Chapitre 7 :

La maison était très joliment décorée, et elle ressemblait un peu à ce qu'il s'était imaginé, en un peu plus grande et avec un renne qui se promenait librement à l'intérieur en plus. Le repas était délicieux et les parents de sa chérie étaient charmants, seul l'aîné de sa belle était distant mais Lucien ne s'en formalisait pas, Tristan était simplement protecteur et n'appréciait pas l'idée qu'un étranger, mortel de surcroît, puisse faire du mal à sa petite sœur. Le brun n'en avait aucunement l'intention, mais il faudrait du temps pour que l'autre garçon le réalise.

Lucien n'arrivait pas à croire qu'il mangeait à la table du Père Noël et de sa famille, c'était si incroyable et presque surréaliste, et si cela ne faisait pas vingt ans qu'il savait que le célèbre Père Noël existait, il aurait crû qu'il rêvait.

« Au fait Lucien que fais-tu dans la vie ?, se renseigna le père Noël.

-Je suis banquier à la Nouvelle-Orléans, répondit-il.

-Banquier et cela te plaît ?, lui demanda la mère Noël.

-Honnêtement pas vraiment, j'ai surtout choisi ce métier pour aider financièrement mon père, avoua-t-il.

-Quelle noble intention vous devez vraiment l'aimer, supposa la plus âgée des deux femmes.

-Je l'aimais beaucoup oui, il est décédé il y a deux ans de cela.

-Nous sommes désolés, même si nous ne le connaissions pas permettez- nous de vous présenter nos condoléances, lui dit monsieur de Martel.

-Je vous remercie.

-Et votre mère comment le vit-elle ?, lui demanda madame de Martel.

-Elle est morte lorsque j'avais cinq ans, répondit-il.

-Décidément vous n'en manquez pas une, commenta Tristan.

-C'est de ma faute, j'aurais dû vous prévenir que Lucien n'avait plus ses parents, intervint Aurora terriblement gênée.

-C'est ce qui arrive lorsqu'on précipite les choses, répliqua le blond d'un ton supérieur.

Sa cadette le foudroya du regard et si son chéri n'avait pas été présent elle n'aurait pas hésité à lui lancer un sort.

-Tu n'y es pour rien Aurora, ce n'est pas grave, je suis là ce soir et je suis heureux et c'est ce qu'ils auraient souhaité pour moi, assura-t-il.

-Merci mon chéri, mais j'aurais tout de même dû y penser, déclara-t-elle.

-Vous avez sûrement raison, et sachez qu'à partir d'aujourd'hui vous faites parti de notre famille, affirma le patriarche en lui souriant.

-Je vous remercie, cela me touche profondément, je ne sais pas quoi vous dire.

-Tu n'es pas content Tris tu viens de gagner un petit frère, le taquina la rousse.

-Je suis fou de joie, répliqua-t-il sarcastique. »

Le reste de repas se déroula dans la bonne humeur et lorsqu'il commença à se faire tard Aurora indiqua à son amoureux qu'elle allait lui montrer sa chambre.

« Je vais dormir ici ?, demanda-t-il étonné.

-Pour cette nuit oui, il fait déjà très sombre et j'ai également peur que tu ne supportes pas deux téléportations le même jour, lui expliqua-t-elle en montant les escaliers qui conduisaient à l'étage supérieur.

-Pourquoi cela pourrait être dangereux ?, s'inquiéta-t-il.

-Non ni grave ni mortel mais tu pourrais te sentir un peu en décalage avec le reste du monde ou avoir la vision un peu trouble...En fait je te dis ça mais je n'en sais rien je n'ai jamais voyagé avec un humain, lui révéla-t-elle.

-Alors il vaut peut-être mieux ne pas tenter l'expérience, surtout si je me fis à ta précision exceptionnelle dans ce domaine, plaisanta-t-il.

-Le pire c'est que je ne peux pas t'en vouloir car c'est la vérité, après une bonne nuit de sommeil et un bon petit-déjeuner les risques que je me trompe sont plus faibles, confirma-t-elle.

Ils avançaient dans le couloir lorsqu'elle s'arrêta devant une porte qu'elle ouvrit et lorsqu'elle se tourna vers lui il comprit que c'était sa chambre pour ce soir.

-J'espère qu'elle te conviendra c'est moi qui ai choisi la décoration.

-Elle est parfaite, tout comme le reste de la maison, merci beaucoup, je sens que je vais dormir comme un bébé, indiqua-t-il.

-C'est le but, je sais que tu travailles demain, il faut donc que tu récupères de toutes tes émotions, à quelle heure dois-je venir te réveiller ?

-Tu n'es pas obligée, toi aussi il faut que tu te reposes, répondit-il.

-Ne t'en fais pas pour moi si je suis fatiguée je ferais une sieste dans l'après-midi, la période de Noël vient de se terminer, j'ai donc une longue période de vacances, le rassura-t-elle, alors à quelle heure ?, répéta-t-elle.

-Je dois être à la banque à huit heure, alors disons sept heure si cela n'est pas trop tôt pour toi ?

-Pas de soucis, je viendrai frapper à ta porte à sept heure pile tu peux compter sur moi, promit-elle.

-Merci Rora, tu es adorable, la remercia-t-il en l'embrassant.

