Bonjour bonjour !

Mea culpa, j'avais dis que le chapitre arriverait la semaine dernière, mais j'avais pas fini de l'écrire, et quand j'ai voulu m'y mettre, je me suis chopée une gastro de malade qui m'a cloué au lit en mode très malade. L'horreur quoi. J'avais bien envie de passer mon temps avec Dradra et Ryry, mais j'avais même plus la force de tenir debout. Bref, après cet interlude explicatif très bizarre, quelques infos beaucoup plus cool :

Ce chapitre fait 30 pages word, genre un nouveau record pour moi. C'était pas voulu, mais finalement c'est venu comme ça, et étant donné que je déteste couper un chapitre, je me suis dis que le laisser comme ça serait parfait. En plus, ça vous fait encore plus de lecture alors j'imagine que c'est benef pour tout le monde :D

Ensuite, on a définitivement quitté la trame des livres, même si je garde des éléments principaux comme les horcruxes et tout le blabla ! HAHA

Et enfin, après promis j'arrête de blablater pour vous laisser lire en paix, j'avais envie d'organiser un concours d'OS, donc voilà, si ça vous intéresse, dites le moi que je mette tout en place :)

Ah, et on en est à 179 reviews, 44 favoris et 88 followers. Vous êtes des perles mes enfants ! Merci à vous : LandlessLord, Parax, MisaoO-Chan, guilmoche et rose2115.


Un mot de Indifferente, qui a obtenu la palme d'or de la meilleure bêta : "Nos deux amoureux ont bien du mal à vivre séparés et nous, on souffre de les voir malheureux ! Clapouche please, arrange nous tout ça"


émoticôneRARA

RAR :

Louna : Je suis désolée de t'avoir fait pleurer encore une fois pour la mort de Dumbledore. C'est vraiment un horrible passage pour moi aussi, mais malheureusement je devais passer par là :( Et j'approuve totalement ton amour obsessionnel pour Drago. Je vois même pas comment on ne peut pas l'aimer de toute façon ! En tout cas, tes compliments me vont droit au coeur, et je crois que c'est vraiment la meilleure des récompenses que de savoir que tu l'a trouvé triste, même si en soi c'est triste que tu sois triste (je ne m'emmêle pas les pinceaux, non non), c'est que d'un côté, ça a marché ! J'ai tellement pleuré la première fois que j'ai lu la mort de Dumbledore, ça m'a tellement marqué que je me suis sentie obligée de le retranscrire exactement de la même manière que je l'ai vécu. Désolée pour ça :( Et merci pour tout, vous êtes des lecteurs merveilleux et je vous aimes follement ! Désolée pour le retard, j'aimerais vraiment pouvoir être plus ponctuelle :( Mais ce chapitre et cette histoire, sont pour toi, et vous tous, lecteurs parfaits !

Daidaiiro30 : En effet, t'as tout compris, je me cause moi-même des crises cardiaques haha. Mais c'est vrai, je suis la première à me plaindre de les voir souffrir, mais ils n'en font qu'à leur tête, et ce sont de vraies têtes de mules. Certes, les moments doux ne seront pas pour tout de suite, mais si tu savais comment j'imagines leurs retrouvailles, je pense que ça irait mieux dans ton petit coeur :) vraiment, si ça peut te rassurer, je vois leur histoire comme tellement remplie d'amour que j'ai pas d'autres choix que de vous le retranscrire :p Haha suspens suspens hein ? :) Ca va promettre ! Enfin, t'auras déjà un aspect de ce que ça va devenir avec ce chapitre ! J'espère que ça te plaira en tout cas ! Et encore désolée pour la mort de Dumbledore, j'ai eu envie de pleurer moi aussi :( Ah, et tes voeux vont être exaucés :D Bref, je te fais d'énormes bisous, et à très vite ! Et désolée pour le retard ! J'arrête pas de m'excuser, je suis nulle :(


Bonne Lecture !


Musique :

Thomas Edwards

Invincible


Chapitre 21


Harry s'était enfermé dans un mutisme effrayant.

Il avait passé son séjour à l'infirmerie sans s'adresser un seul instant à ses amis. Ron ne comprenait pas, babillait, espérant qu'il retrouve ainsi la parole, qu'il sorte de cet entre-deux effrayant dans lequel il s'était plongé. Le rouquin avait toujours vu son ami comme celui qui se relevait des épreuves, qui trouvait toujours le moyen d'affronter la douleur pour vivre et faire payer à ceux qui leur faisaient du mal, mais cette fois-ci était différente.

C'était douloureux, de le voir ainsi. Il savait que la mort de Dumbledore l'avait profondément marqué, mais il ne pensait pas le voir ainsi désespéré. Il sentait que quelque chose se tramait derrière tout ça, que son comportement étrange de ces dernières semaines était probablement la raison de cette tristesse affreuse qui consumait le Survivant, mais il ne trouvait pas, et ce n'était certainement pas le brun qui lui en parlerait pour le moment.

Le fait également que Harry ait eu raison depuis le début, à propos de la trahison de Rogue mais aussi de Malefoy lui tirait un sentiment de honte et de colère indescriptible. Il planait quelque chose d'incertain autour d'eux, lui donnant l'impression que ce n'était que le début de quelque chose de plus compliqué. Ron n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, et ce n'était pas le comportement de ses amis et de sa sœur qui arrangeait la chose.

Hermione paraissait perdue. Plus que ce qu'il n'avait jamais vu. Elle jetait des coups d'œil à Harry toutes les cinq minutes et sur son visage glissait une intense tristesse qu'il lui avait rarement vue, comme si elle savait quelque chose qu'il ignorait et que c'était la raison pour laquelle le brun agissait ainsi.

Il avait fallu des efforts considérables pour ramener le Survivant jusque dans l'infirmerie après la mort de Dumbledore. Ron avait eu l'impression de porter le corps mort de son ami tant le jeune homme se laissait tomber. Et ça lui faisait sincèrement mal au cœur de le voir ainsi, aussi abattu, aussi perdu, incapable de se relever après une bataille. Avec tout ce qu'ils avaient vécu, il devait admettre qu'il avait du mal à croire à tout ça. Que Harry le regarde ainsi, les yeux perdus dans le vague, les lèvres ourlées en une grimace épuisée, le souffle si lent qu'il peinait parfois à penser qu'il était toujours vivant.

Harry quant à lui, ignorait complètement ce qui se passait autour de lui. Il avait oublié les sons qui l'entouraient, les odeurs et les couleurs qui faisaient son quotidien. Il restait figé dans cette seule pensée dévastatrice, qui lui déchirait le cœur.

Il était seul.

Il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas, que ses amis comptaient sur lui, et parfois, quand il arrivait vraiment à les voir, il se rappelait qu'il ne pouvait pas rester ainsi.

