Coucouuu !
Je suis en retard alors je serais super brève. Je vous remercie énormément pour toutes vos merveilleuses reviews ! Je vous aime d'amour fou parce que mon premier objectif était d'atteindre enfin les 100 reviews, et c'est chose faite grâce à vous ! Vous êtes au top du top !
Heu sinon, je répond à vos reviews le plus rapidement possible, j'ai repris le boulot et je suis crevée, en mode pâté. J'ai même pas fini d'écrire le chapitre 16. Caca boudin ...
Je voudrais quand même remercier les nouveaux, parce qu'on en est à 111 reviews, 25 favoris et 55 followers et que c'est quand même la classe !
Merci à , NailaLoveSlash, et Symphonie pluvieuse (au passage, j'adore ton pseudo).
Un mot de ma bêta, qui rentre bientôt (ouais, j'ai trop hâte) : "Ce chapitre est parfait. C'est l'illustration parfaite de ce pourquoi j'aime le coupe Drago/Harry."
RAR:
Daidaiiro30 : OHEY ! Mais non, tu n'es absolument pas prévisible voyons ! Et puis au pire, je t'adore quand même ! Dis moi que tu ressuscites ? Nan parce que sinon, je m'en voudrais à vie, même si, je te contredis, le pouvoir, c'est cooooooool ! Des pâtés sentimentaux intersidéraux nos deux tourtereaux ! Mais c'est vrai qu'ils réagissent de la même manière (en tout cas niveau sentiments). Pour ça qu'ils sont faits pour être ensemble :p J'espère vraiment que celui-là te plaira surtout que j'ai dû bien attiser ta curiosité xD En tout cas, tu auras encore du Blaise (coeur coeur love d'amour de la life pour Blaisounet chéri quoi) ! J'ai écouté la chanson dont tu m'as parlé, je la trouve trop belle ! J'ai vraiment adoré ! Héhé, Hermione est dans la place :p Oh merci beaucoup ! J'écris généralement un chapitre par semaine, là je suis à la bourre mais tu peux rejeter la faute sur ma bêta parce qu'elle est pas là pour me rappeler qu'il faut que je me bouge les fesses pour écrire (à sa décharge, je suis une feignasse intersidérale). Et sinon, la base, je l'ai dans la tête, je sais comment ça va finir et les grandes lignes mais beaucoup de choses me viennent sur le moment, j'y réfléchis un peu tout le temps, des choses me surprennent comme ça et je me dis, oh cool, ça irait bien dans EA ! Généralement, c'est aussi par rapport à ce que je vis dans la journée ou ce que j'ai regardé avant et tout, la musique que j'écoute, mon humeur, ça influe vachement. Enfin voilà, ça me trottine dans la tête tout le temps (ALWAYS QUOI) alors y a plein de choses qui se rajoutent au fur et à mesure haha. Merci en tout cas, ça fait du bien de voir son travail récompensé ! Des milliards de bisous et de câlins d'amour et je te dis à tout à l'heure ? :p Bisous bisous
Bonne lecture !
Et juste une chose, ce chapitre, vous allez l'aimer. Moi je vous aime. Et je les aimes.
Musique :
Sébastien Tellier
La Ritournelle
Chapitre 15
Drago se réveilla avec la sensation que sa vie n'avait jamais été aussi lumineuse. C'était mièvre à souhait mais il n'en avait rien à faire. Il n'arrivait pas à se défaire de ce sourire débile sur ses lèvres et de cette impression de bonheur qui lui tordait le ventre depuis hier. Il avait appris que Gryffondor avait gagné le match, et étonnement, il était heureux parce que ça voudrait dire que Potter devait l'être lui aussi, même s'il n'avait pas pu y participer.
Merlin, il n'arrivait pas à croire que son cœur battait si fort pour Harry Potter. C'était comme s'il avait découvert qu'il était capable de ressentir des émotions, et que d'un seul coup, son cerveau s'était mis à rayonner, son corps à se réveiller doucement, et depuis hier matin, il se sentait si vivant qu'il avait l'impression qu'il pourrait sourire toute sa vie comme un débile simplement parce qu'il était amoureux de cet abruti de Gryffondor.
Blaise lui avait tenu compagnie le reste de la journée, et l'avait écouté parler de Potter. Drago se demandait comment son ami pouvait bien réussir à le supporter mais le noir semblait si heureux de le voir reprendre des couleurs qu'il n'avait pas osé lui dire qu'il ressemblait à un con transi d'amour comme ça. En réalité, il n'avait jamais vu le visage du blond aussi rayonnant, et c'était un spectacle à la fois perturbant et totalement passionnant.
Ses yeux brillaient d'un éclat qui faisait ressortir leur couleur argentée, et son visage pâle était rehaussé par le rosissement qui teintait ses pommettes. Il avait l'air plus vivant que ces derniers jours, et ce,malgré tout ce qu'il s'était passé. Il avait vraiment l'air con et loin de l'aristocrate péteux qu'il avait l'habitude de montrer, mais Blaiseétait bien le seul à s'en rendre compte.
Il ne se leva pas tout de suite, restant agréablement lové dans la chaleur de ses couvertures, un sourire apaisé sur ses lèvres. Il avait rêvé de Potter, et de son souffle contre son cou, la sensation de son corps contre le sien, et Merlin qu'il se sentait bien.
- Debout ! Clama la voix de Blaise, tirant les rideaux de son lit et laissant apparaître son visage souriant.
Drago grogna, priant pour que son ami le laisse penser en paix à Potter au chaud dans son lit, mais Blaise était bien décidé à profiter de sa bonne humeur et à le sortir d'ici.
Il le tira par le bras, et Drago tomba au sol avec un grognement énervé, hurlant contre Blaise qui se tordait de rire. Le noir lui lança des vêtements au visage, et le pressa de prendre sa douche parce qu'il avait une furieuse envie d'aller voler.
Drago sourit, oubliant au passage de l'engueuler parce qu'il avait osé froisser sa chemise. Joyeux, il se précipita jusqu'à la salle de bain, se répétant que c'était vraiment une bonne idée et qu'il n'avait pas volé depuis trop longtemps.
