres termes, il sprinta jusqu'à sa chambre.
Le marché était gigantesque, à tel point qu'ils avaient à peine vu la moitié des stands depuis leur arrivée plusieurs heures plus tôt. Après, peut-être que le fait qu'ils s'arrêtent toutes les deux minutes n'aidait pas.
Oh, la cuisine de ce type a l'air trop bonne !
J'aimerais bien me prendre un bracelet rouge en souvenir. Je t'en paye un aussi bro ?
On peut aller faire lire notre avenir ?
Pour être franc, Atsumu avait profité de chacun de ces arrêts. Il avait le ventre rempli, un bracelet brésilien en sa possession et apparemment, c'était une semaine pleine de succès qui se profilait selon la vieille dame un peu suspecte. En plus, les lieux étaient tellement bruyants qu'il pouvait discrètement chuchoter avec Sakusa sans que les autres le remarquent trop.
Leur mercredi était donc bien occupé, contrairement à la veille durant laquelle ils avaient essentiellement traîné à l'hôtel. Le bâtiment regorgeait d'endroits pour se divertir, comme un bowling, une piscine ou encore une salle de fitness, et de toute façon, Kenma avait décrété qu'il avait besoin de liver au moins une fois dans la semaine pour ne pas trop faire baisser ses statistiques.
En tout cas, qui aurait cru qu'un hôtel aurait carrément une salle de cinéma ?
Hinata était actuellement en train de leur raconter une anecdote sur sa vie avant d'avoir rejoint leur équipe. Le nouveau guide touristique autoproclamé prenait son rôle très à cœur et personne n'avait osé l'interrompre ne serait-ce qu'une seule fois. Il mettait en place une super ambiance, et surtout, personne ne voulait risquer de fâcher Kozume qui le contemplait comme s'il était la plus belle chose de son monde. Bon, il est vrai qu'Atsumu ne put s'empêcher d'être un poil jaloux. Surtout quand Sakusa lui adressait des regards de poisson mort parce qu'il venait de prendre la parole. Non Atsumu, les attrape-rêves ne te permettront pas de revoir tes rêves une deuxième fois. Quel crâneur ce Sakusa. Puisque c'est comme ça, il n'aura pas de bracelet.
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De petits flocons venaient parcheminer les tissus des manteaux des gens qui passaient çà et là. Le marché de Noël n'avait jamais été quelque chose qu'Atsumu avait particulièrement aimé voir chaque année. En général, il avait froid, était avec sa famille (donc son frère) et n'avait pas le droit d'acheter tout ce qu'il souhaitait.
Cependant, lorsque Sakusa lui avait proposé d'y aller avec lui, il n'avait pas su refuser. Il était donc en train de marcher avec lui, bonnets sur les oreilles et écharpes autour du cou. Ils avaient pris le temps de manger dans un petit restaurant familial avant d'affronter les basses températures de l'hiver.
Il y avait de nombreux stands un peu partout. Alcool, spécialités, décorations... Chacun pouvait y trouver son compte. Mais Sakusa semblait chercher quelque chose en particulier sans pour autant daigner lui dire quoi précisément. Atsumu s'apprêtait à demander une énième fois lorsqu'il le vit se diriger subitement vers un stand précis.
– Donc tu voulais juste un pull ?
– Ne sous-estime pas les pulls des marchés de Noël Atsumu, renchérit aussitôt Sakusa. Ils sont d'une qualité exceptionnelle et tiennent vraiment chaud. C'est grâce à ça que j'ai une aussi bonne santé en hiver.
Atsumu leva les yeux au ciel en se mettant à regarder les différents modèles. Il ne s'était jamais réellement intéressé au milieu des super pulls (les majuscules n'étaient pas nécessaires selon lui), mais après quelques secondes d'observation, il pouvait reconnaître que certains avaient du charme. Notamment un qui se mit à lui faire de l'œil au point où il s'en approcha curieusement. Heureusement pour lui, Sakusa semblait être en pleine discussion avec le marchand. Il effleura la laine du bout des doigts et examina les motifs de flocons blancs qui décoraient le tissu d'un beau rouge.
