Bonjour, bonjour !
Voici enfin la suite d'Emeraude et d'Argent, pour les quelques lecteurs qui seraient encore présents :)
Je ne remercierais jamais assez tout ceux qui viennent lire jusqu'ici, ceux qui laissent des reviews et surtout ma bêta qui reste présente malgré ma lenteur.
J'ai fait le choix d'écrire des chapitres un peu plus courts et d'essayer de publier plus souvent (oui oui j'y crois).
Aussi surprenant que ça le soit, nous en sommes à 199 reviews, 65 favoris et 122 followers. J'ai un peu du mal à croire que des gens s'attachent encore à cette histoire mais merci pour votre confiance 3
Une petite surprise vous attends à la fin :*
Un petit mot de ma bêta, la meilleure qui soit, chantons ses louanges ! : J'ai tellement envie de connaître la suite et le dénouement de cette histoire, l'attente me tuuuuue ! Heureusement que ce chapitre nous en apprend un peu plus, heureusement que Clapounette existe, heureusement qu'elle continue d'écrire cette ff, heureusement que le Drarry existe, bref, je m'emballe... En gros : ce chapitre était super :D
Précédemment, dans d'Emeraude et d'Argent : Harry, à la recherche du coeur de sa magie et de la localisation des horcruxes, se fait surprendre par Voldemort. Piégé, il décide avec Jade et Rubis de se rendre au Terrier pour élaborer un plan afin de vaincre leurs ennemis. Pourtant Harry s'enfonce dans un gouffre de désespoir, Drago lui manquant beaucoup trop. Blaise, quand à lui, décide de se rendre à une réunion de mangemorts afin de découvrir ce qu'était devenu Drago. Déterminé à aider son ami, Dobby le contacte et Blaise rencontre Narcisse pour trouver une solution et sauver Drago, tandis qu'Hermione, se méfiant de Jade et Rubis, tente de découvrir la vérité.
Bonne lecture !
Musique :
Derek Zhao
Sacrifice II
Chapitre 24
Blaise n'était pas serein. Non seulement, il n'aurait jamais dû se trouver là, mais c'était justement parce qu'il était à cet endroit précis qu'il avait encore moins l'impression d'être en position de force. Le pub dans lequel il avait rendez-vous se situait un peu plus loin, dans une ruelle à laquelle il n'aurait jamais fait attention si on ne lui en avait pas parlé au préalable.
Tout son corps lui insufflait de quitter cet endroit au plus vite, mais son cerveau, reconnaissant de toutes ces dernières années d'amitié avec Drago, lui intimait de continuer coûte que coûte. L'angoisse le prenait à la gorge mais il aperçut finalement la personne qu'il attendait. Avant même qu'elle se faufile dans l'allée, il sortit de l'ombre et l'attrapa par le bras, priant pour qu'elle ne hurle pas.
Ce qu'évidemment, elle ne fit pas, se contentant de lui lancer un stupéfix sans prononcer un seul mot. Digne d'Hermione Granger, ne put-il s'empêcher de penser. Elle le libéra du sortilège aussitôt qu'elle le reconnut et lui lança un regard courroucé.
- On avait convenu de se retrouver dans le pub, siffla-t-elle d'un air énervé.
Il lui sourit d'un air penaud, pas sûr de vouloir la contrarier.
- Je préfère marcher, tenta-t-il. Moins de chance qu'on nous écoute comme ça.
- Elle le jaugea, relâcha imperceptiblement la tension qui brimait ses épaules, et l'invita d'un geste de la main à arpenter les rues de Londres.
Il y avait suffisamment de monde dans les rues pour qu'ils passent quasiment inaperçus, sans pour autant les empêcher de parler. Blaise ne put s'empêcher d'observer la Gryffondor. Elle avait le teint pâle de ceux qui sont épuisés par la vie. Sa main serrait compulsivement sa baguette dans sa poche et son regard restait alerte, surveillant les alentours. Il ne devait pas avoir l'air mieux, peut-être un peu plus libéré que quand il se trouvait dans le manoir Malefoy, mais il compatissait à son état. Il avait rapidement balayé ses préjugés sur les Moldus quand il avait vu ce qu'elle savait faire, et se trouver en sa présence avait presque quelque chose de réconfortant, comme un espoir qu'un jour, ils sortiraient de toute cette merde dans laquelle ils s'étaient fourrés.
