Hello !
On a dépassé les 100 reviews, merci, vous êtes merveilleux. Je vous aimes d'amour !
Pas grand chose à dire, je vous souhaites juste de survivre à la canicule. Moi, je reste enfermé au frais dans ma maison au risque de mourir complètement déshydratée. HAHA.
Sinon, on m'a demandé un résumé, alors en voici un :
Après la mort de Sirius, Harry, désespéré se retrouve coincé dans une salle de classe par Drago, énervé que son père ait été envoyé à Azkaban par le Gryffondor, finit par l'embrasser violemment pour le faire réagir. Comme c'est la fin de l'année, nos deux futurs tourtereaux n'en parlent pas même si Drago y pense tout l'été. C'est seulement quand le trio se rend sur le chemin de traverse pour acheter leur fourniture pour la sixième année que Harry surprend Drago avec sa mère dans l'allée des embrumes. Harry est alors persuadé que Malefoy est un mangemort et que Voldemort lui a donné une mission. Arrivés à Poudlard, Harry et Drago craquent et se cherchent des noises comme des enfants de 3 ans, alternant entre se battre et s'embrasser. Pourtant, au fur et à mesure que les jours passent, leur relation évolue et ils finissent pas devenir complètement accro l'un à l'autre et à se reposer sur leurs épaules. Harry découvre la marque sur le bras de Drago mais reste auprès de lui. Un jour, dans la salle sur demande, alors qu'il travaille sur l'armoire à disparaitre, Drago rencontre Rubis qui lui révèle que Voldemort est loin d'être la menace la plus importante et qu'il a un destin différent. Plus tard, alors que Drago était venu chercher du réconfort auprès de Harry, ce dernier prend peur et repousse le blond. Drago, désespéré, se confie à Blaise. Dumbledore demande à Harry de ne plus s'approcher de Drago. Rubis retrouve Jade dans la salle des Miroirs et regarde Drago et Harry évoluer dans Poudlard d'un air triste. Voldemort (aka Les Ténèbres) retrouve Duncan (L'Angoisse) au manoir d'Outre-Tombe. Ils rejoignent Alénior (La Solitude) et Darius (La Colère) pour rendre des comptes à leur maitre, La Mort. Celui-ci leur dit que Duncan devra accompagner Voldy dans son manoir pour essayer de ramener Drago de leur côté et Alénior donne un parchemin à son maitre qui leur annonce que les créatures de la nuit étaient de leur côté. Drago et Harry s'éloignent même si ils en sont malades et Harry finit par se rapprocher de Ginny au moment où il découvre Drago qui pleure dans les toilettes des filles. Et Sectumsempra les gars hein ...
Voilà, enfin, on en est à 104 reviews (méga danse de la joie), 35 favoris et 53 followers. Merci aux petits nouveaux : , .90, x-Sa-Chan-x, et Cycina. Vous êtes des amours !
Un mot de ma bêta, qui doit pas s'ennuyer une seule seconde en UK : Analyse d'un Sectumsempra, thèse antithèse et synthèse par ClaP74. Et on aime ça !
RAR :
Daidaiiro30 : Mais oui, c'est ça, comment t'as fait pour deviner ?! C'est bel et bien McLaggen qui va prendre trop cher ... xD Désolée d'être aussi sadique dans cette histoire mais je suis presque sûre que le prochain chapitre te plaira ! Nulle ? :o Oh je vais pleureeeeeeeeeeer :'( Héhé, promis, ça va s'arranger ! Fais attention, ou ton OS il passe à la trappe haha ! Je rigole, il trottine dans ma tête comme il se doit ;) Mais j'aime jouer avec les nerfs de mes lecteurs, j'ai l'impression d'avoir trop de pouvoir comme ça :p Héhé, oui, ça se précise bien ! On abandonne les OC pour un petit moment mais ils vont vite revenir, plus méchaaaaaants que jamais xD Héhé, merci pour les musiques ! Si tu veux m'en proposer, hésites pas ! Merciiiiii, j'étais trop contente quand j'ai vu la 100 reviews :D :D C'est en partie grâce à toi ;) Allez, des bisous, et à tout à l'heure !
Guest : Oh non, je voulais pas de haine, juste des papillons à paillettes avec des lapins tout roses moi. Désolée :'(
Bonne Lecture !
Musique :
Sébastien Tellier - Boys Noize Main Version
L'amour et la violence
Chapitre 14
Harry ne se rappela pas à quel moment exactement il avait pensé qu'il devait sortir sa baguette, mais il la serrait fermement à l'instant où Malefoy jeta le premier sort. Il l'évita maladroitement et répondit automatiquement.
Drago bloqua son sort, leva la main pour contre-attaquer alors que Mimi Geignarde hurlait au-dessus d'eux. Harry ne comprenait pas un mot de ce qu'elle disait, son cerveau s'étant littéralement mis en veille alors que ses réflexes prenaient le dessus sur le combat.
Il ne comprenait pas comment ils avaient pu en arriver là alors qu'ils avaient réussi à dépasser leur haine. Il ne supportait pas de voir le visage défiguré par la colère et la peine de Malefoy, et même s'il aurait aimé s'expliquer, arranger tout ça, il était incapable d'émettre le moindre son.
Alors ils se battaient, explosant les lavabos autour d'eux, les portes des toilettes volant en éclat à chaque fois qu'un de leurs sorts ricochait sur le bois. L'eau dévalait la porcelaine, léchait le bord de leurs chaussures mais ils ne cessaient pas, et Harry mesura alors toute l'étendue de son erreur.
Il voulait s'approcher du Serpentard pour faire quelque chose, arrêter cette folie meurtrière qui s'était emparée du blond. Il fit trois pas en avant, baissa sa baguette, mais Malefoy le fixa avec haine et s'exclama :
- Endolo …
Harry sentit son sang se glacer aussi subitement qu'il avait baissé sa baguette et plus par réflexe que par besoin, fit la seule chose qu'il savait faire dans ces moments-là.
- SECTUMSEMPRA ! Hurla-t-il en pointant sa baguette sur le blond d'une voix horrifiée.
A peine eut-il fini de prononcer le sort qu'il le regretta. Avec terreur, il vit Malefoy s'écrouler au sol, son corps déchiré par les multiples coupures qui apparaissent sur sa peau, maculant ses vêtements et l'eau de son sang.