Harry se réveilla avec un mal de tête lancinant, se promettant qu'il ne reboirait jamais autant à une soirée. Il avait la bouche pâteuse et ses jambes étaient tellement lourdes qu'il douta de réussir un jour à sortir de son lit. Il n'arrivait pas à faire le tri des informations qui se bousculaient dans sa tête, mais une, plus claire que les autres se détachait, enflait, prenant toute la place dans son cerveau.
Il avait embrassé Ginny, une, deux, trois fois, toute la soirée, avec l'espoir de penser à elle à ce moment-là, mais rien n'y faisait. Il ne pouvait s'empêcher de s'imaginer que c'était le blond qui posait ses lèvres sur les siennes. Ça l'obsédait, et il avait honte de ne pas arriver à apprécier comme il se devait le fait que Ginny l'embrasse.
Rien n'y faisait.
Il savait que la rouquine ne s'était rendue compte de rien auquel cas elle lui en aurait parlé, elle et sa franchise déconcertante, mais ça ne changeait rien au fait que s'il ne s'enlevait pas rapidement Malefoy de la tête, il ne voyait pas comment il oserait aller plus loin avec la jeune femme alors qu'il continuait à penser au Serpentard de cette manière. Et s'il lui arrivait de gémir son prénom alors qu'il était avec Ginny ? Oh non, il ne se le pardonnerait pas, et la rouquine non plus.
Un gémissement plaintif s'échappa de sa bouche et il consentit enfin à se lever quand il entendit du bruit dans le lit de Ron à sa droite.
- Putain, entendit-il à travers les rideaux de leurs lits, Hermione ne voudra jamais nous donner de potion contre la gueule de bois, c'est certain.
Harry ne put s'empêcher de rire en imaginant le sermon qu'elle leur adresserait dès qu'ils débouleraient avec leurs têtes de morts-vivants dans la Grande Salle. Ron semblait désespéré.
- Harry, ajouta le rouquin d'une voix incertaine, Ginny et toi, c'est sérieux ?
Le brun se figea, les pieds à moitié posés sur le sol de leur dortoir. Son visage se crispa en une grimace d'incertitude et il remercia Merlin que Ron soit si gêné qu'il se sente obligé de lui demander ça les rideaux fermés. Il n'osait imaginer la réaction du rouquin s'il avait vu l'air qu'il arborait.
Le pire restait qu'il ne savait toujours pas quoi répondre, et Ron en attendait une.
- Je suppose, répondit prudemment Harry du bout des lèvres.
Il entendit Ron soupirer.
- Fais comme si j'avais pas demandé. Elle va m'arracher la tête si j'ose me mêler de vos histoires, ajouta le rouquin d'un air faussement désespéré.
Harry ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement, qui heureusement, ne parvint pas jusqu'aux oreilles de Ron. Il avait assez de problème comme ça pour y ajouter les inquiétudes de son meilleur ami.
Quelques secondes plus tard, le rouquin ouvrait les rideaux de son lit, et Harry tomba nez à nez avec son visage déformé par une grimace de douleur.
- Dis-moi que je suis pas le seul à avoir l'impression que le saule cogneur me secoue dans tous les sens, gémit Ron en lui tendant ses lunettes d'un geste automatique.
Harry ne put que grimacer à son tour, confirmant ainsi qu'il ressentait exactement la même chose. Il n'attendit pas une seconde de plus pour se précipiter dans la salle de bain avant le rouquin et se jeter sous une douche brûlante. Il avait les jambes flageolantes mais il arrivait à tenir debout par il ne savait quel miracle.
Il laissa l'eau couler le long de son corps engourdi, appréciant chaque sensation de chaleur sur sa peau au fur et à mesure qu'il se réchauffait. L'idée saugrenue de rester dans la salle de bain à vie lui traversa l'esprit, mais la partie sensée de son cerveau qui lui rappelait qu'il devrait se nourrir l'en dissuada. Ou alors, il pourrait toujours demander aux elfes de maison et Hermione le tuerait. Voldemort serait tranquille ainsi, et lui, il pourrait éviter de faire une connerie. C'était devenue une habitude ces derniers temps.
En réalité, il n'osait pas sortir de la salle de bain. Il devrait affronter Ginny, et il ne savait absolument pas ce qu'il devrait faire. Cho était toujours venue vers lui sans qu'il se pose de question, mais quand ça concernait la rouquine, il ne savait décidément pas comment faire. Il ne savait même pas si le simple fait qu'ils se soient embrassés faisait d'eux un couple.
Il eut la réponse à l'instant où il posa le pied dans la salle commune. Ginny et Hermione les attendaient sur un canapé, deux verres de potion anti-gueule de bois posés sur la table. Ron se précipita vers elles comme s'il avait vu le saint esprit. Harry en aurait ri, s'il n'avait pas aussi mal à la tête.
Ginny se leva aussitôt qu'elle l'aperçut et, le verre dans sa main, s'approcha de lui avec un grand sourire.
- Bois-ça, ça te fera du bien, lui dit-elle en lui tendant le verre, frôlant sa main au passage.
Il ne put empêcher un frisson de remonter le long de son dos quand il comprit qu'elle l'avait fait exprès. Elle continuait de lui sourire, attendant qu'il avale la potion pour lui prendre la main et l'amener jusqu'à leurs amis. Il se laissa faire, se contentant d'apprécier la chaleur de la peau de la jeune femme contre la sienne, et une partie du lui fut rassurée de voir que tout était simple.
Au moins jusqu'au moment où il devrait sincèrement réfléchir à pourquoi il ne cessait de penser à Malefoy quand il était avec la rouquine. Il savait qu'il était sorti de l'infirmerie la veille, et il n'avait qu'une seule angoisse, le croiser dans un couloir.
Il serra sa main autour de celle de Ginny et la suivit, espérant que personne n'oserait l'approcher ainsi entouré de la jeune femme et de Ron et Hermione. Il savait que Drago ne s'abaisserait jamais à révéler ce qu'il s'était passé entre eux devant ses amis, il n'en avait aucune certitude mais il voulait y croire. Non, la seule chose qui l'effrayait au point de lui faire traîner les pieds était ce qu'il pourrait voir dans le regard du Serpentard. Il n'était pas sûr de supporter que la haine les remplisse à nouveau, il s'effondrerait probablement si Malefoy lui faisait comprendre que tout ce qu'ils avaient vécu était si loin derrière eux qu'il n'avait aucun espoir un jour de le retrouver.
