Bonjour tous le monde,

Je tiens à dire que je suis flattée de voir ma fiction dans les favoris et suivis de certaines personnes. Je vous remercie tous pour cela. J'avoue attendre avec impatience mon premier commentaire. Une histoire qu'on écrit, c'est comme un enfant qu'on chéri. On y passe du temps et de l'amour pour le voir grandir, ce n'est donc pas pour l'abandonner à mi-parcours. Bien qu'en regardant en arrière on puisse se dire, ici et là j'aurais dû/pu faire autrement, on reste fière quoi qu'il arrive. Mais des fois, on a besoin de soutient extérieur. Et d'avis constructifs !cv

Voilà !

Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que mon histoire continue de vous plaire.

Bisous

HerDR

Chapitre 5 :

12 Juillet 1998

Ginny avait recommencé. Elle avait – à force de suppliques, alternées de cris – réussi à la convaincre d'aller faire les boutiques sur le chemin de traverse. A vrai dire, même si elle n'en avait aucunement l'envie, cela allait devenir une nécessité. Bien que cela ne soit perçu, pour le moment, que par elle et le bouton de son pantalon qui commençait à avoir du mal à se fermer, elle prenait du poids. Elle soupira en regardant son corps, à moitié dévêtu, dans le miroir de la salle de bain des Weasley. Un léger renflement prenait forme, juste en dessous de son nombril. Il n'était perceptible que de profil, mais il était là. Elle enfila en vitesse une salopette-short en jean et un tee-shirt rouge délavé, Ginny l'attendait.

Le temps était beau et la température agréable dans les rues pratiquement désertes. Elle s'autorisa à souffler. Ginny l'avait conduite directement devant le chaudron baveur. Elles y retrouvèrent, à son grand étonnement, Luna Lovegood et Megan Jones - une élève de Poufsouffle de l'année de Ginny. Hermione eut un moment d'hésitation et tira la manche de la rouquine avant qu'elles n'arrivent à leur hauteur.

- Pourquoi sont-elles là ? Ce sont des essayages… spéciales.

Ginny leva les yeux au ciel.

- Ecoutes Hermione. D'un, je ne leur ai rien dit. Et de deux, ça serait peut-être bien que tu commences à le dire, et à TA manière avant que ton… petit habitant ne devienne trop visible et que ce soit la Gazette qui s'en charge.

La brune se mordilla la lèvre inferieur. Peut-être bien qu'elle avait raison, mais s'était déjà tellement difficile d'imaginer son ventre devenir plus gros qu'un souaffle… Cependant, dire les choses les rendaient parfois plus réelles. Elle se lança donc.

- Salut les filles. Est-ce que ça vous dit d'aller prendre un verre avant de commencer ? J'aimerais vous parler de quelque chose.

Direct. C'était bien, se félicita-t-elle, elle ne pouvait plus reculer maintenant.

- Je n'ai pas soif, mais si c'est important pour toi Hermione, je veux bien te suivre. Lui indiqua Luna.

Les commandes avaient été prises et les trois jeunes filles la regardaient maintenant sagement, attendant ses confidences – Ginny, elle attendait surtout de voir comment allait se dérouler la conversation. Hermione souffla un grand coup, puis annonça de but en blanc, comme on arrache un pansement.

- Voilà, je suis enceinte.

Il y eut un blanc, puis Megan sembla réfléchir.

- Je suppose qu'on doit te féliciter, mais tu n'as pas l'air particulièrement réjouis…

- C'est parce qu'il n'est pas de Ron, n'est-ce pas Hermione ? Demanda Luna.

Hermione acquiesça. Megan Jones se trémoussa sur sa chaise, excitée comme une puce.

- Un amant secret ?

- Je… je ne souhaite pas en parler. C'est loin d'être romantique où quoi que ce soit.

Luna regarda la seule rouquine à la table.

- Tu n'as pas vraiment l'air surprise Ginny.

