Bonjour bonjour !
Comment ça va ? Ca y est, avec ce chapitre, on a atteint les 20 pages, ce qui veut dire que les prochains les auront dépassés. Pour l'instant, je tourne entre 25 et 27 pages Word pour un chapitre. C'est sûr, c'est déjà plus élaboré que les deux pages du prologue haha. Bon, ça veut aussi dire que j'en bave pour écrire un chapitre et que généralement je finis complètement morte à la fin mais j'ai jamais autant été motivé par une histoire alors j'en profite :p
Concernant les réponses aux questions de mercredi dernier, je remercie ceux qui ont répondu ! Dommage qu'il n'y ait pas de dessinateurs mais bon, je ne désespère pas ! Pour ce qui est de vous mettre le titre d'une musique au début des chapitres, ce sera fait sur celui-ci :)
Sinon, malheureusement pour moi, personne ne connait Haut-Royaume donc je vais rester seule dans ma frustration. J'imagine que c'est ma punition pour vous laisser des fins de chapitres trop énervantes ? :p Et je m'excuse d'avance, je n'arrive définitivement pas à finir mes chapitres sur des notes tranquilles ou sans suspens. D'ailleurs, vous allez probablement vouloir me tuer à la fin du chapitre 11. Je vous préviens à l'avance histoire de vous y préparer haha.
D'ailleurs, je vous ai dit mercredi dernier que j'avais décidé quel axe prendrait cette histoire, et j'espère que vous n'êtes pas contre les nouveaux personnages parce qu'il va y en avoir héhé. Un des premiers personnages a passé le crash test avec ma bêta, et visiblement il a été bien accueilli alors je croise les doigts pour la suite. Je vais probablement changer le résumé aussi pour que ça colle un peu plus, enfin je verrais parce que d'un côté ça spoilerais toute la suite. Gros dilemme de la vie !
Ah, et enfin je vous promet que j'ai presque fini et que je vous laisse avec le chapitre, est-ce que certains d'entre vous sont allés voir notre page Facebook ? Je suis curieuse :) Vous pouvez le dire par review si c'est trop nul ou nous en parler sur la page ;)
Et enfin, promis, c'est la fin, on a dépassé les 50 reviews ! C'est peu, mais voilà je suis contente, et il faut se réjouir des petites victoires ! La 50ème review a été laissé par ma bêta, que je remercie énormément et je te promet que pour l'occasion, je ferais quelque chose !
Donc voilà, on en est à 53 reviews, 18 favoris et 41 followers :) Je suis conteeeente haha.
Merci aux nouveaux : Kamika-chan, Pulcotinette, Story'slife, eiko, KikiDenAdel, et tete de noeud.
Un petit mot de ma bêta qui va bientôt réussir à s'extirper de sa forêt : "20 pages parfaites. Ce chapitre est mon préféré que ce soit pour le contenu ou pour le style ! J'espère qu'il vous plaira autant qu'il m'a plu."
RAR :
Aventurine-san : Je sais, je suis trop maso ... Mais c'est pas ma faute, il avait l'air génial ce livre, et il l'est vraiment ! J'ai toujours pas reçu le tome 2, je vais mourir, mais en attendant j'en ai commencé un autre, et à tous les coups, je vais encore arriver à la fin en mode trop frustrée xD C'est vrai que celui-ci est aussi transitoire, disons que ce sont deux chapitres qui amènent vraiment vers une autre période, quelque chose de nouveau entre eux :) Oh pourquoi ta journée a été médiocre ? :( J'espère que ça va mieux depuis ? C'était horrible d'écrire la confrontation entre Drago et Voldy, mais je trouvais ça essentiel, tout comme la discussion entre Rogue et Dumby. J'avais peur que ça soit un peu ennuyant mais finalement ça a l'air de bien passer :) C'est sûr que leur relation ne pourra jamais être aussi malsaine que celle qu'il a avec Voldemort, mais ils ont basés leurs échanges au départ sur la haine et le besoin de faire mal à l'autre, ils leur faut du temps pour dépasser tout ça. Harry a du mal parce que c'est pas le genre de relation qu'il recherche même s'il peut pas s'en empêcher. Il a déjà assez de problème avec Voldy alors il arrive pas trop à faire la part des choses entre son obsession pour Malefoy et ce que ça veut vraiment dire. Bref, je m'arrête là où je pourrais disserter pendant des heures xD Oh je suis super heureuse de voir que le cours de botanique est juste comme tu l'avais imaginé :D C'est tellement Hermione d'attraper Harry par les cheveux, j'étais obligée de le mettre :p Aaah, ce frôlement final, ça change tellement de leur début violent, j'ai envie de plus de tendresse entre eux, ils en ont trop besoins ! Merci pour tes réponses, j'en prend bien note :) Est-ce que t'as pu jeter un coup d'oeil à notre page ? ^^ Haha, grave, c'est à cause de lui ! Mais pas que, ça c'est à cause de toutes ces séries qui nous laissent sur des fins affreuses haha ! Haha, malheureusement ça ira pas jusque là, mais c'est dans mes projets, donc même si elle est pas pour tout de suite, tu y auras droit ! Disons que celle-ci est plus sage :p Aaah Pansy, non, elle est comme je l'aime, pas la greluche que les auteurs décrivent haha, j'ai hâte de voir ce que tu penseras d'elle :) HAHA, je suis sûre que vous avez passé une bonne soirée tous les trois :p Bon voilà, j'ai fini avec cette réponse super longue xD J'espère que ce chapitre te plaira ! A très vite j'espère, pleins de bisous :D :D
Yukino : Oh pas de soucis, c'est déjà super adorable de prendre le temps d'en laisser une à chaque fois, et je suis toujours contente de recevoir tes commentaires alors je ne t'en voudrais jamais :) Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu ! La Chance ! Comment c'était ? Raconte-moi touuuut ! :D Je t'envie trop ! Oh vraiment ? Et si je fais un montage avec des photos, ça pourrait servir de modèle ? :) Oh dommage ! Héhé, ça arrive de ne pas avoir Facebook, et au fond t'as bien raison, tu passes ton temps à faire des trucs plus intéressants que de trainer sur fb ! Ouais, je suis une éternelle geek ... xD Il est super bien ! Je te le conseille si tu cherches un peu de lecture ! C'est écrit par un français en plus, et vraiment on ne s'ennui pas un seul instant ! Merci pour le compliment ! Et je suis contente d'avoir rendu ça assez angoissant pour que tu le ressentes aussi :p Oh je suis sûre qu'ils n'ont pas dit non haha ! :D Voilà, merci encore pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira ! Pleins de bisous !
