Coucou !

Hum, vous êtes toujours là ? xD

Bon ok, là je le prends à la rigolade, mais la semaine dernière je faisais pas la fière en remarquant que j'avais perdu pas mal de monde sur cette histoire avec ce changement. M'enfin, je remercie du fond du coeur ceux qui sont toujours là, les nouveaux qui sont géniaux et je salue ceux qui découvre à l'instant cette histoire :)

Pour ceux que ça inquièterait, je sais exactement où je vais, ce n'est pas un délire, et j'essaie de garder cette histoire aussi crédible que possible en suivant plus ou moins la trame de Queen Rowling. Enfin, si vous avez des questions, je vous invite à me les poser :)

C'était un flop, pourtant, j'ai encore du mal à croire qu'on a dépassé les 90 reviews. On approche des 100, et vous n'imaginez pas comme ça me rend folle, parce que c'est mon put... d'objectif d'atteindre les 100 depuis que j'ai commencé à écrire, alors je suis super CONTENTE :D

La faute à Melancholia Malfoy qui a laissé une review à chaque chapitre ! T'es un amour :D D'ailleurs, au passage, allez lire ses OS, ils sont vraiment super, et surtout c'est du Drarry. Non en fait, je vous incite vraiment à y aller, parce qu'ils sont parfaits !

Enfin, on en est donc à 91 reviews (j'en reviens toujours pas, c'est trop bon), 22 favoris et 50 followers ! Merci :D

Merci à toi ma petite Melancholia Malfoy, tu es géniale, et promis, je vais nous le trouver cet Equus :D


Un petit mot de ma super bêta (encore plus cool que SuperWoman !) : "Un chapitre très intéressant. Plein de sentiments et un... gros retournement de situation !"


Drago et Harry tous nus sont trop hot !


RAR :

Daidaiiro30 : Oh mais c'est que Drago est super content ! Rassure toi, tu peux lui répéter combien il est hot, il ne va sûrement pas te taper :p Et puis on l'aime très très fort comme tu dis ! Qui aime bien, châtie bien :D Ouuuula, je suis contente que tu sois restée et que ça attise ta curiosité alors ! Je prie pour que ça continue de te plaire ! Je note alors, du Drarry mais pas trop guimauve ! Je t'avoue que je veux bien plus de précisions, pour être sûre que ça te plaira ;) On peut pas bloquer des trucs de reviews je crois, mais si tu veux, tu peux me contacter via la page Facebook que je partage avec ma bêta ! Elle s'appelle Drarry Shippers - "Il devenait de plus en plus obsédé par Malefoy" :) Voilà, j'espère que ce chapitre va te plaire et que je recevrais vite un message de ta part sur FB :D

Aventurine-san : Oh pas de soucis, prends tout ton temps :) C'est déjà super gentil de ta part de laisser une review à chaque fois alors je vais pas te gronder si t'es en retard ^^ J'espère que ça s'est arrangé pour toi ! Oh je suis ravie que ce passage te plaise ! Ils commencent à devenir bien accro l'un à l'autre les coquinous ! On en apprend plus sur l'Angoisse dans ce chapitre, mais mon dieu, qu'est-ce que j'ai ri quand tu l'a comparé à Gollum xD Ah ils aiment bien siffler mes personnages, surtout ceux de Serpentard xD ça fait malsain, c'est pour ça haha ! Oh non, ne me houspille pas :'( Ca m'est déjà arrivée de lire ce genre de fanfiction, ouais, alors j'espère que ce sera pas le cas pour la mienne ! J'attends ton avis, si vraiment ça part trop en quequete, promis, je ferais quelque chose pour que mon cerveau arrête de dérailler ! Merci pour Short Edition, c'est super gentil ! T'es une perle ! Est-ce que t'as retrouvé ce fanart du coup ? :) Allez, pleins de bisous, et à tout à l'heure j'espère, en priant pour que ce chapitre te plaise !

Yukino : Le must, ce serait de gagner des places pour y aller, et que les acteurs soient présents au même moment ! Je sais, j'ai un peu trop d'espoir des fois haha ! Ca devait pas être moi xD mais je t'ai ajouté alors ça doit être bon :p (si je me suis pas trompée haha). Ah mince, tu as découvert mon secret ! C'est vrai, j'aime trop vous torturez avec des fins de chapitre horribles ! Nan nan je rigole, je jure que si je pouvais je ferais autrement ! Mais d'un côté, ça permet de garder le suspens bien en place :p Et moi je suis toujours super contente de recevoir tes reviews ! Merci merci :D pour les compliments et tout ! Haha je dirais rien, mais promis, on en apprend plus dans ce chapitre, et le suivant ! Je dirais rien pour Drago mais ah le pauvre ... :'( Pas besoin que ce soit long t'inquiètes :) Tes mots me font toujours super plaisir alors ça me va quel qu'ils soient ! :D J'espère que ce chapitre va te plaire ! Pleins de bisous et à très vite ! :D


Bonne Lecture !


Musique :

Sigur Rós

Ekki múkk


Chapitre 12


Duncan siffla violemment, la colère vibrant dans chaque parcelle de son corps, brûlant ses veines à en faire trembler ses mains. Il avait mal, une douleur fulgurante qui lui vrillait les tympans et lui donnait la nausée.

Il détestait Harry Potter, le haïssait du plus profond de son être. Drago Malefoy était à lui.

La chaise s'écrasa violemment contre le mur et se brisa en morceau.


Harry ne savait pas depuis combien de temps il se tenait là, Malefoy dans ses bras, endormi, dans un coin de la bibliothèque sans que personne ne les ait encore remarqués. Non pas qu'il s'en plaignait. Après la crise du Serpentard, le voir calme et serein était rassurant. Il avait été sur le point de l'embrasser, un peu plus tôt, quand il l'avait appelé par son prénom mais le regard du blond, plongé dans le sien, s'était tout à coup éloigné, comme si le Serpentard s'était perdu dans les méandres de ses pensées sans que Harry puisse espérer l'en sortir.

Alors, il s'était contenté de tenir son visage en coupe aussi tendrement que possible, observant avec attention toutes les variations de pensées qui passaient dans ses yeux et sur sa bouche jusqu'à ce qu'il papillonne des yeux et pose la tête sur son épaule, s'abandonnant complètement dans son étreinte. Il avait fini par s'endormir, et si Harry ne savait d'abord pas comment réagir, il avait vite pris ses marques et s'était adossé contre le mur pour installer le Serpentard plus confortablement contre lui. Il aurait dû s'inquiéter de savoir que n'importe qui aurait pu les découvrir dans cette position, mais Harry s'en foutait. Il se sentait tellement bien qu'il était prêt à envoyer balader le premier venu qui lui dirait que c'était contre nature de laisser son ennemi s'endormir dans ses bras. Il n'en avait absolument rien à foutre et préférait mille fois se trouver là que dans les cachots sombres de Rogue.

