Yo !

J'avais écrit une longue présentation, et ça a bugué, mais sévèrement. Merci pour tous vos commentaires, on le dit jamais assez, mais si on publie, c'est pour vous, pas pour nous. On écrit dans notre chambre, sur nos petits ordis, sur un bout de cahier, dans un coin d'une feuille, mais rien ne nous oblige à publier. Rien si ce n'est l'envie de partager. Et partager, ça veut dire faire un échange. Au fond, on a surtout envie de reconnaissance, de savoir que ce qu'on écrit vous touche, que vous aussi vous aimez nos personnages, que vous y pensez souvent entre deux chapitres. On veut du contact, des mots, on veut discuter.
Enfin, c'est surtout mon cas. Je veux pas parler pour les autres auteurs, mais j'aime avoir vos avis. Je me plains pas, loin de là, je suis super heureuse de vous voir réagir sur cette histoire, c'est genre le plus beau cadeau que vous pouvez m'offrir, mais c'est vrai qu'un petit mot parfois, c'est génial. Ca donne le smile, ça illumine nos journées et surtout, ça nous pousse à nous dépasser encore plus pour la suite.

Voilà, je voulais juste vous faire partager ces mots ! J'avais écrit un truc complètement différent mais vu que j'ai tout perdu et que sur le coup, j'étais au bout de ma vie, mon cerveau s'est senti obligé de dire ça. Bref, excusez-le, il déconne pas mal en ce moment. Genre, j'ai fait un barrage dans une rivière avec un pote cet aprem, un barrage, avec des cailloux et de l'eau. Nous, 21 et 23 ans, jeunes adultes, découvrons des pierres et faisons un barrage. Narmol ! Sinon, à la gare tout à l'heure, j'ai vu un mec trop beau et en baissant les yeux (pas sur ses fesses bandes de pervers, j'ai bugué avant), il avait un tatouage des reliques de la mort sur son bras. J'ai fait le poisson et j'ai eu envie de pleurer de joie. J'aurais bien sauté hors de ma voiture pour le kidnapper mais le peu d'estime de moi-même qu'il me reste m'en a empêché. Je suis trop nulle T_T

Voilà, heuuu, je me rappelle plus ce que j'avais écrit avant, mais il me semble que j'avais fait de la pub pour mon groupe sur Facebook, parce que guys, franchement, j'adore parler avec vous, alors ramenez vos poires et faisons une partouze géante avec Dradra et Ryry. Je déconne ... Je suis super sage en vrai, et le nom du groupe, c'est ClaP74. On est pas beaucoup et c'est privé, alors no soucis, on pourra parler sans aucune peur de passer pour des fous ;p

Enfin, on a atteint la 172ème review, franchement, c'est super cool ! Mon objectif, c'est les 200 (pour l'instant, parce que me connaissant, mon prochain objectif pourrait être un truc du genre "poster mon premier UA" mais bon, on peut toujours rêver). Vous êtes 41 à avoir mis cette histoire en favoris, ça claque grave, et on a perdu un petit follower. Plus que 86 followers mes licornes dorés. Tant pis pour l'âme en peine qui nous a quitté, tu vas manquer à Dradra et Ryry, mais c'est pas grave.

A ceux à qui j'avais promis des OS, ils arriveront un jour, je le jure ! Je suis juste aussi rapide qu'une moule.

Bref, si vous êtes une âme sensible, je vous conseille de prendre la boite de mouchoirs avant de commencer à lire ce chapitre (pour ceux qui ne lisent pas la note d'auteur, tant pis pour vous, je vous aurais prévenu). Indifférente, aka la meilleure bêta du monde, meuf t'es trop un Chef, était trop déprimée et je me suis sentie trop coupable. Désolée d'avoir écrit un truc aussi triste, je me déprime moi-même.


Un mot de AJ, Dumby bless you, Chef : "Le chapitre qu'on attend tous. Le pire du tome 6, vu par ClaP... Préparez-vous à vous prendre un trop-plein d'émotions dans la figure !"


RAR :

Daidaiiro30 : Franchement, je suis encore super désolée d'avoir mis autant de temps à poster la suite. Je sais que tu l'attends, je sais que c'est super frustrant, et tout, mais merci d'être aussi tolérante et aussi adorable ! Il faudrait plus de personnes comme toi, ça me fait chaud au coeur ! Et encore une fois désolée pour torturer autant ton esprit. Je suis comme toi, je me rends folle en les imaginant ensemble, et de les voir souffrir chacun de leur côté, ça me rend malade. Je suis tarée hein ? HAHA. Non sérieux, c'est tellement une évidence, Harry et Drago. C'est comme la terre qui tourne autour du soleil, universel, vrai, obligatoire. Je vais pas te contredire, la suite est pas joyeuse mais comme tu dis, c'est ça qui fait le charme, l'inattendu, le fait que ça soit pas toujours tout rose, je sais pas, ça fait plus "vrai" ^^ Je suis super contente qu'elle se soit postée en tout cas, y avait des gros bug sur ff ! Du genre, je pouvais même pas poster ... L'horreur, c'est énervant :( Bref, merci pour tout, ta compréhension, tes reviews géniales qui enjolivent mes journées, et j'espère que même si c'est triste, ce chapitre te plaira ! Je te fais tout plein de bisous, on se check sur fb, et à très vite ! coeur coeur love !

Louna : Qu'est-ce que tu veux, je suis une Serpentard dans l'âme ! J'aime torturer les gens haha. Non, je rigole. Je sais que c'est horrible de lire des trucs comme ça, je m'excuse de t'avoir déprimé. Malheureusement, je ne peux pas te promettre que ce ne sera pas dramatique ! J'ai une vision assez noire de cette époque de HP alors ça aide pas, mais au final, on sait toutes les deux qu'ils vivront heureux ensemble hein :) Mais je suis pareille, j'aime écouter de la musique triste et pleurer toutes les larmes de mon corps dans mon lit après avoir lu un truc super triste. Mais ne pleure pas, ou alors sers-toi de mon épaule pour te soulager, parce que je pleure autant que toi :) Courage, et tu sais que t'as le droit de m'insulter si c'est trop déprimant ;) Ca ne se finira pas tout de suite, promis, ils en ont encore pour un bout de temps, Dradra et Ryry ne te lâcheront pas aussi facilement :) Allez, pleins pleins de bisous, d'amour et de paillettes ! Love love !