Harry laissa tomber sa baguette et se précipita vers le blond, se laissant tomber à genoux près de son corps inerte.
- Non, non, non, non, murmura-t-il en une litanie désespérée.
Il agrippa le bras de Malefoy, le secoua, passa sa main derrière sa nuque pour surélever sa tête, hurlant de désespoir devant son incapacité à arranger ce qu'il avait fait.
- Malefoy, l'appela Harry d'une voix sourde.
Le corps du blond tremblait entre ses mains.
- Drago, répéta le brun, sa voix brisée par la peur. Drago, relève-toi, s'il te plaît.
Il agrippa la chemise ensanglantée, rapprocha son corps du sien et le blottit contre lui.
- Réveille-toi, ajouta-t-il avec un sanglot dans la voix.
Malefoy ne réagissait pas, n'ouvrait pas les yeux, et Mimi hurlait, appelait à l'aide.
Harry craqua, se mit à pleurer, pria pour que quelqu'un vienne et fasse quelque chose, sauve le Serpentard puisqu'il en était incapable.
- Je ne voulais pas, je t'en supplie.
Soudain, la porte derrière lui s'ouvrit avec fracas et Rogue surgit dans la pièce. Harry releva la tête, le regardait d'un air terrifié mais ne lâcha pas Malefoy, serrant désespérément son corps contre lui pour sentir sa chaleur vivante.
- Poussez-vous ! claqua haineusement la voix de son professeur.
Harry hésita, mais devant le regard noir de Rogue, lâcha délicatement Drago, reculant jusqu'à buter contre le mur. Il avait du mal à respirer et ne pouvait s'empêcher de fixer son professeur. Une litanie de mots venait jusqu'à ses oreilles et il vit avec espoir les plaies sur le corps de Malefoy se refermer.
Il vit le Serpentard ouvrir les yeux et gémir faiblement alors que Rogue le relevait doucement jusqu'à ce qu'il se tienne debout, retenu fermement par son professeur.
Harry se releva, cherchant le regard du blond mais Malefoy s'efforçait de ne pas tourner la tête vers lui, se concentrant sur Rogue.
- Je vous emmène à l'infirmerie, si on s'en occupe rapidement, vous ne garderez aucune séquelle ni cicatrice.
La voix de Rogue le glaça d'effroi. Harry s'en voudrait à vie si Drago venait à garder les marques de son erreur.
Ils s'éloignèrent alors que le brun reprenait sa respiration. Il voulait se précipiter sur eux, agripper Malefoy pour savoir comment il allait, croiser son regard. Il devait savoir.
- Potter, vous m'attendez-là. Claqua la voix de Rogue avant qu'il disparaisse avec Drago.
Harry grimaça. Il ramassa sa baguette d'un geste fatigué, tenta de calmer les battements effrénés de son cœur et attendit. Il avait l'impression que le peu de paix qu'il avait réussi à avoir dernièrement venait de voler en éclat, et la seule chose à laquelle il pouvait penser, c'était qu'après ça, Drago ne lui pardonnerait probablement jamais.
Drago fixait le mur de l'infirmerie d'un air blasé. Il n'avait accepté aucune visite depuis qu'il était entré à l'infirmerie, pas même Blaise qui était pourtant revenu plusieurs fois et visiblement de plus en plus inquiet d'après ce que lui disait Pomfresh.
Il s'en foutait.
En réalité, il se foutait de tout du moment qu'on le laissait tranquille, libre de réfléchir en paix. Il avait l'impression de rêver, de vivre un cauchemar plutôt. Il n'arrivait pas à croire qu'ils avaient été prêts à s'entre-tuer. Il n'avait jamais voulu de tout ça. Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Il avait juste été envahi par une rage incontrôlable et alors, il n'avait eu qu'une envie, tuer Potter.
Le Gryffondor devait probablement lui en vouloir à mort et il n'avait aucun moyen de le savoir, ni même de s'excuser. Il avait envie de pleurer, verser autant de larmes que possible parce qu'il était en train de détruire sa vie en mille morceaux. Finalement, la mort serait peut-être une délivrance face à tout ce qui l'attendait. Il préférait mourir que de voir les gens autour de lui s'éloigner, d'observer Potter le regarder comme s'il était un moins que rien et indigne de son intérêt.
Il ne voulait pas voir ses parents souffrir à cause de lui, leur nom être traîné dans la boue parce qu'il aurait échoué. Il voulait juste vivre une vie normale, oublier qu'il était un mangemort et qu'il devait tuer Albus Dumbledore. Mais il ne pouvait pas. Chaque minute, chaque mot et visage lui rappelaient sans cesse qu'il allait devenir un meurtrier parce qu'il n'avait pas eu le choix. Il servait un psychopathe et il allait en devenir un s'il ne parvenait pas à se sortir de toute cette merde.
Il ne pouvait même pas en parler à Blaise parce qu'il avait trop peur de le mêler à tout ça. Pansy s'inquiéterait beaucoup trop et essaierait de trouver une solution qui n'existe pas. Non, il ne voulait pas leur infliger ça.
Il préférait rester seul, et puis l'Angoisse n'était certainement pas loin. Elle pourrait lui tenir compagnie.
- Je croyais que vous lui aviez dit de ne plus s'approcher de Drago, s'exclama Rogue en jetant un regard accusateur au directeur.
- Je l'ai fait, répondit Dumbledore d'une voix fatiguée.
Severus s'était rendu dans le bureau d'Albus aussitôt qu'il avait relâché Potter. Il n'arrivait pas à croire que ce morveux possède son livre. Il en avait des frissons de dégoûts qui lui remontaient le long de l'estomac. Son filleul avait été victime d'un de ses sorts, à cause de cet incapable de Gryffondor alors qu'il avait fait le serment de protéger le Serpentard sur sa vie.
- Punissez-le, siffla Rogue à l'intention du directeur.
- Je crois que vous l'avez déjà suffisamment sanctionné Severus.
Rogue jeta un coup d'œil à Dumbledore. Le vieil homme avait le visage encore plus fatigué que d'habitude, et même sa posture qui se voulait alerte ne cachait pas complètement à quel point il était épuisé par la guerre. Severus le comprenait, pas qu'il compatissait, il avait depuis longtemps abandonné l'idée d'avoir de la pitié pour les autres, mais il savait quel effet ça faisait de combattre Voldemort, peu importait dans quel camp on était supposé être.