Il était mort de peur.
Ginny dut prendre ça pour une envie de sa part de rester en arrière avec elle, puisqu'elle ralentit jusqu'à se retrouver à sa hauteur.
- Ça va ? lui demanda-t-elle simplement avec un sourire.
Il se saisit de sa main et entremêla leurs doigts en acquiesçant. Il n'osait rien dire. Il ne savait même pas s'il pouvait vraiment avouer qu'il n'allait pas aussi bien que ça alors qu'il aurait dû. Gryffondor avait gagné la coupe de quidditch, Ginny l'avait embrassé, il sortait avec elle, et non, il n'y arrivait pas, il ne pouvait pas prononcer ces quelques mots qui prouveraient à tout le monde que tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Il y avait encore et toujours Malefoy qui s'était installé si confortablement dans son esprit qu'il désespérait qu'un jour il l'en déloge. Si encore il le voulait.
Drago n'arrivait pas à se départir de son sourire. Il avait oublié combien il aimait voler, et remercia silencieusement Blaise de l'avoir forcé à venir. Sentir le vent contre son visage, son balai virer à chaque léger mouvement de ses mains, et voler, tout simplement.
Il avait l'impression de revivre, d'ouvrir les yeux. Il pensait toujours à sa mission mais il était assez heureux pour avoir gagné en optimisme et il n'allait pas cracher dessus. Il était sûr que Blaise savait exactement ce qu'il faisait en l'emmenant voler. Le noir avait toujours su ce qu'il fallait faire pour le sortir de ses humeurs maussades et Drago s'étonnait chaque jour de voir combien son amitié était sincère. Il ne la méritait probablement pas, mais il ne s'en privait pas. Après tout, Blaise était le seul à qui il osait se confier.
Le fait qu'ils soient seuls sur le terrain en ce dimanche matin avait sûrement aidé, mais l'idée était là. Il allait mieux.
Même la pensée de croiser Potter ne le déprimait pas assez pour lui retirer ce sourire ravageur.
Ils se dirigeaient ainsi vers la Grande Salle, marchant l'un à côté de l'autre, échangeant des remarques sur leur match improvisé, quand ils arrivèrent enfin dans le château.
Une effervescence de lendemain de match régnait entre les murs de pierre, mais les murmures qui lui parvinrent n'avaient rien à voir avec la victoire de Gryffondor.
Il sentit Blaise se raidir à ses côtés et poser instinctivement sa main sur son bras mais le mal était fait, Drago en avait assez entendu pour comprendre que Harry Potter sortait avec Ginny Weasley.
Harry ne savait plus où se mettre. Dès qu'il avait posé un pied dans la Grande Salle, sa main toujours accrochée à celle de Ginny, un silence de plomb s'était abattu avant qu'un éclair d'applaudissements retentisse. Il n'arrivait pas à le croire, et ça le mettait encore plus mal à l'aise. Visiblement, tout Poudlard était au courant qu'il sortait avec Ginny et encore pire, semblait satisfait que ce soit le cas.
Comme si tous les élèves avaient attendu ce jour avec impatience, à croire que c'était évident aux yeux de tout le monde. Dire qu'il se sentait gêné était un euphémisme. Il avait l'impression que les regards étaient fixés sur lui, ce qui était probablement le cas, et qu'on surveillait chacun de ses mouvements.
Ginny lança un regard noir à ceux qui osaient les regarder trop longtemps et un professeur finit par demander aux élèves de se calmer.
Il s'assit à la table de Gryffondor avec l'impression que ses joues ne pourraient jamais être aussi rouges que maintenant. La rouquine s'installa à côté de lui, ignorant les murmures qui s'élevaient des tables autour et qui lançaient les paris sur le nouveau couple de Poudlard. Un sentiment de détresse envahit le brun, certain que quelque chose clochait mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Il ne put se retenir de tourner la tête vers la table des Serpentard pour voir si Malefoy s'y trouvait, mais la place attitrée du Prince était vide. Cela ne l'empêcha pas de récolter des regards assassins et railleurs de la part des vert et argent.
Il commençait sincèrement à se sentir mal, appréhendant la suite, parce qu'il savait avec une certitude qui lui venait d'il ne savait où que la journée serait loin d'être reposante. Il n'était pas à l'aise et il avait franchement du mal à supporter la main de Ginny sur sa taille.
En réalité, il avait envie de fuir aussi rapidement que possible, mais il garda un air impassible, refusant de se donner en spectacle. Il ne comprenait pas. Il aurait dû être heureux que tout se passe ainsi, si on omettait que sa vie sentimentale était aussi publique que jamais, mais il se sentait trop mal, absolument pas à sa place et assez perdu pour réaliser que rien n'allait comme il le voulait.
Il pria pour que Ginny ne remarque rien, et espéra que Ron et Hermione étaient trop occupés à discuter entre eux pour voir qu'il n'allait pas bien. Il se foutait du reste des élèves, ils avaient toujours été assez aveugles pour voir ce qu'il se passait derrière les verres de ses lunettes.
Il balada son regard à travers la salle pour trouver de l'aide, n'importe quoi, quelqu'un qui puisse le sortir de cette situation trop perturbante, mais personne ne semblait comprendre. Dumbledore n'était pas là, Malefoy jouait aux abonnés absents et de toute manière, Harry doutait fortement que le Serpentard veuille lui adresser la parole de nouveau.
Jusqu'à ce qu'il tombe sur Luna, qui le fixait avec son sourire apaisant et ses yeux perdus. Les battements de son cœur, qu'il n'avait pas senti accélérer, se calmèrent soudainement et il plongea avec soulagement dans son regard.
Oh Luna voyait tellement de choses, comprenait en un quart de tour tout ce qu'ils loupaient. Ginny glissa sa main le long de son bras, et jusqu'à sa main qu'elle prit à nouveau dans la sienne. Il l'oublia, resserrant instinctivement ses doigts sur sa peau douce, donnant l'illusion qu'il était avec elle, mais complètement détaché. Il fixait la Serdaigle, et la blonde pencha la tête sur le côté, l'air de dire que ça irait, que tout finirait par s'arranger.
