Voici la suite, chap assez court parce que j'ai préféré poster assez rapidement, tant que j'ai pas mal de temps. Les suivants seront plus longs^^ Là je voulais terminer de poser le contexte assez sombre de l'histoire. En espérant que cela vous plaise^^
Lexa mit un certain temps à s'éveiller, ses yeux papillonnant difficilement, s'habituant peu à peu à la forte luminosité. Prenant son temps, elle voulut se redresser avant de sentir un poids sur son bras. En effet, ce dernier était relié à un moniteur et elle comprit alors où elle se trouvait. Elle n'avait aucun souvenir de la façon dont elle avait atterri ici et aurait préféré ne pas se réveiller du tout que de se retrouver une nouvelle allongée sur un lit d'hôpital. Ayant l'intention de se débrancher pour repartir, une voix paniquée l'en empêcha. Elle se retrouva alors face à un infirmier qui la força à se rallonger. Elle se débattit un instant mais, encore trop faible, se retrouva vite écrasée sous le poids de cet intrus qu'elle incendia alors. Il lui affirma être venu changer ses pansements et qu'elle devait rester tranquille. Tranquille ? Elle ? La porte se rouvrit alors et la brune leva les yeux au ciel en apercevant la nouvelle arrivante avant de croiser les bras, montrant clairement son désintérêt face à cette situation, burlesque vu de l'extérieur. L'infirmier, comme pris en faute, partit aussi vite qu'il était venu et Lexa n'adressa pas un regard à la chirurgienne qui s'approcha d'elle pour relever les informations qu'affichaient le moniteur. Cependant, le silence devint rapidement gênant et la patiente finit par le rompre, étonnée que ce soit elle encore qui soit à ses côtés à son réveil. D'une voix neutre, elle demanda donc:
-C'est encore vous mon médecin madame Griffin ?
La réponse ne tarda pas, la faisant hausser des épaules, nonchalante. Elle se fichait du rôle de cette femme à l'hôpital. Elle se fichait de l'inquiétude qui couvrait ses traits lorsqu'elle regardait celle qui avait pratiquement l'âge de sa fille. Elle était simplement curieuse. Pourquoi venait-elle toujours à son chevet? N'y avait-il dont pas assez de patients à s'occuper pour qu'elle vienne toujours la voir ? Sentant le regard de son aîné sur elle, Lexa finit par lever les yeux vers elle et sut qu'elle allait devoir participer à une conversation qu'elle préférait éviter. Cela ne manqua pas...
-Il faut qu'on parle Lexa...
La jeune brune aux yeux émeraudes soupira alors mais ne quitta pas ce duel de regard qui venait de prendre place. Si la médecin voulait parler, elle allait être servie...
La veille
-Qu'est-ce que tu fous Anya arrête !
Lexa venait de rentrer chez elle et trouvait sa cousine en train de vider chacune de ses bouteilles dans l'évier. Ce liquide qui lui était si précieux se perdant dans le siphon de sa cuisine, la brune crut défaillir. Elle hurla alors les pires insultes possibles, venant bousculer violemment sa cousine qui la maîtrisa aisément. La brune était saoule et ses gestes n'étaient plus assez précis, son équilibre était précaire et elle s'écroula donc au sol, pleurant de rage.
-Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ?
-Je te rends service Lexa. Ça ne peut plus durer !
Lexa se débattit un instant au sol, hurlant comme une démente avant d'échapper à l'étreinte de celle qui venait de la trahir. Les yeux embuées de larmes, elle s'échappa de cette baraque. S'échappa de cette vie qu'elle ne désirait plus. Claquant la porte, elle monta sur sa moto rapidement avant de démarrer, plaçant son casque alors que son engin prenait de la vitesse, échappant à Anya qui courrait derrière elle. Le bruit du moteur l'empêcha d'entendre ce que cette dernière avait à lui dire. Sur le moment, elle s'en fichait. Elle se sentait oppressée. Si oppressée qu'il en devenait difficile pour elle de seulement respirer. Elle hurlait encore, comme pour prouver qu'elle existait toujours. Elle hurlait si fort que sa voix s'en brisa, se transformant en un râle qui n'avait plus rien d'humain que celle qui l'échappait. Humaine. L'était-elle toujours ? Quand une âme était brisée jusqu'à ce qu'il n'en reste rien, l'enveloppe charnelle pouvait-elle toujours être considérée comme humaine ? La brune s'arrêta alors, au bord de la route, ôtant rageusement son casque avant d'essuyer ses larmes. Elle n'en pouvait plus. Elles avaient depuis des années bien trop souvent coulées. Elle ne pouvait plus supporter de les sentir rouler le long de ses joues comme elle ne pouvait plus supporter ces cauchemars qui l'éveillaient chaque nuit. Elle ne pouvait plus supporter les regards qu'on lui adressait, les excuses que l'on soufflait dans son dos, les gestes qui se voulaient réconfortant mais qui la tuaient plus qu'elle ne le montrait. Elle en avait assez de souffrir sans qu'aucune lumière ne naisse à l'horizon. Assez de vivre dans l'obscurité sans jamais la gagner pour l'éternité. Elle n'était rien. Plus rien d'autre qu'un corps évoluant sans but dans un monde qui l'avait maudite. Dans un monde où régnait l'injustice. Dans un monde qui l'avait trahi. Si un dieu il devait y avoir, Lexa le haïssait du plus profond de son cœur. Elle le haïssait de lui avoir enlevé ce qui faisait jusqu'alors battre son coeur. Pourquoi s'être acharnée ainsi sur elle ? Elle s'était toujours montrée bienveillante, mature bien avant l'âge, et elle avait toujours fait en sorte que les choses aillent en s'arrangeant. Mais qui avait-il aujourd'hui à arranger ? Plus rien. Il ne lui restait rien. Rien que l'alcool pour oublier. Rien que les drogues dures pour s'échapper. Rien que l'adrénaline coulant à flot dans ses veines pour se sentir voler. Ce fut ainsi qu'elle remit son casque, démarrant au quart de tour pour s'approcher au plus près des étoiles. Puis ce fut le noir complet. Au final, elle s'était approchée plus près des étoiles qu'elle ne l'aurait pensé...