- Non, non, je le savais déjà. C'est d'ailleurs pour ça qu'on est toutes là, n'est ce pas Hermione ? Il va falloir trouver des vêtements pour notre future maman.

Ginny lui fit un clin d'œil auquel elle répondit par un sourire. Elle était vraiment heureuse de l'avoir., son soutient était indéfectible. Elles finirent leurs boissons et eurent la bonne idée de ne pas poser plus de questions. Surement devaient elles ressentir la gêne de la future mère. Le reste de la journée se déroula dans la bonne humeur générale et Hermione remercia intérieurement la Weaslette de l'avoir poussée à sortir du Terrier. Elle avait fait le plein de vitamines et avait éloigné la dépression qui semblait s'abattre sur elle depuis plusieurs jours. Quand elles rentrèrent ce soir-là, elles avaient refait l'intégralité de leurs gardes robes.

22 Septembre 1996

Elle n'avait pas honte de le dire, elle l'avait suivi. De quel droit pouvait-il croire qu'il lui suffisait de lui écrire trois mots sur un bout de parchemin – aussi élégant soient-ils – pour que quoi ? Elle revienne la bouche en cœur une fois de plus ? Non, il avait dépassé les bornes cette fois et sa main la démangeait allègrement. Elle n'était donc pas revenue à la bibliothèque en même temps que lui. L'avait-elle surveillé pour ainsi mieux l'éviter ? Peut-être qu'elle avait usée, une fois ou deux, de la carte des maraudeurs, certes, mais il fallait bien dire qu'elle avait une raison légitime d'agir comme elle le faisait. Non d'un scrout à pétard ! Il l'avait insulté, ainsi que Ron et Harry, de nouveau, sauf que cette fois, elle avait pensé que tout ça était terminé. Que Malfoy eût, à défaut d'avoir totalement changé, comprit qu'elle ne pardonnerait plus sa méchanceté et qu'il s'en abstiendrait. Mais elle s'était à l'évidence complètement trompée. Non non, elle ne souhaitait plus rien avoir à faire avec lui. En tout cas, c'est ce dont elle s'était convaincue avant que McGonagall ne lui demande d'aller voir ce gobelin mal léché pour lui imposer ses rondes de préfet. « Une par semaine minimum, Miss Granger », lui avait-elle indiquée. La véritable question était : pourquoi elle ? Voilà comment elle se retrouvait obligé de traquer Malfoy, attendant le bond moment pour lui bondir dessus et le réprimander comme ses parents auraient dû le faire depuis longtemps – il aurait surement été moins prétentieux, quoique, rien n'était moins sûr.

Elle saisit sa chance au moment où elle vit Malfoy, seul, se diriger d'un pas furtif vers le couloir du septième étage. Que faisait-il, elle n'en savait rien mais il semblait cependant angoissé à l'idée qu'on l'y découvre – à en juger par les nombreux coups d'œil qu'il jetait par-dessus son épaule. Hermione n'étant pas la discrétion assurée, elle trouva évidement le moyen de buter contre une des armures du couloir. Elle se massa le genou et vit, en relevant la tête, le Serpentard foncer droit sur elle.

- Qu'est-ce que tu fais Granger ? Tu me suis maintenant ?

- Eh bien figures toi que oui.

Son aplomb sembla le laisser coi.

- Je viens de la part du professeur McGonagall.

Le blond grogna.

- Je me fiche de ce que veux la vieille chouette, laisse-moi.

- Ne parle pas comme ça Malfoy ! Tu ne fais pas tes rondes de préfet, et le professeur McGonagall m'a chargé de t'imposer une ronde par semaine au risque de perdre ton insigne !

- Eh bien qu'elle le prenne !

Il se retourna prêt à partir mais Hermione vit rouge. Elle en avait ras le chaudron. Elle accéléra le pas pour se mettre face à lui et lui barrer le passage. Et le visage virant au carmin – elle pouvait sentir ses joues chauffer d'indignation – elle lui saisit sa cravate avant de s'époumoner.

