Bonjour !

Oui, vous ne rêvez pas, un nouveau chapitre si rapidement, quelle surprise ! J'étais motivée, et j'avais du temps. Le meilleur combo pour les fanfictions. Autant en profiter non ? ;)

Un chapitre un peu plus joyeux, si je peux parler de joie. Il amène en tout cas un peu plus d'espoir, et surtout un peu plus de Drarry :3
Les choses se concrétisent, et se résolvent. Mais il reste encore beaucoup de mystère, mais le principal, c'est que je prends toujours autant de plaisir à les écrire.

Je me demandais d'ailleurs si ce ne serait pas plus interactif de faire un compte instagram auteur plutôt qu'un tumblr, puisque je pense que ça pourrait être plus interactif. Quel est votre avis ? Est-ce que ça vous intéresserait ?

Concernant le chapitre précédent, je dois avouer que j'étais un peu déçue de voir si peu de review, mais bon je devais m'y attendre après tant de temps sans publier. M'enfin, un petit mot fait toujours plaisir ! Merci aux nouveaux, je vous adore *-*

Et puis je dois prévoir une bonne journée pour répondre à tous vos adorables commentaires qui m'ont donné du baume au coeur et m'ont motivé encore et encore.

Nous en sommes donc à 239 reviews (ce qui, je l'avoue, est déjà un super score !), 75 favoris, et 132 followers. Merci, coeur sur vous tous !


Un mot de ma bêta, grâce à qui cette histoire est lisible et qualitative ;) : « Un chapitre poignant, avec des révélations, de l'espoir et de la noirceur. On en veut plus ! »


Bonne Lecture !


Musique :

David Chappell

Who will save us now ?


Chapitre 29


Un éclat vert, et puis le noir.

La lumière lui brûla les rétines lorsqu'il ouvrit les yeux. Il avait la bouche sèche et des courbatures lui tiraient désagréablement le corps. Le silence régnait autour de lui, c'en était assourdissant. Il tâtonna par habitude autour de lui pour trouver ses lunettes, mais il ne trouva rien, réalisant soudain qu'il n'en avait pas besoin. Il fronça les sourcils, comprenant qu'il n'était pas dans le monde réel puisqu'il parvenait à voir sans ses lunettes. Quand il arriva enfin à distinguer ce qui l'entourait, il se redressa difficilement, faisant appel à toute sa force pour soulever son corps meurtri.

Il se trouvait dans une sorte de gare d'une blancheur incroyable. Tout était vaporeux et c'était comme si l'endroit n'avait aucune fin. Harry ne distinguait aucune limite et la fumée immatérielle qui envahissait l'espace l'empêchait de voir plus loin que son nez.

Un cri assourdissant retentit alors qu'il observait l'endroit où il s'était éveillé. Il s'approcha à tâtons du bruit, sur ses gardes, jusqu'à ce que son tibia bute contre quelque chose de solide. Baissant la tête, il visualisa le banc et, immédiatement, son regard se focalisa sur la chose immonde qui gesticulait en dessous.

Retenant un haut-le-cœur, il recula, observant de loin l'être difforme qui semblait être à l'origine du cri. On aurait dit un bébé calciné. Sa peau était rougie, comme brûlée, et ses narines s'ouvraient activement, comme pour humer chaque odeur qui venait à lui. Un frisson désagréable traversa le corps de Harry.

Il se figea quand il sentit une présence dans son dos. Il tâtonna ses poches machinalement pour récupérer sa baguette mais elles étaient désespérément vides. Il n'osa pas se retourner, son instinct lui dictant qu'il ne pouvait pas être en danger dans un tel lieu, que le silence qui l'enrobait était bien trop solennel pour que quelque chose d'horrible survienne.

- Pauvre créature.

À la voix, Harry se retourna précipitamment, un sourire s'ourlant sur ses lèvres.

- Professeur !

Dumbledore lui sourit en retour d'un air bienveillant. Puis il baissa les yeux, scrutant le bébé sous le banc avec un air peiné sur le visage.

