Coucou,

Voici le deuxième chapitre, je le poste maintenant car j'avance plus vite que prévu dans la rédaction.

J'aimerais remercier les personnes qui suivent mon histoire,

J'espère que la suite vous plaira,

Bisous :)

HerDR

Chapitre 2

28 Juin 1998

Les premières chaleurs commençaient à faire leurs apparitions et elle était bien contente de se retrouver dans la fraîcheur du Terrier, un livre dans les mains. Elle pouvait entendre les rires des autres d'ici. Ils s'étaient tous mit d'accord pour une bataille d'eau improvisée. Tous sauf elle, évidement. Vu son « état » elle s'était vue écartée d'office des divertissements extérieurs et elle ne s'en plaignait pas. Elle n'avait pas la tête à ça. Elle n'avait d'ailleurs la tête à rien, au grand dam de tous les Weasley, Ginny mis à part. Cette dernière, peut-être même avant Ron, était la plus compréhensive sur sa situation particulière. Peut-être parce qu'elle était la seule à connaitre l'identité de son « flirt secret ». Toujours est-il qu'elle la soutenait de la meilleure manière qui soit, avec discrétion et bienveillance. Fait étonnant au vu du caractère volcanique de la rouquine.

Elle était bien là, se coupant du monde et de ses questionnements. Il fallait pourtant qu'elle bouge, se sociabilise. Fort de cette résolution, elle se força à déplacer son fessier du fauteuil confortable dans lequel il était engoncé et s'apprêtait à rejoindre les autres, afin de participer aux potentiels gadins et à l'hilarité général. Elle allait passer les portes, quand un bout de la gazette, dissimulée entre deux coussins, lui sauta aux yeux. Mut par son instinct, elle s'en saisit le cœur battant. Les gros titres lui firent l'effet d'un poignard en plein cœur : « La dynastie Malfoy assurée ! ». Mais plus que le titre se fut l'image qui la foudroya sur place. Celle de Draco Malfoy, souriant, avec, à son bras, une brune élancée et au visage poupon. La photo les montrait sortant de chez Mme Guipire avec le sourire, ils se tournaient ensuite vers l'objectif, avant d'échanger un chaste baisé. Elle s'effondra à genoux, et ne compris que plus tard que le son déchirant qui se répercutait dans ses oreilles, venait de sa propre gorge. Elle sentit bientôt des bras affectueux l'enserrer. « Je savais que j'aurais dû brûler se maudit torchon », elle reconnut Ginny.

- Hermione, respire. La pria la Weaslette, un air paniqué sur le visage.

Elle tenta de prendre une grande inspiration, tandis qu'elle relevait son visage détrempé, croisant le regard dépassé de tous les habitants du Terrier. Tout se déroula dans un ralentit flou, d'abord, elle vit avec effroi Ron récupérer le journal qui avait chu sur le sol, l'interrogation dans ses yeux bleus. C'est quand elle vit l'horreur et la dévastation se peindre sur son visage qu'elle sut qu'il avait compris. Le journal retrouva sa place sur le sol et le temps d'un battement de cil, Ron avait disparu. Elle avait tout perdu.

5 Septembre 1996

Ses yeux commençaient à la piquer. Depuis combien d'heures était-elle là, à finir se fichu parchemin sur les informulés ? Était-ce dû à la distraction inconsciente que réclamait son cerveau face à la fatigue et l'exaspération que lui procurait son devoir, elle n'aurait su le dire. Toujours est-il que ses yeux furent happés par le mouvement d'un élève se dirigeant vers la réserve. Et pas n'importe lequel, Malfoy. Les accusations d'Harry à son égard lui revinrent en tête et elle abandonna son ennuyant devoir de défense contre les forces du mal, pour se diriger, comme si de rien était, vers le rayon proche de l'entrée de la réserve. Passant une main sur la tranche des livres de créature magiques en tout genre, elle tenta d'apercevoir la chevelure platine du Serpentard. Malgré la blondeur surnaturelle de cette dernière, ce ne fut pas suffisant pour qu'elle puisse le repérer dans l'obscurité. Elle jeta un regard à droite, puis un à gauche, vérifiant qu'elle était hors de vue du moindre spectateur et se lança un sortilège de désillusion.

Elle se faufila entre les colonnes de manuels interdits, elle avait presque fait le tour et toujours aucune trace de l'odieux Serpentard. Son désappointement fut de courte durée. Une poigne puissante la retourna et elle put se rendre compte que son charme avait été brisé, surement par Malfoy, qui lui faisait désormais face. Il maitrisait les informulés. Elle eut le bon gout de rougir d'embarras. Il la tenait en jouc avec sa baguette.