– Excusez-moi monsieur.
La voix du vendeur le fit sursauter et il se recula rapidement pour revenir aux côtés de son copain, l'autre homme commençant à préparer l'achat.
– T'as trouvé ce que tu voulais ?
– Oui, merci de m'avoir attendu.
Il paya et ils reprirent leur route, Atsumu oubliant par la suite le beau pull rouge.
– J'ai les pieds gelés je crois.
– Je t'avais dit de ne pas prendre de petites chaussures en mêmes temps.
Ils venaient de rentrer de leur rendez-vous (Atsumu avait décrété que ça en était un) et ils étaient censés finir en beauté avec plusieurs films de Noël. Il préparait deux chocolats chauds pendant que son amoureux choisissait le premier. Néanmoins, il fut étonné en découvrant un sac en papier sur la petite table basse. Atsumu s'assit en reconnaissant celui qu'ils avaient récupéré au stand de pull.
– Oui ?
– Regarde dedans plutôt que de faire cette tête-là idiot...
Sakusa semblait un peu gêné, ce qui ne lui déplût pas, ça le rendait mignon. Il obtempéra donc, ses yeux s'écarquillant complètement en dépliant le vêtement rouge qu'il avait remarqué.
– Sakusa...
– J'ai eu l'impression que tu l'aimais bien donc j'ai eu envie de te l'offrir, marmonna l'autre homme en faisant une petite moue. Tu peux aller l'échanger si tu n'aimes pas...
Atsumu crut avoir une attaque et décida à partir de ce jour-là que les Super Pulls Du Marché De Noël seraient désormais sacrés. Et forcément, il l'embrassa toute la soirée pour le remercier.
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La fête battait son plein. Les couleurs vives dansaient sous les lumières qui illuminaient les rues. La musique parfois trop forte était ponctuée de cris de joie et de rires. La petite bande profitait du festival avec bonne humeur. Le grand final du fameux Carnaval de Rio prenait place sous leurs yeux ébahis. Atsumu avait des étoiles dans les yeux, à l'image de chaque personne présente. Et même s'ils prétendraient le contraire si on leur disait, Kenma et Sakusa étaient tout autant émerveillés.
Ce vendredi soir était leur dernière soirée avant de reprendre l'avion le lendemain. Ils avaient attendu impatiemment toute la journée du jeudi, jour pendant lequel ils étaient allés au pied de l'immense statue du Christ Rédempteur. Mais ils y étaient enfin.
Ils flânèrent un bon moment avant qu'Atsumu ne réalise qu'il avait faim. Et comme il restait un éternel optimiste, il s'adressa d'abord à Sakusa.
– Tu viens avec moi acheter un truc ? J'ai repéré un stand qui a l'air cool.
– Ça peut pas attendre ? soupira l'homme, je préfèrerais éviter de perdre les autres.
Atsumu prépara son plus beau sourire et se servit d'un moment d'inattention du groupe pour souffler à son oreille.
– Je veux juste profiter un peu tranquillement Kiyoomi... C'est pas loin en plus t'inquiètes...
Il guetta sa réaction pendant quelques secondes, se mordant la lèvre avec une légère appréhension malgré tout avant de le voir acquiescer. Il le regarda prévenir brièvement les autres avec satisfaction puis partit à ses côtés en direction de l'endroit où il estimait avoir aperçu ce qui l'intéressait, sa main jouant avec le petit bracelet dans sa poche.
– On pourrait presque fêter ce moment comme étant notre premier rendez-vous.
– Ferme la idiot, souffla Sakusa en levant les yeux au ciel.
– Détend toi, c'est pas comme si les Japonais couraient les rues au Brésil.
– Sans rire. Dépêche-toi de trouver ce que tu voulais maintenant.
