Coucouuuu !

Merlin, comme vous m'avez manqué ! Je m'excuse encore pour la semaine dernière, mais c'est tellement la folie en ce moment que c'est difficile de trouver le temps d'écrire dans tout ça. Si vous saviez toutes les bouses qui me sont tombées dessus dernièrement ... Mon cheval est tombé malade ce week end et alors que j'avais cru que j'aurais le temps d'écrire, bye bye le temps libre. Mais je l'ai écrit, ce chapitre, genre je l'ai finit à 2H cette nuit rien que pour vos beaux yeux :p Et puis vous pouvez remercie indéfiniment ma bêta Indifférente qui a trouvé le temps pour le corriger aujourd'hui. Une vraie perle !

Le concernant, il n'y a pas énormément de Drarry dans ce chapitre là, surtout de bonnes explications parce qu'on m'a posé pas mal de questions et que vous aviez du mal à comprendre. Nan parce que c'est super clair dans ma tête, alors j'essaie de vous le retranscrire correctement haha. M'enfin, j'espère qu'il vous plaira ! Et puis le prochain chapitre sera centré quasiment que sur Drago et Harry, alors hein :p

Sinon, je suis joyeusement étonnée d'avoir reçu autant de reviews la semaine dernière et je vous en remercie du fond du coeur. Vos messages m'ont fait tellement plaisir, m'ont redonné tellement de courage que sans vous, cette histoire aurait du mal à être ce qu'elle est ! Bref, merci, mille milliard de merci de la part du capitaine Haddock et de Bob l'éponge. Ils vous font pleins de bisous d'amour de ma part aussi !

Du coup (Hell yeah, c'est quand même vraiment fou !), on en est à 142 reviews (je pleure tellement vous êtes géniaux), 35 favoris et 70 followers. Merci aux nouveaux : Niira08, lionne91800, aikoala, Yuko-chan59, Sorenstainowl, 8, wesapom, lunalyli, Luna99Solis7, Patate crue, Swiatlo, et loufok forever. Drago vous embrasse sur les fesses pour vous remercier !


Un mot de ma bêta qui repart :( Que vais-je devenir sans elle ? : "Un chapitre plein de révélations !"


RAR :

Daidaiiro30 : Héhé, Voldy m'a séquestré dans sa chambre (je parle de Tom hein, pas de Voldy face de serpent haha), c'est pour ça que j'avais pas le temps d'écrire ! xD Oh tu sais, ils se sont pas dis grand chose. Drago n'essaierait même pas de discuter affaire de coeur avec elle (mais sait-on jamais haha) et Hermione n'ose pas lui poser la question xD Et puis, ils sont sérieux, il faut écouter le petit professeur Rogue sinon il va s'énerver (ok je deviens folle). Quand est-ce qu'il parle à Ginny ? Pas tout de suite haha, et puis je vais pas te spoiler, ce serait trop méchant de ma part ! Je crois que je le suis bien assez :p Ah punaise, je suis contente de lire que tu te sens mal pour elle quand même ! C'est vrai quoi, c'est pas sa faute si elle est amoureuse de Harry mais que lui en aime un autre. La pauvre :( Si tu savais ce qu'ils font, ces chevaliers coquins quand il n'y a personne dans leur manoir. Je suis tarée xD Pas de soucis, tu peux me faire confiance, je serais aussi muette qu'un poisson ! Si jamais l'envie te prend de nous rejoindre en tout cas, libre à toi :) Et pas de soucis pour les retards de reviews, c'est déjà tellement sympa de ta part d'en laisser une à chaque fois ! T'es vraiment adorable ! Je m'excuse encore de t'avoir donné de faux espoirs la semaine dernière ! Oh mais c'était à cause de toi alors que mes oreilles sifflaient ? :o xD Je t'en veux pas en tout cas, c'était bien mérité haha ! Pleins pleins de bisous ! A tout à l'heure ! :D

Louna : Cooooool ! Contente de voir que l'idée te plaise ! J'ai vu que t'avais rejoint le groupe ! J'ai pas été très active dernièrement mais promis, ça va venir, et si tu veux poster des choses, n'hésites pas ! Concernant toutes tes questions, elles trouveront sûrement des réponses dans ce chapitre ! Enfin, si t'as pas tout compris et que tu veux savoir d'autres choses, ma mp t'es ouverte, que ce soit sur ff ou sur fb ! Haha, c'est vrai qu'écrire un chapitre après les retrouvailles de Drago et Harry, c'était chaud ! Je suis pas trop fan non plus, mais il fallait passer par là haha Disons que Hermione comprend, mais qu'elle a du mal à saisir tous les tenants et aboutissants parce qu'il y a des choses qu'elle ne sait pas. Après, tu peux être sûre qu'elle ne cherchera jamais à l'éloigner de Drago chéri ;) Déjà Blaise est juste trop génial, mais alors le faire intéragir avec Harry, c'est trop bien ! Il y en aura d'autres :D Enfin voilà, encore merci pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira ! Pleins de bisous !

Yukino : C'est plus "si t'as pas d'amis, prend un curly", mais "si t'as pas de poto, prend un ventilo" ! HAHAHA. Désolée, mon cerveau est plus ou moins hors service en ce moment ! M'enfin, ravie de savoir que tu as survécu à ces chaleurs pourris ! Il ferait presque trop froid maintenant :'( Nan mais à croire que Lockhart est destiné à être un comique xD Haha, il l'a toujours pas plaqué parce que Harry est un handicapé des sentiments et qu'il ne sait absolument pas comment réagir ou quoi faire pour se sortir de ce pétrin. Limite c'est plus facile pour lui de combattre un mangemort que devoir faire face à une fille xD Le pauvre ! Haaaaaan, la méchante ! On rigole, mais on l'aime comme ça notre Ryry ! T'inquiète, mon petit Nott fera rien. Si tu kidnappe bébé, prends soin de lui, j'y tiens :p Carrément qu'il m'obéît ! Héhé, je le séquestre dans ma chambre des fois :p Trop mon fantasme quoi hahahahaha ! Désolée ! Bref, j'espère que ce chapitre te plaira ! Plein plein de bisous ! Coeur coeur love !