- C'est Voldemort, n'est-ce-pas ? demanda Harry en le fixant à son tour.

Le vieil homme acquiesça. La ressemblance était frappante maintenant qu'il avait compris. Il s'agissait de l'Horcruxe qui vivait en lui. Ce même bébé qui avait permis à Tom Jedusor de renaître lors de sa quatrième année, prenant en échange la vie de Cédric. Son cœur se serra à ce souvenir et il se félicita de voir la créature souffrir à ses pieds après tout ce qu'elle avait fait.

Pourtant, au fond de lui, ce sentiment de vengeance ne lui apportait que tristesse et colère. Il ne se passait pas un instant sans qu'il n'en veuille au monde de devoir ressentir malgré lui cette peur de l'autre qui hantait Jedusor. Comme si le haïr n'était pas suffisant, il ressentait aussi de la peine et du dégoût pour son ennemi, et le voir ainsi, misérable, l'affectait plus qu'autre chose.

Harry n'avait jamais voulu de cette guerre et de cette horreur. Jamais.

- Nous ne souhaitons jamais que le bonheur. Mais la jalousie et la peur sont des émotions bien trop fortes et trop dévastatrices. Il suffit parfois d'une petite étincelle pour déclencher des guerres qui nous dépassent. Heureusement pour nous tous, l'espoir est également une étincelle qui peut faire des merveilles.

Harry plongea dans le regard de Dumbledore et il comprit. Il réalisa enfin que ses pupilles n'étaient pas celles qu'il connaissait, qu'il avait eu confiance uniquement parce qu'il avait l'image de son professeur devant lui.

⁃ Qui êtes-vous ?

Il n'avait pas peur cependant, et le sentiment de confiance qui l'avait envahi en reconnaissant son professeur n'avait pas disparu. Comme si, qui que ce soit, il ne représentait aucun danger pour lui. Bien au contraire, il se sentait étrangement bien, comme apaisé après les pensées venimeuses qui l'avaient envahi en observant l'Horcruxe abandonné sous le banc.

Un sourire s'épanouit sur le visage de Dumbledore alors que dans un flou nuageux, son corps se transformait pour prendre celui d'une femme. Elle était bien plus grande que lui et sa peau pâle semblait faite en porcelaine. Elle portait une longue robe blanche et vaporeuse qui s'accordait parfaitement avec l'environnement dans lequel ils se trouvaient.

- Je pensais que Jade et Rubis t'auraient parlé de moi, répondit-elle avec un sourire amusé, sa voix chaude et envoûtante s'insinuant en lui insidieusement, le laissant pantelant.

- Ils l'ont fait, dit-il d'une voix rauque.

Un rire amusé s'échappa de ses lèvres rosées et elle se rapprocha de Harry, posant une main impérieuse sur son épaule.

- Tu es très courageux.

Harry se figea à ces mots. Ils étaient la réplique exacte de ceux prononcés par Dumbledore dans le souvenir qu'il avait vu dans la Pensine. Un instant il se demanda si, au fond, il ne s'était pas agi d'elle depuis le début.

- Non, murmura-t-elle avant qu'il puisse poser la question. Dumbledore était simplement un vieil ami.

Il fronça les sourcils et son cœur s'emballa.

- Vous l'avez laissé mourir, l'accusa-t-il d'une voix réprobatrice en reculant d'un pas, s'arrachant à sa poigne.

- Tu ne peux en vouloir à un homme d'avoir ses secrets. Il était temps pour lui de se reposer.

Un sentiment amer envahit Harry et il détourna le regard, sa douleur encore trop présente pour l'affronter dans les yeux de celle qu'on appelait La Magie.

- Je ne suis pas ici par hasard, n'est-ce-pas ? Demanda Harry en se tournant vers l'Horcruxe de Voldemort qui geignait faiblement.

