Bonjouuuuur !

J'espère que vous allez bien ! J'ai le coeur empli de joie quand je vous écrit ces mots, et ce blabla sûrement trop long est surtout l'occasion pour moi de tous vous remercier pour vos formidables reviews sur le chapitre précédent. En réalité, j'aimerais vous remercier pour me suivre depuis le début, ainsi que ceux qui sont arrivés en cours de route. Vous êtes merveilleux, vos reviews sont à chaque fois des cadeaux qui me font sourire jusqu'aux oreilles et si j'en suis là maintenant, c'est aussi grâce à vous. Vous me motivez, me pousser à continuer et à écrire toujours plus, alors je voudrais vous remercier très sincèrement, vous exprimer combien vous êtes parfaits. J'attends vos commentaires à chaque fois avec autant d'impatience qu'une gamine au parc d'attraction, et j'ai rencontré des personnes géniales ! Merci, merci pour tout !

Maintenant, voilà, on y est. Ce chapitre marque le début de ce qui va complètement changer dans la trame. Je suis stressée à mort parce que c'est à double tranchant. Soit ça vous plaît, soit vous détestez et vous abandonnez cette histoire. J'espère sincèrement que ce sera la première option parce que c'est vraiment pour vous que je me bouge les fesses pour écrire ces 27 pages semaines après semaines :)

Enfin, j'ai plein d'autres choses à dire, mais j'en parlerais à la fin pour ne pas vous embêter avant le chapitre avec tout ça ^^

Merci aux nouveaux : Lyra Ombrelune, styvane, DarkHaribo0w, sweet and salt, et chlo007.

On en est donc à 73 reviews (73 QUOI !? :D ) 21 favoris et 49 followers (bientôt 50 :p ) ! Vous êtes mes idoles !

Concernant la personne qui a laissé la 70ème review, c'est toi, daidaiiro30, je te laisse donc choisir quels personnages, quelle situation, ce que tu veux ;)


Un petit mot de ma bêta, que je ne remercierais jamais assez pour tout ce qu'elle fait pour moi : "J'ai dit que le chapitre 7 marquait une séparation entre le début et la fin... En fait, c'est parce que je ne savais pas tout ce que Clapouche nous cachait ! Ce chapitre change vraiment le cours de l'histoire, soyez prêts !"


PS : Merci pour vos "Drago est trop hot" ! Il était super content, et je peux vous dire qu'en effet, il est très très hot ! ;p


RAR :

Aventurine-san : Coucou toi ! Franchement, je ne sais pas quoi répondre au fait que tu ais pris ton pied en lisant le chapitre précédent, mais c'est génial ! Je n'imaginais pas un jour qu'on dirait ça d'un de mes textes :p J'ai envie de pleurer quand je lis tes commentaires parce que tout ce que tu dis est tellement gentil, tellement bien, tellement parfait que j'ai souvent pas l'impression que je mérite autant de compliments ! Le fait que ce soit structuré comme une série tient probablement du fait que je regarde énormémeeeeeent de séries :p Allez, je t'autorise à lui crever les yeux, après tout, avec la magie on peut (presque) tout faire alors je pourrais toujours lui en écrire de nouveaux pour les prochains chapitres :p Oh merci ! Je me sentais pas de réécrire tout le match parce que JK l'avait fait à merveille avant et je suis tellement contre le plagiat que je me voyais mal changer genre deux trois mots comme ça ! Bref, en plus ça me disait bien de l'écrire du point de vue de Drago :p Oh que de demandes :p je vais devoir me prendre une secrétaire haha ! Promis, tu auras droit à un lemon dans les vestiaires et dans l'infirmerie :p Oh non je l'ai jamais vu ! Est-ce que tu aurais un lien ? Ou alors tu peux nous l'envoyer sur la pages FB comme ça on la postera en dédicace :D Qu'est-ce que j'ai galéré à écrire ce passage, je flippais à mort parce que c'est vraiment difficile de faire en sorte que ça passe naturellement alors que ouais, Drago accepte que Harry découvre qu'il est vraiment un mangemort et mince, c'est pas rien, c'est un peu un des points central du tome 6. M'enfin voilà, je suis contente de voir que tu l'a aimé :D Merci pour l'astuce, c'est vrai qu'au bout d'un moment, j'ai le cerveau qui implose du coup je fais des erreurs de répétition mais j'ai toujours mon petit site de synonyme ouvert à côté au cas où :p Mais t'as trop raison d'être un peu guimauve, on en a bien besoin des fois :D Aaaaah le câlin, je suis sûre qu'il va te plaire :D :D Voilà, j'espère que t'as passé une bonne semaine, que la prochaine ira bien ! A tout à l'heure ! Pleins de bisous, de ma part et de la part de Drago (presque tout nu) HAHA.

daidaiiro30 : Déjà bienvenuuuuuuue ! Merci pour ta review, elle est géniale ! Ensuite, tu as donc laissé la 70ème review, et comme je l'avais annoncé, tu as le droit à un OS de ton choix :) Donc j'attends tout ça :p (Je te préviens juste de ma lenteur disproportionnée pour écrire haha). Oh oui Drago est trop hot, et crois moi, il a été très content de lire tous ces jolis mots de ta part :p Et encore merci pour ces mots adorables ! En effet, je me voyais mal les pousser trop vite dans les bras l'un de l'autre alors qu'ils se sont bien détestés pendant longtemps ! Donc merci d'apprécier la lenteur que ça prend mais promis, c'en sera d'autant mieux quand ils se trouveront enfin ! Haha, spoileeeers, non rien de rien, je ne dirais rien :p mais voilà, c'est maintenant ! J'espère que ça va te plaire, que tu aimerais autant que ceux d'avant et que je vais vite te revoir sur cette histoire ! Merci pour tout et ta review en deux partie m'a bien fait rire :D Bisous bisous et peut-être à toute !

Yukino : Helloooo ! Oh mon dieu, tu me donnes tellement envie d'y aller ! Ca a l'air tellement génial ! T'as trop de chance ! Alors, le prochain passage c'est le parc à Orlando ? :p Oh bah si jamais, ça te tente, ça me ferait plaisir si c'était toi qui illustrait cette histoire :) Oh t'as twitter ? :D Si jamais, moi c'est Clapouti :p Aaaah trop bien ! Bah écoute si jamais tu le lis, je serais super contente que tu me le dises :p Mais je sais pas :'( j'y fais pas exprès, c'est mes doigts et mon cerveau qui se sont ligués pour écrire des fins en queue de poisson mais je veux pas mouriiiiiiiiiiiiiir ! Je suis quand même super contente qu'ils t'aient plus à ce point ! Je suis vraiment super heureuse à chaque fois que je reçois tes reviews :D Aaah Luna, première personne à shipper le Drarry :D Graouuuuu, je ne dirais rien mais je suis sûre que ça va te plaire ! :p Allez, plein de bisous et à tout l'heure j'espère ! :D


Bonne Lecture !


Musique :

Hans Zimmer

Aurora


Chapitre 11


Drago ne ferma pas l'œil de la nuit. Chacun des mots de Potter tournaient et retournaient le fil de ses pensées, lui donnant la migraine et le laissant éveillé jusqu'à ce que l'aube pointe le bout de son nez. Les ronflements de ses camarades de dortoir n'aidaient pas non plus.

Quand il repensait aux mots du Gryffondor, il avait la sensation que toute la situation était hors de son contrôle. Il n'osait pas imaginer à quoi ressemblerait une amitié avec Harry Potter et en réalité, il était à la fois terrifié et fébrile à l'idée qu'il pourrait voir le Gryffondor sous un autre angle. Puisqu'il avait le temps avant de se lever, il avait tout le loisir de penser à ça, à commencer par toutes les fois où il s'était retrouvé seul avec le brun et où la situation avait à chaque fois dérapé de telle manière qu'il en ressortait aussi perdu qu'au début de l'été.

