Chapitre 7
1 Aout 1998
Hermione se leva nauséeuse. Elle descendit les marches pour rejoindre la cuisine, mais à peine l'odeur du petit déjeuné lui emplissait les narines, qu'elle se précipita aux toilettes pour y vomir. Le bruit sembla alerter Molly, qui apparut sur le seuil.
- Oh ma chérie… nausées matinales ?
Hermione essaya d'essuyer dignement sa bouche. Elle se releva lentement, une main sur son front moite. Molly l'évitait un peu ses derniers temps, semblant méfiante à son égard. Son instinct maternel avait dû reprendre le dessus.
- Je ne sais pas, c'est la première fois que ça m'arrive. Je viens pourtant de passer les trois mois…
Molly eut un rire franc.
- Ah ça ma chérie, ça dépend. Toutes les grossesses ne se ressemblent pas, crois-moi !
La matriarche sembla hésiter un moment, puis lui fit signe de la suivre.
- Viens, il doit me rester de la potion anti-nausée.
Hermione fut soulagée presque instantanément. Molly lui indiqua qu'elle pouvait en trouver sur le chemin de Traverse. Cette aventure sembla réconcilier les deux femmes et la mère de famille se lança dans une conversation, narrant toutes les anecdotes sur ses différentes grossesses - anecdotes qu'elle avait dû se retenir de raconter depuis des semaines. Hermione écouta d'une oreille distraite. Bien qu'elle fût soulagée que le malaise entre elles ait l'air d'avoir pris fin, elle repensa à la soirée de la veille. Ron était toujours en train de ronfler – elle pouvait l'entendre de sa chambre. Elle n'avait pas particulièrement apprécié son intervention, et bien que se voulant compréhensive, elle lui en voulait quelque peu.
Ginny débarqua une heure plus tard, un grand sourire aux lèvres, il n'était pas difficile de deviner où elle avait passé la nuit. Elle lui fit une bise avant de se beurrer un toast, croquer dedans avec délectation et venir s'asseoir face à son ainée.
- Vous avez loupé la déclaration du siècle hier soir… Neville a fait sa demande !
- C'est pas vrai ? Depuis le temps qu'ils se tournaient autour ces deux-là…
Elle était vraiment contente pour eux.
- C'est au tour de Harry maintenant.
Ginny lui fit un sourire complice.
- Ah non ! Déclara Molly derrière elles. Tu es bien trop jeune Ginny.
La rouquine leva les yeux au ciel, ce qui fit glousser Hermione. Un hiboux grand-duc vint frapper aux carreaux, le journal entre les pattes.
- Oh non… Se mit à gémir la brunette.
Les deux autres femmes la regardèrent d'un drôle d'air.
- Il s'est passé quelque chose Hermione-chérie, demanda Molly.
Elle enfouie sa tête dans ses mains.
- Oui… Ron était éméché et… Malfoy était là hier soir…
- Vraiment ? Je ne l'ai même pas remarqué !
Oui, elle n'était qu'à moitié étonnée. Après tout, il n'avait pas eu l'air de vouloir trop s'afficher. Elle entendit plus qu'elle ne vit, l'ainée des femmes Weasley ouvrir la Gazette. Elle marmonna. Puis le journal fut refermé d'un coup.
- Bon. Ce n'est pas si catastrophique. Enfin… ça pourrait l'être bien sûr, mais franchement, plus personne ne prête attention à ce torchon.
Hermione fut plus épouvantée que rassurée par ces paroles et oubliant toute politesse, elle arracha la Gazette des mains de sa potentielle belle-mère.
« Edition spéciale : la fête de l'année à Poudlard !
Page 1 : Les amours cachés d'Hermione Granger.
Page 3 : Neville Londubat fait sa déclaration.
Page 4 : … »
Le sang déserta son visage, c'était pire que tout. La dévastation sembla s'abattre sur elle comme un ouragan. Elle parcourut en biais l'article qui s'étalait sur deux pages entières. Il était suivi de photos de la soirée. Celle de Malfoy et sa fiancée dansant étroitement l'un contre l'autre acheva le tableau. Les larmes dégringolèrent une nouvelle fois.