Il profitait que Malefoy soit endormi pour plonger son nez dans ses cheveux, jouer avec les mèches dorées –maintenant trop ternes- qui l'avaient toujours fasciné, et c'était comme s'il avait attendu toute sa vie sans relâche pour laisser son odeur envahir ses sens. Quelque chose comme du cuir, et un soupçon de pluie qui le ramenait sans cesse à ce jour dans les vestiaires où il avait tourné ses yeux vers le blond et avait accepté d'écouter ce que son cœur lui disait.

Le Serpentard remua contre lui, son corps se tendant de manière adorable quand il s'étira et leva la tête pour croiser le regard de Harry, absolument pas perturbé par l'air profondément apaisé de Malefoy. L'idée qu'il puisse apporter tant de paix au blond ne parvenait même pas à faire son bout de chemin jusqu'à son cerveau, mais au fond, ça ne le dérangeait pas. Il préférait remettre les questions à plus tard et offrir son plus beau sourire à la belle au bois dormant dans ses bras qui se relevait à hauteur de son visage.

Le blond se racla la gorge et Harry pencha la tête sur le côté, une moue amusée sur le visage quand il rougit.

- Malefoy, ça va ?

Le blond détourna la tête d'un air gêné, fixant les livres éparpillés au sol, tombés en même temps que leur propriétaire un peu plus tôt. Il ne bougea pas pourtant, toujours blotti dans ses bras, leurs corps pressés l'un contre l'autre.

- Je préférais quand tu m'appelais Drago, marmonna le blond en évitant le regard du brun.

Harry aurait dû se sentir gêné, mais la seule chose qui lui venait à l'esprit était que Malefoy avait une bouille vraiment adorable quand il rougissait.

- Tu vas me dire pourquoi tu t'es jeté sur moi comme ça ? Lui demanda le brun, évitant volontairement de parler de la gêne de Malefoy.

Il avait beau voir le blond dans un tel état pour la première fois, il n'était pas assez fou pour pousser plus loin et se moquer de son embarras quand il avait encore l'impression que le Serpentard pourrait s'échapper à tout moment.

Il ne s'était jamais senti aussi bien que depuis le moment où Malefoy était apparu dans l'infirmerie en pleine nuit. Il avait ce flux brûlant qui lui traversait tout le corps à chaque fois qu'il apercevait le blond dans les couloirs. Il était avide de cette sensation, comme si tout son être cherchait désespérément cette drogue.

- C'est compliqué, répondit finalement Malefoy en évitant toujours son regard.

Harry grogna, et il comprit combien il devait énerver Ron et Hermione quand il leur répondait un truc du même genre. Parce que ça ne répondait en aucun cas à sa question et surtout parce que Malefoy lui cachait quelque chose. Ce n'était pas étonnant en soi, le Serpentard avait toujours été du genre mystérieux, et même s'il aurait aimé être celui à qui il se serait confié, il était Harry Potter, supposé plus grand ennemi de Drago Malefoy. Ils ne devraient même pas se trouver dans les bras l'un de l'autre, alors espérer que le Serpentard lui explique pourquoi il allait mal, il pouvait toujours rêver.

Malefoy tourna finalement la tête et Harry put voir sur son visage que même s'il se sentait rassuré dans ses bras – et le brun ne se ferait jamais assez à cette sensation merveilleuse de savoir qu'il pouvait être une source de bienfait pour le blond – quelque chose le tracassait au point qu'il se sente complètement acculé et obligé de se replier sur lui-même.

Leurs corps étaient plus proches que jamais, mais leurs esprits beaucoup trop loin, et Harry trouvait ça terriblement frustrant. Maintenant qu'il savait que Malefoy était un mangemort, et il n'avait jamais porté si peu d'importance au fait qu'il côtoyait un des serviteurs de Voldemort, il voulait connaître chaque pensée du Serpentard.

Le blond se mit à se retourner fréquemment, comme s'il vérifiait que personne ne les surveillait dans un coin caché de la bibliothèque. Harry aurait dû s'inquiéter aussi mais il ne cessait de se répéter que le bruit qu'ils avaient fait tout à l'heure aurait dû rameuter tout le château, ce qui n'avait pas été le cas, alors il ne se tracassait pas tellement pour ça. Non, ce qui le stressait là maintenant, c'était que Malefoy lui cachait quelque chose, et surprise, il détestait vraiment ça.

Il savait que ça avait un lien avec ce que Voldemort lui avait probablement demandé de faire et ça achevait de le rendre complètement fou à propos de tout ça. Il aurait aimé se rapprocher de Malefoy avant, pour le sauver des griffes de ce psychopathe, mais il était trop tard et Harry ne savait pas du tout comment faire pour pousser le Serpentard à se détacher du Seigneur des Ténèbres.

Il faudrait déjà que Malefoy lui dise de quoi il s'agit, ce qui s'avérait impossible pour le moment. Il était coincé et la seule chose qu'il pouvait faire était de serrer le blond contre lui pour le rassurer.

- Tu vas finir par me casser en deux, marmonna Drago dans son oreille.

Harry sentit ses joues chauffer et il refusa de desserrer son étreinte pour que le Serpentard le voit aussi rouge que Ron.

- Pardon, souffla-t-il.

Et Malefoy haussa les épaules, se calant un peu plus contre lui, comme si c'était évident, stoppant ses regards en arrière pour il ne savait quelle raison. Harry s'en moquait tant qu'il pouvait sentir le corps du Serpentard contre le sien.

- Potter, pourquoi tu m'as appelé par mon prénom ?

Harry se tendit, angoissé à l'idée de devoir donner une explication à pourquoi il l'avait appelé Drago alors qu'il ne savait pas du tout pourquoi. C'était juste venu naturellement, il n'y avait pas d'interprétation à ça.

- Je sais pas, t'étais juste ailleurs, je me suis dis que tu réagirais peut-être.

Il remercia Merlin que Malefoy ne voit pas son visage, parce qu'il devait probablement ressembler à une écrevisse. Ron se serait moqué de lui et Hermione aurait levé les yeux au ciel, si ç'avait été quelqu'un d'autre que le blond.

Malefoy se recula soudainement, et ce fut comme si un courant d'air froid s'était interposé entre leurs deux corps. Harry lui lança un regard surpris mais le blond ne daigna pas lui expliquer pourquoi il s'était échappé de son étreinte.