Kassandra : J'aime pas faire pleurer les gens, même si je pleure moi-même quand j'écris (oui oui, ça m'arrive). N'imagine pas des choses comme ça voyons, on sait qu'au fond, ils finiront ensemble, et même s'ils traversent des épreuves difficiles, ça marchera entre eux. C'est obligé, ça peut pas finir autrement ;) Il me reste beaucoup d'idées, rassures-toi, ça ne finira pas tout de suite ! Je suis de toute façon incapable de laisser cette histoire s'en aller comme ça ! Des fois, j'aimerais poster plus souvent, ou avoir un moyen de transférer toutes les idées que j'ai dans ma tête sur mon ordi pour que ce soit plus rapide mais malheureusement ça existe pas encore et je suis trop feignasse alors je suis lente, et j'ai tellement de trucs à faire autour que j'avance pas. Je suis une relou en puissance xD mais c'est affreux, j'ai l'impression que j'ai jamais assez d'une journée pour tout faire ! Héhé, vas y épouse moi xD mais merci pour tous ces compliments, t'es un amour, et je pense toujours à vous quand j'écris ! Vous êtes une de mes principales motivations :) Sur ce, je te fais des milliard de bisous, en espérant que ce chapitre te plaira et que je te lirais vite ;) Sinon, on se check sur fb :p Bisous bisouuuuus !


AJ, Je sais que ce chapitre t'a énormément déprimée, et je suis désolée. Vraiment. Mais ça veut dire que ça marche, que j'ai réussi à faire passer toutes les émotions qui me taraude l'esprit quand j'écris ces putains de chapitres jusqu'à 2h du mat'. T'es la plus haute estime que je peux avoir, le jury ultime. Si tu dis que ça va pas, alors ça va pas, et je rechange tout. Bref, merci pour tout Chef (même si je peux être la préfète des Serpentard, tu restes le chef héhé), t'es la meilleure des bêtas.


Bonne Lecture !


Musique :

Nicholas Hooper

Dumbledore's Farewell


Chapitre 20


Harry essayait avec difficulté de tenir sur ses jambes, le poids du corps de Dumbledore pesant lourd contre le sien. Il tremblait tellement qu'il se demandait comment il avait réussi à transplaner jusqu'à Pré-Au-Lard sans faire une connerie.

Des myriades de pensées se battaient dans sa tête, l'impression qu'il se trouvait encore dans la caverne trop présente dans son corps pour qu'il parvienne à réaliser qu'il était bel et bien de retour sur la terre ferme. Il avait cru à sa dernière heure, plongé dans l'eau glaciale, ses jambes agrippées par les mains répugnantes des inferi.

Si Dumbledore n'avait pas été là, il aurait sombré. Et il ne réalisait pas. Il était trempé, il avait froid, son cœur battait la chamade et son professeur était dans un état encore pire que le sien.

La potion l'avait trop affaibli et Harry ne savait pas quoi faire pour l'aider. Il devait le ramener à Poudlard mais il n'avait pas assez de force pour le porter à lui tout seul. Il regardait désespérément autour de lui, cherchant de l'aide, mais on était en plein milieu de la nuit et la plupart des habitants de Pré-Au-Lard dormaient. Habituellement, quelques saoulards sortaient encore des bars, mais la menace de Voldemort les effrayait suffisamment pour rester boire chez eux.

Il aurait dû laisser son professeur seul quelques minutes pour aller chercher de l'aide mais en vérité, il s'en sentait incapable. Le voir ainsi, aussi faible, l'angoissait et il n'avait aucune envie de l'abandonner pour le retrouver quelques minutes plus tard dans un état pire encore.

Il essayait tant que bien de le tenir debout, mais sous ses yeux horrifiés, le vieil homme s'effondra et Harry se mit sincèrement à paniquer. Le sang battait à ses tempes et il avait l'impression que sa vue se brouillait. Dans un état proche de l'évanouissement, il réussit à prononcer quelques mots, répétant qu'il devait emmener son professeur à l'infirmerie pour que Madame Pomfresh s'occupe de lui mais Dumbledore ne cessait de lui répondre que la seule personne qu'il voulait voir était ce traître de Rogue.

Son cerveau lui criait de faire quelque chose, de trouver une autre solution plutôt que de devoir faire confiance à cet homme, mais c'était comme si toute pensée cohérenteavait quitté sa tête. Et alors qu'il allait enfin esquisser un mouvement pour se lever et aller chercher de l'aide, quelques interminables minutes plus tard, il entendit des bruits de pas dans son dos.

Il se retourna dans une secousse, son bras toujours passé autour de la taille de son professeur pour l'empêcher de reposer sur le sol froid des rues. Son cœur s'emballa en réalisant que quelqu'un les avait vus et qu'on venait les aider. Il reconnut Madame Rosmerta.

Elle portait une robe de chambre et ses cheveux étaient complètement décoiffés, prouvant qu'elle venait de sortir du lit. Elle s'arrêta près d'eux d'une manière désordonnée, le souffle court, et poussa un cri horrifié quand elle vit le directeur de Poudlard étendu dans les bras du Survivant. Harry lui demanda de l'aide, proposa d'installer le vieil homme aux Trois Balais en attendant qu'il ramène l'infirmière et cet horrible professeur Rogue, mais la femme ne l'écoutait pas. Ses yeux roulaient dans ses orbites comme si elle avait vu la pire des choses possibles.

