Bonjour,
J'espère que vous avez tous été gâtés à noël. Je voudrais remercier plus particulièrement Ninine57, ShainaCobra et missmalfoy76 pour mes premiers commentaires. Cela me va droit au cœur.
Voici la suite, je vous souhaite un bon premier de l'an et à l'année prochaine !
Bisous
HerDR
Chapitre 8
11 Octobre 1996
Ils avaient froid. Les cours d'astronomie avaient lieu le vendredi soir cette année là et avec le vent venu du Nord de ces derniers jours, la température avait considérablement chuté. Hermione s'était emmitouflée dans sa cape d'hiver, cela ne l'empêcha pas de trembler. Le professeur Sinistra leur avait demandé de trouver, puis dessiner la constellation de Cassiopée. Cela ne lui prit pas très longtemps. A la fin du cours, ils eurent comme devoir la rédaction d'une dissertation de 60 centimètres sur qui était Cassiopée, à rendre pour le vendredi suivant. Elle avait fini d'emballer son télescope et commençait à peine à descendre les innombrables marches de la Tour à la suite de ses deux meilleurs amis, quand elle fut tirée en arrière. Elle n'eut pas le temps de protester outre mesure, qu'elle se retrouva emprisonnée par deux bras à l'intérieur d'un placard à balais. Elle n'avait jamais prêté la moindre attention à une quelconque porte dans cette partie du château. Mais à dire vrai, avait-elle déjà prêté la moindre attention à l'emplacement des placards à balais ? Jamais. Mais en cet instant, elle se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait.
- C'est moi Granger, ne crie pas.
Elle reconnut Malfoy et se retint de lui dire qu'elle n'était de toute façon pas du genre à crier. Elle avait une baguette et elle savait s'en servir. Par contre, elle n'appréciait pas vraiment le fait d'être traînée de force dans un endroit exiguë avec quelqu'un dont elle se méfiait. Elle ne se gêna pas pour lui en faire la réflexion.
- J'ai essayé de t'inviter poliment, ça n'a pas fonctionné.
Se moquait-il d'elle ? Assurément ! Non mais ils n'étaient pas amis, et elle n'aurait pas qualifié son invitation de polie.
- Et du coup tu t'es dit que me séquestrer dans un placard à balai avait plus de chance de succès ?
Il la regarda en haussant un sourcil.
- Eh bien, tu es là non ?
Elle en resta abasourdie. Elle fut prise d'un rire nerveux qui fit trembler les balais à ses côtés.
- Sérieusement Malfoy, tu ne doutes de rien.
Une fois la surprise, puis l'énervement passés, elle se sentit gênée. La pièce n'était vraiment pas très grande. Elle croisa les bras sur sa poitrine dans un geste inconscient de protection. Elle sentit ses joues chauffées sous l'inconfort que lui prodiguait le regard aiguisé du Serpentard. Le silence devint oppressant pour elle. Elle se dandina un peu mal à l'aise.
- Et… euh… que voulais-tu ?
- Attends…
- Harry et Ron vont me cherch…
- Chut ! Attends.
Elle attendit, elle ne sut pas tout de suite quoi, mais elle fit silence. Elle se sentit un peu bête d'exécuter son ordre sans mot dire. Quand plus aucun bruit ne sembla provenir de l'extérieur, Malfoy rouvrit la porte. Il la tira par le poignet et elle se laissa conduire sans trop protester. Il les avait ramenés en haut de la Tour et le froid s'engouffra de nouveau sous sa cape.
- Ce n'est pas une bonne idée, le couvre-feu est dépassé. Si on tombe sur un professeur ou pire, sur Rusard, on risque des ennuis.
Malfoy leva les yeux au ciel en grognant.
- Au diable le couvre-feu Granger. Et puis on est préfet, on aura qu'a dire qu'on faisait une ronde.
- Tu sais bien que ça ne fonctionne pas comme ça.
- Comme si c'était la première fois que tu sortais en douce.
Elle n'ajouta rien et détourna les yeux, mais elle n'était toujours pas convaincue. Elle resserra ses bras autour de son corps dans un soucis de recherche de chaleur et regarda Malfoy se diriger vers la balustrade.
- Tu vas à Pré-au Lard demain ? Lui demanda le blond en levant sa tête vers le ciel nocturne.
- Euh… Oui. J'y vais avec Harry et Ron comme… Comme d'habitude.
Le silence encore. Elle se racla la gorge.