- Qu'a dit Mr Malefoy ? S'enquit Dumbledore en caressant distraitement les plumes de Fumseck.
Severus savait que ce n'était qu'une façade. Albus enregistrait tous les mots que vous prononciez, analysant chaque tournure de phrase et chaque intonation pour déceler la part de vérité, du mensonge.
- Il n'a pas prononcé un mot et il est impossible de briser ses barrières. Bellatrix a fait un bon travail, se força à reconnaître le professeur de défense contre les forces du mal tout de même avec dégoût.
- Ai-je fait une erreur en les forçant à s'éloigner l'un de l'autre ? demanda Albus avec un air résigné.
Rogue s'arrêta dans son mouvement et releva un sourcil d'une manière qui se voulait curieuse.
- Bien que je trouve cette situation pour le moins horrible, je ne comprends pas comment vous avez pu croire que les séparer serait bénéfique pour eux, lâcha Severus d'une voix cassante.
Dumbledore soupira et se déplaça jusqu'à son fauteuil, dans lequel il prit place.
- Potter était probablement le seul qui aurait pu inciter Drago à demander de l'aide, mais vous le lui avez enlevé, ajouta Rogue d'une voix énervée.
Dire que Severus était énervé était un euphémisme. Il ne pardonnait pas son erreur à Dumbledore. Certes, il ne supportait pas Potter et s'il le pouvait, il l'aurait renvoyé de Poudlard depuis longtemps, mais il ne pouvait pas ignorer le rapprochement entre le Gryffondor et le Serpentard et ce que cela aurait pu changer lors de la guerre.
- Harry était trop dispersé, se justifia Dumbledore en posant ses yeux fatigués sur Severus.
- Potter est toujours dispersé, siffla Rogue méchamment.
Albus eut un sourire contrit.
- Par Merlin ! Ils ont failli s'entre-tuer ! S'exclama Rogue. Comment voulez-vous qu'ils se retrouvent après ça ?!
- Je suis persuadé que s'ils tiennent vraiment l'un à l'autre, ils parviendront à se retrouver, répondit Albus avec de l'espoir dans la voix.
- Nous n'avons pas le temps !
Dumbledore observa son ami avec plus de surprise qu'il ne souhaitait en laisser paraître. Il était sûrement l'un des hommes les plus optimistes qu'il existe sur terre, mais il avait du mal à croire que Severus Rogue, réputé pour être le professeur le plus antipathique de Poudlard, et détestant royalement Harry Potter, veuille à tout prix voir son filleul et le Gryffondor se révéler leur attachement.
- Voldemort demande de ses nouvelles tous les jours, et je n'en ai aucune à lui fournir parce que Drago refuse de me parler. Vous ne comprenez pas, il veut le tuer, et j'ai juré ! ajouta Rogue avec véhémence.
Dumbledore soupira de lassitude.
- Nous ne pouvons rien faire de plus Severus. Ils doivent se rendre compte par eux même de leurs sentiments. Les pousser ne ferait que les éloigner, vous le savez comme moi.
- Si vous n'aviez pas poussé Potter à …
- Mais je l'ai fait ! le coupa Dumbledore d'une voix forte.
Severus se figea sur place, regardant d'un œil surpris le directeur de Poudlard. Il savait qu'il l'avait probablement poussé à bout, mais il ne regrettait pas, tant que Dumbledore reconnaissait son erreur. Il avait besoin de savoir que l'homme qu'il devrait tuer n'était pas infaillible.
- Surveillez-les, Severus, ajouta Dumbledore d'une voix plus douce, comme teintée de regrets.
Rogue acquiesça, et dans un frôlement de cape, sortit du bureau d'un pas rapide, laissant derrière lui un homme trop vieux et trop fatigué.
Harry fixait les flammes d'un regard vide.
Il avait l'impression que les tremblements de ses mains ne pourraient jamais s'arrêter. Hermione et Ron, dans un coin de la salle commune, le regardait, interdits. Sa meilleure amie lui avait fait la leçon. Il s'y attendait. Il avait failli tuer Malefoy.
Un haut le cœur lui remonta le long de la gorge et il se retint au dernier moment de vomir sur le tapis rouge. Il aurait pleuré s'il avait été seul. Mais la seule chose qu'il pouvait faire était de fixer les flammes en espérant que tout ça soit un cauchemar et qu'il allait se réveiller dans son lit.
Il voulait tout oublier. Oublier qu'il n'avait été qu'un connard de première, un abruti, et qu'il avait failli tuer Drago. Rogue aurait dû l'enfermer à vie dans un cachot, et le priver de lumière pour qu'il oublie ce que c'était que d'observer le monde. L'obscurité lui irait bien. Il pourrait omettre de regarder ses mains, recouvertes du sang du Serpentard.
- Harry, fit la voix de Hermione dans un coin de sa tête.
Il ne voulait pas croiser son regard déçu à nouveau.
- Tu ne vas quand même pas retourner le chercher, n'est-ce-pas ?
Il grinça des dents. Bien sûr, Hermione ne pensait qu'à ce foutu livre. Il n'en avait rien à foutre, là, maintenant. Il se foutait royalement du Prince de Sang-Mêlé. Il voulait juste retourner en arrière.
- Harry !
- Quoi ?! rugit le brun en se tournant vers Hermione.
Elle le fixait avec cet air choqué sur le visage, qui lui faisait peur autant qu'il l'énervait. Déception, peur, incompréhension. Il voyait les mêmes émotions sur le visage de Ron. Qu'avait-il fait ?
Il laissa sa tête tomber entre ses mains et gémit piteusement.
- Laisse-le ! s'exclama une voix derrière lui alors que deux mains se posaient sur ses épaules crispées.
Harry releva la tête, surpris. Ginny fixait Hermione d'un air énervé, sous le regard éberlué de Ron.
- Je te signale que ce qu'il a fait est grave ! S'emporta Hermione en se levant, fusillant du regard la rouquine.
Les mains de Ginny sur ses épaules se crispèrent involontairement avant que la jeune femme ne reprenne le contrôle de son corps et qu'elle le maintienne tendrement.
- Oh ça va Hermione ! Estime-toi heureuse qu'il ait jeté ce sort ! Je te rappelle que Malefoy voulait lui lancer un impardonnable !