A chaque fois, il se souvenait de Drago, ou de Dumbledore, et alors il replongeait. Son esprit s'était suffisamment éloigné pour qu'il ne garde en lui que les souvenirs les plus heureux qu'il avait eus avec le Serpentard.

Il se souvenait des moments passés en sa compagnie comme si c'était là le seul moyen qu'il avait de se rappeler de son visage. Il avait peur que ses traits s'estompent, qu'il perde complètement le jeune homme, que son cœur se fissure si profondément qu'il n'ait jamais plus l'espoir d'aimer un jour.

Il ne voulait de toute manière aimer personne d'autre. Il avait définitivement donné son cœur à Drago Malefoy, et quoi qu'il puisse faire, il ne l'en déposséderait pour rien au monde.

Il ne comprenait pas comment Voldemort avait pu vouloir passer à côté de ça, à côté de toutes ces myriades d'émotions qui l'envahissaient quand il pensait à Drago. C'était comme abandonner toute idée de vie, renier la plus pure des essences qui forçaient l'homme à avancer. Oh bien sûr, il pouvait comprendre que l'amour qui transcendait Tom Jedusor était celui du pouvoir, mais il portait une toute autre image sur ce sentiment. Pour lui, il n'y avait rien de plus déroutant et merveilleux que l'amour.

C'est pourquoi il avait préféré se renfermer sur lui-même et oublier que tout ça, tout ce pourquoi il s'était senti si bien ces derniers temps, son courage, son putain d'amour pour Drago Malefoy était passé de vrai à disparu quand le blond s'était envolé sous ses yeux impuissants.

Il aurait voulu lui dire trop de choses, lui avouer des mots qu'il n'osait pas encore se révéler à lui-même si ça avait le pouvoir de le faire revenir, mais il doutait que ce soit le cas.

Il avait même tellement peur de se dire qu'il ne le reverrait jamais qu'il avait espéré que s'ancrer en lui-même serait la meilleure des manières de rester à ses côtés. Plongé dans son esprit, il pouvait revivre à volonté tous les merveilleux moments qu'il avait passés avec Drago.

Une partie de lui ne voulait plus à avoir à souffrir pour des choses dont il n'était pas responsable. Il en avait marre de subir une malédiction inutile qui lui pesait sur le dos. Il ne supportait plus de perdre les gens qu'il aimait les uns après les autres.

Ses parents, Sirius, Dumbledore, Drago.

Qui d'autre encore ? Qui serait la prochaine cible ?

Il n'arrivait plus à savoir pourquoi il voulait se battre, pourquoi il voulait rendre ce monde meilleur si pour ça il devait perdre chacune des personnes qui comptaient pour lui.

Il les entendait, les voix qui l'appelaient. Il savait à qui elles appartenaient et que son silence les rendait plus inquiètes au fil des jours, mais il ne voulait pas pour autant sortir de son esprit.

Il savait qu'il retrouverait l'horreur de la guerre et toute la détresse qui régnait autour de lui. Ajoutée à la sienne, il ne savait pas s'il serait capable de trouver la force de se relever.

Pourtant, les voix se faisaient de plus en plus insistantes, de plus en plus inquiètes et au fond de lui, cette partie encore trop altruiste le poussait à ouvrir les yeux sur la réalité.

Et c'est ce qu'il fit.

Il ne se souvenait pas avoir fermé les yeux et la lumière trop puissante du soleil qui traversait les vitres de l'infirmerie l'aveugla pendant quelques secondes. Ses pupilles se rétractèrent, cherchèrent un moyen de s'habituer à cette clarté soudaine. Il était encore trop perdu dans les méandres de son esprit pour apprécier véritablement la lumière du jour.

Il voulait parler pour rassurer les gens autour de lui, mais il sentait sa voix incertaine. Il n'osait pas demander depuis combien de temps il était dans cet état. Tout se passait si différemment dans son esprit qu'il en avait perdu la notion du temps.

La première chose qu'il remarqua fut les cernes violets qui ternissaient les yeux de Ron et Hermione et les tremblements qui agitaient les mains de Ginny. Une partie de lui se remplit de culpabilité pour les avoir laissés ainsi, seuls et inquiets. Au fond, il était et restait trop altruiste pour ne pas se sentir coupable.

- Harry, murmura Hermione comme si elle n'arrivait pas à croire qu'il soit enfin revenu à lui.

Elle s'approcha de son lit et attrapa sa main, la serrant si fort qu'il se força à retenir le gémissement de douleur que lui tira le geste. Du coin de l'œil, il vit Ron s'approcher de l'autre côté alors que Ginny se glissait vers Hermione et posait sa main sur sa joue comme si elle avait peur qu'il disparaisse subitement.

- Tu nous as fait peur vieux, lâcha Ron en le fixant de ses grands yeux, une moue incertaine sur son visage constellé de tâches de rousseur.

- Désolé, croassa Harry et il se sentit con de répondre quelque chose d'aussi simple alors qu'il leur devait des excuses beaucoup plus profondes.

Il se sentait mal. Il devrait s'expliquer, ajouter quelque chose pour leur faire comprendre qu'il allait à peu près bien, mais il ne savait pas quoi dire. Il ne pouvait pas leur parler de Drago, ni de Duncan, ou peu importait comment il se faisait appeler. Hermione pourrait comprendre, elle savait probablement déjà pourquoi il se mettait dans cet état, mais il devait attendre de se retrouver seul avec elle pour pouvoir en parler.

Et il avait terriblement besoin de mettre des mots sur sa douleur. Qu'elle lui fasse une leçon de morale ou non, il savait qu'elle l'écouterait et qu'elle comprendrait.

Il n'osait même pas croiser le regard de Ron et Ginny, préférant garder les yeux rivés au mur face à lui. Il avait peur de se trahir, que sa peine et sa douleur soient trop présentes dans ses pupilles et qu'ils comprennent, comme Hermione, toute la vérité qu'il cachait.

Il n'était pas prêt pour ça.


Drago ne savait pas ce qui était le pire entre se retrouver coincé dans son manoir entre Voldemort et Duncan, ou avoir l'impression que son cœur s'émiettait de minutes en minutes sans qu'il ne puisse rien faire pour l'en empêcher.

Il avait l'impression de vivre en enfer depuis qu'il avait été obligé de quitter Poudlard. Non seulement, la dernière vision qu'il en avait eu était celle de Harry, sombrant, seul alors qu'il était lui même incapable de bouger pour l'aider, tout ça parce qu'il avait refusé de le choisir lui.

Et alors qu'il pensait que les choses se seraient peut-être arrangées après tout ça, il avait réalisé qu'il s'était lourdement trompé. Parce qu'il y avait une chose qu'il n'avait pas pris en compte : Duncan.

Depuis qu'il avait mis un pied dans son manoir, il ne s'était pas passé un seul moment pendant lequel il avait pu échapper à l'Angoisse.

