Bonjouuuuuur !
Comment ça va ? Si certains de vous sont en pleine période d'examens, je vous souhaites plein de courage et vous envoie énormément de bonnes ondes pour que tout marche comme vous le voulez :)
Sinon, voilà, ce chapitre fait 27 pages. 27 PAGES QUOI ! Même sans tout mon blabla habituel, il est plus long que le total d'un chapitre après qu'il soit prêt à être publier. Je n'avais pas prévu d'écrire des chapitres aussi longs mais voilà, c'est venu tout seul et je ne pouvais en aucun cas couper le chapitre en deux au risque de signer mon arrêt de mort. Mais j'en dis pas plus, vous comprendrez pourquoi au fil de la lecture. Il va y avoir du gros changement dans ce chapitre héhé.
Après, le chapitre suivant fait aussi 27 pages et je suis en train d'écrire le 12 qui va être probablement aussi long. J'ai un peu peur de voir vos réactions quand vous lirez le chapitre 11 la semaine prochaine, parce qu'il y aura un nouveau personnage et que ça prend un tournant complètement nouveau mais bon, on verra bien :p
Heuuu sinon, pas grand chose à dire de plus. Ah si, c'est Story'slife qui a posté la 60ème review et qui a donc le droit à un OS de son choix. Je t'ai envoyé un mp mais au cas où tu ne les lirais pas, je le redis ici :)
Enfin, on a dépassé les 60 reviews, puisqu'on en est à 63 reviews, 20 favoris et 45 followers :)
Merci aux nouveaux : kimika su, LandlessLord, biancca black, Sombrall, et Levi Valentois :)
Voilà, je vous laisse au chapitre !
Un petit mot de ma bêta qui est enfin libre de passer ses journées à ne rien faire : "Ce chapitre nous tient en haleine et si vous êtes comme moi, vous allez rire, crier, grimacer et avoir envie de faire un câlin à Drago !"
RAR :
Aventurine-san : Helloooooo ! Je suis heureuse que la fin te plaise :) Certains voulaient me tuer alors je suis rassurée de voir que ce n'est pas le cas de tous les lecteurs haha ! Oh oui, une amatrice de Pansy ! Contente de voir qu'elle te plaît ! J'aime beaucoup ce personnage et même si on la lit souvent comme la garce de base et cie, je trouve qu'elle a autre chose et qu'elle mérite pleinement de se pencher sur elle parce qu'elle n'est définitivement pas la méchante qu'on veut voir. Bref, je suis même super fière que tu la préfère à Ginny :p Haha promis, j'écrirais une scène torride dans les douches des vestiaires rien que pour toi haha :D Haaaa, j'avais peur de voir ce que ça donnerais ce passage, j'osais pas les lancer dans les bras l'un de l'autre parce que ça correspondait pas trop à l'ambiance et en même temps j'angoissais de me dire que les lecteurs seraient frustrés de voir que ça tourne pas en lemon. Je veux pas aller trop vite avec eux, je les vois mal se lâcher aussi vite ^^ Mais promis, ça va pas non plus avancer comme un escargot haha. HAHAHAHA, je ne dirais rien, mais y'a pas matière à s'inquiéter ;) Tu verras, je pense que tu vas aimer ! Enfin j'espère :p Ouch, je compatis ... Les problèmes de voiture, c'est une horreur, et ça coute tellement cher ! J'espère que ça s'arrangera comme il faut pour toi ! Oh merci pour la page ff ! Ca fait plaisir de voir qu'elle te plaît :) T'as vuuu, y a vraiment pleins de pages sur le Drarry, surtout du côté anglais ! Et il y a pleins d'artistes merveilleux qui réalisent des fanarts géniaux ! En tout cas, si jamais tu as des propositions, hésites pas à nous les envoyer sur la page :) Pleins pleins de merci et de bisous ! J'espère que tu as passé une bonne semaine aussi et que ce chapitre te comblera ! A très vite j'espère :D
Bonne Lecture !
Musique :
Hans Zimmer
Interstellar Main Theme (Extra Extended)
Chapitre 10
Harry ne vit pas Malefoy pendant plusieurs jours. Une partie de lui s'imaginait que le blond aurait saisit l'occasion pour venir lui parler, mais visiblement, il s'était trompé. Il pensait que sa discussion avec le Serpentard aurait changé quelque chose dans leur relation, si relation il y avait.
Harry avait été sincère quand il lui avait dit qu'il ne le détestait pas. Il avait mis du temps à l'accepter. Après tout, on n'enterrait pas 5 ans de haine aussi facilement et il avait encore du mal à croire qu'il ne pensait plus à Malefoy comme l'enfoiré qu'il était. Il était soit trop aveugle pour ne plus réussir à voir la vraie personnalité du blond, ou alors trop désespéré pour au contraire comprendre que derrière ces masques et ces idées préconçues, le Serpentard souffrait autant que lui.
En réalité, il comprenait le Serpentard plus qu'il ne l'avait fait auparavant, et il était persuadé que le blond était le plus à même de savoir ce qu'il traversait également. Harry ne se sentait pas seul, mais les nouveaux sentiments de ses meilleurs amis et le combat contre Voldemort l'avait isolé plus subtilement qu'il ne s'y attendait et il s'était tourné vers la seule personne qui puisse comprendre ce sentiment : Malefoy.
Harry posa les yeux sur Ron, qui mâchouillait une patacitrouille. Si le rouquin avait connaissance des pensées qui traversaient son cerveau, il le prendrait probablement pour un fou.
- Comment ça va avec McLaggen ? lui demanda Ron d'une voix amère.
- Une catastrophe, répondit Harry d'une voix désespérée plus pour faire plaisir à son ami que pour enfoncer le gardien remplaçant.
Ron lui posait la question à chaque fois qu'il posait le pied dans l'infirmerie. Pomfresh avait refusé que le rouquin sorte pour le match contre Poufsouffle alors Harry lui avait promis de passer le voir avant.
- Il est arrogant, insupportable et j'ai vraiment hâte que tu puisses reposer tes fesses sur un balai pour le renvoyer sur le banc de touche, ajouta le brun avec un sourire complice.
Le rouquin lui répondit par un sourire tout aussi resplendissant.
- Ça va lui faire tout drôle, et j'ai vraiment hâte de voir la tête de cet abruti quand tu lui annonceras ça ! s'extasia Ron.
- Vivement qu'on en soit débarrassé ! D'ailleurs, ajouta le brun, est-ce que tu pourrais s'il te plaît dire à Lavande qu'elle arrête de me harceler ? Oh non, j'oubliais, tu fais semblant de dormir quand elle vient te voir ! finit-il en lui lançant un coup d'œil agacé.
Ron remua d'un air mal à l'aise.