Il ne pouvait pas nier que Potter lui plaisait physiquement, ou en tout cas que son corps réagissait à celui du brun. Inutile de se le cacher, il savait reconnaître la beauté quand il la voyait et le Gryffondor n'était pas en reste de ce côté là. Le plus difficile résidait dans l'idée qu'il ne voulait pas accepter qu'il puisse ressentir du désir pour Potter. Idée qui se faisait un bout de chemin jusqu'à son cerveau, sournoisement aidée de l'Angoisse.

Parce que madame ne se contenterait pas de lui faire perdre ses moyens à chaque occasion, il fallait encore qu'elle frétille dans tous les sens dès lors que le visage de Potter illuminait ses pensées. Si elle pouvait prendre forme physique et peut être qu'alors il serait plus facile de la confronter, elle se serait sûrement installée sur son épaule et aurait susurré à son oreille combien le brun était séduisant et à quel point il serait agréable et tellement plaisant de sentir son corps contre le sien, ce qui, à bien y penser, ne le laissait pas indifférent.

Drago avait relevé la manche de son pull et observait avec consternation la marque des ténèbres qui défigurait sa peau. Une partie de lui était soulagée que Potter n'ait pas saisit l'occasion pour la regarder, alors que l'autre était absolument effrayée et désappointée de savoir que malgré tout ce qu'il avait fait pour être discret, il avait laissé le brun découvrir son secret le plus honteux. Pire encore, il avait autorisé le Gryffondor à s'approcher suffisamment de lui pour qu'il le laisse pénétrer ses défenses. Il n'avait aucune raison de le faire, mais plus il y pensait, et moins il regrettait de s'être levé en plein milieu de la nuit pour aller voir le brun. Pour la première fois, il se sentait enfin compris et moins seul que jamais.

Un bâillement bruyant le tira de ses pensées. Il soupira, priant pour que la personne réveillée ne le dérange pas, mais c'était sans compter sur la misérable chance qui lui courait après sans jamais l'atteindre. Crabbe ouvrit les rideaux de son lit sans aucune grâce, et Drago s'étonna qu'ils ne s'effondrent pas sur lui.

- Drago, on va déjeuner ?

Il soupira, encore une fois. Habituellement, il se levait avant que ces deux incapables émergent et il avait le temps de s'enfuir dans la salle sur demande pour échapper à leurs questions inutiles. Ils n'étaient même pas capables d'aller prendre leur petit déjeuner seuls. Il consentit à repousser ses couvertures sans pour autant répondre à son camarade, et se dirigea vers la salle de bain sans jeter un regard aux autres élèves qui se réveillaient les uns après les autres.

Il s'enferma à double tour et tomba nez à nez avec son reflet. Il ne s'était pas arrêté sur son visage depuis si longtemps qu'il était choqué, et le mot semblait encore trop faible pour exprimer combien il était désappointé de l'état dans lequel il se trouvait. Il adorait ses cheveux, mais les mèches qui tombaient contre son visage étaient ternes, sa peau d'albâtre avait pris un teint blafard et les cernes noirs qui soulignaient ses yeux faisaient un contraste si horrible qu'il en eut la nausée. L'Angoisse susurra à son oreille qu'il ressemblait à La Mort, glissait ses mains froides sur ses épaules crispées, descendant jusque sur son ventre, brûlant tout ses espoirs sur son passage, ne laissant plus que sa peur et son désespoir.

Il observa dans un état second ses lèvres qui tremblaient, et un haut le cœur lui secoua l'estomac, le faisant vomir dans le lavabo avec douleur et honte. La bile lui brûla la gorge, des larmes de souffrance perlant au coin de ses yeux. L'odeur le dégoûtait et il se passa le visage sous l'eau pour effacer toutes les traces de cette horreur d'un geste fébrile, ses mains tremblant autant qu'un homme atteint de la maladie de Parkinson.

- Drago, bouge-toi !

Le blond sursauta à la voix de Nott et se recula précipitamment, fuyant son propre regard perdu. Il inspira profondément, trop vite, et ferma les yeux pour oublier ce visage affreux. Il devait penser à quelque chose d'autre, oublier que l'Angoisse s'amusait avec lui.

Le sourire de Potter envahit toutes ses pensées, et l'Angoisse se recula en sifflant de mécontentement, son cœur reprit un rythme normal et il osa ouvrir les yeux. Il avait toujours une tête de déterré, mais la chaleur du regard du Gryffondor lui redonnait un peu de vie.

Il ouvrit la porte et affronta les yeux agacés de Nott avec une moue de dédain. Tout sauf cette expression apeurée qu'il arborait quelques secondesplus tôt. Le Serpentard se contenta de hausser un sourcil et d'attendre que le Prince sorte de la salle de bain pour s'y engouffrer à son tour sans un mot.

Crabbe et Goyle l'attendaient dans la salle commune quand il sortit du dortoir, enfin habillé. Blaise ne l'avait pas harcelé de questions, et Drago lui en était reconnaissant. Il s'était contenté de le regarder d'un air préoccupé qu'il s'était empressé d'ignorer et l'avait suivi quand il avait attrapé son sac et s'était dirigé vers la sortie.

Ils traversèrent les couloirs du château dans un silence de plomb alors que les élèves autour d'eux laissaient leurs voix porter les mots comme autant de lames et de caresses le long des murs de Poudlard. Tous n'avaient qu'un nom à la bouche : Potter.

Et lui, Drago Malefoy, n'osait pas jeter un regard sur eux, évitait un souffle de trop de s'échapper de son corps et que l'on découvre ainsi qu'il y avait ça.

Parce qu'il ne cessait de voir le visage qu'avait Potteravant qu'il ne le quitte cette nuit. Ses yeux et son sourire, sa chaleur, la main qu'il lui tendait et qu'il avait prise dans la sienne comme s'il décidait alors de changer tout le cours de sa vie. Un frisson lui avait traversé tout le corps et il savait, avec une certitude effrayante, que le Gryffondor avait ressenti la même chose, que ce moment était tout sauf anodin.

Et à mesure que ses pas le menaient vers la Grande Salle, l'Angoisse se tenant solennellement à ses côtés, il ne pensait qu'à une chose, aussi effrayante que Voldemort. Potter allait-il respecter ses mots ou bien était-il stupidement tombé dans un piège ?

Il aurait ralenti s'il avait été seul. Mais les pas lourds de ses camarades derrière lui l'en dissuadèrent et il affronta avec angoisse, ô comme elle se languissait de le voir ainsi, les hautes portes de la Grande Salle, priant pour que Potter n'y soit pas encore arrivé et que l'infirmière ait décidé de le garder encore quelques heures.

Les ragots allaient bon train, et toute l'école savait avant même qu'il ne soit au courant que Potter sortait de l'infirmerie ce matin. A vrai dire, il ne se sentait pas, mais absolument pas prêt pour tomber nez à nez avec le Gryffondor, ce qui allait irrémédiablement arriver, à moins qu'il ne fuie lâchement, et dans le cas où le brun avait été sincère, il foutrait en l'air tout ce qu'ils avaient commencé, comme il le faisait toujours.

Il sentait le regard de Blaise dans son dos et refusa de se retourner pour croiser ses yeux interrogateurs. Zabini était une plaie. Le Serpentard le connaissait assez pour avoir remarqué qu'il était complètement tendu, et était assez intelligent pour faire le lien entre leur conversation de la veille et les ragots qui se colportaient dans tout le château. Il ne savait cependant pas quelle conclusion il en tirerait, et la peur lui tenaillait le ventre à l'idée qu'il découvre toute la vérité.

