Chapitre 5 :

Aurora et Rudolph se téléportèrent en Laponie, à quelques mètres de la maison de sa famille. Il faisait nuit et ils étaient seuls dans les environs. La jeune femme avançait lentement en direction de celle-ci, silencieuse et pensive, ce qu'avait constaté le renne.

« Pourquoi es tu nerveuse ?, la questionna-t-il.

-Je ne suis pas nerveuse, pas du tout, le contredit-elle.

-Rora je te connais depuis des années, alors ne me mens pas, lui rappela-t-il.

-C'est juste que j'ai un peu peur que ma famille ne l'aime pas ou bien que lui ne se plaise pas ici, ou qu'il regrette sa vie à la Nouvelle-Orléans ou... énuméra-t-elle.

-Stop, il est amoureux de toi, et il a envie d'être avec toi, alors cesse de chercher des raisons pour lesquelles cela ne fonctionnerait pas entre vous. Il l'a dit lui-même votre histoire n'est pas commune, je suis certain que tout ira bien et que vous serez ensemble pour longtemps. Après tout tu es la fille du père Noël, comment pourrait-il trouver mieux que toi !, affirma-t-il

-Merci Rudy, je ne sais pas ce que je ferais sans toi, lui dit-elle en le caressant.

-Tu te morfondrais et tu pleurerais sur ton sort, supposa-t-il en riant.

-Même pas vrai, rétorqua-t-elle vexée.

-Si tu le dis, répondit-il toujours en riant.

Ils se rapprochaient de plus en plus de la maison et heureusement pour l'humaine ils n'avaient toujours croisé personne.

-Ça va aller, n'est-ce pas ?, demanda-t-elle incertaine.

-Aurora, fais-moi confiance, tout ira bien, promit-il en frottant son museau contre elle. »

Elle lui fit un mince sourire et soupira une dernière fois avant d'ouvrir la porte de la maison.

« C'est nous !, annonça-t-elle en entrant..

-Nous sommes dans le salon, l'informa son père.

Elle et son animal s'y rendirent et comme elle y s'attendait ils buvaient leur boisson du soir, son père avait un verre de vin chaud, sa mère un thé à la camomille, son frère un café avec un peu de crème, et son chocolat chaud avec de la chantilly avait été disposée sur la table devant sa place habituelle. Elle s'y installa après avoir embrassé les trois membres de sa famille. Le renne s'allongea à côté d'elle.

-Nous commencions à nous faire du soucis, dit Tristan.

-Tu veux dire que tu commençais à te faire du soucis, le corrigea leur mère, moi je n'étais pas inquiète, ta sœur est une grande fille et puis Rudolph était avec elle, je savais qu'en cas de problème il serait là pour lui venir en aide.

-D'accord, d'accord si tu veux maman, j'étais inquiet pour elle, mais je n'y peux rien je suis son grand frère c'est dans ma nature de vouloir la protéger, se défendit-il.

-Oh comme tu es mignon Tris, mais je n'ai plus cinq ans je peux me débrouiller toute seule, affirma-t-elle en embrassant son aîné sur la joue.

-J'ai des doutes, répondit-il taquin.

-Au fait Aurora pourquoi étais-tu en retard ?, la questionna son père curieux.

Le sourire sur le visage de la jeune femme mourut à l'instant ou il lui posa cette question, le moment qu'elle avait tant redouté était arrivé, son anxiété était de retour. Elle ne savait pas comment ils allaient réagir, et s'ils allaient accepter que Lucien, un simple humain, avec lequel elle n'était que depuis aujourd'hui mais qu'elle aimait depuis longtemps, vienne vivre ici pour toujours.

-Aurora, tu vas bien ?, l'interrogea son père.

-Je...

-Aurora mon ange, dis-nous ce qu'il se passe, la pressa sa mère.