La brunette pinça les lèvres et croisa ses bras d'un air hautain.
- Je ne dis pas le contraire ! s'exclama-t-elle en jetant un regard à Ron pour qu'il dise quelque chose mais le rouquin gardait la bouche hermétiquement close, peu désireux de s'interposer entre les deux Gryffondor.
Harry n'osait pas prononcer un mot. Une partie de lui voulait se lever et tous les envoyer se faire foutre parce qu'ils n'avaient absolument rien compris. Oui, Drago était prêt à lui lancer un sortilège impardonnable mais ça ne voulait pas dire qu'il lui voulait autant de mal que ce qu'il pensait. N'est-ce-pas ?
Il voulait y croire, il devait y croire, parce qu'il n'arrivait pas accepter qu'il ne pourrait probablement plus jamais s'approcher du Serpentard comme avant. Il l'avait fait souffrir, et il comprenait parfaitement que le blond se soit senti blessé et l'attaque de cette manière.
- Je te signale quand même que maintenant que Harry est de retenue tous les samedis, votre match est certainement compro…
- Oh ne me fais pas croire que tu t'intéresses au quidditch Hermione ! La coupa Ginny d'une voix féroce. On sait toutes les deux que tu t'en fous royalement alors ne fais pas comme si le fait que Gryffondor gagne t'importait !
Hermione recula d'un pas sous la véhémence du regard de Ginny et se força à garder le silence pour éviter d'envenimer la situation. Elle se contenta de se saisir de son sac et de sortir de la salle commune d'un pas énervé.
Harry tourna la tête vers Ron, et sans que le rouquin n'ait eu à prononcer un mot, le brun lui fit signe qu'il ne lui en voudrait pas s'il partait à la poursuite de la brunette. Il préférait encore qu'il aille la soutenir contre sa sœur plutôt qu'ils se fassent la tête une nouvelle fois.
Ginny en profita pour s'asseoir à ses côtés. A cette heure, la plupart des Gryffondor étaient dans la Grande Salle pour manger, mais Harry avait tellement envie de vomir qu'il se refusait à y poser un pied. Et puis, il ne voulait pas subir les regards des autres.
- Je ne t'en veux pas, tu sais.
Harry n'osa pas tourner la tête vers Ginny malgré ce qu'elle lui avait dit. Sa présence avait beau l'apaiser, ça ne changeait rien au fait qu'il se sentait trop mal pour penser à autre chose qu'à la honte et le regret qui lui dévoraient les entrailles. Le monstre qui se tapissait dans son corps rongeait son cœur, il avait la bile au fond de la gorge et l'impression que tout ce qu'il arriverait à sortir ne serait pas des paroles mais toute la haine qu'il avait envers lui-même en cet instant.
- Je préfère perdre un match que de te savoir blessé.
Il aurait dû réagir, dire quelque chose parce que c'était clairement les mots qu'il attendait. Les mots qui lui disaient que Ginny s'intéressait assez à lui pour s'inquiéter de sa santé. Mais il ne dit rien, son cerveau n'assimilant plus aucun parole.
Il sentit la main de la rouquine se poser sur son bras et glisser le long de son épaule, venant caresser la courbe de sa nuque et sur le côté de son visage, l'incitant tendrement à tourner la tête vers elle.
Il savait qu'il avait les yeux rougis par l'angoisse et la honte et il vit dans le sourire crispé de Ginny qu'il avait vraiment mauvaise mine. Elle passa son pouce sur les cernes qui striaient son œil droit avec douceur, et lui ne pouvait que cligner des yeux, troublé par la distance minuscule entre leurs deux visages.
- Je te crois quand tu dis que Malefoy est un mangemort, murmura Ginny.
Harry sentit toute trace de sang quitter son visage aussi soudainement que si Voldemort était apparu dans la salle commune. Un sentiment de peur indescriptible l'envahit et l'angoisse de savoir que Ginny l'avait cru quand il avait affirmé que Drago était un partisan du Seigneur des Ténèbres.
Il aurait dû savoir qu'à force de le clamer à ses amis, l'un d'eux finirait par le croire. Mais c'était avant de découvrir que Malefoy était bel et bien un mangemort, et que ça ne lui importait pas tant qu'il pouvait rester à ses côtés. Qu'il le sache était une chose. Il avait dépassé depuis longtemps le stade où il était censé haïr le Serpentard, mais ce n'était pas le cas de Ginny, et encore moins si elle savait qu'il avait fait plus que parler avec son ancien ennemi.
Il était effrayé à l'idée que Ginny en parle à d'autres personnes et qu'elle réussisse à les convaincre. Parce qu'il n'avait aucun doute là-dessus, la jeune femme était très bonne pour persuader les gens. Et puis, Malefoy n'étant pas un enfant de cœur, elle trouverait facilement ceux qui avaient une dent contre lui.
Il ne pouvait pas laisser faire ça, il devait trouver un moyen de convaincre Ginny que tout ça n'avait pas d'importance et qu'il s'était probablement trompé.
- Et si j'avais tout faux ? demanda Harry d'une voix basse en évitant les yeux de Ginny.
Il savait qu'il était un piètre menteur et que s'il croisait le regard de la rouquine, elle saurait immédiatement que quelque chose clochait.
- De quoi tu parles ? lui demanda-t-elle.
Il ne vit pas son froncement de sourcil ni son regard inquiet mais il sentit très bien sa main attraper la sienne, l'autre toujours posée sur sa joue, le forçant à plonger dans ses yeux une nouvelle fois. Il devait absolument rester impassible.
- Et si Malefoy n'était pas un mangemort ? Plus j'y réfléchis et plus j'ai l'impression que peut-être je me suis trompé, répondit Harry en essayant de prendre un ton persuadant.
Ginny cligna des yeux plusieurs fois et eut une moue perdue.
- Pourquoi ce changement d'avis ?
Harry sentit sa bouche s'assécher et il eut un instant l'impression qu'il n'y arriverait pas.
- S'il était vraiment un mangemort, Dumbledore ne l'aurait pas laissé entrer à Poudlard, non ? demanda Harry, priant pour que la jeune femme trouve cet argument assez convaincant pour accepter de croire qu'il s'était trompé.
- Mais Dumbledore n'est pas infaillible, répondit Ginny en sondant ses yeux.