- Qu'est-ce que tu veux Zabini ? Finit-elle par demander sans lui jeter un seul regard.
Ses yeux accrochèrent les mains enlacées d'un couple. Il fronça les sourcils.
- De l'aide.
Il sentit qu'elle se raidissait de surprise à ses côtés. Comment pouvait-elle encore être surprise après avoir reçu sa lettre ?
- De quelle aide peux-tu bien avoir besoin ?
Il sourit, presque amusé du ton défensif de sa question.
- Je ne sais pas, que dirais-tu d'essayer de sauver le monde ? Ou à défaut, de sauver des amis ?
Elle garda le silence. Leurs pas avaient ralenti, et les pavés, autour d'eux, reprenaient de la stabilité. Les visages des gens semblaient plus proches et plus réels.
- Il s'agit de Drago, n'est-ce pas ?
Sa voix s'échappa dans un murmure et si Blaise n'avait pas été si proche d'elle au milieu de cette foule, il ne l'aurait pas entendue. Il se sentit soudainement bien seul. Les gens autour d'eux semblaient innocents et presque heureux de vivre, tandis qu'eux, mourraient à petit feu chaque jour.
Son absence de réaction dut l'inquiéter puisqu'elle l'arrêta soudainement et planta son regard dans le sien.
- Comment va-t-il ?
La surprise se lut dans ses yeux, tirant une grimace à la jeune femme.
- Je ne sais pas, se contenta-t-il de répondre en détournant le regard.
Elle pencha la tête sur le côté, d'une manière adorable, comme si ce simple geste aurait pu suffire à le faire parler.
- Trouvons un endroit plus calme, finit-elle par dire, en attrapant son bras d'une poigne douce.
Elle l'emmena dans un café un peu plus loin, ce genre d'endroit où vous vous sentez en sécurité, au chaud, et dont les arômes font remonter à la surface les souvenirs d'enfance. Il se retrouva avec un thé entre les mains sans vraiment s'en rendre compte, et Hermione qui attendait qu'il lui parle.
- La dernière fois que je l'ai vu, il m'a traité comme un étranger.
Il eut un sourire amer au souvenir.
- Et qu'est-ce que tu proposes ? lui demanda-t-elle.
Il haussa les épaules. Il n'en avait absolument aucune idée. Quand Narcissa Malefoy lui avait demandé de l'aide, la seule chose à laquelle il avait pu penser était que le meilleur moyen de contacter Potter était de passer par ses amis. Mais en aucun cas il n'avait réfléchi à l'après.
- Blaise, je ne peux pas t'aider si tu ne me dis pas tout ce qui se passe.
Il leva les yeux au ciel, évita son regard à la mention de son prénom, baissa la tête, avala une gorgée brûlante de son thé qui le fit grimacer, faisant rire une serveuse qui passait à côté d'eux. Ils devaient probablement passer pour un couple épuisé de vivre ensemble, quelque chose de glauque qui l'aurait fait rire s'il n'était pas réellement épuisé.
- C'est comme si le Drago que j'avais toujours connu avait tout simplement disparu, enseveli sous une couche dégueulasse de magie noire. Tu vois un peu le truc ? Cet enfoiré de V…
Il inspira férocement, calquant ses pupilles sur les siennes. Son regard, empli de compassion, le calma.
- Tu penses que de voir Harry pourrait l'aider ? lui demanda-t-elle avec l'espoir que cela pourrait être réciproque.
Il haussa les épaules.
- Tu les as vus comme moi, n'est-ce pas ?
Elle acquiesça, se remémorant toutes les fois où elle avait vu le sourire de Harry quand il se trouvait avec Malefoy.
- S'il y avait une chance pour que Drago redevienne celui qu'il était vraiment, est-ce que tu m'aiderais ? Je ne peux pas croire que Potter se porte comme un charme après les événements de…
- Non. Le coupa-t-elle. Non, Harry ne va pas bien.