Ils se fixèrent pendant plusieurs secondes, Malefoy toujours assis sur lui sans qu'il ne fasse un mouvement de plus indiquant qu'il voudrait se lever et partir, et pourtant, Harry ne comprenait toujours pas pourquoi il s'était écarté. Il fronça les sourcils, et mû par il ne savait quelle idée, attrapa la nuque du blond d'une main ferme et rapprocha son visage du sien.

Malefoy ne fit pas un geste, se contentant de le fixer sans un mot, se laissant guider par la main de Harry. Le brun remonta le long de sa nuque, glissa dans ses cheveux, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre sans qu'ils ne daignent faire un seul mouvement pour les rapprocher.

Harry aurait pu. Après tout, il avait déjà embrassé Malefoy. Mais pas dans ces conditions, jamais dans ces conditions. Ça avait toujours été violent, douloureux, mû par quelque chose qui était tout sauf l'envie de goûter ses lèvres, de sentir son souffle brûlant contre le sien, et voir ce que ça serait que de faire plaisir à Drago Malefoy.

Pourtant, il y avait dans les yeux du Serpentard quelque chose qui le dissuada de le faire. Malefoy avait peur et Harry se demanda bien ce qui avait pu lui arriver pour qu'il soit à ce point effrayé de se rapprocher de quelqu'un, de lui.

Alors, il se contenta de lui sourire et laissa tomber sa main avec regret, libérant le Serpentard de sa poigne. Harry avait l'impression que tout ce par quoi ils étaient passés venait d'atteindre un point où ils ne pourraient aller plus loin, et cette simple constatation l'énerva. Il en avait marre de courir derrière le Serpentard alors que rien de bien ne ressortirait de tout ça. Il n'arrivait même plus à comprendre pourquoi il avait décidé de laisser Malefoy se rapprocher de lui et il était effrayé de voir qu'il avait donné plus d'importance au blond qu'à la lutte contre Voldemort.

Il repoussa Malefoy qui lui jeta un regard surpris, et sûrement peiné, mais Harry l'ignora. Il se leva et sans oser poser ses yeux sur le blond, le contourna et ramassa les livres toujours au sol pour les remettre à leur place. Conscient qu'il devait se justifier, ou au moins dire quelque chose, parce qu'il avait cette sensation désagréable qu'il venait de faire une connerie, comme quand Hermione lui jetait son regard courroucé, il se retourna vers Malefoy après avoir fini de ranger tous les livres. Il évita volontairement le regard perdu du blond et croisa les bras pour s'empêcher de l'attraper et de le serrer contre lui.

- Je dois partir, marmonna le brun d'une voix distante, et il se maudit pour sa propre défiance alors que Malefoy était justement venu le voir parce qu'il avait besoin d'être rassuré.

Il se flagella mentalement pour son imbécillité mais ne fit pas un geste pour montrer au Serpentard qu'il regrettait son geste précipité pour l'éloigner. Il avait envie de serrer Malefoy contre lui pourtant il sentait que ce serait trop, encore une fois, qu'il ne pourrait pas gérer autant de sentiments contradictoires en lui. Il avait besoin de recul sur tout ça, et de se tenir loin du blond pour pouvoir penser clairement à tout ce qu'il se passait.

Il attrapa son sac qui était tombé en même temps que les livres et le jeta sur son épaule en se retournant, n'adressant pas un regard à Malefoy, pas même un mot. Il s'était éloigné de quelques pas quand la voix du Serpentard l'arrêta.

- Harry !

Il se retourna d'un air abasourdi, et se retint de fuir à toutes jambes, parce qu'il n'arrivait pas à croire que Malefoy l'ait lui aussi appelé par son prénom en l'espace de quelques minutes seulement. Il ferma les yeux une seconde en expirant profondément et s'autorisa finalement à croiser le regard du blond.

- Est-ce qu'on peut se voir, plus tard ? lui demanda Malefoy d'une voix incertaine.

Il n'y avait pas de timidité dans ces mots, il sentait que le Serpentard était très conscient de ce qu'il disait et de ce qu'il voulait, mais il n'avait aucune idée de la réponse que Harry lui donnerait, et toute son incertitude transparaissait dans ses yeux.

Harry se mordit la lèvre et serra la lanière de son sac trop fort.

- Je sais pas … , répondit-il en prenant conscience qu'il était un enfoiré égoïste et salopard.

Et il disparut dans les allées de la bibliothèque sans jeter un seul regard en arrière à Malefoy.


Drago resta debout à fixer l'endroit où Potter avait disparu sans un mot pendant de longues et interminables minutes avant que Rubis ne s'approche finalement de lui. Il posa sa main sur l'épaule du blond qui sortit enfin de ses pensées, un air torturé sur le visage.

Il ne prononça pas un mot, ne jeta pas un seul regard à Rubis, complètement retourné par ce qui venait d'arriver. Il avait envie de vomir, ne comprenait pas pourquoi il s'était retrouvé soudainement seul et comment il pouvait avoir aussi mal. C'était partout, dans son corps, comme si on lui avait versé un liquide brûlant le long de la gorge. La douleur du rejet.

Il n'avait rien fait, n'avait rien dit, ne comprenait pas, et si Rubis ne l'avait pas retenu, il se serait écroulé au sol, abattu, plus perdu que jamais. Le jeune homme le soutenait, portait son corps décharné et Drago se fit la réflexion que son attitude faisait honte à son nom de famille. Ça ne l'aida pas pourtant, et s'il avait encore un peu de force, il aurait aimé se rendre en courant dans les toilettes des filles pour pleurer sur l'épaule de Mimi Geignarde.

- Drago, reprends-toi.

La voix de Rubis réussit à peine à l'extirper de ses pensées torturées. La seule image qu'il gardait en tête était celle du visage de Potter, énervé, déçu, distant qui lui brûlait les entrailles.

- Relève-toi, tu dois tenir debout, je ne peux pas te porter jusqu'à la salle sur demande.

- Pourquoi la salle sur demande ? lui demanda Drago d'une voix lointaine, comme venu d'ailleurs.

- On doit parler.

Rubis tira sur ses bras et lui releva la tête, s'assurant qu'il tenait debout. Il le poussa, plaçant sa main dans le creux de son dos et le guida jusqu'à la salle sur demande.

S'ils croisèrent des élèves dans les couloirs, Drago ne s'en rendit pas compte. Il ressemblait probablement à un déchet humain comme ça, mais il n'en avait rien à faire. En réalité, il n'en avait même pas conscience. La seule chose qui parvenait à se faufiler dans son cerveau était que Potter l'avait abandonné et il devait faire des efforts surhumains pour se retenir de pleurer en plein milieu d'un couloir.