Bellasidious : Oh merci merci merci pour ta review adorable ! Elle m'a fait trop plaisir ! Je suis trop contente que tu l'aimes autant ! J'espère que tu aimerais autant ce chapitre ! Au plaisir de te lire vite ! Bisous bisous !

Guest : Oh non non, t'inquiètes, je ne l'arrêterais pas ! Promis juré ! :) Mais oui je l'ai vu ! Mon dieu, mais tu sais que tu as genre illuminé ma journée ! J'ai fait une capture d'écran et j'ai enregistré la photo tellement j'étais heureuse ! T'es trop parfaite ! Est-ce que tu es dans le groupe du coup ? :) Merci merci merci en tout cas ! Je te voue un culte éternel ! A très vite ! Bisous !


Bonne Lecture !


Musique :

Must Save Jane

Into The Fire

Must Save Jane

Supernova


Chapitre 17


Rubis cligna des yeux plusieurs fois avant de s'habituer à la lueur du soleil sur ses rétines. Il avait trop l'habitude de rester dans l'obscurité et ses pupilles avaient perdu leur faculté à s'adapter facilement aux différentes luminosités. Il restait trop souvent dans le noir de sa chambre ces derniers temps, attendant que quelque chose se passe.

Et puis, il en avait eu marre et il avait désobéi. Son Maître lui en voudrait, mais il savait que derrière les mots durs qu'il lui dirait, il garderait cette estime qu'ils avaient l'un pour l'autre. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il réagisse. Il en avait marre de regarder les événements se dérouler sans qu'il ne puisse rien faire.

Il avait peur de la réaction de Jade. Son ami lui avait demandé tant de fois de faire quelque chose, de l'emmener pour qu'ils agissent que le laisser derrière lui ainsi lui fendrait le cœur alors que tout ce qu'il voulait était qu'ils restent soudés avant que toute la noirceur ambiante leur tombe dessus.

Il traversa le parc de Poudlard d'un pas décidé, l'herbe gelée du matin craquant sous ses pieds. Il était invisible pour la plupart des gens parce qu'il en avait décidé ainsi il y a bien longtemps.

Il put ainsi voir le garde chasse Hagrid sortir de sa cabane et passer à quelques mètres de lui sans qu'il ne pose un seul instant les yeux sur lui. Des élèves tournoyaient déjà au dessus du terrain de quidditch, alors que d'autres attendaient à l'entrée des serres.

Le château grouillait de vie, mais il ne cherchait que deux personnes. Quand il posa le pied dans le hall, il eut l'impression qu'une explosion de voix lui vrillait les tympans. Les élèves se mêlaient les uns aux autres, mais pas un seul d'eux ne correspondait à ceux qu'il voulait voir.

Il aperçut enfin Drago qui sortait de la Grande Salle, accompagné d'une bande de Serpentard qu'il identifia immédiatement. Le grand noir devait être Blaise et il semblait être le plus proche du blond. Les deux armoires derrière : Crabbe et Goyle, qu'il avait vus surveiller les arrières de Malefoy.

Il remarqua vite le sourire qui s'étalait sur les lèvres du Serpentard, même s'il se voulait discret. Lui-même ne put s'empêcher de sourire à son tour, heureux de voir le visage du blond un peu plus apaisé que lors de leur dernière confrontation.

Il lui emboîta le pas, frôlant des élèves qui ne réagissaient aucunement, croisant même quelques professeurs qui froncèrent les sourcils et qui cherchaient en vain une aura magique trop perturbante pour leur sens aiguisé.

Il resta quelques mètres derrière, se fondant dans la foule, quand le groupe des vert et argent s'arrêta au fond d'un couloir. Drago ne l'avait pas encore vu, et il ne tenait pas à ce que ce soit le cas jusqu'à ce qu'il l'ait décidé.

Il ne se passa pas tellement de temps avant qu'une troupe de Gryffondor qu'il identifia comme celle de Harry arrive. Essoufflés, amusés, bourrés d'insouciance. Rubis avait l'impression de se voir quand il était plus jeune, il y avait trop longtemps. Le brun avait ce même sourire sur les lèvres qu'il avait vu sur Drago. Il s'était visiblement passé quelque chose qu'il avait loupé. Il passait pourtant plus de temps devant le miroir que dans sa chambre, à essayer de trouver le sommeil. A moins que ça se soit passé pendant la nuit.

Il esquissa une moue amusée, observant avec un ravissement sans pareil les échanges de regards que les deux amoureux se lançaient à travers le couloir, sous le regard de Blaise. Le jeune homme commençait vraiment à apprécier le noir.

De loin, il intercepta toutes les émotions qui passaient sur les visages des élèves. De ceux, innocents et ignorants de ce qui se tramait autour d'eux à ceux qui avaient perdu leur candeur trop vite et qui jetaient autour d'eux des regards perdus et tristes. Une grande lassitude l'envahissait alors, lui rappelant que quoi qu'il fasse, la part de mal qui se nichait en eux trouverait toujours le moyen de prendre le dessus sur le bien qu'ils avaient pu amener pendant toutes ces décennies.

Il resta adossé contre un mur du couloir quand ils se vidèrent enfin, les jeunes sorciers se rendant tour à tour dans leurs salles de classes.