Atsumu fronça légèrement les sourcils. Pourquoi son copain semblait-il autant sur les nerfs ? Il avait dû rater une coche non ?
– J'ai fait un truc qu'il ne fallait pas ? Tout allait bien et d'un coup tu t'énerves.
– Je ne m'énerve pas. C'est plutôt toi là.
C'était de la provocation. Il en était sûr, Sakusa savait parfaitement que ce genre de phrase l'agaçait encore plus. Il l'entraîna dans une petite ruelle pour pouvoir discuter tranquillement.
– T'es sérieux ? T'es le premier à tirer la gueule, mais comme d'habitude c'est moi qui suis le mec chiant de l'histoire ?
– Atsum-
– Non, le coupa Atsumu en haussant le ton, c'est toujours la même chose et j'en ai marre ! Tu sais quoi ? Tu n'as qu'à retourner avec les autres puisque tu détestes autant être avec moi ! Mieux vaut tout arrêter !
Les yeux de Sakusa s'ouvrirent en grand, mais il n'eut pas le temps de prononcer quoi que ce soit avant qu'Atsumu ne disparaisse dans une autre rue.
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Atsumu n'en croyait pas ses oreilles. Ou plutôt ses yeux. Bref. Il venait de recevoir la liste de ses coéquipiers et il en faisait partie.
– Ohhhhh... Ça promet ça...
Forcément, il tenta de frapper son frère pour ce commentaire indésiré.
– Il va vraiment falloir que tu arrêtes de faire ça Sam ! Où est ma vie privée ?
– Disparue depuis notre naissance. Ou depuis que je t'ai entendu chanter du Britney Spears sous la douche.
– J'avais 14 ans ! Et j'ai parfaitement le droit de le faire !
Osamu haussa simplement les épaules en retournant derrière son comptoir.
– Si tu le dis. T'as prévu un plan d'attaque ou pas ?
– Je vais juste laisser mon charme agir.
Comme chaque personne aurait pu s'en douter, ça ne fonctionna pas. Du moins pas au début.
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Il était parvenu à se perdre dans les ruelles de Rio. Bravo Atsumu, encore une belle réussite à ton actif. Pourtant, même en entendant la musique du défilé au loin, il préféra s'asseoir sur la marche d'un petit escalier, tout seul et misérable. Il mentirait s'il disait se retenir de pleurer comme un enfant qui venait de faire tomber sa tour de Lego de presque 1 mètre 47 de haut. Il venait de quitter l'homme dont il était amoureux depuis plus de quatre ans pendant la semaine qui devait au contraire être celle où ils pourraient enfin avouer leur relation à tous. Sakusa n'avait rien fait de mal, bon un peu quand même parfois, mais c'était Atsumu qui avait à chaque fois failli exposer leur couple sans lui donner son avis. Il ne put s'empêcher de sortir le bracelet fait de fils bleus et gris, jouant avec les extrémités en reniflant doucement.
Mais il se sentait incapable d'en discuter clairement avec lui. Atsumu était un homme d'action, les grands discours étaient toujours ratés avec lui. Il n'aurait jamais pu avouer son homosexualité si son frère ne l'était pas aussi, et encore sa famille avait deviné d'elle-même. Il ne savait même pas faire de critique constructive aux membres de son équipe donc en faire une envers son compagnon ? C'était bien plus impossible que d'admettre qu'il s'était une fois perdu dans son lycée.
Atsumu était en quelque sorte un lâche.
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– Hé Tsum, t'as entendu les nouvelles ? Il paraît que le petit de Karasuno va partir au Brésil.
– Ouai. Je suis encore capable de lire les messages que tu m'envoies.
Osamu le fusilla du regard en lui renvoyant la balle. Ou plutôt en essayant de lui smasher en plein visage.
– Sam ! cria Atsumu en l'évitant à temps, t'as failli me tuer !
– Ca va la diva, t'as connu pire.
Tandis que le blond allait reprendre le ballon, l'autre homme se passa une main sur le visage.
