Bonsoir !
Oui oui, je suis de retour, enfin. J'espère que vous allez bien, depuis ces quelques mois :)
Ce chapitre, je ne vous le cache pas, n'est pas très facile. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai eu du mal à l'écrire, et que j'ai mis du temps. L'autre étant le travail. Ô joie !
Je me suis sentie comme Drago, et je m'excuse à l'avance si je vous déprime, mais souvenez-vous que j'ai dit, et je le maintiens, cette histoire finira bien. Je ne pourrais pas faire autrement que d'offrir une belle fin à Harry et Drago.
Pour ce qui est du Tumblr, comme j'en avais parlé au précédent chapitre, je n'ai pas vraiment eu le temps de m'y mettre, mais je ne laisse pas cette idée tomber, et maintenant que je suis en vacances, à moi la liberté des fanfictions !
Nous en sommes à 238 reviews, 72 favoris et 130 followers. Merci à vous, coeur sur vous 3
Un mot de ma bêta, spéciale chroniqueuse fanfiction : "En lisant ce chapitre j'ai été étonnée : JKR est déjà passée par là mais ClaP74 nous donne un nouvelle version, plus intense et plus centrée sur les sentiments. Vivement la suite !"
Bonne Lecture !
Musique :
Dino Meneghin
If you need it so badly
Chapitre 28
Alors c'était ça, le chaos ?
Cet amas de corps, ces flashs de lumière qui traversaient l'obscurité et les cris qui éraflaient un peu plus son cœur meurtri. Mais le pire était la douleur. L'impression que tout son corps pouvait s'effondrer. La peur lui dévorait les entrailles et il était incapable de bouger. Il préférait rester prostré au sol, ses mains recourbées dans la boue, arrachant par vagues irrégulières les racines qui osaient s'approcher de lui. Tout son être tremblait et sa vision floue l'empêchait de discerner les silhouettes qui dansaient macabrement autour de lui.
Drago Malefoy se mourait.
Les larmes brûlantes qui dévalaient ses joues creusaient des sillons amers dans son cœur. Il était brisé, incapable de respirer, son souffle haché par l'angoisse. Il ne pouvait supporter cette douleur plus longtemps. On ne s'occupait guère de lui tant le combat faisait rage autour de lui.
Il aurait dû s'en douter. La magie avait réclamé son dû. Harry avait sauvé la vie de son meilleur ami au prix de la sienne.
Mais ce n'était pas possible. Il ne pouvait vivre sans lui. La simple idée d'un monde sans Harry Potter lui donnait envie de s'effondrer et ne plus jamais se relever. Il refusait d'y croire.
Tous ses souvenirs, ces moments passés avec le Gryffondor, bons et mauvais, affluaient dans son esprit torturé, déchirant un peu plus son cœur. Une violente bile lui brûla la gorge quand il réalisa que ce n'était que des souvenirs et que plus jamais cela n'arriverait.
Il serra ses poings si forts que ses ongles s'enfoncèrent dans sa propre chair, mais la douleur ne fut pas aussi puissante qu'il l'aurait voulu. Son esprit était trop perdu dans son passé, dans le sourire de Harry, sa voix, la douceur de sa peau.
Il avait promis au brun qu'il ne sombrerait pas mais il était incapable de se relever. Pas en ressentant tout ça. Il ne pouvait tout simplement pas l'accepter. Comment pouvait-il penser un seul instant qu'il serait capable de vivre sans lui ?
L'envie de faire taire tous ses sentiments, d'oublier la douleur et de passer à autre chose l'envahit subitement mais les paroles de Harry tournaient en boucle dans sa tête. Peut-être qu'il pourrait le rejoindre ? Peut-être qu'ils pourraient trouver un monde où rien ne les séparerait ?
Il ne remarqua pas la silhouette qui s'était accroupie à ses côtés jusqu'à ce qu'elle pose sa main sur son épaule dans un geste qui se voulait réconfortant.
Ce fut quand il croisa son regard bleu et qu'il reconnut l'homme aux cheveux roux à qui ils appartenaient qu'il réalisa de qui il s'agissait. Une rage sans nom l'envahit et son poing boueux craqua quand il rencontra le nez de Ron Weasley, en vie.
Quelques heures plus tôt – Bureau de Dumbledore
Son cœur s'était emballé à mesure qu'il montait les escaliers jusqu'au bureau de Dumbledore. Harry appréhendait. La vie de son meilleur ami était en jeu et la peur de se tromper lui retournait l'estomac.