sublimo : Coucouuuuuuuuu ! Je suis trop trop contente d'avoir reçu ta review, je me demandais où tu étais passé, mais promis je ne t'en veux pas, tant que tu es là :D J'espère que t'as passé un super moment au Portugal, ça devait être génial et on ne peut pas louper l'anniversaire de son papi :) Haha ma pauvre, je t'imagine bien chercher du réseau partout sans trouver :p Ouuuuh, deux chapitres en même temps ? :p J'espère que tu vas aimer tout ça, j'ai trop hâte de savoir ce que tu en penses ! Ca va être haut en couleur :p Sinon, je vais bien, et toi aussi tu m'as trop manqué ! :D Ne t'en veux pas surtout, t'as une vie à côté, et c'est normal :) Tant que tu vas bien et que tu t'éclates, ça me va :D J'ai super hâte d'avoir de tes nouvelles, pleins pleins de bisous !
Lounette : J'ai cru halluciné quand j'ai vu ta review. Toi, sur une ff Drarry et en plus non finie. Tu as ma reconnaissance éternelle, et je te le dis et redis, encore et encore, tu es merveilleuse et mon écriture, je te la dois beaucoup. Merci ma Lounette, du fond du coeur.
Bonne Lecture !
Musique :
Jalan Jalan
Lotus
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Chapitre 9
- Drago, on est vraiment obligés de se faire passer pour ces deux filles ?
Le blond se tourna vers Goyle avec un air désespéré sur le visage et lui jeta un regard froid.
- Oui, répondit-il en retournant à son devoir de potion.
- Mais Drago …
- Suffit !
Drago releva la tête et s'apprêta à lui hurler dessus, exaspéré par les questions inutiles de ses deux débiles d'amis, mais devant son regard noir, Goyle s'enfonça dans son siège et ne dit plus un mot.
Le Serpentard se serait bien passé de leurs services, mais malheureusement pour lui, il avait vraiment besoin que quelqu'un surveille les alentours quand il était en train de travailler sur l'armoire et il ne se voyait pas demander à quelqu'un d'autre. Crabbe et Goyle ne cherchaient pas plus loin que le bout de leur nez, ce qui l'arrangeait bien. Il ne s'imaginait pas solliciter Blaise qui poserait inévitablement des tonnes de questions auxquelles il ne voulait absolument pas répondre.
Il n'avançait pas, et il passait de plus en plus de temps dans la salle sur demande, allant jusqu'à louper des cours. Il était en retard sur ses devoirs à rendre, et si Rogue ne lui en tenait pas rigueur, ce n'était pas le cas des autres professeurs qui prenaient un malin plaisir à lui en ajouter plus encore. Il ne s'en sortait pas. Et cette salope d'Angoisse en profitait pour ramener le bout de son nez. Comme s'il n'avait pas assez de problèmes comme ça.
Entre l'armoire, les menaces de Voldemort, et le meurtre qu'il devait commettre, l'Angoisse prenait un malin plaisir à le tourmenter. C'était comme une vieille amie qui revenait sans cesse frapper à votre porte malgré tous vos efforts pour vous débarrasser d'elle. Invivable et épuisant.
- Drago, détends-toi.
Pansy, qu'il n'avait pas entendu arriver, posa une main fraîche dans sa nuque, faisant jouer ses doigts pour dérouler les nœuds qui s'étaient formés le long de sa clavicule. C'était agréable, et il sentit son corps s'apaiser avec plaisir. Il laissa tomber sa tête en arrière, calant son dos contre le dossier de sa chaise et sa tête dans le creux des bras de Pansy. Les yeux plissés, il lui adressa un regard de pure gratitude qu'il ne réservait qu'à très peu de personne.
Pansy lui sourit tendrement, accentuant son massage pour le détendre complètement, laissant le blond s'appuyer plus lourdement contre elle. Drago n'avait pas pour habitude de se laisser aller de cette manière, et quand il le faisait, c'était uniquement lorsqu'il était seul ou avec Narcissa. Et c'est ce qui l'inquiétait le plus, que Malefoy laisse deviner autant de fragilité sans réellement s'en rendre compte.
Elle avait toujours connu Drago sous son côté polaire, n'avait eu droit qu'à de rares fois à des vrais sourires ou des mots gentils. Drago Malefoy n'était pas un garçon sur qui on pouvait s'appuyer parce qu'il vous comprenait ou qu'il compatissait à vos malheurs. Non, il était celui qui vous rappelait que quoi que vous fassiez, des gens de bonnes naissances, ou qui avaient réussis, avaient tous les droits pour vous passer dessus. Il fallait être fou pour croire de telles sornettes, c'était ce qu'elle s'était dit avant de réaliser que Drago avait raison. Plus vous aviez de pouvoir, et plus vous pouviez agir comme vous le souhaitiez.