– N'empêche qu'il est sacrément motivé, je ne sais pas si je serais capable de faire pareil.
– Ce n'est pas la mort, souffla Atsumu en revenant, je pourrais très bien le faire aussi.
– Vas-y alors, je serai enfin tranquille au moins.
Évidemment, en tant que personne très mature, Atsumu essaya de lui smasher au visage à son tour. Mais ce fut à son grand malheur un échec et il se préparait déjà à fuir en voyant son frère partir récupérer la balle.
– Mais franchement Tsum, continua-t-il, c'est ça ton problème. Dès qu'on sort du volley, tu deviens un lâche qui ne va jamais au bout des choses.
Atsumu écarquilla les yeux. Il avait ses défauts, bien sûr. Mais que celui qui partageait son sang le lui fasse remarquer, c'était autre chose.
– Tu n'es pas mieux toi ! Ça avance avec Suna ?
– Moi au moins je lui parle, répondit son frère avec un air moqueur, ça me fait une victoire en plus sur toi.
– T'as juste la chance d'avoir été trois ans dans la même équipe que lui.
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Atsumu secoue la tête pour tenter de chasser ce souvenir de son esprit. Mais en soi, n'avait-il pas fui une énième fois ses problèmes à ce moment-là ? Évidemment que son frère avait été aidé par le destin sur ce coup-là. Malgré tout, il aurait néanmoins réussi à sortir avec lui-même si ça n'avait pas été le cas. Dans la situation contraire, est-ce qu'Atsumu aurait su profiter de l'opportunité ? Il n'en était pas sûr lui-même. Après tout, c'était Kiyoomi qui lui avait demandé le premier. Il devait donc l'aimer un minimum non ? Ou alors tout s'était évaporé quand il avait réalisé que Miya était un peu trop collant parfois ?
– Ce n'est pas le moment de déprimer mec, se marmonna-t-il à lui-même tout en se prenant le visage dans les mains, tu te prends juste trop la tête avec ces histoires.
Et pourtant... Ça faisait des mois qu'ils étaient ensemble et leurs amis ne les auraient certainement pas rejetés, de même pour leur famille. Alors pourquoi ? Pourquoi le repousser dès qu'ils étaient en public ? Pourquoi paraître aussi désagréable si ce n'était que pour jouer le rôle ?
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Atsumu attendait nerveusement devant l'entrée secondaire du gymnase. Sakusa lui avait dit quelques heures plus tôt de venir ici afin de discuter. Le passeur patientait donc sans vraiment savoir de quoi il s'agissait. Sam, si tu as osé lui dire quoi que ce soit, je t'égorge. Et apr-
– Désolé pour l'attente, souffla Sakusa, le coupant dans ses pensées.
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Ça faisait maintenant un petit moment qu'il réfléchissait sur ses marches. Bizarrement, il n'arrivait pas à se souvenir exactement de la déclaration de l'homme. Il avait tellement été stressé puis heureux que rien n'avait vraiment été enregistré après ça. Peut-être que Sakusa lui avait dit un truc important. Atsumu grimaça faiblement, frottant du dos de la main ses yeux un peu gonflés. Si seulement il avait eu le courage d'en discuter dès le début, rien de tout ça ne serait arrivé peut-être...
– Senhor ?
Il sursauta vivement sous cette voix enfantine. En se retournant, il put voir deux petites silhouettes qui le surplombaient du haut des marches. La fillette qui avait parlé semblait être un peu plus âgée que le garçon, mais ils ne devaient pas avoir plus de 15 ans. Enfin ça, c'était dans la tête de l'adulte.
– Você está bem ?
Il remit le bracelet dans sa poche, vérifia en vitesse que ses yeux étaient parfaitement secs avant d'esquisser un maigre sourire. Il ne comprenait rien, mais hors de question de passer pour un pleurnichard malgré tout.
– Quoi ?