Il la fixa avec un regard peiné. Sincèrement. Elle lui sourit avec indulgence et se leva. Il copia son geste, surpris.
- Je t'aiderai, lui dit-elle soudainement, d'un air urgent.
Elle fouilla dans ses poches et en sortit un Gallion. Il s'apprêtait à lui faire remarquer qu'elle ne pouvait pas payer avec ça du côté Moldu mais elle attrapa sa main et le plaça dans sa paume.
- Garde-le, il te donnera la date et l'heure de notre prochain rendez-vous. Retrouvons-nous ici.
Il hocha la tête, fasciné de voir combien elle était organisée, lui rappelant qu'ils étaient en guerre et qu'il était probablement le plus à l'abri des deux.
Elle s'apprêta à partir, mais se retourna une dernière fois vers lui, le visage sérieux.
- Blaise, quelque chose se trame. Je ne sais pas encore de quoi il s'agit, mais j'ai comme l'impression que nous ne sommes que des pions sur l'échiquier. Alors, elle hésita, fais attention.
Et elle partit, laissant derrière elle plus d'incertitude et de questions qu'il n'en avait auparavant. Pourtant, il se prit à penser qu'elle était incroyablement courageuse et porteuse d'espoir.
Quand Hermione arriva enfin au Terrier, elle avait eu le temps d'échafauder une ébauche de plan. Elle avait préféré prendre un taxi plutôt que de transplaner, évitant tout risque d'être découverte.
Elle savait que sortir ainsi, seule, hors de la protection de l'Ordre était une folie, mais quand elle avait reçu l'étrange mot de Zabini, elle avait vite compris que cela pouvait avoir un rapport avec Drago Malefoy et, évidemment, concerner Harry. Elle s'était juré qu'elle le protégerait, et si pour cela, elle devait s'allier à un Serpentard, elle le ferait. Elle savait que Blaise n'était pas un Mangemort, elle avait eu le temps de voir que ses avant-bras étaient complètement vierges de tout tatouage et la sincérité dont il faisait preuve le rendait innocent à toute alliance avec Voldemort.
Elle devait trouver le moyen d'amener Harry à voir Malefoy, mais la peur qui la rongeait l'empêchait de trouver une idée cohérente pour les aider. Elle savait que Drago était devenu presque fou, elle avait eu le temps de lire les journaux avant de les détruire, face au risque que Harry voie les atroces actes de celui qu'il aimait.
Harry était si renfermé sur lui-même que l'absence de nouvelles de l'extérieur ne semblait pas l'inquiéter, pour sa plus grande joie. Elle redoutait le moment où le Survivant découvrirait la vérité. Elle avait peur qu'il sombre plus encore, que le désespoir l'étreigne plus fort et qu'il se perde dans les méandres de sa tristesse.
Elle avait déjà surpris le regard triste de Jade, quand il l'avait vue brûler les journaux, certaine que l'homme savait exactement pourquoi elle faisait cela. Ce qui l'avait réconfortée dans son idée. Elle devait tirer les vers du nez à ces deux-là.
Molly lui sauta dessus à peine eut-elle mis un pied à l'intérieur du Terrier. Hermione avait prétexté un besoin de se libérer l'esprit pour sortir rencontrer Blaise et avait été surprise de voir qu'on le lui accordait, comme si l'idée n'avait rien de fou. Après tout, ils n'étaient qu'en guerre contre un psychopathe, n'est-ce pas ? Elle n'avait pas rechigné, profitant de cette opportunité pour s'éclipser.
- Tu tombes bien, lui dit Molly en s'affolant autour d'elle, attrapant son manteau d'un air pressé. Ils sont tous là, ajouta-t-elle. Il y a une réunion, tout de suite !
Hermione fronça les sourcils. Habituellement, leurs réunions étaient programmées et il était rare que tous puissent se retrouver en même temps. Quelque chose avait dû arriver.
Quand elles arrivèrent dans le salon, un silence pesant régnait. Ils étaient bel et bien tous là. Tous les membres de l'Ordre se tenaient devant elle, certains qu'elle n'avait même jamais vus. Un frisson désagréable descendit le long de son échine et elle rejoignit rapidement Ron et Harry, s'installant sur le coin du fauteuil du rouquin avec un sentiment de malaise. Jade et Rubis ne laissaient transparaître aucun sentiment sur leur visage, mais Harry semblait au bord du désespoir.