Il se retint de justesse de faire demi-tour quand il aperçut la foule d'élèves amassés autour de la table des Gryffondor, célébrant le retour de leurs deux joueurs et héros nationaux. Il aurait dû ricaner, s'avancer et sortir une réplique qui clouerait tout le monde sur place, rendre Weasley fou de colère et faire enrager Potter, mais rien ne lui venait. Et pire, il n'en avait aucune envie.

Il se dirigea à la table des Serpentard d'un pas lourd, après tout, personne ne le remarquait, tous trop occupés à observer les Gryffondor, et se laissa tomber sur le banc sans se préoccuper de savoir si ses camarades le suivaient. Il ne devait en soi pas s'en inquiéter puisqu'ils n'attendirent pas une seconde de plus pour prendre place à ses côtés, Blaise gardant cet air préoccupé sur le visage qui agaçait prodigieusement le blond.

Drago retint son regard de se tourner vers la table des Gryffondor, même si l'envie irrésistible de croiser un regard émeraude lui dévorait les entrailles. S'il se trouvait pitoyable, une autre partie de lui se foutait bien de savoir qu'il se languissait des yeux de Potter. Il était devenu fou, drogué et pourtant, rien n'y faisait, il n'arrivait pas à repousser tous sessentiments comme son père lui avait appris. Il n'en avait même pas envie.

Potter était la lumière au bout du tunnel, la main tendue, le souffle d'espoir qui l'irradiait de chaleur, et il n'était pas encore assez fou pour repousser tout ça. Il ne pouvait pas, pas alors qu'il était trop perdu dans l'obscurité et la douleur. Il avait besoin que le Gryffondor le sorte de là.

Blaise le fixait toujours et il avait la furieuse envie de le frapper pour lui ôter cet air inquiet du visage. Il ne voulait pas de sa compassion, ni de son aide. Il n'en avait jamais eu besoin et ce n'était pas maintenant que les choses changeraient. Une rage froide lui brûla les tripes et il vit, dans les yeux du noir, qu'il avait vu la colère qui se réveillait en lui. Grand bien lui fasse, Blaise l'avait mérité, et il s'en était fallu de peu pour qu'il reçoive son assiette dans la figure avant que le blond se lève précipitamment de la table et sorte de la Grande Salle d'un pas rageur, sans un regard ni un mot pour ses camarades de Serpentard abasourdis.

- Qu'est-ce qu'il a Drago ? Demanda Goyle à Blaise qui fixait le dos du blond s'éloigner d'un air incrédule.

- Pas assez dormi, marmonna Zabini en détournant les yeux, tapant des doigts sur la table d'un air préoccupé.

Goyle lui répondit, mais Blaise ne l'écouta pas. Drago l'inquiétait vraiment, et cet abruti ne voulait pas accepter son aide. Il était assez intelligent pour voir que quelque chose clochait depuis le début de l'année, incluant non seulement son ami, probablement Voldemort, et par la même occasion, Potter. Deux choses qui avaient le don de retourner le cerveau de Drago aussi facilement qu'une crêpe. Il était inquiet et c'était loin d'être un euphémisme.


Harry détestait être au centre de l'attention, c'était un fait incontestable, prouvé et auquel malheureusement, il ne pouvait pas échapper, quoi qu'il fasse. Il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'on se jette sur lui dans la Grande Salle. Ce n'était pas comme s'il avait fait quelque chose d'exceptionnel, on lui avait juste fracassé le crâne. Pire, McLaggen lui avait fracassé le crâne. Heureusement pour lui, le Gryffondor n'avait pas osé mettre un pied dans la salle de peur que le Survivant lui tombe dessus.

Mais Harry, lui, ne pensait qu'à une chose. Il n'avait pas réussi à dormir après sa discussion complètement irréaliste avec Malefoy. Non seulement, il avait eu mal à la tête, mais le visage perdu du Serpentard ne cessait de flotter dans son esprit sans qu'il puisse faire quelque chose pour changer ça. Il se serait endormi contre le blond si Malefoy ne l'avait pas soulevé dans ses bras et l'avait reposé sur son lit, et il en aurait probablement ri si l'idée ne l'avait pas effleuré que oui, en effet, il se serait complètement laissé aller dans l'étreinte du Serpentard sans aucune résistance.

Il avait été sincère sur ce qu'il lui avait dit. Il croyait chacun des mots qu'il avait prononcés malgré le fait que le blond ne semblait pas le croire. Il avait vu Malefoy de la pire des manières, faible, perdu, seul, abandonné et ça lui avait causé un choc. La détresse du Serpentard l'avait percuté avec trop de violence pour qu'il puisse l'ignorer, et il s'était abandonné à lui. Il ne regrettait pas, il savait ce qu'endurait le blond, le partageait du fond de ses tripes, et s'accrocher à lui, ne pas le laisser s'éloigner était la chose la plus vitale qu'il avait ressentie à ce moment-là.

L'espace d'un instant, quand Malefoy était rentré dans la Grande Salle avec ce visage froid et douloureux, il eut envie de se lever et de se précipiter vers lui. Mais le blond ne daigna même pas tourner les yeux vers lui, et la seule chose à laquelle il pouvait penser, c'était qu'il n'avait rien à faire là, à écouter les jacassements incessants des élèves autour de lui qui ne pensaient qu'à son accident. Même le fait que Ron et Hermione se soient réconciliés ne parvenait pas à le tirer de ses pensées.

Alors, quand Malefoy se leva, il n'hésita pas un instant.

- J'ai besoin d'air avant d'aller en cours, murmura Harry à l'oreille de Hermione avant de se lever et d'attraper son sac.

La brune acquiesça, compréhensive, et s'empressa de trouver un moyen pour retenir les élèves qui s'étaient attroupés autour d'eux et laisser à Harry un peu de répit. Il traversa la foule en jouant des coudes, prétextant avoir oublié quelque chose dans son dortoir pour qu'on lui foute la paix et atteignit enfin le calme rassurant du hall vide.

Il ne savait pas où était parti le blond mais son instinct le poussa à sortir du château, certain que le Serpentard devait se trouver dans le parc. Il ne vit rien, au premier abord, mais tournant la tête de tous côtés, il finit par apercevoir une touffe de cheveux blonds derrière un buisson et s'avançant, il découvrit Malefoy de dos, assis sur un banc, le visage plongé dans ses mains.

Il hésita un moment, se faisant la réflexion qu'il courait souvent derrière le blond dernièrement, même s'il se souvint avec un sourire que le Serpentard était venu le voir de lui-même cette nuit. Il resta aussi silencieux que possible et quand il se retrouva enfin à quelques centimètres de Malefoy, qui – miracle - ne l'avait pas remarqué, posa ses mains sur ses épaules crispées.

Si Malefoy était déjà tendu avant que Harry arrive, il atteignit un niveau inhumain quand il sentit les mains du brun sur ses épaules. Complètement désappointé, le blond ne réagit pas, restant figé et n'osant pas se retourner pour découvrir l'identité de celui qui osait le déranger.

- Salut, souffla Harry d'une voix basse.

Le brun se maudit pour son ridicule. Comment pouvait-il dire « salut » alors qu'ils avaient clairement dépassés le seuil des paroles inutiles la nuit dernière ?!