Elle le scrutait de son regard saphir et Harry se sentit soudainement bien nu, certain qu'elle pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. L'idée était dérangeante, mais le Survivant ne ressentait pas cette sensation de malaise qui aurait dû l'envahir à cette pensée. Il se sentait en sécurité et conscient de l'enjeu qui se présentait à lui.

- Est-ce que j'ai le choix ?

Elle le fixa sans sourciller, sa voix cristalline s'élevant, l'entourant gracieusement, le touchant plus profondément que jamais.

- Oui.

Le choix. Un jeu draconien. La paix ou le tumulte ? Peut-être était-ce ce que Dumbledore avait recherché ? Le calme et la paix, pouvoir enfin abandonner ce poids sur les épaules, ce syndrome du héros qui collait à la peau. Rejoindre ceux qu'il avait perdus trop tôt. Mais laisser derrière lui tout ceux qui avaient cru en lui, ceux qui l'attendaient probablement et qui comptaient encore inconsciemment sur lui pour survivre à la guerre et la haine.

- Pourquoi suis-je ici, alors ?

Elle ne lui répondit pas, se détournant de lui pour se baisser vers le bébé. Elle approcha sa main, mais un éclair noir lui foudroya la paume avant qu'elle ne puisse le toucher, lui arrachant un sifflement douloureux.

- Ne dit-on pas que l'on doit s'accepter avant de pouvoir affronter les autres ?

Harry grimaça. Comment pouvait-il accepter qu'on le traite comme un héros alors qu'il n'était qu'un garçon égaré amoureux de la mauvaise personne ? Le garçon qui n'avait jamais rien choisi que Drago, et ses amis. Devait-il s'accepter ainsi ? Il avait accepté de mourir.

- Tu dois accepter cette magie qui coule en toi.

Le Survivant resta silencieux, incapable de répondre.

- Tu dois accepter que ta magie est liée à celle de Voldemort, ajouta-t-elle en attrapant son visage entre ses mains. Ou alors tu ne pourras jamais le vaincre.

- Je ne peux pas, répondit-il en s'échappant encore une fois.

Une de trop, encore.

- Et si je devenais comme lui ? murmura-t-il si bas qu'elle crut ne pas l'entendre.

Elle secoua la tête négativement.

- Tom a peur. Et il est seul. Harry, tu es si courageux. Tu es entouré par des personnes merveilleuses qui ne te jugeront jamais pour tes actes, mais pour ce que tu es. Des amis qui donneraient leur vie pour toi.

- Je ne veux pas de ça, se défendit Harry en serrant les poings. Je ne veux plus qu'on meure pour moi.

Le souvenir vivace du corps de Ron, étalé dans la boue, le fit chanceler.

Elle se retourna, fixant le vide devant elle, le laissant à ses réflexions.

Harry comprenait son point de vue. Jade et Rubis avaient essayé en vain de lui donner accès à la source de sa magie, la pleine puissance qui le rendrait capable d'affronter Voldemort à mains nues, mais le problème était là. Il ne se l'autorisait pas, refusait de laisser libre court à la source de tous ses soucis. Parce que cette magie, bloquée en lui, était là parce que Voldemort l'avait choisi. Parce qu'il avait fait de lui le Survivant, et son ennemi, et qu'une fois encore il était lié par une prophétie. Ses choix étaient toujours limités par son devoir et par la voie toute tracée qui l'attendait depuis sa naissance.

Il était fatigué.

Mais les rires, les regards enjoués de ses amis, le sourire de Drago, ses tremblements qui s'estompaient quand ils se touchaient. Ils étaient ses choix. Il voulait se battre pour ceux qu'il aimait, ceux qui croyaient en lui parce qu'il était Harry, et non pas une sorte de héros qu'on adulait.

Il se sentit soudainement bien et un flux puissant de magie l'envahit à mesure qu'il acceptait qui il était. Harry Potter, l'Émeraude, et l'ami, l'amant et le héros malgré lui. Un halo lumineux l'enveloppa et quand il leva les yeux, il croisa le regard admiratif de La Magie.