Duncan le suivait où qu'il aille. Qu'il soit une présence constante, une ombre dans son sillage ou qu'il tourne volontairement autour de lui jusqu'à ce qu'il craque ne changeait rien au fait qu'il avait l'impression de vivre un cauchemar éveillé.

Il ne lui faisait pas de mal et ne lui parlait pour ainsi dire que très rarement, ce qui au fond il trouvait surprenant, mais sa simple présence suffisait à le rendre fou. C'était la manière qu'il avait de l'observer qui le mettait mal à l'aise et le forçait à s'enfermer dans sa chambre pour éviter d'avoir à faire à ce psychopathe.

Malheureusement pour lui, le Seigneur des Ténèbres, qui s'était fait une joie d'investir son manoir, avait décidé de faire des réunions tous les jours. S'il devait choisir, il dirait que c'était le pire moment de la journée. Être coincé entre une bande de mangemorts tous plus fous les uns que les autres, sa mère inquiète à ses côtés, et les regards perçants du mage noir et de l'Angoisse posés sur lui.

Dès qu'il le pouvait, il s'enfermait dans sa chambre et s'isolait sous ses couvertures, là où il pouvait réfléchir seul et laisser son malheur le détruire en paix.

Il ne cessait de penser à Harry, jusqu'à s'en rendre malade. Il ne dormait pas la nuit, faisait des cauchemars horribles où il imaginait le brun tomber de la tour d'Astronomie, mort. Il se réveillait en sursaut, le cœur battant la chamade, la bile lui remontant dans la gorge. Il avait envie de pleurer dans ces moments-là, et il n'empêchait jamais ses larmes de couler.

Ça le soulageait un instant, quelques minutes avant qu'il se rende compte des erreurs qu'il avait commises et qui l'avaient amené là.

Toutes les erreurs. Il revoyait sans cesse le visage épuisé de Dumbledore avant que Rogue ne lui lance l'Avada Kedavra. Il avait l'impression de vivre dans une autre dimension, incapable de reprendre pied dans la réalité. Il n'arrivait pas à croire que tout ça était arrivé, qu'il avait perdu Harry, qu'il avait été la cause de la mort d'un des plus grands sorciers et qu'au final, il n'avait rien gagné.

Au contraire, il avait presque tout perdu.


- Comment tu vas t'y prendre ? Demanda Tom en penchant la tête en arrière sur le dossier de son fauteuil pour voir le visage de Duncan se parer d'un sourire amusé.

Le fou se mit à rire et attrapa une carafe de vin qui trônait sur une table. Il la porta jusqu'à ses lèvres ensorceleuses et laissa le liquide carmin glisser dans sa bouche, frôler son palais. Une goutte se déroba au coin de ses lèvres, qu'il s'empressa de capturer de sa langue.

Tom l'observa, ricanant intérieurement de ses gestes toujours aussi provocateurs. Duncan ne pouvait s'empêcher de jouer de la provocation. Chacun de ses mouvements étaient emprunts d'une dose d'incitation à la luxure et s'il s'était toujours juré de ne pas céder à ses avances, malgré le fait qu'il apprécie l'homme jusqu'à une certaine mesure, il ne se gênait pas pour le regarder.

Et Duncan l'avait bien compris. Tom n'irait pas jusqu'à dire qu'il l'aimait bien parce que c'était faux. Ils se toléraient, et c'était déjà beaucoup quand on considérait qu'ils étaient tous les quatre des psychopathes dans leur genre, motivés uniquement par le pouvoir. Pourtant, ils tenaient les uns aux autres à leur manière, en bons tarés qu'ils étaient. Voilà pourquoi il ne franchirait jamais le pas.

Tom s'était juré de ne jamais se lier d'affection avec quiconque et ce n'était pas avec lui qu'il allait commencer à rompre ses promesses. Il ne vivait que pour lui-même et malgré le fait qu'il doive partager le pouvoir avec trois autres personnes, il l'acceptait.

- Je le pousserai à bout, susurra Duncan en s'approchant de lui, posant ses mains sur le dossier du fauteuil, son visage à quelques centimètres du sien, à l'envers.

- Explique-moi, ordonna le Seigneur des Ténèbres en s'emparant de la carafe de vin que l'Angoisse avait déposé sur le tapis à côté de lui.

- Tu savais qu'il était fou amoureux de Potter ? Demanda Duncan avec un sourire en coin.

Tom le fixa avec une surprise non feinte, absolument ahuri d'apprendre que le fils de l'un de ses mangemorts s'était entiché du Survivant. Ou bien le jeune homme était suicidaire pour le défier ainsi ou il était bien trop fou pour se laisser avoir par le charme de Harry Potter.

- Oh, alors tu ne savais pas ? Minauda l'Angoisse en glissant sa main sur le front de Voldemort. Pourtant il s'en est passé des choses entre ces deux-là, et crois moi, ajouta-t-il avec un soupçon de folie dans la voix, c'est là le point le plus faible dans l'armure de Drago Malefoy.

Tom le fixait d'un regard noir, furieux d'avoir été dupé et de ne pas avoir vu la relation entre les deux élèves de Poudlard avant que Duncan ne le lui apprenne. Il ne supportait pas son sourire arrogant et satisfait mais se refusait à exploser de colère avant d'en avoir appris plus à ce propos.

- Si tu les avais vu, ajouta l'Angoisse avec un air rêveur absolument terrifiant sur le visage, si fous l'un de l'autre, qu'ils en devenaient les pires égoïstes. Prêts à tout pour se retrouver seuls tous les deux. Je crois même que sans ça, le petit Malefoy n'aurait jamais réussi sa mission. Tu peux remercier Harry Potter, sifflota Duncan, c'est grâce à lui que tu as réussi à éliminer un de tes plus vieux ennemis.

Les yeux de Tom étaient passés de l'obscurité à la plus pure couleur carmin, signe que sa colère avait pris le dessus sur le contrôle de soi.

Il était toujours question de Harry Potter. Quoi qu'il fasse, qu'il dise ou essaye de faire, le Survivant se trouvait toujours sur son chemin.

Tom voulait le détruire, désirait du plus profond de son être l'asservir et l'enfoncer plus bas que terre jusqu'à ce que le jeune homme ne représente plus aucune menace. Il se réjouissait de l'imaginer, à genoux face à lui, tête baissée, et plus soumis que jamais. Il en rêvait la nuit, se délectait de l'air d'absolue servitude qu'il imaginait sur son visage innocent.

Duncan avait glissé sa main jusqu'à son cou et avait entrepris de caresser sa jugulaire d'une manière qui aurait dû le faire réagir plus explicitement, mais sa colère était telle que rien ne pouvait l'en sortir. Et puis, même s'il appréciait le geste, il n'en aurait fait aucune mention autre que celle d'envoyer valser Duncan.

- Et moi qui croyais que tu allais réagir avec un peu plus de … fougue ? Susurra-t-il à son oreille d'une voix brûlante.