- Je lui parlerai, marmonna le rouquin en posant son regard partout ailleurs que sur son meilleur ami.
- C'est pas un drame si tu veux plus être avec elle, t'as juste à lui dire.
- C'est facile à dire, toi t'as même pas eu besoin avec Cho, elle nous a juste trahi. Harry lui lança un regard blessé. Pardon, ajouta le rouquin avec une moue triste.
Harry s'adossa au dossier de la chaise, laissant son regard vagabonder dans l'infirmerie. Il avait passé plus de temps qu'il n'était nécessaire dans ce lieu en 5 ans.
- Est-ce que tu sais si Hermione va passer ? demanda finalement le rouquin d'une voix qui se voulait désintéressée.
Harry sourit d'un air mystérieux, se demandant si un jour ils oseraient s'avouer leurs sentiments.
- La dernière fois que je l'ai vue, elle descendait au terrain avec Ginny.
- Ah d'accord, répondit le rouquin d'une voix triste.
Harry posa sa main sur l'épaule de Ron et la serra gentiment.
- Je passerais te voir après le match ! lui dit le brun avant de se lever.
Il se dirigea vers la porte de l'infirmerie, son balai sur l'épaule, et retint un rire au moment de passer l'arche quand il entendit clairement Ron dire qu'il espérait qu'il botterait les fesses de McLaggen de sa part.
En réalité, Harry priait pour que Cormac reste à sa place pendant le match. Il ne donnait pas cher de sa peau s'il venait à faire une connerie et détruire tout ce qu'il avait réussi à construire avec son équipe.
Les couloirs étaient complètement déserts, tous les élèves s'étant déjà rendus sur le terrain. Il n'entendait que le son de ses pas sur les pierres froides du château quand un bruit sur sa gauche le sortit de ses pensées. Il s'arrêta, surpris d'entendre des voix provenir d'un couloir adjacent alors que tous étaient censés se trouver sur le terrain.
Il pencha la tête et se figea aussitôt quand il reconnut la personne qui avançait jusqu'à lui. Malefoy n'était pas seul.
Deux jeunes filles l'accompagnaient, postées de chaque côté du blond de manière à ce qu'il se sente entouré. Il vit Malefoy poser les yeux sur lui un quart de seconde avant qu'il ne le dépasse sans un mot ni même une insulte.
- Malefoy !
Luna laissa son regard courir sur le stade, souriant d'une manière absente. Son chapeau en forme de lion sur la tête, elle était assise dans les tribunes des professeurs au côté de McGonagall et Chourave qui discutaient de botanique. Elle posa ses yeux sur les verts et argents face à eux, remarquant immédiatement l'absence d'une chevelure blonde. Une ombre passa dans son regard. Harry serait triste si le jeune homme n'était pas là pour voir le match.
Harry ne savait pas pourquoi il l'avait appelé, ni même si le Serpentard se retournerait, mais quand il posa les yeux sur lui, le blond s'était arrêté et le fixait sans un mot. Pas un sentiment ni une émotion ne passait sur son visage. Le brun jeta un regard aux deux filles qui l'accompagnaient, une colère sans nom s'emparant de son corps. Il les fusilla d'un regard noir qui les fit rougir. Il n'avait aucun scrupule à leur faire peur même s'il n'avait aucune idée de qui elles étaient ni ce qu'elles faisaient avec Malefoy. Il n'avait qu'une envie, qu'elles dégagent pour qu'il puisse parler avec le blond seul à seul.
Mais ce n'était clairement pas ce que voulait le Serpentard. Son regard était si vide qu'il eut l'impression que leurs derniers échanges n'étaient que des rêves inventés par son imagination. Ça faisait mal. Harry lui avait tendu la main et il se retrouvait là, comme un con, à attendre un signe de la part de Malefoy. En fait, il était surtout énervé de voir que le blond préférait s'entourer de deux pimbêches comme elles plutôt que de lui, même si en réfléchissant, il n'avait aucun intérêt à se rapprocher du Gryffondor. Il ne comprenait pas sa réaction, et Malefoy s'apprêtait à faire demi-tour.
- Où tu vas comme ça ? demanda Harry d'une voix coléreuse.
Ginny se tourna vers Coote qui rentrait dans les vestiaires et fronça les sourcils.
- Est-ce que tu as vu Harry ? lui demanda-t-elle d'un air inquiet. Le match va bientôt commencer et il n'est toujours pas arrivé.
Le batteur secoua la tête d'un air négatif et partit se changer sous le regard préoccupé de la poursuiveuse des Gryffondor. Ginny ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Harry n'était jamais en retard à un match, il aimait bien trop le quidditch pour ça.
- Ça ne te regarde pas Potter, répondit Malefoy sans un regard pour lui.
Le Serpentard évitait volontairement de croiser ses yeux et cela l'irrita plus que ce qu'il pensait. Il voulait que Malefoy le regarde et qu'il voie de quoi il était vraiment question. Le blond ne se dirigeait visiblement pas vers le terrain de quidditch et une partie de lui en fut blessée. Il avait bien compris qu'il avait abandonné son équipe mais ce n'était pas une raison pour ne plus assister aux matchs. N'est-ce pas ?
- Le terrain est dans l'autre direction, articula Harry d'une voix claire et lourde de sens.
Malefoy eut un rire moqueur, et se retourna, s'éloignant de lui sans un mot, sans aucune réplique, ignorant complètement la question implicite du brun. L'une des jeunes filles se retourna et lui lança un coup d'œil narquois.
Harry la foudroya du regard, fixant le dos du Serpentard qui disparaissait dans un des couloirs avec un sentiment de rage mêlé de tristesse.
- Où est-ce que tu étais ? S'exclama Ginny quand Harry poussa enfin la porte du vestiaire des Gryffondor d'un geste essoufflé.
- Je … j'avais oublié quelque chose, répondit le brun en évitant son regard suspicieux.
- Dépêche-toi, on entre sur le terrain dans quelques minutes, ajouta-t-elle en lui tendant sa tenue de quidditch.
Harry l'attrapa avec un sourire de remerciement et entreprit de retirer son pull et son tee-shirt, oubliant complètement que Ginny se trouvait à quelques centimètres de lui. La rouquine ne put s'empêcher de laisser ses yeux se perdre sur le torse du brun. En règle générale, le vestiaire était découpé en deux partie, une pour les filles et une autre pour les garçons, alors Ginny n'avait jamais eu l'occasion de l'observer aussi facilement, même quand il passait ses vacances au Terrier. Elle savait que Harry était d'ordinaire plutôt pudique, mais l'empressement de l'avant-match, et avec son air préoccupé, il avait probablement oublié qu'elle était présente. Pas que ça la dérange.