Elle sentit la main de Tristan se glisser dans la sienne en signe de soutien et de réconfort. Elle ne pouvait plus reculer,elle n'allait pas leur mentir, elle était donc coincée.

-Je...Je sors avec un garçon, finit-elle par avouer.

-C'est merveilleux chérie, qui est-ce ?, lui demanda la mère Noël.

-Lucien Castle, murmura-t-elle.

-Lucien Castle, ce nom ne me dit rien, est-ce un nouvel habitant de la région ?, se renseigna son père.

-Pas exactement, c'est...c'est...c'est...un...un...mortel, précisa-t-elle.

-Un mortel !, s'exclama son frère choqué.

Les mortels étaient les gens qui ne vivaient pas en Laponie, les habitants de la région qui n'étaient pas immortels étaient eux qualifiés d'éphémères.

-Tu plaisantes Rory ?, reprit son aîné.

-Non, répondit-elle fermement.

Elle ne connaissait que trop bien son frère, il fallait qu'elle soit sûre d'elle afin qu'il ne puisse pas prendre l'ascendant sur elle et la convaincre de renoncer à Lucien. Il ne gagnerait pas cette fois-ci.

-Tu ne nous as jamais parlé de ce garçon, est-ce que cela fait longtemps que tu le fréquentes ?, demanda sa mère.

-Nous ne sommes en couple que depuis aujourd'hui mais je suis amoureuse de lui depuis vingt ans, lui répondit-elle.

-Depuis vingt ans ?, s'étonna le patriarche de la famille.

-Rudolph et moi lui avons sauvé la vie à son père et à lui le soir de Noël, il était perdu dans la forêt et son papa était en train de mourir de froid. Je n'ai jamais arrêté de penser à lui depuis cette nuit-là, leur révéla-t-elle les yeux dans le vague.

-Et quand est-ce qu'on le rencontre ton prince charmant ?, voulut-savoir Tristan d'un ton dédaigneux.

-Tristan !, le réprimanda la mère Noël n'appréciant pas le manque de respect de son fils vis à vis de sa sœur.

Celui-ci s'excusa faiblement avant de se taire. Il s'obstina à regarder droit de devant lui et à faire comme si Aurora n'était pas là. Cela blessa la concernée, le blond était trop protecteur envers elle, elle avait le droit de vivre et de tomber amoureuse que ça lui plaise ou non.

-Je l'ai invité à venir demain soir, déclara-t-elle timidement.

Un long silence succéda à cette annonce, et Aurora ne savait pas comment l'interpréter, c'était peut-être trop précipité, et cela faisait beaucoup de choses à digérer pour sa famille... Son animal de compagnie n'aimait pas l'ambiance qui régnait dans la pièce, et il se décida à intervenir afin de changer cela.

-Lucien est quelqu'un de bien, il a cœur pur et sincère, ses intentions envers Aurora sont nobles, il est amoureux d'elle depuis aussi longtemps qu'elle l'est de lui. Vous pouvez lui faire confiance, la seule chose qu'il désire c'est d'être avec elle, affirma-t-il.

-Tu as sondé son cœur à ce que je vois, commenta le plus âgé des deux hommes en éclatant de rire, très bien alors si tu me certifies que ce jeune homme est une gentille personne alors je ne vois aucune raison pour ne pas le recevoir, accepta-t-il en souriant.

-Oh merci papa je t'adore !, s'écria sa fille en se levant et en allant le prendre dans ses bras. »

La mère Noël sourit à son tour rassurée par la tournure des événements, sa cadette semblait heureuse, non elle ne semblait pas heureuse, elle l'était, et cela faisait plaisir à voir. Lucien Castle, c'était donc lui le secret qu'Aurora gardait depuis des années, celui qui avait été la raison des longues rêveries de la jeune femme. Seul Tristan était grognon et elle se doutait qu'il ne ferait pas un accueil chaleureux à cet étranger à qui sa sœur avait offert son cœur mais elle était convaincue que cela finirait par passer.