- Bien, tout le monde est présent ? Demanda Kingsley d'un air grave.
Les regards s'échangèrent, s'assurant que tous étaient là pour entendre la mauvaise nouvelle.
Kingsley s'appuya d'un air fatigué contre la cheminée, un soupir las s'échappant de son grand corps. Hermione ne l'avait jamais vu ainsi, désespéré, perdu, épuisé.
- J'ai reçu ce matin la visite d'un de nos espions. Une visite pour le moins surprenante et je vous l'avoue, effrayante. Il s'avère que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom agit plus loin que nous ne le pensions puisque cet espion m'a rapporté des informations provenant du Chili.
Il inspira, les fixant gravement.
- Comprenez-moi bien, ce que je vais vous annoncer dépasse tout ce à quoi nous nous attendions. Ma source a reçu la visite hier matin d'un enfant qui lui apportait des informations capitales. Cet enfant a été adopté par le père Julio, qui résidait dans la seule chapelle ornant le Cap Horn.
- Résidait ? Demanda Lupin en fronçant les sourcils, pressentant le pire.
Hermione ne put s'empêcher d'agripper la main de Ron, le jeune homme serrant les doigts de la jeune femme dans les siens.
- Il est probablement mort, répondit Kingsley. La dernière fois que son fils l'a vu, quatre silhouettes entraient dans sa chapelle et leurs intentions n'étaient certainement pas catholiques.
Un silence de mort les embrassa.
- L'une de ces silhouettes, après vérification des souvenirs de l'enfant, n'était autre que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Et les trois autres, des inconnus. Il semblerait qu'ils ne soient en aucun cas des sbires de Vous-Savez-Qui, mais plutôt ses alliés. Nous ne savons pas pour quelle raison ils étaient là, mon espion a refusé de s'y rendre et s'est éclipsé après m'avoir délivré son message, m'intimant à tout prix de m'enfuir moi aussi.
- Ils cherchaient la porte de l'Enfer.
Kingsley tourna subitement la tête, fixant celui qui avait parlé.
- Qu'est-ce que vous avez dit ? demanda-t-il de sa voix grave.
Hermione tourna la tête. Jade s'était levé et fixait leur chef sans sourciller. Elle retint son souffle, certaine que la vérité allait leur être révélée.
- Je suis désolé.
Tous les regards se figèrent sur le Survivant, qui s'était levé derrière Jade, attendant une explication à ses excuses inattendues.
- Nous avons quelque chose à vous révéler, se contenta-t-il de dire, invitant Jade à tout leur dire.
Rubis était resté en arrière, aussi surpris qu'eux de l'initiative de son ami.
- Ces quatre hommes se trouvaient là-bas pour une bonne raison, commença Jade. Le Cap Horn abrite une porte ancestrale qui permet d'ouvrir les portes de la vie ou de la mort sur le monde.
Maugrey se leva soudainement, menaçant de sa baguette l'homme qui leur apparut soudain comme un étranger.
- Qui êtes-vous ? Vociféra-t-il en le fixant de son œil de verre.
- Je suis désolé, mais vous ne pouvez rien contre moi.
- Oh, et pourquoi cela ? demanda Maugrey avec un rire de crevard.
- Parce que je suis bien plus puissant que vous tous réunis.
Sa révélation laissa un froid polaire.
- Je, nous, ajouta-t-il en se tournant vers Rubis, ne sommes pas vos ennemis.
- Eh bien, qui êtes-vous ? Demanda Lupin en intimant silencieusement à Maugrey de ranger sa baguette.
- Notre seul espoir de les vaincre, répondit Harry en fixant son ancien professeur.
- C'est une longue histoire, laissez-moi vous la raconter, ajouta Jade avec un sourire compatissant.