Malefoy était un maître en la matière. Il avait joué de son nom et de son sang pur dès la seconde où il avait posé le pied dans Poudlard. Pansy, trop jeune pour comprendre tous les tenants et aboutissants, l'avait regardé avec un mélange grandissant d'admiration et de crainte. Drago avait tous les droits sur les Serpentard, et ce simple fait s'était révélé de plus en plus vrai au fil des années. Quiconque ne faisait pas partie de la maison des verts et argents ne pouvaient comprendre de quelle manière elle fonctionnait. Si le Prince des Serpentard souhaitait quelque chose, on lui obéissait. Si telle ou telle chose ne lui plaisait pas, on faisait en sorte de s'en débarrasser au plus vite de peur de subir son courroux, ou pire celui de la famille Malefoy en entier.
Diriger les Serpentard était un art, et il en était le maître. Peu de gens pouvaient clamer connaître Drago. En réalité, Pansy doutait même que quiconque hormis ses parents pouvait dire qu'il connaissait le Serpentard. Pas même elle. Le blond ne laissait voir que ce qu'il souhaitait. Chaque mot, chaque mimique était réfléchie, pensée et exécutée dans un but précis.
Mais Malefoy, comme ça, appuyé contre elle, la gorge à découvert et un air de pure satisfaction sur son visage épuisé, c'était alarmant.
- Drago, murmura-t-elle aussi doucement que possible, est-ce que tu peux dire à Crabbe et Goyle d'aller voir ailleurs ?
Le blond marmonna, mais congédia les deux Serpentard d'un simple geste de la main, les laissant seuls tous les deux dans un coin de la salle commune, à l'abri de tout autre élève. C'était l'occasion rêvée.
- Drago, est-ce que ça va ?
- Pourquoi ça n'irait pas ?
Pansy haussa les épaules, oubliant un instant que Drago avait fermé les yeux, et qu'il ne la verrait pas. Elle continuait de passer ses doigts le long de sa clavicule, hésitant à poser des questions.
- C'est que, tu as l'air épuisé, ailleurs, comme si tout ça, elle désigna la salle d'un large geste de la main, ne t'intéressait plus.
Le corps tout entier de Drago se tendit sous ses doigts à l'instant même où elle finit sa phrase, et elle sut, dans l'atmosphère lourde qui s'était soudainement installée que Malefoy n'avait absolument, mais alors vraiment pas envie d'entendre ce genre de choses. Parce que ces mots remettaient en question toute l'éducation d'un Malefoy, et que Pansy, simple Serpentarde, ne devrait même pas poser la question. Ça voudrait dire qu'il avait failli, qu'il avait laissé transparaître trop de choses, et ça, elle savait que Drago ne se le pardonnerait pas.
Elle n'était pas assez nunuche pour ne pas savoir que succéder à Lucius Malefoy se révélait être plus difficile que l'on pourrait le croire. Elle était une Parkinson, elle savait à quoi ressemblait la vie d'un Malefoy. Froideur, pouvoir, impassibilité.
- De quoi tu te mêles Pansy ? siffla Drago en se relevant, tournant ses pupilles furieuses vers son visage.
Elle déglutit, gardant consciemment en tête qu'il n'avait pas utilisé son nom de famille et qu'il était moins en colère qu'il ne semblait l'être.
- Je … Je m'inquiète juste pour toi, tenta-t-elle en vain.
- De quel droit est-ce que tu t'inquiètes, j'aimerais bien le savoir ?! Je te défends de dire que je ne me soucie pas de ça, il lança un regard circulaire aux Serpentard qui les regardaient d'un air prudent, comme tu les as appelés.
Sa voix était si froide et son regard si dur qu'elle eut l'impression qu'elle retrouvait le Drago habituel. Pourtant, les grands cernes qui soulignaient ses yeux la détrompaient complètement. Oui Drago était épuisé, et pour rien au monde il ne le lui aurait avoué. Il n'y avait pourtant pas que ça. Elle sentait, dans toute sa posture, que quelque chose le tracassait, un je-ne-sais-quoi de trop important pour qu'il fasse suffisamment craquer sa carapace et qu'elle s'aperçoive de la différence.
Elle savait avec certitude que ça avait à voir avec Voldemort. Tout avait à voir avec le Seigneur des Ténèbres depuis qu'il était revenu d'entre les morts. Ça n'en atténuait pas moins la chose. Si un Malefoy craquait, alors elle ne donnait pas cher du reste de leur maison.
- Je veux simplement t'aider, glissa-t-elle en espérant que ça le calmerait.
Drago se leva subitement dans une rage sourde, renversant sa chaise, ses poings serrés à en blanchir ses articulations. Il était effrayant, dégageant tellement de pouvoir et de férocité, si loin de celui qu'elle avait vu juste avant qu'elle se ratatina instinctivement. Il lui lança un regard empli de colère et de haine.
- Je n'ai pas besoin d'aide ! Cracha-t-il violemment.
Il attrapa ses affaires sur la table qu'il enfouit dans son sac sans se soucier un seul instant de froisser son devoir de potion.
- GOYLE ! Hurla-t-il, ses yeux toujours posés sur Pansy qui n'osait pas bouger d'un millimètre.
Goyle s'arrêta à quelques centimètres d'elle, et Drago lui jeta violemment son sac qu'il rattrapa gauchement, soucieux de ne faire tomber aucune affaire.
- Va poser ça dans mon dortoir, j'ai besoin de prendre l'air, lui ordonna-t-il d'une voix polaire.