Harry insista, mais ce fut finalement quand Dumbledore lui demanda, d'une voix rauque et affaibli ce qu'il se passait, qu'elle se calma soudainement et les fixa d'un air effrayé.

- La … La Marque des Ténèbres, Albus. *

Harry se figea instantanément, imité par son professeur, et il tourna la tête lentement vers le château, dos à lui. Il sentit son cœur s'arrêter de battre quand il la vit.

Cette horrible marque. L'affreuse tête de mort flottait au dessus de l'école, un serpent sortant de sa bouche. Sa respiration s'accéléra soudainement, faisant sursauter son cœur, et l'affreuse constatation que c'était un signe de meurtre le frappa de plein fouet.

Une terreur sans nom l'envahit à l'idée de découvrir l'un de ses camarades étendu sur le sol froid du château, les bras en forme de croix et le regard vide.

Mort.

Et si c'était Ron ? Hermione ? Ginny ? Et pire, Drago ?

Il ne le supporterait pas. La bile lui remonta dans la gorge mais il se retint de justesse de vomir. Il entendait Dumbledore et Rosmerta parler à côté de lui mais ne parvenait à saisir aucun mot de ce qu'ils disaient. Le sang pulsait dans son cerveau et ce ne fut que quand son professeur prononça son prénom qu'il émergea.

Il lança le sort pour récupérer les balais, comme le lui demanda Dumbledore et les regarda arriver dans un état second. Son professeur, malgré son corps affaibli, faisait tout pour sauver son école et ses élèves. Et lui, se tenait là, le cœur battant la chamade, la boule au ventre, la peur lui serrant les tripes alors qu'il était censé être le sauveur.

Il l'avait déjà fait, il avait déjà combattu les mangemorts, défié Voldemort et en était toujours ressorti vivant. Mais les conséquences étaient différentes.

Il savait au fond de lui que ça impliquerait Drago, que quand il poserait le pied à Poudlard, rien ne se passerait comme prévu, et ça, ça l'effrayait plus que tout.

Harry se drapa dans sa cape d'invisibilité et monta sur le balai, suivant les traces de son aîné. Ils décollèrent et volèrent droit sur la marque des ténèbres.

Dumbledore semblait avoir repris des forces à la vue de l'immonde marque, penché sur son balai, les yeux fixés sur le signe de Voldemort, prêt à tout faire pour les sauver.

Et Harry le suivait, certain que tout se jouait maintenant et qu'il allait le regretter.


Jade tremblait.

Rubis n'arrivait pas à l'arrêter. Rien n'y faisait. Assis sur un des fauteuils de la salle des miroirs, l'homme aux yeux d'ambre fixait la surface réfléchissante face à lui, le corps secoués de spasmes incontrôlables.

Rubis aurait hurlé s'il n'avait pas peur d'extraire trop violemment son ami de sa vision, mais le voir ainsi, effrayé, incapable de réagir, le rendait malade.

Enfin, au bout d'interminables minutes, Jade s'effondra. Rubis le rattrapa avant qu'il ne touche le sol, serrant ses bras autour de son corps frêle.

- Ça va mal, très mal, réussit à dire Jade en le fixant de ses grands yeux.

Rubis le fixa d'un air interdit, son cœur battant la chamade. Il avait redouté ce jour. Il l'avant tant craint qu'il se retrouvait incapable de faire un geste.

- Rubis, l'appella Jade en vain.

Il était perdu dans ses pensées, revivant des scènes qu'il aurait préféré oublier à jamais.

- William ! S'exclama Jade en attrapant sa main et en la serrant violemment.

Rubis posa enfin ses yeux sur lui et grimaça.

- Il faut qu'on y aille. Maintenant ! Ajouta le roux.

Rubis hocha la tête et se redressa, tel un automate. Il tendit sa main à son ami, qui s'en saisit et se releva d'une démarche faible, tenant difficilement sur ses jambes. Une porte s'ouvrit soudainement dans leur dos et avant qu'ils aient pu se retourner et s'agenouiller devant leur Maître, la sensation dérangeante du transplanage leur tordit le ventre, avec ces quelques mots :

- Allez, sauvez-les.

Rubis sentit son cœur se dérober et il eut peur.


A mesure qu'ils avançaient, le château grossissait et jamais Harry n'avait vu la marque flotter d'aussi près.

Il avait peur, tellement peur que ses entrailles le brûlaient. Il craignait pour ses amis, pour celui qu'il aimait et pour tous ces innocents qui ne méritaient en rien la souffrance et la violence de Voldemort. Il s'inquiétait, priant pour qu'ils aient pris le Felix Felicis. Il priait, priait, priait.

Il poussait son balai aussi vite que possible, passant les barrières du château sans problème puisque Dumbledore les avait retirées. Il voyait sur son visage inquiet le propre reflet de sa peur et cela l'accentuait, le rendait incapable d'aligner des pensées cohérentes.

Il avait si peur.

Il imaginait leurs corps brisés sur le sol, leurs yeux sans vie et les regards vainqueurs des mangemorts. Il avait peur de découvrir Drago, mort, seul.

Ils arrivèrent si rapidement sur la plus haute tour du château, que Harry se jeta à bas de son balai. Il s'approcha de Dumbledore, scrutant les alentours, essayant d'apercevoir un corps, un signe de lutte mais, hormis leurs respirations sifflantes, rien ne venait briser le silence de la tour d'Astronomie.

Il tourna la tête vers son professeur, cherchant des réponses, mais le vieil homme n'en avait pas. Il serrait sa main noircie sur son cœur et ses yeux semblaient si fatigués que Harry crut qu'il allait s'effondrer à l'instant. Il lui demanda de réveiller Severus et sa voix était si faible.