Le monde naquit d'une déchirure. Imaginez un monde, un univers figé dans lequel le temps et l'espace ne se mélangeaient pas, comme si le monde dormait depuis toujours. Jusqu'au jour où, son réveil créa une déchirure, un monde dans lequel s'engouffrèrent le temps et l'espace. Libérés, ils se déchainèrent, créant un chaos effrayant et chronophage qui les força à s'adapter pour survivre sans s'entretuer. Ainsi naquit l'équilibre. Mais maintenir un équilibre est compliqué, car pour que chaque chose puisse apparaître, son opposé devait suivre, afin que le temps et l'espace restent les seules bases immuables de ce monde. Car quiconque contrôlerait le temps ou l'espace serait à même d'amener le chaos. Ivre de pouvoir, la mort, rêvant de détrôner le temps et l'espace, se créa une armée pour l'aider, mais le temps et l'espace insufflèrent à la vie de s'y opposer coûte que coûte afin que dans leur monde naquisse un cycle.
Depuis l'aube des temps, La Mort et La Vie se mènent un combat acharné. Tandis que La Vie tente de maintenir un équilibre précaire, La Mort sème la terreur, la guerre et le chaos dans le monde. Grâce à ces représentants, elle insuffle le pouvoir de destruction. Pourtant, un certain équilibre se maintenait, renforcé par l'espace et le temps. Jusqu'au jour où la Mort parvint à s'emparer du sablier du Temps.
Renversant la courbe du temps, La Mort parvint à extraire des entrailles du monde tout ce qui lui permettrait de rendre ce monde sien. Elle s'empara de la création de la vie pour lui insuffler ses idées jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment puissante pour détruire la vie.
Depuis plus de cent ans, La Mort règne en maître sur le monde, laissant la Vie avec peu de force et peu d'espoir.
L'Espace, soucieux de voir le Temps aux mains de La Mort promit à La Vie que le jour viendrait où l'équilibre reviendrait, car l'Argent ne va pas sans l'Émeraude.
Quand Jade eut terminé son histoire, son regard se posa sur Harry. Leurs yeux se fixèrent et il vit que le Survivant avait compris, que quoiqu'il fasse, il le retrouverait et que cela amènerait enfin la paix qu'ils désiraient tous.
- Qui êtes-vous ? demanda Lupin, conscient que la réponse serait en tout point différente de celle qu'il attendait avant.
- Je sers La Vie, connue également sous le nom de la Magie, depuis plus de 1000 ans, révéla Jade. Et mon ami Rubis, depuis plus de 300 ans.
Le silence s'étira, laissant aux personnes présentes le temps de digérer toutes ces informations.
- Tu es l'Émeraude, n'est-ce pas ?
Jade tourna la tête vers Hermione. Elle fixait Harry d'un air déterminé, certaine de ce qu'elle avançait. Le Survivant sourit d'un air penaud, mais libéré du poids du secret, il se redressa, inspirant profondément.
- Je suis l'Émeraude.
- Mais qui est l'Argent ?
Jade ne vit pas qui avait demandé, focalisé qu'il était sur Hermione. Mais il vit dans son regard qu'elle aussi avait compris qui était l'Argent.
Harry déglutit quand il comprit qui avait posé la question. Il se sentait oppressé, tous les événements de cette dernière année, toute son insouciance lui revenaient en pleine figure maintenant qu'il devait assumer ses actes.
Le regard de Ginny était insistant et Harry, lui, ne put s'empêcher de fuir ses yeux inquisiteurs à mesure qu'il voyait la vérité se dessiner sur ses pupilles. En réalité, il n'assumait pas.
Harry voulait garder tout ça pour lui, ne partager avec personne tous ces moments intimes avec Drago, même s'il savait que tôt ou tard, la vérité éclaterait et que plus rien ne serait comme avant entre eux. Il ne vit pas son regard blessé, ni même sa mâchoire se crisper quand elle comprit que tout cela la dépassait complètement.
- Qui c'est Harry ?
Le Survivant leva les yeux vers Ron. Hermione, qui agrippait sa main, lui lança un regard gêné. Il n'aurait aucune aide de sa part et il ne pouvait lui en vouloir. Elle avait gardé son secret pendant si longtemps.
Il inspira profondément, ferma les yeux pour revoir le visage de l'homme qu'il aimait, lui insufflant un peu de courage.
- C'est Drago, lâcha-t-il dans un souffle.