Il en profita pour fermer les yeux un moment, appréciant le silence qui imprégnait les murs. Le flux magique qui traversait le château courrait dans ses veines, réveillait ses sens et il ne s'était jamais senti aussi bien depuis longtemps. Ils s'étaient terrés, Jade, son maître et lui, dans un manoir perdu, où la magie, bridée au plus profond de son être avait tant de mal à pulser qu'il avait l'impression d'avoir perdu une partie de lui.

Avant, quand ils avaient encore la chance de pouvoir vivre assez sereinement, loin de la cohue du monde humain et de leur violence, ils habitaient dans l'Entre-Deux. C'était ainsi qu'ils l'appelaient, avant que la Mort et ses sbires ne les surprennent et les en chassent. Pris dans un moment de faiblesse, délestés de leurs compagnons, ils n'avaient pu que fuir, conscients qu'ils devaient protéger la part d'humanité qui résidait encore dans le monde avant de le laisser sombrer dans le chaos.

Ils avaient tenu, avait regardé avec horreur les Chevaliers de l'Ombre prendre possession de leur demeure et la rebaptiser l'Outre-Tombe, déchirant chaque fil de bonheur et de paix qu'ils y avaient insinués, la transformant en un havre de douleur et d'obscurité.

Rubis avait cru à la fin, et Harry Potter était né.

Les Ténèbres, qu'il avait cru enfin englouties, s'étaient révélées simplement cachées, attendant avec patience que son retour fut possible.

Jade avait gardé espoir, arguant que quand ils seraient enfin de nouveau rassemblés, et le pouvoir de leurs quatre valeurs jointes, ils seraient capables de terrasser une bonne fois pour toute ces monstres.

Ils se battaient depuis l'aube de la vie.

Bien sûr, Rubis était loin d'avoir été le premier à faire partie de cette sorte de famille. Son Maître, immortel, lui racontait parfois le passé, leurs aventures et ce qu'ils avaient accompli en s'assemblant. Le bien contre le mal. C'était aussi simple que possible.

La Magie se battait contre la Mort quand des humains, doués d'un courage ou d'une folie sans égale se mêlèrent de leur affaire. Son Maître, surpris, mais aidé de ces âmes perdues apposa sa dernière marque sur la Mort qui s'échappa au plus profond de son Enfer.

Il fit d'eux ses disciples, leur inculquant des valeurs qui se transmettraient dans le monde humain. Mais la Mort, rongeant son frein, attira à elle une horde d'hommes tous plus détruits les uns que les autres, choisissant parmi eux les âmes les plus sombres, capables de toutes les horreurs possibles.

On ne naissait pas prédestinés à devenir le disciple de l'un ou l'autre. La plupart d'entre eux tombaient simplement sur l'un d'eux ou avec plus de chance sur leur futur maître. Ils traquaient ceux qui seraient capables de prendre la relève.

Ça, c'était avant que Tom Jedusor décide de marquer Harry Potter et de le placer sur leur chemin. Il avait délibérément choisi le garçon comme rival et le Destin étant aussi merdique que possible, La Magie n'avait d'autre choix que de faire de lui son disciple.

Ils avaient mis du temps à voir Drago Malefoy comme l'une des âmes prétendantes. Peut-être l'avaient-ils choisi parce qu'il avait ce lien particulier avec Harry Potter, mais le fait restait là, le destin avait choisi Harry et Drago pour succéder et il en serait ainsi.

Il en était là dans ses pensées quand la porte de la salle dans laquelle se passait le cours s'ouvrit, laissant sortir les élèves de sixième année. Il vit Drago se précipiter dans les premiers hors du lieu et courir jusqu'à l'intersection du couloir un peu plus loin, jetant des coups d'œil vers l'endroit d'où il venait. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres quand le Gryffondor sortit de la salle à son tour et cherchait visiblement quelqu'un des yeux. Pour quiconque n'étant pas au courant de la relation entre ces deux-là, leur manège serait passé quasiment inaperçu, mais pour un œil aiguisé comme le sien, et simplement parce qu'il savait que les deux gamins étaient fous l'un de l'autre, il vit avec une tendresse infinie le Gryffondor et le Serpentard disparaître au bout de plusieurs minutes dans l'obscurité d'un couloir.


Quand la porte du placard se referma sur Harry, Drago resta un instant adossé contre le mur, incapable de respirer correctement.

En réalité, il se sentait tellement bien, tellement heureux, qu'il avait l'impression de flotter sur un nuage. Il avait envie de crier au monde son bonheur, de hurler que Harry était son homme, et pas celui d'un autre, et que quoi qu'il se passe, peu lui importait tant que le brun était à ses côtés.

Il pouvait même supporter Voldemort et sa mission suicidaire. Il n'avait que Harry en tête, tout le reste devenant complètement superflu, inutile, hormis si ça avait un rapport avec un certain brun aux lunettes.

Il souriait ainsi bêtement quand il sortit enfin de son placard, oubliant complètement qu'il devait se rendre en cours, préférant à la place cligner des yeux bêtement quand il crut voir Rubis à l'autre bout du couloir.

Il devait rêver, son cerveau, trop rempli de guimauve avait visiblement décidé de le torturer en lui faisant croire que sa petite bulle de plaisir avait éclaté pour laisser place à l'un de ceux qu'il avait vraisemblablement le moins envie de voir.

Il soupira.

Cligna des yeux.

Mais Rubis se tenait toujours en face de lui, un sourire satisfait plaqué sur les lèvres. De là où il était, il discernait facilement ses yeux carmin, à croire que la seule manière de le reconnaître était cette particularité physique. Drago grogna et se décida finalement à avancer pour rejoindre l'homme.

- On dirait que tu es heureux, attaqua Rubis avec un sourire amusé.