Il était pitoyable, et tout ça parce qu'il avait décidé de compter sur le Gryffondor. Tout ça parce qu'il avait été trop faible pour faire le choix de porter ce fardeau seul. Encore heureux qu'il ne lui avait pas révélé ce que Voldemort lui avait ordonné de faire. Il imaginait déjà que Potter aurait rapporté ses mots à Dumbledore et il en aurait été fini de sa mère et lui.

- Arrête d'imaginer des conneries pareilles, le sermonna Rubis alors qu'ils arrivaient devant la salle sur demande.

Rubis passa trois fois devant le mur vierge et la porte apparut enfin. Drago s'avança et ouvrit la porte d'un geste fatigué, pénétrant dans la salle sans daigner jeter un coup d'œil à ce qu'elle était devenue.

Il se laissa tomber sur un large canapé qui trônait dans la salle, ramenant ses genoux contre son torse sans se soucier de poser ses chaussures sur les coussins. Son père lui aurait sûrement envoyé une taloche dans la figure, mais il était en prison. A cause de Potter.

Une rage sourde l'envahit. Il avait envie de frapper quelque chose, n'importe quoi tant qu'il pouvait trouver un moyen de se défouler, d'évacuer tout ce trop plein de sentiments qu'il n'arrivait pas à gérer. Le Gryffondor l'avait abandonné, l'avait laissé seul alors qu'il n'avait jamais eu autant besoin de lui.

Drago tourna la tête quand Rubis se mit à grogner de mécontentement. Il fixait le blond d'un air énervé.

- Arrête de lire dans mes pensées ! Siffla Drago en se redressant pour se retrouver à sa hauteur et le fusiller du regard.

- Alors ôte-toi ces idées infondées de l'esprit !

Drago voulait lui envoyer un coussin à la figure pour lui faire fermer son clapet, mais le geste était tellement immature qu'il y renonça vite. Il n'arrivait pas à enlever Potter de sa tête, ni à oublier la douleur lancinante qui lui vrillait la poitrine. Il retenait avec peine ses larmes et seule la présence de Rubis parvenait à l'énerver suffisamment pour qu'il ne craque pas comme un enfant.

- Est-ce que tu vas enfin me dire pourquoi tu m'as ramené ici alors que je pourrais être tranquillement allongé dans mon lit à insulter Potter en paix ? Attaqua le blond d'une voix venimeuse.

- Parce que si je veux que tu t'en sortes, je te dois des explications, répondit Rubis en s'enfonçant dans un fauteuil face à Drago.

Le blond haussa un sourcil interrogatif et n'ajouta pas un mot, laissant le soin à l'homme face à lui de lui expliquer. Si ça pouvait l'empêcher de penser à Harr… Potter pendant quelques instants.

- Tu pourrais commencer par me dire d'où te vient ce nom pourri ? dit Drago, absolument pas gêné par la moquerie sous-jacente dans sa phrase.

Rubis lui jeta un regard noir et le Serpentard s'amusa de voir qu'il fallait peu de choses pour l'énerver. Il n'avait pas réellement pris le temps de l'observer depuis qu'il l'avait rencontré, il y avait quelques heures. Il devait probablement faire la même taille que lui et était beaucoup plus musclé, ce qui était assez facile puisque Drago, quoi qu'il fasse ne pourrait jamais être aussi bien bâti qu'un gars comme Potter, même s'il n'était pas en reste de son côté. Il avait les cheveux bruns, pas aussi indisciplinés que ceux du Gryffondor mais tout de même en bordel, à croire qu'il ne connaissait pas l'usage d'un peigne. A la différence de Potter, Rubis avait le visage fin et des yeux complètement rouges, ce qu'il ne s'expliquait toujours pas. Il pensait que c'était une marque de déshumanisation comme Voldemort, mais l'homme assis face à lui n'était clairement pas un mage noir.

- Je m'appelle William de Parme, répondit finalement Rubis en le fixant.

- C'est tellement commun, se moqua Drago avec un rictus narquois.

- Et j'ai 446 ans, ajouta Rubis, ignorant volontairement la remarque du Serpentard.

La réaction de Drago valait son lot de pièces d'or. Le blond le fixa d'un air ahuri, la bouche ouverte en un O parfait.

- Pardon ? finit-il par dire, sortant de sa torpeur.

- Tu m'as très bien entendu.

- Comment tu peux avoir 446 ans alors que physiquement tu en parais la vingtaine ?

Rubis ne put s'empêcher de sourire d'un air supérieur. Il ne se lassait jamais de ce genre de réaction.

- Une fois que tu acceptes de lier tes pouvoirs à La Magie, le temps passe différemment. Je vieillis juste beaucoup plus lentement qu'une personne normale.

- La Magie ?

- Mon maître.

- Comme si on avait déjà pas assez de personnes qui se découvrent une envie d'être les maîtres du monde, dit Drago d'une voix amère.

- C'est différent, répondit Rubis.

- Je vois pas en quoi c'est différent. Il y a toujours un homme pour décider qu'il serait le plus à même de régner. Potter se bat contre ça.

- C'est différent.

- Arrête de dire que c'est différent parce que c'est faux ! S'exclama Drago en se levant du canapé, les poings serrés.

- Je ne peux pas t'expliquer maintenant, pas comme ça. Je n'ai même pas le droit d'être là mais je ne peux pas les laisser s'emparer de toi.

- De quoi tu parles ? siffla le blond entre ses dents.

- De l'Angoisse, Duncan. Si tu le laisses s'approcher de toi, ils plongeront notre monde dans les ténèbres.

- Bordel, j'y comprends rien à cette histoire ! Qui est Duncan ?! S'énerva Drago.

Rubis soupira, passant une main fatiguée sur son visage.

- Duncan est l'Angoisse. Je sais que ça doit te sembler complètement ahurissant, mais c'est la réalité et Voldemort est loin d'être la plus grande menace à laquelle vous devez faire face.

- Qu'est-ce que tu fais là alors ?

- Je devais te prévenir. Drago, si tu te laisses tomber dans l'angoisse, Duncan saisira la première occasion pour te confronter. Crois-moi, tu ne veux pas ça.

- Pourquoi ? lui demanda le blond d'un air provocateur.

- Parce que tu devrais tirer un trait définitif sur Potter, et nous savons tous les deux que tu ne le veux pas.

Drago encaissa le coup. Il connaissait Rubis – est-ce qu'il devait l'appeler William ? – depuis seulement quelques heures, pourtant c'était comme si l'homme aux yeux carmin connaissait tout de lui. Soit il avait fouillé dans son esprit plus profondément qu'il ne l'avait voulu, soit, soit, il ne savait pas.