Et Drago fit demi-tour, les plantant là tous les deux, sous le regard éberlué et effrayé des élèves de Serpentard présent dans la salle commune. Pansy eut envie de pleurer, mais elle retint ses larmes du mieux qu'elle put. Un vert et argent ne craquait pas.
Drago traversa le château d'un pas rageur, ses pas le menant il ne savait où, n'importe où sauf la salle sur demande. Il aimait bien Pansy, quand elle ne s'occupait pas de ses affaires. Il n'était pas contre un peu de son amitié tant qu'elle ne cherchait pas à s'insinuer dans les méandres de ses pensées. Il avait d'autres choses à faire que de gérer ses inquiétudes. Il en avait bien assez à lui tout seul.
C'était même plus facile de les repousser de cette manière que de prendre le temps de lui expliquer que moins de gens il mettrait au secret, plus facile ça serait de se résigner à sa mort. Elle ne concernait que lui. Et ses parents …
Par bonheur, il ne croisa aucun élève insupportable dans les couloirs, et il arriva rapidement jusqu'aux portes du château, grandes ouvertes malgré la pluie qui tombait. Il serait assurément trempé jusqu'aux os s'il osait mettre un pied dehors, mais il n'en avait rien à faire tant que ça pouvait lui changer les idées.
Il glissa le bout de sa chaussure à la lisière de la porte, récoltant plusieurs gouttes qui s'infiltrèrent jusqu'à la pointe de ses pieds. Il fixa le rideau de pluie, si dense qu'il ne voyait pas plus loin que la cabane de Hagrid.
- Oh et puis merde ! Marmonna-t-il.
Il se lança sous la pluie. Ses habits furent trempés en moins de temps qu'il ne faut pour dire "Merlin" et il se mit à courir, appréciant avec une joie enfantine les gouttes giclant sur son visage. Il balança sa tête en arrière, et tira la langue, comme un gosse.
Il se sentait libre, et l'Angoisse pouvait bien faire ce qu'elle voulait, jamais elle ne réussirait à lui prendre cet instant de pure joie. Il tourna sur lui-même, fermant les yeux, et apprécia chaque goutte tombant sur son visage, dévalant sa peau pâle, glissant dans le col de sa chemise jusqu'au bout de ses doigts gelés par la pluie.
Il pouvait avoir froid, tomber malade, ça n'avait aucune importance, c'était son moment, le seul qu'il se permettait depuis trop longtemps. Pas de Voldemort, pas d'armoire, juste Drago Malefoy souriant comme un con, dansant sous la pluie.
Il se remit à courir, à en perdre haleine, se dirigeant sans le vouloir vers le terrain de quidditch dont il n'apercevait que les anneaux. Il courut, courut, courut jusqu'à se déchirer les poumons, se courbant en deux pour récupérer son souffle lorsqu'il arriva sur le bord du terrain.
Il leva les yeux au ciel après quelques minutes, et il le vit. Un seul taré pouvait voler par ce temps, et dans n'importe quel cas, il aurait reconnu cette manière de tournoyer les yeux fermés.
Drago s'avança jusqu'au centre du terrain, complètement essoufflé, les yeux résolument fixés sur Potter qui tournoyait dans le ciel. Le Gryffondor ne semblait pas l'avoir remarqué et il en profita pour l'observer. Il ne l'aurait avoué à personne mais regarder Potter voler était magnifique. C'était comme s'il était né pour ça, c'était fluide, naturel et si instinctif que chacun de ses mouvements relevaient de l'art.
Il l'avait observé, en deuxième année, persuadé qu'il devait tout savoir de son adversaire pour pouvoir le battre. En réalité, il était simplement fasciné par la grâce de Potter, il avait rêvé pendant plusieurs mois de pouvoir voler avec lui sans contrainte d'adversité. Au final, quand il en avait parlé à Blaise, il s'était moqué de lui en lui disant qu'il était le premier fan de Potter. Il avait balancé son poing dans la figure de Zabini et n'avait plus jamais regardé le Gryffondor voler en dehors des matches, jusqu'à maintenant.
Potter s'arrêta soudainement de tournoyer dans tous les sens, et baissa la tête vers lui. Il était trop haut pour que Drago distingue son visage mais il était à peu près sûr que le Gryffondor avait une moue réprobatrice dessinée sur ses lèvres. Il ne bougea pas, il savait que s'il avait un peu de jugeote, il devrait dégager illico presto du terrain parce que ses précédentes interactions avec Potter ne s'étaient jamais finies comme il le voulait, mais une partie de lui désirait ardemment rester pour voir ce qu'il se passerait.
Potter avait eu l'air tellement surpris la veille en cours de botanique que c'en était drôle. Comme s'il allait s'abaisser à craquer dans une salle de classe au milieu de tous ces élèves. Était-il au moins conscient de la connerie de la chose ? La dernière fois qu'ils s'étaient parlés, Potter avait voulu l'aider, et il l'avait repoussé comme il pouvait. Certes pas comme il l'avait fait avec Pansy, et c'était le plus dérangeant, mais il restait persuadé qu'il n'avait besoin du secours de personne pour s'en sortir, ni même du Survivant.
Il avait beau retourner le problème et les événements dans tous les sens, il ne tirait aucune logique de tout ça. Sa relation avec Potter était un vrai sac de nœud, et plus il cherchait à comprendre, plus son cerveau s'embrouillait jusqu'à lui donner des migraines. Ça n'avait aucune logique, on ne pouvait pas évoluer de la violence verbale à la violence physique simplement en s'embrassant. Il ne comprenait même pas comment il pouvait ressentir du plaisir rien qu'à toucher Potter. Il le haïssait depuis tellement longtemps ç'aurait dû être du dégoût.