- Va te faire foutre, répondit Drago en le fusillant du regard.

Rubis se mit à rire. Le blond lui aurait foutu son poing dans la figure s'il n'avait pas peur de s'en prendre un plus fort en retour.

- Qu'est-ce que tu fous-là ? lui demanda le Serpentard d'une voix circonspecte.

L'homme aux yeux carmin adopta une moue qui se voulait mignonne.

- Je venais voir si mon petit protégé se portait bien, répondit Rubis.

- Putain je suis pas ton protégé ! s'énerva Drago. Et puis dégage, je veux pas qu'on me voit avec toi !

- Je me demande comment fait Harry. Est-ce que tu lui parles comme ça, dans l'intimité ? Rétorqua d'une voix moqueuse Rubis.

Drago serra ses poings et le fusilla du regard.

- Je rigole, s'exclama Rubis, et puis, personne ne me verra avec toi.

- Oh génial, alors on va croire que je parle au vide. Super !

- Pas du tout, les gens passent devant moi, m'aperçoivent et oublient instantanément mon existence.

- Comment tu fais ça ? Demanda Drago en fronçant les sourcils, s'imaginant déjà user de ce subterfuge pour échapper à Voldemort. Il emmènerait Harry avec lui.

- Je t'apprendrai, répondit le sorcier avec un clin d'œil complice.

Drago soupira d'exaspération, se demandant, par Merlin, ce qu'il avait bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter de tels abrutis.

- Je suppose que tu veux me parler, non ? Demanda finalement Drago d'un air fatigué.

Il avait l'impression que le moment qu'il avait passé avec Harry faisait parti d'un rêve et que le dur retour à la réalité venait de lui être violemment balancé à la figure. Rubis hocha la tête, et sans d'autre mot, Drago reprit sa marche, l'emmenant jusqu'à un endroit où il savait qu'ils pourraient être tranquilles.

Il aurait pu choisir la salle sur demande pour être sûr que personne ne les surprenne, mais Drago en avait marre de voir cette salle comme le lieu où tous ses secrets cherchaient refuge. Il voulait la partager uniquement avec Harry.

Ils grimpèrent jusqu'à la Tour d'Astronomie sans croiser un seul élève. Les quelques rares sorciers qui n'avaient pas cours étaient tous dans le parc, profitant des chaleurs du printemps tandis que les autres suivaient les directives de leurs professeurs, enfermés dans les salles de cours.

Il faisait bon et le soleil jouait agréablement sur son visage. Il n'avait pas pour habitude de lézarder devant l'astre jaune et visiblement c'était aussi le cas de Rubis quand on voyait sa peau aussi blanche que la sienne. Si ça pouvait le faire chier, il en était ravi.

L'enfoiré carmin – il n'avait trouvé que ce surnom pourri pendant qu'ils montaient les interminables marches jusqu'à la tour – fronçait le nez et les yeux comme si le soleil était à lui seul l'un des plus redoutables ennemis.

Il ne put s'empêcher de rire et se stoppa net quand, d'un simple geste de la main, Rubis le rendit muet. D'un air choqué, Drago le fixa méchamment et croisa finalement les bras d'une manière complètement enfantine, se tournant pour ne laisser qu'au traître la simple vision de son dos parfait.

Il plissa le nez, murmurant dans sa tête des menaces de mort envers cet enfoiré s'il ne retirait pas bientôt son sort. Ce qu'évidemment, il ne fit pas.

Alors, il laissa ses yeux glisser sur le parc en dessous et tomba, par le plus grand des hasards, sur Harry, assis sur l'herbe, accompagné de ses deux glues.

Oubliant sa colère et l'insupportable boulet derrière lui, il sourit, fixant avec un délice profond son brun. De là où il était, il ne pouvait pas voir exactement ce qu'il faisait, mais apercevoir sa silhouette suffisait à le rendre heureux.

- Quand t'auras fini de l'admirer, on pourra peut-être discuter, claqua la voix de Rubis, goguenarde, à sa droite.

Drago tourna la tête vers lui, haussant un sourcil arrogant devant la position de celui-ci. Rubis s'était assis sur le muret, les jambes pendant dans le vide comme si la simple idée qu'il pourrait tomber et mourir n'existait pas.

Le Serpentard s'accouda aux pierres chauffées par le soleil en haussant les épaules.

- Je t'écoute, répondit-il, refusant au passage de le remercier pour lui avoir rendu sa voix.

- Alors, toi et Harry ?

Drago le fixa, ahuri.

- Tu penses sincèrement que je vais te laisser me poser ce genre de question ?!

- Tu l'as fait, et dans le cas contraire, je ne vois pas vraiment ce que tu pourrais faire contre ça.

- Oh, Drago fit mine de réfléchir, je sais pas, te pousser dans le vide peut-être ?

- Je ne peux pas mourir, rétorqua Rubis avec un sourire suffisant.

La curiosité de Drago fut piquée et le jeune homme se redressa, portant toute son attention sur l'homme à ses côtés.

- Je suppose qu'il faut faire parti de ta secte pour devenir immortel ? Demanda le blond.

Rubis acquiesça.

- C'est l'un des avantages du métier, répondit-il.

- Parce qu'il y en a d'autres ? S'enquerra ironiquement le blond.

- La puissance, ajouta Rubis en voyant les yeux de Drago briller d'envie.

- Qu'est-ce que j'ai à voir avec ça ? La dernière fois, tu m'as dit que je devrais faire parti de votre secte.

Rubis grogna, levant les yeux au ciel comme si ce qu'il devait expliquer était trop difficile pour un enfant de cinq ans.

- D'abord, ce n'est pas une secte, maugréa-t-il.