La porte s'ouvrit avant même qu'il ne pose la main dessus, incertain, se demandant s'il devait toquer alors qu'ils semblaient être, avec Drago, les seules personnes réelles ici.
Il eut un vertige dès lors qu'il posa un pied dans le bureau et la pièce autour de lui se mit à tourner. Il comprit immédiatement ce qu'il se passait quand le sol se stabilisa. Un sentiment de haine l'envahit quand il réalisa devant qui il se trouvait, et même la joie de voir Dumbledore ne suffit à atténuer sa rage. Ils ne pouvaient pas le voir évidemment, puisqu'il s'agissait d'un souvenir mais l'envie violente d'attaquer Rogue lui fit sortir sa baguette. Un tremblement incontrôlable envahit son corps et il ne comprit que quelques minutes plus tard de quoi ils parlaient.
- Je peux contenir la malédiction dans votre main mais …
Harry déglutit, observant avec effarement la scène qui se déroulait sous ses yeux. Son cœur battait si fort qu'il comprit à peine ce que demandait Dumbledore. Il ne pouvait pas croire que Rogue avait tué Albus parce qu'il le lui avait demandé. Pourtant, plus Harry y réfléchissait, plus cela lui semblait logique.
Ce fut quand il comprit que Dumbledore protégeait Malefoy depuis le début qu'il réalisa. Tous les agissements de Rogue, leurs conversations dans le placard, arguant que le professeur de potion cherchait à l'aider. Tout était vrai. Mais Dumbledore n'avait pas pris en compte leur plus grande menace.
« La nuit où Voldemort est allé à Godric's Hollow pour tuer Harry et que Lily Potter s'est jetée entre eux, le sortilège a ricoché. Une part de Voldemort s'est réfugiée dans la seule chose vivant qu'elle ait pu trouver, Harry lui-même. Ce n'est pas une coïncidence si Harry peut parler aux serpents, ni s'il peut entrer dans l'esprit de Voldemort. Une part de Voldemort vit en lui. »
Le cœur de Harry loupa un battement.
Il savait, au fond de lui, qu'il avait compris bien plus tôt pourquoi il était lié à Voldemort. Mais il n'était pas prêt à l'entendre, ni même à l'accepter.
« Donc quand le temps sera venu, le garçon doit mourir ? »
« Oui, oui, il doit mourir. »
Comment pouvait-il accepter de mourir ? Avait-il mené sa vie uniquement pour en arriver à ce point ?
« Vous l'avez gardé en vie pour qu'il meure le moment venu. Vous l'avez élevé comme un porc destiné à l'abattoir. »
Incapable de bouger, Harry assistait impuissant à la révélation la plus douloureuse de sa vie. Il avait toujours eu un profond respect pour Dumbledore et même les mots violents de Rogue sur les agissements du sorcier ne pouvaient lui faire oublier qu'Albus avait été comme un père pour lui. Malgré ce qu'il lui avait caché, malgré ce destin tragique auquel il ne pouvait échapper, Harry ne pouvait le détester, tout comme il ne pouvait continuer à alimenter sa rancune contre Rogue.
Pas après avoir compris combien il aimait sa mère.
Il tremblait quand tout se stoppa autour de lui. Il se retrouva à genoux sur le sol du bureau de Dumbledore, dans un silence rompu uniquement par les bruits des instruments que gardait son professeur.
Harry n'aurait su dire combien de temps il resta ainsi, savourant la froideur du sol contre ses jambes. Il ne savait pas quoi penser de tout ça, de tous ces souvenirs qui ne lui appartenaient pas et qui pourtant le concernaient. Il aurait voulu ne jamais avoir à porter un tel fardeau, avoir une vie normale et profiter comme tous les garçons de son âge. Mais comme l'avait si bien dit Rogue, il vivait pour mourir.
Toute sa vie, Harry avait cru que les malheurs qui s'abattaient sur lui n'étaient que le tribut pour accéder au bonheur, mais il lui était retiré si violemment. Il avait vraiment cru qu'il pourrait vivre quelque chose avec Drago, qu'il connaitrait enfin la paix mais le prix pour y accéder était sa propre mort.
Il ne pouvait que leur offrir cette paix qu'ils avaient cherchée. Il aurait simplement voulu en profiter aussi.