Le Gryffondor descendit soudainement en piqué, et Drago crut un instant qu'il allait s'écraser. Le brun releva le manche de son balai au dernier moment, et sauta au sol, faisant gicler une salve de boue autour de lui. Il était aussi trempé qu'il l'était lui-même. Sa tenue dégoulinait, ses cheveux d'ordinaire tellement désordonnés, étaient plaqués sur son front et tout autour de son visage.
Ils se fixaient sans un mot. Drago garda le silence plutôt que de craquer et demander à Potter comment par Merlin pouvait-il être aussi débile pour voler sous la pluie. Le Gryffondor ne l'aurait sûrement pas bien pris, et s'il y pensait un peu, ce n'était pas du tout dans ses habitudes de s'inquiéter de ce qu'il pourrait aimer ou pas.
Potter baissa les yeux.
- Tes chaussures de riche vont être foutues, se contenta-t-il de dire en relevant la tête pour le regarder avec un air moqueur.
Drago ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose. Il fallait à tout prix qu'il réponde, mais rien ne vint, et Potter le fixait toujours d'un air goguenard. Et puis, il avait raison, ses chaussures seraient probablement foutues, alors il haussa les épaules, et par Merlin, il se demanda comment c'était possible, mais Potter se mit à rire. Pas un rire moqueur ou méchant – ça c'était plutôt lui – mais quelque chose de normal, presque naturel. Le genre de rire qu'on a pour ses amis, pas pour son ennemi.
C'était ahurissant, et s'il n'était pas aussi guindé, Drago se serait volontiers joint à son rire. Si son père le voyait, trempé jusqu'au os, ses chaussures en cuir de dragon recouvertes de boue, sur le terrain de quidditch avec Potter riant aux éclats, il en aurait fait une syncope.
Mais il ne bougea pas, se contentant de regarder le Gryffondor rire. C'était agréable à entendre, sincère et assez nouveau. Il n'avait pas l'habitude de voir quelqu'un rire et encore moins grâce à lui, et surtout, surtout Potter.
Il s'arrêta de rire beaucoup trop vite à son goût, mais le brun n'esquissa pas un geste pour le frapper ou partir. Surprenant. Il se contenta de s'appuyer sur son balai et de le scruter. Pas que ça le dérangeait, Drago aimait qu'on le regarde, mais Potter avait des yeux trop vifs et perçants. Il ne put s'empêcher de sourire d'un air narquois, ravalant les insultes et les moqueries qui pointaient sur le bout de sa langue. Il appréciait assez le moment, si on le comparait à toutes les merdes qui lui tombaient dessus depuis l'année dernière, pour savoir qu'il était préférable de se la fermer et de prendre le peu de sérénité simple qu'il avait devant les yeux.
- Tu comptes prendre l'eau toute la journée comme ça Malefoy ?
- Ça dépend.
- De quoi ?
Pouvait-il dire « de ce que tu vas faire ? » ? Certainement pas, Potter le tuerait pour dire des choses aussi bizarres.
- Peu importe, ajouta le brun avant qu'il puisse dire quelque chose, tu devrais au moins te sécher.
Potter haussa les épaules d'un air indécis en lui jetant un regard en coin. C'était bizarre, et il ne savait absolument pas quoi faire. Le brun se décida à bouger et se dirigea vers le vestiaire des Gryffondor.
Il avait le choix, soit il rentrait directement au château et oubliait toute cette histoire absurde avec Potter, ou alors il le suivait, quitte à voir où tout cela les mènerait.
A la réflexion, ses chaussures seraient dans tous les cas foutues.
- Il est où Harry ?
Avoir failli mourir empoisonné n'empêchait en aucun cas Ron de se goinfrer de sucreries et de parler la bouche pleine.
- Sur le terrain de quidditch, probablement, répondit Hermione en ouvrant une énième chocogrenouille pour le rouquin.
Il s'en saisit d'une main experte, frôlant au passage la main de la jeune femme, qui frémit au contact. Comme toujours, Ron ne remarqua rien.
- Par ce temps ?! S'exclama-t-il en suspendant l'animal en chocolat à quelques centimètres de sa bouche.
Hermione haussa les épaules d'un air peu convaincu. Qu'il pleuve ou qu'il vente, Harry préférait passer ses heures libres sur le terrain plutôt que dans la salle commune où Cormac et Lavande ne rataient pas une occasion de le harceler.
- Tu connais Harry, dit-elle en regardant la pluie battre les carreaux de l'infirmerie avec violence. Tant qu'il ne tombe pas malade ou qu'il ne néglige pas ses devoirs, Ron grogna, je ne vois pas pourquoi je l'en empêcherai.
- C'est à cause de McLaggen ?
Hermione rougit, les images de la soirée de Slughorn se mélangeant dans ses pensées. Cormac qui lui souriait d'un air trop confiant, qui la tenait trop proche. Cormac sous la branche de gui, qu'elle avait réussi à éviter avec brio. Elle frémit d'horreur, elle ne referait plus jamais une telle erreur.
- Harry m'a dit que c'était un vrai connard, ajouta Ron en lui jetant un regard en coin.
- Un vrai connard, se contenta de répéter Hermione d'un air absent.
Elle nota le sourire satisfait du rouquin et en fut toute émoustillée.
- Alors, qu'est-ce que ça donne Harry avec le souvenir de Tu-Sais-Qui sur Tu-Sais-Quoi ? murmura Ron en se rapprochant du visage d'Hermione.
La jeune femme ne put empêcher ses joues de rougir.