Il s'apprêtait à descendre, regrettant de lui avoir promis d'obéir, se drapant dans sa cape d'invisibilité quand des bruits de pas résonnèrent dans les escaliers. Il se retourna, cherchant quoi faire, attendant un mot de son professeur, mais avant même qu'il puisse faire un geste ou dire quelque chose, il sentit son corps se raidir et tomba à la renverse, pétrifié par Dumbledore, sous sa cape d'invisibilité, au moment même où la porte de la tour s'ouvrait avec fracas.

Ce fut quand la personne jeta un sort qu'il reconnut immédiatement sa voix. Et la première chose à laquelle il pensa fut qu'il était vivant.

Le tintement de la baguette de Dumbledore roulant au sol résonna à ses oreilles comme les prémices de l'horreur. Harry essaya de se redresser, de bouger mais il en était incapable et il ne comprenait pas pourquoi diable Drago avait désarmé leur professeur.

Il ne pouvait voir que ses pieds, avec ses chaussures hors de prix, celles qu'il lui avait retirés la veille, juste avant de l'embrasser avec ardeur. Il ne voulait pas comprendre, il refusait de croire qu'il savait depuis le début que rien n'irait comme il le voulait.

Drago l'avait prévenu et il se tenait là, devant lui, sans qu'il ne sache un seul instant qu'il assistait à toute la scène.

Il entendait sa voix, prononcer ces mots horribles qu'il aurait ne jamais voulu entendre. Prisonnier, il ne pouvait que regarder leurs visages éclairés par la lune, tandis que les larmes coulaient sur ses joues, incapable de les arrêter.

Il le savait. Il savait que Drago avait une mission et que la mesquinerie de Voldemort était si malsaine que ça ne pourrait se terminer que de cette manière. Mais il ne pouvait rien faire, rien, et il voulait hurler, se détacher de cet ignoble sort que lui avait lancé Dumbledore pour sauver Drago et l'empêcher de faire ce pourquoi il était là.

Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas.

Il sentait son cœur se briser alors que le visage de Drago reflétait toute sa peur et sa souffrance. Et Dumbledore souriait, comme s'il savait depuis le début qu'ils allaient en arriver là.

Il pleurait. Que pouvait-il faire d'autre ?

L'homme qu'il aimait devenait un félon, allait déchirer son âme et Harry n'avait pu l'en sauver.

Et Dumbledore lui posait toutes ces questions, le forçait à révéler toutes ces horreurs. L'accident de Katie, de Ron … Tout était de la faute de Drago. Harry voulait s'arracher le cœur.

Il n'arrivait pas à croire que plusieurs heures auparavant, le blond le tenait dans ses bras, lui disait qu'il tenait à lui, qu'il ne pouvait pas vivre sans lui et lui murmurait tous ces mots, caressait sa peau, l'embrassait. Il ne voulait pas croire qu'il n'aurait jamais plus le droit à ça, que tout se finissait ici, dans cette tour d'Astronomie, sans même que Drago le sache.

C'était la pire des choses qui pouvait leur arriver. C'était comme attraper son cœur et le lacérer, le déchirer en mille morceaux et puis le brûler à petit feu. Il mourait, doucement, avec comme dernière image, le regard perdu, effrayé, acculé de Drago Malefoy.

Dumbledore savait. Il savait depuis le début ce que Drago devait faire et c'en était d'autant plus égoïste. Harry se rappelait de chaque mot qu'il avait prononcé pour l'empêcher de se rapprocher du Serpentard, le forçant à oublier qu'il était un mangemort, tout ça pour qu'il s'éloigne du blond.

Drago n'avait pas le choix, n'est-ce pas ? Il lui avait dit, l'avait prévenu qu'il ne pourrait laisser ses parents en arrière, qu'ils lui avaient tant donné qu'il ne pouvait pas les laisser mourir de cette manière, mais Harry n'avait pas compris. Il avait laissé faire, et voilà où ils en étaient maintenant.

Dumbledore, affaibli par la potion, désarmé. Drago, prêt à le tuer, contraint par un homme dénué d'humanité. Et lui, Harry Potter, forcé de regarder l'homme qu'il aime tuer l'une des seules personnes importantes dans sa vie.

Tout ça à cause de Voldemort.

Il n'avait pas menti quand il avait affirmé qu'il ne pourrait jamais cessé de l'aimer. Pas même en apprenant qu'il avait presque tué Ron et qu'il allait devenir un meurtrier. Qu'il allait tuer Dumbledore.

Il ne pouvait tout simplement pas, parce qu'il l'aimait tellement que la simple idée de devoir l'oublier achevait de le tuer lui-même. Et le voir ainsi, détruit, seul, contraint, l'attristait plus que jamais.

Il aimait Drago Malefoy plus que tout au monde, mais jamais plus ils ne pourraient retrouver ce qu'ils avaient.


Rubis sentit les larmes couler sur le visage de Jade sans même les voir. Ils le sentaient, ce déchirement dans l'univers.

Le Destin se moquait, pendant qu'eux, couraient, couraient pour tenter de sauver l'humanité de Drago Malefoy.

A perdre haleine.


Le jet de lumière vert fila si vite de sa baguette que Harry crut l'avoir rêvé. Il hurla, hurla, hurla mais personne ne l'entendit, personne ne vit son corps pétrifié, à quelques centimètres d'eux.

Prisonnier, il ne put que regarder le corps sans vie d'Albus Dumbledore tomber dans le vide, sa longue chevelure et sa barbe ondulant autour de son visage, un air serein. La marque des ténèbres l'illumina un instant, le rendant irréel, et il disparut dans le vide.


Un désespoir calme, froid, sinistre.**


Harry se mit à courir, jetant des sorts sur les mangemorts qu'il croisait et qui osaient se mettre sur son chemin.

Il était aveuglé, assourdi, il ne voulait pas y croire. Dumbledore ne pouvait pas être mort, il ne pouvait pas ne plus se réveiller, non, il ne l'avait pas abandonné.