- Bien, puisque tu as l'air de n'avoir rien d'autre à me dire, je rentre au dortoir.
- Attends Granger…
Elle se figea et attendit. Il reporta son regard orage sur elle, elle pouvait voir les volutes de fumées sortir de sa bouche entrouverte.
- Restes un peu… S'il te plait.
Elle écarquilla les yeux, incrédule face à l'étrange demande du garçon. Elle hésita. Elle avait toujours été prompt à croire en la bonté de l'âme humaine, et que, bien que certains est suffisamment de noirceur en eux pour la laisser prendre le dessus, un part de lumière subsistait, prête à être révélée à qui chercherait à la voir. Elle ne pensait pas vraiment que Malfoy faisait exception. Cependant, elle n'avait jamais réellement eu envie de gratter sous la surface gelée de son âme rongée par les préjugés et le racisme. Mais après une telle demande, d'où semblait émaner une certaine fragilité, elle ne pouvait se résoudre à fermer les yeux. Elle avança pour s'accouder à son tour à la balustrade. Un nouveau silence, apaisant cette fois, prit place entre les deux jeunes gens. Elle se demandait si Harry et Ron était en train de voir son point à coté de celui de Malfoy sur la carte des Maraudeurs et ce qu'ils en penseraient. Elle chassa cette pensée de son esprit. Tout était calme autour d'elle, hormis le souffle régulier de son camarade à ses coté, rien ne semblait troubler la tranquillité des lieux. Elle ferma les yeux et inspira. L'air froid lui piquait la gorge. Elle trouva cela étrangement agréable.
- Savais-tu que ma mère m'avait appelé d'après la constellation du dragon ?
Il tendit son doigt et lui indiqua un groupement d'étoile.
- C'est une sorte de tradition chez les Black.
Elle repensa à Sirius, et hocha la tête.
- J'ai toujours aimé l'astronomie grâce à cela. Connaitre la signification de chacun des prénoms de mes ancêtres.
- Et que représente le Dragon ?
Il la regarda avec un petit sourire en coin, mais il ne semblait pas se moquer d'elle. Il haussa les épaules et changea de sujet.
- Je ne vais pas à Pré-au-Lard demain.
Elle hocha la tête et ne su pas très bien s'il attendait une réponse. Elle se contenta de fixer le ciel. Malgré la brulure mordante du froid sur ses joues, elle n'avait pas envie d'aller se coucher tout de suite. Elle trouva se sentiment étrange. Elle regarda le ciel se couvrir petit à petit, puis tout à coup, des points cotonneux vinrent danser sous ses yeux et elle s'exclama ravie.
- Oh ! Il neige ! Regarde Malfoy !
Elle se tourna vers lui, un grand sourire enfantin collé aux lèvres. Elle avait toujours particulièrement apprécié de voir la neige tomber. Le blanc et la pureté semblait laver le monde de ses péchés. Il la regarda de manière indéchiffrable avant de lui rendre son sourire, de manière très discrète cependant. Elle reporta son visage émerveillé sur le paysage. Elle fut un peu déçue quand la neige cessa de tomber. Etouffant un bâillement elle se retourna vers Malfoy, qui la regardait toujours. Elle rougit de gêne. Son regard argent semblait la transpercer. Elle se racla la gorge et déclara.
- Il est tard. Je vais rentrer, Harry et Ron doivent vraiment s'inquiéter.
- Je te raccompagne.
Elle fut prise au dépourvu, mais accepta tout de même. Elle ne souhaitait pas gâcher la paix instaurée. Le retour se passa sans embuche, aucune trace de Rusard ou de son horrible chatte. Malfoy se tourna vers elle et prit une de ses mains.
- Merci…
Il partit sans rien ajouter d'autre. Elle resta médusée quelques instants, avant que la Grosse Dame ne lui demande d'un ton irrité si elle voulait entrer, elle n'avait pas que cela à faire. En accédant à sa salle commune, elle ne fut pas très surprise d'y découvrir ses deux meilleurs amis, faisant des allez retours nerveux devant le feu qui ronflait dans la cheminée. Ron la vit en premier et lui sauta dessus.
- Tu es là ! On s'est inquiété ! Qu'est-ce que te voulais Malfoy ?
- Devoirs de préfet…
Elle détestait mentir. Harry la regarda étrangement.
- Je croyais qu'il ne faisait pas ses devoirs de préfet ?
- Oui, justement ! Le professeur McGonagall m'a demandé de voir avec lui pour qu'il fasse ses rondes. Je m'en suis souvenu en le voyant.