8 Octobre 1996
Le temps s'était considérablement refroidie, laissant des courants d'air froid se rependre dans les couloirs du château. Les premiers flocons ne tarderaient pas à tomber, annonçant l'arrivée de l'hiver. Le temps continuait inexorablement sa course, tandis qu'il se débattait toujours plus dans les spirales d'angoisse qui l'assaillaient. Il n'avait fait aucun progrès. Pourtant le Seigneur des Ténèbres attendait des résultats. Il avait d'ailleurs reçu une lettre particulièrement claire de sa tante à ce sujet, il y avait de cela deux jours, quant aux conséquences s'il venait à échouer. Il soupira et jeta un coup d'œil à la jeune fille accrochée à son bras. Pansy le tenait comme si elle eut peur qu'il ne s'échappât. L'idée était tentante. Il se morigéna. Non, il croyait aux préceptes qu'on lui avait inculqués. Seul les Sangs-pur méritaient le titre de vrais sorciers, et les Sang de Bourbe devaient être éliminés. L'image d'une jeune fille aux cheveux hirsutes et au délicat petit nez retroussé, endormit sur une table, s'imposa à son esprit. Elle aussi devait périr, il le savait. Pourtant si l'idée de la voir trépasser l'avait un jour enchanté, un sentiment de malaise grandissait en lui, quand il l'imaginait succomber sous l'Avada Kedavra. Elle était différente, il la trouvait différente. Forte et indomptable, elle incarnait parfaitement sa maison. Elle était douée, il ne pouvait le nier. Plus douée que n'aurait dû l'être une vermine de son rang. Cependant au fil des ans, il avait découvert chez elle une répartie sans égal. Si cela l'avait irrité les autres années, cette année était différente. Il ne pouvait se l'expliquer mais voir les émotions sur son visage, suscitées par leurs joutes verbales, chassaient momentanément cette angoisse qui le consumait. Peut-être était-ce le coté dominateur de son caractère de Serpentard, mais il voulait soumettre cette indomptable petite lionne, la voir plier. En parlant de la lionne, elle était à présent à quelques mètres devant lui, flanquée de ses deux bouffons. Les yeux braqués sur le Trio d'or, il les regardait échanger une plaisanterie. Son regard tomba sur la main de Granger, posée sur le biceps du rouquin, et sa mâchoire se contracta. Maintenant qu'il savait l'attirance qu'elle avait pour le jeune homme, il ne semblait voir que cela. Comme une évidence. Il s'étonna de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Il sentit Pansy s'agiter à ses côtés.
- Regarde Draco, les Bouffons d'or sont de sortis.
Elle pouffa toute seule. En passant à leur niveau, il fit glisser son regard sur le visage détendu et souriant de la Gryffondor. La honte s'insinua en lui quand il ne put s'empêcher de constater qu'elle était belle ainsi. Son nez se retroussait d'avantage et deux fossettes, auxquelles il n'avait jamais prêté attention, creusaient ses joues d'une manière délicieuse. Weasley dit quelque chose et son rire redoubla. Un sentiment de colère s'empara de lui. Il détourna la tête et ignora la petite voix en lui, qui hurlait de frapper le rouquin au visage.
- Draco, pourquoi tu n'as rien dit ? S'étonna Pansy.
- J'ai plus important à faire que d'écoper d'une retenue pour mettre battu avec ces loosers.
La Serpentard le regarda avec admiration et enserra son bras d'avantage. Lui se contenta de regarder droit devant lui. Oui, il avait une mission et il allait falloir qu'il commence sérieusement à s'y atteler.
10 Octobre 1996
Elle avait chaud. Pire, elle suait, et elle détestait ça. Harry l'avait de nouveau faite tourner folle. Enfin Harry et son précieux manuel du Prince. Il continuait de l'utiliser à chaque court du professeur Slughorn, obtenant ainsi des félicitations qu'il ne méritait nullement. Même si elle aimait Harry comme un frère, elle ne pouvait nier le sentiment d'injustice qui grondait en elle à chacun des compliments qu'il recevait. Pour l'heure, elle se trouvait dans la salle commune, déserte, au beau milieu de la nuit, son chaudron en étain bouillonnant devant elle, le livre de potions avancés ouvert devant son regard fatigué. Le professeur de potions leur avait confier comme devoir, la réalisation d'une potion de régénération sanguine. Ils devaient en apporter un échantillon. Elle était déterminée à obtenir la meilleure note cette fois ci. Ne souhaitant pas s'énerver de nouveau face à son meilleur ami, elle avait pris la décision de réaliser la préparation seule. C'est pourquoi elle en était là.
