Salut ! Joyeux Noël à tous !

Je vous avais promis un OS pour l'occasion. Je sais que je le publie assez tard dans la journée mais bon... vous savez que ce c'est... on découvre nos cadeaux, on est en famille... vous me pardonnerez ^^

Bisous !

Bonne lecture !


OS : Mode d'emploi pour gâcher une amitié

Les anciens du club de basket de Teiko avaient décidés de se réunir. Cette nouvelle année qui commençait allait les plonger un à un dans la trentaine. Kuroko sera le premier sur la liste et Akashi le dernier. C'était assez ironique de penser que Kuroko Tetsuya, le plus petit et discret de la bande, était le plus vieux et Akashi Seijuro, le plus autoritaire, l'ancien capitaine, était le plus jeune.

La soirée avait lieu dans l'appartement de Kagami Taiga, immense appartement de célibataire endurci qui gagne bien sa vie. Pourquoi les anciens de Teiko se regrouperaient-ils chez Kagami alors qu'il n'avait jamais mis les pieds à Teiko ? C'était tout simplement l'endroit le plus grand. Et puis, Kagami faisait partis de la bande désormais.

Il y avait de la musique des décorations, beaucoup de monde et donc de rires. L'ambiance était détendue. Ceux qui ne s'étaient pas vus depuis des années découvraient avec délice les potins. Il y en avait deux dont on parlait beaucoup en ce moment : Akashi Seijuro et Aomine Daiki. L'un venait de divorcer, l'autre se retrouvait avec la charge d'une fille de cinq ans.

Pour ces raisons, Akashi et Aomine n'avaient pas la tête à la fête. Certes, c'était sympa de revoir les copains. Mais ils avaient le cœur assez lourd. Enfin, surtout Aomine. Il avait laissé la garde de sa fille à ses parents pour la soirée et ne se sentait pas serein. Il avait surtout peur du regard de ses parents sur sa vie et l'éducation de sa fille. Aomine n'était pas le premier à être devenu père. Avant lui, il y avait eu Midorima et Murasakibara. Mais parler couche et bébé, ce n'était pas vraiment ce qu'Aomine aimait. Quand il se retrouvait avec les anciens de Teiko, il voulait retrouver les conversations d'avant.

Mais ce soir-là, c'était peine perdue. Aomine se retrouva à boire dans un coin du grand appartement, cherchant le plus possible à fuir les conversations. Quand Akashi s'approcha de lui, verre de bière à la main, il ne s'éloigna pas. Akashi était sûrement l'un des rares à pouvoir le comprendre un peu. Il s'était marié à vingt ans avec une femme de son rang social. Aomine s'était attendu à ce qu'ils aient des gosses dans la foulée. Mais non.

-Salut, lui dit Akashi en s'approchant. Comment tu te sens ce soir ?

-Certainement pas lucide... j'ai trop bu.

-Je vois.

Akashi ne portait plus son alliance, pourtant son pouce essayait de jouer avec par réflexe.

-Tout le monde parle de nous, marmonât Aomine.

-On est l'actualité brûlante. J'ai appris que ta compagne étais partie. Que s'est-il passé exactement ?

-On est pas vraiment séparé... enfin, j'en sais trop rien. Elle s'est mise du jour au lendemain à chercher un nouveau job et elle l'a trouvé en Europe. Elle a dit qu'elle ne pouvait pas emmener la petite avec elle, qu'elle voulait se concentrer sur sa carrière, que la famille qu'on a composé la ralentie. Et elle m'a laissé Hana. Je me suis énervé, je l'ai insulté de tous les noms mais je savais que ça changerai rien.

-Où est Hana ce soir ?

-Chez mes parents. Heureusement que je ne vis pas trop loin d'eux. Ce sont eux qui s'occupent d'emmener et de rechercher Hana à l'école maintenant.

Aomine but une gorgée de sa bière et regarda Akashi.

-Et toi ? Pourquoi tu as divorcé ?

-Ce n'est pas moi qui l'ai voulu. Déjà, c'était un mariage arrangé. C'est mon père qui a choisit ma femme. On s'est marié sans s'aimer. On se contentait de se supporter, on s'aimait bien quand même. On a partagé quelques bons moments. Mon père voulait qu'on ait des enfants pour perpétuer la lignée.

-Le classique.