Elle vit à son regard qu'il restait dubitatif, mais aucun des deux ne fit de réflexion.
- Je suis fatiguée. Je vais me coucher les garçons. A demain.
Elle monta rejoindre les dortoirs des filles, un peu honteuse de sa dérobade, mais elle ne voulait pas risquer de créer une dispute pour pas grand-chose.
13 Octobre 1996
L'après-midi de la veille à Pré-au-Lard avait été riche en rebondissement. L'histoire avec Katie Belle commençait à se répandre comme une traînée de poudre. Elle avait décidé de faire une pause dans ses révisions, à l'étonnement général de ses amis. Trop de questions se bousculant dans son esprit fatigué. La jeune fille avait enfilé une robe chaude et une écharpe épaisse afin de pouvoir affronter le froid extérieur. L'air glacial qui avait en partie gâché la sortie de beaucoup d'élèves à Pré-au-Lard, avait laissé place à un vent légèrement moins mordant. Ses pas la dirigèrent tout d'abord vers le lac. Elle s'assit sur ses berges et contempla la surface miroitante de l'eau sur laquelle se reflétait les rayons du soleil. Elle resta assise là jusqu'à ce que ses dents se mettent à claquer. Se relevant péniblement – ses membres pétrifiés par le froid – elle se laissa guider sans réel but. Ses pensées dérivèrent. Elle songea d'abord à son prochain devoir de Métamorphose – rendre compte des conséquences d'une métamorphose humaine ratée - puis ses réflexions la menèrent à s'interroger plus avant sur l'avenir proche qu'ils allaient devoir affronter. Les choix qu'ils devraient faire et les conséquences que cela pourrait avoir sur leurs vies futures. Elle pensa à elle, Ron et Harry, et à comment ils avaient été embarqués dans des aventures toujours plus folles, contre leur gré. Puis, inexorablement, elle en vint à penser à l'autre côté. A quel moment choisissait-on d'être Mangemort ? Ce qui conduisait à ce choix. Les préceptes inculqués à n'en pas douter, mais aussi peut être des évènements marquants. Après tout Sirius avait décidé d'aller contre sa famille, de renier ce qu'on lui avait appris. Ce n'était pas le cas de tout le monde. Est-ce que l'habitude pouvait aussi entrer dans la balance ? Et le caractère ? Bellatrix était assurément folle et elle se l'imaginait difficilement en une gentille élève écoutant soigneusement ses professeurs. Beaucoup de mangemorts reconnus avaient été de Serpentard. Pourtant cela ne faisait pas d'eux des mangemorts dès leur entrée dans la maison de Salazard. Il était à noter tout de même, que la plupart des Sang-purs y étaient admis. L'éducation revenait donc systématiquement. Mais le choix restait un élément primordial, encore fallait il avoir le courage de choisir. Elle souffla. A quoi bon penser à tout cela après tout ? Cela ne ferait pas grande différence.
Etant à présent complètement gelée, elle retourna vers le château. Elle croisa plusieurs de ses camarades et s'arrêta brièvement discuter avec Ginny et Dean. Elle continua ensuite vers les cuisines, elle voulait aller saluer les elfes. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été les voir. Elle chatouilla la poire et le tableau s'écarta pour la laisser passer. Quelqu'un y était déjà.
- Malfoy ? Qu'est ce que tu fais là ?
Il lui désigna le muffin dans sa main gauche.
- J'ai loupé le déjeuner. Et toi ?
- Je suis venu dire bonjour aux elfes de maisons.
Elle releva son nez et prit un air qui signifiait clairement "vas y moque toi, je m'en fiche" et c'est ce qu'il fit, mais pas aussi méchamment que d'habitude. Elle le laissa déguster son petit pain tranquillement et alla voir Dobby qui l'accueillit avec joie. Elle salua également, Gipsy et Chiffold, faisant mine de ne pas entendre les remarques désagréables de Kréattur, qui s'était désormais joint à l'équipe de Poudlard depuis l'été. Elle ne remarqua pas tout de suite que le Serpentard s'était rapproché et quand elle l'entendit dans son dos, elle eut un sursaut.
- Décidément, je ne te comprends pas Granger.
- Qu'est ce que tu ne comprends pas Malfoy ? Que je puisse déplorer le fait que les sorciers asservissent une espèce entière sous prétexte qu'ils leurs sont supérieurs ?
- Ils sont nés pour nous servir Granger.