- Ça suffit Malfoy tes caprices de gamins ! Tu te prends pour qui ? Tu n'es pas chez toi ici, et on n'est pas à Malfoyland, alors tu ferais mieux d'être un peu plus mature et respectueux parce que si tu continues, c'est moi qui vais te le reprendre ton insigne, mais pour te le carrer dans ton fessier de petit con prétentieux !

Elle lui lança le regard le plus noir qu'elle avait en réserve, avant de relever le menton d'un air hautain et de tourner les talons. Il l'avait vraiment mise en colère.

29 Septembre 1996

Elle était éreintée. Entre les cours, les devoirs, les révisions et ses devoirs de préfète, le rythme était plus que soutenu. Sans parler de Harry et Ron qui cherchaient sans arrêt à lui soutirer ses notes de cours. Ne pouvaient-ils écouter correctement ? Elle était de nouveau à la bibliothèque malgré le beau temps de ce dimanche après-midi. Elle regrettait un peu de ne pas être dehors à profiter des derniers jours corrects avant le froid mordant de l'hiver Anglais, mais elle aurait tout le reste de sa vie pour en profiter – du moins l'espérait-elle. Elle avait remarqué que son humeur devenait morose ses derniers temps. Conséquences des conflits à venir, à n'en pas douter. Elle pouvait se targuer d'être intelligente et savait très bien ce qui se profilait à l'horizon. Et elle avait peur. Pas une peur tenace non, les journées bien au chaud à l'abris à l'intérieur du château empêchaient l'angoisse de la guerre à venir de lui nouer la gorge, mais de temps en temps, quand elle était seule comme à l'instant, elle y songeait. Et par effet boule de neige, elle songeait à la mort, à sa mort potentielle ou à celle de ses proches.

Elle se mit à souffler doucement par le nez, chassant le début de panique grondant dans sa cage thoracique, et se refocalisant sur le devoir de runes posé sous ses yeux, à rendre pour le lendemain matin. Hermione n'était pas très fière de ne le commencer que maintenant, mais pour une fois, la studieuse élève qu'elle était, avait complètement oublié qu'elle devait rendre une traduction de 50 centimètres. Soupirant sur sa médiocrité – apparemment elle était désormais proche de la dépression - elle se leva pour aller chercher le « syllabaire Lunerousse ». Elle se mit sur la pointe des pieds, ses doigts caressant presque la reliure du manuel, quand elle sentit une présence juste derrière son dos. Un torse vint se coller délicatement au sien et un bras entra dans son champ de vision, venant saisir l'ouvrage tant convoité. Elle se retourna au ralenti et se figea en reconnaissant Malfoy qui la scrutait de manière indéchiffrable. Elle se méfia, mais il se contenta de lui tendre le bouquin, venant le déposer dans ses bras. Elle rougit légèrement et bafouilla un merci, encore prudente quant à la conduite à adopter en sa présence. Il se contenta de la regarder dans les yeux, et elle plongea de nouveau dans cet océan de mercure. Elle aurait pu s'y noyer, c'était certain. Le garçon se contenta de hocher la tête et fit demi-tour sans rien ajouter d'autre. Décidément, elle ne savait jamais comment il allait agir avec elle et se demandait s'il ne souffrait pas de bipolarité, voire de schizophrénie. Elle retourna à sa table, elle avait un devoir à rédiger.