Harry était musclé, jouer au quidditch était un avantage incontestable, plus musclé que ce à quoi elle s'attendait sans que ce soit pour autant beaucoup trop. Il avait juste ce qu'il fallait et elle sentit ses joues s'empourprer en imaginant pouvoir se blottir contre son torse.
- J'ai vu Malefoy, lâcha le brun d'une voix basse pour que personne ne les entende à part eux.
Ginny se figea et fronça les sourcils.
- C'est pour ça que tu étais en retard ? lui demanda-t-elle d'une voix gentille.
Elle connaissait maintenant assez Harry pour savoir qu'il était complètement obsédé par Malefoy et que ça ne servait à rien de l'y confronter auquel cas il s'énerverait.
- Oui, répondit-il. Il était avec deux filles et il se dirigeait je ne sais où alors que tout le monde se trouve sur le terrain.
Elle ne sut interpréter ce qui passa sur le visage du brun. Elle avait beau savoir, elle ne comprenait pas que Harry se sente aussi impliqué dans ce que faisait Malefoy. Hermione lui avait dit qu'il le soupçonnait d'être un mangemort, mais la rouquine en doutait, et Harry se prenait trop la tête.
- Harry, tu ne peux pas faire passer Malefoy avant le quidditch. Concentre-toi, on a besoin de toi.
Le brun posa le regard sur elle un instant, comme perdu elle ne savait où. Il cligna des yeux plusieurs fois et acquiesça, remettant ses lunettes en place et sortant sur le terrain sans un mot de plus à propos de Malefoy.
Elle lui emboîta le pas en soupirant, priant pour que Harry oublie un instant ses querelles avec le Serpentard, et surtout que Cormac, qui se tenait fièrement au milieu du terrain avec les autres joueurs, reste à sa place. Elle observa les alentours, les tribunes remplies d'élèves et de professeurs, le ciel bleu dénué de nuages et de vent. Les conditions étaient bonnes et ils avaient toutes leurs chances pour remporter le match.
Pourtant, elle avait un mauvais pressentiment.
Drago fixait l'armoire d'un regard énervé. Il n'arrivait à rien avec cette foutue mission. Tous les sorts qu'il essayait était voué à l'échec et il n'avait qu'une envie, foutre le feu à cette saloperie pour en être enfin débarrassé.
Crabbe et Goyle l'attendaient à l'extérieur de la salle sur demande, et il savait qu'ils le préviendraient si quelqu'un venait à passer dans le couloir, ce qui s'avérait peu probable étant donné que tous les élèves se trouvaient sur le terrain de quidditch à acclamer Potter.
Il n'avait pas osé chercher à voir le brun depuis leur conversation à "cœur ouvert" la dernière fois et il n'était pas sûr d'avoir le courage de saisir la main que lui avait tendue le Gryffondor. En fait, il avait probablement rendu ses chances à néant en refusant de lui faire face lorsqu'il l'avait croisé un peu plus tôt. Il aurait préféré ne pas le voir, et éviter son regard blessé quand il l'avait délibérément ignoré.
Quoiqu'il se passait entre eux, et il en avait marre de se persuader que rien n'avait changé depuis la fin de leur cinquième année, Potter était de loin celui qui était incapable de garder ses émotions et ses sentiments pour lui. Par chance, Crabbe et Goyle étaient trop niais pour voir tout ce qui passait sur le visage du Gryffondor. Lui, ne l'était pas et il avait pu voir chaque changement dans les traits du brun. De la colère, de l'incompréhension et le pire de tout, de la tristesse.
Drago n'avait jamais suscité de tristesse chez Potter et encore moins chez les autres. C'était perturbant et au fond, il se sentait mal. Depuis que le brun lui avait parlé, il y avait comme un poids qui avait disparu dans son corps, le sentiment qu'après tant de solitude, il avait peut-être la chance d'avoir quelqu'un pour l'aider.
Certes, il n'irait pas demander à Potter de l'aider dans sa mission, de une parce que le Gryffondor le tuerait avant qu'il ait le temps de lui expliquer pourquoi et de deux parce qu'il ne voulait pas mêler le brun à tout ça. Il n'irait pas jusqu'à rentrer dans l'Ordre. En fait, s'il avait le choix, il préférerait tout oublier et quitter l'Angleterre.
Tout ça était hypothétique. Jamais ô grand jamais il n'oserait demander de l'aide à Potter même s'il voulait vraiment attraper sa main. Il avait trop de fierté, et en réalité, il était trop lâche pour se risquer à une amitié avec un rouge et or.
Il soupira lourdement, un frisson désagréable d'appréhension lui remontant le long du dos. Il n'arriverait plus à rien aujourd'hui et il était resté assez longtemps dans la salle. Le match devait être terminé depuis longtemps, ainsi son absence paraîtrait moins suspecte s'il rentrait en même temps que les élèves qui revenaient du stade.
Crabbe et Goyle le suivirent sans un mot le long des couloirs où quelques élèves parlaient en petits groupes. Il régnait une effervescence particulière dans le château, chacun se lançant des regards en coin, chuchotant quand un Gryffondor passait dans le couloir. Drago fronça les sourcils, il s'attendait à des explosions de joies de la part des rouges et or, persuadé qu'ils étaient bien plus forts que les Poufsouffle, mais ils gardaient la tête basse, une moue inquiète sur leurs visages.
Drago s'empressa de traverser les couloirs et de se rendre jusqu'à sa salle commune, regrettant pour la première fois de l'année d'avoir loupé un match qui avait visiblement été plein de surprises. Il marchait d'un pas rapide, gardant tout de même en tête qu'il ne devait en aucun cas paraître trop surpris de la tournure des événements. Il ne comprenait pas comment Potter avait pu perdre ce match, parce qu'il n'y avait que cette explication aux regards des Gryffondor.
Il passa le tableau qui ouvrait sur la salle commune, et aussitôt une étrange clameur lui explosa aux oreilles. Il y avait un bavardage incessant complètement inhabituel de la part des Serpentard, et Drago vit avec une surprise inégalée les trois quarts des élèves de sa maison, rassemblés en groupe autour de Urquhart, le capitaine de l'équipe, qui se sentait visiblement l'homme le plus important de la journée.
Intrigué, Drago s'avança, abandonnant derrière lui Crabbe et Goyle toujours d'apparence féminine, pour s'approcher du jeune homme, ne se gênant pas pour bousculer et pousser les élèves qui l'empêchaient de rejoindre le centre du rassemblement. Ceux qui le reconnaissaient s'écartaient immédiatement, mais tous étaient dans un état de telle fébrilité que le blond fut obligé de jouer des coudes.