- On s'en fout, rétorqua Drago. Je veux juste savoir ce que j'ai à faire avec ça !

Le Serpentard le jaugea du regard, attendant une réponse. Il avait du mal à comprendre comment il pouvait passer d'un moment tendresse avec le brun à ça. Ça dépassait tout ce à quoi il s'attendait du monde magique. Il se passait des choses qu'il n'imaginait pas, auxquelles il n'osait même pas penser. Et tout ça avait commencé avec lui. L'enfoiré carmin.

- On va se la jouer autrement, s'exclama Drago. Je pose les questions, et tu réponds !

Rubis acquiesça, un air amusé sur le visage. Il était assez satisfait de voir que le blond semblait savoir ce qu'il voulait.

- Ok. D'abord, t'es qui putain ? Depuis que t'as débarqué dans la salle sur demande, c'est le bordel, et tout ce que tu m'as dit n'a toujours aucun sens à mes yeux.

L'homme à côté de lui ne put s'empêcher de rire. Il avait eu quasiment le même comportement avant de comprendre tout ça.

- Je t'ai déjà dit que mon vrai prénom n'était pas Rubis. Je m'appelle William, et il y a très longtemps de ça, j'étais aussi ignorant que toi de tout ce qu'il se passait autour de moi.

- Raconte-moi, ordonna Drago.

Le blond se laissa glisser contre le muret, et s'assit au sol. Le soleil brillait haut au-dessus de lui. Il devrait être en cours, mais il avait la sensation qu'être ici était mille fois plus important. Rubis le fixa un moment sans un mot et prit finalement place à côté du blond.

Alors, il raconta.


La ville était quasiment vide à cette heure de la journée. Les crues dévastatrices du Parmes forçaient les habitants italiens à se terrer dans leurs maisons. Les quelques badauds qui osaient s'aventurer dans les rues avaient les pieds trempés, grelottants sous la fraîcheur hivernale du nord de l'Italie.

William, lui, déambulait. Il se foutait royalement d'avoir les pieds trempés ou de frissonner à cause du froid. Son esprit était trop occupé par des choses qui le hantaient à longueur de journée. Il avait ces images dans la tête. Une femme qui pleurait sur le corps meurtri de son mari, un enfant, seul, qui hurlait sans que personne ne lui vienne en aide.

Il n'avait jamais osé en parler de peur qu'on le traite de fou. Il voyait comment on traitait les gens autour de lui et il préférait encore se taire plutôt que d'être envoyé à l'asile. Ses parents ne s'étaient jamais inquiétés de son éloquent éloignement ces dernières années, trop occupés à élever ses frères et sœurs.

Son père était forgeron et passait plus de temps à frapper le fer plutôt qu'auprès de sa famille. William avait rapidement pris sa place quand il s'était avéré que son patriarche devait travailler encore plus pour nourrir ses trop nombreux frères et sœurs. De son côté, il vendait des choses, tout ce qui lui passait sous la main. De la pacotille, il était un vendeur de pacotille.

Il aimait sa famille, plus que tout, mais il avait soif de liberté, soif de pouvoir. Il observait les familles qui vivaient sur la colline, leurs maisons richement décorées, leurs vêtements de qualité, comparés à ses loques.

Les jours de crues étaient les seuls moments où il pouvait s'échapper en paix. Son père, incapable de travailler par ces conditions, restait chez eux, et l'espace d'un instant, William pouvait respirer.

Il déambulait, les pieds dans l'eau, le froid l'accompagnant, quand il entendit une plainte sur sa droite. Passé la surprise, il se précipita jusqu'à la source du bruit, au fond d'une ruelle sombre.

Il retint un haut-le-cœur quand l'odeur nauséabonde lui explosa au visage. Ça sentait la pourriture. Il était habitué aux odeurs d'urines et d'excréments dans les rues, mais ça, ça dépassait tout ce qu'il avait pu expérimenter. Il avait vu la mort, avait touché du doigt des maladies qui vous détruisaient autant de l'intérieur que de l'extérieur, mais cette puanteur, celle de l'horreur et de la chair brûlée, un mélange de souffre et de douleur.

Il s'approcha du bruit et se pencha, discernant, enfoui dans les couvertures, un bébé.

Il porta sa main devant son nez pour empêcher les effluves de s'infiltrer en lui. Ses yeux le piquaient.

Le bébé pleurait, aussi doucement que possible, comme si, inconsciemment, il savait que sa fin était proche et que tout ce qu'il lui restait à faire était de quitter ce monde en paix.

Une larme glissa le long de sa joue, venant se perdre dans les chairs calcinées du bébé. Il pleurait. Il ne pouvait faire que ça, pleurer pour un être sans défense qui avait vécu les pires choses qu'on pouvait imaginer. Délicatement, il le prit dans ses bras et s'asseyant, le berça.

Il pleura, pleura, pleura, jusqu'à ce que le souffle de ce petit être s'atténue. Jusqu'à ce qu'il trouve la paix.


Rubis tourna la tête vers Drago. Le jeune homme était aussi pâle qu'un fantôme.

- Qui a bien pu faire une chose pareille ? Demanda le Serpentard d'une voix blanche.

- Je ne l'ai jamais su, répondit Rubis d'un air las.

- Et après ? Ajouta le blond, inspirant profondément pour effacer l'image du bébé incrustée dans ses pensées.

- Après ? J'ai rencontré La Magie.


William était rentré chez lui bien plus tard. L'odeur lui collait à la peau et les larmes qui s'étaient taries depuis longtemps avaient quand même laissé sur son visage les sillons de sa tristesse.

Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, ses rêves tournant au cauchemar, dans lesquels un bébé enflammé courait vers lui, et tombait dans un abîme de flamme avant qu'il ait réussi à l'attraper.

