Blabla de l'auteure : Bonjour à tous. Sans plus attendre le nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. Merci à Romane 4321, Marina (Salut miss. Je suis ravie que ce début te plaise. J'espère que ça sera toujours le cas. J'aime ton enthousiasme. Oui en effet, c'est franchement cool qu'elle puisse changer de vie. J'avoue j'adorerai travailler dans le chocolat. Pour la rancune de Mitchie envers sa famille, il va falloir s'armer d'un peu de patience. Alors pour les similitudes, c'est bien possible j'ai vu le film qu'une seule fois et c'était y a deux ans. Il faudrait que je le re regarde à l'occasion. Bisouilles) et Pims10 pour leurs reviews.

Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers … stop … appartient à Disney … stop … Rien ne m'appartient … stop … Mon seul salaire sont vos reviews … stop… Ce disclaimer s'autodétruira dans 5 secondes … stop … 5 … stop … 4 … stop … 3 … stop … 2 … stop … 1 … stop … Bonne lecture ! (Vous avez vraiment cru que j'allais détruire un disclaimer pareil ? mdrr)

Chapitre Premier

POV Shane

Quand je me lève, la première chose à laquelle je pense, c'est son sourire. Il est chaleureux et aussi franc que son regard. Je songe un instant qu'elle doit avoir agi ainsi parce qu'elle sait qui je suis mais la seconde suivante, je me souviens qu'elle m'a parlé normalement. Pas de rond de jambe, pas de révérence, ni de distance aussi je prends sa décision. Je ne lui dirais pas tout de suite qui je suis. Je soupire et décide de se lever. J'appelle les cuisines du château et commande mon petit-déjeuner pour dans une heure. En attendant, j'enfile une tenue de sport et descends aux jardins pour courir. J'y retrouve Jason, mon meilleur ami et ensemble on fait de l'exercice. Running, musculation, natation avant de terminer par de la méditation. J'inspire longuement à la fin de la séance et pars prendre ma douche. A la fin de celle-ci mon petit-déjeuner n'attend que moi. Je me restaure tranquillement puis rejoins mon bureau pour m'occuper des affaires du royaume… Seulement le sourire de la jeune femme me revint en mémoire et j'en oublie momentanément mes dossiers. Devrais-je attendre son appel, pour aller goûter les nouveaux chocolats ?… Je pourrais passer devant la boutique et voir si elle y travaille ? Non, si je commence à la suivre ainsi, elle va prendre peur et penser que j'ai de mauvaises intentions, ce n'est pas une bonne idée… Sauf si je suis dans le coin à la fermeture ! Visiblement elle est de fermeture. J'y pense quelques secondes puis me décide. Je me renseigne sur le site du royaume. Tous les magasins ont ordre d'afficher leurs horaires et je m'assure de l'heure avant de se concentrer.

Malheureusement, alors qu'il me faut partir, mon père m'appelle et je rejoins le roi avec qui je reste jusqu'au souper à parler du royaume. Bon, j'irais la voir demain, ah oui, non j'ai oublié que ma cousine revient d'Italie et que je dois l'accueillir. Quant au lendemain, je me suis porté volontaire pour surveiller la relève de la Garde et je soupire longuement. Je ne pourrais pas la revoir avant la semaine suivante. Le reste de ma semaine est encore pire.

C'est finalement grâce au hasard que je la revois. Je reviens de l'orphelinat, où je suis allé passer du temps avec les enfants, quand je la vois sortir de la boutique devant laquelle je me trouve. Je l'observe, appuyée contre la porte à rire avec quelqu'un à l'intérieur, avec une élégance innée et décide de me passer de mon chauffeur le reste de la journée. Après tout, je n'ai plus d'obligation avant demain, autant profiter de ma semi-liberté. Je descends aussitôt alors qu'elle fermait enfin la porte et m'arrange pour qu'on se rencontre par « accident ». Je la vois sursauter quand on se percute et elle lève le nez de son sac dans lequel elle vient de ranger son téléphone.

« - Oh pardon, s'excuse-t-elle. Je ne faisais pas attention.

« - Ce n'est rien, souris-je… Je vous ai déjà vu non ?

« - Oui, je travaille à la Fabrique de chocolat. Vous êtes passé la semaine dernière pour faire une commande pour le big boss, selon vos propres termes.

« - Je savais que ce sourire ne m'était pas inconnu. Votre journée est terminée ?

« - Officiellement. Je dois rejoindre ma meilleure amie à l'atelier en face.

« - Deux travails ?

« - Non, je l'aide bénévolement. Je dois… Attendez, vous travaillez au château mais pas dans le service des visas ?

« - Non, non je travaille pour le prince, avoué-je amusé. Pourquoi ?

« - Je ne voudrais pas qu'on pense que j'ai manipulé un employé du service pour obtenir le mien. Je dois travailler un an pour obtenir mon visa définitif et comme je n'ai pas vraiment d'adresse pour le moment, je m'occupe le plus possible. Je travaille à la Fabrique et ensuite je file aider à l'atelier pour apprendre comment tout fonctionne. J'ai promis à la patronne de l'aider pendant la période de noël. Il paraît que la famille royale donne un bal et elles vont avoir besoin d'aide en vente donc… Moi ça m'occupe.