Urquhart tenait dans ses mains une paire de multiplettes qu'il faisait passer aux autres élèves à grands renforts de gestes et de coup de voix. Drago s'empara violemment de l'objet, l'arrachant des mains d'Adrian Pucey.
- Hé Malefoy, s'exclama le Serpentard, rends-moi ça, j'avais pas fini de regarder !
- Va te faire voir, grogna le blond en lui jetant un regard d'avertissement.
Adrian maugréa mais fit demi-tour sous le regard amusé du capitaine de l'équipe.
- D'ailleurs, t'étais où Malefoy ? lui demanda-t-il avec un air mesquin.
- Ça te regarde pas.
Urquhart n'avait pas apprécié qu'il se défile au dernier match et saisissait chaque occasion pour l'enfoncer.
- T'avais qu'à être là, je vois pas pourquoi tu passerais avant tout le monde !
Drago le fusilla du regard, un sourire mauvais se dessinant sur ses lèvres.
- Dis moi Urquhart, tu te rappelles de Carly n'est-ce pas ? répondit le blond avec un clin d'œil exagéré.
Le capitaine des Serpentard pâlit au nom, le souvenir de son impuissance avec la brunette de Serdaigle se rappelant à lui. Autour de lui, les autres élèves s'exclamaient avec véhémence, posant des questions sur cette fameuse Carly devant les yeux hilares de Drago. Avec un regard noir, Urquhart se recula, laissant le blond regarder en paix le match des Gryffondor contre Poufsouffle.
Il avait coupé Adrian en plein milieu du match, et la première chose qu'il remarqua fut la chevelure rousse de Weaslette voler devant ses yeux, le souaffle dans les bras. Elle marqua et aussitôt, la voix amplifiée de Lovegood – il se demanda comment on pouvait décemment laisser Loufoca commenter un match – attirait l'attention sur McLaggen qui avait délaissé ses buts et s'était emparé de la batte du batteur de l'équipe de Gryffondor.
Drago aurait pu rire mais suivit avec effarement le gardien donner une leçon au batteur avant que Potter ne les rejoigne, un air de pur haine sur le visage. Il vit le Gryffondor hurler après McLaggen, la rage déformant ses traits.
La suite du match le glaça d'effroi.
Cet abruti de McLaggen, complètement irresponsable et n'écoutant que lui, avisa le cognard qui s'approchait de lui et frappa un grand coup, avec trop de force et absolument aucune précision.
Tout se passa très vite, du regard furieux au choc que la tête de Potter reçut. Drago sentit sa bouche s'assécher et son cœur manqua un battement. Impuissant, il regarda le Gryffondor se faire massacrer le crâne par le cognard de McLaggen, et tomber de son balai au ralenti, se rapprochant trop vite du sol. Drago se força à garder en tête que tout ça était déjà arrivé et que son corps tendu ne devait pas chercher à faire quelque chose pour empêcher le Survivant de s'écraser au sol. Il aurait dû emporter les multiplettes dans son dortoir pour regarder le match seul.
Il fut arraché de la vision violemment, clignant des yeux pour s'habituer à la faible luminosité de la salle commune. Il tourna la tête vers celui qui lui avait ôté les jumelles, croisant le regard inquiet de Blaise qui le dévisageait sans un mot. En réalité, un silence oppressant régnait et tous les élèves avaient les yeux fixés sur lui, attendant une réaction de la part du Prince des Serpentard. Il sentait qu'il était complètement tendu, et son visage reflétait sûrement sa colère.
Il attrapa les multiplettes des mains de Blaise et les tendit à Urquhart avec une moue dégoûtée.
- Je savais que les Gryffondor étaient des abrutis, mais je n'imaginais pas qu'ils puissent être aussi cons, lâcha finalement le blond en jetant un regard moqueur et circulaire aux élèves.
Ce fut visiblement suffisant pour dissiper le malaise puisque tous les Serpentard explosèrent de rire, ajoutant tel ou tel commentaire sur Potter et les Gryffondor en général. Urquhart s'était immédiatement éloigné de lui, fuyant ses répliques acérées.
Drago ne voulait qu'une seule chose, s'éloigner suffisamment de cette masse d'abrutis pour s'isoler. Il s'extirpa difficilement du cercle et se dirigea vers son dortoir, croisant au passage Crabbe et Goyle qu'il évita comme la peste.
Il se laissa tomber sur son lit avec un soupir de soulagement et ferma les yeux au moment où la porte s'ouvrit. Il se releva en maugréant et il n'aurait pas dû être surpris de voir Blaise le suivre.
Le noir s'approcha et s'assit sur son propre lit, juste à côté du sien. Il scruta le blond sans scrupule.
- C'était quoi ça Drago ? lui demanda-t-il finalement.
Le blond lui jeta un regard noir.
- Rien, siffla-t-il en lui tournant le dos, se levant pour se diriger vers la salle de bain.
Blaise se leva à son tour et lui attrapa le bras avant qu'il ne disparaisse dans la pièce.
- Te fous pas de moi ! Tu t'es énervé comme si on attaquait ton intégrité ! On aurait dit que t'allais tuer quelqu'un ! Ça aurait été parce qu'un Serpentard s'était pris un cognard, j'aurais été d'accord, mais là Drago, on parle de Potter …
Drago grimaça, serrant les dents à s'en faire mal. Blaise était trop intelligent pour son bien. Il se retourna vers le noir, arrachant son bras de sa poigne.
- Ça. Ne. Te. Regarde. Pas ! grogna-t-il en le poussant pour l'éloigner de lui.
Blaise se rattrapa tant bien que mal à une chaise, un regard incrédule sur le visage.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive mec ? Depuis qu'on a repris les cours cet automne, t'as complètement changé, tu t'isoles, tu nous parles pas. Je croyais qu'on était amis.
Drago le fixa sans un mot. Oui, ils étaient amis, Blaise était même ce qui se rapprochait le plus d'un meilleur ami mais il ne pouvait pas lui dire. Il ne pouvait pas avouer sa mission, il n'osait même pas imaginer lui révéler toute l'histoire avec Potter.
- J'ai mes raisons, grommela le blond, détournant les yeux, une pointe de culpabilité l'envahissant en réalisant qu'il avait complètement délaissé son ami et qu'il ne s'en était même pas inquiété.
- Raisons ou pas, ton comportement était complètement inapproprié. T'as de la chance que personne n'ait compris ton manège à part moi. Donc maintenant, tu vas pouvoir m'expliquer pourquoi tu semblais si concerné par le sort de Potter au match. D'ailleurs, pourquoi t'y étais pas ?
Drago soupira, il n'avait aucune envie de parler de tout ça avec Blaise, et même l'Angoisse le poussait à ne pas faire cette connerie.
- J'ai dit que ça te concernait pas, répondit le blond d'une voix qu'il ne parvint pas à empêcher de trembler avant de s'enfermer dans la salle de bain.