- Non, je n'ai pas violé ton esprit aussi loin.

La voix de Rubis le sortit de sa torpeur.

- Et tu fais quoi là ? lui demanda Drago avec agressivité.

Rubis haussa les épaules. Il agita ses doigts et aussitôt des flammes jaillirent de sa main, le feu dansant jusqu'à former l'image d'un homme volant sur un balai, et Drago sut qu'il avait invoqué cette image pour une bonne raison.

Il serra les dents, se retenant d'envoyer son poing dans la figure de Rubis, parce qu'il n'avait aucune envie qu'il lui rappelle que Potter l'avait abandonné.

- Il ne t'a pas abandonné.

- Dégage de ma tête !

Drago se laissa tomber sur la canapé, fermant les yeux de douleur. Rubis lui jeta un regard peiné.

- Ne t'avise même pas d'ajouter quelque chose, le menaça Drago, les yeux toujours fermés, les mains serrées sur le cuir du canapé.

Drago n'en pouvait plus. Il avait envie de mourir, envie de vomir, envie de se jeter dans le lac et que le calmar géant l'étouffe entre ses tentacules. Il ne supportait plus tous ces mots qu'il ne comprenait pas, il en avait marre d'avoir envie de pleurer à chaque fois qu'il revoyait le visage de Harry. Il n'avait jamais demandé tout ça.

- Tout ça changera, je reviendrai te chercher bientôt. Contente-toi juste de ne pas laisser Duncan t'approcher et garde Harry auprès de toi.

- La ferme, rétorqua Drago d'une voix lasse.

Il entendit le fauteuil grincer, et supposa que Rubis s'était levé. Il n'ouvrit pas les yeux pour autant, il ne voulait pas affronter son regard. Le silence envahit la pièce. Quelques minutes plus tard, Drago ouvrit les yeux. Rubis avait complètement disparu et le blond ne se posa pas une seule seconde la question de savoir comment il avait fait pour transplaner hors de Poudlard alors que c'était impossible, il pensait trop à Harry.


Albus Dumbledore avait vu beaucoup de choses dans sa longue vie. Des choses horribles, et des choses belles. Il avait eu la chance de côtoyer de grands sorciers, et de partager des moments de joies assez de fois pour en avoir gardé des souvenirs mais il ne s'était jamais senti aussi vieux et fatigué de toute sa vie que cette année-là.

Il avait combattu un mage qui était autrefois l'homme qui l'aimait, découvert les douze propriétés du sang de dragon, mais malgré cela, il ne parvenait pas à voir le bout de ce tunnel trop sombre.

Dumbledore voyait les pouvoirs de Voldemort augmenter de jours en jours sans qu'il ne puisse rien faire pour l'empêcher. Il avait rarement eu aussi peur de quelqu'un, et même avec toute la puissance qu'il avait acquise et les efforts dont il redoublait pour découvrir tous les points faibles de Tom ne suffisaient pas à lui enlever cette terreur irrationnelle qui lui tordait le ventre à chaque fois qu'il imaginait les jours à venir.

Il croyait en Harry, même si on lui rappelait sans cesse que placer toute sa foi en un jeune homme d'à peine 16 ans relevait de la folie. En réalité, il croyait tellement en lui qu'il avait parfois du mal à faire la part des choses en oubliant qu'il n'était encore qu'un adolescent.

Dumbledore le savait, pourtant, il ne pouvait pas ne pas prendre en compte que la survie du monde sorcier reposait sur les épaules d'un enfant. Harry grandissait trop vite, oubliait ce que c'était qu'être un adolescent normal, vivre une vie sans la peur constante que quelqu'un veut vous tuer.

Albus le regardait, repoussait chaque année le moment où il devrait lui dévoiler la prophétie. Jusqu'à ce que la mort de Sirius lui ouvre les yeux et qu'il aperçoive enfin derrière les yeux graves de Harry, la douleur lancinante qui lui brûlait le cœur. Dumbledore dirait qu'il avait trop souffert, que le Gryffondor avait trop perdu de son innocence et de sa jeunesse pour pouvoir faire marche arrière et continuer à croire qu'il ne s'apercevrait pas bientôt que tout était bien pire que ce qu'il s'imaginait. Mais il était lui-même trop perdu dans sa peur et sa douleur pour garder encore plus longtemps ce secret terrifiant.

Dumbledore avait honte d'avoir ajouté autant de peine au jeune homme. Il avait honte de beaucoup de choses, mais il avait laissé depuis longtemps derrière lui les considérations de ses sentiments. Il ne pouvait pas laisser ses émotions prendre le dessus alors que tant de personnes comptaient sur lui pour sortir de cette abysse de noirceur.

Délivré de tout sentiment, il pourrait mourir sans aucun regret autre que celui d'avoir ôté à Harry une vie simple et innocente. Il n'aurait probablement jamais le temps de s'excuser pour ce qu'il lui avait fait, ni même pour lui dire combien malgré tout ça, il était fier de lui et du courage dont il faisait preuve, mais il continuait de poser sur lui ce regard paternel qui lui donnait l'impression d'avoir quand même œuvré pour des choses aussi humaines que possible avant de mourir.

Il avait des choses à dire ce soir, des mots qui ajouteraient probablement à sa peine mais qu'il se devait de prononcer. Pas pour lui, ni pour Harry, mais pour tous ceux qui avaient besoin d'un sauveur.

Harry choisit ce moment précis pour frapper contre la porte de son bureau, et Dumbledore fut un instant surpris, perdu dans ses pensées avant d'inviter le jeune homme à entrer.

Il avait l'air aussi épuisé que lui. Il n'avait pas des cernes immenses mais ses yeux étaient vides de toute vie, éreintés, pleins de quelque chose qui le travaillait de l'intérieur, lui rongeait les entrailles et Dumbledore regretta encore plus les mots qu'il devrait infliger au Gryffondor.

Il attendit que le jeune homme fut assis sur sa chaise pour lui demander s'il avait récupéré le souvenir de Slughorn. Le visage décomposé de Harry lui en apprit bien plus que ce qu'il n'osait dire, et il en fut un instant énervé.

Harry ne méritait pas sa colère, pas après tout ce qu'il avait osé affronter par le passé. Il garda un ton de voix normal, ne laissant entrevoir qu'un mince filet de sa déception. Le jeune homme face à lui avait l'air terriblement mal à l'aise mais Dumbledore ne pouvait pas oublier qu'il n'était pas seul malgré son envie de le réconforter. Il disait avoir eu d'autres choses en tête, l'accident du jeune Weasley, et d'autres choses dont il n'osait pas parler mais que Albus connaissait.