Il en doutait, mais il voulait la croire. Luna avait toujours raison, et il espérait sincèrement que c'était le cas encore aujourd'hui. Heureusement, Ginny n'avait rien vu de son manège qui n'avait duré que quelques secondes, trop occupée à fusiller du regard Romilda Vane qui semblait proférer des menaces envers la rouquine qui en auraient effrayé plus d'une, sauf elle.
- Ça va Harry ? demanda Hermione quand elle le vit, les yeux perdus dans le vide.
- Je suis juste un peu fatigué, souffla-t-il avec un sourire qui se voulait rassurant.
Oh l'excuse mesquine. Hermione était habituée à l'entendre, celle-là, et elle était clairement consciente qu'il lui mentait, mais il ne pouvait pas lui dire que le fait que Ginny tienne sa main ne lui semblait pas normal. Surtout pas devant elle, et encore pire, alors que les oreilles de Ron se faisaient aussi curieuses.
La brune fronça les sourcils, mais ne dit pas un mot. Pourtant, son regard lui indiqua ouvertement qu'ils auraient droit à une discussion rien que tous les deux dès qu'ils auraient un moment. Oh malheur.
- On devrait aller faire un tour dans le parc après, proposa Ginny. Prendre l'air fait toujours du bien.
Il lui aurait bien dit qu'il n'en avait rien à foutre de marcher dans le parc mais il avait saisi le message. Elle voulait se retrouver seule avec lui, et sous son sourire faussement joyeux, il se crispa instinctivement. Plus rien ne tournait rond chez lui, à croire qu'il devenait fou.
Hermione lui jeta un regard courroucé, visiblement énervée par son comportement. Le fait qu'elle le connaisse aussi bien était parfois une vraie plaie. Il pria pour qu'elle ne dise rien à Ginny et Ron, auquel cas, il pouvait être sûr que Voldemort n'aurait pas besoin de faire le voyage jusqu'ici pour le tuer.
Elle pinça les lèvres, comme McGonagall le faisait parfois, et un sentiment de honte non cachée l'envahit en réalisant ce à quoi il avait pensé. Merde, il ne devait en aucun cas réagir comme ça, pas alors qu'il avait autant espérer ce rapprochement avec Ginny. C'était à n'y rien comprendre.
Et ce sentiment vint si soudainement, que quelque chose dans l'atmosphère avait changé. Hermione devait l'avoir senti elle aussi, puisqu'elle tourna la tête en même temps que lui vers la porte de la Grande Salle.
Ses yeux se posèrent instantanément sur Malefoy, et son souffle se coupa dans sa gorge. Il fut tenté de s'arracher à la poigne de Ginny et de se lever pour courir jusqu'au Serpentard mais la posture haineuse du blond le figea sur place.
- Quel enfoiré, marmonna Ginny dans son dos.
Harry se raidit, se retenant difficilement de se tourner vers la rouquine pour l'insulter, mais le regard noir de Hermione l'en dissuada. Il tremblait violemment et il devait sûrement avoir une tête de fou comme ça, mais il s'en fichait.
Ron semblait aussi en colère que lui, si ce n'était plus que Ginny, et Harry était sûr que si Drago osait s'approcher d'eux, le frère et la sœur ne se gêneraient pas pour lui sauter dessus et le frapper.
Il s'en fichait, il n'en avait absolument rien à foutre parce qu'il l'avait vu, ce regard de pure haine braqué sur eux. Ou plutôt sur elle. Ginny. Malefoy avait une telle lueur furieuse dans les yeux qu'il se dit qu'il serait probablement capable de jeter un sort à la rouquine en plein milieu de la Grande Salle. Il n'en comprenait pas la raison, mais s'en moquait royalement tant que la haine du blond n'était pas tournée vers lui.
Malefoy évitait son regard, mais Harry pouvait clairement voir qu'il était très énervé, plus énervé qu'il ne l'avait jamais vu cette année. Et il ne pouvait s'empêcher de l'observer avec un ravissement proche de celui d'un croyant devant son dieu. N'importe qui pouvait le surprendre mais ça ne l'inquiétait pas, parce que le Serpentard dégageait un tel charisme, une telle beauté froide qu'il ne le quitterait des yeux pour rien au monde.
C'est alors qu'il comprit enfin, enfin, la vraie raison pour laquelle il n'arrivait pas à se sentir bien avec Ginny, pourquoi tout ça semblait si anormal.
Malefoy avait pris tellement de place en lui, il était tellement présent, tellement ancré qu'il aurait dû s'en douter depuis le début.
Il voulait Drago. Pas Ginny, mais Drago Malefoy.
Les tremblements qui secouaient son corps disparurent aussi soudainement qu'ils étaient apparus et il sentit son cœur faire une embardée quand il accepta enfin que le Serpentard s'y installe complètement.
La main de Ginny dans son dos lui semblait à des années-lumière de ce qu'il ressentait à l'instant présent. La bouffée de joie qui l'envahit et le frisson qui descendit jusqu'au creux de ses reins le secoua avec délice, trompant probablement la rouquine sur ses intentions.
Il n'était pourtant pas le seul à avoir compris.
Hermione, si intelligente, le fixait. Ses yeux témoignaient de tout ce qu'elle avait vu et des conclusions qu'elle en avait tirées. Il fut rassuré de ne pas y voir du dégoût mais la peine qui transparaissait dans ses pupilles entacha la bulle de bonheur dans laquelle il s'était enfoncé.
Elle s'effondra complètement quand il réalisa que même s'il avait compris ce qu'il ressentait, Drago Malefoy, lui était sûrement décidé à ne plus jamais lui adresser la parole.
Blaise sentait le drame arriver à plein nez, pourtant il ne cacha pas sa surprise quand Drago fit finalement demi-tour et s'avança jusqu'à la table des Serpentard d'un pas digne. Il était persuadé que le blond allait rendre une petite visite à la belette femelle.