Il ne pouvait pas.

Harry ne voulait pas.

Et il courait pour rattraper le traître, pour détruire l'homme qui avait fait de sa vie un enfer, qui avait tué ses parents et qui avait réduit à néant ses derniers espoirs de vaincre Voldemort. Il le haïssait, pour avoir révélé la prophétie au Seigneur des Ténèbres, pour avoir fait de sa vie un enfer, pour avoir tué celui qui l'avait tiré de tout ça, qui avait pris soin de lui et sans qui il n'osait pas imaginer réussir.

Et il avait emmené Drago.

Il le détruirait, il détruirait Severus Rogue.

Il déboula dans les couloirs, ses tympans agressés par les bruits du combat. Des sorciers jetaient des sorts dans tous les sens, des cris retentissaient, des gémissements de blessés se mêlaient, mais Harry ne voyait qu'une seule chose. Les deux silhouettes qu'il traquait.

Il devait rattraper Drago avant qu'il ne disparaisse, parce qu'il était sûr que s'il ne le rejoignait pas avant qu'il quitte l'enceinte du château, il ne le reverrait pas et il ne pouvait pas.

Ce serait trop, il ne pouvait pas imaginer perdre Dumbledore et Drago.

Il ferait payer sa traîtrise à Rogue et il empêcherait le blond de partir, même s'il savait que c'était la pire idée qu'il ait jamais eue.

Il jetait des sorts sans même s'en rendre vraiment compte, les yeux fixés sur leurs dos, se faufilant dans le combat pour les rattraper. Il avisa Ginny qui se battait contre Amycus, et fut soulagé de la voir vivante. Elle lui cria quelque chose, mais il ne se retourna pas, craignant de les perdre.

Il vit Ron, et Hermione, et autant d'autres membres de l'Ordre et d'élèves de l'AD qui se battaient contre les mangemorts. Les voir vivants lui réchauffa légèrement le cœur et il accéléra, se jurant de rattraper Rogue. Il le devait, il devait faire quelque chose pendant qu'on s'occupait de protéger le château et les élèves. Il devait agir.

Les murs et les tableaux défilaient autour de lui et il pria pour les rejoindre à temps. Il aperçut deux mangemorts qui se trouvaient à la tour avec lui et se précipita dans un raccourci, en espérant qu'il rattraperait son retard.

Ses chaussures, maculées de sang, glissaient. Son souffle était haché et ses mains tremblaient, mais il continuait de courir, la rage se mêlant à la peur. Il passa devant des poufsouffles qui étaient sortis de leur dortoir, et leur hurla de dégager, de se cacher, avant qu'on ne les attaque. Il les effrayait, il le savait, mais il ne pouvait rien faire de plus que de courir et tenter le tout pour le tout pour les rattraper.

Dumbledore ne pouvait pas être mort.

Il déboucha dans le hall et s'arrêta un instant, interloqué. Les sabliers étaient brisés, et des cristaux jaunes, rouges, verts et bleus s'étalaient au sol, témoins de la violence qui habitait Poudlard.

Une vague de nausée l'envahit et il repartit aussi vite qu'il s'était arrêté, sa rage décuplée par ce qu'il venait de voir. Ses pas foulèrent le parc et il aperçut enfin les trois silhouettes qu'il poursuivait.

L'une d'elle était l'un des grands mangemorts présents à la tour, tandis que les autres, Rogue, et Drago.

Son cœur s'affola, et il redoubla d'effort pour les rattraper. Sa gorge le brûlait, son sang hurlait à l'agonie mais il continuait, attiré par les cris et les explosions qui retentissaient près de la cabane de Hagrid, le forçant à accélérer, priant pour que rien n'arrive au garde-chasse.

Il courait, courait quand un sort le toucha. Il s'effondra au sol, son nez cognant un rocher sur son chemin et son sang explosa à son visage. Les deux mangemorts qu'il avait dépassés l'avaient rattrapé et il lança des sorts à l'aveuglette pour les ralentir. Des bruits sourds lui confirmèrent qu'ils s'étaient effondrés.

Il se releva tant bien que mal, la boule au ventre, et se remit à courir, jetant un sort au grand mangemort devant lui qui s'effondra au sol.

Harry pouvait distinguer le portail devant lui. Si Rogue et Drago le franchissaient, ce serait fini.

- Stupéfix ! S'écria-t-il en visant Rogue.

Son sort manqua sa cible, mais le blond se retourna au même moment d'un air indécis. Il entendit Rogue lui hurler de s'enfuir, mais Harry courait à perdre haleine pour les rattraper. Il fallait qu'il le voie.

Rogue leva sa baguette et visa le Survivant. Il s'apprêta à lancer son sort, Harry se préparant.

- NON !

Severus se retourna vivement.

- Non, non ! s'exclama le blond en reculant.

Harry courait. Il y était presque. Il allait l'atteindre, quand Rogue lui envoya un sort en pleine poitrine, le faisant tomber. Il hurla de rage, poussant sur ses genoux pour se relever.

Rogue s'était posté devant le Serpentard pour l'empêcher d'approcher.

- Allez-vous en Drago ! siffla Severus.

Drago fixa Harry, incertain. Le brun pouvait voir toute la crainte dans son regard. Le blond était incapable de faire un geste. Rogue le poussa vers le portail.

- Poussez-vous ! Hurla Harry au professeur.

Il leva sa baguette et lui lança un expelliarmus qu'il para facilement.

- POUSSEZ-VOUS SALE TRAITRE ! Cracha le survivant.

Il vit le visage de Rogue se crisper dans la lueur de l'incendie qui ravageait la cabane de Hagrid mais il s'en foutait. Tout ce qu'il voulait, c'était que son professeur souffre et qu'il le laisse s'approcher de Drago.

- Endolo … commença le brun d'une voix enragée.

