Chapitre 6 :

Lucien attendait chez lui qu'Aurora vienne le chercher pour le conduire en Laponie. Chaque fois qu'il y pensait il trouvait cela bizarre voire surréaliste mais pourtant la fille dont il était amoureux était bel et bien dotée de pouvoirs magiques, avait bel et bien un renne magique comme animal de compagnie, et était bel et bien la fille du père Noël. Alors qu'il était installé dans le canapé du salon il vit soudain celle qu'il attendait apparaître dans la pièce. Elle jeta des petits coups d'œil rapides autour d'elle et fut soulagée lorsqu'elle tomba sur lui.

« Bonsoir Lucien, je suis contente que ce soit toi, j'avais peur de m'être trompée d'adresse, avoua-t-elle en souriant.

-Bonsoir à toi aussi, je croyais que tu sonnerais à ma porte, je ne m'imaginais pas que tu te téléporterais dans mon salon, répondit-il en se levant.

-Pour être franche c'était ce qui était prévu mais je ne suis pas encore totalement au point sur mes téléportations, lui expliqua-t-elle.

-Au moins tu es arrivé chez moi, dit-il heureux qu'elle soit arrivée dans la bonne maison.

-Oui tu as raison, tes voisins auraient peut-être eu peur de me découvrir chez eux, réalisa-t-elle.

-Tu m'avais manqué, dit-il en la prenant dans ses bras.

-Toi aussi, répondit-elle en l'enlaçant à son veux toujours rencontrer ma famille ?

-Bien évidemment, enfin s'ils sont d'accord, affirma-t-il.

-Mes parents ont hâte de faire ta connaissance, mon frère ne va pas te faire un accueil chaleureux il va même tout faire pour que tu comprennes que tu n'as rien à faire là, mais tu n'as rien à craindre, si tu restes toi même il finira par t'apprécier. Tristan est comme un iceberg, il est froid en apparence mais tout au fond il est très gentil, promit-elle.

-D'accord, je ferais tout pour lui prouver que je ne veux que le bonheur de sa petite sœur, déclara-t-il avant de l'embrasser.

Elle se détacha de son étreinte et se recula de quelques pas afin de mieux l'observer. Elle le détailla des pieds à la tête et à la fin de son examen esquissa une petite moue.

-Lucien tu es bien habillé mais malheureusement cela ne suffira pas pour te protéger du froid de mon pays, signala-t-elle.

-Je vais me changer, si tu veux tu peux te servir quelque chose à boire ou à manger dans la cuisine, indiqua-t-il en montrant une pièce du doigt.

-Merci beaucoup.

Il quitta les lieux et se dirigea à l'étage supérieur afin de se vêtir d'une tenue plus appropriée pour un climat comme celui de la Laponie. La jeune fille en profita pour faire le tour du propriétaire. Elle se rapprocha de la cheminée et admira les cadres contenant des photographies qui avaient été déposées au-dessus de celle-ci. Il s'agissait de photos de famille sur lesquelles elle pouvait voir Lucien en compagnie d'un homme qu'elle reconnue comme monsieur Castle, et une femme ravissante qui souriait sur chacune des photos. Aurora se mit à sourire rien qu'en la regardant. Lucien ressemblait beaucoup à son père, mais avait hérité du sourire de celle qu'elle supposait être sa mère. Elle visita chacune des pièces du rez-de-chaussée et admirait le jardin situé derrière la maison lorsqu'elle entendit son amoureux descendre les marches.

-Est-ce que cela conviendrait mieux ?, demanda-t-il lorsqu'elle se plaça devant lui.

Elle l'examina à nouveau et hocha vivement la tête en signe d'approbation, ainsi il était paré pour les températures plus que basses de la Laponie.

-Nous allons pouvoir y aller, tu es prêt ?

-Deux petites minutes, laisse-moi prendre les cadeaux que j'ai acheté pour tes parents, je ne savais pas trop quoi offrir à Tristan, dit-il en se rendant à la cuisine.

-Tu as des présents pour mes parents, tu es trop chou, c'est tellement attentionné de ta part, commenta-t-elle touchée.

-Non c'est normal, ils ont la gentillesse de m'inviter chez eux et ils ne s'opposent pas au fait que je fréquente leur fille...Enfin pas encore, plaisanta-t-il.

-Mes parents sont les plus fantastiques du monde tu vas voir, mais je dis peut-être ça parce que je suis leur fille, affirma-t-elle. »

Il prit les paquets qui étaient dans un panier sur la table de la cuisine, et la rejoignit dans le salon avec sa main libre il prit celle qu'elle lui tendait, et il se sentit quitter la pièce dans une douce lumière chaude.