Elle lui souriait franchement et dans son regard, il put lire tout le ravissement et la fierté qui découlaient de son choix. Comme une mère regarderait son enfant, elle s'approcha de lui et, l'effleurant à peine, partagea avec lui son savoir et toutes ses pensées.

Et il put ressentir ce qu'elle ressentait. Il vit ce qu'elle voyait et il traversa les âges à travers ses souvenirs. Il se sentit défaillir face à l'afflux incroyable d'informations mais elle le retint d'une poigne ferme et douce à la fois.

Il sut alors ce qu'il devait faire et elle le serra dans ses bras chaleureusement.

- Nous nous reverrons bientôt, lui chuchota-t-elle à l'oreille avant de poser ses lèvres sur son front comme on embrasserait un enfant.

Il lui sourit, apaisé, et se pencha vers le bébé. Il geignit mais quand il posa sa main sur la chair à vif, il ne ressentit aucune douleur.

Simplement un flash et puis, encore une fois, l'obscurité.

Et enfin des voix, des odeurs, et il revint à lui sous les regards abasourdis de Jade et Rubis.


Son cœur battait si fort qu'il sentait son sang bourdonner jusque dans ses oreilles. Dès qu'il avait compris les paroles de Ginny, il s'était précipité en avant sans se soucier un seul instant de la bousculer.

Il avalait les marches aussi vite que possible, ses pas résonnant entre les murs sombres du Square Grimmaurd. Des cris effarés et des voix explosaient un peu plus haut et il accéléra. Il ne savait pas ce qu'il trouverait une fois qu'il aurait escaladé toutes ces marches, mais quelque chose en lui s'était ranimé. Une petite étincelle d'espoir qui lui donnait la force de courir de plus en plus vite pour rejoindre le Survivant.

Il percuta Ron dans un mouvement saccadé tant il était aveuglé par sa course, mais le rouquin le retint par le bras avant qu'il ne tombe en arrière à cause du choc.

- Calme-toi, lui chuchota-t-il, en jetant un regard inquiet autour de lui.

- Qu'est-ce que…

Ron le coupa avant qu'il ne termine.

- On ne sait pas ce qu'il se passe, Jade et Rubis nous ont interdit d'entrer, continua-t-il aussi bas que possible.

Drago allait répliquer, refusant de rester ainsi devant cette porte close alors qu'il se passait quelque chose avec Harry, mais le regard venimeux que lui lança Seamus suffit à le faire douter.

Avait-il sa place ici ? Lui qu'on accusait d'avoir tué Harry, pouvait-il oser se tenir ici, prêt à entendre toute nouvelle qu'on pourrait leur donner à propos du Survivant ?

La poigne de Ron se resserra sur son bras et il serra les dents en le fixant froidement, prêt à s'y soustraire au moment où Hermione arriva et posa sa main sur celle de Ron. D'un regard tacite, elle lui intima de ne rien dire et de ne pas réagir. Il n'avait pas pris conscience que les voix s'étaient tues à son arrivée et que les regards sur lui étaient soit haineux, soit pire apitoyés. Il n'était pas dupe, il savait ce qu'on disait de lui et de Blaise et sa mère depuis qu'ils avaient élu domicile au Square Grimmaurd. Pourtant, face à Hermione et Ron, pas un mot ne sortait comme si, d'un accord tacite, en leur présence, il était intouchable.

Le pire étant celui de Ginny. Une sorte de dégoût mêlé à la résignation. Il n'avait pas réussi à le croiser une seule fois et il redoutait le jour où elle dirait à voix haute ce qu'elle pensait réellement.

Parce qu'il avait été celui qui lui avait arraché Harry. De la pire des manières. Il lui avait volé son cœur et sa vie. Son silence était la pire de toutes les réponses, l'expression même de tout ce qu'elle pensait de lui. Il suffisait qu'il observe les regards autour de lui pour savoir qu'il était considéré comme un monstre. Il avait entendu les mots, surpris des regards et des gestes qu'il n'aurait jamais cru voir ici. Il était leur bouc émissaire et tout ce qu'il pouvait faire était se taire et attendre. Prier pour que l'espoir qui naissait en lui continue de grandir.