Elle essuya d'une main moite les gouttes qui ruisselaient sur son front détrempé. Le feu qui grondait dans la cheminée derrière elle n'arrangeait rien. Elle avait quasiment terminé, quand un bruit sec, porté au carreau, la fit sursauter et elle regarda avec effroi un des yeux de scarabée tomber, de sa main, à sa préparation. Elle n'était censée les ajouter qu'après avoir tourné le breuvage trois fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Comme aucune conséquence immédiate ne sembla se manifester, elle déposa avec grand soin le reste des ingrédients sur la table afin d'aller ouvrir au hibou Grand-Duc qui s'impatientait de l'autre côté du vitrail. Elle lui fit les gros yeux, mais l'ignorant royalement, le majestueux oiseau alla prendre place sur le dossier de sa chaise, prêt de l'âtre. Elle s'étonna du toupet de l'animal qui tendait désormais une patte dans sa direction. Elle se hâte de récupérer la missive qui y était accrochée, se demandant qui pouvait bien lui écrire à une heure pareille. Elle leva un sourcil circonspect en reconnaissant l'écriture quasi parfaite de Malfoy et coula un regard en direction du hibou.
- Pourquoi ne suis-je qu'à moitié étonnée de l'identité de ton maître.
Elle s'appliqua à lire le mot sous ses yeux :
« Granger, je ne doute pas que tu sois encore debout à une heure aussi avancée, tu ne sais jamais quand fermer tes fichus bouquins. Je suis à la tour d'Astronomie, rejoins-moi. »
Non mais quel toupet il avait ! Elle s'empara d'une plume et rédigea sa réponse directement au dos du parchemin.
« En effet Malfoy je ne sais pas quand m'arrêter, c'est pourquoi tu comprendras que je n'ai pas le temps de rejoindre sa majesté, surtout quand c'est demandé si gentiment. Sur ce je te souhaite une bonne nuit en haut de la Tour, en espérant que tu y gèles ! »
Elle roula le papier d'un geste rageur et l'accrocha à la patte du rapace, avant de lui ouvrir la fenêtre. Le volatile s'ébroua dans un hululement scandalisé, avant de disparaitre dans la nuit. Elle se remit à sa préparation qu'elle espérait ne pas avoir ratée à cause de ce crétin. Sa nuit allait être courte.
4 Aout 1998
Cela faisait désormais trois jours que les procès contre les anciens mangemorts avaient débutés. Il y avait d'abord eu Goyle senior, puis Rowle. Aujourd'hui, c'était au tour de Lucius Malfoy. Elle n'avait pas été appelée à témoigner, Harry et Ginny si, et c'était bien pour cette unique raison qu'elle se retrouvait trainée contre sa volonté, au cœur du Ministère de la magie. La rouquine l'avait supplié de venir, elle et Ron, avec eux. Elle n'en avait eu aucune envie. Pour quoi faire ? Risquer de croiser le reste de la famille Malfoy au grand complet ? Certainement pas. Et au vu de leur dernière rencontre, ce n'était assurément pas une bonne idée non plus qu'ils se croisent avec Ron. C'était surtout Ginny qui avait insisté, la priant de l'accompagner. Elle n'avait pas vraiment compris en quoi sa présence changerait quoi que ce fut. Harry aussi allait être présent. Cependant, elle dû se résoudre à changer d'avis face au regard blessé que lui renvoya la rouquine après son troisième refus. Elle se sentait injuste. La Weasley l'avait toujours soutenu, et elle se montrait égoïste à présent que les rôles étaient inversés.