Présent
-De quoi vous voulez parler ? Du fait que j'ai dû me ramasser en moto ? Je ne m'en souviens pas. J'avais bu. Je suis tombée. Heureusement je suis en vie. Youpi. Je peux y aller maintenant?
Lexa affirma nonchalamment, l'oeil noir. Ses bras se trouvaient toujours croisés, son corps plus crispé qu'habituellement, dans une position défensive qu'elle ne parvenait à maîtriser. Elle le masquait. Le reniait. Mais le ressentait pourtant. Une certaine peur. Peur que cette femme puisse lire en elle comme personne ne l'avait su jusqu'alors. Elle se retrouvait faible face à ce regard inquisiteur. Alors elle attaquait. Avec les mots. Avec son regard. Pour se protéger. Que pouvait-elle faire de plus ? Abby, elle, se contenta de secouer la tête à ces mots, ne paraissant pas touchée par les étincelles brillant dans les yeux de sa patiente. Sans un mot, elle changea les pansements de Lexa un à un, sans rencontrer aucune résistance de la part de la brune. Une fois qu'elle nettoya la dernière plaie avant d'y apposer un nouveau bandage, la chirurgienne croisa à son tour les bras, venant fixer la jeune femme en haussant un sourcil, patientant.
-Que voulez-vous de plus ? Que je vous dise à quel point ma vie est merdique ? Que je suis une alcoolique ? Une toxico aussi sans doute ? Qu'on devrait sans doute me retirer mon permis ?
Les lèvres de l'accidentée s'étirèrent en un sourire narquois, se montrant à la limite de l'insolence alors même qu'elle sentait que la chirurgienne essayait seulement de l'aider. Mais elle refusait tout aide. Elle rejetait violemment chaque main qui pouvait lui être tendue. Elle savait que la chute n'en serait que plus douloureuse. Elle préférait conserver les dernières parcelles de son cœur dans la solitude que risquer de les offrir et les perdre pour toujours. Contre toute attente, Abby s'approcha plus encore jusqu'à poser sa main sur le bras de la patiente. Calme, un sourire bienveillant sur le visage, elle affirma alors :
-Je comprends ce que tu vis. Mais n'as-tu aucune envie de t'en sortir ? Jusqu'où vas-tu aller ? Jusqu'à te tuer ? Il arrivera qu'un jour je ne puisse te sauver et tu le sais. Au fond tu le sais...
Le doute plana alors que la brune sentait son corps chanceler. Pourtant allongée, elle se sentait comme à deux doigts de tomber. Secouant la tête, elle se reprit pourtant. Faible. Elle ne pouvait se montrer ainsi faible. D'un geste plus violent qu'elle ne l'aurait voulu, elle arracha la main de la chirurgienne de son bras avant de hurler :
-Non ! Vous ne me comprenez pas. Vous pouvez ôter ce sourire niais de votre visage. Il sonne faux. Vous pensez tout savoir parce qu'on vous appelle docteur mais vous ne savez rien. Contentez-vous de sauver des vies et mêlez-vous de ce qui vous regarde !
La chirurgienne parut alors blessée de ces paroles et se redressa, son visage s'assombrissant alors. Lexa en ressentit une certaine peine. Peine qu'elle n'aurait pas dû ressentir. Peine qu'elle ne devait pas montrer. Ainsi elle détourna le regard, fixant le mur opposé en retenant quelques larmes de couler. On toqua alors à la porte et une voix s'éleva, qu'elle reconnut sans mal:
-Je ne dérange pas?
-Non non. Entrez entrez ! Votre cousine s'en sort miraculeusement bien. Un peu de repos et elle pourra sortir. Sur ce, je vous laisse.
Sur ces mots, Lexa put entendre la chirurgienne quitter la pièce et elle soupira. Elle avait été réellement irrespectueuse envers la femme à qui elle devait une nouvelle fois la vie. Restant un long moment dos à sa cousine, perdue dans ses pensées, elle finit par se retourner. Avant que Anya ne puisse ouvrir la bouche, la brune prit la parole :
-Je suis désolée Anya. Pour ce que j'ai dit hier et pour l'accident. Mais putain. Pourquoi ? Merde tu sais que j'en ai besoin ! Tu peux pas débarquer chez moi et me priver de ça !