« - Vous n'êtes donc jamais libre ?

« - Eh bien si. C'est moi qui choisis d'y aller tous les jours, ou alors je vais jouer avec les enfants de l'orphelinat ou je visite le royaume… Pourquoi au fait ?

« - Je voulais vous proposer de passer du temps ensemble. A visiter le royaume où je suis né, je précise.

« - Ça peut se faire… Pas aujourd'hui mais demain si vous voulez ? Je travaille jusqu'à treize heures cette semaine.

« - Très bien. Dans ce cas, retrouvons-nous au kiosque, dans le parc, je suggère en lui désignant la direction. Je vous monterais le royaume que je préfère.

« - D'accord, sourit-elle impatiente. Il me tarde d'y être.

« - C'est également mon cas, mademoiselle.

« - Mitchie, je préfère.

« - Je suis ravi de connaître votre prénom mademoiselle Mitchie, Je m'appelle Shane.

« - Très bien monsieur Shane. Alors à demain.

J'acquiesce la faisant sourire et la regarde traverser la place pour entrer dans l'atelier ratant ainsi la limousine qui s'arrête devant moi afin de me ramener au château.

POV Mitchie

Mettant cette rencontre de côté, je pose mes affaires et rejoins le premier étage pour saluer tout le monde. Mathéa passe le reste de sa journée à me montrer les différents tissus, comment reconnaître ceux de bonnes qualités et les autres, comment différencier le coton peigné du satin puis elles ferment la boutique pour rejoindre la maison où on vit toutes.

Le lendemain à treize heures, je sors presqu'en courant de la Fabrique pour être à l'heure au rendez-vous faisant rire ma collègue qui doit se demander comment j'ai pu trouver le temps de rencontrer quelqu'un. Je marche rapidement jusqu'au parc et souris en notant qu'il est déjà là. Habillé d'un jeans classique et d'une chemine, il a également une veste de costume. J'ai bien fait de faire un effort vestimentaire. Madeline a raison, je ne pouvais pas porter un jeans et un pull. Un legging en cuir, une chemise en jeans et un pull noir over-size font plus classe… Surtout avec mes boots plates à boucle.

« - Bonjour mademoiselle Mitchie, dit-il en se tournant quand j'arrive. J'ai eu peur que vous me posiez un lapin.

« - Bonjour monsieur Shane. Non, désolée j'aurais dû préciser qu'il fallait que je me change avant de venir, avoué-je en souriant. Vous m'attendiez depuis longtemps ?

« - Quelques minutes. Nous y allons ?

« - Je vous suis.

Il sourit et descend les trois marches qui nous séparent avant de m'interroger sur ma journée puis sur ce que j'ai déjà vu du royaume. Il rit quand j'avoue être allée visiter le château, du moins l'aile des touristes, au moins dix fois depuis mon arrivée. Je lui parle également des deux musées que m'a montré Madeline, du port, j'adore regarder les bateaux revenir de la pêche ainsi que du petit marché non loin.

« - Vous avez vu le plus touristique, soupire-t-il. Je vais vous montrer l'autre côté de ce royaume. L'atypique. Prête ?

« - Etonnez-moi mais je viens des USA, ça ne sera pas facile !

« - Une américaine ? J'aime bien les américaines, elles sont moins blasées que les françaises.

Je pouffe avant d'admettre n'avoir jamais voyagé puis le suis sur une route qui longe la côte. On arrive à une jetée et je crois que c'est la fin mais il me propose de le suivre alors qu'il s'enfonce dans ce qu'il semble être une grotte. Quelques minutes plus tard, on débouche sur une petite crique agréable où nage paresseusement quelques canards. Je m'accroupis et agite mes doigts dans l'eau froide avant de sursauter quand des poisons viennent chercher à manger. On prononce mon prénom et je lève la tête avant de sursauter quand il me prend en photo.

« - Très joli sourire, dit-il simplement.

Je pouffe et secoue la tête avant de lui demander qu'elle est l'étape suivante. Il sourit et me désigne le bois qu'il y a devant eux. Curieuse, je comble les quelques pas qui nous sépare de mon nouvel ami et ensemble on marche jusqu'au bois. Je m'arrête et inspire longuement dès qu'on est sous les arbres avant d'ouvrir les yeux quand je l'entends prendre une nouvelle photo.

« - Je dois m'inquiéter de votre manie de prendre des photos, je demande alors qu'il m'aide à passer au-dessus d'un tronc d'arbre qui nous barre la route.

« - Non, j'aime simplement beaucoup votre sourire. Si j'étais peintre il serait mon tableau préféré.

« - C'est joli … Où va-t-on exactement ?

« - Le voyage est plus important que la destination.

« - Oui mais si c'est pour qu'on retrouve mon corps sans vie entre deux branches, je préfère savoir pour avoir le temps de courir, ris-je.

Il m'imite avant de me promettre de ne pas me faire de mal. Je hoche la tête dubitative mais me laisse guider jusqu'à une petite clairière. Des lièvres sont au milieu mais dès qu'on s'approche, ils détalent alors que des oiseaux paillent dans les branches. Certains s'envolent, d'autres restent même lorsqu'il me rejoint. Un petit ruisseau traverse la clairière et je m'assois face à l'eau.