Il savait Harry sincère envers Drago. Et il était si touché, si fier de voir que malgré toute la noirceur qui l'entourait, le Gryffondor avait su voir derrière la carapace du jeune Malefoy. Il aurait probablement dû les laisser continuer ainsi, pousser Harry à se confier, le convaincre de persuader le Serpentard de rejoindre leur cause, mais il ne pouvait pas.

- Harry, commença le directeur en s'adossant contre le dossier de sa chaise, les mains croisées et un air plus fatigué que jamais sur le visage, j'aimerais que tu arrêtes de voir le jeune Malefoy.

Il vit le visage du Gryffondor se décomposer en l'espace de quelques secondes, passant de la surprise à la gêne puis à la colère. Dumbledore n'attendait pas vraiment de réponse, il savait qu'il demandait quelque chose d'horrible à son élève mais il était question du monde sorcier, pas seulement de lui.

- Pourquoi ? Lui demanda Harry en se crispant soudainement, fixant le directeur d'un regard à la fois effrayé et perdu.

Harry était assez mauvais occlumens pour que Dumbledore perçoive toutes ses émotions, peur, angoisse, surprise, colère, gêne et la pire, incertitude.

- J'aimerais que tu te concentres pleinement sur ce que je t'ai demandé. Tu sais aussi bien que moi que nous devons trouver un moyen de vaincre Voldemort, alors je souhaiterais que tu passes ton temps libre à chercher un moyen de récupérer ce souvenir sans lequel nous ne pouvons avancer plutôt que de t'occuper de Mr Malefoy.

Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais Dumbledore ne lui en laissa pas le temps.

- Je sais combien ton but est noble Harry, mais il ne s'agit pas que de toi et Mr Malefoy, il s'agit de la population magique et moldue. Ces personnes ont besoin de nous et de tous nos efforts pour mettre fin au règne de Voldemort. Est-ce que tu comprends ?

- Je … Je suis désolé professeur. Je sais que j'aurais dû essayer plus que ça, mais je …

- Tu voulais aider, et je ne peux qu'être fier de ça, mais parfois Harry, nous devons faire des choix et je te demande de le faire ce soir.

Le regard de Harry ne l'avait jamais autant touché. Il savait qu'il lui demandait énormément, peut-être ne s'en rendait-il pas encore compte, mais il devait être sûr qu'il se concentrerait sur ce souvenir. C'était nécessaire. Même si le jeune homme face à lui avait l'air d'avoir pris dix ans d'un coup, il savait qu'il prenait la bonne décision et que Harry ferait en sorte de continuer son combat, pourtant il ne s'était jamais senti aussi coupable.

Coupable d'avoir enlevé à cet enfant tout espoir d'une vie normale, coupable de devoir l'abandonner, de laisser celui qu'il aimait prendre la responsabilité de son meurtre, mais pour combattre Voldemort, il devait devenir aussi froid que lui.


Harry sortit du bureau de Dumbledore sans un mot. Il avait regardé les souvenirs de Tom Jedusor chez Hepzibah Smith puis dans Poudlard alors qu'il demandait le poste de professeur de défense contre les forces du mal, dans un état second. Il était effrayé pourtant, de voir tout le cheminement sombre des pensées de Tom, devenant peu à peu Voldemort. Il savait que son esprit avait sombré depuis longtemps dans l'obscurité, il le sentait chaque jour à travers leur lien, mais il avait toujours du mal à comprendre comment il avait pu en arriver là. Au fond, il était terrifié parce qu'il avait saisi depuis longtemps que Voldemort avait perdu trop de son humanité pour que ce soit aussi simple de le vaincre.

Et puis, il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que Dumbledore lui avait dit. En soit, il admettait que son professeur avait raison. Il avait complètement délaissé l'idée de récupérer le souvenir de Slughorn à cause de son obsession pour Malefoy. A vrai dire, il n'en avait aucun regret. La partie de lui égoïste et qui clamait encore très souvent qu'il avait besoin – et envie – d'une vie normale préférait encore passer son temps à être complètement hanté par le Serpentard alors que l'autre, bien plus raisonnable, s'accordait à dire que tout bien réfléchi, son égoïsme les mènerait probablement à leur perte.

S'il y avait bien une chose qu'il regrettait, c'était d'avoir laissé Drago comme ça. Il avait sûrement fait la plus grosse connerie de toute sa vie, parce qu'il connaissait assez la fierté du Serpentard pour savoir qu'il venait de tirer un trait sur ce qu'ils avaient construit. Ça arrangerait bien Dumbledore puisque Drago devait maintenant le haïr.

Il n'arrivait pas à croire qu'il n'allait plus pouvoir voir Malefoy comme quelqu'un qu'il appréciait, le serrer contre lui, observer ses rares sourires et faire comme s'ils n'avaient jamais été ennemis. Et puis, même s'il le voulait, Dumbledore lui avait bien fait comprendre qu'il y avait d'autres choses bien plus importantes que de ramener le Serpentard sur le droit chemin.

Ça n'avait jamais été son but, et Drago le savait parfaitement. Si ça avait été le cas, il était sûr que Malefoy l'aurait envoyé balader depuis longtemps.

Il avait l'impression que le monde s'effondrait tout autour de lui, et s'il ne s'était pas trouvé en ce moment même dans la salle commune des Gryffondor, il n'aurait pas hésité à pleurer. Pleurer tout ce qu'il n'avait jamais eu et n'aurait jamais. Une vie normale, des parents vivants et la simple idée d'une vie dénuée de peur et de violence.

Il aurait voulu Malefoy dans sa vie parfaite. Il aurait voulu savoir pourquoi il s'était précipité sur lui dans la bibliothèque, pourquoi il avait eu tant besoin de trouver du réconfort dans ses bras, pourquoi, tout simplement, ils avaient mis autant de temps à briser la glace entre eux. Alors, il pleurerait leur manque de temps, et tout ce qu'ils avaient loupé.

Il avait l'impression d'être enfermé dans un cercle vicieux. Parce que tout ça avait commencé à cause de Voldemort, et que pour en finir, il devrait le vaincre, ce qui incluait le fait qu'il devait dans tous les cas s'éloigner de Drago pour le sauver.

Au final, il se retrouvait toujours seul.

- Harry, ça va ?