- Tu mérites vraiment ton surnom de RAT de bibliothèque Granger, à fureter partout. Ou bien est-ce parce que tu mourrais d'envie de me revoir ?

Consciente qu'elle n'avait pas de mensonge valable à lui fournir, elle préféra attaquer.

- Ne prends pas tes rêves pour la réalité Malfoy. Harry nous a raconté ton petit discours pro-mangemort dans le train, et on t'a vu chez Barjow et Beurk. Qu'est-ce que tu cherches donc à réparer avec temps de soin, hein ?

Le visage du blond sembla se congestionner, avant de retrouver une platitude mortelle. On aurait dit une statue de cire. Quelques secondes s'écoulèrent, comme suspendues. Puis Malfoy la regarda droit dans les yeux, son habituel sourire narquois en place.

- Tu aimerais bien le savoir, hein Granger ? Ça te démange de ne pas savoir quelque chose ? Ça peut peut-être s'arranger… Serais-tu prête à me faire la promesse de tenir ta langue, si je te le révélais ? Serais-tu prête à faire un serment inviolable ?

Hermione sursauta. Harry avait-il raison ? Qu'est-ce que Malfoy cachait au point de vouloir le protéger par un procédé aussi drastique ? Elle eut un second sursaut quand elle entendit un son étouffé. Il riait. Malfoy se foutait de sa gueule ! Elle s'apprêtait à lui faire une réflexion bien sentie, mais celle-ci mourut face à la vision du blond hilare. C'était, aussi loin qu'elle s'en souvienne, la première fois qu'elle le voyait rire aussi franchement, sans méchanceté. Et il était beau. Elle se secoua, par Merlin, mais qu'était-elle en train de penser !

- Oh ta tête Granger ! Respire, Sang de bourbe, même sous serment inviolable, je ne te ferais pas assez confiance pour te confier quoique ce soit.

C'est ainsi qu'il la laissa, coite, alors qu'un sourire était encore présent au coin de ses lèvres à lui.

3 Juillet 1998

Il ne fallait jamais sous-estimer la volonté des femmes, surtout quand celles-ci avaient le tempérament et la ténacité de Ginevra Weasley. A force de grands discours sur l'amitié, et de remontrances envers son frère et son petit ami, elle avait enfin réussi à organiser une sortie bien méritée à Pré-au-lard. C'est ainsi qu'Hermione s'était retrouvée un vendredi après-midi, à être tirée hors du terrier vers une table de chez Florian Fortarôme.

Un silence gêné avait pris place à la petite table en acier forgé. Chacun plongé dans de sordides pensés. Ginny toussota gauchement, avant te tenter un début de conversation bancal :

- Et euh… Harry tu as commencé à regarder tes cours pour l'école d'Aurors ?

- Je… Non pas encore.

C'était une catastrophe. Ron continuait de regarder les dalles de la terrasse d'un œil torve, tandis qu'Hermione avait envie de disparaitre six pieds sous terre. Mais après tout, même si elle n'aurait jamais pensé en arriver à tomber enceinte de Malfoy – elle arrivait enfin à se l'avouer sans défaillir – c'était quand même de son fait si les relations en étaient là où elles en étaient avec Ron et Harry. C'est pourquoi elle décida de venir en aide à Ginny, ce n'était pas à la rouquine de se faire pardonner à sa place.

- Je… je pourrais peut-être t'aider à organiser un planning de révisions, Harry ? Enfin… euh… si tu en as envi bien sûr ?

Le jeune homme la regarda en clignant des yeux, avant qu'un sourire doux ne vienne prendre place sur son visage.

- Ce serait vraiment super Hermione, oui, merci.

Ils se sourirent et Ginny sembla ravie. Elle déchanta bien vite cependant, quand son frère se décida enfin à faire entendre le son de sa voix.

- Méfie-toi Ginny, c'est d'abord un planning de révisions qu'elle va offrir à Harry, avant de lui proposer sa petite culotte.

- Ron ! se scandalisa Ginny. Comment peux-tu sortir quelque chose comme ça ?!