« - C'est magnifique, avouais-je quand il s'approche. Merci pour ces si beaux paysages.

« - Ce sera encore plus beau cet hiver. La neige recouvre tout et ça devient mon endroit préféré sur l'île, dit-il en s'allongeant sur l'herbe.

Je tourne la tête et sourit. Il a les yeux clos et je ne résiste pas. Je sors mon téléphone et le photographie tel qu'il est. Allongé face au ciel, les paupières closes, un bras replié sous sa nuque, le visage reposé. Il me regarde dès qu'il entend le « clic » et je souris.

« - Dois-je m'inquiéter de vous voir me prendre une photo ?

« - Non, je ne suis pas quelqu'un de dangereux et regardez, dis-je en lui tendant mon téléphone. N'importe quelle femme aurait aimé prendre une photo comme celle-ci.

« - Je vous trouve au contraire très dangereuse, répond-il sans regarder l'écran. Un sourire comme le vôtre a dû désarmer plus d'un homme.

« - Non, les américains y sont insensibles.

« - Quel idiots ! Moi j'y suis très sensible au contraire. Je vous trouve très belle mademoiselle Mitchie.

« - C'est l'attrait de la nouveauté. Dans un mois vous n'y penserez plus, je lance en détournant le regard.

« - Dans un mois je ne penserais plus qu'à lui. J'aurais tout oublié sauf votre sourire mademoiselle Mitchie. Votre regard marron qui s'éclaire quand ce que vous voyez vous plaît, la rougeur de vos joues quand je vous dis que vous êtes belle, la douceur de votre voix lorsque vous me parlez, la couleur de votre bouche quand vous humectez vos lèvres. Peut-être même que d'ici-là, j'aurais trouvé le courage de prendre votre main, alors je passerais mes soirées à repenser à la chaleur de votre peau, à la sensation de vos doigts fins entre les miens, à ce que je ressens à chaque moment passé à vos côtés. A la tendresse de vos gestes.

« - Vous parlez bien, soufflé-je en fixant le ruisseau aussi gênée que touchée par ces mots.

Il me propose, d'une voix où j'entends son sourire, de rejoindre la ville. Je hoche la tête et veux me lever quand il me tend la main. Amusée, je la prends avant de me laisser remonter par cet homme qui semble vouloir me séduire. Pourtant, et même si c'est plaisant, je ne veux pas tomber dans le piège de l'amour. Je dois rester concentrée sur ma carrière et sur ma nouvelle vie. Aussi je retire mes doigts de ceux de cet homme dès que ce n'est plus utile ce qui le fait sourire.

« - J'aurais au moins pu effleurer cette peau aussi douce que je l'imaginais.

« - Etes-vous toujours ainsi ? A draguer de façon si charmante les inconnues ?

« - En réalité vous êtes la première femme avec qui je suis honnête. Mon père espère me voir marier rapidement et ne cesse de me faire rencontrer de jolies jeunes femmes qui semblent toutes identique à la précédente. De plus, elles n'ont pas votre sourire et j'oublie leur visage dès qu'elle sorte de la pièce. Ce qui naturellement désespère mon pauvre père.

« - Mon dieu, votre vie est si triste, je pouffe. Obligé de rencontrer de jolies jeunes femmes qui doivent toutes espérer être celle qui portera votre nom. Devoir les emmener dîner au restaurant, ou les conduire au théâtre, devoir les emmener visiter vos endroits préférés et…

« - Vous êtes la seule à avoir eu ce privilège mademoiselle Mitchie, m'interrompt-il.

Comme il s'arrête face à moi, je ne peux faire autrement que de lever la tête pour le regarder. Son expression est toujours aussi douce et je retiens ma respiration quand il lève la main pour caresser ma joue. Bien que je sache que ce geste n'est pas anodin, que c'est un signe de séduction, je me laisse faire en me promettant de lui avouer que pour le moment je n'ai aucune place dans ma vie pour un homme. Si beau et si charmant soit-il. Je profite de ce bref contact puis il reprend place à mes côtés avant de me ramener en quelques minutes devant le kiosque où il m'a donné rendez-vous. Je suis surprise et me tourne vivement pour regarder derrière moi comme pour trouver une porte secrète. Seulement il y a seulement des arbres. Un rire léger raisonne à mes oreilles et je tourne la tête pour le fixer.

« - Je n'ai pas le temps de vous montrer le reste de mon Saint-Taumasie, aujourd'hui, mais promis nous reprendrons bientôt la visite. Si vous êtes d'accord mademoiselle Mitchie.

« - Avant il faut que je clarifie un point avec vous monsieur Shane. Votre compagnie est très plaisante et j'aime beaucoup le son de votre voix mais pour le moment je préfère me concentrer sur la vie que je vis ici. Je dois rester concentrée sur mon travail, afin d'obtenir mon visa. Après seulement j'envisagerais de trouver l'amour.

« - Je peux vous attendre un an, ça ne me dérange absolument pas.

« - …

Je le regarde pour répondre mais ne sais quoi dire ce qui le fait sourire et il se penche vers moi pour déposer un chaste baiser sur ma joue chaude.