C'était comme s'il avait lâché une bombe dans la pièce. Un silence de mort régnait durant lequel il n'osa pas ouvrir les yeux. Il redoutait les éclats de voix, le jugement dans leurs yeux et plus que tout, la déception. Il sentit son cœur se serrer à l'idée qu'on puisse le juger pour ses sentiments envers Malefoy, comme s'il n'était qu'un paria. Mais rien de tout cela n'arriva.
Quand il osa ouvrir les yeux, Ron le fixait d'un air incrédule mais ne semblait pas se douter de ce qui se passait réellement entre le Serpentard et lui. Non, les seuls qui savaient réellement ce qui se tramait se résumaient à quelques personnes, Jade, Rubis, Hermione et Ginny. Il en fut un instant soulagé, mais le dégoût qui passa dans les yeux de la rouquine lui déchira les entrailles.
- Le jeune Malefoy ? Ne put s'empêcher de demander Maugrey. Est-ce que c'est une blague ?
Harry eut un sourire sans joie, il connaissait l'animosité de son ancien professeur envers le Serpentard, mais maintenant que ses sentiments avaient changé, il n'en était que plus difficile de voir combien les apparences étaient trompeuses.
- Et puis, qu'est-ce que ça veut dire que l'argent ne va pas sans l'émeraude ?
Harry jeta un regard à Tonks, mais rien dans ses yeux ne laissait présager qu'elle se doutait de quoi que ce soit. Il s'apprêta à lui répondre, mais Jade lui coupa la parole, sentant sûrement qu'il commençait à perdre les pédales.
- Cela veut dire que Drago Malefoy est celui qui fera pencher la balance.
- Est-ce que vous êtes en train de dire que l'avenir du monde sorcier repose sur les épaules de cette fouine ?
Harry ne put s'empêcher de grimacer face à la remarque de Ron. Heureusement pour lui, personne ne le remarqua, les voix s'élevant soudainement autour de lui dans un brouhaha infernal.
- Je croyais que Harry était le seul à pouvoir vaincre Vous-Savez-Qui, remarqua Maugrey en jetant un regard suspicieux à Jade.
- Il l'est, mais il n'est plus notre seul ennemi.
- De mieux en mieux, grinça Fol Œil.
Un mal de tête mesquin commençait à poindre derrière le verre de ses lunettes. Harry avait du mal à supporter tout ça. La fatigue et le stress décimaient chacune des étincelles d'énergie que ses amis arrivaient parfois à insuffler en lui. Tout son être lui criait d'abandonner, de simplement laisser ses responsabilités disparaître, mais quand il les voyait, avec leurs airs inquiets, la culpabilité lui broyait le cœur.
- Qu'est-ce que tu en penses Harry ?
Le brun posa ses yeux fatigués sur Lupin. À une époque, Harry n'aurait pas hésité à se reposer sur son professeur quand tout devenait plus difficile, mais il avait trop de secrets et de culpabilité pour accepter de partager son fardeau avec quelqu'un d'autre.
- Est-ce qu'on doit y aller ?
- Y aller ? Demanda le brun en fronçant les sourcils.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, le coupa Rubis.
Maugrey se redressa, s'apprêtant à remettre en place l'homme aux yeux carmin, mais Rubis fut plus rapide.
- Vous ne savez pas à qui vous avez à faire. Ils sont impitoyables et plus puissants que nous tous réunis.
- Comment sommes-nous sensés les vaincre dans ce cas ? Demanda Kingsley d'un air grave.
Harry vit sa réponse dans les yeux de Rubis avant même qu'il s'apprête à leur répondre. La réponse était « on ne peut pas », évidemment. Il croisa son regard, lui intimant silencieusement de ne rien dire. Il n'était pas prêt à voir ses proches abandonner. Harry ne savait pas s'il pourrait s'en relever.
- Il y a peut-être une solution.
Tous les regards se tournèrent vers Jade. Harry, lui, remarqua surtout l'air inquiet de Rubis.
Ils brillaient d'un tel éclat que Blaise en était subjugué à chaque fois. Leur brun était pourtant d'une normalité indécente, mais il n'avait jamais autant aimé la manière dont chaque écrin de lumière épousait ses boucles.