-Ses parents à elle aussi d'ailleurs. Alors, on a essayé. Et voyant que ça ne fonctionnait pas, qu'elle n'était toujours pas enceinte, on est allé voir un médecin.

-T'es stérile ?

-Non. C'est elle qui est stérile. Ça lui a fait un choc... On a essayé de cacher ça le plus longtemps possible mais mon père a finit par le découvrir. Il a fait pression sur elle et sur sa famille pour qu'elle demande le divorce. J'ai tenté de l'arrêter mais mon père... quand il a une idée en tête, impossible de le faire abandonner. Il a commencé à ruiner la carrière de ma fe... mon ex-femme. J'ai moi-même demandé le divorce pour lui épargner encore plus de déshonneur. Et voilà... maintenant, mon père me cherche une autre épouse. Il veut que je me remarie avant mes trente ans.

-La vache... ton père, c'est vraiment un... un...

-Un connard, tu peux le dire.

Il y eu un silence gênant. Aomine ne connaissait pas les mots qui convenaient dans ce genre de situation. Akashi avait dû tenter de tenir tête à son père, il avait déjà sûrement tout essayé pour s'en sortir. Et ce n'était pas le genre de personne qui avait besoin de réconfort.

-Et du coup... tu vas faire quoi s'il te trouve une femme ?

-Je ne sais pas encore. Mais j'y réfléchis.

Kuroko s'approcha alors. Il voulu discuter un peu avec Aomine. Les deux avaient toujours été très proches, surtout au collège. Akashi préféra s'éloigner. Avant de partir, il jeta un dernier regard à Aomine. Un instant, Aomine ressentit une vague de chaleur qui le parcourra des pieds à la tête.

Il essaya de se concentrer sur la conversation avec Kuroko. Mais à vrai dire, celui-ci était si simple à oublier ! Aomine partit dans ses pensées. Il revint à la scène quand Kuroko lui écrasa le pied.

-Aomine-kun ?

-Je crois que j'ai un peu trop bu.

-Fais attention à toi. Tu as quelqu'un pour te ramener ce soir ? Sinon, peut-être que Kagami-kun te permettra de rester dormir.

Kuroko regarda longuement son ami.

-Je vais aller lui demander.

Il prit la bouteille de bière des mains d'Aomine et s'éloigna. Après un instant d'hésitation, Aomine se décida à aller chercher Akashi. Il croisa d'abord Midorima avec qui il n'échangea même pas un mot. Midorima lui avait déjà envoyé un message pour prendre de ses nouvelles quand il avait appris que sa compagne s'était barrée à l'autre bout du monde. Aomine savait bien ce que Midorima pensait de cette situation, lui qui avait une vie de famille parfaite : deux enfants très bons à l'école, bien élevés, une femme chirurgienne, au fort caractère.

Aomine détourna le regard, honteux. Il avait l'impression d'avoir tout raté. Il n'avait pas été assez bon pour que sa compagne reste. Il avait constamment peur de ne pas être un bon père pour Hana. Et si elle se rendait compte qu'elle préférait sa mère ? Comment lui expliquer son départ ?

Aomine se sentait jugé. Et il savait que la seule personne qui ressentait également ça était Akashi. Sauf que lui, il devait avoir l'impression d'être jugé par la société entière. Son divorce avait fait les gros titres de la presse people.

-Aominecchi !

Kise lui sauta dessus. Lui, il n'avait pas pris une seule année d'âge mental depuis le lycée. Il était vraiment le même. Sa carrière de mannequin était toujours éclatante. Il semblait ne pas être affecté par le temps.

-Je pourrai venir garder Hana un de ses jours ?

-Euh... Je sais pas.

-Elle est trop mignonne ta fille ! Et tellement plus gentille que les enfants de Murasakibaracchi ! Eux... ce sont de vrais gamins ! Toujours à se chamailler.

-Je ne savais pas que le baby-sitting t'intéressait.

-C'est pour te rendre service !

-Je n'ai pas besoin d'aide. Je m'occupe très bien de ma fille.

Sur ce, Aomine s'éloigna. Il commençait à se sentir fatigué. La semaine avait été longue. Et puis, il ne voulait pas rentrer trop tard pour être en forme le lendemain.

Il décida de quitter la fête. De toute façon, il ne s'amusait pas. Et puis, il avait très régulièrement des nouvelles de la génération des miracles.