Prier pour que cette porte s'ouvre.


Il avait la bouche aussi sèche qu'à son premier réveil et, cette fois-ci, il trouva immédiatement ses lunettes quand il tâtonna autour de lui. À croire que quelqu'un les avait sciemment posées ici afin qu'il les récupère à son éveil. Les silhouettes de Jade et de Rubis devinrent alors plus précises et il ne put s'empêcher de laisser un sourire amusé fleurir sur ses lèvres devant leurs mines abasourdies.

Jade accourut immédiatement auprès de lui et posa sa main sur son front, ses sourcils s'arquant d'un air concentré.

- Comment est-ce possible ? demanda-t-il en plongeant ses deux orbes dorés dans celles émeraude de Harry.

Le brun haussa les épaules.

- C'est une longue histoire.

- Ton corps s'est soudainement illuminé et une onde de puissance s'en est dégagée violemment. C'est ce qui nous a attirés ici.

D'abord surpris, Harry se releva avec l'aide de Jade, prêt à leur expliquer ce qu'il s'était passé. Rubis, quant à lui, n'avait pas bougé depuis son réveil, fixant le Survivant d'un œil torve comme si la scène n'avait rien de réaliste.

- Combien de temps est-ce que je suis resté… ? demanda Harry avec un doute dans la voix.

- Mort ?

Harry tourna la tête vers Rubis, qui le fixait maintenant d'un autre œil. Un mélange d'admiration et d'épuisement qui inquiéta le brun.

- Une semaine, répondit Jade en se redressant. Nous avons pris soin de garder ton corps ainsi parce que nous avions des doutes, mais l'espoir commençait à nous quitter, jusqu'à maintenant. Que s'est-il passé Harry ? Réellement.

Le Gryffondor ouvrit la bouche, prêt à tout leur dire, se remémorant les évènements, quand quelque chose le frappa de plein fouet.

- Où est Drago ? Demanda-t-il d'une voix rauque.

Le regard de Jade se fit fuyant et Harry se tourna vers Rubis en quête d'une réponse, mais son ami se contenta de s'appuyer contre le mur sans un mot.

- Il est ici, murmura Jade dans un souffle.

Harry fronça les sourcils.

- Mais ? demanda-t-il en craignant le pire.

- La situation est plus compliquée que tu ne le penses. Ta mort a fait perdre espoir à pas mal de monde et ils se sont retournés contre les seules personnes qu'ils pensaient être responsables. Ils ne sont pas en très grande forme.

- Ils ?

- Blaise, Narcissa et Drago.

Un frisson désagréable parcourut l'échine de Harry à la mention du Serpentard. Il imaginait sans mal la facilité à trouver un coupable. Mais ce qu'il voulait réellement savoir, c'était ce que pensait Drago. Ce qu'il avait pensé pendant ces sept derniers jours. Savoir s'il avait gardé espoir ou au contraire sombré. Malheureusement, les regards tristes de ses amis lui confirmèrent que rien ne s'était passé comme il l'avait prévu.

Après tout, qui pouvait comprendre pourquoi il était mort ? Comment aurait-on pu accepter sa mort, alors qu'il était censé être le seul capable de vaincre Voldemort ?

Une vague de tristesse s'empara de lui et il se laissa tomber en arrière contre les oreillers, soudainement fatigué et accablé par sa décision. Il avait fait ça pour les aider, mais ils avaient dû subir les conséquences de sa perte.

- Harry, l'appela Jade d'une voix douce.

- J'ai besoin de le voir, répondit-il en levant les yeux sur eux.