Harry retint un hoquet de peur de s'échapper de sa gorge et respira profondément, tentant d'ériger ses barrières mentales comme le lui avait appris Rogue, pour éviter de laisser ses émotions le submerger.
- Même s'il était un mangemort, tu penses vraiment que Voldemort serait assez fou pour lui donner une mission ?
Il savait qu'il jouait sur un terrain dangereux, mais il était aussi sûr que la jeune femme connaissait assez bien Tom Jedusor pour l'avoir côtoyé de près et savoir qu'il ne faisait jamais les choses sans avoir bien réfléchi avant.
- Je sais pas, avoua-t-elle, mais même s'Il ne lui a donné aucune mission, ça n'empêche pas qu'il l'ait admis dans ses rangs.
Il en aurait pleuré de frustration s'il n'aimait pas autant Ginny.
- Dumbledore m'a demandé d'arrêter tout ça …
Ce n'était pas un mensonge, et il n'était pas obligé de tout dire, mais ça avait le mérite de faire réagir la rouquine. Il vit dans ses yeux qu'elle réfléchissait et qu'elle essayait de comprendre pourquoi leur directeur semblait si peu enclin à découvrir si Malefoy était un mangemort, mais lui seul le savait.
- C'est malsain, cette obsession pour Malefoy, finit-elle par dire. Je suppose que Dumbledore a raison.
Harry aurait aimé soupirer de soulagement, mais le fait que la rouquine admette que tout ça était complètement hors de contrôle l'effrayait. Qu'Hermione le lui dise, il y était habitué. La brunette avait le don pour faire passer des choses horribles assez facilement. Mais que Ginny le remarque lui tordit le cœur.
Il se demanda quand il avait commencé à devenir aussi dingue. Il ne se rappelait pas avoir eu un jour la sensation que son monde ne tournait pas rond avant cette année. Il avait toujours eu l'impression qu'il aurait encore le temps de vivre avant de réaliser qu'il devrait mourir de la main de Voldemort. Les seules constantes restaient Ron et Hermione, et Drago, réalisa-t-il avec douleur.
Malefoy avait été là depuis le premier jour, du moment où il avait découvert qu'il était un sorcier jusqu'à celui où il comprenait qu'il devrait mourir. Le Serpentard avait toujours été là, et il réalisa seulement maintenant que son obsession existait depuis bien plus longtemps que ce qu'il pensait. Il se demanda s'il aurait pu devenir ami avec le blond s'il avait décidé de saisir sa main en première année. Peut-être qu'il aurait accepté d'être réparti à Serpentard et rien de tout ce qu'il avait vécu ne serait arrivé.
- Pourquoi Malefoy ? demanda soudainement Ginny.
Harry ouvrit la bouche, incertain, se demandant ce que la jeune femme voulait vraiment savoir.
- Qu'est-ce qui te lie à Malefoy au point que tu te sentes obligé de tout savoir de chacun de ses mouvements ?
Il sentit sa bouche s'assécher, comme à chaque fois qu'il avait l'impression que tous ses secrets volaient en éclats.
- Je sais pas, fut la seule chose qu'il réussit à dire.
Ginny rit en voyant son air perdu.
- Je suis jalouse parfois, quand je vois que tu portes plus d'importance à lui qu'à moi.
Harry se sentit rougir à une vitesse phénoménale, ce qui n'échappa pas à la rouquine, qui lui offrit un sourire amusé. Il savait qu'il devait dire quelque chose, parce que même si Ginny réagissait de cette manière, le sous-entendu derrière la phrase était clair. Il n'osa imaginer ce que la rouquine penserait si elle savait que c'était même bien plus qu'une simple importance.
- Je suis quand même heureuse qu'on puisse passer du temps seuls tous les deux, ajouta-t-elle avec un sourire sincère.
Il devait avoir atteint des sommets concernant sa rougeur au vu de la chaleur qui lui inondait le visage. Ginny savait exactement quoi dire pour le sortir de ses pensées et pendant un instant, il oublia ce qu'il venait de faire et combien il se sentait mal à propos de ça.
La rouquine sourit et pencha sa tête sur le côté, posant son front dans le cou de Harry qui se figea, ne sachant comment réagir.
- Détends-toi, murmura-t-elle.
Il laissa ses muscles se défaire de leur rigidité et osa poser sa joue sur le haut du crâne de la rouquine, appréciant avec soulagement le réconfort qu'il tirait de sa proximité.
- Merci, souffla-t-il, conscient qu'il devait plus à la jeune femme que ce qu'il n'osait lui dire.
Elle qui se posait des questions, restait à ses côtés, respectait son silence et ne voyait en lui que Harry. Juste Harry.
Drago sortit de l'infirmerie le samedi matin, et s'il avait réussi avec joie à éviter les Serpentard qui semblaient s'être tous ligués contre Potter après ce qu'il avait fait, il y en avait pourtant un qu'il ne put empêcher de l'attraper dès qu'il mit un pied hors de l'antre de Pomfresh.
Blaise se saisit de son bras et avant qu'il ait pu protester, le noir l'entraîna dans le parc. Il pria pour que son ami ne l'emmène pas sur le terrain de Quidditch ou le match des Gryffondor contre les Serdaigle devait avoir commencé. Il avait peur de croiser Potter, un sentiment de terreur froide qui lui tordait le ventre. Il n'était pas prêt à affronter son regard. Il n'osait même pas imaginer ce qu'il y trouverait.
- Arrête de stresser, je t'emmène pas sur le stade, mais t'as besoin de prendre l'air, claqua la voix de Blaise près de son oreille.
Drago n'avait pas eu conscience d'être aussi perdu dans ses pensées. Il grommela un juron mais se laissa entraîner jusqu'à un endroit que Blaise dut estimer assez bien pour s'installer. Le blond se laissa tomber contre un arbre, étendant ses jambes avec un soupir de soulagement. Il avait conscience d'être encore faible après « l'accident ».
- Alors ? Demanda Blaise en prenant place en face de lui, les jambes croisées en tailleur et ses mains posées de chaque côté de sa taille, pour soutenir son corps.
Drago le fixa d'un air sarcastique.
- Quoi ? cracha-t-il plus méchamment qu'il ne le voulait.
Blaise sourit d'un air amusé, pas du tout perturbé par l'accès de colère du Serpentard.