La réaction du Serpentard le prit complètement au dépourvu, et alors qu'il s'était attendu à une riposte de la part du blond, il se surprit à penser qu'il préférait vraiment cette manière de faire. Le corps du vert et argent s'était détendu aussitôt qu'il avait reconnu sa voix, il s'était relevé, et Malefoy avait laissé tomber sa tête en arrière contre le torse de Harry. Le brun avait baissé les yeux sur le visage du blond, ses paupières fermées, et il aurait presque pu voir un sourire sur les lèvres de son ancien ennemi.

Le Gryffondor se rapprocha un peu plus, et le Serpentard cala complètement son dos contre le corps du brun, ses yeux toujours fermés, complètement abandonné contre Harry, juste comme ils l'avaient fait cette nuit.

Harry ne cessait de le fixer, la bouche entrouverte, le souffle saccadé et l'impression que son cœur allait s'échapper de sa poitrine. Il avait vu le Malefoy apeuré, angoissé, enragé, mais c'était la première fois qu'il observait le blond dans le plus pur état de plénitude. C'était si beau, et si apaisant qu'il oublia pendant un long instant qu'ils étaient censés se battre l'un contre l'autre, s'abandonnant complètement dans la vision de Drago Malefoy apaisé, simplement parce qu'il avait posé ses mains sur ses épaules et accepté d'être son pilier.

Les mots qu'il avait eus cette nuit avaient mené à ça. C'était ça qu'ils recherchaient finalement depuis longtemps, et peut-être que si Harry avait accepté i ans de saisir sa main, tout aurait été plus facile.

Il ne put s'empêcher de laisser sa main glisser le long de la courbe du cou de Malefoy, caressant sa peau pâle et brûlante. Il avait toujours cru que le Serpentard aurait la peau aussi froide que son caractère, mais la chaleur qu'il lui transmettait changeait tout ce à quoi il s'était préparé.

Il voulait être doux, donner à Malefoy ce qu'il attendait, voir et revoir cet air apaisé sur son visage, et accepter toute l'horreur qu'il avait aussi en lui.

Le blond posa sa main sur la sienne, celle qui reposait contre le cœur du Serpentard sans qu'il ne se soit réellement demandé comment elle était arrivée là, et entremêla ses doigts aux siens. Sa poigne était forte et Harry avait envie de penser qu'elle était aussi possessive.

- Reste-là Potter. Tu m'as dit cette nuit que j'étais la dernière chose qu'il te restait, alors ne t'enfuis pas, murmura Malefoy.

La bouche de Harry s'assécha, et il inspira profondément pour se retenir de … de quoi après tout ? Il n'arrivait pas à penser clairement, ou alors si, il ne pouvait penser qu'à une seule chose : il préférait crever que d'abandonner Malefoy sur ce banc.

Il avait des envies bizarres, il le savait, et son obsession pour le Serpentard avait clairement tourné en une de ces envies incompréhensibles qui vous dévoraient le cœur et vous empêchaient de faire autre chose que sans cesse penser à l'objet de vos désirs.

Il désirait Malefoy si violemment qu'il en eut le tournis. Ce n'était pas que sexuel, il aurait pu s'en contenter et l'accepter facilement, mais il voulait le Serpentard tout le temps. Il voulait son sourire, son regard perdu, ses paroles de serpent et son air d'enfoiré aristocratique. Et il en tremblait comme un malade, il en deviendrait probablement fou, mais il savait au fond de lui qu'il avait voulu Malefoy depuis la seconde où il avait posé les yeux sur lui chez Mme Guipure il y avait 5 ans. Il ne pouvait même pas mettre de mot là-dessus, il n'était juste pas prêt, et pas capable d'avouer à voix haute qu'il était incapable de vivre sans Drago Malefoy.

Hermione lui avait dit que son obsession était malsaine et que ça finirait par tourner mal, et il admira encore une fois son intelligence et sa clairvoyance. Elle avait vu à des kilomètres à quel point il était accro à Malefoy, probablement même avant la fin de leur cinquième année. Et lui, comme toujours, comprenait bien plus tard.

Malefoy devait avoir senti dans sa posture que quelque chose avait changé, parce que quelques secondes plus tard, le blond se retrouvait debout, face à lui, sa main toujours posée sur son cœur et mêlée à la sienne. Leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, Malefoy le scrutait scrupuleusement, cherchant à savoir ce qui avait bien pu traverser son esprit pour que son corps réagisse ainsi.

- Tu veux fuir, dit Malefoy dans un souffle, comme si ce n'était qu'une simple constatation.

- Non …

Sa propre voix était si rauque, et il semblait si peu sûr de lui qu'il s'imagina que Malefoy le traiterait de menteur et l'abandonnerait ici. Ils étaient si proches que Harry pouvait observer toutes les différentes nuances dans les yeux du blond. Leurs souffles se mêlaient et ils ne s'étaient jamais sentis aussi bien que dans l'instant présent. Plus rien autour d'eux n'avait d'importance sinon la présence de l'autre.

C'était comme si Harry avait attendu ça toute sa vie, ce sentiment de confort et d'évidence avec une personne. Ron et Hermione étaient non seulement ses meilleurs amis, mais ils étaient aussi sa famille, pourtant, il n'avait jamais ressenti ça avant. Il avait l'impression d'avoir compris quelque chose, que parler à Malefoy aussi sincèrement l'avait amené à se découvrir, à voir au-delà du Survivant.

Lui qui pensait avoir le contrôle de son corps et de ses émotion se retrouvait complètement démuni devant la vérité qui éclatait à ses yeux. Il n'avait jamais pu se passer de Malefoy, et il avait fallu des coups, de la violence et dudésespoir pour qu'il s'en rende compte.

Malefoy le regardait d'un air inquiet, le même air qu'il avait fugacement surpris sur le visage du blond la nuit dernière quand il avait vu le bandage qui entourait sa tête. Le Serpentard s'inquiétait pour lui.

- Je ne veux pas fuir, ajouta Harry en se rapprochant, collant son front à celui de Malefoy.

Les yeux du blond s'étrécirent sous la surprise, et le brun en distingua chaque changement, chaque petit mouvement qui exprimait autant de pensées et de sentiments et auxquels il n'avait jamais prêté attention sur qui que ce soit. Le Serpentard déglutit et il sentit avec délectation sa respiration s'accélérer.

- Je suis rassuré de voir que tu as toujours ton courage de Gryffondor, répondit finalement le blond avec un petit sourire amusé.

Harry soupira de soulagement, un frisson lui remontant le long du dos quand il rapprocha encore ses doigts de ceux de Malefoy. Le blond avait la main délicate, propre à l'image qu'il donnait, grâce et élégance.

Et avec une certitude qui lui brisa le cœur, il sentit, à travers tout son corps et dans les yeux de Malefoy, qu'il ne croyait toujours pas aux mots qu'il avait prononcés cette nuit, que sa simple présence ici était trop inattendue et tellement voulue que ça ne pouvait qu'être irréel. Les gestes du blond étaient hésitants et en même temps complètement désespérés, comme si Harry pouvait lui échapper à tout moment, et il se demanda comment, à quel moment particulier ils avaient pu basculer aussi loin dans la dépendance, à ne plus pouvoir vivre sans avoir la certitude que l'autre serait toujours là, jour après jours, nuit après nuit.

Dans un enchevêtrement de bras et de capes plus gênantes l'une que l'autre, Harry se dégagea de la poigne du blond qui voulut fuir dès le moment où le contact fût brisé. Le brun se jeta sur lui, passant ses bras autour de son corps, rapprochant son torse du sien et le serrant contre lui de toutes ses forces alors que Malefoy pensait, croyait que ce petit geste de recul était un signe que tout ça n'était qu'un rêve.