Il balança difficilement ses jambes par-dessus le lit et posa doucement ses pieds sur le sol, déterminé à lever son corps meurtri pour aller rejoindre Drago. À cette idée, son cœur se mit à battre la chamade et il en tira suffisamment de force pour se lever et tenir debout. Il s'approcha de la porte, soutenu par Jade, et posa la main sur la poignée.

Il hésita, subitement effrayé, mais Rubis posa sa main sur son épaule d'un geste sûr.

Alors il ouvrit la porte.


Le silence resta aussi lourd que quand il était arrivé et il eut l'impression qu'ils attendaient là depuis des heures quand la porte s'ouvrit enfin.

Drago s'y attendait, mais le choc n'en fut pas moindre. Il était bloqué au fond de la petite foule qui s'était amassée devant la porte, mais il était suffisamment grand pour voir la chevelure de jais qui apparut alors. Son cœur se mit à battre puissamment et il se leva sur la pointe des pieds dans un geste désespéré d'apercevoir le visage de Harry.

Sa respiration s'accéléra subitement et son cœur se gonfla d'espoir à la vue des deux orbes émeraude. Ils scannaient la foule, à la recherche de quelque chose, sourds aux exclamations qui s'étaient élevées à son apparition. Quand ils se posèrent enfin sur lui. L'éclat douloureux et triste qui les traversa fit chanceler Drago.

Évidemment que Harry verrait les marques de coups sur son visage. Il ne s'était même pas défendu quand Seamus l'avait frappé, son cœur ravagé par la douleur d'avoir perdu le brun. Drago se laissa retomber, ses talons claquant le parquet vieilli par les années. Une vague d'angoisse le submergea et la honte le força à faire demi-tour.

Il entendit Hermione l'appeler mais il ne s'arrêta pas, courant se réfugier dans la chambre qu'il partageait avec Blaise. Il referma la porte derrière lui, priant pour que personne ne l'ait suivi. Il doutait que Harry parvienne jusqu'ici tant il serait retenu par les membres de l'Ordre et il avait besoin de ce répit pour réfléchir.

Il pleuvait, mais Drago n'y voyait que le reflet de son propre état d'âme. Il posa son front contre la vitre rafraîchie par l'automne qui arrivait doucement. Ses pensées tournoyaient impitoyablement dans son esprit, le forçant à fermer les yeux pour éviter un mal de crâne évident.

En réalité, il était pétrifié. Effrayé de faire face à Harry qui était soudainement revenu d'entre les morts, terrifié de croiser son regard alors qu'il avait cru le perdre à tout jamais. Il avait peur de ce qu'on dirait, des mots que ça entrainerait et des combats qu'il avait déjà perdus d'avance.

Il était un Serpentard, un Malefoy, un Mangemort et un ennemi.

Leur pire antagoniste, un des êtres qu'ils combattaient inlassablement. Un homme qui avait toujours tout eu pendant qu'eux, se battaient pour leur liberté et sauver leur monde. Il était le voleur de l'espoir, la chose qui avait tué leur héros, un cafard parmi les phénix.

Il était un monstre. Et il ne pouvait corrompre Harry.

Il sentit l'angoisse affluer en lui et le souvenir vivace de Duncan s'imposa dans sa rétine. Il réagit au quart de tour, hurlant comme un dément, laissant sa magie se déverser brutalement dans la pièce pour repousser l'être démoniaque qui tentait de profiter de sa faiblesse pour s'emparer de lui. Il n'avait que faire du bruit qu'il faisait, il voulait juste se débarrasser de cette présence insidieuse, quitte à détruire tout ce qui se trouvait à sa portée. Le verre éclatait et le bois se fissurait jusqu'à ce que tout s'arrête et qu'il s'écroule par terre, épuisé.

Des larmes de rages dévalèrent ses joues et quand il ouvrit les yeux, la pièce était sens dessus dessous. Des chaises étaient renversées, certaines brisées, les livres s'étalaient au sol dans un enchevêtrement de pages arrachées. Pourtant ce n'était rien comparé au désastre de son cœur.