Aomine se rendit dans l'entrée, referma la porte derrière lui pour être enfin coupé du bruit et mit ses chaussures. La porte s'ouvrit derrière lui.

-Tu part déjà ? Demandât Akashi.

-Ouais.

Akashi referma la porte et aida Aomine à retrouver ses chaussures dans la pénombre de l'entrée.

-Tu n'es pas en état de conduire. Je vais t'appeler un taxi.

-Non c'est bon. C'est pas loin.

-J'insiste.

-Ma voiture est ici.

-Alors, je te ramène.

-Et toi ?

Akashi haussa les épaules. Il trouvera bien une solution pour rentrer. Aomine finit par céder. Il descendit et monta sur le siège passager de sa voiture. Akashi s'installa au volant. Il laissa Aomine le guider d'une voix fatiguée dans la ville. Le trajet dura à peine cinq minutes en voiture. Ils habitaient tous dans le même quartier.

Akashi se gara devant la maison des parents d'Aomine. Il descendit de voiture et la contourna pour rejoindre Aomine.

-A une prochaine fois, dit le rouge.

-Ouais...

Il se regardèrent. Aomine ressentit de nouveau cette vague de chaleur en croisant ce regard rouge. Il supposa que c'était parce qu'il avait trop bu qu'il se pencha vers lui. Il supposa également que c'était parce qu'Akashi n'était pas non plus sobre qu'il combla les quelques centimètres entre eux.

Leurs lèvres se rencontrèrent et ils échangèrent un langoureux baiser. Akashi sentait son cœur qui faisait des bonds dans sa poitrine, ses jambes ramollies. Il n'était pas habitué à ces sensations. Jamais il n'était tombé amoureux.

Ils s'éloignèrent. D'un pas hésitant, Aomine rentra chez ses parents. Akashi décida de retourner à pied chez Kagami pour récupérer sa voiture.


Aomine se sentait perturbé par ce baiser. Il n'arrivait pas à se sortir Akashi de la tête. Pourtant, cela faisait des années qu'il le connaissait et jamais il n'avait réalisé cette attirance. Pourquoi maintenant ? Et puis, était-il vraiment attiré par lui ? Était-il vraiment en train de tomber amoureux ? Le problème étant que d'ordinaire, Aomine se confiait à Momoi Satsuki, son ami d'enfance, concernant ses histoires de cœur. Là, il ne pouvait pas lui en parler car elle connaissait elle aussi Akashi et qu'elle trouverait cette relation bizarre.

Aomine ignorait que de son côté, Akashi se posait les mêmes questions. Il faisait face aux même difficultés. Pourquoi avait-il embrassé Aomine ? Pourtant, de la génération des miracles, c'était celui avec qui il s'était toujours le moins entendu, en raison de leurs différences de caractères. Mais là... il avait suffit d'un regard et il y avait eu quelque chose entre eux. Une connexion.

C'était peut-être l'alcool ? Akashi et Aomine avaient un peu bu à cette soirée. Ils voulaient en avoir le cœur net. Akashi envoya le premier un message à Aomine, lui demandant de venir le voir chez lui. Il n'avait pas précisé la raison de cette invitation, mais pour Aomine, il ne pouvait y en avoir qu'une seule.

Il laissa Kise garder Hana le soir puis il se rendit chez Akashi. Il se sentait nerveux. Dès que son ancien capitaine ouvrit la porte, Aomine ressentit de nouveau cette vague de chaleur. Quand il avait rencontré la mère de Hana, il avait ressentit la même chose. Il avait profondément aimé cette femme. Il savait ce qu'on ressentait quand on aime.

Akashi se décala pour le laisser entrer. Ils ne se dirent rien, ne sachant de quoi parler. Akashi habitait dans un grand appartement du quartier. C'était une sorte de loft en fait. Tout était ouvert, grand, lumineux. Aomine n'était venu qu'une fois ici, à l'occasion des vingt-cinq ans d'Akashi.

Le rouge avait préparé un curry de légume. Ils s'installèrent à table et parlèrent un peu. Akashi demanda des nouvelles de Hana. Aomine parlait de sa fille avec passion. Il adorait parler de ses exploits : ses notes à l'école, les appréciations de ses professeurs, ses sourires, son caractère en or. Pourtant, ce n'était pas gagné avec deux parents au fort caractère.

-En plus, elle est très indépendante. Elle aime bien mettre la table, elle sait s'habiller toute seule et choisir ses vêtements.