« - Je vous l'ai dit mademoiselle Mitchie. Dans un mois je ne penserais plus qu'à vous et dans un an au plus tard, je vous embrasserais. Ici, sous ce kiosque.

« - Je… Ah oui, chuchoté-je perturbée par ces mots.

« - C'est la promesse d'un autre rendez-vous mademoiselle Mitchie. Contentons-nous de rendez-vous amicaux en attendant que vous soyez plus disposée à mon égard.

« - Vous parlez comme le prince charmant d'une autre époque.

« - Alors soyez ma belle princesse dans un an mademoiselle Mitchie. Soyez à moi comme j'espère être à vous !

Il s'incline face à moi et prends ma main pour y déposer un baiser avant de se redresser. Je le regarde les joues rouges et il soupire. Il semble n'avoir aucune envie de me laisser seule ici dans ce parc pourtant, il s'excuse auprès de moi et pars d'un pas rapide vers la forêt qu'on vient de quitter. Je le regarde un instant, sans quitter le kiosque et serre contre ma poitrine, la main qu'il vient d'embrasser en souriant.

Je garde pour moi ce moment qui n'appartient qu'à nous. Non que je veuille le cacher à Madeline simplement, j'ai du mal à croire à ce qu'il a dit. A ces moments passés dans la clairière ou dans la crique… Et c'est idiot à mes yeux mais je veux garder l'illusion qu'il est parfait. Qu'il est aussi romantique qu'il me le fait croire, aussi doux et attentionné que je l'imagine. Je passe une partie de ma soirée à l'imaginer prince en cavale puis prince non-héritier d'un royaume lointain en voyage. Je prends mon téléphone et regarde une nouvelle fois la photo de cet homme. Des cheveux noirs coupés court et emmêlés par le vent, les yeux clos mais que je sais marron chocolat, un léger sourire serein, une peau claire mais pas pâle, une mâchoire bien dessinée et une légère ombre sur ses joues. Il est carrément sexy, je songe avant de rougir en repensant aux baisers qu'il m'a donné. Sur la joue et sur la main. J'ai aimé sentir son souffle chaud sur ma peau, la subtile odeur d'après-rasage qui a chatouillé mon nez… Quelqu'un frappe à ma porte et j'éteins l'écran de mon portable avant d'aller ouvrir… Pour se retrouver face à ma meilleure amie. On a beau se voir sans cesse, on part et revient ensemble chaque jour, on travaille quelques heures dans le même atelier, on passe leur dimanche à se balader, pourtant on ne se lasse pas d'être ensemble.

« - Tu étais distraite ce soir, signale Madeline en s'asseyant sur le lit.

« - La journée a été fatigante, je me suis baladée dans la petite forêt près du parc.

« - Et ça t'a fatiguée ?

« - Non, seulement je me suis peut-être un peu assoupie dans une clairière et je n'ai pas encore émergée. Tu me connais.

« - Oui tu as toujours besoin de plusieurs heures pour émerger après une sieste… Tu es sûre de ne rien me cacher ?

« - Si, je te cache pleins de choses, mais pas sur ma journée pourquoi ?

« - Parce que ton regard n'est pas fatigué.

« - Bon ok, j'ai peut-être fait la connaissance d'un jeune homme et j'ai peut-être passé du temps avec lui cet après-midi mais je n'ai pas envie d'en parler. Tu vas me monter la tête pour que je sorte avec lui or je dois me concentrer sur mon boulot pendant un an à minima, donc oui je te cache des trucs et non je ne dirais rien d'autre pas même son prénom, je déclare amusée.

« - Juste une chose… Pitié dis-moi qu'il ne s'appelle pas Jason, cet homme.

« - Non, ce n'est pas Jason. Pourquoi ? Qui est ce Jason ?

« - Le meilleur ami du futur roi. Un peu tête en l'air mais adorable. Il va à la messe du peuple tous les dimanches au lieu de la messe privé du château et je passe toute la messe à le fixer en espérant qu'il me remarque, admet-elle.

« - Je vois… Amoureuse ?

« - A fond. On était ensemble à l'école primaire. Ensuite il a rencontré le prince, ils se sont liés d'amitié et moi je suis partie étudier le commerce à Princeton, enfin bref, je suis tombée amoureuse quand j'étais gamine, j'avais quoi sept ans et même si je n'ai pas souvent dormi dans mon lit à l'université, je garde toujours l'espoir qu'un jour il me voit et qu'il tombe amoureux.

« - Okay, alors non rassure-toi son prénom commence par une autre lettre.

« - Alors tu as mon aval… Tu me parleras de lui à l'occasion ?

Je hoche la tête amusée puis on se sépare pour se coucher. Pourtant allongée dans le noir, je me demande ce qu'il fait et résiste à l'envie de lui poser la question par sms. Je n'ai pas son numéro, il est resté à la Fabrique et je ne suis pas censée le voir autrement que comme un ami durant une année. De quoi apprendre à se connaître avant de songer à plus. Je hoche la tête et m'interdis de penser autrement à Shane pour le moment.