La porte de la chambre s'ouvrit subitement et il leva des yeux perdus sur la personne qui venait d'entrer.

Narcissa s'accroupit face à son fils, attrapant ses poignets tremblants entre ses mains délicates. Se laissant tomber à ses côtés, elle l'attira contre lui en une étreinte maternelle qui le réconforta. Elle ne dit pas un mot, se contentant de serrer contre son cœur son fils, à mesure que ses larmes se tarifiaient.

Derrière elle, Blaise se tenait silencieusement en retrait, sa main serrant furieusement la poignée de la porte, se promettant de tout faire pour rétablir la paix.


Harry n'avait malheureusement pu y échapper.

Il s'était ainsi retrouvé dans la cuisine du Square Grimmaurd, entouré de ses plus proches amis et des personnes les plus influentes de l'Ordre. Toute la famille Weasley était présente au complet, ainsi que Jade, Rubis, Hermione, Kingsley, Remus, Tonks, Fol-Œil, Hermione et même McGonagall à la surprise de Harry qui avait appris avec stupeur que Poudlard était tombé aux mains des Chevaliers de l'Ombre.

Le Square Grimmaurd, et quelques autres endroits gardés secrets par l'Ordre, abritaient une majorité des professeurs et des personnes qui les soutenaient dans leur combat contre l'obscurité.

Il avait appris non sans peine la multitude d'évènements dramatiques qui avaient suivi sa mort, comme si sa disparition avait signé l'arrêt de la résistance. Le Ministère était tombé également et il ne restait que l'Ordre pour faire face à Voldemort et ses acolytes.

Harry leur avait alors raconté.

Comment il avait utilisé le sablier après que Ron avait perdu la vie, ce qu'il avait découvert dans le bureau de Dumbledore, et que Hermione avait finalement compris, et enfin sa rencontre avec Albus, cachant la réalité sur sa rencontre sous les yeux suspicieux de Rubis et Jade.

Ils l'avaient écouté sans dire un mot, la stupeur et finalement l'espoir rehaussant les couleurs sur leurs visages. Mais pas un instant, il n'avait mentionné Drago, la morsure de la fuite encore trop présente.

Pendant tout son récit, il n'avait pu effacer de sa tête le visage tuméfié de Drago, ni sa fuite quand il avait croisé son regard. Il n'avait de cesse de penser à lui et il n'avait qu'une hâte, en terminer avec cette réunion pour trouver un moyen de retrouver le blond.

Il ne parvenait pas à écouter ce qu'on lui disait. Il n'avait besoin que d'une seule chose, être sûr que Drago allait bien.

- Harry, mon chéri.

Il revint à lui en clignant des yeux plusieurs fois. Il tourna la tête vers Molly, qui s'était approchée de lui et qui avait posé sa main sur son épaule en l'appelant doucement.

- Tu as vécu un traumatisme important, tu dois te reposer.

- Quoi ? Je … non, je n'ai pas besoin de me reposer, je dois …

- Harry, l'appela Hermione en le fixant d'un regard entendu.

Elle se leva et s'approcha également, attrapant sa main dans la sienne.

- Je l'emmène se reposer, informa-t-elle Molly, en jetant ensuite un regard rassurant au reste de l'assemblée.

Harry surprit le regard entendu de Ron et Jade et il fronça les sourcils. Le brun ne put s'empêcher de se dire qu'ils avaient forcément conspiré dans leur coin.

Il se laissa finalement entraîner par Hermione jusqu'à la chambre où l'on avait gardé son corps et remercia Merlin que personne ne soit resté devant la porte à l'attendre.

Il ne l'aurait pas avoué mais il était épuisé et il sentait ses forces le quitter tout doucement. Il se laissa tomber sur son lit dans un soupir de lassitude qui attira le regard d'Hermione, occupée à instaurer un sort d'insonorisation sur la pièce et à verrouiller la porte. Harry lui jeta un regard surpris, mais elle ne dit pas un mot, se contentant de venir s'asseoir à ses côtés sur le lit. Il se redressa, prenant place face à elle.