Rogue para son sort une nouvelle fois, et le Survivant se rua sur lui, jetant son poing en avant. L'homme le repoussa facilement, l'envoyant valser sur le côté. Du coin de l'œil, il vit une lueur blonde se rapprocher soudainement.

- Ne vous approchez-pas ! S'exclama la voix de Rogue.

- LA FERME !

Harry sentit son corps se raidir quand Drago posa sa main dans son cou, vérifiant son pouls. Il sentit son soupir de soulagement contre sa peau et ferma les yeux de bien-être, oubliant un instant toutes les horreurs autour de lui et son envie de tuer Rogue.

- Je t'avais dit que ça ne marcherait pas, murmura Drago à son oreille avant de se relever. Je l'ai tué …

Harry l'attrapa par le bras d'un geste désespéré.

- Non, souffla-t-il. Non, arrête.

- Lâchez-le Potter, ordonna Rogue.

Harry se releva, sa main toujours accrochée à la manche du blond et fixa Severus avec tant de haine dans le visage qu'on aurait pu trouver son regard laid. Poussant Drago dans son dos, il leva sa baguette et visa l'homme.

- Endolo …

Avant même qu'il finisse sa phrase, il se retrouva propulsé un peu plus loin, s'écrasant contre l'herbe humide avec un hoquet de douleur. Il se releva difficilement et frissonna, ayant l'impression qu'un froid polaire venait de s'abattre sur le parc.

Il avisa Drago, au sol, pas très loin de lui, et s'empressa de le rejoindre, son cœur battant la chamade, ayant peur un instant que le choc l'ait tué.

- Drago, souffla-t-il en passant sa main sur son visage, sur tout son corps, vérifiant que tout allait bien.

Le blond respirait difficilement et il gardait les yeux clos, comme si les ouvrir était bien trop difficile. Harry tourna la tête vers Rogue et se figea quand il vit une silhouette à ses côtés.

Un frisson désagréable lui traversa le corps et un rire malsain vint jusqu'à ses oreilles. Il s'imagina un instant que c'était Voldemort mais sa cicatrice ne lui avait pas fait mal.

- Non, non, non, non, pas lui, marmonna Drago qui s'était relevé et se reculait, les yeux fous.

Harry attrapa sa main et le retint, effrayé de le voir disparaître.

La silhouette s'approchait, et Rogue, derrière lui, ne bougeait pas, semblant attendre un ordre, ou tout simplement n'osant pas faire un geste de plus. Harry se sentait pétrifié et mû par il ne savait quelle force, parvint à retenir le blond et à coller contre son dos pour le protéger.

Après tout ce qu'il avait fait, il avait toujours autant envie de le défendre.

- Harry Potter, susurra la silhouette d'une voix chuintante, écarte-toi de mon chemin.

- Qui êtes-vous ? demanda le brun en levant sa baguette, menaçant l'homme face à lui.

Dans son dos, Drago agrippait son pull, la main tremblante tandis que l'autre tentait tant bien que mal de tenir sa baguette. Il sentait son souffle haché contre son cou et tout son corps semblait aussi tendu qu'un arc. Lui-même était aussi effrayé que possible, abasourdi de se retrouver ainsi démuni face à cet inconnu. C'était comme si on l'avait plongé dans un bain d'eau gelée pendant des heures. Incapable de bouger ou de réfléchir correctement.

Il ne savait pas comment ils avaient pu en arriver là. Dumbledore, mort. Rogue, le traître, et Drago, qu'il perdait.

- Oh, répondit la voix, on ne t'a donc pas parlé de moi ? Comme c'est intéressant.

Il émanait une folie de son timbre, quelque chose de sous-jacent que Harry aurait préféré ne jamais entendre. Il ne pouvait pas supporter tout ça, il allait devenir fou.

- Mais Drago me connaît, ajouta-t-elle, n'est-ce pas ?

Harry se tendit et il sentit le blond en faire de même. Le brun se mit à trembler et lâcha le Serpentard, incapable de réfléchir correctement. La silhouette fit un pas de plus, et enfin, ils purent voir à quoi il ressemblait.

Des cheveux d'un noir de jais, des yeux fous, un visage fin. Tout en lui exprimait la noirceur et la folie, et Harry ne put s'empêcher de se demander comment Drago pouvait bien connaître une telle personne.

- Qui êtes-vous ? demanda une nouvelle fois Harry en attrapant la main de Drago dans la sienne, son cœur balançant entre l'envie de s'éloigner et de le garder près de lui encore un peu avant qu'il ne disparaisse.

L'homme ricana et plongea ses mains dans ses poches.

- Je suis l'un des pires fléaux que la terre n'ait jamais porté, Harry Potter. Et malheureusement pour toi, tu t'es emparé de la seule personne que je veux, et que j'aurai, quoi que tu fasses. Mais tu peux m'appeler Duncan, ou bien l'Angoisse. Au choix.

Il finit sa phrase avec un sourire sinistre et Harry déglutit. Il sentit que Drago se rapprochait de lui et il l'attrapa d'une poigne forte, aussi effrayé que lui.

- Allez-vous en, gronda le brun, surpris de sa propre voix.

L'Angoisse explosa de rire.

- Tu penses sincèrement pouvoir me vaincre ? Sais-tu au moins qui je suis ? Tu as peut-être réussi à déstabiliser Tom plusieurs fois, mais je suis bien plus puissant, et tu vas te mettre hors de mon chemin, immédiatement, acheva l'homme avec une voix horriblement perfide et menaçante.

- Non.

Duncan sourit. Et sans qu'Harry ne s'y attende, il se retrouva avec la main de l'homme autour de son cou et propulsé une nouvelle fois plus loin sans qu'il puisse esquisser un geste pour bouger. Il s'écrasa contre un arbre, lui coupant la respiration. Un flash l'aveugla quand son crâne rencontra l'écorce dure et un gémissement de douleur lui étreignit la poitrine.