- Je crois pas qu'il ait réessayé depuis, tu sais …
- Ouais, j'arrive pas à croire que j'ai failli mourir, si Harry n'avait pas été là …
Hermione sourit, écoutant l'énième monologue sur comment Ron avait failli mourir à cause de la stupidité de Romilda Vane, qui au final n'y était pour rien dans l'histoire, et de son sauvetage in extremis par Harry, jusqu'aux tonnes de friandises que ses amis lui avaient apportés à l'infirmerie. Il ne s'en lassait pas, et elle, ne s'ennuyait jamais de l'écouter, trop heureuse d'avoir retrouvé son ami.
Harry laissa tomber ses affaires sur un des bancs des vestiaires avec un sourire amusé. Malefoy semblait complètement perdu dans toutes ces couleurs rouges et or, et c'était vraiment plaisant à voir. Il n'osait s'asseoir nulle part, regardait partout avec des yeux curieux, probablement pour trouver une idée de sale coup le temps d'un prochain match.
Le brun entreprit de retirer sa tenue de quidditch, laissant le blond vaquer à son observation. Il n'était pas très inquiet de la présence du Serpentard dans ses vestiaires, il ne l'avait pas empêché d'entrer, ni invité même si sa phrase était plutôt suggestive. Il était surpris de voir qu'il pouvait se tenir dans une pièce avec Malefoy sans qu'ils essayent de s'entretuer, et il était curieux de voir jusqu'où la "paix" pourrait aller.
- C'est quoi cette idée de voler sous la pluie ? lui demanda Malefoy de l'autre bout du vestiaire. Il attrapa une cape qui traînait par-là. Est-ce que les Gryffondor ont le sens de l'hygiène ?! ajouta-t-il avec une moue dégoûtée dans la voix.
Harry enleva son tee-shirt trempé avec un soupir de bien-être et enfila un des pulls que Mme Weasley lui avait tricoté. Ça grattait, mais il préférait ça au frottement du tissu mouillé.
- C'est le seul moment où je peux être tranquille, et oui, les Gryffondor ont le sens de l'hygiène. Repose cette batte Malefoy, je suis pas très rassuré quand t'as ça dans les mains.
Malefoy posa la batte là où il l'avait trouvée, et se retourna pour faire face au Survivant. Il haussa un sourcil moqueur en posant les yeux sur le pull tricoté qu'il portait.
- Je t'interdis de rire Malefoy ! le menaça Harry en le pointant du doigt.
Drago se contenta de le fixer d'un air narquois et s'assit finalement sur un des bancs après avoir vérifié qu'aucune bactérie gryffondorienne ne l'attaque. Harry lui jeta une serviette qu'il attrapa au vol.
- C'est bien gentil ça Potter, mais …
Il fut coupé par un amas de tissus lui tombant sur la tête et qu'il identifia immédiatement comme un autre de ces pulls made in Weasley. Du bout des doigts, il le dégagea de sa figure divine et l'éloigna de son visage d'un air dégoûté.
- Il est hors de question que je porte une telle chose ! Exulta le blond en le laissant tomber à terre comme un vulgaire chiffon.
Harry soupira en secouant la tête devant les enfantillages de Malefoy, et se contenta de fouiller dans son casier pour y trouver autre chose qui satisferait sa Majesté. Il le lança au blond qui l'attrapa au vol avec une moue circonspecte, inspectant le tissu avec autant d'attention qu'un objet à l'allure douteuse.
- C'est bon Malefoy, ça vient de chez Mme Guipure, tu vas pas piquer une crise parce que je n'ai pas de vêtements assez riches pour toi.
Le Serpentard haussa les épaules d'une manière qui voulait dire que même s'il le voulait, il ne pourrait pas rivaliser avec la classe de ses vêtements. Typiquement Malefoy.
Le blond ôta sa chemise trempée qu'il posa avec précaution sur le banc et enfila le pull de Harry en grimaçant. Le brun se garda bien de jeter un coup d'œil au bras du jeune homme même si l'envie irrésistible de l'observer le titillait au point qu'il finit par se retourner et fixer Malefoy. Il trouva étrange de voir le Serpentard avec son pull sur le dos. Pas seulement à cause des bordures rouges et or mais aussi parce que jamais, ô grand jamais il ne l'aurait cru si on lui avait dit un jour que Malefoy porterait un de ses vêtements.
Le Serpentard attrapa la serviette à sa droite et se sécha les cheveux comme il pouvait, une moue clairement désespérée sur le visage quand il comprit qu'il ne pourrait pas rendre à ses mèches leur exquise perfection habituelle. Harry ne put s'empêcher de rire et s'attira un regard noir de la part du blond.
- La moindre des choses Potter serait d'essayer de te coiffer avant de te moquer des cheveux des autres ! On dirait un scroutt à pétard comme ça.
Harry prit un air outré.
- Je te signale Malefoy que les tiens ne sont pas mieux !
- C'est temporaire, je ne m'abaisserais à une telle décadence !
- Dommage, ça te va bien comme ça.
Harry se serait frappé la tête contre le mur s'il avait été aussi fou que Dobby devant sa grande connerie mais préféra détourner la tête pour éviter le regard surpris de Malefoy. Par Merlin, pourquoi disait-il de telles choses ?! Il devait apprendre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu Potter, ça ira beaucoup mieux pour nous deux après ça.
Harry tourna la tête vers Malefoy, mais celui-ci fixait un pan du mur d'une manière faussement fascinée. Le brun soupira et se laissa glisser contre le mur face au blond, ramenant ses genoux contre son torse.
- Qu'est-ce que t'a demandé Voldemort ? attaqua Harry d'une voix calme.