Le brun tourna la tête vers Hermione, qui le dévisageait d'un air grave et triste à la fois. Il ne savait pas quoi lui répondre, il était trop perdu dans ses pensées, et son visage devait sûrement révéler combien il se sentait mal. Il ne pouvait pas lui dire qu'il était malheureux parce qu'il devait tirer une croix sur Malefoy parce qu'il aurait fallu lui raconter tout depuis le début. Il n'avait pas peur de sa réaction, il savait qu'elle l'écouterait jusqu'au bout et qu'elle le comprendrait probablement – chose qu'il n'arrivait même pas à faire à propos de lui-même– mais il n'avait pas la force de lui en parler. Le dire à haute voix reviendrait à le rendre trop réel, et il ne pouvait pas. Pas encore.

- Ton visage est si triste, ajouta-t-elle dans un murmure que seul lui entendit.

Ron était trop occupé à rédiger son devoir de potions pour remarquer que quelque chose n'allait pas, et il remercia pour une fois mentalement le rouquin d'être aussi peu studieux.

- Est-ce que c'est à cause de tout ça ? lui demanda-t-elle.

Il savait de quoi elle parlait, ou en tout cas s'en doutait. Ça l'arrangeait bien en soi, qu'elle croit qu'il était triste parce qu'ils avaient perdus le match de Quidditch, qu'elle lui en voulait parce qu'il passait son temps le nez dans le bouquin du Prince de Sang-mêlé et puis probablement aussi parce que Ginny était en couple avec Dean.

- Ils ont eu quelques disputes, tu sais, continua-t-elle.

Il ne pût s'empêcher de se sentir intéressé, le souvenir rougeoyant de Ginny allumant une lueur d'espoir dans son cœur. Il était si triste, il avait trop besoin de cette clarté au bout du tunnel.

Hermione avait posé son livre et le regardait avec un air attendri. Elle avait compris bien plus vite que lui que c'était précisément ce qu'il avait besoin d'entendre pour sortir de ce trou.

- Pourquoi ? se contenta-t-il de demander en se relevant de sa position complètement avachie dans le fauteuil.

Ron leva les yeux au même moment.

- Ils se sont engueulés, commença le rouquin avant d'être coupé par Hermione qui lui jeta un regard noir, estimant que c'était à elle de le raconter.

- Merci Ronald, mais on avait compris. Dean a rigolé quand tu t'es pris le cognard, et elle n'a pas apprécié, lui dit-elle.

Harry fit la grimace, alors que Ron lui jetait un regard amusé. Il n'était malheureusement pas bien placé pour savoir si le fait de se prendre un cognard en plein dans le crâne était quelque chose de drôle, mais il était plutôt content de savoir que Ginny l'avait défendu.

- Ils se sont disputés, c'était pas très beau à voir, ajouta la jeune femme en repensant à la scène.

- Ils sont toujours ensemble ? Ne put s'empêcher de demander Harry, espérant que son visage ne le trahissait pas.

- Oui, répondit Hermione. Pourquoi ? ajouta-t-elle en le fixant avec un sourire entendu.

Harry haussa les épaules, et tourna le regard vers le feu qui crépitait dans la cheminée, évitant les yeux interrogateurs de ses deux amis en espérant qu'ils ne verraient pas les rougeurs qui s'étaient installées sur ses joues.

- Peu importe, reprit Hermione, désireuse de dissiper le malaise, est-ce que tu as trouvé une idée pour récupérer ce souvenir ? Demanda-t-elle plus sérieusement.

- Aucune, répondit Harry piteusement.

Il n'avait absolument aucune idée de comment s'y prendre. Il avait tout essayé, même se faire enfermer dans le bureau de son professeur avec lui mais Slughorn avait rapidement trouvé un moyen de s'échapper en prétextant des excuses idiotes. Harry n'avait même pas osé lui courir après, certain que l'homme finirait par lui jeter un sort s'il continuait à le harceler de la sorte.

- Tu dois trouver Harry ! le sermonna la brunette.

- Peut-être que le Prince aurait une id… commença le Survivant, en feuilletant les pages de son livre, qu'il avait sorti de son sac entre temps.

Hermione secoua la tête avec véhémence.

- Sûrement pas ! s'exclama-t-elle, lui coupant la parole. Tu ne trouveras rien qui t'aidera dans ce livre, ajouta-t-elle d'une voix hautaine.

Harry haussa les épaules. Il ne servait à rien d'en dire plus quand Hermione avait décidé de partir en guerre contre le Prince de Sang-Mêlé. Il se contenta de tourner les pages de son livre, espérant trouver quelque chose qui puisse l'éclairer quand il tomba sur un sort, écrit dans un coin d'une page.

« Sectumsempra ! », écrit au dessus de ces mots : « contre les ennemis ».

Il resta un moment interdit, gardant dans un coin de sa tête l'incantation. Il n'allait pas cracher sur un sort qui pourrait peut-être lui sauver la vie dans un combat.

- Hermione, tu es merveilleuse ! s'exclama Ron.

Harry se rendit compte qu'il était complètement plongé dans son livre quand la voix de Ron brisa le silence de la salle commune. Il releva la tête et ne put louper l'air de pure joie qui illuminait le visage d'Hermione. Elle regardait le rouquin comme s'il était la huitième merveille du monde, et Harry ne put s'empêcher de sourire d'un air attendri, priant pour que Ron s'aperçoive un jour que leur meilleure amie était folle amoureuse de lui et que c'était réciproque.

Il espérait sincèrement qu'ils y arriveraient, qu'ils pourraient vivre tous les deux heureux. Ils le méritaient pleinement.

Ron allait ajouter quelque chose, probablement un énième compliment sur l'intelligence remarquable d'Hermione quand une apparition dans la salle commune le força à se lever subitement, laissant toutes ses affaires sur la table pour fuir dans leur dortoir devant le regard médusé de leurs deux meilleurs amis.

Harry tourna la tête vers l'entrée de la salle commune et s'empêcha de rire en voyant Lavande s'avancer avec Romilda. Hermione ne loupa pas le regard haineux qu'elle lui envoya, mais la brunette ne daigna même pas lui répondre, se contentant de se retourner vers le Survivant qui regardait la scène d'un air contrarié.

- Il devrait lui parler, commença Harry en évitant le regard énervé de Romilda, vexée que son filtre d'amour n'ait pas fonctionné.

- Tu connais Ron, répondit Hermione, absolument pas triste de voir que Lavande ne savait plus comment mettre un pied devant l'autre en ce qui concernait le rouquin.

Harry ne pouvait s'empêcher d'avoir de la peine pour Lavande, même s'il était parfaitement content de voir que Ron semblait avoir enfin ouvert les yeux – elle lui avait assez cassé les pieds à propos du rouquin pour qu'il se chagrine plus pour elle – sur leur relation complètement burlesque. Et puis, Hermione en semblait parfaitement contente.