Seulement quand j'arrive au travail le lendemain, je dois me résoudre à l'appeler. J'attends d'être en pause et fouille dans mon téléphone pour trouver le numéro que j'ai inscrit en arrivant. Je songe à lui envoyer un sms puis change d'avis. C'est pour le travail que j'appelle, pas pour lui demander de ses nouvelles. J'inspire longuement et appuie sur la touche d'appel.

« - Bonjour, qui est à l'appareil ? Bonjour, je rougis, c'est Mitchie de la fabrique de Chocolat. Oh mademoiselle Mitchie comment allez-vous ? J'ai regretté de devoir vous laisser seule dans ce parc. Non ce n'est rien, je vais bien. Je vous appelle comme promis pour vous avertir qu'on a un nouveau chocolat si vous voulez venir le goûter. Oh, je vois, dit-il déçu. Oui je passerais dans la semaine. Vous m'appeliez uniquement pour ça ? Euh oui, je suis au travail. Alors pourquoi appelez-vous depuis un numéro différent de celui de la boutique ? C'est votre numéro personnel ? Oui. J'en suis ravi. A présent j'ai un moyen de vous contacter en personne. Me permettez-vous de l'utiliser ? Euh oui bien sûr. C'est un téléphone. Si vous voulez m'appeler ou autre, vous pouvez. Vous embellissez ma journée mademoiselle Mitchie. Vous parlez toujours comme le prince d'une autre époque ? Seulement lorsque je vous parle, sourit-il. Très bien. Je vais devoir raccrocher, ma pause se termine. Très bien, mais êtes-vous libre demain soir ? J'ai l'autorisation de vous faire visiter les jardins du château si ça vous intéresse. Oui, m'enthousiasmé-je. Je suis libre surtout pour visiter les jardins. Vous m'en voyez ravi. Je viendrais vous chercher après votre travail.

Je donne mon accord plus que ravie et raccroche avant de retourner à mon poste le regard brillant. J'ai hâte d'y être. Selon la tante de Madeline, les jardins sont magnifiques. Je recommence à vendre les chocolats, faire gouter le nouveau puis quand ma journée se termine, je rejoins l'Atelier de Mathéa pour continuer mon apprentissage. On m'apprend à utiliser la caisse, et à déplacer les robes avec précaution. Une nouvelle journée s'achève sans que je ne la vois réellement passer et quand je suis dans mon lit, je m'endors en quelques minutes ratant ainsi la réception d'un sms. Je le lis au réveil à six heures et souris. « Bonsoir mademoiselle Mitchie, j'ignore à quelle heure vous vous couchez aussi je vous souhaite une soirée aussi belle et envoutante que votre sourire. A demain après-midi. J'ai hâte de vous revoir. » Je rougis et me mords la lèvre avant de me décider à lui répondre. « Bonjour monsieur Shane, j'espère ne pas vous réveiller. Navrée de ne répondre que maintenant je dormais déjà lorsque vous m'avez envoyé ce message. Je vous souhaite une agréable matinée et comme vous, j'ai hâte de vous retrouver. On dit que les jardins sont magnifiques. » Je l'envoie et pars prendre ma douche avant de chercher comment m'habiller. Je songe à mettre une jupe et des talons afin d'être plus féminine mais je me rappelle qu'on va marcher dans les jardins et opte finalement pour un jegging noir avec un pull à col roulé de la même couleur et une paire de tennis noir et blanche. Satisfaite, j'ajoute un foulard coloré et une veste de tailleur grise à carreau avant de descendre prendre mon petit-déjeuner. Madeline me regarde de haut en bas et hoche la tête appréciant visiblement ma tenue.

Théa sourcille en voyant que j'ai fait un effort de tenue et m'interroge tandis qu'on prépare l'ouverture. Les joues rouges, je lui parle d'un client qui me fait visiter le royaume et qui a visiblement ses entrées au château puisqu'il va me faire visiter les jardins.

« - Et ce jeune homme te plaît, conclue ma patronne en rejoignant l'atelier.

« - C'est un ami en devenir.

« - Alors pourquoi tant d'élégance pour visiter des jardins ?

« - Qui sait ? Et si on croisait quelqu'un d'important ? Je serai au château royal après tout.

Théa me regarde et hoche la tête sans y croire si bien que je finis par me demander si ma tenue n'est pas de trop. Je ne peux y réfléchir longtemps puisque les clients commencent à affluer. Je finis par oublier mes doutes et quand Elina prend son poste, je quitte la boutique sous les sourires de ma patronne. Je fais à peine trois pas que je reçois un message et le lis curieuse. « Je suis désolé je n'ai pas pu me libérer pour venir vous chercher mais je vous ai fait envoyer une voiture. Je serai là pour vous ouvrir la porte à votre arrivée au château. S'il plaît, pardonnez-moi ! » Je souris et commence à répondre quand une limousine s'arrête devant moi. Un homme en sort et me propose de monter ce que je fais sans méfiance. Une fois à l'intérieur, je range mon téléphone et regarde sagement le paysage avant d'écarquiller les yeux à la vue du château. J'ai beau y aller une fois par semaine, il m'émerveille toujours autant. La voiture s'arrête et la portière s'ouvre aussitôt.

« - Mademoiselle Mitchie, bonjour, sourit Shane. J'espérais vraiment que vous seriez à l'intérieur.