- Tu es si courageux, Harry.
Le brun releva la tête, croisant le regard azur de Dumbledore. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Il était tout simplement incapable de dire quoi que ce soit. Le sorcier s'avança, et s'assit sur les marches face à lui dans une grimace fatiguée.
- Je suis désolé que tu l'ais appris de cette manière.
Harry eut un sourire triste.
- J'imagine qu'il n'y a pas de bonne manière pour apprendre qu'on doit mourir.
Dumbledore le fixa sans un mot et Harry put discerner dans son regard les lueurs de fierté et de tristesse qui y dansaient.
- Comment peut-on accepter de mourir ? demanda Harry en sentant sa détermination flancher. Comment peut-on accepter de laisser les personnes qu'on aime derrière soi ?
Harry ferma les yeux, serra ses poings pour oublier la douleur que lui procurait cette idée.
- Parce que nous pouvons leur offrir un monde meilleur.
Le brun plongea dans le regard de Dumbledore. Un sourire rassurant flottait sur ses lèvres. Pourtant, même s'il acceptait l'idée que sa mort pourrait amener la paix dans leurs vies, la peur de perdre ceux qu'ils aimaient, la peur de voir Drago s'effondrer fissuraient chacun de ses espoirs.
Il ne s'agissait que de tuer Voldemort, pourtant il était loin d'être le seul mal à ronger le monde. Derrière le mage noir se trouvaient les trois autres sorciers les plus puissants que Harry ait rencontrés jusqu'à maintenant. Comment Dumbledore pourrait-il croire que Harry serait suffisamment fort pour les détruire eux-aussi ? Comment serait-ce possible puisqu'il était destiné depuis toujours à mourir de la main de Voldemort ?
Dumbledore avait-il prévu depuis le début quel mal rongerait leur monde ? Pourtant, il ne pouvait penser que Harry serait le seul capable de les vaincre et le brun refusait de laisser à ses amis la lourde tâche de vaincre ces démons à sa place.
- Tu dois probablement croire que je suis fou.
La remarque aurait tiré un sourire à Harry si l'ombre de la mort ne planait pas sombrement au-dessus de lui. On lui avait fait tant de fois remarquer que son professeur était cinglé qu'il avait fini par l'accepter comme tel. Une folie bien maîtrisée.
- Je ne peux m'empêcher de croire que vous me dites ça pour une bonne raison.
Dumbledore posa un regard bienveillant sur lui et Harry se sentit un instant fier de la reconnaissance du vieil homme. Albus n'avait jamais pris une décision sans en mesurer toutes les conséquences et chacun de ses mots étaient soigneusement choisis. Petit à petit, l'idée que sa mort permettrait à leur monde de survivre remplaçait la peur qui lui tordait les boyaux.
Les yeux de Dumbledore respiraient la confiance et l'espoir et, pour la première fois depuis longtemps, Harry se sentit également enclin à y croire. Croire que la victoire était possible et que le bonheur serait le bienvenu.
Il lui suffisait simplement de se sacrifier pour leur permettre de vivre leur vie.
Il espérait sincèrement que Drago survivrait à tout ça, que ses amis et tout ceux qu'il aimait comprendraient son choix. Il ne doutait pas que Ron et Hermione se battraient jusqu'au bout pour vaincre le mal.
- Comment ma mort pourra-t-elle sauver Ron ?
Un sourire amusé naquit sur les lèvres de Dumbledore.
- Le temps est quelque chose d'amusant Harry. Il suffit de penser très fort au moment opportun pour que les rouages s'enclenchent.
Le Survivant inspira profondément. Dumbledore le fixa de ce regard bienveillant qui l'avait protégé pendant toutes ces années.
- Je suis fier de toi, Harry. Et souviens-toi que l'amour est la plus puissante des magies.
Tout s'était déroulé trop vite et Hermione avait regardé la scène avec une sorte de sentiment de déjà-vu, incapable de faire quoique ce soit pour empêcher le drame. Elle avait cru que toutes les chances étaient de leur côté, que la force de leur amour et leur amitié sans faille suffiraient à vaincre le malheur qui s'était abattu sur ce monde.
Mais elle s'était trompée.
Elle n'avait rien pu faire lorsque Harry s'était placé face à Voldemort, les isolant dans une bulle protectrice d'une telle puissance qu'aucun sort n'avait pu l'entraver.