Il se réveillait en sueur, le corps agité de spasmes, et à l'aube, n'y tenant plus, il s'était levé et avait marché.

Ses pas le menèrent jusqu'à la ruelle où il avait trouvé le bébé. La puanteur régnait toujours, comme imprégnée en ce lieu damné. Il s'avança jusqu'aux couvertures qu'il avait laissées au sol, après avoir érigé un semblant de tombe pour l'enfant dans le cimetière communautaire.

Il se redressa et avant qu'il puisse se retourner, une voix surgit dans son dos.

- Ton âme est belle, murmura la voix envoûtante.

Il se retourna, son cœur battant la chamade et ses yeux se posèrent sur elle.

Elle ne ressemblait en rien à ce qu'il avait pu voir des femmes. Grande, élancée, petite, enrobée, il ne savait dire. Elle était entouré d'une sorte de robe de mousseline blanche et la seule chose qu'on remarquait immédiatement était ses yeux clairs comme de l'eau de roche. Pas d'un bleu ciel ou d'un blanc laiteux, mais presque invisibles, comme deux billes de verres qu'on aurait placées sur le visage d'une sculpture.

Du vide qu'on aurait pu y voir, il n'y en avait pas. Ses pupilles étaient illuminées par tant d'images, d'émotions et de sensations que William eut la sensation qu'il voyait à travers elle, le Paradis.

- Qui êtes-vous ? Balbutia-t-il, incapable de détacher ses yeux de son visage.

- Quelqu'un de trop vieux pour prétendre être indispensable, répondit-elle avec un sourire doux. Mais tu peux m'appeler La Magie.

Devant son froncement de sourcils incertain, la femme se permit de rire. Un son cristallin qui résonna en lui et qui fit vibrer les cordes de son cœur.

- Tu as été courageux William, lui dit-elle. Cet enfant n'aurait pu trouver meilleure fin que dans tes bras.

- Je n'ai rien pu faire, murmura-t-il piteusement.

- Il n'y a rien que tu pouvais faire, ajouta-t-elle.

Elle posa sa main sur son épaule et une myriade de sentiments explosa en lui, comme si son simple touché avait réveillé en lui toutes les émotions qu'il avait omises ces dernières années.

- Mais je peux t'offrir la chance de les aider, toutes ces personnes.

William écarquilla les yeux, son cœur s'emballa et l'espoir agrippa ses entrailles.


- Ton maître est une femme ? Lui demanda Drago, incrédule.

- Surpris ? Rétorqua Rubis avec un clin d'œil.

Le blond lui tira la langue et le plus trop enfoiré carmin rit.


William jeta un dernier coup d'œil à la pièce dans laquelle il avait passé les plus belles et les plus éprouvantes vingt premières années de sa vie. Les huit lits, assemblés dans un désordre que seuls ses frères et sœurs étaient capables d'expliquer remplissaient à eux seuls l'endroit. Des vêtements traînaient un peu partout, des jouets en bois, quelques dessins faits par Joad et puis un ou deux livres, les seuls qu'ils possédaient, posés sur le lit de Herat.

Il eut un pincement au cœur et plutôt que de retenir la larme traîtresse, il la laissa dévaler sa joue et venir tomber délicatement sur le sol terreux de sa chambre d'enfant.

Il disait adieu à tout ce qu'il avait connu, à sa famille, à ceux qu'il aimait.

Il partait à l'aventure, il ne savait où.

Un grincement derrière lui le tira de sa torpeur. Il se retourna et ses yeux se posèrent sur sa mère. Elle portait son vieux tablier, signe qu'elle venait de finir le repas pour le soir. Pourtant, pas une seule trace ne venait ternir le tissu. Elle avait toujours été si consciencieuse que jamais William n'avait vu une seule tâche sur ses vêtements.

Il l'admirait. Il l'aimait tellement.

- Tu t'en vas ? Lui demanda-t-elle de sa voix douce et chaleureuse.

Son cœur se serra à l'idée qu'il ne la reverrait jamais. Il savait qu'elle ne lui en voudrait pas de partir, peut-être qu'elle essaierait de le retenir mais au fond, ils savaient tous les deux que ce jour arriverait. Il avait toujours été comme ça, avide de découvrir, de partir à l'aventure, curieux. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il prenne son envol.

Il hocha la tête, et ouvrant les bras, elle vint se blottir contre lui, le serrant de la seule manière que savaient faire les mères.

- Va, mon fils, va et vis, découvre et ne regrette rien.

Il la serra contre son cœur et pleura.


Drago le fixa un long moment sans rien dire. Rubis ferma les yeux en soupirant.


- Jade, s'exclama le jeune homme face à lui, en lui tendant sa main.

Surpris, William hésita un instant, mais attrapa finalement sa main, prêt tout de même à détaler si l'homme en venait à avoir un comportement bizarre.

- Elle m'envoie. Elle m'a dit que ce serait plus facile si j'étais celui qui te guidait.

L'homme avait des yeux aussi jaunes que le soleil et si cela paraissait choquant à première vue, William devait avouer que ça lui donnait un certain charme.

- William, c'est ça ?

Il acquiesça, lâchant sa main, se demandant comment les gens autour de lui pouvait ne pas s'arrêter sur l'étrange personnage qui lui tenait compagnie.

- Oh ça, ajouta Jade en remarquant ses coups d'œil surpris, disons que je passe inaperçu. C'est plutôt bien non ?

William fronça les sourcils, déclenchant un éclat de rire chez l'homme aux yeux jaunes.

- Suis-moi ! Lui intima Jade en reprenant sa main.

William se laissa entraîner, complètement perdu. L'homme le tirait derrière lui avec un entrain qu'il n'avait jamais vu.