Il avait besoin d'une douche très froide.
Blaise resta un moment debout, fixant la porte en réfléchissant. Drago agissait vraiment bizarrement, et ça l'inquiétait. Il n'était pas nécessaire de s'appeler Merlin pour voir que quelque chose n'allait pas, et que Harry Potter rentrait dans l'équation.
Harry ne rêvait que d'une chose : tuer McLaggen.
Il se serait jeté sur le jeune homme depuis longtemps si Mme. Pomfresh ne l'avait pas empêché de sortir de l'infirmerie au risque de se faire enfermer seul dans une pièce. Au moins, il avait la compagnie de Ron.
Il n'arrivait pas à faire le point, trop de colère et de haine dans l'esprit. Il revoyait chaque seconde du match, chaque mot et chaque mouvement de cet enfoiré de Cormac qu'il se ferait un plaisir de détruire dès qu'il pourrait mettre un pied en dehors de ce lieu trop blanc.
Il savait que Cormac était un mauvais choix mais il n'imaginait pas que ce serait une telle catastrophe. Non seulement, il avait remis son autorité en question, avait pris Coote pour un con, avait quitté son poste, et lui avait envoyé un cognard sur la gueule. Pas volontairement mais c'était tout comme.
Il avait mal à la tête, dans le genre vraiment très mal et les potions de Pomfresh avaient un goût immonde. Il ne pouvait même pas piocher dans les friandises de Ron puisque l'infirmière le lui avait interdit.
- Je n'arrive pas à croire qu'on ait perdu d'autant de points, c'est la première fois que ça nous arrive, marmonna le rouquin d'une voix amère.
- Je te jure que je vais le tuer, répondit Harry en grinçant des dents.
Le reste de l'équipe l'aura probablement fait avant toi, ils étaient vraiment énervés. Au fait, Ginny est passée, avec Hermione.
Harry lui jeta un regard surpris.
- Bah me regarde pas comme ça, c'est normal, elles étaient inquiètes pour toi, ajouta Ron.
Le brun imagina le visage inquiet de Ginny, n'osant croire que la jeune femme fut restée à son chevet. Il sentit son cœur se réchauffer à l'idée que la rouquine tienne réellement à lui. En tant que capitaine, il était plutôt logique qu'elle s'intéresse à son sort, mais elle le considérait visiblement vraiment comme un ami, et Merlin seul savait qu'il aurait aimé avoir plus.
- Elle m'a dit que t'étais arrivé en retard au match. A cause de Malefoy, ajouta le rouquin en lui jetant un regard en coin.
Harry tourna la tête vers Ron.
- C'est vrai, répondit-il en haussant les épaules. Il était avec deux filles et il ne se dirigeait clairement pas vers le terrain. C'est la deuxième fois qu'il loupe un match, c'est vraiment suspect !
A bien y repenser, Harry se demandait vraiment pourquoi Malefoy avait loupé le match. Sur le moment, il avait été trop dégoûté parce qu'il l'avait ignoré pour constater que ce n'était pas la première fois que le Serpentard fuyait le terrain de quidditch quand le château était vide.
- De toute façon, je suis pas prêt de savoir ce qu'il faisait vu que je suis coincé ici. J'aurais dû le suivre, ça m'aurait évité ce fiasco ! ajouta le brun d'une voix amère.
Et il aurait pu lui demander pourquoi il l'ignorait, en envisageant qu'il se soit débarrassé des deux pimbêches qui l'accompagnaient.
- Tu peux pas dire ça Harry ! Tu te rends compte que tu préférerais suivre Malefoy que de jouer au quidditch ?! s'exclama Ron d'un air choqué. T'as vraiment pris un sacré coup sur la tête mec, tu devrais te reposer !
Harry soupira, préférant ne pas répondre et laisser croire au rouquin que tout ça n'était qu'un effet de sa fêlure du crane. Il s'appuya contre la montagne d'oreiller de son lit et ferma les yeux. Il ne voulait pas penser à tout ça maintenant, il avait mal à la tête et il n'avait qu'une envie, dormir. Il ferma les rideaux autour de lui et glissa dans le sommeil, accueillant l'étreinte de Morphée avec soulagement.
L'idée était complètement débile, mais elle ne cessait de tourner dans sa tête depuis des heures. Après qu'il s'était dénoué les muscles sous une douche froide, Drago s'était glissé entre ses draps et avait tenté de trouver le sommeil. Ce qui s'était avéré impossible puisqu'il ne cessait de tourner et retourner dans sa tête l'image de Potter tomber de son balai, évanoui.
A ça se mêlaient les mots de Blaise, qui avaient soulevé en lui quelque chose qu'il ne voulait pas accepter avant, et dont il ne se sentait pas encore capable. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter du sort de Potter, même après qu'il lui avait proposé de l'aider. Il ne devrait même pas se poser la question de pourquoi il s'inquiétait, il ne s'inquiétait pas, un point c'est tout. Il aurait réagit comme ça avec n'importe qui d'autre.
Et il n'était pas assez con pour se persuader d'une telle chose. L'Angoisse se moquait bien de lui à présent. Cette idée était une grosse erreur, il ne pouvait décemment pas aller rendre visite à Potter. Surtout pas en plein jour, au risque qu'on voie Drago Malefoy s'assurer que Harry Potter était toujours en vie dans l'infirmerie.
Le blond soupira contre sa propre bêtise. Il avait attendu plusieurs heures après le repas, qu'il n'avait même pas voulu honorer de sa présence, et que les autres Serpentard de son dortoir soient couchés et endormis pour se permettre de respirer enfin. Il savait qu'il faisait une erreur, l'Angoisse ne se gênait pas pour le lui dire, tapie dans l'ombre de sa peur mais il tournait en rond, s'inquiétait et n'était même pas capable de garder un semblant de noblesse en imaginant Potter baignant dans son sang.
C'était ridicule. Ses parents lui avaient appris à gérer ses émotions et ce n'était pas le moment de les laisser voguer à cœur libre. Il eut beau pester, maudire Potter et tous les noms de divinités qu'il connaissait, rien n'y fit.
Il attendit que les ronflements de Blaise remplissent enfin le dortoir pour être sûr que celui qui serait le plus embêtant si on venait à le voir ne se réveille pas. Il ne prit pas la peine de se changer, se contentant d'enfiler un pull par dessus son pyjama, auquel cas il pourrait prétexter un cas de somnambulisme s'il croisait quelqu'un. Un frisson d'excitation lui traversa le dos. Il n'avait pas fait quelque chose comme ça depuis qu'il était arrivé à Poudlard.