Il les vit échanger un regard perdu puis discuter entre eux dans leur langue natale. Ne plus jamais négliger l'apprentissage des langages étrangers Atsumu. Ils pourraient très bien être en train de t'insulter et toi tu souris comme un crétin. Il soupira fortement en reposant les yeux sur sa ruelle. Peut-être qu'il ferait mieux de rentrer à l'hôtel avant que d'autres n'arrivent en plus pour rire de lui.
Il venait de se lever lorsqu'une petite main lui prit la sienne. Il réprima avec mal un cri de surprise et posa des yeux ronds sur le jeune garçon.
- Você está indo para o carnaval? Emilly e eu também vamos.
Atsumu cligna plusieurs fois des yeux en essayant de déchiffrer quelques mots sans succès. L'enfant parlait trop vite pour lui. L'autre môme lui prit sa main libre avant de se désigner du doigt.
– Eu sou a Emilly, articula-t-elle avant de montrer son compagnon, Felipe.
– Alors... Tu es Emilly et lui Felipe...
Il les vit sourire grandement en acquiesçant et il ne put s'empêcher de se faire doucement contaminer par leur joie à son tour. Il était peut-être célibataire maintenant, mais il faisait connaissance avec des habitants du pays. Avec un peu de chance, il serait bientôt bilingue et se trouverait un autre homme fantastique avec qui il pourrait vivre heureux. Il aurait deux grains de beauté, des cheveux bruns bien doux et une tendance à faire une fixation sur l'hygiène. Bon, il était encore trop amoureux pour passer à autre chose.
Il sortit de ses idées géniales lorsque les deux jeunes commencèrent à le tirer en avant.
– On va où ?
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Atsumu entra trempé dans l'appartement à la suite de son copain, leurs manteaux dégoulinants d'eau. L'averse avait commencé au moment où ils étaient sortis du cinéma et aucun des deux n'avait pensé à emporter un parapluie. Cependant, ce détail ne pouvait pas l'empêcher de s'exprimer avec énergie.
– C'est donc pour ça que c'est important de ne pas oublier les majuscules, surtout quand tu parles d'un superhéros comme lui.
– Atsumu, j'ai vraiment essayé au maximum, mais je n'arrive pas à saisir ce délire. Donne-moi ta veste et tes chaussures que je puisse les mettre à sécher.
– Tu ne comprends pas à cause du fait que ton esprit est renfermé sur lui-même, renchérit-il en obéissant. Tu refuses le moindre changement de point de vue, mais ne t'en fais pas car maintenant, je suis là pour te permettre de découvrir un monde nouveau.
Le petit sourire de son homme ne lui échappa pas. La façon dont ses yeux se plissaient légèrement, la douce courbe de ses lèvres, ses joues à peine rouges. Atsumu avait appris à déchiffrer le langage complexe de son amant. Il en était plutôt fier, il n'allait pas se le cacher.
– Va te changer avant de tomber malade idiot.
– Que si tu me laisses choisir ce qu'on mange.
Et le léger rire qu'il eut comme réponse lui donna l'impression d'être encore plus fou de lui.
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La musique était de nouveau partout. Atsumu n'arrivait pas à croire qu'il était revenu aussi vite dans l'immense rue qui brillait comme si le soleil était haut dans le ciel. Il était d'ailleurs sur le point de remercier les deux gamins qui l'avaient aidé quand il remarqua qu'ils discutaient déjà avec trois autres enfants de leur âge. Il se faisait parfois pointer du doigt, mais il se dit qu'il n'allait pas les reprendre sur ça, peut-être que c'était commun au Brésil. Cependant, il commençait légèrement à s'impatienter au bout d'un moment, d'autant plus qu'il n'arrivait pas à repérer ses amis dans la foule monstrueuse.
- Venha conosco, senhor, seus amigos estão procurando por você.
– Je n'ai toujours pas appris votre langue, mais je suppose que vous vous en fichez vu que vous ne comprenez pas la mienne non plus.
– Esqueça, você tem que arrastá-lo como um bebê.