Il fallait qu'il se relève, immédiatement. Qu'il mette une bonne fois pour toute un terme à toute cette merde.

- Toi là-bas ! Le mangemort, maintiens-le le temps que je m'occupe de celui-là !

- Vous ne devriez pas …

Un bruit sourd coupa court à la phrase de Rogue mais Harry n'avait pas la force de relever la tête pour voir ce qui lui était arrivé. Sa vision fut soudainement obscurcie par des cheveux aussi sombres que la nuit.

- Je te hais Harry Potter, susurra Duncan à quelques centimètres de ses lèvres. Depuis le moment où tu as osé poser les yeux sur lui. Il est à moi, tu m'entends ? Et tu ne le reverras pas !

Il voulait lui répondre le contraire, vraiment, mais il avait la bouche pâteuse et il avait mal à la tête. Il essaya de lever sa main pour repousser le visage de l'Angoisse mais ne parvint qu'à la soulever de quelques millimètres. Duncan ricana et l'attrapa par les cheveux, le forçant à relever la tête pour regarder derrière lui.

- Tu vois, je fais ce que je veux. Je sais que tu détestes cet homme, ce Rogue, mais ce n'est rien comparé à ce que tu vas ressentir pour moi. Tu vas me haïr, parce que je vais te l'arracher, comme ils t'ont arraché tous ceux que tu aimais, finit-il en crachant le dernier mot comme si c'était la pire chose au monde.

Les yeux de Harry se posèrent sur Drago. Rogue le retenait d'une poigne ferme, ou peut-être qu'il lui avait jeté un sort pour l'empêcher de fuir, mais le blond se débattait. Il le fixait et le brun se fit la réflexion que quitte à mourir maintenant, ce serait merveilleux qu'il voie une dernière fois le visage de Drago. Mais il n'allait pas mourir. L'enfoiré qui lui tirait les cheveux se ferait un malin plaisir à le laisser en vie pour qu'il souffre comme un chien. Il le sentait au plus profond de ses tripes.

On le laisserait là, seul. Abandonné. Dumbledore mort, Rogue le traître, et Drago, disparu.

Il lui resterait toujours Ron, Hermione, Ginny et tous les autres mais la vie n'aurait plus la même saveur sans lui et sans son mentor. Il avait déjà perdu Sirius, et maintenant, après avoir trouvé celui qui le rendait vivant, on le lui enlevait également.

Peut-être qu'ainsi, ce serait plus facile de marcher jusqu'à la mort quand il trouverait le courage de combattre Voldemort. Il n'aurait plus vraiment d'attache.

Duncan le lâcha et il se sentit partir en avant. Il s'écroula au sol, et tenta tant bien que mal de se relever en s'appuyant sur ses mains. Il avait la tête lourde, si lourde, mais il ne pouvait pas les laisser l'emmener. Il ne pouvait pas.

- Non, bordel de merde, lâchez-moi !

Il l'entendait, Merlin, il fallait qu'il trouve la force de se relever.

- Potter ! Putain Potter relève toi !

Il aimait la voix de Drago, elle était comme un océan de bonheur à ses oreilles, même ainsi, désespérée, brisée.

- Regarde-moi ! Allez !

Est-ce qu'il arriverait à relever la tête ? Peut-être qu'il pourrait voir ses yeux.

- Lâche-moi espèce d'enfoiré !

- Comme c'est touchant, ricana Duncan.

- Harry ! Relève toi ! C'est pas fini putain ! Allez ! Merde, Potter, debout ! Lâche-moi connard !

Il entendit un coup et Drago ne dit plus un mot. Il sombrait, il le savait. Il n'avait même pas conscience de pleurer. Et il avait échoué, lamentablement.

Il allait fermer les yeux et oublier quand on le souleva avec force. On lui demanda si ça allait, et il répondit que non, alors Hagrid le soutint, et à eux deux, ils avancèrent jusqu'au château.


- C'est trop tard, murmura Rubis d'une voix éteinte.

Il n'arrivait pas à y croire. Ce n'était pas possible. Si seulement ils étaient arrivés plus tôt, ils n'auraient pas emmené Drago et Harry ne serait pas dans cet état. Ils avaient échoué, ils avaient perdu.

Jade posa sa main sur son bras et le serra, partageant sa douleur et son chagrin. Ils avaient peur.

C'était fini. Si Drago devenait l'un des leurs, plus jamais ils ne verraient la paix comme il l'avait vue.

Les Ténèbres, la Solitude, l'Angoisse, la Colère, La Mort, il ne resterait plus que ça.


Harry s'approcha comme un automate du rassemblement au pied de la tour. Il savait ce qui s'y trouverait, mais il n'avait jamais été aussi faible et lâche de toute sa vie. Son esprit lui envoyait des signaux d'alarme, le poussant à reculer, à fuir, mais ses jambes le portaient vers le centre. Il avait l'impression d'être dans un rêve, que tout ce qu'il vivait depuis qu'il était parti avec Dumbledore n'était pas réel et qu'il allait se réveiller dans son lit, ou dans les bras de Drago.

Il se lèverait et il rigolerait avec Dean et Seamus en voyant la tête endormie de Ron. Hermione les attendrait dans la salle commune et ils descendraient prendre leur petit déjeuner. Il s'assiérait en face de la table des Serpentard pour voir Drago arriver, et ce serait le meilleur moment de la journée. Le blond lui lancerait un clin d'œil discret auquel il répondrait par un sourire niais, parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de réagir ainsi quand il le voyait et il attendrait impatiemment la pause entre les cours pour le rejoindre en secret.

Ils s'embrasseraient et ce serait merveilleux. Ils passeraient des heures à se caresser et à se dire des mots doux.

Et puis viendrait le moment où il devrait partir pour rejoindre Dumbledore dans son bureau. Le vieil homme lui proposerait un bonbon au citron et pour une fois, il accepterait. Il lui expliquerait comment vaincre Voldemort, et Harry profiterait de chaque instant passé avec cet homme incroyable.