Il avait l'habitude plus jeune d'aller explorer le manoir en pleine nuit pour y découvrir les secrets qu'il renfermait. Il avait arrêté quand il était arrivé à Poudlard et qu'il avait compris que même s'il le voulait, il n'était plus un enfant.
Drago écarta ses rideaux doucement, faisant le moins de bruit possible et se faufila entre les lits de ses camarades, ses chaussures à la main. Il posa la main sur la poignée, jetant un dernier coup d'œil aux dormeurs. Il leur enviait leur insouciance et leur lourd sommeil. Le sien était dénué de rêve, peuplé de cauchemar et écourté chaque nuit. C'était à peine s'il réussissait à dormir plus de trois heures.
Une immense fatigue l'envahit et il s'empressa de sortir du dortoir pour échapper à toute cette normalité. Il traversa la salle commune déserte comme un fantôme et ne croisa pas une seule personne dans les couloirs. Il se doutait qu'à deux heures du matin tout le monde devait dormir, mais c'était vraiment étrange de se déplacer dans ces parties du château aussi vides.
Il arriva trop rapidement aux portes de l'infirmerie et se demanda un moment comment il ferait pour éviter Mme Pomfresh. Il savait que ses appartements se trouvaient tout de suite à l'entrée et qu'elle pouvait ainsi surveiller toutes les allées et venues. Il devrait faire preuve d'énormément de discrétion, ou alors il pouvait simplement faire demi-tour.
Ça, c'était une bien meilleure idée. Il tourna les talons et aussitôt, l'image de Potter tombant de son balai lui vint à l'esprit. Il serra sa baguette dans sa main, sentant tout son courage l'abandonner et l'Angoisse le pousser vicieusement vers la porte de l'infirmerie. Son cœur battait la chamade et il sentait que ses paumes devenaient moites. C'était complètement ridicule. Il perdait ses moyens à cause de sa mission, et maintenant il devenait également fou rien qu'à l'idée d'aller voir Potter.
Il y a de ça plusieurs mois, il aurait pu se rendre au chevet du Gryffondor pour l'enfoncer, lui faire encore plus mal que nécessaire mais il savait que c'était inutile maintenant et qu'il ne réussirait qu'à fixer Potter d'un air inquiet. En espérant que le brun reste endormi tout le long où il serait là. Il avait encore sa fierté.
Il poussa finalement la lourde porte et se faufila à l'intérieur de la pièce. Le croissant de lune illuminait suffisamment l'infirmerie pour qu'il distingue les lits sans avoir besoin de jeter un sort, ce qui révélerait à coup sûr sa présence. Il restait pourtant un problème de taille, il ne savait absolument pas dans quel lit se trouvait Potter. Il y avait peu de rideaux tirés, heureusement pour lui, et il espérait que Pomfresh n'ait mis aucune alarme autour de ses patients.
Plus il avançait, découvrant tel ou tel élève allongé dans un lit, et plus l'Angoisse le gagnait. Il n'avait clairement rien à faire ici, et une envie irréfléchie le poussait à faire demi-tour avant que quelqu'un ne le découvre. Il s'apprêtait à quitter la pièce, ouvrant une dernière paire de rideaux pour se donner bonne conscience, quand il tomba finalement sur Potter. Il se figea, ne faisant pas un pas de plus, agrippant les pans de tissus.
Potter dormait, le visage enfoui dans ses oreillers. Un bandage entourait sa tête et une grimace déformait les traits de son visage. Drago avait le choix. Il avait vérifié que le Gryffondor était en vie – et il se traita d'abruti parce qu'il l'aurait évidemment su s'il était mort – et pouvait repartir se coucher l'esprit plus serein. Mais voilà, son inquiétude n'avait pas pour autant disparu, et ça l'agaçait.
Potter était un putain d'enfoiré. Sans lui, il serait probablement en train de dormir, tranquillement enfoui dans ses couvertures au lieu de squatter l'infirmerie et de le regarder LUI dormir. En fait, il serait probablement en train de faire des cauchemars, mais il préférait ne pas y penser. Voldemort n'avait pas besoin de s'insinuer dans sa tête ce soir, et l'Angoisse avait pour obligation de ne pas venir squatter son corps cette nuit. Enfin s'il parvenait à la retenir.
Le Gryffondor poussa un gémissement de douleur, le tirant de ses pensées et le laissant complètement démuni. Il ne savait absolument pas quoi faire alors il laissa son instinct le guider et s'approcha du lit de Potter, se laissant tomber sans un bruit sur la chaise installée à côté. Le brun remua dans son sommeil et Drago fronça les sourcils.
C'était trop inhabituel et dangereux, il ne devait pas rester là. Il n'avait rien à faire là, son inconscience se révélant à lui violemment. Pris d'une soudaine panique, le blond se releva, ne s'inquiétant pas du bruit que fit la chaise quand elle racla le sol. L'Angoisse l'avait attrapé par le cou, lui coupant la respiration, plongeant son bras effroyable dans ses tripes dans un mélange de peur et de faiblesse. Il se débattit, voulant se débarrasser de sa poigne d'acier, aveuglé par la terreur.
- Malefoy, croassa une voix derrière lui.
Un frisson d'effroi lui traversa le dos quand il comprit que Potter s'était réveillé, que c'était lui qui lui avait attrapé le bras et qu'il l'avait appelé. Il ne tourna pas la tête. Croiser le regard du Gryffondor serait une grosse erreur, il était trop effrayé, trop incapable de cacher toutes les émotions qui traversaient son visage et surtout, il n'arrivait pas à chasser l'Angoisse.
Il entendit un froissement de draps dans son dos, signe que Potter s'était redressé, mais il n'avait toujours pas lâché son bras.
- Silencio, murmura le Gryffondor avant de jeter un deuxième sort pour fermer les rideaux.
Drago se sentait acculé.
- Assieds-toi et respire Malefoy, je sens tes tremblements jusqu'au bout de mes orteils.
Le blond se crispa encore plus mais recula jusqu'à sentir la chaise contre ses genoux et s'assit sans un regard pour le brun qui tenait toujours son bras. Il se demanda si Potter le lâcherait et si lui-même oserait s'extirper de sa poigne.
Il ne pouvait pas s'arrêter de trembler.
- Qu'est-ce que tu fais là Malefoy ? lui demanda le brun avec un ton de reproche.
Oh, visiblement, il n'avait pas aimé que Drago l'ignore ce matin. Il ne savait pas vraiment comment réagir à ça. Une partie de lui était contente de voir qu'il pouvait encore susciter de l'énervement chez le Gryffondor et une autre, plus triste, le traita de con. L'Angoisse ne put s'empêcher d'ajouter qu'il était lâche, mais ça, il le savait déjà. Il ne savait même pas quoi répondre.