- Potter est venu te voir ?
Drago grinça des dents. D'une, il n'avait absolument pas envie de parler du Gryffondor alors qu'il avait encore en travers de la gorge le fait que non, Potter n'était pas venu le voir malgré qu'il le souhaitait tous les jours, et de deux, parce que Blaise avait tendance à toucher là ou ça faisait mal.
- Non, siffla-t-il en tournant la tête pour éviter le regard de compassion de Blaise.
- Ça m'étonne pas vraiment, répondit le noir.
Drago lui jeta un regard noir, lui faisant clairement comprendre que ce genre de réponse, il pouvait se les mettre là où il pensait.
- Vous êtes tous les deux des handicapés sentimentaux, et en plus incapables de mettre votre fierté de côté, ajouta-t-il en jetant un regard appuyé au blond à la fin de sa phrase.
Drago arracha une touffe d'herbe et la jeta sur le côté d'un air énervé. Mai avait apporté assez de chaleur pour qu'il apprécie de se trouver dehors. Ils devaient probablement être les seuls à se trouver dans le parc au lieu de regarder le match, mais il n'avait jamais été aussi désintéressé par le Quidditch que cette année. Et plutôt que d'être assis comme un con dans l'herbe, il devrait vraiment se lever et se précipiter dans la salle sur demande pour avancer sur cette merde d'armoire.
Pourtant, il n'osa pas se lever, curieux de savoir ce que pourrait lui dire Blaise de ces quelques jours qu'il avait loupé.
- C'est puéril ça Drago, ajouta Blaise devant le grognement du blond. Vous êtes sacrément cons, vous vous câlinez dans les couloirs et l'instant d'après, vous essayez de vous entre-tuer.
Drago sentit une chape de plomb lui glisser dans la gorge. Dit comme ça, il ne pouvait que donner raison au Serpentard. Il savait qu'il aurait dû être en colère contre Potter parce qu'il n'avait fallu que d'un cheveux pour qu'il passe de l'autre côté, mais il n'y arrivait pas. Pas alors qu'il avait voulu lui lancer un doloris.
Il ne comprenait d'ailleurs toujours pas pourquoi il avait voulu le faire. Il se dit qu'il pouvait rejeter la faute sur cette salope d'Angoisse, mais il savait qu'il n'y avait pas que ça. Il était en colère contre le Gryffondor, blessé. Il n'avait jamais connu de telle douleur et il en voulait tellement à Potter qu'il avait utilisé le seul moyen qu'il connaissait pour rendre la pareille.
En bref, il avait agi comme un con, avait tout gâché et failli y passer, mais il se tenait là, à attendre que quelque chose se passe.
- Je ne voulais pas le tuer, marmonna Drago en évitant le regard de Blaise.
- Je sais, répondit le noir, mais ce serait bien que vous trouviez un moyen de vous parler. Tu sais, le moyen par lequel on échange des mots, avec la langue, oui, elle peut servir à d'autres choses, précisa-t-il ironiquement, pour se comprendre.
Drago haussa un sourcil.
- Pour qui tu me prends ? répondit-il d'un air braqué.
Blaise rit, et le blond lui aurait bien envoyé son poing dans la figure s'il n'avait pas aussi peur de s'attirer les foudres du noir. Il était trop seul pour éloigner volontairement Zabini.
- Pour un Serpentard qui ne sait pas comment gérer son attirance pour un Gryffondor. C'est ça le problème.
Drago blanchit. Il était là le problème hein. Et plus qu'un Gryffondor, c'était de Potter qu'on parlait.
- On est tous les deux assez ouverts d'esprit pour savoir que c'est pas le fait que ce soit un mec qui dérange, commença Blaise. Non, le nœud du problème, c'est que c'est un Gryffondor et pire, Potter.
Drago lui jeta un regard noir, ne supportant pas que Blaise parle du brun comme s'il était la pire plaie du monde, ce qui le fit sourire. Le blond grogna.
- Je dis pas que Potter est un mauvais choix, je sais voir la beauté où elle est, et tu peux être sûr que c'est pas le genre de mec enfoiré que tu croises souvent à Serpentard. Ce n'est pas moi qui ai un problème, c'est toi Drago.
- Pardon ? demanda le blond d'un air interloqué. Je n'ai aucun problème avec Potter qui …
Le blond fut coupé par le rire de Blaise.
- Mon dieu, Drago, mais bien sûr que si. Le problème, c'est que vous vous en rendez même pas compte. En fait, vous ne savez même pas ce que vous ressentez. D'ailleurs j'arrive pas à comprendre comment Potter fait pour garder le secret tellement c'est évident. Ça ne m'étonnerait même pas que Granger ait compris.
Drago se sentit pâlir à l'idée que Granger ait vu quelque chose que lui-même n'avait pas compris. Il avait toujours détesté l'idée qu'elle soit plus intelligente que lui, et maintenant que ça le concernait personnellement, il avait l'impression de passer pour un demeuré.
- Fais pas cette tête ! Le taquina Blaise.
Drago soupira de lassitude, certain qu'il vaudrait mieux pour lui mourir plutôt que de continuer cette vie pourrie, loin de Potter, obligé de servir un mégalomane timbré et impliqué dans un bordel dont il ne savait rien hormis ce que Rubis avait bien voulu lui dire.
Le paradis. Parfait.
- Ça va s'arranger, lui dit Blaise avec un sourire qui se voulait rassurant.
Drago posa ses yeux sur son visage et il vit que le noir était sincère. Pourtant, il n'arrivait pas à y croire. Il s'attendait à ce que Potter vienne le voir, mais il ne l'avait pas vu une seule fois. Il avait finit par abandonner l'idée que le Gryffondor avait peut-être des regrets.
- T'es dans une sacré merde Drago.
Le blond ne put s'empêcher de laisser un rire sarcastique échapper de sa gorge. Blaise était loin de savoir combien c'était vrai.
- Depuis le jour où t'as posé tes yeux sur lui, y avait aucun moyen que tu t'en sortes.
- Pourquoi ? Demanda Drago en fronçant les sourcils.
- Tu le vois même pas. Merde, toi et Potter vous n'avez pas pu, en plus de cinq ans, vous ignorer ne serait-ce qu'une seule seconde. Vous êtes carrément incapables de vivre l'un sans l'autre.