- Il y a une chose que tu dois savoir, nous sommes les gentils, et en face, il y a les méchants.

William avait envie de rire, très très envie de rire, mais il se retint, de peur de froisser son interlocuteur.

- Elle, c'est La Magie, et le grand méchant, La Mort. Avec ses rustres de sbires, Duncan, Darius, Alénior et Gravos.

William tira sur le bras de Jade, le forçant à se stopper.

- Attends, c'est quoi ces histoires ? Lui demanda-t-il en fronçant les sourcils, le visage frappé d'incompréhension.

- Oh, elle ne m'avait pas dit que tu ne savais même pas qui tu étais réellement ! S'extasia Jade en sautillant sur place.

Ils s'étaient arrêtés près d'un grand arbre qui marquait le croisement entre la route vers Rome et celle de Vérone.

- Regarde-ça.

William fixa la main de Jade, sa paume tournée vers le haut. Il crut à une mauvaise blague quand soudainement, une flamme s'éleva de sa main et tournoya sur elle-même, dansant dans le creux de ses doigts, glissant le long de son poignet.

William, effrayé, recula, allant buter contre le tronc de l'arbre.

- Je suis un sorcier, et toi aussi, tu en es un. Tu dois venir d'une famille de moldus, vu l'expression sur ton visage, ajouta Jade avec un sourire rassurant. T'inquiète pas, tu t'y feras. Ça, et puis les yeux rouges. Ça te va bien au passage ! Je suppose qu'on pourra t'appeler Rubis !

William écarquilla les yeux et hurla.


- T'avais pas les yeux rouges à l'origine ? Demanda Drago.

- Non, ils ont changé de couleurs quand j'ai accepté de suivre Jade et La Magie.

- Est-ce que ça a un rapport avec ce que tu m'as susurré perfidement à l'oreille le jour on s'est rencontrés, quand j'étais tranquillement dans les bras de Harry au beau milieu de la bibliothèque ? Quelque chose comme, l'Émeraude, l'Argent, La Jade et le Rubis.

- Bingo ! Répondit Rubis avec un sourire ravi.

- Et Harry est l'Émeraude n'est-ce-pas ?

- Exactement.

- Pourquoi ?

Rubis grimaça.

- Quand Tom Jedusor a désigné Harry comme son rival et qu'il l'a marqué d'une cicatrice, il a fait de lui un sorcier potentiel pour se joindre à nous. Il n'a pas trop le choix en réalité. Le Destin a joué avec eux et ils ne peuvent rien faire d'autre que de jouer les marionnettes jusqu'à ce qu'elle décide de les laisser tracer leur voie. Ça dépasse leur simple combat, une fois qu'il sera parmi nous, ce sera la guerre. Ce sera l'ère du bien ou du chaos.

Drago avait sorti sa baguette et la tournait entre ses doigts d'un air préoccupé.

- Qu'est-ce que j'ai à voir avec ça ?

- Ton lien avec Harry, et avec Voldemort. Tu es le poids qui pèsera dans la balance.

Le Serpentard coula un regard anxieux à Rubis.

- C'est pour ça que tu me pousses vers Harry ?

- Entre autre. C'est dans mes gênes, de vouloir le bonheur des humains.

- Qu'est-ce qu'on deviendra, Harry et moi ?

- Rien de plus que ce que vous n'êtes déjà. Vous aurez simplement plus de pouvoir et donc plus de responsabilités. Et puis un jour viendra où vous verrez les autres partir tandis que vous resterez. Harry n'a pas le choix, mais toi, tu l'as, Drago Malefoy.

Rubis le fixa de ses yeux rouges, faisant peser dans ses mots tout le poids de sa décision.

- Je suppose que je ne dois rien dire à Harry, c'est ça ? Demanda Drago d'une voix amère.

- En effet. Je ne te demande pas de choisir maintenant, tu le sauras quand le moment sera venu, mais sache que si tu choisis de lier ta vie à l'un des deux camps, il n'y aura pas de retour en arrière.

Drago hocha la tête.

- Tu peux t'en aller maintenant, si j'ai besoin de toi, je suppose que j'ai juste besoin de le penser très fort, répondit le blond.

Rubis lui jeta un regard surpris, ne s'attendant pas à ce que le jeune homme le congédie de cette manière, comme s'il n'était qu'un simple serviteur obéissant à son maître.

- Je ne te vire pas, ajouta le blond d'une voix lasse, j'ai juste besoin de me retrouver seul pour réfléchir à tout ça.

William hocha la tête et se leva. Il posa une dernière fois ses yeux sur le Serpentard, mais il avait fermé ses paupières. Il secoua la tête et disparut aussi silencieusement qu'il était apparu.


Drago déglutit plusieurs fois, refusant de laisser l'Angoisse s'emparer de lui, pas alors qu'il avait réussi à trouver un équilibre à peu près stable. Il avait du mal à assimiler tout ce que lui avait dit Rubis. En réalité, il avait du mal à croire qu'il pouvait y avoir pire que simplement Voldemort. C'était effrayant, parce qu'il était déjà trop lâche pour faire face à tête de serpent et qu'il ne s'imaginait absolument pas devoir en affronter trois de plus avec leur maître psychopathe.

Mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était Harry. Parce qu'il ne pouvait pas lui parler de ça, et qu'il redoutait le moment où le brun apprendrait toute cette histoire et comprendrait que tout ce qu'il faisait depuis qu'il savait qu'il devait devenir un meurtrier n'était rien comparé à ce qui l'attendrait.

Il connaissait assez le brun pour savoir qu'il agissait compulsivement et qu'il endosserait ce rôle sans se soucier un instant des conséquences que ça pourrait avoir pour lui tant qu'il avait une chance de sauver le monde. Foutu Saint Potter.