Mais ce n'était pas un rêve.

Et quand il se réveillerait le lendemain, il se rappellerait que Albus Dumbledore était mort et que Drago avait disparu.

Le gémissement de Hagrid à ses côtés le tira de ses pensées et il s'avança jusqu'au corps qui reposait sur le sol. Il savait que dès le moment où il avait été libéré du sort que lui avait lancé Dumbledore dans la tour, aucun espoir n'était possible. Pourtant, il avait continué d'y croire, priant pour que tout ça ne soit qu'un subterfuge du vieil homme pour tromper Voldemort et ses mangemorts, mais il n'aurait pas pu se relever et poursuivre Rogue pour lui faire payer sa traîtrise.

Il y avait cru pourtant, il avait espéré, mais le voir ainsi, étendu, les bras en croix, brisé et fatigué, il ne pouvait pas.

Il se laissa tomber à genoux, les larmes dévalant ses joues salies par les combats.

Dumbledore, l'homme le plus incroyable qu'il ait jamais rencontré, le plus grand sorcier de tous les temps reposait là, au pied d'une tour, brisé. Harry aurait pu croire qu'il dormait, ses yeux clos ainsi, mais sa position laissait peu de doute.

Il ne put s'empêcher de le placer correctement et de remettre ses lunettes à leur place, refusant de laisser un tel homme ainsi. Ses mains tremblaient.

Et une vérité effroyable le frappa.

Il ne pourrait jamais plus voir Albus Dumbledore. Il ne pourrait plus lui parler, ni lui demander comment faire, il ne pourrait juste plus le voir.

Il craqua. Il pleura, pleura, ses mains crispées sur le corps du vieil homme, la foule dans son dos murmurant et pleurant avec lui. Ils pleuraient un espoir perdu, un homme merveilleux qui leur avait tant apporté et qui avait su les mener si loin avec tant d'amour et de bonté.

Harry pleura la mort de l'innocence et de l'humanité. Il pleura sur sa solitude et sur le fardeau trop lourd qu'il portait sur les épaules.

Il pleurait depuis de longues minutes quand il remarqua le médaillon dans l'herbe, à côté. Il l'attrapa délicatement, se souvenant que sans ça, son professeur serait probablement encore en vie.

Il l'observa, un sentiment troublant s'insinuant en lui. En le regardant de plus près, il remarqua les différences avec celui qu'il avait vu dans le souvenir que lui avait montré Dumbledore. Son cœur se serra et avant même de l'ouvrir, il sut que ce n'était pas le bon et que quelque chose clochait.

Il déplia le parchemin contenu à l'intérieur du médaillon. Les nombreuses baguettes illuminées autour de lui lui donnaient assez de lumière pour qu'il puisse le lire. Il avait les yeux rougis et bouffis mais il se força, en un dernier hommage au vieil homme.

Au Seigneur des Ténèbres,

Je sais que je ne serai plus de ce monde

Bien avant que vous ne lisiez ceci

Mais je veux que vous sachiez que c'est moi

Qui ai découvert votre secret.

J'ai volé le véritable Horcruxe

Et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.

J'affronte la mort dans l'espoir

Que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille,

Vous serez redevenu mortel.

R.A.B. ***

Il n'y comprenait rien, mais plus rien ne lui importait. La seule chose importante était qu'ils avaient fait tout ça pour rien. Ce médaillon n'était pas un horcruxe et Dumbledore s'était affaibli pour rien. Il était mort pour rien.

Rien.

Rien qu'un bout de parchemin dans un médaillon sans valeur.

Il voulut hurler, crier au désespoir, mais pas un mot ne sortit de sa gorge. Alors il pleura, serrant dans sa main le bout de papier maudit pour lequel son directeur s'était sacrifié.

Il était seul et il n'avait plus d'espoir.

Il voulait s'endormir et ne plus jamais se réveiller. Parce qu'une vie sans Drago et sans les gens qu'il aimait, il n'en voulait pas.

Derrière lui, Crockdur hurla à la mort et dans un élan majestueux, tous les élèves et les professeurs présents levèrent leurs baguettes, illuminant le ciel noirci, détruisant la marque des ténèbres.

Et à travers eux, les étoiles déposèrent sur Albus Dumbledore leur aura, l'emmenant avec elles dans un lieu où plus aucune ténèbre ne viendrait ternir son regard pétillant, derrière ses lunettes en demi-lune.


* Mme Rosmerta, dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé

** « Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. IX (« Les désespérés »), livre quatrième (« La Mère »), p. 1011

*** Petit mot écrit par RAB dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé


Je crois qu'au fond, ce chapitre exprime exactement toutes les émotions que j'ai ressenti quand j'ai lu pour la première fois la mort de Dumbledore. En puissance dix mille parce que ajouté à ça, Drago et Harry, c'est encore pire, mais quand j'ai lu ce chapitre, quand j'ai compris que Dumbledore était vraiment mort, j'ai été obligée de poser mon livre, et j'ai pleuré pendant une heure dans mon lit. J'étais au bout, vraiment, et ce chapitre-ci, c'est exactement ça.

C'est toute la frustration, la colère, la tristesse que j'ai accumulé, et quand je relis ce que j'ai écris, je sais que c'est déprimant à mourir, mais voilà, la vie est une pute, et Drago et Harry ont la vie dure :(

Mais ne pleurez pas trop (en fait, peut-être que certains d'entre-vous n'en ont même rien à faire), ça s'arrangera, ça s'arrange toujours :)

On se retrouve dans deux semaines parce que je pourrais pas publier mercredi prochain (j'ai un stage dans la montagne alors ça va être compliqué), alors en attendant, séchez vos larmes et revenez en pleine forme. Je vous adore, et vous allez me manquer mercredi prochain !

D'énormes bisous !