- C'est n'importe quoi ! S'exclama Drago qui n'avait aucune envie que Blaise lui dise exactement tout ce à quoi il ne voulait pas penser.
- Je parie que tu te demandes ce qu'il fait maintenant, ajouta le noir avec un sourire mesquin.
- Il est en train de gagner ce putain de match de quidditch abruti ! S'énerva Drago.
Blaise se mit à rire de manière convulsive.
- Regarde-toi, tu pètes un câble dès qu'on insinue que tu ne sais pas où il est alors que tu devrais n'en avoir rien à faire. Potter est en retenue avec Rogue parce qu'il t'a envoyé à l'infirmerie.
Drago allait dire quelque chose, n'importe quoi, réagir, mais il en fut incapable. Il comprenait mieux pourquoi le Gryffondor n'avait pas voulu poser un pied dans l'infirmerie pour venir le voir. Il devait le haïr pour être celui qui l'avait empêché de jouer son match.
Une colère sans nom l'envahit, contre Potter qui était égoïste, contre Voldemort qui avait pourri sa vie, contre Blaise qui était encore une fois trop intelligent et qui voyait plus loin que le bout de son nez et contre lui-même pour avoir oublié qu'il était un Malefoy et qu'en aucun cas, il ne devait laisser passer ses émotions.
Il tenta de se créer un visage impassible, mais il doutait de réussir avant de voir que Blaise grimaçait. Le noir faisait toujours cette tête quand Drago prenait cet air détaché d'aristo qui ne s'intéressait qu'à lui.
- C'est des conneries ! S'exclama Drago avec un air hypocrite.
Blaise lui sourit d'un air triomphant, et le blond se demanda ce qui avait bien pu lui passer par la tête.
- Oh non, tu es juste en train de tomber amoureux de Harry Potter.
Sa peau était habituellement pâle, mais Drago se dit qu'elle devait à coup sûr être translucide, tant son sang avait quitté son visage avec précipitation.
- Je vois pas de quoi tu parles, marmonna le blond avec un sourire faux.
Il sentit que ses mains se mettaient à trembler et ce salopard de Duncan souffla d'une voix brûlante à son oreille qu'il serait là pour lui si jamais il sombrait.
- Oh, ne me sors pas cette connerie de « Je suis un Malefoy et je ne peux pas avoir de sentiments » ! C'est des conneries, tu es parfaitement capable d'en avoir ! S'exclama Blaise en se redressant soudainement devant l'air paniqué de son ami.
Si on lui avait dit un jour qu'il serait prêt de la crise cardiaque parce qu'on lui disait qu'il avait des sentiments pour Harry Potter, il aurait sans aucun doute frappé la personne devant lui. Mais ça, c'était avant de réaliser que c'était le cas. C'était la putain de vérité qu'il n'osait pas affronter depuis des jours et des jours, et son cœur s'emplit si soudainement de tout un tas de sentiments et d'émotions qu'il crut qu'il allait s'étouffer et mourir. Il n'arrivait pas à croire qu'il était passé à côté de ça, qu'il avait sincèrement pensé qu'il ne pourrait jamais éprouver d'amour pour quelqu'un parce que plus il y pensait, et plus il comprenait que depuis le départ et derrière cette putain de haine, il y avait eu cette petite étincelle dévastatrice pour Potter. Toujours.
Il se dit que mourir parce qu'on admettait enfin qu'on était amoureux de Harry Potter n'était pas si mal. Il aurait quand même aimé avoir plus de temps avec le Gryffondor mais s'estimait déjà heureux d'avoir pu toucher du bout des doigts un bonheur avec lui.
Et Blaise, cet enfoiré manipulateur qui l'avait forcé à comprendre tout ça, le regardait avec des yeux émerveillés comme s'il avait attendu toute sa vie que Drago Malefoy admette qu'il était amoureux de Harry Potter.
Quelle ironie.
- Putain, tu fais peur comme ça, ne put s'empêcher de dire Blaise entre deux rires.
- Ta gueule, souffla Drago d'une voix rauque.
Il avait l'impression qu'il allait imploser, mais rien ne se passait et le parc de Poudlard restait à sa place. Il était plus vivant que jamais, balancées au loin ces conneries de Voldemort et de Rubis.
Le visage de Potter s'imprima dans son esprit, ses putains de cheveux indisciplinés dans lesquels il avait trop envie de passer les doigts, ses lèvres roses qui se dessinaient lentement en un sourire, et ses yeux, bordel ses yeux. Deux émeraudes brillantes qui le fixaient d'un air tendre.
Drago aurait pu pleurer tant ce qu'il ressentait était hors de contrôle. Blaise avait débloqué quelque chose en lui et il perdait pied peu à peu.
- Heu mec, je sais que tu te découvres de nouveaux sentiments, mais reste parmi nous !
Drago plongea ses yeux dans ceux de Blaise. Le noir le fixait d'un œil amusé, sur le visage un sourire attendri qu'il ne lui avait jamais vu. Le blond ne put s'empêcher de sourire à son tour. Il tremblait, mais c'était tellement bon qu'il ne s'en inquiéta pas. Parce qu'il avait comprit qu'il était irrémédiablement et dangereusement amoureux de Harry Potter.
- Putain, fut la seule chose qu'il parvint à dire, avant de se mettre à rire, libéré, amoureux, vivant.
Harry sortit si rapidement du bureau de Rogue qu'on aurait pu croire qu'il avait le diable aux trousses. Après tout, il n'en était pas loin, la « chauve-souris » comme il aimait l'appeler avait tout d'un être satanique. Il avait vu les heures passer aussi lentement qu'un cours avec Binns.
Et dire qu'il avait loupé le match. Il s'imagina Ginny volant sur son balai, cherchant du regard le vif d'or à sa place et un sentiment de regret l'envahit.
Il s'était endormi dans ses bras le soir où il avait failli tuer Drago. Il s'en voulait encore. Il aurait dû aller voir Malefoy au lieu de passer du bon temps avec la rouquine. Ce n'était pas qu'il n'avait pas apprécié, loin de là, et il n'avait pas aussi bien dormi depuis longtemps. C'était juste qu'il n'avait pas réussi à s'ôter le blond de l'esprit.