Weasley avait clairement marqué son territoire, en témoignait la main possessive posée dans le dos du Survivant et si Potter n'avait pas une tête aussi assommée, il aurait cru que plus aucun espoir n'était possible. Il ne fallait pas être très con, malheureusement, c'était selon lui le cas de plus des trois quarts des élèves de cette école, pour voir que le Gryffondor était carrément mal à l'aise comme ça. Même Granger l'avait vu. Intelligente petite Granger.
Lui qui pensait que l'annonce choc de ce matin allait vraisemblablement faire reculer tout le monde d'au moins trente pas en arrière, il gardait bon espoir maintenant qu'il avait compris que Potter ne voulait apparemment pas de cette relation avec la rouquine.
Non, ce qui serait le plus difficile serait de trouver un moyen d'arranger le bordel qu'ils avaient réussi à foutre en l'espace de quelques jours. Drago était persuadé que Potter ne voudrait plus lui adresser la parole de toute sa vie et maintenant qu'il avait appris qu'il s'était mis en couple avec Weasley femelle, il doutait de ce que le blond serait capable de faire.
Il pourrait tout simplement abandonner l'idée d'essayer d'arranger les choses avec Potter un jour, et ça l'effrayait plus que de raison parce que ça voudrait dire que Drago tomberait définitivement dans les bras de Voldemort, ou alors, au vu de la colère qui l'avait pris en voyant la rouquine aussi proche du brun, il pouvait tout aussi bien décider de se battre.
Blaise espérait sincèrement que Drago choisirait la deuxième option, pour leur bien à tous.
Hermione fixait Harry et Ginny d'un œil critique. La rouquine ne pouvait s'empêcher de la regarder d'un air interrogateur mais la brunette refusait catégoriquement de dévoiler ce qu'elle avait en tête. Ron avait abandonné depuis longtemps l'idée de tirer les vers du nez de sa meilleure amie, et Harry, lui, évitait de poser ses yeux sur elle.
La Gryffondor ne comprenait pas ce qu'il pouvait bien passer par le cerveau de son ami. Elle avait parfaitement compris son manège et si elle n'avait pas un peu de peine pour Ginny et qu'elle tenait légèrement à la vie en évitant d'en parler devant Ron, elle aurait depuis longtemps exprimé ses doutes sur le couple Harry/Ginny.
Elle savait que le brun n'avait pas de mauvaises intentions envers la rouquine. Elle avait bien compris qu'il ressentait quelque chose pour elle, mais de ce qu'elle avait vu, ce n'était rien comparé à ce que Harry semblait ressentir pour Drago Malefoy.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait pu louper ça. Les signes étaient pourtant évidents. Pas un seul instant elle n'avait associé le fait que les deux ennemis ne s'insultaient plus dans les couloirs à tout ça. Harry ne leur avait plus parlé de sa théorie comme quoi Malefoy était un mangemort depuis des mois, pourtant, son obsession était toujours présente, ce qui expliquait en partie qu'elle n'ait pas compris. Ou tout du moins, c'était sa meilleure excuse pour se rassurer.
Parce que si elle avait ouvert les yeux plus tôt, elle l'aurait immédiatement vu. Il ne fallait pas avoir fait Harvard pour remarquer les regards ambigus que Harry et Malefoy échangeaient quand ils se croisaient.
Et surtout, elle se demandait comment elle avait pu échapper à ça. Harry et ses réactions inhabituelles, après qu'on lui parlait de Malefoy, et l'accident dans les toilettes des filles. Elle aurait dû comprendre. Le brun semblait si abattu, si triste alors qu'il n'avait en aucun cas besoin de l'être. On n'était pas triste parce que son ennemi était blessé par sa faute. Pour lequel pour qui on avait des sentiments par contre, oui absolument.
Voilà pourquoi elle regardait Harry et Ginny de cette manière. Elle était sûre que la rouquine ne se doutait de rien, elle-même avait mis tellement de temps à comprendre, mais elle restait persuadée que le brun avait compris pas plus tard que ce matin que ça allait plus loin que ce à quoi il s'attendait.
Elle espérait qu'elle arriverait à parler à Harry avant que tout ça dégénère. Elle connaissait assez son meilleur ami pour savoir qu'il était incapable de garder un secret bien longtemps, et que quand ça concernait Malefoy, tout pouvait très rapidement se terminer en quelque chose d'impossible à arranger.
Une partie d'elle était vraiment heureuse de voir que Harry avait été capable de voir plus loin que le bout de son nez et qu'il avait accordé une seconde chance à Malefoy, mais le fait que son meilleur ami soit en couple avec Ginny la gênait. Ils allaient forcément souffrir, et ce n'était pas vraiment le moment.
- C'est bon, tu t'es calmé ? demanda Blaise avec un soupçon d'exaspération dans la voix.
Drago lui jeta un regard noir. Les pieds posés sur la table dans la salle commune, avachi dans un canapé, il marmonnait des propos incompréhensibles depuis des heures.
- Tu sais, c'est pas parce que le balafré sort avec Weasley femelle que ça veut dire pour autant que …
- Arrête de l'appeler comme ça ! grinça Drago en le menaçant du regard.
Blaise ricana. Il prenait un malin plaisir à le taquiner à propos de Potter, et le blond réagissait à chaque fois.
- Baisse d'un ton l'amoureuse, on va finir par t'entendre, répondit le noir avec un sourire mesquin.
Drago jura.
- Je te jure Blaise, tu perds rien pour attendre ! Siffla le blond méchamment.
- C'est bon, calme-toi, répondit le noir entre deux rires.
- Non ! Claqua la voix du blond. Bordel Blaise, j'ai envie de les tuer.
- Les ? demanda le noir avec un sourire en coin. Je doute que tu veuilles tuer Potter, si tu vois ce que je veux dire, finit-il avec un clin d'œil suggestif.
Drago poussa un cri de rage et se leva soudainement, sous les éclats de rire de son ami qui prenait visiblement un malin plaisir à le torturer de cette manière.
- Assieds-toi Drago, réussit à dire Blaise entre deux hoquets, tu vas attirer tous les regards, si c'est pas déjà fait.