Un sentiment de pure haine traversa le corps de Voldemort et alors que l'Angoisse aurait dû reculer ou faire mine de s'éloigner, Duncan au contraire, se plaisait dans ce climat de peur et d'hostilité au point de le rechercher volontairement.

- Enlève ta main immédiatement, siffla Tom en se retenant de lancer un sort à Duncan.

L'Angoisse grommela mais retira finalement sa main. Quand Voldemort se mettait dans un tel état, il ne servait à rien de jouer plus longtemps au risque de se brûler sévèrement. On ne plaisantait pas avec les Ténèbres.

- Tu pourrais être plus sympa, je t'ai quand même rapporté le petit dragon, rétorqua Duncan en se laissant tomber dans un fauteuil face à celui de Tom, le fixant d'une moue boudeuse.

Voldemort le fusilla du regard mais ne fit pas un geste pour lui faire payer son insolence.

- Techniquement, commença le lord noir d'une voix grave, tu n'étais même pas censé te trouver là-bas. Tu as de la chance que tout se soit passé comme je l'avais prévu.

Duncan sourit devant la menace à peine voilée que l'homme avait glissée dans sa phrase. Tom était un possessif, il refusait que quiconque touche à ses jouets et quand il avait appris qu'il s'était "amusé" avec son Harry Potter, il était entré dans une colère noire. Il gardait encore la cicatrice de son diffindo version magie noire. Pas que Duncan s'en plaigne, il regardait ces marques comme les sillons de son chemin dans l'obscurité. Certes, il avait mal, mais il se souvenait de toute la douleur qu'il avait pu infliger en retour.

Parce que c'était bel et bien de la douleur qu'il avait causée à Tom Jedusor. Même s'il ne se l'avouerait jamais à lui-même. Il savait qu'il lui avait fait du mal en s'en prenant à Potter, parce qu'il était si possessif et exclusif qu'il considérait que personne à part lui ne pouvait s'en prendre au Survivant. Ce n'était pas de l'affection, loin de là, c'était un désir violent de destruction qu'il ressentait envers le Gryffondor et qui le poussait à être aussi inventif dans sa domination du monde.

Tom Jedusor avait Harry Potter, et lui, douce et sulfureuse Angoisse, avait Drago Malefoy.

C'était ainsi, et c'était pourquoi de tous ceux qu'il avait connu, il n'avait jamais tant aimé quelqu'un d'autre que les Ténèbres.


- J'ai eu peur.

Harry posa ses yeux émeraude sur le visage de Ginny. La rouquine semblait épuisée. Ses traits étaient tirés, ses lèvres tremblaient imperceptiblement et le feu dans son regard bien que flamboyant quand il se posait sur lui, était terni par l'appréhension et la peur.

Malgré ça, il la trouvait toujours aussi belle.

Mais il n'avait plus aucun désir pour elle, son cœur ne battait plus à l'unisson avec le sien. Il l'avait aimée, il le savait. Mais ce feu avait disparu quand il avait ouvert les yeux sur Drago. Il était désolé pour elle, il aurait aimé pouvoir lui rendre ses sentiments, lui offrir ce qu'elle désirait depuis qu'elle l'avait rencontré mais il en était incapable désormais. Tout aurait été probablement différent s'il ne s'était pas rapproché ainsi du Serpentard mais pour rien au monde il ne voudrait revenir en arrière.

- J'ai cru que tu nous avais laissés pour de bon, ajouta-t-elle dans un souffle en posant sa main près de la sienne.

Elle attendait qu'il la prenne dans la sienne, mais il en était incapable. Le remord qui le rongeait lui interdisait de lier ses doigts aux siens après ce qu'il lui avait fait.

- Je ne voulais pas, répondit-il d'un air maladroit.

Elle lui sourit avec indulgence, et une mèche de ses cheveux roux tomba de son chignon.

- Je sais. Ça fait du bien de te voir, comme ça, lui dit-elle avec une voix douce.

Elle le regardait avec tant de gentillesse, tant d'espoir qu'il s'en voulut violemment de lui infliger ça. Il éloigna sa main de la sienne et tourna la tête, incapable de croiser son regard plus longtemps. Il l'entendit bouger d'un air gêné sur sa chaise.

- Ça ne va pas, n'est-ce pas ? Lui demanda-t-elle.

Il ne put s'empêcher de soupirer d'un air lamentable. Bien sûr, elle faisait allusion à tous les événements survenus récemment, mais pas seulement.

- Je suis désolé Ginny.

- Pourquoi ?

Elle lui avait demandé ça comme si elle savait depuis le début qu'il serait incapable de se lancer de lui-même dans les explications, qu'il était trop lâche pour l'affronter. Mais elle était là, et plutôt que de lui hurler dessus, elle restait assise et attendait patiemment qu'il parle.

- Parce que …

Et il se tut, incapable de dire un mot de plus. En réalité, il ne savait pas quoi lui dire. Il n'osait pas prononcer ces quelques mots qu'il savait douloureux.

- Parce que tu ne m'aimes plus ? finit-elle à sa place avec une tristesse si poignante dans sa voix qu'il ne put que la regarder.

Il déglutit et essaya tant bien que mal de lui offrir un sourire de réconfort qui se solda par une grimace peinée. Maintenant que c'était dit, il avait l'impression qu'un poids immense s'était envolé dans sa poitrine. Pour autant, il se sentait toujours aussi mal.

- Comment ? demanda-t-elle.

- Je … commença-t-il sans trop savoir quoi répondre.

- Est-ce que tu aimes quelqu'un d'autre ?

- Oui.

- Qui ?

Ah, cette question. Il en aurait explosé de rire s'il n'avait pas peur de la vexer et de la rendre plus triste qu'elle ne l'était déjà. Non, il ne pouvait rien dire, en aucun cas.

Elle eut un rire sans joie.

- Tu ne me le diras pas hein, ajouta-t-elle en lui souriant d'un air triste.

Il bougea la tête d'un geste négatif avec une moue d'excuse.

- Qui est au courant ? Demanda-t-elle tout de même en une dernière supplique pour se rassurer.

- Seulement Hermione, répondit-il d'une petite voix.

Un éclair de jalousie passa dans les yeux de la rouquine.

- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas savoir ? Pourquoi Harry ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? s'emporta-t-elle soudainement, des larmes teintant ses pupilles.

Le brun se figea, abasourdi par la soudaine véhémence de la jeune femme. Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait dire ou comment il devait réagir. Elle le fixait de ses grands yeux, et même ainsi, les lèvres pincées et les larmes perdues dans ses cils, elle était toujours aussi belle.

Merlin, il ne savait même pas comment il avait fait pour la mettre dans un tel état alors qu'il croyait que l'orage était passé sans donner un seul coup de tonnerre.

- J'ai toujours fait en sorte de te laisser de l'espace, de ne pas avoir l'air trop collante. Je n'ai pas piqué de crise de jalousie, je n'ai même pas pensé un seul instant que tu pouvais me tromper, alors pourquoi ?