Le hall du Ministère était bondé et elle se sentit vulnérable. Ron lui agrippa les doigts et elle s'y accrocha avec force. Ils traversèrent la salle principale pour pouvoir prendre les ascenseurs. Hermione regarda Harry être salué par l'équipe d'Aurors, qui attendait également de pouvoir monter dans les cages dorées. Quand ce fut leur tour, ils descendirent au niveau II où allait avoir lieu le procès. Ils y étaient. De grandes portes en marbre noir leur faisaient face. Hermione inspira un grand coup et, elle et Ginny, s'agrippèrent l'une à l'autre. La salle était plus petite qu'elle ne-ce l'était imaginée, bien que plus impressionnante, plus austère aussi. Des dizaines de membres du magenmagot -reconnaissables dans leur robe pourpre - scrutaient les nouveaux arrivants. Certains leur souriaient, d'autres restaient indifférents. Un petit sorcier replet leur indiqua quatre sièges dans un coin, en haut à gauche. Au milieu de la salle, trônait un siège vide.
- C'est ici qu'ils attachent les détenus, lui indiqua Harry qui avait suivi son regard.
Elle releva les yeux et se figea. Draco et Narcissa Malfoy étaient assis en face d'eux, de l'autre côté de la salle. Si la femme avait les yeux rougis – surement à force d'avoir pleuré - son fils les dardait d'un regard de plomb. Elle sentit des frissons lui traverser l'échine. Une vague nausée s'empara d'elle et elle se força à regarder partout sauf dans la direction des Sangs-purs. Ginny se pencha vers elle.
- Mme Malfoy n'a pas l'air dans son assiette.
Elle hocha la tête et Ron à ses côtés grogna.
- Tu m'étonnes, c'est toute sa famille de mangemort qui risque de se retrouver à Azkaban.
Hermione se mordilla nerveusement la lèvre inférieure, n'osant intervenir. Harry s'en chargea pour elle.
- J'ai pris la décision de témoigner en faveur de Malfoy et sa mère.
- Quoi ?!
Les têtes se tournèrent vers eux et on leur intima l'ordre de faire silence, le procès n'allait pas tarder. Le rouquin repris en chuchotant.
- Narcissa Malfoy je veux bien, mais sérieusement Malfoy… Harry…
La conversation fut coupée par l'arrivée de plusieurs Aurors, accompagnés d'un Lucius Malefoy comme elle ne l'avait jamais vu. Il avait les cheveux gras et une barbe mal taillée. Malgré cela, il gardait une posture droite et digne. On le ligota sur la chaise à l'aide des chaînes magiques et quatre Aurors restèrent à moins de deux mètres de lui, prêt à intervenir. Le procès débuta. On énonça les chefs d'accusation. Elle fut étonnée d'entendre le détenu plaider coupable, moins de l'entendre prétendre avoir agi sous la peur de représailles pour sa famille.
L'audience suivait son cours, les témoins se succédant de manière floue sous ses yeux. Hermione se sentait de plus en plus vaseuse. Des nausées toujours plus puissantes l'assaillaient par vagues successives. Quand Narcissa Malfoy avança à la barre, la démarche pleine d'une grâce que toute femme lui envierait, elle n'en pu plus et s'excusa auprès de ses amis.
- Il faut que je sorte. J'ai envie de vomir.
Elle vit les yeux inquiets de Ron se braquer sur elle.
- Tu es blanche. Tu es malade ? Je t'accompagne.
- Non non, ce n'est rien, reste avec Ginny, le rassura-t-elle.
Elle s'éclipsa dans le couloir sombre du département de la Justice magique. Elle avait à la fois chaud et froid et une fine pellicule de sueur commençait à se former sur son front. Elle avait désormais des vertiges et son crâne la lançait. Coup de poignard déchirant sa conscience. Le couloir lui sembla sans fin et elle se laissa glisser dans une des alcôves, ses paupières closes derrière ses poings fermés. Elle tenta de se ressaisir en inspirant par le nez, mais cela ne fit qu'accroître son mal. Elle aurait dû accepter l'aide de Ron finalement. Elle changea de stratégie et se roula en chien de fusil, attendant que les lutins de Cornouaille qui avaient élu domicile dans son crâne, se calment. Elle perdit la notion du temps. Une paume fraîche et salvatrice vint se poser sur sa joue.
- Qu'est-ce que tu fais là Granger ?