- T'es venu achever le boulot de ce con de McLaggen ? ajouta le brun avec plus de colère dans la voix.
Drago aurait aimé lui répondre qu'il aurait bien refait lui-même le portrait à cet enfoiré mais il avait peur que le brun l'interprète de la mauvaise manière. Il rêvait seulement depuis toujours d'envoyer son poing dans le nez de McLaggen.
- Ça t'arracherait la gueule de répondre Malefoy ?!
Drago tourna la tête vers le brun d'un air surpris et offusqué, oubliant un instant qu'il avait l'attitude d'un chiot apeuré. Potter le fixait d'un œil noir, ses cheveux contrastant violemment avec la blancheur de son bandage, et lâcha son bras, tirant une moue frustrée au blond.
- Si tu pouvais être plus poli, peut-être que je pourrais envisager de te répondre ! ne put s'empêcher de répondre Drago en lui jetant à son tour un regard énervé.
Cela eut le don de faire sourire Potter et le blond oublia un instant qu'il avait eu envie de lui faire avaler sa langue pour lui parler comme ça. En réalité, voir le Gryffondor avec un tel air sur le visage le détendit et l'Angoisse se recula un moment en pestant contre ces saletés de rouges et or qui l'empêchait de faire son boulot comme il faut.
- Alors, qu'est-ce que tu fais là, au beau milieu de la nuit, au chevet d'un Gryffondor ? lui demanda le brun en le fixant d'un regard agréablement surpris.
Agréablement. Drago eut l'impression qu'il allait exploser de toute cette bizarre émotion qu'il avait depuis quelques jours.
- Je venais juste m'assurer que tu n'étais pas mort. J'aurais été triste de perdre mon meilleur ennemi, répondit Drago en se forçant à adopter un ton léger et moqueur.
Le brun se mit à rire, visiblement amusé par sa réponse, et grimaça aussitôt en portant la main à sa tête avec une moue douloureuse.
- Cet enfoiré de McLaggen t'as pas loupé, commenta Drago, incertain de ce qu'il devait faire.
- J'ai hâte de sortir d'ici pour lui faire bouffer son balai, répondit le brun avec un air rageur.
Drago sourit, imaginant parfaitement Potter s'attaquer à McLaggen, le brun ayant le dessus, écrasant le gardien sans aucun égard pour sa personne. Le Gryffondor lui jeta un drôle de regard quand il surprit son air amusé.
- Ça te fait rire ? demanda-t-il d'un air surpris.
- Tu rigoles, deux Gryffondor qui se foutent sur la gueule, je louperais ça pour rien au monde tellement c'est ridicule !
Potter ouvrit la bouche d'un air outré et croisa ses bras sur son torse dans une attitude de bouderie enfantine qui fit rire Drago. Le brun lui jeta un coup d'œil amusé.
- Pourquoi t'étais pas au match ? lui demanda le Gryffondor de but en blanc.
La question lui jeta un froid et il s'attendit presque à ce que Potter lui attrape le bras et relève sa manche pour vérifier s'il avait la marque. Il ne savait vraiment pas quoi faire à propos de ça. Il était persuadé qu'à l'instant où le brun poserait les yeux sur l'immonde tatouage, son regard se transformerait en de la pure haine et il pourrait dire adieu au peu de relation qu'ils avaient.
L'Angoisse ricana en le pointant du doigt.
- J'avais des trucs à faire, répondit le blond en tournant la tête, évitant les yeux de Potter.
- C'étaient qui les deux …
Drago lui lança un regard désespéré, ce qui, s'il était vraiment conscient de son attitude, ne se serait jamais abaissé à faire, mais il ne voulait pas que Potter lui demande plus de choses alors qu'il était incapable de reprendre sa respiration et que l'Angoisse lui grimpait dessus, s'enroulant vicieusement autour de son corps tremblant.
- Putain Malefoy, t'as vu comme tu trembles, s'exclama Harry en se redressant, se rapprochant de lui, le faisant reculer. Merde, tu fais encore une crise d'angoisse, c'est à cause de ce matin, c'était ça que tu faisais ? finit-il d'une voix inquiète.
Drago se crispa, reculant le plus possible dans son siège. Potter le fixait de ses grands yeux émeraude, remplis de peine et de quelque chose qu'il ne voulait pas savoir. Il voulait effacer ce regard de son visage. Il ferma les yeux.
Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Arrête.
Il rouvrit les yeux quand Potter attrapa sa main, cessant cette litanie incessante qui envahissait sa tête. Il fixa leurs doigts mêlés avec un mélange de peur et de consolation qui lui donna envie de vomir. Il était venu s'assurer que le Gryffondor n'était pas mort dans son lit, pas pour s'épancher sur ses propres malheurs.
Potter n'avait pas choisi n'importe quelle main et un sentiment de pure terreur l'envahit à mesure que le Gryffondor laissait glisser ses doigts le long de sa paume en cercle, se déplaçant doucement jusqu'à son poignet. Il fixait Potter, concentré sur son bras, et regretta de ne pas pouvoir voir son regard.
Il tremblait de peur et s'il était assez raisonnable, il aurait dû prendre ses jambes à son cou avant que le Gryffondor ne se risque plus loin. Mais il en avait marre d'être un lâche et de fuir, et c'était un bon moyen de faire un pied de nez à l'Angoisse qui observait tout de son regard scrutateur.
Il ne bougea pas, mais n'empêcha pas son corps de trembler comme une feuille morte. Potter glissa un doigt sous l'ourlet de sa manche, passant son pouce sur le tissu hors de prix aussi doucement qu'il l'aurait fait avec une étoffe de soie. Drago appréhendait tellement qu'il avait envie de pleurer. Il savait que ça avait été une très mauvaise idée de venir ici.
Potter leva la tête et planta ses yeux dans ceux de Drago, glissant sa main d'un seul coup rapide dans la manche de son pull, encerclant son avant-bras.
Le blond eut un haut le cœur et se jeta en arrière, mais le brun, qui avait sans doute vu dans son regard toute l'étendue de sa peur et de sa détresse se leva en même temps que lui et attrapa de sa main libre son autre bras, plaquant leurs deux corps l'un contre l'autre.
Drago se débattit autant qu'il pût, jusqu'à ce qu'il sente le corps de Potter faiblir et qu'il se rende compte que le Gryffondor était encore trop faible pour tenir debout. Le brun s'accrochait à lui, tremblant autant que son propre corps. Drago hésita. Il pouvait repousser le brun et s'enfuir, oublier que le Gryffondor savait désormais avec certitude que l'ignoble marque de Lord Voldemort était tatouée sur son bras.
- T'en vas pas, murmura Potter d'une voix faible, resserrant autant que possible sa poigne sur le blond.