Il pouvait définitivement entendre les larmes dans sa voix maintenant. Et lui, le pauvre con qu'il était, il se contentait de la fixer sans un mot, incapable de dire quelque chose.

- J'ai cru que ça marcherait vraiment, ajouta-t-elle d'une voix cassée, que j'aurais enfin ce que je voulais depuis le début. Mais visiblement, ce n'était pas assez pour toi.

Il cligna des yeux plusieurs fois. Ce n'était pas du tout ainsi qu'il le voyait, ce n'était même pas sa faute.

- C'est pas ce que tu crois, réussit-il à dire piteusement.

- Oh vraiment ?

Elle le fixait d'un air impérieux et pendant un instant, il eut l'impression de voir Molly.

- Je… Je n'ai jamais voulu ça, je n'ai pas choisi de tomber amoureux de quelqu'un d'autre, ça s'est fait comme ça. Je suis désolé Ginny, vraiment. Tu n'as rien fait de mal, j'ai juste …

- Tu as juste trouvé quelqu'un de mieux.

- Non ! Non !

- Ne dis pas le contraire Harry, le coupa-t-elle, on le sait tous les deux. Je n'étais peut-être pas assez différente, pas assez en détresse pour que tu puisses me sauver. Parce que c'est de ça qu'il s'agit, n'est-ce-pas ? Tu as toujours besoin d'avoir quelqu'un à protéger, même si tu ne t'en rends pas compte. Je voudrais juste savoir qui est la fille qui avait tant besoin qu'on la protège.

Elle lui souriait piteusement, et il n'osa même pas la contredire quant au sexe de la personne. Il ne savait pas si elle supporterait de savoir qu'il aimait un homme.

- Je suis désolé, je peux pas, répondit-il.

- Arrête de t'excuser.

Et elle se leva, s'éloignant de lui physiquement et Harry sut qu'elle prendrait ses distances.

- J'ai besoin de temps, lui dit-elle.

Elle posa ses yeux sur son visage, cherchant dans son regard, dans son expression quelque chose, un signe qui lui indiquerait que ce n'était pas réellement fini, qu'il y avait toujours de l'espoir, mais elle n'y vit rien que de la tristesse et de la fatigue.

Elle se tourna, s'apprêtant à partir, mais jeta un dernier coup d'œil à l'homme qu'elle aimait.

- Est-ce que tu m'as au moins aimée ? lui demanda-t-elle d'un air incertain.

Il la fixa pendant plusieurs secondes qui lui semblèrent interminables, et juste au moment où il s'apprêtait à répondre, elle tourna la tête et partit, le laissant seul dans l'infirmerie avec ses pensées.

Sa chevelure de feu dansant dans son dos le hanta toute la nuit.


Elle ouvrit les yeux dans l'obscurité, écoutant dans un souffle les bruits de pas de son mari s'éloigner et la porte se refermer dans un bruissement silencieux. Narcissa avait abandonné depuis longtemps l'idée d'avoir un sommeil réparateur. Elle avait en réalité cessé de dormir le jour où Lucius était entré dans le rang des mangemorts.

Depuis qu'il était sorti d'Azkaban grâce à l'évasion orchestrée par le Lord, il n'y avait pas une nuit où il n'avait disparu dans le manoir sans qu'elle ne sache ce qu'il faisait. Elle savait qu'on ne ressortait pas indemne de la prison, mais le voir ainsi, affaibli, pire que l'ombre de lui-même, la rendait malade.

Ça, et son fils.

Elle n'avait généralement pas la force de retrouver le sommeil, alors elle se levait. Elle enfilait un peignoir de soie que Lucius lui avait offert pour son mariage, il y a si longtemps. Quand elle le glissait sur ses épaules, l'odeur de son mari glissait jusqu'à son nez et les souvenirs de sa nuit de noces éclataient comme des étincelles dorées dans son esprit, lui rendant le sourire pendant quelques instants.

Elle se glissait hors de sa chambre et traversait le couloir jusqu'à une porte en chêne sombre. Doucement, elle se saisissait de la poignée et la tournait sans un bruit. Ses pas se faisaient légers sur le sol de la chambre et elle s'approchait jusqu'au lit, prenant place tout au bord, là où elle était sûre que sa présence ne réveillerait pas le dormeur.

Il remuait généralement dans son sommeil et prononçait à chaque fois le même prénom.

« Harry »

Elle l'avait pressenti dès lors qu'elle avait appris que Harry Potter avait refusé son amitié à son fils. Dans ses yeux, dans la manière qu'il avait de parler de lui, tout le temps.

Drago était obsédé par Harry Potter.

Il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour qu'il tombe amoureux de lui, et même si une partie de sa conscience se mettait en alerte dès qu'il avait le malheur de prononcer le nom du Survivant d'une manière trop concernée sans même s'en rendre compte, l'autre partie y voyait quelque chose de parfaitement beau.

Oui, Harry Potter était supposé être l'ennemi, mais quand elle voyait le regard de Drago, le frémissement de ses lèvres, les émotions qui traversaient son visage pendant ses rêves, parce que c'était de lui qu'il rêvait toutes les nuits, elle ne pouvait que constater que l'amour qu'il ressentait pour le-garçon-qui-a-survécu était l'une des plus belles choses qu'elle avait vue.

Ça n'avait duré que quelques jours, avant que les cauchemars surviennent.

Le corps de son enfant se tordait dans tous les sens et Narcissa, incertaine, gardait sa main à quelques centimètres de Drago, oscillant entre la volonté de le réveiller pour le tirer des méandres de ses pensées ou le laisser régler seul ses soucis. Elle avait tenu, jusqu'à maintenant.

Elle posa sa paume sur le bras nu de son fils, le faisant frémir mais stoppant ses mouvements désordonnés.

- Maman ? Croassa-t-il en se relevant, son épiderme secoué de tremblements chaotiques.

Narcissa eut un sursaut qu'elle parvint à garder aussi discret que possible. Drago l'appelait rarement « maman », et il devait être relativement perdu dans ses pensées et troublé pour la nommer ainsi.

- Ça va, mon chéri, lui répondit-elle d'une voix douce en caressant son bras avec un amour maternel qui calma peu à peu les tremblements de Drago. Ce n'était qu'un cauchemar.

Il hocha la tête d'un air hagard, son front trempé par la sueur, collant ses mèches dorées sur sa peau d'albâtre.

- J'ai fait un cauchemar, murmura-t-il, comme il le faisait quand il était encore un enfant.

Narcissa se rapprocha instinctivement, l'attirant dans une étreinte protectrice et réconfortante.

- Je sais, murmura-t-elle à son oreille, mais tout va bien maintenant.

Elle mentait évidemment, mais c'était suffisant pour l'apaiser pendant quelques heures.

- J'ai rêvé qu'il mourait.