Elle connaissait cette voix, mais dans les méandres cotonneux de son esprit embrouillé, le lien ne se fit pas de suite.
- Nausées, parvint-elle à murmurer.
Un sifflement dédaigneux vint cueillir sa réponse.
- Et pourquoi Weasley n'est pas avec toi ? Ce n'est pas au père de s'occuper de ça normalement ?
Elle ouvrit un œil fatigué et tenta de se relever d'un coup en reconnaissant la silhouette de Malfoy, penchée sur elle. Cela ne fut pas la meilleure idée qu'elle eut. Un haut le cœur la saisit.
- Allez viens, je t'accompagne.
Elle était trop molle pour protester, ainsi, elle se laissa conduire par Draco Malfoy. Les quelques rares personnes qu'ils croisèrent se retournèrent, stupéfaites. Ils arrivèrent juste à temps pour que Hermione se penche sur une cuvette, afin d'y déverser le contenu de son petit-déjeuner. Le chemin à travers le couloir avait achevé de la brasser totalement. L'ancien Serpentard ramassa ses cheveux pour les relever en un chignon et resta à ses côtés jusqu'à ce que son estomac soit en partie calmé. Elle se redressa et vint s'adosser au mur derrière elle.
- On dirait une Inferi.
- Toujours aussi charmant je vois.
Il a eu un rire discret qui hérissa les poils de ses bras. Il la braqua de ses yeux orageux, et tendit une main vers elle. Elle ne peut empêcher un mouvement de recul. Ses yeux s'assombrirent et son visage se ferma. Il termina son geste, replaçant une de ces mèches rebelles derrière ses oreilles.
- Je ne te ferai pas de mal, lui murmura le blond.
- Tu m'en as déjà fait.
Il la regarda droit dans les yeux, et son cœur fit une embardée. Elle connaissait ce regard. C'était celui qu'il avait toujours avant de l'embrasser et elle se prit à espérer. Attendant avec fièvre un baiser qui ne vint jamais. Il détourna la tête et fixa une des dalles grises du mur des toilettes pour femme.
- Tu as fini par te mettre avec la belette après tout.
- Oui… et toi tu vas épouser une sang-pur. C'est comme ça que ça devait se terminer, je présume.
Il y a eu un silence. Lourd de sens.
- Je vais devoir y retourner, ma mère m'attend.
- Le procès est terminé ?
Il hocha la tête.
- Ton père ?
- Il a été condamné à 40 ans. Possibilité de remise de peine à la moitié.
- Oh…
Que pouvait-elle ajouter d'autres. Un nouveau silence s'installa, mais à aucun moment il ne fit mine de se lever.
- Ce sera bientôt à moi d'être jugé, puis ma mère…
Elle sentit sa peine la submerger. Elle savait l'estime qu'il avait pour sa mère.
- Harry a décidé de témoigner… en votre faveur.
Le blond la regarda de nouveau et ses yeux brillèrent d'un soulagement fugace.
- Merci.
Elle se sentit rougir et baissa la tête en bafouillant.
- Je n'y suis pour rien… c'est Harry qu'il faudra remercier. Je ne peux pas faire grand-chose…
- Hermione…
Son cœur s'arrêta. Depuis combien de temps n'avait-elle entendu son prénom dans sa bouche ?
- À propos de ce que je t'ai dit avant la bataille…
Des flashs l'assaillirent et ses yeux se mirent à la piquer. Elle ne voulait pas se remémorer les paroles blessantes qu'il avait eues à son encontre. Et surtout, elle ne voulait pas pleurer devant lui. Elle détourna la tête.
- C'était très clair, ne t'en fais pas.
- Non, écoutes, je…
Il fut interrompu dans son discours par l'arrivée de Ginny. Celle-ci les regardait les yeux tellement écarquillés, qu'ils semblaient sur le point de sortir de leurs orbites. Malfoy récupéra son visage stoïque et se leva. Il disparut dans le couloir sans se retourner. La rouquine se précipita vers elle.
- On s'est inquiété ! Mais qu'est-ce que Malfoy faisait la ? J'ai interrompu quelque chose ?
L'ainée soupira.
- Je te raconterais Ginny, promit… Mais allons rejoindre les garçons… s'il te plait.
- Bien sûr.