Mais Harry ne le laissa en aucun cas s'éloigner et Malefoy, une fois la surprise passée, se blottit contre lui comme si sa vie en dépendait, cherchait son réconfort, la réalité du moment, réfléchissait à s'en détruire le cerveau sur les vraies intentions du brun.

C'était pourtant clair. Tellement dépendants l'un de l'autre qu'ils étaient incapables de se séparer dès lors qu'ils avaient compris ça.

Malefoy agrippa les pans de la cape de Harry et les tira, aussi fort que possible pour rapprocher le brun de lui et enfouir son visage dans le cou du Gryffondor, cachant son regard fou.

- Je ne vais pas m'enfuir Malefoy, je t'ai dit que je ne partirais pas.

Parce que le corps du blond tremblait tellement contre le sien et qu'il ne pensait même plus à combien la situation pouvait paraître dérangeante vu de l'extérieur, Harry Potter contre Drago Malefoy, Ordre du Phénix contre Mangemort, il ne chercha pas un instant à repousser le Gryffondor pour voir son visage, se contentant de le serrer contre lui. Il n'avait pas besoin de voir les yeux du Serpentard pour savoir qu'il n'était pas le seul à réagir excessivement à une simple étreinte.

Elle était désespérée, cette étreinte. Deux âmes perdues au bord du gouffre qui s'étaient accrochées l'une à l'autre dans l'espoir de ne pas sombrer. Ah, comme il était beau le Sauveur, s'accrochant comme il accrochait Malefoy, l'Ennemi.

Son ennemi.

Il glissa ses doigts dans les cheveux de Malefoy, dans le creux de sa nuque, à l'aube de sa colonne, et le blond soupirait, son souffle caressant la naissance de son cou, quand une sonnerie stridente déchira l'air.

Ils se reculèrent trop violemment et Malefoy tituba un moment. Se retrouvant face à face, perdus, Harry ne pouvait que fixer le Serpentard qui tentait de reprendre son souffle, à l'image même du sien, et quand bien même il avait envie de le reprendre dans ses bras, il savait que ce ne serait en aucun cas pareil. Passé le sentiment de désespoir et d'illusion, le Serpentard ne ferait que retrouver ce masque qu'il affectionnait tant, repoussant encore autant que possible ces sentiments perturbants et malsains qui les envahissaient à chaque fois qu'ils se retrouvaient face à face.

Harry ouvrit la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi qui lui permette de retenir ne serait-ce qu'une minute le Serpentard avant qu'il parte en cours mais rien ne lui vint et il maudit son cerveau vide. Cela dut se voir sur son visage, puisque Malefoy osa lui jeter un regard amusé, son masque pas encore complètement mis en place, avant qu'il ne s'enfuit sans un mot de plus vers le hall, semblant avoir repris plus de contenance qu'il n'en avait ces derniers jours.

Harry sourit de soulagement, et quelques secondes plus tard, se dirigea à son tour vers son cours.


Drago n'écouta pas un seul mot de ce que McGonagall disait, pas plus que les paroles sans fin de Binns et même les paroles avisées de Rogue ne réussirent à le sortir de ses pensées.

Pensées qui étaient tournées vers le seul et unique, il avait nommé : Saint Potter. Il se demandait encore comment tout ça avait pu arriver, par quel miracle le Gryffondor avait pu avoir envie de l'accepter aussi facilement, jusqu'à s'abandonner sans concession. Parce que le brun savait qu'il était un mangemort et probablement l'un des plus gros enfoirés d'Angleterre, pourtant il avait pris son parti et était resté à ses côtés.

Il n'arrivait pas à démêler tout ce qu'il avait vécu, et après tout, il n'en tirait qu'une chose positive. Potter était avec lui et c'était tout ce qu'il lui suffisait. Ils devraient probablement avoir une conversation un peu plus tard sur tout ça, mais pour le moment il ne pouvait qu'apprécier d'avoir passé ces quelques minutes de paix avec le Gryffondor.

Paix, c'était un mot qu'il trouvait si étrange quand il l'associait à Potter, comme s'il [lui] était impossible d'imaginer qu'un tel terme puisse se mêler au Gryffondor. Sa plus grande victoire résidait dans le fait qu'il avait réussi à repousser l'Angoisse, et qu'il avait accepté la présence du brun avec un plaisir non feint. Il sentait enfin qu'il n'était plus seul et il l'acceptait pleinement.

La journée passa trop lentement à son goût et il aurait vraiment préféré trouver un moyen d'aller voir Potter – il refusait de penser que le Gryffondor lui manquait déjà – mais la menace pesante de Voldemort au dessus de sa tête le dissuada de faire autre chose que de se rendre dans la salle sur demande. Il retrouva Crabbe et Goyle dans la salle commune et ne leur laissa pas le choix, les traînant derrière lui jusqu'à la pièce cachée. Quelques goulées de polynectar plus tard, Drago se retrouvait dans la salle sur demande, l'armoire se dressant fièrement face à lui.

Tout ce qu'il avait fait n'avait concrètement servi à rien, et le peu d'espoir et de regain de force qu'il avait eu dans les dernières heures s'évapora quand il réalisa qu'il n'arriverait pas à réparer cette foutue armoire à disparaître. Il aurait aimé y foutre le feu, se débarrasser de tout ce problème de merde qui lui collait au corps. Mais il ne pouvait rien faire, pieds et poings liés, il tenait trop à sa mère pour la laisser aux mains de Voldemort.

Drago se laissa tomber au sol et ramena ses genoux contre son torse, posant son front sur ses bras repliés. Il soupira à s'en fendre l'âme, sans force, et il aurait pu s'abandonner au sommeil si l'Angoisse ne lui tournait pas vicieusement autour, guettant la moindre de ses faiblesses pour se saisir de son cœur meurtri. Sa caresse invisible était presque rassurante, familière, vicieuse et dans un dernier sursaut de désespoir, Drago la laissa s'insinuer en lui fiévreusement, accueillant avec douleur sa colère et sa jalousie contre Potter. Il la sentait, prête à briser tout ce que le Gryffondor avait réinsufflé de bien en lui, comme si tout ce qu'elle pouvait faire était le détruire aussi profondément que possible.

L'Angoisse contre Potter, alors que Drago ne savait plus qui des deux il devait accepter ou repousser. Le Gryffondor était trop bon, trop inaccessible, et l'Angoisse, à son oreille, lui soufflait des mots qui lui promettaient qu'il ne serait plus seul avec elle. Il allait saisir sa main.

- Ne fais pas ça.

Drago se figea, une terreur glacée l'envahissant. Il ne connaissait pas cette voix, il était censé être seul, et à moins qu'il soit devenu fou, quelqu'un se trouvait derrière lui. C'était la chose la plus effrayante et terrible qu'il ait vécue après Voldemort et il appréhendait tellement de se retourner pour faire face à l'intrus qu'il préférait encore se laisser mourir au sol comme un vulgaire animal.

Parce que cette voix froide, et il avait eu l'impression que c'était l'incarnation vicieuse de Voldemort, s'était élevée dans son dos, et qu'il était toujours assis en pure position de faiblesse, il ne se retourna pas. Il ferma les yeux, en pleine crise de panique, à l'affût du moindre bruit dans son dos. Il ne pensa pas une seconde à se servir de sa baguette, complètement paralysé par la peur alors que le corps derrière lui se baissait et qu'il sentait contre son cou le souffle brûlant de la terreur.

- Si tu la laisses s'emparer de toi, elle ne t'abandonnera jamais.

Drago frissonna, la boule brûlante de la peur glissant plus profondément en lui. Il savait que l'inconnu parlait de l'Angoisse et il était encore plus tenté de la laisser l'attraper dans ses bras pour échapper à cette terreur viscérale qui lui étreignait le corps.