Elle avait intercepté le regard horrifié de Malefoy face à eux quand ils avaient compris que Harry ne se battrait pas.
Elle n'avait pu que hurler quand le faisceau vert toucha le corps de son meilleur ami, avant qu'on l'entraîne de force à l'extérieur.
Après ça, le chaos n'en avait été que plus puissant.
Ron avait attrapé la main d'Hermione et ne l'avait plus lâché. A chacune de ses suppliques, son cœur se brisait un peu plus, mais il ne pouvait en aucun cas la lâcher. Il devait courir, s'éloigner le plus possible du chaos qu'ils avaient créés.
Derrière eux, Jade et Rubis assuraient leurs arrières, hurlant à leurs alliés de se rabattre.
Puisque tout était perdu.
Ron sentait les effluves sombres de leurs ennemis sur leurs pas, comme une chape de plomb qui les étouffait doucement.
- On doit récupérer son corps, murmura Hermione quand ils s'arrêtèrent un peu plus loin, protégés par l'obscurité.
- Je m'en occupe, répondit Ron.
Hermione lui avait jeté un regard douloureux, résistant à l'envie de le retenir. Un coup d'œil à Jade et Rubis leur fit comprendre de la protéger jusqu'à ce qu'il revienne.
Et il s'était précipité en arrière, priant pour que le Mal ait déserté la chapelle.
Il avait couru comme un forcené, ses pieds claquant sur la terre dure du Cap Horn.
Quand il tomba sur lui.
Il ne put s'empêcher de s'arrêter, son cœur battant à tout rompre. Il s'agenouilla à ses côtés, ignorant les sanglots qui secouaient le corps prostré de Malefoy. Il n'avait jamais réalisé que la douleur de perdre l'être aimé pouvait être aussi forte. Il avait déjà vu le Serpentard dans tous ses états, mais jamais comme ça. Sans vie et épuisé par les combats.
Il posa sa main sur son épaule en signe de réconfort quand leurs regards se croisèrent. Un tel élan de haine envahit les yeux argentés du Serpentard que Ron aurait dû s'attendre à ce que son nez explose.
Un gémissement sourd s'échappa de sa gorge et il s'effondra en arrière.
- Qu'est-ce que tu veux ? grogna le Serpentard en le fixant d'un œil mauvais.
- Je ne peux pas le laisser là-bas.
Drago le fixa sans un mot, Ron ne discerna aucune émotion dans son regard. Ses yeux étaient cernés de rouges à cause des larmes. Le blond se leva soudain et sans un regard en arrière, s'élança en direction de la chapelle.
Ron grommela, essuyant rapidement avec sa manche le sang qui coulait de son nez et s'élança à sa suite, pestant contre ses mauvaises manières.
La peur lui tordait les entrailles. Il avait perdu Harry une première fois et il refusait de le perdre une seconde fois. C'était pour ça qu'il courait à en perdre haleine, priant pour que Voldemort et les autres aient déserté les lieux. Le mage noir ne verrait probablement aucun intérêt à rester dans la chapelle, face à un enfant mort, alors que leurs ennemis s'étaient enfuis avec le sablier.
Il n'avait pu que regarder l'éclair vert frapper le corps de celui qu'il aimait, cloisonnant au plus profond de son être le cri de douleur qu'il voulait hurler en le voyant s'effondrer. La partie rationnelle de son cerveau le poussant à cacher sa détresse, à ne pas rendre le sacrifice de Harry inutile.
Il ne pouvait accepter le sacrifice de Harry, bien qu'il ait compris de quoi il en retournait. Il refusait de croire que le seul moyen de détruire Voldemort était que le Survivant meure. La vie avait-elle si peu de foi en eux pour lui enlever la seule personne capable de le sauver ?
Le silence s'étalait, lourd et effrayant, quand il arriva dans la chapelle. Harry était là, allongé au sol dans une position grotesque, son corps étalé entre les gravas. Il s'effondra au sol quand les pas de Ron derrière lui le ramenèrent à la réalité. Des larmes brûlantes dévalèrent ses joues et il ne put réfréner le cri de douleur qui émana de son cœur.
Comment pouvait-il vivre sans Harry ? Comment pouvait-il ne serait-ce que penser à se réveiller chaque matin sans lui ?