Et il se refit tirer par la main, à travers la foule cette fois-ci.
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Il faisait déjà nuit noire lorsqu'Atsumu s'éveilla. Mais il ne bougea pas malgré sa nuque douloureuse ou ses jambes engourdies. Pour rien au monde, il n'aurait réveillé Sakusa qui dormait, la tête posée sur ses genoux. La série s'était mise en pause d'elle-même et il se fit la remarque qu'ils ne sauraient jamais où ils s'étaient « arrêtés ». Au moins, il avait eu la bonne idée de porter son Super Pull Du Marché De Noël qui lui avait permis de ne pas se transformer en glaçon pendant son sommeil. Il baissa les yeux pour pouvoir admirer le visage endormi de Kiyoomi. À peine quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne se décide à courageusement passer une main dans ses cheveux.
Jamais il n'aurait imaginé que ça serait aussi agréable de les toucher. Non pas qu'il n'ait jamais eu de contact avec la masse capillaire de quelqu'un d'autre avant. Il lui était déjà arrivé de tirer les cheveux de son frère lors de conflits (comme la fois où il avait refusé de lui laisser la dernière Danette vanille, cette soirée avait été catastrophique pour leurs parents, mais mémorable pour eux deux) ou de caresser ceux d'une de ses rares exs. Mais étrangement, ça paraissait différent. Il avait envie de le faire pendant des heures. Il était sûr d'avoir l'air bizarre, mais il n'y pouvait rien, ça l'apaisait.
Il le fit pendant de longues minutes tout en réfléchissant à diverses choses. Sur quoi ferait-il mieux de travailler pour leur prochain match, qu'est-ce qu'il pourrait manger ce soir ou tout simplement quel était la dernière image de la série qu'il a eue avant de s'endormir. Les réponses prenaient un certain temps de réflexion, mais n'étaient au final pas très compliquées : son style légendaire, une pizza et une blague pas super drôle. En y repensant, peut-être qu'il avait confondu avec un autre passage. Plongé dans ses pensées, il réalisa à peine qu'il eût inconsciemment cessé de bouger sa main.
– Atsumu, murmura Sakusa, continue un peu...
Miya papillonna des yeux avant de les baisser sur lui, mais l'homme semblait s'être rendormi presque aussitôt. Évidemment il obtempéra, tout en se jurant de ne jamais oublier cet instant.
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Pourquoi devait-il penser à ce genre de choses alors qu'il était en train de courir à moitié plié en deux à cause de la petite main qui l'entraînait ? Sa conscience essayait de lui faire passer un message, à moins qu'il ne soit juste à deux doigts de devenir fou. La musique se faisait de moins en moins forte. Il était censé détester Sakusa suite à leur dispute, mais il n'y parvenait pas. Son cœur battait la chamade. Sakusa n'avait pas vraiment participé à l'altercation. Où allaient-ils ? Peut-être n'était-ce qu'un malentendu ? Il trébucha sur une pierre, mais ne s'arrêta pas. Il ne veut plus être lâche. La petite main le tire de nouveau pour le faire se stopper. Il veut le voir. Il relève la tête.
La lune se reflète sur l'océan.
Et faiblement éclairée par la clarté de l'astre lunaire, il aperçoit une silhouette assise sur le sable, une silhouette qu'il pourrait reconnaître entre mille autres.
Sakusa.
Atsumu s'apprêtait à descendre de la digue en béton sur laquelle il était pour pouvoir le rejoindre or, la petite main le tenait toujours. Felipe et les autres le regardaient avec leurs grands yeux d'enfants. Il avait même l'impression qu'il y en avait plus que prévu.
– Je sais pas comment vous avez deviné, mais merci. Vous me sauvez.
– E a recompensa ?
Ils avaient l'air d'attendre quelque chose. Qu'est-ce que des gamins peuvent bien vouloir un soir de festival immense ? Ils tendirent la main et il soupira avec amusement en allant attraper son porte-monnaie.