Le blond tourna la tête, remarquant des élèves de deuxième année qui le fixaient d'un air abasourdi. Il les fusilla du regard et se laissa tomber dans le canapé avec un soupir de frustration. Il avait l'impression d'avoir retrouvé un semblant de normalité, comme s'il avait oublié l'armoire et Voldemort pendant quelques heures, mais il aurait préféré que ce soit à propos d'autre chose.
Quand il avait appris que Potter sortait avec la belette femelle, il avait cru qu'il allait s'effondrer au sol comme un moins que rien. Il ne savait pas à quoi il s'attendait réellement après tout ce qui s'était passé, il n'imaginait pas réellement que le Gryffondor lui pardonnerait son erreur, mais ça, ça c'était pire que tout.
Il en voulait à Potter de passer aussi vite à autre chose. Il n'allait pas jusqu'à dire que le Gryffondor ressentait la même chose que lui mais il était assez bien placé pour savoir qu'il n'y avait plus de haine entre eux. Il voulait attraper le Gryffondor et lui hurler que tout ça n'avait aucun sens et que son couple avec Ginny était la pire chose qu'il ait jamais vue.
- Fais pas cette tête de déprimé, on va bien trouver une solution.
Drago ne put s'empêcher de laisser un rire sarcastique de s'échapper de sa gorge.
- Y a pas de solution à trouver Blaise, Potter est avec l'autre conne et c'est tout.
Le noir secoua la tête avec un sourire attendri.
- Laisse moi croire le contraire, je doute que leur couple tienne longtemps vu comme c'est parti.
- De quoi tu parles ? demanda le blond en fronçant les sourcils.
Drago savait qu'il ne devait pas laisser une once d'espoir s'insuffler en lui, mais le regard encourageant de Blaise et la manière qu'il avait de le pousser à faire quelque chose le forçait à reconsidérer la chose. S'il était honnête avec lui-même, il aurait admis qu'il avait vraiment envie que cette histoire de couple avec la belette ne soit rien d'autre qu'une erreur, mais il n'osait pas y croire.
En réalité, il ne savait pas quoi faire. Il avait l'habitude d'avoir ce qu'il voulait en claquant des doigts, mais avec Potter, rien ne marchait comme il voulait.
- T'as bien vu la tête de Potter quand on est arrivé dans la Grande Salle, commença Blaise, il avait l'air d'avoir envie d'être n'importe où sauf là.
Drago haussa les épaules.
- Tu devrais aller lui parler, suggéra Blaise avec un sourire en coin.
Le blond explosa de rire, s'attirant des regards curieux des quelques Serpentards présents dans la salle commune, son visage devenant livide au fur et à mesure qu'il comprenait que son ami était sérieux.
- Tu rigoles j'espère ? Demanda Drago d'une voix blanche.
- Absolument pas, répondit Blaise en haussant un sourcil amusé.
- Je ne vais pas aller voir Potter ! Siffla Drago aussi bas que possible pour que seul son ami l'entende.
- Oh si tu vas y aller, tu vas bien finir par craquer, et c'est exactement ce qu'on veut tous les deux.
- Arrête de raconter des conneries !
Drago se sentait mal à l'aise, et le regard sûr de Blaise ne l'aidait pas à reprendre le contrôle de son corps. La furieuse envie d'écouter son ami et de trouver le Gryffondor pour lui faire entendre raison ne cessait de trotter dans sa tête. Il appréhendait un tel moment, le faisant trembler imperceptiblement. Il se leva subitement, soufflant bruyamment pour expulser l'angoisse qui s'infiltrait en lui. Il avait l'impression de ressembler à une gamine amoureuse. Si son père le voyait ainsi …
- Je vais faire un tour, annonça-t-il d'un air agité.
Blaise lui jeta un regard amusé mais ne fit pas un geste pour le retenir malgré le fait que le couvre feu était passé, certain que où que le blond aille, ça irait.
Harry aurait hurlé de joie d'avoir si facilement trouvé le moyen de se retrouver enfin seul, mais l'ironie de la situation l'empêcha de clamer au monde son soulagement.
Il était ridicule. Se féliciter parce qu'il avait réussi à s'échapper de la poigne de Ginny et des yeux inquisiteurs de Hermione était au summum de la connerie. Il se promenait dans les couloirs déserts, il faisait nuit et il aurait dû se trouver dans son lit ou dans la salle commune avec la rouquine dans ses bras. Ce qui, pour être honnête, était précisément ce qu'il fuyait.
Il préférait encore se faire attraper par Rusard plutôt que de subir les regards des autres, leurs félicitations dégoulinantes de mièvreries et les remarques de Ron à propos de sa gêne à voir son meilleur ami et sa sœur en couple.
Il n'avait même pas pris la carte pour surveiller les allées-venues du concierge, alors il faisait en sorte de rester le plus silencieux possible. Il respirait profondément, ayant l'impression qu'il avait oublié ce que c'était que de savourer la solitude quand on était trop entouré. Il se sentait débordé, ne supportait pas que tout le monde soit sur son dos à longueur de journée. S'il avait su que se mettre en couple avec Ginny le placerait une nouvelle fois au centre de la scène, il aurait réfléchi à deux fois.
Tout du moins, il essayait de s'en persuader. Il ne savait même pas pourquoi il restait avec la rouquine alors qu'il avait compris que ce n'était pas avec elle qu'il souhaitait être. Une partie de lui lui soufflait qu'il était effrayé. Parce que non seulement, il voulait un homme et qu'il ne savait pas comment le gérer, et surtout, surtout parce que c'était Drago Malefoy et que leur dernière altercation avait été pire qu'une catastrophe.
Il était désespéré, et la seule chose qu'il pouvait faire était de déambuler dans Poudlard alors que le couvre feu était passé. Il se surprit à s'imaginer fumer, comme il avait vu les amis de Dudley le faire dans le quartier de Little Whinging, se rappelant leurs visages apaisés.
Il releva soudainement la tête quand il entendit des bruits de pas s'avancer dans sa direction. Paniqué, il tourna la tête de chaque côté pour trouver une issue, mais seuls des tableaux dont les occupants dormaient peuplaient les murs du château. Il se prépara mentalement à voir Rusard apparaître au coin du couloir où il se trouvait, fermant les yeux pour se donner du courage.