-Je fais simplement ce qui est normal, le contredit-elle en lui rendant son baiser. »

Elle s'en alla ensuite afin qu'il ne tarde pas à se mettre au lit et qu'il profite de chaque minute de sommeil. Il se referma la porte, se rendit jusqu'au lit, se déshabilla et enfila le pyjama aux couleurs de Noël et à sa taille ( elle avait probablement usé de sa magie pour cela) qui était déplié. Il s'allongea ensuite sous les couvertures et ne tarda pas à fermer les yeux.

Le lendemain matin, comme elle l'avait promis, elle vint toquer à sa porte à sept heure précise. Il se leva difficilement, ce lit était si douillet et si confortable que c'était une véritable torture que de le quitter.

« J'arrive Aurora, je m'habille, j'en ai pour cinq minutes, lui cria-t-il.

-D'accord mon chéri, je t'attends, prends ton temps je ne suis pas pressée, lui répondit-elle.

Il se dépêcha car il ne désirait pas la faire patienter longtemps, et la rejoignit rapidement dans le couloir.

-Bonjour ma beauté, lui chuchota-t-il avant de tendrement l'embrasser.

-Bonjour à toi aussi beau brun, lui répondit-elle en l'enlaçant, alors comment s'est déroulée cette première nuit chez le Père Noël ?

-Merveilleuse, je n'ai jamais aussi bien dormi de ma vie, affirma-t-il toujours dans ses bras.

-Parfait c'est que je voulais entendre, et maintenant il est l'heure du petit-déjeuner qui tu vas le constater par toi-même est tout sauf léger, l'informa-t-elle en riant.

Elle s'éloigna de lui et ils refirent le même chemin que la veille mais dans le sens inverse. Elle le mena jusqu'à une véranda où trônait un repas qui aurait pu nourrir une bonne trentaine de personnes ayant un fort appétit.

-Ah oui tu ne plaisantais pas quand tu disais que le premier repas de la journée était tout sauf léger, en même temps j'aurais dû m'en douter vu le dîner auquel j'ai assisté hier. Tu comptes m'engraisser et me manger au prochain Noël.

-En réalité on comptait te dévorer pour le jour du Nouvel An mais il semblerait que ce soit un peu juste alors oui le Noël de l'année prochaine est une meilleure option, confirma-t-elle sur le ton de la blague.

-Sérieusement mon cœur je ne vais jamais pouvoir avaler tout ça, signala-t-il.

-Entre nous ça me rassure un peu, j'ignorais ce que tu prenais le matin alors je me suis levée tôt et j'ai préparé tout cela, avec un soupçon d'aide de ma magie, avoua-t-elle.

-Il ne fallait pas te donner autant de mal pour moi, une simple tasse de café m'aurait convenu, tu n'aurais pas dû te priver de temps de sommeil, dit-il se sentant coupable.

-Je l'ai fait parce que ça me faisait plaisir, j'ai le droit de vouloir rendre heureux mon petit-ami, lui fit-elle remarquer.

Elle afficha une mine triste après cela, et il se traita d'idiot, il était le premier garçon qu'elle fréquentait, elle était attentionnée avec lui c'était normal et lui il lui faisait des reproches qu'elle crétin.

-Pardon, je ne voulais pas te faire de la peine, c'est juste que j'ai l'impression de compliquer ta vie depuis que nous nous sommes rencontrés, tu as dû m'aider à retrouver mon chemin, tu as sauvé mon père, tu m'héberges pour la nuit, tu me prépares mon petit-déjeuner…

-Lucien tu ne compliques pas ma vie, tu la rends encore plus excitante qu'elle ne l'était déjà et crois-moi quand on est la fille du Père Noël ce n'est pas une chose facile, et tu me combles de joie alors profite juste de ce que je fais pour toi et ne te soucies pas du reste, lui demanda-t-elle en l'embrassant dans le cou.

-Ça sonne un peu comme une phrase de sugar mommy, rit-il.

-Une maman sucrée, qu'est-ce que c'est ?, lui demanda-t-elle curieuse.

-C'est pareil qu'un sugar daddy mais en version féminine...Tu ignores également ce qu'est un sugar daddy comprit-il en remarquant son expression.

Elle hocha positivement la tête, le regard curieux impatiente de découvrir quelque chose de nouveau.

-Tu vis vraiment à candyland mon trésor, un sugar daddy ou une sugar mommy est une personne d'un certaine âge, pas forcément un papy ou une mamie mais d'au moins la quarantaine je dirais, qui le plus souvent en échange de faveurs sexuelles satisfait tous les besoins d'une personne plus jeune qui est son baby mais qui elle est aussi est adulte, expliqua-t-il.

-Je suis une arriérée complète, soupira-t-elle en rougissant.

-Non, ne dis pas ça, tu es innocente mais je trouve que cela te va bien, et puis tu es unique et ça c'est mille fois mieux que des connaissances dans le domaine du sexe, la complimenta-t-il en lui caressant les cheveux.

-Merci d'être patient avec moi.

-Rien de plus normal quand on aime !, s'exclama-t-il. »

Ils s'installèrent à table l'un à côté de l'autre pour profiter du magnifique paysage de montagne enneigée qui s'offrait à eux.