« - Pourquoi n'y serais-je pas ?

« - J'ai craint que vous m'en vouliez de n'être pas venu vous chercher.

Je souris et le rassure. Je ne lui en veux pas. Au contraire, je comprends qu'il puisse être occupé. Il incline doucement la tête, une main sur le cœur puis me propose de le suivre. Ce que je fais sans réfléchir. On passe sous un porche qui, m'apprend-il, mène aux sous-sol et aux garages, puis on entre dans les jardins. Je m'arrête et observe tout, émerveillée. Il pose sa main dans le creux de mon dos pour me guider tandis qu'il me parle des jardins. Quel jardinier les a imaginés puis dessinés, combien de temps a pris chaque partie, d'où provienne les plantes et les fleurs, lesquelles poussent en été lesquelles en hiver, tout y passe. Curieuse de nature, je lui pose mille questions, m'émerveillant de ses réponses, riant à ses taquineries. A plusieurs reprises nos mains se frôlent lorsque je parle ou qu'il me montre une fleur et à chaque fois, je rougis quelques secondes en me félicitant qu'on soit seuls.

« - J'aurais aimé pouvoir vous accorder plus de temps, mademoiselle Mitchie, s'excuse-t-il en me raccompagnant à la voiture.

« - Ce n'est pas grave cet après-midi était incroyable j'ai beaucoup de chance et… Oh, j'ajoute soudainement le surprenant, j'ai oublié. Je vous ai apporté le nouveau chocolat de la boutique que vous puissiez goûter, je précise en sortant une boite individuelle que je lui tends. Je vous laisse vous faire votre opinion et je vous dirais après ce qu'i l'intérieur.

« - Je vous dirais ça ce soir mademoiselle Mitchie. J'espère que vous serez encore réveillée lorsque je vous enverrais mon avis sur cette nouvelle création.

Je hoche la tête en souriant puis monte dans la voiture qui démarre peu après. Je n'ai pas passé la grille que mon portable l'indique la réception d'un message. « Merci d'avoir accepté de passer ces quelques heures en ma compagnie. J'en ai apprécié chaque seconde. » Je veux y répondre quand un second arrive. « J'ai omis de vous le dire tout à l'heure mais vous étiez très belle aujourd'hui. » Je rougis violemment tout en tapant ma réponse. « Ces quelques heures ont été délicieuses, je vous remercie d'avoir demandé cette faveur pour moi. Merci pour vos compliments. » Sa réponse arrive alors qu'on me dépose devant chez moi. « Je ferais n'importe quoi pour pouvoir apercevoir ce sourire que j'aime tant. Êtes-vous libre dimanche ? J'aimerais vous emmener dans le musée le plus surprenant du royaume. » Je fixe mon écran perplexe puis songe que je n'ai jamais regretté de passer du temps avec lui aussi je monte dans ma chambre et lui répond. « J'adorerais visiter ce musée particulier. Où se retrouve-t-on ? » Le temps qu'il réponde, je réfléchis à comment m'habiller. Je ne veux pas faire trop d'effort, je dois garder le contrôle de ma vie mais j'ai envie d'être jolie. Je finis par opter pour un pull ajusté, un pantalon large tous deux blanc et choisis de porter un manteau noir. Satisfaite, j'ouvre un livre et commence à lire seulement mon portable m'annonce l'arrivée d'un sms. « Retrouvons-nous au kiosque. Je viendrais vous chercher. Cette fois je vous promets de ne pas vous faire faux bond. »

En effet. A quatorze heures précises, il est sous le kiosque à m'attendre. Il vient vers moi dès qu'il me voit et prend ma main qu'il embrasse avant de me guider vers sa voiture. Je suis surprise de faire face à une limousine et il m'avoue avoir demandé l'autorisation au prince de prendre cette voiture. Je le remercie en embrassant sa joue avant de m'installer à l'intérieur. Durant le trajet, on badine sans qu'il ne lâche ma main et je sourcille en nous voyant entrer au château.

« - Le musée est celui de la famille royale. Rares sont les personnes extérieure au château à l'avoir visité.

« - Vous avez encore fait jouer vos relations ?

Il hoche la tête et on descend de la voiture. On entre par l'entrée de la famille royale, m'apprend-il, et traverse plusieurs couloirs sans que je ne cherche à retenir le chemin. On finit par s'arrêter devant une double porte qu'il ouvre. J'écarquille les yeux quand ils se posent sur une couronne et m'approche jusqu'au cordon rouge.

« - Woahh, soufflé-je, c'est réellement celle du roi régnant, je demande en lisant la plaque.

« - En effet. Il la portera le soir du bal de noël ainsi que notre reine, précise-t-il en me montrant un autre socle où repose une couronne plus simple.

Je les observe puis passe au meuble suivant. Une parure en or est posée sur un socle rouge. A côté, une robe qui semble ancienne.

« - C'est quoi ce musée exactement, je l'interroge perplexe.

« - Eh bien c'est celui des tenues traditionnelles de la famille royale. La robe qui est devant vous est celle pour le couronnement de la Reine.