« Bienvenue chez moi, l'entendit-il lui annoncer.

Sa vision redevint claire et il constata que le décor changé, et qu'ils se trouvaient tous les deux à quelques mètres d'une maison, un chalet en bois, dans un décor entièrement composé de neige. A quelques pas sur la droite se situait un autre bâtiment plus grand, et c'était également le cas sur la gauche, mais ce bâtiment-ci était le plus grand des trois. Devant la maison se tenaient trois êtres humains, deux hommes et une femme, ainsi qu'un renne qui se précipita vers eux lorsqu'il les vit.

-Lucien content de te revoir, comment vas-tu depuis hier ?, lui demanda l'animal.

Le brun cligna plusieurs fois des yeux et ouvrit plusieurs fois la bouche sans prononcer le moindre mot ou le moindre son, il se tourna vers la petite rousse qui souriait en le voyant réagir de cette façon.

-Rudolph est un renne magique, il a allumé notre route, réchauffé ton père, il s'est transformé en animal, et le fait qu'il parle te surprend, se moqua-t-elle.

-Un peu quand même, ce n'est pas tous les jours qu'une créature que tu as caressé s'adresse à toi comme si cela était normal, lui fit-il remarquer.

-En fait si tu veux tout savoir je te parle depuis le premier soir où nous nous sommes rencontrés, mais les humains qui ne possèdent pas de pouvoirs ou qui ne sont pas dans une zone magique comme ici, ne me comprennent pas, raconta le meilleur ami d'Aurora.

-Tu viens Lucien, je vais te présenter officiellement à ma famille !, s'exclama sa petite-amie en l'entraînant vers la maison.

Ils marchèrent jusqu'au trio d'humains, le père Noël et la mère Noël lui souriaient portaient sur lui un regard bienveillant, mais ce n'était pas le cas de leur fils. Tristan n'était clairement pas enchanté qu'il soit là, et n'avait visiblement pas envie de devoir endurer sa présence chez eux.

-Lucien voici mon père et ma mère monsieur et madame de Martel, et mon frère aîné Tristan. Papa, maman, Tris, voici Lucien Castle mon petit-ami, présenta-t-elle.

-Bonsoir, je suis ravi de faire votre connaissance, les salua-t-il respectueusement.

-Nous aussi, même si nous n'avons entendu parler de vous que depuis hier, lui dit le patriarche de la famille en lui serrant la main.

-Nous pouvons peut-être nous tutoyer et nous faire la bise qu'en pensez-vous, après tout vous êtes presque de la famille maintenant ?, proposa madame de Martel.

-Euh...oui...si vous voulez...enfin je voulais dire si tu veux, accepta-t-il un peu étonné d'être si vite accepté.

Le dernier des de Martel le fixait d'un air glacial, et le banquier eut froid pour la première fois depuis son arrivé ici. Le blond lui serra brièvement la main sans lui adresser la moindre parole. Le brun ne s'en formalisa pas, il leur faudrait un peu de temps pour s'apprivoiser et il l'espérait être amis.

-Bon et bien nous n'allons pas rester plantés ici toute la soirée, vous devez avoir faim, rentrons manger, devant les plats bien chauds qu'a préparé ma femme nous pourrions mieux discuter, annonça le plus âgé des hommes.

-Excellente idée papa !, approuva sa fille.

Les trois de Martel, sauf elle, pénétrèrent dans la maison, Aurora se tourna vers lui afin de lui parler.

-Cela s'est très bien passé, même mieux que ce que je m'étais imaginée, j'avais peur que mon frère soit blessant.

-Je trouve aussi, je suis tout de même un peu nerveux à l'idée de dîner avec ta famille, en général cela n'est pas aussi rapide chez nous, les gens normaux, confia-t-il.

-Bienvenue dans la famille la moins normale au monde, lui répondit le renne en entrant à son tour par la porte qui s'ouvrit magiquement.

-Tout ira bien, je suis là, et si tu m'adores autant que je t'adore alors ils ne pourront faire autrement que t'adorer, le rassura-t-elle en l'embrassant. »

Ils franchirent à leur tour la porte qui marquerait un tournant important dans leur relation. Il savait que s'il n'était pas à la hauteur (surtout pour Tristan), il pourrait dire adieu à Aurora, et il était hors de question qu'il la perde.