En comparaison, ses cheveux drus, aussi sombres que la couleur de sa peau, lui semblaient bien fades. Théo était son rayon de soleil. Il n'en avait jamais eu aussi besoin que maintenant.
Blaise avait ressassé les paroles d'Hermione pendant des heures. Il était à la fois effrayé et rassuré, un combo étonnant qui lui donnait le tournis. Il s'apprêtait à envoyer sa lampe contre le mur quand Théo avait frappé à sa porte. L'air avait empli ses poumons, comme s'il n'avait pas respiré depuis longtemps.
Il n'avait pas encore osé lui parler de sa rencontre avec la Gryffondor. Il n'avait surtout pas encore décidé s'il devait l'impliquer dans toute cette histoire ou au contraire le laisser dans le peu d'innocence qu'un fils de Mangemort puisse avoir.
- Je suis suffisamment fort pour que tu puisses te reposer sur moi.
Théo avait la voix douce. Blaise se demanda comment une voix aussi délicieuse pouvait laisser transparaître autant de solidité. Il avait réellement envie de lui confier ses doutes. Il croisa ses pupilles vertes et il succomba.
Il s'approcha de Théo, incertain, cherchant dans son regard une quelconque indécision de sa part lui intimant de se reculer. Mais rien de tout ça. Il vint placer la paume de sa main sur sa joue, ses doigts fins et blancs contrastant divinement bien avec la couleur sombre de sa peau.
Blaise ferma les yeux, un soupir de bien-être s'échappant de sa poitrine comme un ronronnement satisfait.
- Qu'est-ce que tu dirais de jouer aux super-héros avec les Gryffondor ?
Il sentit le rire surpris de Théo vibrer jusqu'au bout de ses longs doigts. Il en frissonna.
- C'est une très mauvaise idée ! Grogna Rubis.
Jade lui lança un regard courroucé.
- Si tu as une autre solution, je t'écoute, lui répondit-il d'un air vexé
Rubis eut une moue pincée. Il n'avait jamais vu Jade afficher un tel visage. Les traits tirés par le doute. Il savait combien cette décision lui coûtait mais malgré sa colère, Rubis devait admettre qu'il avait raison. C'était peut-être la meilleure solution, mais elle reposait sur tellement de probabilités foireuses qu'il craignait que cette solution les mène à leur perte.
- Tu sais très bien que je n'en ai aucune ! Mais il n'est pas prêt !
Jade siffla d'un air mécontent.
- C'est trop tard.
Rubis s'appuya contre la fenêtre. Le soleil descendait lentement sur les collines qui entouraient le Terrier. L'éclat rouge de l'astre couchant lui tirait un pied de nez ironique qui attisa sa rage.
- Elle nous a abandonnés !
Jade s'approcha de lui et glissa une caresse légère sur son avant bras.
- Tu sais bien que non.
Rubis posa son front sur la vitre, savourant le froid qui inondait son corps.
- Elle ne peut pas mourir, ce serait la fin de tout. Ne sois pas rancunier.
Rubis grommela pour la forme. Il savait que Jade avait raison, comme toujours. Il aurait simplement souhaité que ce soit plus facile, que Duncan ne s'approche pas de Drago aussi rapidement et qu'une fois encore, l'amour soit le vainqueur.
Mais cette fois-ci, affaiblis, ils n'avaient d'autres choix que de battre en retraite et attendre que leurs ennemis commettent une erreur, tout en les surprenant sur leur propre terrain.
Rubis savait qu'ils n'étaient pas prêts. Au fond de lui, il avait envie de laisser Jade prendre toute la responsabilité de sa décision, mais c'était une idée tellement égoïste et lâche. Il tourna la tête pour croiser son regard, y faire passer toute la reconnaissance et la dévotion qu'il ressentait. Le sourire de Jade suffit à lui redonner espoir.
Ils avaient toutes les raisons d'échouer pourtant.
- 1, 2, 3, 4, 5 …
Le mouvement était hypnotisant.
- 6, 7, 8, 9, 10 …
Aussi hypnotisant que la putain de folie qui vrillait le cerveau de sa tante.