Un long silence passa pendant lequel ils ne firent que s'observer et Harry remarqua combien la fatigue avait creusé les traits du visage de sa meilleure amie.

- Je sais que tu as besoin de le voir, mais il n'est pas prêt.

Harry accusa le coup. Comme toujours, Hermione avait parfaitement compris ce qu'il voulait et ce dont il avait besoin, mais savoir que Drago n'était certainement pas prêt à le voir lui faisait plus mal que ce qu'il aurait cru.

- Personne ne t'en veut, et lui non plus, mais la pilule est plus difficile à digérer pour certains, ajouta-t-elle d'une voix douce.

Harry inspira profondément, frustré et énervé de ne pas pouvoir voir le Serpentard maintenant.

- Est-ce qu'il va bien ? Demanda-t-il d'une voix rauque.

Il connaissait la réponse, mais il avait aperçu la proximité de Drago avec sa meilleure amie avant qu'il ne fuie. Elle ouvrit la bouche, s'apprêtant à répondre, mais se résigna, se contentant de hausser les épaules d'un air absent.

- J'imagine que comme nous tous, il a souffert de t'avoir perdu, répondit-elle finalement au bout de quelques secondes.

- Hermione, j'ai vu les marques sur son visage.

Elle soupira tristement.

- Ça a un peu dégénéré, avoua-t-elle, et il était le coupable tout désigné.

Une vague de colère le submergea, si violente qu'Hermione, face à lui, se recroquevilla soudainement sur elle-même. Elle le fixa, abasourdie, desserrant ses doigts qui s'étaient instinctivement resserrés autour de sa baguette.

La porte de la chambre s'ouvrit dans un mouvement violent, laissant entrer Jade et Rubis d'un pas affolé.

- Qu'est-ce que c'était que ça ? Demanda Rubis en se précipitant sur Harry.

Il attrapa le poignet de Harry et ferma les yeux en fronçant les sourcils. Ce fut comme un écho et le Gryffondor frissonna alors que leurs magies s'accordaient, pulsant dans un même rythme. Et il comprit enfin ce qu'ils avaient cherché à lui apprendre depuis des semaines.

- Comment est-ce possible ? Est-ce que tu l'as sentie ?

Rubis s'était tourné vers Jade, alerte, qui acquiesça devant le regard effaré de Hermione.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle en se levant, jaugeant les trois garçons dans la pièce.

- Qui as-tu réellement rencontré Harry ?

Jade le fixait maintenant d'un regard attentif, attendant une réponse qu'il connaissait déjà certainement. Une étrange vibration flottait dans l'air et Jade ne put s'empêcher de se rapprocher de Harry jusqu'à le toucher également. L'énergie qui se déploya autour d'eux fit virevolter leurs mèches et des voix s'élevèrent soudainement sans qu'ils n'en comprennent le sens.

Hermione se figea devant le spectacle, médusée par l'aura qui se dégageait du trio en face d'elle.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Hurla-t-elle alors que les bourrasques devenaient plus violentes, faisant virevolter ses cheveux.

Harry tourna les yeux vers elle, perdu, quand soudain son regard s'éclaira et son souffle se bloqua dans sa gorge.

- Il a trouvé le cœur sa magie, répondit une voix qu'il aurait reconnu entre mille, ses deux orbes argenté fusionnant avec les siennes.


Wally, wallou !

Encore une fin bien mesquine, maiiiiis qui promet pas mal de choses par la suite. Je suis sûre que vous êtes aussi impatients que moi ;)

Je ne vous donne pas de dates butoir pour la publication, mais j'ai commencé à écrire le prochain chapitre, et comme l'écriture est une question d'inspiration et de temps, tout dépendra, mais j'ai du temps en ce moment ;)

Je vous fais plein de bisous !

N'hésitez pas à laisser vos avis !

Coeur sur vous, et sur Drago et Harry :D