- Potter ?
Son souffle se coupa dans sa gorge et il ouvrit les yeux subitement pour croiser les pupilles argentées de Malefoy.
Il devait ressembler à un hibou avec ses yeux exorbités mais la seule chose à laquelle il pouvait penser était qu'il lui semblait qu'il avait attendu ce jour depuis des millions d'années. Voir Malefoy, aussi près de lui, avec tout sauf de la haine dans le regard. Il aurait pu en pleurer de joie.
- Malefoy, réussit-il à souffler au bout de plusieurs interminables minutes pendant lesquelles il n'osa pas bouger de peur de voir le Serpentard fuir.
Le blond leva la main et l'approcha de son visage, s'arrêtant à mi-hauteur, une lueur incertaine dans les yeux. La situation était ironique. Harry était si persuadé que Malefoy lui en voudrait à vie de l'avoir presque tué qu'il n'osait croire qu'il se trouvait là, à quelques centimètres de son corps et qu'il avait l'air tout sauf énervé.
Harry s'avança maladroitement et posa sa joue dans la paume de la main de Malefoy, poussant un soupir de bien-être quand il rencontra la chaleur de la peau du Serpentard.
Le blond cligna des yeux plusieurs fois, et Harry sourit quand il vit les rougeurs s'installer sur les joues du Serpentard.
Il fut si soudainement plaqué contre le mur que le brun crut que Malefoy allait le frapper. Son cœur s'emballa et il sentit qu'il allait perdre pied, parce que même si le blond lui faisait du mal, il était prêt à l'accepter, s'il ne pouvait garder que ça de tout ce qu'ils avaient vécus.
Il n'arrivait pas à interpréter la lueur dans les yeux de Malefoy, et il ne pouvait que rester immobile, attendant un geste, n'importe quoi. Leurs souffles se mélangeaient et Harry gémit quand le Serpentard plaqua subitement son corps contre le sien.
Il crut mourir tellement c'était bon, tant il avait voulu ça. Drago plongea son visage dans son cou et respira, tirant un frisson au Gryffondor, qui sentait tout son être se réveiller, enfin. Il agrippa le dos du blond, rapprochant encore leurs corps, conscient qu'il devait parfaitement sentir son érection contre sa cuisse. Il n'osait croire que c'était partagé, pourtant le corps du blond ne lui mentait pas.
Malefoy remonta le long de sa mâchoire, laissant son souffle brûlant caresser sa peau, Harry avait tellement envie de gémir de plaisir. Le blond ondula contre son corps, et au moment où il allait enfin laisser jaillir tout ce qu'il ressentait, Drago posa ses lèvres sur les siennes.
Harry crut que son cœur avait explosé tant il le sentit battre à une vitesse surhumaine. C'était ça, il avait attendu ce moment depuis le début. Les lèvres de Drago étaient douces, parfaites, sucrées, et sa langue, par Merlin, cette langue damnée glissait entre ses lèvres, taquinait ses dents, et le brun ne put résister plus longtemps.
Il laissa le blond s'emparer de lui, danser avec sa langue, mordre sa lèvre jusqu'au sang, et Harry ne pouvait que gémir et s'accrocher au Serpentard comme si sa vie en dépendait.
Il perdait pied, son souffle disparaissait mais il s'en foutait tant que Drago restait contre lui, et l'embrassait, l'embrassait, l'embrassait.
Il sentit la main du blond se faufiler sous sa chemise, et il gémit encore plus fort dans la bouche du blond quand l'explosion de sensation de la peau du Serpentard contre la sienne l'irradia. Elle glissait, se faufilait, le caressait, laissant un sillon brûlant derrière elle.
Et Drago recula, abandonnant ses lèvres, cherchant son souffle. Harry avait l'impression d'être saoul, drogué. Par Malefoy. C'était bon, trop bon. Le blond le fixait d'un regard irradié par le désir.
- Merlin, Potter, pourquoi on a pas fait ça avant ? demanda Malefoy d'une voix rauque et trop sexy.
Harry rapprocha encore le corps du blond contre lui, voulant sentir chaque frisson qui le parcourait quand il parlait, quand il le regardait. La main sur Serpentard, emprisonnée entre eux continuait son ascension sur son torse, et Harry attendait le moment où il descendrait enfin.
- Putain c'que t'es beau, souffla Drago en le fixant intensément.
Harry se mit à trembler violemment, s'accrocha au blond au lieu de s'effondrer au sol parce que ses jambes ne le retenaient plus.
- J'ai cru que …
- Sale con, glissa la voix de Malefoy à son oreille, et Harry put sentir son sourire contre sa peau.
- Malefoy, gémit le brun.
- Harry, susurra-t-il en mordant la peau dans le creux de son cou.
Son bassin se colla contre celui du blond sous le choc.
- Drago, réussit à articuler Harry.
Le blond laissa échapper un « hum » délicieux qui lui donna envie de venir, maintenant, tout de suite. Sa main sur son ventre le brûlait.
- Drago, regarde-moi, souffla Harry en tirant sur la chemise du blond.
Malefoy releva la tête, abandonnant son cou, fixa le brun d'un air interrogatif.
- Je suis désolé.
Drago le fixa trop intensément. Harry se demanda s'il n'aurait pas dû se taire, et la main du blond s'était arrêtée, reculée et son absence laissait un froid trop violent.
Les mains du Serpentard attrapèrent son visage, un de ses pouces caressant la forme de sa mâchoire, tandis que l'autre glissait sur ses lèvres, et Malefoy le fixait avec un air de ravissement qui le rendait fou.
- Merlin, Harry, je t'en voudrais à vie de ne pas m'avoir laissé te goûter avant aujourd'hui.
Le brun ne put s'empêcher de rire, faisant trembler leurs corps d'une manière absolument délicieuse. Drago colla son front contre celui du Gryffondor et poussa un soupir de bien-être qui rendit Harry fou de désir.
- Je croyais que tu me détestais, souffla le brun en caressant le corps du blond, comme s'il avait l'impression que sa simple présence n'était qu'un rêve.