Drago laissa échapper un sourire ironique à la pensée qu'il devenait probablement aussi fou qu'elle. Peut-être était-ce de famille ? Il était pourtant parfaitement conscient que son cerveau partait en vrille, mais la puissance qui inondait son corps annihilait toutes pensées susceptibles de le réveiller.
Il se complaisait dans sa folie. Il parvenait même à comprendre Duncan et Voldemort. Il regardait Aliénor et…. D'un autre œil. Il était rare qu'il les croise mais chacune de leurs apparitions accroissaient le déséquilibre qui l'habitait.
Il avait multiplié le nombre de ses missions et Duncan profitait de chacune d'elle pour assurer son emprise sur lui. Parfois, il se rendait compte de sa domination, mais l'Angoisse jouait si habilement avec son esprit que cette pensée s'effaçait aussitôt. Tout était plus sombre autour de lui, les couleurs disparaissant de sa vie.
Il restait des heures assis dans cette pièce, sa panthère toujours à ses côtés. Bellatrix venait de plus en plus elle aussi, s'amusant à compter le nombre de traître que sa famille avait généré, sur les tapisseries, dans une litanie perpétuelle.
Quand elle s'arrêtait sur Lucius, Drago ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une bouffée de dégoût qu'il n'aurait jamais cru possible avant. Il méprisait son père d'être aussi faible. Drago était celui qui redorait le blason de sa famille, il était le plus puissant et il comptait bien asseoir sa domination sur son patriarche.
Bellatrix hésitait à chaque fois devant Narcissa, sans que Drago ne sache réellement pourquoi. Il ne lui posait jamais la question, il n'avait plus besoin de sa mère.
Il n'avait besoin de personne.
Le vent hurlait dans ses oreilles. Dans la violence de la tempête, les sorts fusaient autour de lui, ajoutant à la scène un climat bestial qui le rendait hagard.
Harry en avait presque oublié pourquoi il était là. Depuis qu'il avait brisé le sablier, le temps jouait au yo-yo avec lui et les événements ne cessaient de recommencer. Il revoyait les gens mourir autour de lui. Ses amis, tout ceux qui avaient fait le choix de se battre à ses côtés.
Parce qu'il avait été lâche et faible, il se devait de revivre à chaque fois cette souffrance horrible. C'était son châtiment et il l'acceptait.
Il ne discernait plus le paysage alentour. Ses lunettes, probablement réduites en miettes plus tôt dans la bataille ne lui étaient plus d'aucune aide. Mais pour la première fois de sa vie, il en fut presque satisfait. Ainsi il ne distinguait plus les corps jonchés au sol.
Un étrange son de percussion retentit dans l'air, grave et annonciateur de mauvaise nouvelle. Un nouveau cycle prenait place et Harry se mit à courir, fuyant cette scène d'épouvante.
Il refusait de voir Ron s'effondrer à ses pieds.
Sa gorge le brûlait, ses poumons incandescents lui hurlant de s'arrêter. Il suffoquait, il avait échoué. Tout était de sa faute.
Il recula, comme frappé par une vérité horrible. Il était le seul responsable de ce massacre. Parce qu'il avait osé aimer un ennemi, parce qu'il était tout simplement né, il avait causé la perte de trop de gens.
Harry sentit l'odeur puissante de l'océan, sa tête bascula en arrière quand il trébucha sur une pierre et il vit la lumière de la chapelle, comme un écho désespéré de ses erreurs. Il cligna des yeux, sombrant un instant dans l'obscurité.
Son cœur loupa un battement, il paniqua, il eut envie de hurler mais la seule voix qu'il entendit fut la sienne. Son prénom rugi comme un souvenir trop longtemps chéri.
Et il tomba.
Voilà, j'aime finir en gros cliffhanger ;)
Mais, parce que je ne suis pas aussi vilaine que j'en ai l'air, je vous laisse un petit cadeau. Je me suis amusée à chercher des photos de personnes qui seraient susceptibles de ressembler aux personnages que j'ai créé dans cette histoire. Voici le lien de l'une d'elle : .
Je vous laisse deviner de qui il s'agit ;)
A bientôt ! :D