Alors Drago resta debout, rapprochant Potter contre lui pour le maintenir en équilibre tandis qu'il traçait les contours de la Marque des Ténèbres avec douceur.
Le Serpentard se serait bien craché lui-même au visage pour cette situation imprévisible, mais il ne pouvait pas faire un geste de peur que Potter s'effondre au sol. Il expira lourdement, les yeux fermés et recula sur sa chaise, attirant le Gryffondor sur lui avant qu'il ne s'effondre à son tour à cause de ses jambes tremblantes.
- Dis-le, siffla Drago d'une voix faible et douloureuse.
- Dire quoi ?
- Que je suis un monstre et que tu avais raison depuis le début.
Le corps de Potter contre lui se crispa, et il attendait avec une joie malsaine que le Gryffondor se relève et le regarde d'un air dégoûté. Pourtant, et Drago le maudit pour ça, il n'en fit rien, se contentant de tracer et retracer les contours de la Marque comme s'il voulait s'en imprégner.
Potter laissa tomber sa tête dans son cou, et la respiration de Drago s'accéléra.
- T'es pas un monstre Malefoy.
- Je comprends pas, tu devrais déjà être en train de me gueuler dessus ou me ligoter pour m'amener à Dumbledore.
Une mèche de cheveux lui chatouilla la nuque quand Potter s'installa plus confortablement contre lui, ramenant lourdement ses jambes de chaque côté des siennes de telle manière qu'il se retrouvait à cheval sur lui. Drago aurait dû se sentir gêné de sa proximité avec le Gryffondor, mais ce n'était pas la première fois, et surtout pas dans les mêmes circonstances. Il ne sentait pas son sexe se gonfler parce que Potter se frottait contre son bassin en cherchant une position plus confortable, il se sentait juste las et rassuré parce que le brun ne fuyait pas.
En réalité, il ne savait pas s'il devait s'en inquiéter ou pas.
- Y a rien à comprendre, j'ai pas envie de te gueuler dessus ou de te livrer à Dumbledore, et je sais pas pourquoi.
Drago se raidit.
- En fait si, je sais pourquoi, reprit le brun en laissant son souffle caresser sa peau, j'ai envie de te donner une seconde chance. Ou alors peut-être que j'ai envie de faire l'autruche et d'imaginer que tu n'as en réalité aucune marque tatouée sur ton bras gauche, mais ce serait un mensonge. Tu sais ce qui est le plus drôle Malefoy, Drago se crispa, retenant son souffle, c'est que Voldemort aura attendu tout ce temps pour te rallier à sa cause et que j'ai justement choisi ce moment pour voir l'autre facette du Prince des Serpentard. Peut-être que si tu m'avais pas embrassé la première fois, on aurait continué à se détester et à se taper sur la gueule ? Malheureusement, on a franchi la ligne et plutôt que de rester chacun sagement de notre côté de la barrière, on a préféré jouer au chat et à la souris, quitte à se brûler les ailes. Voilà pourquoi.
Drago avait envie de pleurer. C'était ridicule quand on y pensait, parce que le discours de Potter avait tout d'une déclaration de, de quoi ? D'amitié, d'amour, d'ennemi ? Putain il n'en savait rien.
- Malefoy, je sais que ça t'effraie et que tu te sens pas à l'aise. Me dis pas le contraire, t'es tellement tendu que même un aveugle s'en rendrait compte. Mais putain, Potter se redressa et planta son regard dans le sien, je m'en fous, c'est clair ? Je me fous de savoir que t'es mon ennemi et un mangemort. T'as l'air aussi désespéré que moi, aussi perdu et seul alors je reste là, parce que c'est la dernière chose qu'il nous reste.
Drago fixait Potter d'un air interloqué, son visage à quelques centimètres du sien. Pas un instant il ne s'imagina pouvoir poser ses lèvres sur celles du Gryffondor parce que la situation était absolument hors de contrôle.
Potter, Potter qui disait que ça n'avait aucune importance qu'il soit un mangemort, c'était comme si Voldemort avouait qu'il aimait les moldus. Impossible, inimaginable, absurde, et une tristesse sans nom le submergea.
- Tu me crois pas, ajouta mollement Potter en avisant son regard perdu et affligé.
- Il y a de quoi, marmonna le blond en tournant la tête, évitant les yeux tristes du brun.
- Pourquoi ? lui demanda-t-il dans un souffle.
- Parce que Potter, tu es le Survivant, tu sais, celui qui est censé sauver le monde du mal, et de ses mangemorts, moi …
Le brun se recula pour voir le visage de Malefoy dans son intégralité, et pour une fois, l'Angoisse resta sagement dans son coin, regardant avec intérêt leur échange. Potter lui sourit d'un air mélancolique et lâcha ses bras. Drago se sentit soudainement perdu, mais le brun lui tendit la main.
- Il y a un bout de temps, tu m'as tendu la main et tu m'as proposé ton amitié. J'ai fait l'erreur de refuser, alors maintenant, je te la tends à mon tour.
Drago fronça les sourcils, et une lueur angoissée traversa le regard de Potter quand il posa ses yeux sur sa main tendue.
- Tu as le choix Malefoy.
Il croisa le regard de Potter et se décida. Il saisit sa main, serrant la paume moite du Gryffondor dans la sienne. Un courant électrique les traversa, les faisant frissonner. Potter lui sourit, avec les lèvres et avec les yeux. C'était la première fois qu'on lui adressait un tel regard.
Haha, je sens que je vais encore me faire des ennemis pour cette fin en queue de poisson ! Mais je vous aimes quand même ! Ah, et le grand retour de Ginny. J'espère qu'elle ne vous aura pas trop énervée parce que quand même, la pauvre, elle s'en est pris sacrément plein la tête la dernière fois !
Voilà, en tout cas, ça aura été 27 pages assez intenses. J'ai pris délibérément le choix de ne pas réécrire le match de quidditch parce qu'on le connait probablement tous par coeur et que je trouvais intéressant d'en parler d'après le regard de Drago. J'espère que ça vous aura pas trop déçu ^^
Et pour ceux qui s'inquiétait (je pense à toi Aventurine-san :p) que Harry envoie Drago à l'infirmerie, on en est très loin ;) Donc voilà, maintenant Harry sait avec certitude que Drago est un mangemort. Je ne vous dirait rien de la suite, j'aime pas le spoil haha
Mais pour la semaine prochaine : Câlin matinal, Rubis et Bibliothèque.
Sur ce, je vous fais pleins pleins de bisous, et à la semaine prochaine ! :D
PS : je ne suis pas contre les reviews, c'est plutôt cool à recevoir et ça ferait plaisir à Drago et Harry :p même si c'est juste pour dire "Drago est trop hot", je suis preneuse :D