Et Narcissa sut qu'il n'avait pu s'empêcher de le dire, qu'il avait besoin qu'elle le rassure, parce qu'il était si perdu qu'il était incapable de sortir de sa terreur seul.

- Ce n'était qu'un rêve Drago, le rassura-t-elle.

- Je sais, mais c'était horrible, répondit-il avec un tremblement dans la voix. Il … Il me manque.

À la manière dont il évitait de la regarder, elle sut combien il lui en coûtait de le lui avouer.

- L'aimes-tu ? lui demanda-t-elle de but en blanc, le poussant à se révéler.

Il tourna subitement la tête vers elle, et malgré l'obscurité, elle vit parfaitement la rougeur qui s'étalait sur ses joues blanches. Les Malefoy n'étaient pas habitués à ce qu'on leur demande de révéler leurs sentiments, et même si elle n'avait jamais cherché à en savoir plus sur la vie privée de son fils, elle ne pouvait s'empêcher de réagir après l'avoir vu ainsi. Elle voulait comprendre jusqu'où allait son affection et ce qu'il serait capable de faire avec ça.

- Oui, répondit-il dans un souffle.

La crispation qui tendait ses épaules s'évanouit soudainement et Narcissa soupira intérieurement, rassurée de voir que cette simple révélation suffisait à l'apaiser au moins un peu. Elle avait donné tout son amour à son mari et son fils, et elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que son Drago dorme à nouveau d'un sommeil serein.

- Que veux-tu Drago ? lui demanda-t-elle en se reculant, plongeant ses yeux dans ceux de son enfant.

Il la fixa intensément, mesurant toute l'ampleur de sa question. Elle ne parlait pas seulement d'un caprice de la part d'un enfant trop gâté, mais de quelque chose qui dépassait la simple demande. Elle lui offrait une ouverture, une porte de sortie et c'était à lui de la choisir ou non.

- Je veux le rejoindre, mais je ne peux pas vous abandonner.

Narcissa le fixa longuement, et lui sourit avec tendresse.

- Alors, laisse-moi faire, répondit-elle en caressant la joue de son fils avec amour, lui faisant la promesse que tout irait bien.

Oui, tout irait pour le mieux.


Hermione referma la porte derrière elle et enleva ses chaussures, savourant la sensation de l'herbe douce sous ses pieds. Le chant des oiseaux porté jusqu'à ses oreilles était une mélodie bienvenue.

Elle s'avança jusqu'à la silhouette assise un peu plus loin, près d'une rivière qui s'écoulait à travers la salle enchantée. Arrivée près de Harry, elle s'assit avec douceur à côté de lui et posa sa tête sur l'épaule du brun. Le survivant passa un bras autour des épaules de la jeune femme, calant sa tête contre la sienne.

- Pomfresh m'a dit que tu étais ici, l'informa-t-elle.

Harry soupira.

- Elle refuse de me laisser sortir si je ne lui spécifie pas chaque endroit où je veux aller.

Hermione ne put s'empêcher de ricaner, imaginant avec assez de justesse l'air courroucé de Pomfresh devant le visage renfrogné de son meilleur ami.

- Ça va ? Lui demanda-t-elle en sachant pertinemment que ce n'était pas le cas.

Pourtant elle devait demander.

- Honnêtement, non, répondit le brun. J'ai l'impression de vivre un cauchemar.

Hermione grimaça et attrapa la main de Harry, la serrant dans la sienne pour lui transmettre un peu de réconfort.

- Tu sais qu'on est là pour toi, n'est-ce pas ?

- Je sais Hermione, mais sans vouloir t'offenser, ça ne comblera pas le vide laissé par Dumbledore.

- Et Drago, finit-elle pour lui.

Elle savait qu'il avait volontairement omis de le dire parce qu'il avait peur de sa réaction, mais elle pouvait accepter que son meilleur ami soit amoureux du Serpentard.

- Et Drago, répéta-t-il, serrant ses doigts un peu trop douloureusement dans les siens.

Elle ne dit rien, acceptant sa douleur.

- J'ai rompu avec Ginny, ajouta-t-il dans un souffle, son corps tendu par l'appréhension.

- Je suppose que tu ne lui as pas dit pour Malefoy, puisqu'elle ne semblait pas au bord de l'explosion quand je l'ai vue, répondit-elle avec un demi sourire contrit.

Harry oscilla la tête d'une manière négative.

- Je ne suis pas suicidaire, maugréa-t-il en sentant son cœur se tordre.

- Ça va aller Harry, tu sais.

- Non ça ne va pas aller Hermione. Je n'ai même pas envie que ça aille bien, et ça tu l'as très bien compris. La seule chose que je veux, c'est trouver un putain de retourneur de temps pour sauver Drago et Dumble …

- Tu ne peux pas Harry, le coupa-t-elle avec lassitude.

- Je sais !

Elle savait que Harry ne voulait pas réellement s'énerver mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle voyait bien comme il souffrait et ça la rendait folle de ne rien pouvoir faire pour le sortir de sa peine. Elle sentit le brun se relever et suivant le mouvement, elle posa un regard attristé sur le Survivant, la tête plongée entre ses bras, son front pressé sur ses genoux pliés.

- J'y arrive pas Hermione, murmura-t-il et elle entendit le sanglot avant même de pouvoir faire un geste pour le rassurer, je peux plus. J'y arrive pas. Pas sans Sirius, sans Dumbledore, sans Drago. J'ai besoin de le voir. Je sais pas comment faire autrement, j'ai l'impression de mourir à petit feu. Mon cœur s'est déchiré Hermione, je peux plus. Je peux pas vivre sans lui.

Harry pleurait, et elle, elle ne pouvait que s'accrocher à son bras pour le maintenir à flot, loin des rives du Styx.


Blaise tournait en rond. En réalité, quelque chose n'allait pasdepuis que Drago s'était enfui avec leur professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Il aurait dû se douter que ça se finirait mal. Sa mère n'avait cessé de le lui démontrer depuis qu'il était enfant.

Les contes de fée n'existaient pas et il n'y avait pas de happy ending. Point.

Il aurait aimé que Drago en ait un, qu'il profite enfin du fait d'avoir découvert qu'il avait un cœur, mais malheureusement pour lui, le méchant avait pris trop de pouvoir et lui volait sa fin heureuse.

Lui, il avait toujours eu le choix et il s'était vite détourné de la voie des mangemorts, mais il ne pouvait pas en dire autant de tous ses camarades. Il savait que Pansy attendait chez elle, priant pour que son père ne la présente jamais à Voldemort, et Théo, eh bien Théo se cachait chez son ami dans l'espoir que son propre paternel l'oublie et qu'il ne lui parle jamais de marque des ténèbres.

Au fond, ça l'arrangeait bien qu'il soit là. Le jeune homme l'empêchait de ruminer seul dans son coin et puisqu'il savait ce que Drago et Harry ressentaient l'un pour l'autre, il pouvait en parler avec lui sans avoir peur de trahir son ami.