Il oscillait. Certaines fois, c'était Drago qui se blottissait contre lui, et aussitôt, une chaleur perturbante l'envahissait. Le pire était quand il rêvait de Malefoy et de son rictus déformé par la haine.
Une vague de regrets et de culpabilité le prenaient alors aux tripes et il était obligé de s'arrêter un instant dans les couloirs, sous l'œil triste de ses amis, pour se retenir de s'effondrer en public.
En trois jours, il n'avait pas eu le courage de faire un pas en avant pour aller voir Malefoy. Il était effrayé à l'idée que le Serpentard le rejette, n'osant se demander ce que cela ferait que de voir à nouveau la haine dans le regard du blond. Il ne le supporterait pas.
Les Serpentard n'étaient pas en reste et ne se gênaient pas pour l'insulter dès qu'ils le croisaient. Le seul qui ne faisait rien était ce grand noir qui traînait toujours avec Malefoy, et Harry se dit qu'il mijotait assurément quelque chose pour venger son ami.
La période d'accalmie qu'il avait eu avant ça avait disparu comme par enchantement, et il se retrouvait traqué à chaque endroit du château. Certains le félicitaient pour avoir envoyé le Prince des Serpentard à l'infirmerie, lui donnant envie de vomir.
Il se sentait misérable et aurait tout fait pour retourner en arrière et effacer toutes ses conneries. Il avait bien demandé de l'aide à Hermione, mais la jeune femme lui avait aussitôt dit qu'il devait assumer ses actes. Depuis, elle le regardait d'un air triste qu'il ne savait comment interpréter, traduisant des mots qu'elle aurait voulu dire mais qu'elle gardait pour elle.
Ginny prenait sa défense à chaque fois que quelqu'un osait s'attaquer à lui, et s'il aurait dû s'inquiéter pour sa virilité mal défendue, il ne s'intéressait qu'au fait que malgré tout ça, rien de bon ne ressortait de son combat avec le Serpentard.
Il ne se sentait pas soulagé parce que tout était finalement rentré dans l'ordre et que Malefoy était enfin redevenu son ennemi. Il aurait dû comprendre dès le début que tout ça n'était qu'une illusion de son esprit et qu'il espérait plus que ce à quoi il avait le droit.
Dumbledore ne l'avait pas convoqué dans son bureau, et il l'en remerciait silencieusement, n'étant clairement pas prêt à écouter un sermon de plus sur son incapacité à oublier Drago Malefoy.
Même le fait que Ginny se soit plus rapprochée de lui en l'espace de deux jours à cause de cet incident ne suffisait pas à le sortir de son mal-être. Il déambulait de cours en cours, mangeait peu, et ruminait des pensées plus sombres les unes que les autres.
Il s'était trop attaché à lui et il en payait maintenant le prix. Il se sentait vide, abandonné alors qu'il était celui qui avait tout foutu en l'air. Il ne comprenait pas comment il pouvait se sentit aussi mal, et d'après les regards de Ron et de Hermione, eux non plus.
Ginny le regardait avec tendresse dans ces moments-là, et plutôt que de compatir, elle lui souriait et le laissait se blottir contre elle. Ça n'avait pourtant rien de comparable avec lui.
Il soupira, regrettant encore une fois de s'être perdu dans des pensées loin d'être réjouissantes. Les couloirs étaient vides à cette heure de la journée, les élèves étant probablement tous dans la Grande Salle pour manger ou dans leur salle commune. Il n'y avait aucun signe qui pouvait indiquer qui de Serdaigle ou de Gryffondor avait gagné le match, mais Harry doutait sérieusement de la victoire de sa maison pour la Coupe. Il eut un rictus amer en constatant qu'il ne portait plus foi en beaucoup de choses dernièrement.
Il arriva trop rapidement à son goût devant le portrait de la Grosse Dame. Il ne s'inquiéta pas de lui demander si Gryffondor avait gagné. Il n'en avait même pas envie. Il se contenta de donner le mot de passe d'une voix éteinte, et observa le tableau s'ouvrir avec une lenteur désespérée.
Aussitôt, une clameur assourdissante lui éclata au visage, et sous ses yeux ébahis, il assista à la plus grosse explosion de joie qu'il ait vu depuis longtemps dans la salle commune des Gryffondor quand on le vit entrer.
Des bras se saisirent de lui et sans qu'il ait son mot à dire, on le félicita, lui serrait la main, hurlant à tout va. Il avisa Ron qui sauta sur une table et son visage se fendit d'un énorme sourire quand son meilleur ami se précipita sur lui dès qu'il le vit.
- ON A GAGNÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ! Hurla le rouquin en explosant de joie, brandissant bien haut pour que tous les Gryffondor la voient, la coupe d'argent qui récompensait la maison gagnante.
Un sentiment de joie indescriptible l'envahit, et tournant la tête, il vit au dernier moment Ginny se précipiter vers lui.
Elle lui sauta dans les bras, un sourire étincelant aux lèvres, et avant qu'il ait pu réagir, elle avait posé ses lèvres sur les siennes, son corps collé contre le sien, brûlant. Pris dans la ferveur de la victoire, il l'embrassa, oubliant un instant toute la tristesse et le malheur des derniers jours, serrant contre lui sa taille fine, passant ses doigts dans ses cheveux de feu. Les lèvres de Ginny étaient douces, ses mains glissant le long de son dos habilement, et un sentiment d'apaisement l'envahit.
Ce fut quand ils reprirent leur souffle qu'il remarqua le silence dans la salle, et enfin, des exclamations de joies, des sifflements enjoués et des rires explosèrent autour de lui. Pourtant, quelque chose clochait.
Une chape de plomb se logea dans son estomac quand il réalisa que c'était à Drago Malefoy qu'il avait pensé en embrassant Ginny.
Bon, oui, malgré vos peurs, le Sectumsempra est bien arrivé. Je crois que c'était l'une des choses dont j'étais la plus sûre dans ma tête quand j'ai commencé à écrire cette histoire et même si ce chapitre commence mal, j'espère que vous avez vu la lueur d'espoir qui se profile pour Ryry et Dradra (le surnom le plus pourri du monde).
Je papote pas plus longtemps, et je vous dis pour la semaine prochaine : Haine, Granger's suspicion et collision.
Pleins de bisous d'amour à vous tous, hydratez-vous bien et on se voit mercredi prochain (coeur coeur love)