– Petits malins...
– Hey.
Sakusa leva la tête vers lui sous son appel et Atsumu crut voir plusieurs émotions passer sur son visage. De l'inquiétude, de l'agacement, du soulagement, de la peine. Mais aussi les nombreux baisers échangés, les petits moments de joie du quotidien, la complicité qu'ils peuvent parfois partager.
– Ça a fonctionné, marmonna Kiyoomi. Je n'y aurais pas cru...
– De quoi ?
– Je t'expliquerais plus tard. Je pense qu'on a besoin de discuter de quelque chose.
Atsumu soupira en s'asseyant à ses côtés. Allez, pour une fois dans ta vie, prend ton courage à deux mains.
– Kiyoomi...
– Tu peux prendre ton temps, je n'ai pas prévu de vraiment bouger pour le moment.
Entendre ça le fit souffler de soulagement. Il ne semblait pas si énervé que ça. Son regard se déposa sur l'eau qui allait et repartait paresseusement sur le sable. Ils restèrent ainsi un court instant avant qu'il ne parvienne enfin à parler avec calme.
– Je suis désolé, pour tout à l'heure. Je ne le pensais pas...
– C'est rien, marmonna Sakusa après quelques secondes. Tu avais l'air d'avoir besoin de vider ton sac.
– Ouai, on peut dire ça... J'en ai marre de cacher tout ça aux autres. J'ai toujours l'impression que tu as honte de moi.
Il l'avait fait. Atsumu pouvait presque entendre les applaudissements de l'humanité tout entière. Il avait réussi à dire honnêtement et sans détour ce qu'il ressentait. Il allait bien voir s'il était si lâche que ça ce crétin d'autre Miya.
Il tourna la tête en entendant quelque chose de suspect. Sakusa était en train de réprimer un petit rire.
– Mais Atsumu... J'attendais justement que tu viennes m'en parler...
– Pardon ?! cria-t-il sous le choc, à quel moment c'était à moi d'en parler ?
Leurs regards se croisèrent, au moment même où sa mémoire lui remit en tête la fin de leur fameuse discussion.
– Oh.
– Tu avais oublié n'est-ce pas ? Pourquoi ça ne m'étonne pas ?
Il n'obtint jamais de réponse à sa question. À la place, Atsumu sortit le bijou tressé et le lui montra.
– Je peux ?
– Vas-y, j'aime bien les couleurs en plus.
Sakusa lui tendit son poignet droit afin qu'il puisse le nouer.
– Tu sais qu'apparemment il y a un sens pour chacune des couleurs dans ce genre de truc ?
– Ça ne m'étonne pas. Les miennes veulent dire quoi ?
Atsumu se sentit sourire et alla l'embrasser à la seconde même où le bijou était accroché. Alors seulement, il souffla doucement.
– Amour et patience...
Bonjour à tous et joyeux Noël ! Ça fait un an quasiment pile poil que je n'ai rien posté, mais je ne vais pas m'excuser car je le fais déjà à chaque fois et vous devez en avoir marre. Mais au moins vous avez le droit à ce beau bébé écrit spécialement pour liuanne (sur et wattpad)/liuannes (sur Twitter), BREF Lou-Anne (cette queen omg) dans le cadre d'un nouveau Secret Santa !
J'ai choisi le SakuAtsu ce qui était pour moi un challenge énorme, étant donné que je n'ai presque jamais lu sur eux (heureusement que j'ai réussi à chopper quelques histoires grâce aux filles) et que je les connais essentiellement via des illustrations. Le thème principal est le secret relationship (même si j'ai à moitié mixé le roadtrip et tout le monde vit dans le même immeuble au fur-et-à-mesure de mon brainstorming épique).
Bref, je vous souhaite une bonne lecture et certainement à dans longtemps 3
(PS : j'ai utilisé google traduction pour les quelques phrases en portugais, j'espère donc qu'il n'y aura pas de faute)