Son absence déchirait son cœur, piétinait son âme, détruisait ses pensées pour ne laisser que la douleur amère de ses erreurs. Il aurait dû saisir sa main, le laisser le sauver quand il était encore temps au lieu de laisser sa lâcheté gagner au détriment de son amour.
Il discerna entre ses larmes Weasley qui s'était agenouillé auprès de son ami, fermant ses paupières pour échapper au regard sans vie de Harry Potter.
Son corps devait être aussi froid que la mort.
Aussi froid et glacial que son absence.
Drago serra ses bras autour de lui dans une tentative désespérée de stopper les tremblements qui s'étaient emparés de son corps quand une main emplie de chaleur se posa sur son épaule. Il ne l'avait pas entendue arriver, mais un élan d'espoir l'enveloppa quand il croisa les yeux de sa mère.
Il discerna Blaise, un peu plus à l'écart, incapable de faire ne serait-ce qu'un mouvement, désarçonné par la scène qui se déroulait sous ses yeux. Ron les fixait sans un mot, sur la défensive, se plaçant instinctivement devant le corps du Survivant pour le protéger de quoi que ce soit.
- Mon chéri… murmura Narcissa en posant sa main dans un geste d'une douceur accablante sur sa joue. Nous devons partir.
- Je ne pars pas sans lui, parvint-il à répondre d'une voix rauque.
Et ses mots semblaient sortir d'un autre corps comme si tout ce qu'il était avait disparu.
- Je sais.
Elle attrapa sa main d'une force douce, le poussant à se relever, difficilement. Elle jeta un regard entendu à Blaise et le jeune homme s'approcha de Ron et du corps de Harry. Le rouquin se redressa, le défiant du regard, mais le Serpentard baissa les mains en signe de paix.
- Laisse-moi t'aider.
- Pourquoi ça ? demanda le roux en plissant les yeux, leur jetant des regards soupçonneux.
- Pour moi, parvint à dire Drago en le regardant dans les yeux.
Ron ne dit rien, cherchant dans son regard la preuve de sa confiance. La douleur qu'il y vit le fit reculer. Blaise s'avança, hésitant un instant quand la réalité le frappa de plein fouet. Un tremblement discret traversa son corps mais il se baissa pour attraper le corps de Harry. Il l'agrippa avec force, tourna son visage vers l'obscurité, une larme silencieuse glissant furtivement jusque dans son cou.
- Je suis prêt, dit-il sans trembler.
Alors Narcissa s'approcha d'eux, tenant fermement la main de son fils, perdu dans les limbes de sa douleur et, les agrippant tous, elle les emmena loin du chaos.
Ce fut comme un écho sur le Cap Horn.
L'Ordre s'échappa, retrouvant les lieux rassurants de leurs foyers, fuyant l'horreur de la guerre qu'ils avaient menée sans succès. Et ce sentiment écrasant de la défaite, la mort, la peur et le désespoir.
Tom s'écroula au sol subitement sous le regard effaré de Duncan. Une douleur lui déchira la poitrine et la sensation désagréable de la faiblesse traversa tout son corps sournoisement. Il leva des yeux fous sur son vis-à-vis et la lueur effrayée ne put passer inaperçue.
Voldemort s'affaiblissait et Duncan se sentit paniquer pour la première fois de sa vie. C'était un fiasco total. Non seulement, l'Ordre avait détruit le sablier et, malgré la mort de Potter, la faiblesse de Tom ne présageait rien de bon. Mais pire encore, Malefoy leur avait échappé. Dans leur joie d'avoir tué le Survivant, ils n'avaient pas porté attention à sa désertion. Persuadé que son emprise était suffisamment puissante sur le jeune homme, il avait baissé sa garde.
Mais quelque chose clochait. Il s'était passé quelque chose. Quelque chose qui avait affaibli Tom et qui leur échappait.
Il devait trouver la réponse, au risque que tout ce qu'ils avaient prévu soit détruit. Mais avant ça, il devait garder la faiblesse de Tom bien cachée.
S'habituer à l'absence et à la douleur était presque devenu normal. Croiser le regard éteint de ses amis, forcer un sourire pour qu'on arrête de vous dire que ça va aller. Tout ça, cette routine du deuil et de la défaite avait un goût amer.
Se persuader tous les jours que les choses s'arrangeraient était le pire mensonge que Hermione avait prononcé depuis des années. Celui auquel elle ne croyait même pas. Comment pouvaient-ils croire à une victoire alors que Harry était mort ?