C'était réconfortant et il remerciait Merlin de lui avoir permis d'en apprendre un peu plus sur lui. Il appréciait de plus en plus Théodore de jours en jours, et il voyait parfaitement que c'était réciproque.

- Arrête, lui intima justement le brun en le fixant d'un regard perçant.

Théo était assis sur le lit du noir, la Gazette du Sorcier dans la main, ses lunettes de lecture remontées sur son nez pendant que lui faisait les cent pas dans sa chambre, attendant en vain un mot de Drago qui lui dirait qu'il allait bien. Il n'avait pas souhaité rester à Poudlard malgré le fait qu'il aurait aimé glisser un ou deux mots à Potter pour le rassurer, mais quand il était parti, le Survivant était toujours dans un état de semi-inconscience qui laissait les élèves du château dans une torpeur déprimée.

Alors il tournait en rond, en attendant.

Du coin de l'œil, il vit Théo soupirer. Le brun enleva ses lunettes, posa le journal à côté de lui, et se frotta les yeux d'un air fatigué. Il se leva d'un bond et en l'espace d'une seconde, il attrapait le bras de Blaise et le tirait contre lui.

Ils s'écroulèrent sur son lit, le noir étalé sur le corps de Théo.

- Tu vas te calmer maintenant ? Demanda Théo en le fixant intensément.

Blaise hocha la tête avec un sourire enjôleur et s'installa correctement contre le corps de son ami. Théo passa un bras autour des épaules du noir alors que celui-ci posait sa tête sur son torse.

- Ça ira, dit Théodore. Ces deux emmerdeurs ont toujours su se trouver peut importe l'endroit où ils étaient pour se faire les pires crasses du monde, ils réussiront bien cette fois-ci.

Blaise voulait y croire.


Harry se réveilla en plein milieu de la nuit avec l'impression qu'on l'observait.

Il attrapa sa baguette et plissa les yeux, sa vue devenant plus claire quand il réussit à trouver ses lunettes et à les glisser sur son nez. Il faisait trop sombre pour qu'il distingue réellement quelque chose mais il aurait juré avoir vu un mouvement en face de lui.

Il brandit sa baguette, prêt à attaquer quiconque oserait lui faire du mal. Sa respiration erratique brisait le silence profond de l'infirmerie. Tous ses sens étaient en alerte et son corps était prêt à bondir au moindre bruit.

- Nous ne sommes pas des ennemis, clama une voix dans le silence et l'obscurité.

- Prouvez-le ! rétorqua Harry en cherchant du regard la silhouette, sa baguette prête.

Il aurait pu hurler pour prévenir Pomfresh ou un professeur, mais ce n'était pas dans ses habitudes et ce n'était pas maintenant qu'il allait commencer.

- Je suis un ami de Drago, souffla la voix dans un murmure.

Le cœur de Harry se serra et sa main trembla imperceptiblement avant qu'il ne se ressaisisse.

- Les amis de Drago ne sont pas vraiment les miens, siffla le brun en sentant la colère affluer dans ses veines.

Il avait mal et il ne voulait pas entendre parler de Drago alors qu'il lui manquait autant.

- Je ne fais en aucun cas parti des mangemorts et ne serai jamais au service de Voldemort, assura la voix.

Harry se figea. La simple mention du nom de Voldemort devait suffire à lui prouver que l'inconnu – ou plutôt les inconnus – ne lui voulait aucun mal, mais le vif souvenir de la trahison de Rogue le faisait douter.

- Et à propos de votre camarade ? Demanda Harry d'une voix suspicieuse.

Un rire clair résonna dans la pièce.

- J'ai un cœur aussi noble que le vôtre Harry Potter.

Harry hésita, et finalement, il lança un simple lumos lui dévoilant la silhouette de deux hommes.

- Je crois que ceci sera plus utile, prononça l'une des deux silhouettes en faisant un simple geste de la main.

Plusieurs boules de lumières apparurent alors autour du lit de Harry, sous ses yeux ébahis.

- Comment vous avez fait ça ? Demanda-t-il en les fixant d'un regard surpris.

- Ce n'est pas la question, répondit l'homme qui s'approchait.

Harry eut tout le loisir de les observer tandis qu'ils s'approchaient de son lit pour s'asseoir sur les chaises situées à sa droite. Il restait sur ses gardes mais il ne sentait aucune menace de leur part et se détendit imperceptiblement.

L'un d'eux avait les yeux aussi rouges que ceux de Voldemort mais curieusement, cela ne l'effraya aucunement. Ils avaient bel et bien la même couleur de pupilles, mais la force de leurs regards était aussi différente que le jour et la nuit. L'homme face à lui avait des yeux forts et sereins, loin de la folie qui caractérisait ceux de Tom Jedusor. Il avait des cheveux bruns et était plus grand que ce à quoi il se serait attendu.

Le deuxième homme avait l'air plus … féminin. Il avait de longs cheveux roux noués par un ruban de cuir au niveau de sa nuque. Son visage était fin, et ses yeux d'un ambre mordoré étaient saisissants. Un sourire bienveillant s'étirait sur ses lèvres et Harry se sentit instantanément bien en le regardant.

- Quelle est la question ? Demanda Harry en papillonnant pour retrouver un semblant de lucidité.

L'homme aux yeux ambrés lui sourit gentiment.

- As-tu besoin d'aide Harry Potter ? Lui demanda-t-il.

Le brun crut rêver. Ce qui était probablement le cas. Il se pinça le bras pour vérifier, mais la douleur qui irradia dans ses veines lui confirma que tout ça était réel.

- Qui êtes vous ? osa-t-il demander en les observant attentivement.

- Je m'appelle Jade, commença l'homme aux cheveux roux et voici mon ami Rubis. Nous sommes des amis de Drago et nous sommes également les tiens.

- Comment ? Comment pouvez-vous être des amis de Drago ? Je ne vous ai jamais vus.

Rubis se racla la gorge et le fixa intensément.

- C'est une longue histoire, commença-t-il en s'installant plus confortablement sur sa chaise.

- J'ai tout mon temps, répondit Harry, persuadé qu'ainsi il pourrait peut-être trouver un moyen de sauver Drago.

Jade remua sur sa chaise et du coin de l'œil, Harry le vit la transformer en un fauteuil plus confortable. Dire qu'il était fasciné était un euphémisme. Il en aurait presque oublié sa tristesse et sa douleur.

- Jures-tu de ne répéter aucun de ces mots à quiconque Harry Potter ? demanda Rubis, son regard le clouant sur place.

Harry hocha la tête.

- Je le jure.

Rubis lui sourit, et Jade pencha la tête d'un air apaisé.

- J'ai rencontré Drago il y a quelques mois, au moment où il était au plus bas de sa forme, tellement vulnérable que celui qu'on appelle l'Angoisse n'était pas loin de s'être emparé de lui. Tu l'as déjà rencontré il me semble, son vrai nom est Duncan.