- Reprends-toi ! s'énerva la voix, et Drago crut qu'il allait pleurer.

Deux bras puissants l'attrapèrent et le soulevèrent durement, le retournaient sans ménagement, et le blond était sûr que s'ils le lâchaient, il s'effondrerait lâchement au sol. Il ne voulait pas ouvrir les yeux, se refusait à ne serait-ce que poser le regard sur la personne effrayante qui le tenait à bout de bras.

- Ouvre les yeux, regarde-moi, murmura la voix d'un air qui se voulait gentil.

Drago retint un rire désespéré, il ne pouvait pas s'imaginer un seul instant que l'inconnu puisse être gentil.

- Je suis là pour t'aider Drago.

Ç'aurait pu être parce qu'il avait utilisé son prénom, ou tout simplement parce qu'on ne l'avait jamais touché sans son autorisation – excepté Potter, se rappela-t-il mentalement avec amertume – qu'il ouvrit subitement les yeux, mais non. En réalité, il s'était extirpé de son maelström d'émotions parce qu'il en avait marre, et le mot était encore trop faible pour exprimer combien ça l'enrageait, qu'on lui propose de l'aider. C'était rédhibitoire.

Il aurait aimé qu'on voit à quel point il avait envoyé valser sa lâcheté quand il croisa les yeux rouge sang de l'inconnu. Il avait cru voir Voldemort, mais la personne qui le maintenait toujours avec force n'avait rien à voir avec le Seigneur des Ténèbres. Ses pupilles pourpres étaient dénuées de toute violence et folie, simplement animées par la colère et quelque chose comme de l'inquiétude qui le fit froncer les sourcils. La dernière fois qu'il avait vu un sentiment semblable dans les yeux de quelqu'un, c'était dans ceux de Potter, et l'envie violente de voir le Gryffondor l'envahit, de sentir son étreinte rassurante. Une vague de chaleur le traversa.

L'inconnu le lâcha soudainement, et Drago tituba, essayant laborieusement de reprendre son équilibre et de rester droit sur ses jambes.

Il leva la tête et observa avec fascination l'inconnu, le cœur perdu entre la peur et l'appréhension. Outre ses yeux rouges, il avait l'air parfaitement normal, et il avait même un nez. Drago aurait presque pu croire qu'il était humain, mais il se dégageait tant de magie et de puissance de son corps qu'il doutait qu'il en soit encore un. Il était plus grand que lui d'une tête et alors qu'il s'attendait à voir une montagne de muscle, l'homme était aussi fin que lui. Donc, il tirait probablement sa force de sa magie, ce qui était en soi, bien trop inquiétant pour sa santé mentale. Il était censé se trouver seul dans la salle sur demande, pas être coincé dans une pièce d'où il ne pouvait sortir sans ameuter tout Poudlard avec à ses trousses un parfait inconnu bien trop puissant pour lui.

Il était coincé et instinctivement, il sentit l'Angoisse s'interposer entre eux deux, comme un voile invisible. L'homme en face de lui plissa les yeux, son regard devenant immédiatement menaçant et Drago sut, aussi sûrement qu'il le sentit, que c'était après l'Angoisse qu'il en avait. Il se sentait complètement dépassé. Il admettait qu'il avait des crises d'angoisse, mais de là à ce que l'autre en ait conscience aussi facilement, comme si son mal être était une personne à part entière, il allait devenir fou.

- Éloigne-toi ! siffla l'homme en se redressant d'un air menaçant.

Et Drago vit avec effroi la main de l'inconnu se tinter d'une brume rouge. Il se sentit oppressé, étouffant à moitié et l'impression qu'on s'emparait de son cœur, qu'on s'accrochait à lui désespérément alors que l'homme prononçait des mots qu'il n'entendait même plus.

L'air se propulsa à nouveau dans sa gorge, trop violemment, le faisant tousser. Il se plia en deux, tremblant de tout son corps, les jambes flageolantes.

- Ça fait combien de temps qu'elle te tourne autour ? demanda l'homme d'une voix inquiète.

Drago ne répondait pas, et l'inconnu se rapprochait, posait ses mains sur son corps, partout, cherchant il ne savait quoi, mais ça l'apaisait. Et l'énervait parce qu'il aurait tellement voulu que ce soit Potter qui le calme, pas cet homme dont il ne connaissait rien. Il ne comprenait pas, ça n'avait aucun sens, et ce n'était même pas logique qu'une personne dont il ne connaissait absolument rien réussisse à l'apaiser. Il n'arrivait pas à bouger pourtant, se laissait faire sans un mot, trop faible pour ne serait-ce qu'esquisser un geste.

- De quoi vous parlez ? Réussit-il à dire d'une voix pâteuse en s'éloignant, échappant enfin aux mains de l'inconnu.

L'homme fronça les sourcils, encore plus inquiet.

- Il ne m'a rien dit. Si j'avais su, je serais venu plus tôt. Depuis quand elle est là ?

Drago jeta un regard torve à l'inconnu, ne comprenant pas de quoi il parlait, et devant son air ahuri, il pinça les lèvres, sifflant de mécontentement.

- L'Angoisse, depuis quand elle te tourne autour ? demanda-t-il une nouvelle fois.

Drago avait la bouche sèche.

- Je ne comprends pas, répondit le blond, comment vous savez que j'ai des crises d'angoisse ?

Il se sentait las, incapable de se battre comme il avait l'habitude de le faire avant. Il ne voulait pas de la pitié de cet homme qui sortait d'on ne savait où et qui semblait tout savoir sur lui. Il voulait juste voir Potter.

- C'est pire que ce que je croyais. Elle est trop présente en toi, Il est trop présent. Je lui avais dit qu'il devait garder un œil sur toi, cet incapable.

Drago le fixait d'un air ahuri, aussi pâle que la mort. L'homme l'attrapa par le bras et l'attira contre lui. Le blond tremblait tellement qu'il doutait pouvoir un jour retrouver un semblant d'équilibre.

- Dis moi, depuis quand ? murmura l'homme près de son oreille.

Et Drago aurait aimé se reculer, s'éloigner.

- Cet été, lâcha le blond dans un souffle crispé.

L'inconnu siffla, resserra sa prise sur les bras de Drago, comme pour s'assurer qu'il était toujours là.

- Tu vas m'écouter maintenant, et je vais t'aider. Ne me jette pas ce regard, je te connais Drago Malefoy, et tu auras besoin de mon aide, quoi que tu en dises ou en penses. Toi et Harry.

Le blond se crispa dès que le prénom du Gryffondor sortit de la bouche de l'inconnu, et une envie furieuse de le frapper le prit à la gorge.

- Arrête-ça ! On a des problèmes plus importants que ta jalousie pour le moment, ajouta l'inconnu en lui jetant un regard pas apeuré du tout.

Drago siffla vicieusement, ayant repris un peu de poil de la bête. Il n'acceptait pas que cet enfoiré lui dise ça, et surtout pas qu'il inclue Potter dans toute cette histoire. Il était assez profondément englué dans ses conneries pour qu'il laisse le Gryffondor l'y rejoindre. C'était intolérable et il ne pourrait jamais se résoudre à laisser quelque chose du genre arriver.

- Qu'est-ce qu'on va faire de vous … ? Ajouta l'homme en se frottant le front d'un air épuisé. Bien sûr que Harry est impliqué là-dedans et n'essaie pas de faire le héros en l'empêchant de fourrer son nez dans cette histoire, on sait tous les deux que tu n'en es pas un.