Une ambiance pesante s'était installée au Square Grimmaurd, renforcée par la présence dérangeante de Drago, Narcissa et Blaise. Les voix s'étaient levées contre eux et un rude combat avait été mené pour les exclure mais Jade et Rubis avaient été clairs : quiconque oserait les expulser serait vivement sanctionné. Personne n'avait bronché, mais les regards haineux et les mots tranchants volaient parfois dans les couloirs.
Drago Malefoy était le coupable idéal pour bon nombre de membres de l'Ordre depuis qu'on avait découvert « l'abominable vérité ». L'histoire du Serpentard qui avait perverti le héros et causé sa perte était un amas de non-sens qui exaspéraient Hermione.
Ses yeux étaient ternis par sa douleur et si personne n'acceptait que le mangemort puisse ressentir quelque chose pour le survivant, elle, savait. Elle savait que Drago avait le cœur déchiré et que son silence n'était que le reflet du désert qui soufflait sur son cœur depuis que Harry était mort. Elle avait plusieurs fois croisé le regard désespéré de Narcissa face au mutisme de son fils et maintes fois, Blaise avait essayé de lui demander de l'aide.
Mais elle ne savait quoi dire. Elle-même se battait chaque matin depuis une semaine contre l'idée que tout était fini, que leur espoir était réduit à néant et que ce n'était qu'un terrible cauchemar dont elle se réveillerait.
Mais chaque matin apportait son nouveau lot de peine. Les noms de ceux assassinés par Voldemort, leurs missions suicides pour tenter de sauver ce qui restait de survivants, les mots vides de sens.
Elle n'avait pas osé mettre un pied dans sa chambre. Ce lieu confiné que Jade et Rubis avaient transformé en sanctuaire pour le corps de Harry de manière à ce que celui-ci ne pourrisse pas. Elle avait surpris plusieurs fois Drago devant cette porte, figé comme une statue silencieuse dans l'obscurité de la nuit.
Même Ron ne parvenait pas à lui remonter le moral. Un gouffre infranchissable s'était créé entre eux après la mort de Harry et elle ne pouvait s'empêcher de pleurer à chaque fois qu'elle voyait les yeux brisés du rouquin.
Cette nuit encore, elle avait été incapable de fermer l'œil. Ne pouvant supporter plus longtemps les gémissements déchirants des cauchemars de Ginny malgré ses sorts d'insonorisation, elle s'était éclipsé et avait cherché refuge dans la cuisine sombre de la maison des Black.
Elle s'était assise sur une chaise, face à la cheminée, ses yeux posés sur une des photos représentant Harry. Ils étaient si jeunes, éblouis par la magie de Poudlard. C'était un de ces nombreux moments qu'ils avaient passés tous les trois dans le parc, Hermione désespérée de les voir s'amuser au lieu de réviser, et que Hagrid avait immortalisé.
Ron avait retrouvé cette photo dans cet album qu'il gardait toujours avec lui depuis que Hermione lui avait appris ce sort d'extension. D'autres avaient ajoutés des souvenirs, que des membres avait récupéré après qu'ils avaient réchappé de leur combat au Cap Horn.
Elle ne réalisa qu'elle pleurait que quand ses larmes l'empêchèrent de distinguer la silhouette qui était entrée dans son champ de vision. Elle ne l'avait pas entendu arriver, et elle renifla piteusement quand elle comprit qu'elle avait l'air ridicule ainsi. En pyjama, assise dans le noir à regarder les photos de son meilleur ami mort.
- Il m'a dit adieu.
Elle eut un hoquet de surprise quand elle reconnut sa voix. Elle était rauque d'avoir été trop retenue mais elle aurait reconnu ce timbre parmi des milliers.
- A sa manière, il m'a dit adieu et je ne l'ai compris que trop tard. Tout ça pour sauver cet abominable rouquin.
Elle ne dit rien quand sa voix se fêla et quand elle l'entendit renifler. Elle ne dit rien non plus quand il se laissa tomber à côté d'elle dans un geste désespéré, se contentant de poser sa main sur l'épaule de Drago dans un geste de réconfort.
Ils restèrent de longues minutes ainsi, leurs sanglots perçant le silence de la nuit. Un drôle de sentiment lui tordait le cœur à l'idée que Malefoy lui parle à elle, mais elle comprenait si bien sa peine que le jeune homme s'était senti libre de craquer, enfin. Ses larmes devinrent plus fortes et ses pleurs redoublèrent à mesure que la réalité la touchait de plein fouet. Harry ne reviendrait pas, parce qu'il était mort.