Il vit sans surprise le corps de Malefoy se tendre quand il prononça le nom du Seigneur des Ténèbres, mais sa question eut le don de ramener le regard du Serpentard sur lui. Il le fixa d'un regard impassible, son visage entièrement dénué de toute émotion ou sentiment.
- Arrête de me parler de ça.
- Tu sais comme moi que ce n'est pas mon genre.
- Justement, il serait préférable pour toi de la fermer avant que je ne m'énerve vraiment et que tu te retrouves à l'infirmerie.
- T'as pas à faire ça Malefoy, Dumbledore peut …
- Ah non ! le coupa Malefoy en se redressant. Pas de sermon Potter, surtout pas, et ne me parle pas de ce vieux fou ! Je ne veux rien entendre de tes histoires de rédemption et compagnie ! Je ne te dirai rien donc inutile de chercher à faire ami-ami alors qu'on se déteste !
- Je ne te déteste pas.
Malefoy haussa un sourcil, peu surpris.
- À d'autres, marmonna le blond d'un air peu avenant. Ça fait 5 ans qu'on se méprise royalement, ne me fais pas croire que tu t'es découvert une âme salvatrice.
- Ce sont tes idées que je déteste. Tu n'as pas à être un mangemort.
- Qui a dit que j'en étais un ? siffla Malefoy en plissant les yeux.
- Montre-moi ton bras alors.
Malefoy lui jeta un regard noir et s'adossa au mur en croisant les bras d'un air vulnérable.
- C'est pas aussi facile. Montre-moi d'abord ce tatouage que toutes les filles de l'école disent avoir vu sur ton ventre, rétorqua le blond d'un air malicieux.
- C'est n'importe quoi, marmonna Harry.
Il souleva finalement son pull, découvrant une peau complètement dénuée de tatouage, et fixa Malefoy d'un regard victorieux. Il ne put s'empêcher de remarquer que les yeux du blond s'étaient attardés plus longtemps que la normale sur sa peau dénudée et se sentit rougir. Ça ne dura que quelques infimes secondes avant qu'ils ne détournent tous les deux le regard, complètement gênés.
- Alors ? Demanda Harry en désignant le bras du blond.
- Je n'ai pas dit que je te le montrerais.
- Espèce de …
- De quoi Potter ? le coupa Malefoy avec un sourire mesquin.
Harry abandonna et haussa les épaules en lui jetant un regard acéré.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé la dernière fois, dans la salle de Firenze ? lui demanda-t-il en le fixant trop intensément.
Drago blêmit et chaque geste repassa dans sa tête à une vitesse alarmante. L'Angoisse s'était pourtant tenue loin jusqu'à maintenant et voilà que Potter lui ouvrait la porte.
- Rien, croassa le blond en détournant le regard.
Harry fronça les sourcils et se leva, s'approchant de Malefoy jusqu'à s'asseoir à côté de lui. Le corps du Serpentard se raidit instantanément et il s'éloigna instinctivement, mettant le plus d'espace possible entre eux deux.
- C'était pas rien Malefoy, on aurait dit que tu faisais une crise d'angoisse.
- Je vois pas de quoi tu parles, répondit le blond d'une voix trop saccadée.
Drago sentit ses mains se mettre à trembler sans qu'il ne puisse les empêcher et pria pour que Potter ne le remarque pas. Les dieux ne devaient décidément pas être de son côté puisque les yeux du Gryffondor se posèrent instinctivement sur ses doigts tremblants.
Harry fixa les mains affolées de Malefoy avec un mélange de curiosité et de compassion dans les yeux, et il ne sut par quel moyen cette idée lui traversa l'esprit, mais il attrapa ses doigts gelés dans les siens, serrant les paumes frissonnantes du blond contre les siennes. Malefoy s'arracha à sa prise violemment, comme s'il l'avait brûlé.
- Qu'est-ce que tu fais ?! Balbutia Drago en reculant le plus loin possible que le banc lui permettait de Potter.
- Je … commença Harry d'un air perdu.
- Ne me touche plus ! s'exclama le blond en roulant des yeux fous.
La salope d'Angoisse.
- Malefoy, arrête, je suis désolé ok ?
Harry regarda avec effarement le blond se coller au mur d'un air acculé, le regard affolé. C'était inimaginable, il ne s'attendait pas à quelque chose comme ça. C'était la première fois qu'il voyait Malefoy laisser tomber ses défenses et autant d'émotions sur son visage. C'était effrayant et Harry ne savait absolument pas quoi faire.
- C'est … C'est pas ce que tu crois, souffla Malefoy en grinçant des dents, fermant les yeux pour tenter de reprendre son souffle.
- Je ne crois rien, répondit Harry d'une voix douce.
- Si … Si, ça se voit, dans ta posture, dans ton regard, il cracha le dernier mot avec tant de venin que le brun en fut blessé. Saint Potter, ajouta le blond d'une voix qui se perdait entre l'énervement et l'essoufflement. Toujours Saint Potter, présent pour venir en aide à son prochain.
- Je suis pas un héros, ni un saint, protesta Harry.
- Bien sûr que non tu n'es pas un héros ! Il n'y a que Dumbledore qui soit assez fou pour croire que tu es un saint Potter !
Drago repoussait l'Angoisse autant qu'il le pouvait, fixant son regard sur Potter et ses mèches éternellement indisciplinées pour oublier que plus rien dans sa vie n'avait de sens, et que c'était tout bonnement effrayant. Il ne voulait pas mettre de mot sur ce qu'il lui arrivait, et il interdisait Potter de le faire.
- Est-ce que tu as des gens à qui en parler ? Parkinson, Crabbe et Goyle, Zabini …
- De quoi tu parles Potter ?! Tu crois vraiment que je vais leur parler de mes problèmes ?!