Pourtant, il avait remarqué les cernes sur son visage trop maquillé, les larmes qu'elle retenait quand Ron la fuyait et, au fond, il sentait qu'elle souffrait réellement de toute cette situation. Il connaissait assez les signes pour savoir que la jeune femme était au plus mal. Il l'était aussi, et parce qu'ils ne pouvaient tous deux garder la personne qu'il voulait à leur côté, compatissait aussi sincèrement que possible.

- Harry.

Le brun tourna la tête vers Hermione. Celle-ci le regardait de son air « on doit parler » qui l'effrayait plus qu'il ne l'admettait. Quoique voulait lui dire la jeune femme, il ne voudrait probablement pas l'entendre. Elle tapota la place libre à ses côtés sur le canapé et il ne put refuser de venir s'asseoir à cet endroit. Elle jeta un sort autour d'eux de telle sorte que quiconque approchant n'entende qu'un bourdonnement indistinct. C'était grave donc.

- Harry, reprit-elle, qu'est-ce qu'il y a ? Depuis quelques temps, tu es ailleurs, parfois heureux, et d'autres fois si triste, mais ce n'est rien en comparaison de l'air que tu avais quand tu es rentré de ta réunion avec Dumbledore.

Hermione était tellement intelligente. Assez perspicace pour savoir qu'il ne voudrait pas parler devant Ron et attendre qu'ils soient seuls tous les deux pour amener le sujet sur le tapis.

- Est-ce que c'est parce que tu n'as réussi à récupérer le souvenir ? ajouta-t-elle avec un sourire qui se voulait encourageant.

- Dumbledore avait l'air si déçu, commença Harry avec une grimace honteuse. Je ne l'avais jamais vu comme ça.

- Harry, même si tu l'avais clairement mérité, tu sais autant que moi que Dumbledore te tient en grande estime et que malgré tout ça, il est et restera fier de toi quoi qu'il arrive.

- Je sais, mais …

- Mais il n'y avait pas que ça, n'est-ce-pas ?

Harry lui lança un regard perdu.

- Tu lui as parlé de Malefoy, c'est ça ?

Harry blêmit si soudainement que Hermione sut qu'elle avait touché au bon endroit.

- Harry, combien de fois devrais-je te répéter que Malefoy n'est pas un mangemort et que si c'était le cas, Dumbledore le saurait ?

Harry avait envie de vomir. Si seulement Hermione savait. Bien sûr que Dumbledore était au courant pour la marque, il savait tout, et son professeur ne lui avait sûrement pas demandé de s'éloigner du Serpentard uniquement parce qu'il voulait être ami avec Drago. Mais il ne pouvait pas lui dire.

Les images de leur nuit à l'infirmerie lui revenaient, plantant une épine dans son cœur à chaque fois qu'il repensait aux paroles du Serpentard, à sa peur, son abandon, et ses mots, ce monstre qu'il avait peur d'être. Harry avait tellement honte, et il ne voulait qu'une chose, courir à travers le château pour dire à Malefoy qu'il s'excusait et qu'il avait simplement eu peur d'être rejeté, lui aussi. Mais il ne pouvait pas. Hermione ne le laisserait pas s'en tirer comme ça, il avait fait une promesse à Dumbledore, et surtout, surtout, il doutait que le Serpentard le laisse s'approcher de lui après ça.

- Harry, l'appela Hermione d'une voix triste.

Elle posa sa main sur son visage et le força à la regarder.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda-t-elle avec de la détresse dans la voix.

Harry secoua la tête, se reprenant, oubliant qu'il avait envie de pleurer et de s'enfermer dans son dortoir à vie. Il avait des choses à faire, des choix à faire, des vies à sauver, et il devrait probablement mourir pour ça. Il ne pouvait pas impliquer plus de monde, et c'était probablement mieux ainsi.

- C'est rien, répondit-il en la regardant dans les yeux, je suis juste épuisé.

- Oh, Harry …

Elle se rapprocha de lui et le serra dans ses bras, lui transmettant sa chaleur, et pendant un court instant, Harry se sentit bien. Hermione était sa meilleure amie, sa sœur de cœur, l'une des personnes qu'il chérissait le plus au monde et il ne remercierait jamais assez tous les dieux pour l'avoir placée sur son chemin. Il savait qu'ainsi, elle lui exprimait combien elle l'aimait et qu'elle ne l'abandonnerait jamais malgré tous les obstacles qui les attendaient sur le chemin pour vaincre Voldemort.

Il avait aussi besoin d'Hermione.


Rubis s'efforça de faire le moins de bruit possible en entrant dans la salle des Miroirs. Il s'approcha de l'un des quatre trônes qui s'élevaient au milieu de la pièce, remarquant immédiatement que l'un d'eux était occupé. Il avança jusqu'à se retrouver face à celui qui observait.

Jade ne lui lança pas un regard quand il se retrouva devant lui, gardant les yeux fixés sur ce qu'il voyait. Rubis n'avait aucune idée de ce qu'il regardait, mais son air torturé lui donnait une assez bonne idée de ce qu'il s'agissait.

- Ils se donnent tant de peine, murmura Jade dans un souffle.

Rubis l'observa un long moment. Ses cheveux aussi ardents que le feu étaient tirés en arrière, attachés en une queue de cheval à la base de son cou avec une lanière de cuir. Cette coiffure était la seule chose qu'il avait gardé de sa vie passée, et Rubis ne l'avait jamais vu sans, hormis dans l'intimité d'un moment. Ses yeux dorés étaient éclairés par le reflet du miroir et l'homme put y distinguer ce qu'il voyait avec un soupir de tristesse.

- Ces temps sont bien trop sombres, glissa Jade dans un murmure.

Rubis inspira longuement, et prit finalement place dans le fauteuil à côté du sien, plongeant lui aussi dans la vision avec un pincement au cœur.


Levez la main ceux qui me détestent ! Haha, on va encore me traiter de sadomaso ! Désolée, hein, mais voilà, ça doit arriver comme ça ! Harry et Drago sont des handicapés sentimentaux mais je vous rassure, ça durera pas trop longtemps.

Sinon, je voudrais remercier très très chaleureusement ceux qui ont pris le temps d'aller sur Short Edition et de voter pour mon OS. C'est vraiment très gentil et si j'ai une bonne place dans le classement, c'est grâce à vous :)

Heu voilà, je crois que c'est à peu près tout pour cette fois ! J'espère que ce chapitre vous a plu, qu'il vous a un peu rassuré sur la suite des évènements, et je vous dis, pour la semaine prochaine : Chevaliers, Ami, Jade et Ginny.

Voilà !

Je vous fait pleins de bisous, et à mercredi prochain :)