- Non mais tu t'entends ? Tu sais Malfoy, tu te dis supérieurs aux moldus, mais entre le racisme et l'esclavagisme, qu'eux ont déjà aboli, ce sont les sorciers qui ont un cran de retard. Tu devrais lire « Adaptation et mode de pensée : les freins de la magie » de Ernest MangeDebou, ça pourrait t'apprendre à être moins con. Sur ces entre faits.
Elle salua les elfes de la main, jeta un regard hautain à Malfoy et sortie de la cuisine.
18 Octobre 1996
- Je l'ai lu.
C'est ce qu'il lui déclara le vendredi entre deux cours. Elle était arrivée en avance à son cours de runes ancienne et il était déjà là. Elle le regarda avec des yeux ronds. Mais de quoi était-il encore en train de lui parler ? Il sembla comprendre son désappointement, car il poursuivit.
- Ton fichu bouquin sur l'adaptation.
- Oh…
Elle resta muette. Jamais elle n'aurait pu imaginer qu'il le lirait.
- Et… Qu'est-ce que tu en as pensé ?
- Que c'est un grand ramassis de foutaises.
Elle n'en croyait pas ses oreilles.
- Les exemples sont pourtant déconcertants tu ne penses pas ? Ne me dis pas que tu n'as pas vu de ressemblance entre moldus et sorciers. L'évolution dans le mode de pensé et l'adaptation est la même, sauf que les sorciers ont clairement un temps de retard. Finalement, l'usage de la magie nous freine dans notre adaptation.
Il ricana un peu, sarcastiquement.
- Tu vois Granger, elle est là, la différence entre un vrai sorcier et une Née-moldu comme toi. Si tu penses que la magie nous freine, pourquoi l'utilises-tu ? Pourquoi es-tu ici et pas avec tes moldus chérie ? La vérité c'est que oui, les moldu se sont adaptés, mais de manière tellement mauvaise qu'ils bousillent tout. Tu crois que mon père ne m'a jamais emmené dans le Londres Moldu ? Tu crois que je n'ai pas d'abord été estomaqué par vos trucs roulants et les lumières qui s'allument et qui brillent. Mon père m'a laissé voir tout ça et je les ai vu les adaptations moldus. Je les ai regardés avec mes yeux brillant d'enfant. Une autre forme de magie, c'est ce que je me suis dit. Puis mon père m'a expliqué, il m'a montré, les bâtiments qui crachent des fumées noires et qui polluent le ciel. Leurs déchets qu'ils jettent partout. Il m'a expliqué ce que faisaient les moldus aux sorciers comme nous. Les bûchers, les chasses aux sorcières. Quand les moldus s'adaptent, ils détruisent.
Elle l'écouta et eut un pincement au cœur en se disant qu'il n'avait pas complètement tort. Toutes les innovations n'étaient pas bonnes, mais tout n'était pas mauvais non plus. Elle repensa à une phrase qu'il lui avait dite quelques jours plus tôt. Tout n'est pas blanc ou noir.
- Alors la solution, c'est de quoi ? Les asservir ? Les détruire ? C'est ce que tu dis ?
Il haussa les épaules d'un air indifférent.
- Si on doit en arriver là, certes.
- Et l'adaptation sur le mode de penser, tu l'as lu aussi ? Parce qu'on est clairement dedans ! Les moldus ont chassé les sorcières mais ce n'est plus le cas actuellement. Les sangs Purs prônent le racisme !
- Parce qu'on se cache Granger ! Parce qu'ils ignorent que nous existons.
Elle ne releva pas le fait qu'il avait sciemment éluder sa question sur le racisme.
- Je suis persuadée qu'ils n'auraient plus la même approche aujourd'hui ! Eux ont évolués !
Il secoua la tête d'un air désabusé.
- Et pourquoi dénigrer les Nés-moldu ?
- Pour toute la conversation qu'on vient d'avoir Granger. Vous n'êtes pas digne d'être nommé « sorciers ».
Elle se senti nauséeuse, mais ne put lui répondre. Le professeur Vector venait de faire son apparition. Elle avait les larmes aux yeux devant tant d'injustice et d'incompréhension. Elle entra en classe, la boule au ventre et fit bien attention de se mettre loin de Malfoy. Elle l'avait assez vu pour la journée.