- Même si je le voulais, je n'arriverais jamais à te détester à nouveau un jour, répondit Drago avec un sourire en coin qui fit fondre le brun.
Harry posa ses lèvres sur celles du blond, tendrement. C'était la seule réponse qu'il pouvait donner à ces mots, la seule chose qu'il pouvait faire pour montrer au Serpentard combien il avait besoin de lui et combien il s'en voulait de ce qu'il avait fait. Drago se laissa faire, glissant ses mains autour du cou du Gryffondor pour approfondir le baiser.
C'était si différent de tout ce qu'il avait expérimenté que Harry se sentait perdre pied. Il avait l'impression que sa vie prenait sens, que Drago était le seul qui pourrait le rendre aussi pleinement heureux. Et il n'avait aucun regret, ne s'inquiétait même pas de savoir qu'il trompait Ginny tant qu'il pouvait embrasser le Serpentard.
Il remercia Merlin de lui avoir permis de retrouver le blond, de lui avoir ouvert les yeux sur ce qu'il ressentait et voulait vraiment. Il ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie et pour rien au monde il ne voudrait échanger sa place ou laisser passer une telle chose. Au diable Dumbledore, Voldemort, Ron, Hermione, Ginny et tous les autres élèves de Poudlard tant qu'il pouvait avoir Drago Malefoy pour lui.
- Potter, murmura Drago après avoir abandonné ses lèvres non sans un gémissement de frustration de la part du brun, promets-moi que tu resteras.
- Même si je le voulais, je ne pourrais pas te laisser partir, répondit Harry, amusé, reprenant les mots du blond.
Drago sourit, lui mordilla la lèvre pour lui montrer combien il aimait ces mots.
- Je te proposerais bien de passer la nuit avec moi, mais je sais que ta troupe de Gryffondor va attendre que tu rentres pour vérifier que leur héro national parte retrouver sa fiancée.
Harry ne put louper la note de colère sous-entendue dans les paroles du Serpentard. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il secoua la tête d'un air amusé.
- Seul dans mon lit, je ne penserai qu'à toi, répondit le brun avec un sourire en coin.
Ses paroles dégoulinaient de mièvrerie mais il s'en foutait parce qu'il pensait chaque mot de ce qu'il disait. Il se décala, mais Drago l'attrapa par les hanches, ramenant son corps contre le sien brusquement et plongeant ses yeux dans ceux émeraude du Gryffondor.
- Je ne te lâcherai pas Potter, lui dit le blond d'une voix grave, sa bouche à quelques centimètres de la sienne.
- Je sais, et je ne veux pas que tu le fasses.
Drago posa ses lèvres sur celles de Harry brusquement, remontant ses mains le long de son corps avec une détresse qu'il avait déjà vue chez le blond. Il se laissa faire, conscient que le Serpentard avait besoin de se raccrocher à lui de cette manière pour comprendre qu'il était bel et bien avec lui et que cette fois-ci, il ne l'abandonnerait pas. Il gémit quand Drago glissa sa main sur ses fesses, les serrant avec possession, mordant sa lèvre.
- J'ai tellement envie de toi, souffla le blond d'une voix rauque et essoufflée.
Drago ondula son bassin contre celui de Harry, frottant leurs érections avec délice, leur tirant un gémissement qui se perdit dans leurs souffles mélangés. C'était tellement bon, de se sentir désiré ainsi, de voir l'autre perdre peu à peu pied au fur et à mesure qu'ils se délivraient de tout ce qui les avaient retenu.
- Je sais, gémit Harry alors que le blond plongeait dans son cou et mordait sa peau, douloureusement, et tendrement, le marquant comme sien.
Harry savait qu'il aurait des problèmes quand on verrait la marque mais il s'en foutait tant que ça voulait dire qu'il appartenait à Drago. Le blond le relâcha, recula mais attrapant sa main, entrelaçant leurs doigts tremblants.
- Va-t'en maintenant, avant que je craque, souffla le blond en le fixant d'un regard de braise.
Harry sourit, leva la main du Serpentard jusqu'à ses lèvres et posa un baiser sur la peau douce de son poignet, faisant frémir le blond.
Avec un dernier regard rempli de toute l'affection qu'il lui portait, il se retourna, son cœur battant la chamade et fila dans l'obscurité des couloirs, des étoiles plein les yeux.
Drago s'adossa au mur en tremblant de tous ses membres, fixant le dos du Gryffondor disparaître dans la nuit.
Il n'arrivait pas à croire qu'il avait embrassé Potter. Ce n'était pas la première fois, mais jamais il ne l'avait fait avec autant de passion et de sentiments. Il avait envie de hurler, de danser, de crier au monde entier son bonheur.
Et il souriait, ce genre de sourire jusqu'aux oreilles qui vous empli de joie et d'allégresse. Sa respiration saccadée s'apaisa à mesure qu'il prenait conscience de tout ce qu'il venait de se passer.
Merlin, Blaise avait raison et pour une fois Drago loua son intelligence avec passion. Il aurait embrassé le noir à pleine bouche pour le remercier s'il ne venait pas à l'instant de se promettre de ne caresser que celle du Gryffondor.
Son cœur battait la chamade, et il se sentait vivant. Il pourrait bien penser au reste plus tard. Pour le moment, seul Harry occupait ses pensées.
ENFIN ! FINALLY ! ENDELIG ! FINALMENTE ! TANDEM ! SLUTLIGEN ! INFINE !
15 chapitres plus tard, Harry et Drago ont compris qu'ils étaient fous amoureux l'un de l'autre. J'en ai la larme à l'oeil. Je rigole. J'espère que ce chapitre vous a plu, que ça arrive comme vous l'espériez (ou pas), que vous aimez Drago et que vous avez une envie folle comme moi de les enfermer dans un pièce pour qu'ils s'aiment enfin à en crever.
Sinon, remerciez ma feignantes intersidérale (mention spéciale très bien obtenue avec le baccalauréat de la feignasserie que j'ai passé à l'institut glandouille), mais je n'ai pas fini d'écrire le chapitre 16, donc SUSPENS SUSPENS !
Des bisous partout, je vous aime en chocolat, papillons et petits poneys roses.
A mercredi prochain ! (sans faute, promis juré drarryé)