Un sentiment de vide horrible l'étreignit et elle ne fit pas un mouvement quand Drago l'attira contre lui. Elle pleura contre son épaule la perte de son meilleur ami, comme il pleura son cœur disparu.
Ils pleurèrent longtemps jusqu'à ce que le soleil se lève.
Elle avait les membres engourdis d'être restée trop longtemps immobile et ses yeux la brûlaient. Mais Drago la tenait toujours contre lui, dans une sorte d'étreinte protectrice qui lui fit du bien.
Le froid la fit frissonner quand il se leva, l'abandonnant à sa peine sans qu'elle réagisse. Elle fut soudain relevée par le coude et assise sur la chaise dont elle s'était laissée glisser pendant la nuit. Elle leva les yeux et tomba sur la tasse de thé fumante que Drago venait de déposer devant elle.
Elle l'attrapa d'un geste tremblant et le porta à ses lèvres avec un regard reconnaissant pour le Serpentard. Il y avait quelque chose de réconfortant dans son acte, une sorte de paix intérieure qu'elle recherchait depuis longtemps. Comme si le simple fait d'avoir pleuré sur l'épaule du jeune homme lui prouvait qu'elle ne se battait pas pour rien et que tout était possible. Même le pardon.
Pourtant, le regard de Drago restait absent et vide et Hermione ne savait dire pourquoi quelque chose clochait dans tout ça. Elle fouilla dans ses pensées, ressassant le peu de paroles que le blond avait prononcé pendant la nuit.
Elle reposa sa tasse et fixa le Serpentard en fronçant les sourcils. Elle avait l'impression que sa gorge était sèche mais elle trouva la force de parler.
- Qu'est-ce que tu voulais dire par « sauver Ron » ? réussit-elle à demander en le fixant d'un air suspicieux.
Un rire amer s'éleva de la gorge du blond et son regard se porta derrière Hermione, sur la photo qu'elle avait fixée cette nuit.
- Il a utilisé le sablier, parvint-il à prononcer en se raclant la gorge.
Il attrapa une fiole qui traînait sur la table et à laquelle elle n'avait pas porté attention jusqu'à maintenant. À en définir l'odeur, il devait s'agir de Whisky-Pur-Feu. Il en avala une grande rasade et la fixa d'un air hagard en grimaçant.
- Je ne comprends pas, chuchota-t-elle en ayant peur de l'énerver si elle venait à parler plus fort.
- Il était mort.
Elle se crispa.
- Weasley, cracha-t-il.
Elle porta sa main à sa bouche avec un hoquet de surprise, ses yeux s'écarquillant de stupeur.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Ce foutu sable nous as emportés, et puis nous nous sommes retrouvés à Poudlard.
Elle fronça les sourcils alors que Drago avalait une nouvelle rasade de Whisky. La mâchoire crispée, il serra les poings, en proie à une sourde colère qui la figea de peur.
- Quoi qu'il ait vu, il a dit qu'il était prêt. Il était prêt à échanger sa vie, est-ce que tu comprends ?
Il avait prononcé cette dernière phrase si bas, qu'elle crue l'avoir rêvée. Devant elle, Drago avait le visage tordu de douleur et elle, elle ne pouvait dire un mot. Elle ne comprenait pas. Pourquoi Harry aurait-il sacrifié sa vie pour n'en sauver qu'une ? À moins que ?
Elle n'eut pas le temps de poser la question à Drago que la porte de la cuisine s'ouvrit dans un fracas, une tornade rousse envahissant leur champ de vision. Ginny s'arrêta face à eux, son visage tordu par la peur.
- Il se passe quelque chose avec Harry, lâcha-t-elle dans un souffle.
Oh oui, que j'aime les fins de chapitre comme ça. Bon évidemment, je pense que vous savez tous de quoi il en retourne, mais il ne faut pas oublier que Drago est définitivement au bout de sa vie et qu'il a besoin de réconfort bb !
Je vous fais plein de bisous ! Vous pouvez évidemment me suivre sur Facebook, soit dans le groupe ClaP74 ou alors sur la page Drarry Shippers.
Et promis, cette fois-ci, je n'attendrais pas 100 ans pour poster la suite !
Des bisous papillons !
A très vite !