5 Aout 1998
Ginny l'avait séquestrée dès le lendemain. Elle avait débarquée aux alentours de neuf heures du matin, un plateau bien garnit, en modèle réduit, avec elle. Hermione d'abord à moitié réveillé s'était réjouie d'avance face au petit-déjeuner gargantuesque que lui avait préparée son amie. Elle déchanta bien vite, cependant, quand elle émergea et, avec elle, les questions de la rouquine.
- Bien Granger. Parlons peu mais parlons bien. Je veux savoir comment toi et Malfoy avez pu vous retrouver ensemble dans ces toilettes et ce qui s'y est passé.
Elle grinça des dents à l'appellation par son nom de famille. Mais, bien que n'étant pas totalement certaine d'être prête à répondre convenablement aux interrogations de la Weasley, elle savait qu'un débriefing sur les récents évènements ne pourrait que lui être profitable. Elle s'évertua donc à lui raconter, en détail, tout ce dont elle se souvenait – une grande partie restant flou. Après son monologue, Ginny resta silencieuse un moment. Elle fixait par la fenêtre un point invisible, les sourcils légèrement froncés.
- Que comptes tu faire ?
- Que veux tu dire ?
- Hermione… C'est cet avenir que tu vois ? Avec Ron, à élever le bébé de Malfoy ?
Elle se sentit perdue. Bien sur que non, ce n'était pas l'avenir qu'elle s'était imaginé. Elle ne s'était d'ailleurs pas imaginé d'avenir du tout à l'annonce de sa grossesse, deux mois plus tôt. Et avant la guerre ? Elle avait pu à un moment ou à un autre, entrevoir une vie de famille avec Ron. Avec Malfoy ? Jamais. Du moins pas un avenir stable avec les enfants dans le jardin, en train de rire. Peut être juste une poursuite de ce qu'ils avaient amorcés. Mais elle n'était pas stupide ou fleur bleue, elle avait su dès le départ que l'ancien Serpentard n'aurait jamais permit de mettre au grand jour leur idylle. Et maintenant ? Elle ne savait plus, elle était perdue. Elle sentit les larmes commencer à poindre et vit Ginny la regarder avec tristesse. Elle leur servit un thé au jasmin, avec juste une pointe de lait.
- J'aime Ron, déclara-t-elle finalement.
Ginny hocha la tête compréhensive en ajoutant une cuillerée de miel aux breuvages.
- Bien sûr. Mais l'aimes-tu d'amour, ou comme un frère ?
- Ce n'est pas un amour fraternel Ginny. Je l'ai aimé, sincèrement. Mais… Mais tu as raison, cette flamme s'est éteinte…
- Ça arrive.
- Oui… Je pensais pouvoir la rallumer, mais je ne vois pas l'ombre d'une étincelle.
Elle lui tendit une tasse qu'Hermione attrapa la main tremblante. Était-elle en train d'essayer de raviver un feu déjà mort ? Assurément. Elle soupira, vaincu.
- Je vais devoir avoir une discussion avec Ron…
- Oui. Mon frère va surement être un peu brusque avec toi mais t'inquiètes, je serais là pour lui mettre une branlée s'il te fait pleurer.
Ginny lui lança un clin d'œil qui ranima son sourire.
- Bon et Malfoy ?
- Quoi Malfoy ?
- Eh bien quand est ce que tu vas le voir pour lui annoncer qu'il va être papa ?
Hermione eut un hoquet scandalisé.
- Je ne vais pas aller le lui dire !
- Mais… Hermione ! Tu crois vraiment que personne ne se doutera de quoi que ce soit, en voyant apparaitre un enfant blond aux yeux gris ?
La future mère porta ses mains à son ventre, comme pour protéger le petit être qui y grandissait de toutes agressions extérieures.
- Déjà, rien ne dit qu'il sera blond ! Ensuite, je ne vois pas pourquoi je ferais ça. Crois-tu, Ginny, que Malfoy, en apprenant la nouvelle va se dire : oh chouette ! Laissons tomber ma fiancé sang pur et allons nous marier avec la Sang de Bourbe !
La mauvaise imitation de Malfoy tira un sourire à la rouquine qui tenta de le dissimuler dans ses cheveux.
- Avoue ce serait assez drôle.
Le début de de colère et désespoir d'Hermione retomba comme un soufflet. Ginny enchaina, dans une imitation du blond encore plus mauvaise.
- Et ce soir, allons diner avec la famille de traite à leur sang.