Il avait besoin de lui. Il se foutait de savoir que Harry était un héros, il voulait simplement qu'il reste vivant et à ses côtés, qu'il puisse l'aimer jusqu'à la fin de sa vie. Il ne voulait pas le partager. D'ailleurs, il ne voulait même plus imaginer Weasley belette s'approcher de lui. Il était sûr qu'il ferait un malheur si elle venait à le toucher devant ses yeux.

Il crevait d'envie d'aller le voir et de le serrer dans ses bras, de lui dire qu'il ne voulait que lui. Il le voulait vraiment. Mais d'un autre côté, il y avait son père et sa mère et il n'était pas vraiment prêt à les abandonner.


Ginny chantonnait sous la douche. Ce n'était pas une chanson en particulier, plutôt un air qui lui trottait dans la tête quand elle était heureuse et qu'elle ressentait le besoin d'exprimer sa joie. Elle se sentait bien, enfin à sa place, comme si elle avait attendu ce moment depuis le début, depuis le jour où elle avait posé le pied sur le quai 9 ¾ et qu'elle avait rencontré Harry.

Elle avait des papillons dans le ventre, l'impression que le monde lui souriait et que rien de mal ne pourrait lui arriver tant qu'elle avait Harry à ses côtés. Elle savait qu'on la jalousait, mais elle n'y portait aucune importance. Elle préférait garder son esprit centré sur le brun plutôt que sur les racontars des filles de l'école.

Elle sortit de la douche avec le sourire jusqu'aux oreilles et s'habilla avec un soin non dissimulé. Elle attrapa sa baguette et descendit dans la salle commune, espérant y trouver son brun avant d'aller manger.

Harry était assis dans un canapé, à côté de Ron qui discutait avec Hermione. Elle se glissa jusqu'à lui et prit place sur ses genoux, se blottissant contre son torse chaud avec un soupir de contentement. Elle surprit le grognement réprobateur de son frère mais pour une fois, ne dit rien, se contentant de nicher son visage dans le cou du Survivant.

Elle sentait Harry tendu, comme s'il ne savait pas comment réagir, et au fond, cela l'attendrit. Elle serait patiente, prendrait son temps, comme elle avait attendu le brun.

- Je meurs de faim, grommela Ron à côté.

Elle entendit Hermione le sermonner, mais rien n'y faisait, le rouquin n'en démordait pas et répéta à tout va qu'il pourrait faire une crise d'hypoglycémie s'ils n'allaient pas manger rapidement.

Hermione rouspéta, soupira et finalement, accepta.

- Harry, Ginny, vous venez ? demanda la brune en se levant, attrapant la manche de Ron pour le forcer à les attendre.

Ginny se leva et acquiesça, tendant sa main à Harry pour l'aider à se lever. Le brun s'en saisit et une chaleur agréable envahit la rouquine, lui tirant un sourire resplendissant auquel Harry répondit.

Elle se sentait vraiment bien.

Gardant sa main dans la sienne, elle suivit son amie et son frère qui passèrent le tableau. Arrivés dans le couloir, Harry s'arrêta soudainement et elle se retourna vers lui.

- J'ai oublié, commença-t-il, mais j'ai promis à Dumbledore que j'irai m'entraîner après les cours, finit-il en passant une main dans ses cheveux, les décoiffant plus qu'ils ne l'étaient déjà.

Ginny sentit la déception l'envahir mais cacha bien vite ce sentiment, consciente que Harry avait des responsabilités. Elle posa sa main libre sur sa joue.

- Rejoins-nous après si tu finis avant, lui dit-elle avec un sourire apaisant.

- Merci, murmura-t-il à son intention.

Lâchant sa main, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue avant d'aller rejoindre Ron qui s'éloignait sans se soucier de ses amis. Ce qu'elle ne vit pas, ce fut le regard désapprobateur de Hermione.

Ginny, elle, faisait confiance à Harry.


Blaise attrapa le bras de Nott au moment où celui-ci allait entrer dans la Grande Salle. Il l'attira sur le côté, là où personne ne pourrait les entendre.

Théo lui lança un regard interrogateur, ne cherchant pas à se dégager ou à faire quoi que ce soit contre son camarade de classe.

- Je sais que tu les as vus, attaqua Blaise en lui lançant un regard inquisiteur.

- Et alors ? Demanda Nott en le fixant sans aucune animosité ou lueur de défi dans les yeux.

- Je veux ton silence.

- En échange de quoi ?

- Ce que tu veux.

- Alors passe du temps avec moi.

- Avec toi ?

Nott acquiesça.

- Deal ! S'exclama Blaise en lâchant son bras pour lui serrer la main.

Il frissonna quand Théo la serra.


Dans l'obscurité, perdue, une ombre ricanait. Psalmodiait alors qu'autour d'elle, pas un bruit ne déchirait le silence qu'elle décidait d'instaurer. Seule sa voix, rauque, dénuée de vie faisait écho aux parois de la grotte.

- Chante, danse petit lion tant que tu le peux encore. Le serpent n'est pas loin, ses crocs aiguisés surveillent alors qu'autour de toi se trament des pièges. Gare à toi petit lion, car le destin en a décidé ainsi.


Voilààà !

Bon, je sais que vous auriez préféré un chapitre plus centré sur Dradra et Ryry, mais promis, il sera pour la prochaine fois ! Et puis vous aurez chaud, nananananère haha ! En attendant, j'espère que ces explications et ce petit retour sur le passé de Rubis vous aura quand même bien informés et plu !

Je vous fait des milliards de bisous, et je vous dis à dans quinze jours ! Je vous aimes très très fort et Drago vous masse le dos héhé.