Le sang de Drago ne fit qu'un tour, et s'il n'avait pas été aussi maître de lui, chose qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps, il aurait envoyé son poing dans la figure de cet enfoiré qui se permettait de quoi, de lire dans ses pensées ? Un frisson glacé lui traversa l'échine. Cet enfoiré lisait dans ses pensées. Alors qu'il n'avait pas levé ses barrières …

- Vous lisez dans mes pensées ?! Hurla Drago. Et vous êtes qui bordel de merde ?!

D'accord, il n'avait clairement pas le contrôle de sa langue et de ses paroles.

- Rubis, et oui, je lis dans tes pensées.

Drago tiqua. Est-ce qu'il avait bien entendu ?

- Pardon, vous vous appelez Rubis ? demanda le blond d'une voix moqueuse.

Rubis haussa un sourcil et le regarda de haut, pas impressionné par l'intonation narquoise du blond.

- C'est pas un prénom de fille ça ? Nan parce que clairement, Drago désigna du menton le corps de l'homme, vous en êtes pas une.

Rubis sourit et haussa les épaules, l'air de dire « et alors ? », et Drago fut pris au dépourvu, persuadé que l'homme allait réagir, mais pas prendre ça comme si ce n'était pas un affront.

- Peut-être que je te dirais mon vrai nom, un jour. En attendant, je ne vois pas l'intérêt de le dévoiler à un petit merdeux comme toi.

Drago voulait se jeter sur lui, et lui enlever ce sourire supérieur, mais le rappel douloureux de la poigne de l'homme sur ses bras le dissuada de chercher les ennuis.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il entre deux grincements de dents. Et comment vous avez fait pour entrer dans la salle ?

- Je suis venu t'empêcher de faire la plus grosse connerie de ta vie.

- Je crois que je l'ai déjà faite, répondit Drago d'une voix amère.

- Quoi, Voldemort ? Le blond se crispa. Nan, ça c'est rien comparé à ce qui te serait arrivé si tu l'avais laissée s'emparer de toi. Elle est là depuis déjà trop longtemps, il faut que tu t'en débarrasses.

- Que je me débarrasse de quoi ? répondit Drago en fronçant les sourcils, la peur lui crispant le corps à nouveau.

- De l'Angoisse. T'as toujours pas compris alors ?

- Pas compris quoi ? demanda Drago qui commençait à en avoir clairement marre de ce dialogue de sourd.

- Oh et puis merde !

Drago pressentait que tout ça allait être un gros bordel, pire encore que Voldemort et sa foutue armoire à disparaître. Et dire qu'il pensait ne pas pouvoir subir quelque chose de pire que ça. Il s'assit finalement par terre, le dos appuyé contre l'armoire tandis que Rubis s'appuyait contre une pile de fauteuils et le scrutait sans s'inquiéter de paraître indiscret.

- J'espère que tu n'es pas croyant, parce que je te dirai immédiatement d'oublier toute cette histoire de Dieu, Jésus et tout ce que tu veux, commença Rubis en attrapant une lampe qui traînait sur le côté, l'inspectant dans tous les sens.

- Une chance pour toi, je ne crois qu'en mon nom de famille, répondit sarcastiquement le blond.

- La ferme.

Drago pinça les lèvres et retint une insulte de sortir de sa bouche.

- Il y a deux choses qui font tourner ce monde, La Mort et La Magie. Je ne t'en dirai pas plus pour le moment, ce n'est pas à moi de t'expliquer tout ça, tu ne devrais même pas en entendre parler avant longtemps. Tes crises d'angoisses ne sont pas anodines, tu n'en aurais probablement même pas s'Il n'avait pas décidé de s'en prendre à toi aussi rapidement.

- C'est quoi ce « Il » ? Comment est-ce qu'il aurait pu faire ça ? ne put s'empêcher de l'interrompre Drago, dont le cœur s'était remis à battre aussi vite que s'il avait couru un marathon. La sueur qui lui coulait dans le dos était pourtant aussi froide que les pierres du château en février.

- L'Angoisse. C'est … Comment dire ? L'un des pires ennemis qu'on puisse avoir. Il est vil, égoïste, et ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il désire. Et il te veut Drago Malefoy, voilà pourquoi je suis là. Je dois te protéger, l'empêcher de t'approcher. Si tu croises sa forme physique, il essaiera de s'emparer de toi et alors, désolé, je vais être vulgaire, mais le monde sera dans la plus grosse merde qu'il n'ait jamais connu. Il peut faire ce qu'il veut, il est pouvoirs, il pense et sa magie agit pour lui. Tu dois rester loin de lui.

- Et comment je fais ça ? demanda Drago, certain que s'il avait été debout, il se serait déjà écroulé de peur et probablement fracassé le crâne sur le sol.

- Reste près de Harry, il ne pourra pas vous affronter en même temps. Il dépense beaucoup d'énergie à envoyer sa forme psychique en toi.

Drago avait l'impression que le monde s'écroulait autour de lui, qu'il était dans un rêve, que tout ça disparaîtrait dès qu'il mettrait un pied en dehors de la salle sur demande, mais le souvenir du sentiment d'apaisement qu'il ressentait en présence de Potter le submergeait et il savait, au fond, que tout ça était vrai et que ça le dépassait. Depuis le début, il avait été la marionnette d'un taré dont il ne connaissait rien, pensant que Voldemort était son véritable ennemi alors que tout autour de lui n'était que conspiration. Il se sentait minuscule, perdu, trop seul et il n'arrivait même plus à se rappeler du visage de Potter. Il avait envie de vomir, de s'enterrer six pieds sous terre, et cette angoisse sourde revenait briser ses tympans, sifflant un souffle de douleur dans son corps.

- NON ! Ne le laisse pas revenir ! s'exclama Rubis en s'approchant de lui tellement vite que tout devint flou autour de Drago.

Il fut soulevé du sol et porté dans les bras maigres de l'homme, le soulageant un instant de la douleur et de la peine qui l'avait submergé. Le brouillard s'égara, libérant son esprit et il put enfin voir clair, tombant sur les yeux rouges, rubis, inquiets. Il respirait difficilement.

- Pourquoi moi ? demanda Drago d'une voix rauque, et trop faible.

Le blond sentait battre le cœur de Rubis contre son corps, et il était un peu moins rapide que le sien. Il restait sûrement humain après tout. L'homme soupira.

- Parce que tu es des nôtres.

La révélation était aussi effrayante que celle qu'il avait réalisé quand il avait compris que sa mère mourrait s'il échouait. Il n'était pas prêt pour ça. Il lui avait fallu deux mois pour accepter qu'il allait probablement mourir, six pour accepter qu'il avait besoin de Potter et qu'il ne pouvait pas se passer de lui. Parce que le Gryffondor était son putain de moyen de ne pas sombrer dans la démence, et d'être contrôlé par un taré invisible, il devait voir le brun.

- Va le voir.

- Je ne sais pas où il est, cracha Drago méchamment, repoussant la poigne de Rubis, se laissant tomber à terre sans aucune grâce.

- A la bibliothèque, répondit l'homme avec compassion.

Drago lui jeta un regard noir, il pouvait se mettre son inquiétude où il pensait. Et puis il détestait l'idée que Rubis sache où était Potter à tout instant. L'homme lui jeta un regard sans équivoque, et le blond savait que oui, putain, il lisait dans ses pensées mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux.

- Repousse-le, ne le laisse pas t'envahir à nouveau.

- J'ai besoin de Potter, siffla Drago.

- Je sais, je serai par là. Va le voir, où qu'il soit, je vous rendrai invisible, et il n'en saura rien.

Drago lui jeta un regard noir.

- T'es comme lui, cet enfoiré qui veut me contrôler, lâcha le blond dans une rage noire.