Harry le fixa sans un mot et Drago lui jeta un regard suffisant.
- Mais … commença Harry.
- Arrête de parler de ça ! Tout de suite !
Drago se leva, se rapprochant dangereusement de Potter, et il aurait souhaité que le brun ne voie pas la lueur apeurée et suppliante dans ses yeux. Il avait l'impression que toutes ces années où il avait réussi à prouver à Potter qu'il était supérieur et sûr de lui venaient de voler en éclat. Maintenant, le Gryffondor le voyait, dévasté par l'Angoisse et il n'aurait suffit que de quelques mots de trop pour qu'il en vienne à pleurer devant lui. Il se sentait minable.
Harry le fixait par en dessous, Malefoy le surplombant de toute sa hauteur. Il voyait son corps trembler, de rage ou de peur, il ne savait pas et c'était loin d'être le cadet de ses soucis. Ce qui lui traversait l'esprit était trop étrange et nouveau pour qu'il n'y fasse pas attention. Il avait pitié de Malefoy et il savait avec certitude que si le blond le savait, il le giflerait pour manquer ainsi de respect à un sang pur. Il n'y avait pas que ça pourtant. Il était sérieux quand il avait dit à Malefoy qu'il ne le détestait pas, ou en tout cas plus. Il y avait trop de choses semblables entre eux cette année pour qu'il se voile la face sur ses sentiments. Il comprenait Malefoy – que Merlin lui vienne en aide – et au fond, ça le rassurait de voir qu'il n'était pas le seul à croire que sa vie n'était qu'un merdier sans nom.
Pourtant, lui avait la chance d'avoir des amis sur qui compter, ce qui ne semblait pas être le cas de Malefoy. Certes, il ne parlait pas autant à Hermione et Ron qu'à son habitude, mais ils étaient là, et cette simple constatation l'aidait à avancer.
Quand il regardait le Serpentard, il se voyait lui, complètement seul, et l'envie de l'aider le prenait aux tripes. Il reculait dans ces moments-là et la partie consciente de son cerveau lui rappelait que Malefoy était son ennemi et probablement, sûrement, un mangemort.
Mais quand il le voyait maintenant, à quelques centimètres de lui, un air désespéré non voulu sur le visage, la seule pensée cohérente qui le traversait était que Malefoy avait besoin d'aide et qu'il n'était pas assez méchant pour la lui refuser même si le Serpentard nierait en avoir besoin.
Malefoy l'enverrait probablement sur les roses s'il lui proposait son aide, et il l'avait déjà fait, mais il y avait bien d'autres manières de le faire.
Harry tenta de lui sourire d'un air avenant, ce qui devait ressembler à une grimace plus qu'à un geste de gentillesse, et le visage de Malefoy se teinta de surprise, stoppant complètement les tremblements qui traversaient son corps.
Le brun se leva doucement pour ne pas l'effrayer, s'imaginant un instant que Malefoy ressemblait à une biche effrayée avec ses yeux fous, et se dirigea vers son casier pour y prendre son sac. Il se tourna vers le blond qui n'avait pas bougé d'un centimètre, le suivant seulement du regard, et lui sourit.
- Si t'as besoin de parler Malefoy, tu sais où me trouver, même si je sais que tu ne le feras probablement pas.
Malefoy lui jeta un regard perdu et Harry balança son sac sur son épaule, son balai dans son autre main.
- Tu sais, ajouta le brun, on a beau être des "ennemis", il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. Il n'est pas trop tard pour changer de camp, même si je sais que tu es un mangemort, finit Harry avec un clin d'œil et un sourire à l'intention du blond.
Le Serpentard le regarda comme s'il était devenu fou, et avec un rire fatigué, Harry sortit du vestiaire des Gryffondor sans un regard en arrière.
- N'oublie pas de fermer la porte en partant ! Ah, et, tu peux garder le pull ! ajouta le brun avant de disparaître dans la pluie battante.
Malefoy observa la porte un long moment sans un mot, tirant machinalement sur les manches du pull de Potter. Il n'était pas assez con pour ne pas avoir compris que le Gryffondor lui proposait son aide, de manière détournée certes, mais tout de même.
Le brun lui avait tendu la main, et c'était maintenant à lui de décider de s'en saisir ou non.
Je sais pas si j'ose dire que cette fin n'est pas frustrante parce que clairement c'est le cas. Ouais je m'excuse, encore et toujours haha. Je devrais me prendre un avocat, au cas où, ou alors un garde du corps. Vous allez pas me tuer hein ?
Ah, et désolée pour celles et ceux qui espéraient des corps torrides sous la douche, malheureusement, ce n'est pas pour tout de suite :p
D'ailleurs, je propose quelque chose, celui qui écrira la 60ème reviews aura le droit à un OS de son choix, et ainsi de suite pour la 70ème, 80ème etc. Je sais ça fait un peu carotte, mais j'aime faire plaisir, et ça me pousse à écrire et à me diversifier. Voilà, c'est dit, à vous de jouer :p
Enfin, pour la semaine prochaine, vous aurez le droit à un chapitre de 27 pages (Oh Yeah) et je vous dit : McLaggen, un Drago protecteur et Infirmerie.
Si vous connaissez bien le tome 6, vous devez vous douter de quoi ça en retourne ... :p
Voilà, pleins pleins de bisous, à mercredi prochain, je vous adore !
PS : Je ne serais pas contre vos avis sur la musique que j'ai proposé. Je ne me rapellais plus exactement avec lesquelles je l'avais écrit mais sur le coup, elle me semblait bien convenir ! Merci :)