Je le fixe dubitative puis hoche la tête avant de continuer à regarder chaque objet ou vêtement écoutant mon ami commenter chacune. On y reste deux heures puis il me propose d'aller aux jardins, seulement au même moment mon téléphone sonne et je décroche en m'excusant auprès de Shane. Quelques minutes plus tard, je raccroche et annonce qu'on m'attend chez elle aussi il me raccompagne.

Je n'ai pas de ses nouvelles le lendemain et après ma journée de travail, je passe le temps dans la forêt pour m'allonger à côté du ruisseau. Le bruit de l'eau qui coule m'apaise et je ferme les yeux pour oublier où je me trouve. Ce moment volé au temps me fait tant de bien que je décide de venir plus souvent. Comme je commence à connaître tout ce qu'il faut pour travailler à l'atelier, je préviens Mathéa et Madeline que je viendrais moins souvent afin que personne ne s'inquiète. Une nouvelle routine s'installe dans ma vie. Je travaille une partie de la journée et l'autre, je la passe dans la clairière à flâner, à l'orphelinat ou simplement avec Shane. Comme il le me l'a promis, il me fait découvrir un Saint-Taumasie moins touristique, plus typique et j'apprécie chaque nouvel endroit. La clairière reste mon préféré et j'essaie d'y venir le plus souvent possible. Le plus souvent, je pense à Shane. A notre amitié qui se solidifie doucement, même s'il semble flirter avec moi. Nos mains se frôlent souvent, il continue de me dire qu'il me trouve jolie, il m'envoie de nombreux messages, quand il ne m'appelle pas le soir. Lorsqu'on est ensemble, il s'arrange pour s'asseoir près de moi afin que nos corps soient en contact, il me chuchote souvent des choses à l'oreille alors qu'on seuls et dans ces moments-là, il pose sa main dans mon dos pour me rapprocher de lui. Lorsqu'on se balade, il prend ma main pour m'aider au moindre obstacle, que ce soit pour éviter un tronc d'arbre au sol ou pour monter quelques marches. Quand on se sépare, il prend le temps de me dire au revoir, d'embrasser ma joue avec douceur, de serrer tendrement mes doigts dans les siens… Je sais que je dois faire cesser ça. Je sens bien que mon cœur n'est pas insensible à tous ces contacts, je dois garder l'esprit clair et ne pas oublier que je dois garder mon emploi un an pourtant je ne peux m'y résoudre. J'aime le sentir proche de moi, me tendre la main pour m'aider à la moindre difficulté, j'aime quand il me chuchote à l'oreille. Même si c'est le plus souvent, des anecdotes sur les employés du lieu où on se trouve, j'aime sentir son souffler caresser mon cou, sa main dans mon dos. Plus que tout, j'aime l'idée qu'il semble embrasser ma peau. Arrête d'y penser. Tu ne dois pas tomber amoureuse ! Ce n'est pas le moment ! Alors oui, Shane est beau, gentil, attentionné, délicat, mais tu dois garder ton boulot au moins un an, ensuite tu devras trouver un appartement, une voiture… Tu as besoin de garder la tête froide… Et il a dit qu'il était d'accord pour attendre alors inutile de tomber amoureuse pour le moment. Garde ça pour septembre prochain ! Je hoche la tête à mes pensées et comme souvent, m'assois près du ruisseau. Afin de profiter au mieux de ce moment au milieu de la nature, je décide de méditer. Assise en tailleur, je ferme les yeux et commence aussitôt à me concentrer sur ma respiration et mon souffle.

Ma paix est troublée par plusieurs coups de feu et je tourne la tête inquiète. Sans réfléchir, je me lève et commence à partir seulement j'en oublie mon portable dans la précipitation. Faisant demi-tour, le cœur battant, je le récupère et m'arrête en fronçant les sourcils. Les coups de feu sont arrêtés et la forêt est trop silencieuse. Les oiseaux se sont envolés, les animaux sont cachés dans leurs terrier ou leurs grottes. Je traverse le ruisseau et m'approche de l'endroit où des coup ont été tirés. Je n'ai rien lu sur la chasse à Saint-Taumasie et j'ai cru qu'ici les animaux étaient en paix mais il faut croire que non. Afin de ne pas me perdre, je prends un bâton et trace un trait au sol comme un fil d'Ariane. Un faible cri me déchire le cœur et sans réfléchir je suis le bruit avant de m'arrêter une main sur la bouche. Là, dans une petite grotte, un jeune faon est blessé. Il tente de se lever en me voyant approcher seulement sa blessure lui est trop douloureuse et je rejoins en faisant attention à ne faire aucun geste brusque. Il chute en essayant de se lever à mon approche avant d'appeler à l'aide quand je pose mes mains sur lui. Je regrette de n'avoir rien d'autre sous la main que mon écharpe pour le soigner. Sans réfléchir, je la pose sur lui pour le couvrir et le garder au chaud puis pars en courant jusqu'à la petite pharmacie. Je dois faire sensation avec les tâches de sang sur moi mais je ne prends pas le temps de répondre aux questions des clients. J'attrape de quoi nettoyer la plaie et faire une attelle dans les rayons, paye, puis fais chemin inverse le cœur battant. Heureusement, il est encore là. Il a tenté de se lever sans y parvenir et je m'approche doucement en souriant. Tout en lui parlant d'une voix douce, je prends sa patte et retiens une grimace, la balle a arraché un morceau du muscle et il risque d'être immobile plusieurs semaines, selon moi. Je nettoie la plaie et referme du mieux que je peux avant de me rappeler qu'une tante de Madeline est vétérinaire. J'appelle ma meilleure amie et quelques minutes plus tard j'interroge Kristina pour m'assurer que je n'ai pas fait d'erreurs. J'arrache de l'herbe que je mets près de lui afin qu'il ne meurt pas de faim.