Harry se figea douloureusement en écoutant Rubis. Bien sûr qu'il se souvenait. Comment l'oublier ? Il ressassait la scène toutes les nuits et ses cauchemars étaient hantés par le visage furieux de Duncan lui volant Drago. Il hocha la tête, invitant Rubis à poursuivre son récit, appréhendant ce qu'il allait entendre.

- Tu es assez bien placé pour savoir qu'il n'y a pas simplement le mal contre le bien, mais un ensemble de principes qui font balancer le monde d'un pied sur l'autre. Tout ça va probablement te sembler fallacieux mais ce que je m'apprête à te révéler est l'entière vérité. À l'origine de tout, il y avait La Magie, et sa plus grande ennemie, La Mort. À force de se battre entre elles, sans jamais trouver de solution car de forces égales, elles se divisèrent en principes qu'elles placèrent dans des sorciers qu'elles avaient choisi au préalable pour leurs qualités propres aux maux ou aux biens qu'elles avaient créés.

Rubis s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, s'assurant qu'il n'avait pas perdu le Survivant dans ses explications, mais le jeune homme semblait boire ses paroles.

- Nous représentons quelque uns de ses principes, comme Duncan représente l'Angoisse. Drago s'est retrouvé mêlé parce qu'il était amené à devenir lui aussi l'un de ses principes.

Harry grimaça, trouvant l'idée absolument énervante. Il voyait mal comment on pouvait définir Drago par un principe. Il était tellement plus que ça.

- C'est compliqué, ajouta Rubis. Depuis plusieurs années, nous, il désigna Jade et lui-même, liés à la Magie, sommes en surnombre par rapport aux adeptes de la Mort. Tu as du remarquer que l'atmosphère n'était en général pas très joyeuse, en voici la raison. Nos compagnons, Jade et Rubis grimacèrent, n'ont hélas pas survécus aux dernières guerres et alors que le mal prenait le dessus, à nous deux, aidés de notre maître, nous ne pouvions prétendre à la victoire. Pas tant que nous n'aurions pas rééquilibrés les forces avant. Et c'est là que tu interviens.

- Comment ça ? Demanda Harry en fronçant les sourcils.

Il avait peur de comprendre, et il n'était absolument pas prêt à avoir plus de responsabilités que ce qu'il avait déjà. Rubis et Jade devaient le sentir puisque l'homme aux cheveux roux se pencha vers son ami et lui murmura quelque chose à l'oreille que le Survivant ne parvint pas à saisir.

- Sais-tu qui est réellement Tom Jedusor ? Lui demanda Rubis en le fixant dans les yeux.

Harry ferma ses paupières en soupirant lourdement, les idées se mêlant dans sa tête pour se mettre doucement en place, se liant les unes et les autres.

- Il est l'un d'eux, n'est-ce-pas ? demanda-t-il d'une voix basse.

Rubis hocha la tête avec une moue contrite.

- Combien sont-ils ? demanda Harry en ouvrant les yeux.

- Quatre, plus leur maître. La Mort.

Harry ne put s'empêcher de frissonner en s'imaginant quatre silhouettes aussi diaboliques que sournoises, leurs cœurs aussi obscurs que la pire des morts.

- À quel point sont-ils puissants ? Demanda le brun en craignant la réponse.

- Regarde autour de toi, répondit Rubis avec un air cynique, regarde ce qu'ils font du monde. Regarde ce qu'ils ont fait de Drago. Sans toi, il aurait probablement succombé bien avant.

- Je l'ai abandonné, gémit piteusement Harry.

- Non, tu ne pouvais rien faire, le rassura Jade en posant sa main sur la sienne en un geste qui le réconforta plus qu'il ne l'aurait imaginé.

- Qu'est-ce qu'ils vont lui faire ? demanda le Survivant.

- Le pousser dans ses retranchements, pour qu'il se joigne à eux. S'ils y parviennent, alors je doute que le monde s'en relève un jour.

- Il ne craquera pas, tenta de se rassurer Harry, en vain.

- Jusqu'où peut-on situer nos limites ? Demanda Rubis sans attendre aucune réponse de sa part.

Harry pouvait voir dans leurs yeux toute la fatigue et la tristesse qu'ils avaient accumulées au fil des années. Il n'était pas si différent d'eux, il avait simplement mené son combat à plus basse échelle.

- Que deviendra-t-il ? demanda le brun en sentant son cœur se serrer.

- Je n'en ai aucune idée, avoua Rubis. Tant de choses peuvent vous détourner du droit chemin. La tristesse, la peur, la trahison, la mort, qui sait ce qui se dresse sur sa route.

Ils étaient las et leur combat était celui de titans.

- En quoi j'interviens dans tout ça ? demanda finalement Harry, donnant là l'occasion à Rubis et Jade de s'expliquer sur les vraies raisons de leur venue.

- Parce que Tom Jedusor t'a désigné comme son ennemi, il t'a également affecté sur le choix du Destin. Non seulement, tu es lié à Drago depuis le jour où vous vous êtes rencontrés, mais Voldemort t'a placé comme un pion central dans notre combat contre lui. C'était probablement sa plus grande erreur, parce qu'il a non seulement contribué lui-même à sa chute en essayant de te tuer, mais a également scellé le sort du monde ce soir-là. Parce que Harry Potter, toi et Drago êtes les seuls capables de nous aider à faire pencher la balance en notre faveur pour ramener un peu de bonheur dans ce monde.

Harry le fixa longuement sans prononcer un seul mot. Il avait du mal à digérer la pilule, mais au fond, Dumbledore l'avait préparé depuis le début à ce genre de renversement de situation. Et d'un seul coup, la prophétie prenait un sens beaucoup plus important, puisque tant que l'un d'eux vivait, l'autre ne pouvait survivre. Le mal ne pouvait pas se battre éternellement à égalité contre le bien, et si Harry acceptait de devenir ce qu'on attendait de lui, et que Drago se joignait à lui, alors il devrait tuer Voldemort, pour rétablir la suprématie du bien.

- Mais la vraie question, Harry Potter, est celle-ci, commença Rubis, tournant la tête vers Jade, l'invitant à la lui poser.

- Seras-tu prêt à te joindre à nous ?


Tadaaaaa !

Bon, j'espère que ce loooong chapitre vous aura comblé un peu et que je me serais fait pardonner pour mon retard ! Enfin des explications, enfin plus ou moins la vérité à Ginny. Je sais que vous l'attendiez, alors la voilà !

Je vous avoue que je ne sais pas si le chapitre 22 sera prêt pour mercredi prochain, très probablement que non, je préfère prévenir ! Sûrement dans deux semaines, enfin qui sait, je vous tiens au courant sur le groupe Facebook :)

Encore merci à vous, et à toi AJ. J'avance grâce à vous.