-Parce que j'en ai marre de te voir te détruire jour après jour sans être capable de t'aider. Tu as besoin d'aide Lexa. Sinon tu vas suivre le même chemin que ta...
-Ne finis pas cette phrase Anya !
Lexa la coupa avec véhémence, son corps se redressant vivement. Elle ignora la douleur que ce mouvement lui causa, la colère prenant part de son être. La haine brillant dans son regard, elle continua :
-Ne t'aventure pas sur ce terrain. Tu n'as pas le droit ! Et je n'ai pas besoin d'aide. Ni de la tienne. Ni de personne. Je m'en sors très bien comme ça et si ça ne te convient pas, tu sais où est la porte.
Anya soupira alors, fermant brièvement les yeux avant de s'installer aux côtés de la personne qu'elle aimait le plus en ce monde. Elle n'ouvrit plus une fois la bouche, se contentant d'être à ses côtés. Elle aurait aimé que cela suffise mais elle était impuissante. Totalement impuissante au poison qui détruisait peu à peu sa cousine...
Abby, quant à elle, dû s'appuyer un instant contre le mur du couloir après être sortie précipitamment de la chambre de la jeune femme. Les paroles de Lexa l'avaient plus heurtée qu'elle n'aurait pu le penser. Elle avait plus d'une fois croiser Anya, la cousine de sa patiente. Elle était toujours présente au chevet de sa cousine. Toujours calme, le visage neutre, seul son regard démontrait de sa fatigue, de sa peine mais surtout de son impuissance. Un fardeau si lourd reposait sur les épaules de cette femme, encore si jeune, qui veillait pourtant toujours à Lexa. Chaque fois, elle arrivait avec la peur que sa cousine soit décédée et elle devait toujours songer qu'un jour cette éventualité se réaliserait. Qu'un jour elle la perdrait pour toujours. La chirurgienne se rendit alors compte qu'une larme avait coulé et, l'effaçant, elle releva la tête pour croiser le regard saphir de sa fille. Lui offrant un sourire rassurant, elle s'éclipsa alors, incapable de soutenir plus longtemps ce regard inquisiteur. Le même que celui de son père. Elle passa ainsi la journée à éviter sa fille, ce qui ne représentait pas un réel challenge au vu de son métier. Cependant, elle n'avait pas prévu que Clarke l'attende après la fin de sa journée dans son bureau. Ainsi, à sa pause, elle eut la surprise de la trouver assise devant son bureau, pianotant sur son téléphone. Soupirant, Abby s'assit en face d'elle avant de demander, innocemment :
-Que fais-tu encore ici Clarke ? Ton service s'est terminé ya bien une heure.
-Qui est le patient de la chambre 254 ? Maman, je ne t'ai pas vu pleurer depuis... depuis... tu sais..
Clarke se racla la gorge, enfouissant ce souvenir douloureux au plus profond de son être. Malgré les années, c'était une plaie toujours aussi importante et, même si la souffrance diminuait au fil du temps, rien ne pouvait la refermer définitivement. La chirurgienne, connaissant bien le caractère de sa fille, avoua alors, sachant qu'il était vain d'éluder cette conversation :
-C'est une jeune femme, d'environ ton âge, un peu plus. Je ne compte plus les fois où elle a atterri dans mon bloc. Je pense en parler à Marcus. Mais il ne pourra rien faire si elle n'accepte pas de le voir.
-Tu penses qu'elle met volontairement sa vie en danger ?
Clarke demanda, fronçant les sourcils, perplexe.
-Je ne pense pas Clarke. J'en suis certaine. Mais un jour, elle finira par réellement en perdre la vie.
Abby sourit tristement avant de sentir son bip vibrer dans sa poche. Se levant alors, elle embrassa le haut du crâne de sa fille avant de souffler :
-Je dois y aller. On se voit demain.
La blonde regarda alors sa mère quitter la pièce avant d'elle-même prendre la direction de la sorte de l'hôpital. Passant volontairement devant la chambre 254, elle hésita un instant. Sa main se leva d'elle-même, prête à toquer avant qu'elle ne se décourage. Elle resta un long moment face à cette porte, aveugle aux mouvements sans fin rythmant les journées d'un hôpital. Puis, finalement, reprenant ses esprits, elle fit demi-tour. Que comptait-elle faire ? Elle ne la connaissait pas. Que pouvait-elle bien faire ? Non. Sa mère avait raison. Seul Marcus pourrait l'aider. Secouant la tête, Clarke s'engouffra dans la fraîcheur de la nuit, frustrée de ne pas avoir oser franchir la porte de cette patiente qui devait avoir quelque chose de spécial pour avoir ainsi bouleversé le cœur endurci de sa mère...
Merci aux reviews qui m'ont été laissées, c'est vraiment encourageant^^ J'espère que cela vous aura plu. On en apprendra plus dans le prochain chapitre^^ A bientôt