- Si je suis un enfoiré de sa trempe, tu en seras bientôt un aussi.

- J'ai déjà fait dans les connards, merci.

- Pas le choix, tu deviendras l'Argent, Drago Malefoy, et à nous quatre, peut-être que nous pourrons enfin les vaincre. Maintenant va, je ne serai pas loin, je surveille.

Et Rubis le poussa sans ménagement vers la porte, ne lui laissant pas une seule seconde pour assimiler ce qu'il venait de dire, se contentant de le diriger vers Potter. Drago ne pensait plus qu'à lui et il ouvrit la porte violemment, certain que le connard derrière lui le dissimulerait à ceux qui ne devaient en aucun cas le voir ici. Le blond tourna la tête vers Crabbe et Goyle, qui le fixèrent d'un air surpris, puis apeuré quand ils remarquèrent l'air fiévreux de Drago.

- Dégagez, leur cracha-t-il à la figure, et les deux Serpentard s'empressèrent de déguerpir, fuyant Malefoy qui ne contrôlait plus rien.

Il vit défiler les couloirs sans les voir, dévala les escaliers, ignora les élèves qui le fixaient d'un air apeuré pour certains, et intrigués pour les plus téméraires. Mais il n'en avait rien à faire, son corps frémissant de peur et de douleur, fébrile. Il sentait l'Angoisse le suivre, se rapprochant de plus en plus, et la présence de Rubis, un peu plus loin derrière qui peinait à retenir l'ennemi dans un combat acharné. Accrochée à lui, il la fuyait aussi vite que possible, les yeux brouillés par la fièvre qui s'était emparée de lui, et l'instant d'après, les portes de la bibliothèque se dessinaient devant lui.

Rubis tint sa promesse et Mme Pince ne lui jeta pas un seul coup d'œil quand il passa bruyamment devant elle, le pas complètement désordonné. Il traversa les allées, incertain quant à où se trouvait Potter, mais poussé par un vague sentiment que le Gryffondor devait se trouver un peu plus loin – et il était persuadé que Rubis devait avoir quelque chose à voir avec ça – il se laissa guider, se retenant de courir, l'Angoisse se rapprochant toujours plus de lui.

Il le vit enfin.

Potter était debout, les yeux levés sur les rangées de livres, cherchant un auteur dont il se foutait complètement. Il s'arrêta un instant, le regard fixé sur le Gryffondor, et un sentiment indescriptible l'envahit.

L'Angoisse siffla à son oreille.

Il frissonna de peur et se précipita en avant. Potter se retourna au bruit, écarquilla les yeux de surprise quand il vit le blond s'approcher de lui, le regard fou, la respiration sifflante et le corps complètement tremblant.

- Malefoy …

Drago ne lui laissa pas le temps d'en dire plus et se jeta contre le brun, emmêla leurs jambes, les faisant tomber lourdement sur le sol de la bibliothèque dans un bruit sourd. Le vacarme aurait dû ameuter tous les élèves mais personne ne vint les déranger, et le blond remercia silencieusement Rubis sans qui il aurait été probablement impossible pour lui de s'approcher du Gryffondor.

L'Angoisse siffla d'un air mauvais dans un coin, fixant les deux hommes d'un œil obscur et calculateur.

Drago s'en foutait, parce que Potter était contre lui, et il se blottit contre lui, passant ses bras dans le pull du brun pour le rapprocher encore plus et sentir toute la chaleur de son corps. Le Gryffondor ne réagissait pas, encore sonné de sa chute, mais finit par se relever en position assise, Malefoy sur ses cuisses.

Le blond enroula ses jambes autour du bassin du brun, nicha son visage dans son cou, et inspira profondément. Son cœur battait trop vite et il n'arrivait pas à réguler l'afflux d'air qui rentrait trop violemment dans ses poumons, pourtant, il était avec Potter, et ça allait. Il le sentait, ça allait. Tant qu'il serait là, dans les bras du Gryffondor, il pourrait respirer et penser clairement.

Mais Potter se recula, et Drago agrippa les pans de son pull, l'empêchant de s'éloigner. Le brun posa une main sur son visage, et la chaleur de sa paume le fit soupirer de soulagement.

- Malefoy, répéta Potter dans un souffle. Ça va ?

Drago ne répondit pas, le cœur battant à tout rompre. Il avait peur de répondre oui et que Potter le laisse là en pensant qu'il pourrait se débrouiller seul à partir de maintenant. Il ne pouvait pas. Le Gryffondor posa sa deuxième main sur son autre joue, caressant le coin de sa lèvre de son pouce, et il se remit à trembler, mais pas de peur.

- Drago, murmura Potter.

Le blond releva la tête subitement, son souffle s'accéléra, il s'accrocha encore plus fort au pull de Potter. Son cerveau ne faisait pas le lien. Ce n'était pourtant pas la première fois que le Gryffondor utilisait son prénom, mais ça avait toujours été pour l'insulter, pour mesurer combien son patronyme pouvait s'accorder aussi merveilleusement bien avec « salaud ».

L'entendre de la bouche de Potter, dénué de méchanceté, perdu dans l'abîme de ce qu'il construisait avec le Gryffondor. C'était comme une pierre à l'édifice qu'ils bâtissaient, l'assurance que la forteresse qu'il voyait grandir de jour en jour le protégerait jusqu'au bout.

Et Potter, le corps de Potter, contre le sien, était aussi vivant que jamais. Drago le ressentait, percevait les battements de son cœur, calqués aux siens comme une multitude de sons qui s'ajoutaient à la présence rassurante du Gryffondor. Il avait toujours eu besoin du brun, aujourd'hui plus que jamais.

Il plongea ses yeux dans les siens. Trop de sentiments le submergèrent, trop de feux qu'il n'avait pas le temps d'interpréter comme si quelque chose d'urgent l'empêchait de voir au-delà des pupilles émeraude de Potter. Il baissa les yeux, fixa les lèvres du brun, et tout son être se tendit alors que l'envie, cette envie violente, animale de mordre cette chair rose l'envahissait, le laissait brûlant, et le Gryffondor se rapprochait.

La voix de Rubis déchira son esprit, empêchant le cri de rage qu'il s'apprêtait à pousser dans sa gorge, il lui murmura ces mots :

- Concentre-toi sur l'émeraude, tu dois le voir !

Et il le vit. Il vit combien les yeux de Potter brillait de cet émeraude étincelant, et une voix lointaine, grave, aussi vieille que les temps anciens éclaira ses pensées.

- Le Rubis, la Jade, l'Émeraude, et l'Argent. Il est temps.


Pouah, voilà.

Je stresse à mort, j'espère vraiment que ça vous aura plu et que vous serez toujours là après ce chapitre heu, comment dire, plein de nouvelles choses !

Bref, sinon, peut-être que vous avez entendu parler du concours de fanfiction Harry Potter sur Short Edition, mais j'y participe et j'aurais vraiment besoin de vos votes si je veux gagner ! A la clé, un voyage à Londres pour aller aux studios, mon rêve ! Alors voilà, je vous laisse le lien et je vous serais éternellement reconnaissante si vous preniez le temps de m'aider :) : / / short-edition oeuvre/ nouvelles/ au-clair-de-la-lune-les-etoiles-nous-ont-chantees (en enlevant les espaces)

Voilà, est-ce que tout le monde peut dire à Drago qu'il est "Le plus adorable de tous les Serpentard et qu'on l'aime très très fort" ? :p

Pour la semaine prochaine, je vous dis : Colère, rejet, vérité et regret.

Ca promet ... mais je vous aimes ;)

A mercredi prochain mes loups préférés :D