Naturellement il ne mange pas tant que je suis là pourtant je ne peux pas me résoudre à le laisser seul ici. Je n'ai pas le choix malheureusement, je ne me vois pas le ramener à la maison, il serait malheureux dans un jardin attaché pour qu'il ne se sauve pas. Je décide de le laisser dans la grotte, il est à l'abri du vent et à la place, je lui parle doucement avant d'aller lui chercher de quoi le nourrir. Pour qu'il ne s'habitue pas trop à moi, je m'éloigne une fois certaine qu'il a de quoi manger pour plusieurs jours et rentre chez moi en maudissant les chasseurs. Je décide d'aller le voir une fois par jour pour lui apporter de quoi manger et pour vérifier sa blessure. Je ne peux pas le voir se laisser mourir parce que sa maman est morte. Pourquoi son papa cerf ne vient-il pas s'occuper de lui ? Il le fait dans Bambi, non ? Pourtant je ne vois aucune trace de cerf autour de la grotte le lendemain et je m'y faufile. Le faon est là, la nourriture a légèrement disparu. Je change l'eau, ajoute quelques pommes et observe la blessure. Je suis satisfaite de voir qu'elle reste propre. Je la nettoie à l'eau claire puis refais le bandage avant de rentrer chez moi. Je passe mon temps libre à me documenter sur les cerfs, leurs habitudes de vies, ce qu'ils mangent… Tout y passe, délaissant un peu le reste de mes activités. Ainsi, je peux m'occuper de lui pendant une bonne semaine veillant à ne jamais le nourrir au même moment afin de ne pas l'apprivoiser. Chaque jour, je vérifie sa blessure et quand il commence à se redresser, je sais que le moment de lui dire adieu est venu. Je me promets de revenir une dernière fois le lendemain ne serait-ce que pour m'assurer qu'il peut se nourrir seul.

« - Bon allez Bambi, nos chemins se séparent ici. Tu n'es pas encore assez stable pour courir donc je t'interdis d'aller jouer au foot avec les copains mais tu peux te débrouiller seul maintenant. Pour ta survie, tu dois fuir les hommes. Essaie de rester en vie, trouve-toi une gentille biche et fonde ta propre famille, ok ?

Tout en parlant, je retire l'attelle à sa jambe et observe la blessure une dernière fois. Satisfaite, je le regarde une dernière fois et fais un pas en arrière alors qu'il me fixe curieux. La seconde suivante, il sort de la grotte sans se retourner alors que je fixe l'endroit où il a disparu les yeux brillants. Je sursaute quand je sens une main prendre ma sienne et tourne la tête pour croiser le regard marron qui m'a manqué.

« - Monsieur Shane ? Que… Que faites-vous là ?

« - Et vous mademoiselle Mitchie, que faisiez-vous avec un faon ?

« - Longue histoire, soupiré-je… Vous ne m'avez pas dit ce que vous faisiez ici !

« - Vous me manquiez. Je suis venu dans la forêt pour penser à vous mais je vous ai vu arriver en voiture et j'ai décidé de vous suivre. Vous êtes de plus en plus intrigante mademoiselle Mitchie.

« - Merci… Je crois. Demain il y aura un nouveau chocolat à la boutique si ça vous intéresse, je dis machinalement avant de regarder la forêt.

« - Il ne reviendra pas, vous savez, chuchote-il d'une voix douce.

« - Je ne sais pas mais je l'espère… Il va me manquer ce petit sauvage.

Je laisse mon regard passer de la forêt à Shane et l'observe surprise quand il me prend dans ses bras. La seconde suivante, je m'accroche à lui pour pleurer en me maudissant d'être aussi sensible. Je n'ai fait que ce qu'il fallait. Le soigner et lui rendre sa liberté. Je ne pouvais pas l'adopter, ce n'est pas un animal domestique et je ne saurais pas quoi faire de lui dans un appartement. C'était la meilleure chose à faire. Je reste quelques minutes ainsi à tenter de me calmer et lorsque c'est bon, je soupire doucement avant de lever la tête pour croiser le doux regard de Shane. Il ne semble pas juger mes larmes ou mes actions et je me mords la lèvre en sentant mon cœur accélérer sa course. Non tu ne dois pas tomber amoureuse. Il est trop tôt. Patiente encore un peu ! Pourtant quand il se penche doucement vers moi, je ne cherche pas à m'éloigner alors que mon cœur bat la chamade…

Et voilà. Que pensez-vous de ce chapitre ? Que va-t-il se passer entre Shane et Mitchie ? Comment voyez-vous la suite ? J'ai hâte d'avoir vos avis.

Miss Tagada (L)