La scène s'imposa à Hermione qui hoqueta de rire, vite suivit par son amie. A la vérité, ce n'avait rien de drôle, c'était même plutôt le contraire, mais l'accumulation de ces derniers jours et le stress qu'ils avaient engendrés provoquèrent une hilarité qu'elle ne maitrisa pas, et qui lui fit un bien fou. Elles ne revinrent pas sur le cas Malfoy pour le moment. Elle allait déjà devoir avoir une conversation compliquée avec son actuel petit-ami. Elle devait prendre les choses en main et arrêté de se mentir à elle-même.
25 Octobre 1996
Elle l'avait ignoré toute la semaine. Ce ne fut pas bien difficile, cela dit. Malfoy semblait presque déserter le château, quand il n'arrivait pas en retard en cours. Ce qui expliqua qu'elle fut prise au dépourvu, quand au milieu du cour d'Atronomie, elle senti qu'on lui piquait les fesses, et que, en se retournant, elle découvrit Malfoy à moins d'un mètre d'elle, en train de lui désigner son postérieur. Son premier réflexe fut d'en rougir jusqu'à la racine des cheveux, mais en abaissant son regard, elle découvrit une petite souris en papier, qui s'évertuait à lui donner des petits coups de son museau pointu. Elle jeta un regard vers ses autres camarades, bien trop occupés à lorgner dans leurs télescopes. Elle prit délicatement la petite souris dans sa main. Le charme qu'on lui avait jeté disparu au contact de ses doigts et elle déplia le parchemin.
« Restes après. »
Elle se retourna imperceptiblement vers le blond et hocha la tête à la négative. Elle n'avait aucune envie de passer sa soirée avec un être pleins de préjugés comme lui. Elle ne vit pas sa réaction mais une nouvelle souris vint lui tapoter les fesses.
« S'il te plait »
Elle se mordilla la lèvre inférieure. Elle n'avait pas réellement envie de passer du temps avec Malfoy. Elle sortait toujours agacée, voir en colère de leurs altercations, mais en même temps, une petite voix ne pouvait s'empêcher de se questionner. Pourquoi revenait-il toujours à la charge ? La curiosité était un vilain défaut et, malheureusement pour elle, elle en était bourrée.
« Ok ».
Elle ne fut plus dérangée de tout le cours et quand celui-ci prit fin, elle bafouilla un mensonge aux garçons pour leur dire d'y aller sans elle, qu'elle les rejoindrait plus tard, à la salle commune. Ils la regardèrent avec scepticisme, mais finirent par partir devant. Elle fit bien exprès de ne pas se presser pour ranger ses affaires. Quand la professeure sortie à son tour de la Tour d'Astronomie, elle osa enfin un regard vers le seul garçon encore présent. Il s'approcha d'elle avec un énorme bouquin dans les mains, qu'il lui tendit. La couverture n'indiquait pas de titre. Elle lui jeta un regard interrogatif.
- Il appartient à ma mère, il parle des prénoms de la famille Black et de leur signification.
Elle le prit avec précaution. Bien qu'elle fît le lien avec leur dernière conversation dans ces lieux, elle ne comprit pas bien pourquoi il avait choisi de lui montrer ce livre. Il arborait un petit sourire un coin.
- Tu avais l'air de vouloir savoir ce que signifiait la constellation du dragon.
- Ce que tu peux être arrogant !
Il ricana, et fit mine de reprendre l'ouvrage.
- Je ne voudrais pas te priver d'une occasion d'assouvir ta curiosité, mais si ça ne t'intéresse pas…
Elle gonfla ses joues en signe d'énervement. Bien sur qu'elle voulait savoir. Elle hésita et voulu lui arracher son petit sourire victorieux quand elle s'empara du grimoire. Elle le feuilleta et fut éblouie par la qualité de la calligraphie et des dessins répertoriés. Elle fit défiler les pages. Quand elle tomba sur celle de Cassiopea, elle se stoppa, et en commença la lecture. Elle remarqua à peine le garçon qui se rapprochait dans son dos et n'eut aucune réaction quand il vint poser son menton sur son crâne, lisant en même temps qu'elle. La description de la constellation était étonnement complète. Quand sa lecture fut achevée, elle reprit conscience de son environnement et se mit à rougir furieusement. Elle ne dit rien cependant, et se contenta de s'éloigner avant de rendre le somptueux ouvrage à Malfoy.
- Gardes le pour le moment Granger.
- Pourquoi ?
Il haussa les épaules et tendit une main vers elle. Elle eut un mouvement de recul et il hésita avant de venir replacer une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
- Bonne nuit Granger.
Elle ne rentra pas tout de suite. Figée dans ses pensées.