Le Weasley se contenta de croiser les bras, ne semblant nullement désolé de son comportement grossier. Hermione, quant à elle, s'efforçait de ne pas éclater en sanglots en pleine rue, elle avait d'autres préoccupations que de faire de nouveau la une de la Gazette. Ginny avait eu tort, si Harry semblait enclin à la comprendre et à la pardonner, il était bien trop tôt pour que Ron ne fasse qu'être un minimum courtois. C'est pourquoi elle se leva avec le peu de dignité qu'il lui restait, et se retourna prête à partir. Était-ce le karma ou les étoiles – comme le lui aurait surement confirmé Trealawey – mais en tout cas, tout conspirait contre elle. Elle buta dans un homme et le contenu des glaces qu'il tenait repeint son haut vert bouteille de blanc et de rose. Elle resta un moment statufié, avant de se confondre en excuse. Quand elle prit conscience du silence pesant qui flottait autour d'elle, un mauvais présentiment l'étreignit, qui se confirma quand elle osa enfin relever sa tête. Il lui sembla que son souffle venait de mourir sur ses lèvres. Pouvait-on être plus maudite ? Cela faisait quoi ? Deux mois qu'elle ne l'avait pas vu et pourtant cela lui avait semblé une éternité. Il avait repris un peu de poids, effaçant le creux de ses joues. Ses yeux avaient une teinte gris clair qui semblait tourner à l'orage au fil des secondes qui s'égrenaient. Il sembla aussi figé qu'elle, mais se reprit bien vite.

- Granger.

Ce simple salut lui déclencha une série de frissons. Il fallait qu'elle se reprenne. Elle ne devait plus être influencée par lui. Son corps ne pouvait continuer de la trahir ainsi.

- Mal…Malfoy…

Ils furent interrompus dans leur tentative d'échange courtois par l'arrivée d'une jeune fille. Hermione l'a reconnu comme celle qui accompagnait Malfoy sur la couverture de la Gazette. Elle en devint livide.

- Draco ? Oh, tu es Hermione Granger ? Piailla la nouvelle arrivante en lui accordant un magnifique sourire.

Elle était encore plus belle de près et un sentiment d'injustice prit naissance au creux de son estomac. Ses longues mèches brunes lisses lui rappelèrent le fouillis qui siégeait au-dessus de son crâne à elle. Et à l'injustice ce mêla la honte, renforcée par le constat qu'elle avait l'air d'une mannequin dans ses robes neuves de sorcières.

- Eh bien Draco, tu ne me présentes pas ? S'impatienta la jeune fille d'une voix où se mêlait reproche et amusement.

Le blond parut tout à coup blasé, semblant s'ennuyer ferme.

- Astoria, Granger, Granger ma…

Il eut une seconde d'hésitation avant de planter son regard dans le sien.

- Ma fiancée, Astoria Greengrass.

Est-ce que les mots peuvent tuer ? Car si ce n'était cela, si elle n'était pas en train de mourir, qu'elle était se déchirement dans sa poitrine ? Si violant que son cœur lui sembla être arraché. La Gazette n'avait, pour une fois, pas déformée la réalité. Ginny avait pourtant essayé de la consoler ainsi, mais elle s'était trompée, l'ancien Serpentard était bel et bien fiancé, et elle, elle portait son enfant en son sein. Son batard. Elle perdit l'équilibre et tout s'enchaina très vite. Une main lui agrippa le bras pour l'empêcher de s'étaler sur le sol de pierre. Et elle reconnut sa poigne. Puis un cri de rage.

- Ne la touche pas, sale Batard !

C'était Ron.

- Comment oses-tu la traiter comme ça Malfoy ! Fiancé ?! C'est la meilleure ! Je savais que les Serpentards n'étaient que des lâches mais tu es le pire d'entre eux ! Même pas capable d'assumer !

L'horreur la saisit. « Non, non, tais-toi ! » Il ne devait pas savoir, elle devait calmer Ron. Elle se jeta sur le rouquin et le supplia du regard « tais toi ». Il sembla hésiter. Elle vit son visage rouge brique passer de la colère à la résignation. Malfoy avança d'un pas, menaçant.

- Continue le pouilleux, j'ai hâte d'entendre ce que tu avais à dire.

Le Weasley soupira.

- Tu sais quoi Malfoy, je te plains. C'est toi qui perds dans l'histoire. Tu as fait ton choix, reste loin d'elle, je prends le relais.

Puis il attrapa la main de Hermione, pour la rapprocher de leur table, saisit sa baguette et lança un recurvite sur son haut, toujours tâché de glace. Elle n'avait toujours pas émis un son, mais lui envoya un regard reconnaissant. Puis elle se rappela qu'ils étaient en pleine rue. Draco sembla s'en souvenir également et cela eut pour effet de lui faire retrouver son expression policée. Il saisit Astoria par le bras, surement un peu durement à en croire son expression, et les éloigna de la boutique de Fortarôme. Harry et Ginny, restés en retrait lui lancèrent un regard désolé. Elle était sûre de faire les choux gras de cette maudite Gazette demain, mais au moins elle savait que désormais, elle ne serait pas seule.