15 Juillet 1998

Cela allait bientôt faire une dizaine de jours que Ron et elle avait eu une discussion quant à leur avenir, et ils n'avaient pourtant pas encore eu vraiment le temps de se retrouver juste tous les deux. Hermione devait avouer qu'elle n'y était pas totalement étrangère, trouvant toujours de très bons prétextes à ses fuites chroniques. Ron était patient. Elle lui en était très reconnaissante. Aujourd'hui, cependant, elle n'y couperait pas, bien que de manière très étrange, ce ne fut pas dans ses projets. Aujourd'hui, elle avait vraiment envie de passer du temps avec lui, ne serait ce que pour arrêter de se demander si elle avait bien fait d'accepter leur mise en couple. Ron avait prévu de venir la chercher dans sa chambre aux alentours de dix-huit heures et de l'emmener manger dans un petit restaurant du Londres moldu. Une heure avant leur départ, des vêtements simples mais jolis l'attendait sur le lit. Elle avait prévu de s'habiller avec un chemisier vert pastel et un pantalon carotte de couleur taupe. Des petits talons noirs – fait à marquer dans les annales – accompagnaient le reste de sa tenue.

Quand Ron vint frapper à la porte, elle nota avec plaisir qu'il n'était, pour une fois, pas trop en retard. Il la complimenta sur son apparence après l'avoir reluquée des pieds à la tête, la bouche entrouverte et les joues légèrement colorées. Elle le remercia avec un plaisir timide, les compliments à son égard pouvant se compter sur les doigts d'une main. Ils prirent le réseau de cheminette, transplaner dans son état n'étant pas conseillé. Ils arrivèrent sur le chemin de traverse et se dirigèrent vers le chaudron baveur. Sur leur passage, Hermione eut un drôle de ressenti. Était-ce elle, où les gens chuchotaient à leur approche ? Elle décida de ne pas s'en préoccuper pour le moment, elle avait décidé de juste profiter pour une fois. Ils débouchèrent dans les rues de Londres, et Ron ne pouvait s'empêcher de commenter les tenues - qu'il jugeait étrange - des Londoniens. Bien qu'elle se retînt de lui dire que pour elle, s'était celles des sorciers qui lui paraissaient les plus étranges, elle ne pouvait s'empêcher de rire. Elle avait le cœur léger ce soir.

Le repas se déroula sans accros. Les plats étaient bons, et la compagnie du rouquin agréable. La conversation était fluide et plaisante. Ils rirent tout du long et quand vint le dessert, Hermione regretta de devoir déjà rentrer. La fatigue commençait pourtant à la gagner lentement et elle laissa Ron la raccompagner dans les rues, à présent pleines des festifs de début de soirée. Quand ils retrouvèrent les boutiques familières du chemin de traverse, il était déjà 22 heures passées. Hermione étouffa un bâillement. Elle sentit qu'on tentait timidement de lui prendre la main et elle se laissa faire. Elle était bien. Les papillons dans son ventre restaient désespérément calmes mais elle était bien, et elle se disait qu'il lui fallait peut-être juste du temps, et qu'elle appréciait de se laisser guider et qu'on prenne soin d'elle pour une fois. Quand ils arrivèrent au Terrier, Ron se mit à rougir et à se dandiner.

- Dis Hermione… Tu voudrais dormir ensemble ?

Elle ne s'y attendait pas à celle-là. Les oreilles du rouquin prirent une couleur carmin qui jura avec celle de sa chevelure.

- Enfin je veux dire… pas ensemble. Enfin si ensemble ! Mais pas… pas dans le même lit… enfin sauf si tu en as envie mais… je pensais que j'aurais pu dormir par terre mais… avec toi ?

Elle eut un petit rire. Elle aurait presque pu le trouver mignon ainsi, rougissant et bafouillant comme une écolière.

- Je serais ravie de partager ma chambre avec toi pour cette nuit Ron.

Elle préféra ne pas enchaîner sur le fait de potentiellement dormir dans le même lit, c'était trop tôt et elle n'aurait pas été à l'aise. Ils n'avaient plus 13 ans. Quand chacun s'eut mis en pyjama, ils s'installèrent pour la nuit. S'il y eu d'abord un silence gêné, celui-ci laissa vite place à une conversation simple et agréable. Ils s'endormirent main dans la main et le sourire aux lèvres.