-Elle est éveillée pour son âge.

-Je crois. A vrai dire, je ne discute pas beaucoup avec les autres parents de l'école, ni même avec Midorima ou Murasakibara.

-Les enfants de Murasakibara sont comme lui, très tête en l'air. Mais parfois, ils ont des éclairs de maturité.

Aomine acquiesça. Akashi alla chercher le dessert : une tarte aux fraises maison. Aomine vit un peu de crème sur le bord des lèvres d'Akashi. Il ne réfléchit pas et posa son doigt sur le bord des lèvres d'Akashi et récupéra la crème. Ils savaient tous les deux qu'ils n'allaient pas en rester là. Leur regard devint profond en quelques secondes.

Ils ne répondaient plus de rien. Aomine attira Akashi vers lui et ils s'embrassèrent. Ils se levèrent. Aomine souleva Akashi et le déposa sur la table. Ils ne savaient pas si c'était bien ou mal de faire ça. Ils voulaient simplement le faire.

Beaucoup d'amis couchaient ensemble, non ? Alors pourquoi pas eux ? Et puis, pour le moment, ce n'était que du sexe, qu'une profonde attirance. Rien ne disait que ça irait plus loin.

Ils firent l'amour dans la cuisine, puis Aomine porta Akashi jusqu'au lit où ils recommencèrent. Pour tous les deux, c'était leur première fois avec un homme. Mais même ça, ils s'en fichaient. Le sexe de la personne n'avait aucune importance.

-Pourquoi maintenant ? Demandât Akashi, la joue reposée sur le bras d'Aomine, nu dans le lit.

-J'en sais rien... On se connaît pourtant depuis des années.

-Tu penses que ça va durer ?

-Sais pas. Peut-être... Je sais pas s'il serait plus bizarre de continuer ou de s'arrêter après une nuit. Dans tous les cas, ça changera notre relation.

-C'est sûr. Alors... il vaudrait peut-être mieux en rester là. Sinon, ça pourrait impacter notre cercle d'amis.

-Tu n'as pas plutôt peur que ça impacte ta carrière ? Divorce plus coming out, la presse va t'adorer.

Akashi sourit bien qu'il n'y ait rien de drôle. Il est clair que si cette relation avec son ami de longue date juste après son divorce et la rupture de l'autre régalerait les tabloïds.

Aomine se releva et se rendit dans la cuisine pour aller chercher ses vêtements. Il ne salua pas Akashi avant de partir. Il ne savait toujours pas quoi penser. Mais il espérait que la situation allait s'apaiser et qu'ils allaient oublier cette histoire.

Aomine se rendit chez lui. Kise dormait sur le canapé. Il avait couché Hana.


Ils avaient crus qu'ils pouvaient oublier. Mais le désir les rattrapa. Aomine pensait souvent à Akashi et à leur nuit ensemble. Il tentât de rencontrer d'autres personnes, s'inscrit même sur un site de rencontre. Mais rien ne remplaçait le visage d'Akashi qui lui-même, avait gommé les traits de l'ex-compagne d'Aomine.

Akashi ressassait cette nuit encore et encore. Il n'arrivait pas à penser à autre chose. Il se rendait compte qu'Aomine lui manquait. Et ce n'était pas qu'une question de sexe. Il y avait autre chose. Aomine semblait combler un vide. Ou bien, Akashi appréciait désormais son caractère si différent du sien.

Akashi essaya de se sortir Aomine de la tête. Ils s'inscrivit lui aussi sur un site de rencontre, souhaitant trouver la personne qui lui convenait sans l'aide de son père. Il consulta plusieurs profils, se concentrant plus sur la description de la personne que sur sa photo. Il finit par trouver un profil qu'il aimait bien. Il envoya quelques message à la personne, puis examina la photo et eu un fou rire monumental en comprenant que c'était Aomine en personne.

Aomine compris les choses environ au même moment. Il pensa que c'était peut-être une manœuvre calculée d'Akashi. Surtout que, le jour suivant, il vit la chevelure rouge d'Akashi se balader dans le commissariat où Aomine travaillait.

Le policier quitta son bureau et retrouva Akashi qui attendait dans un couloir.

-Hey, salut. Qu'est-ce que tu fais là, Akashi ?

-Un de mes employés a porté plainte pour licenciement abusif. Je viens régler ça à l'amiable. C'est toujours mieux que d'aller au prud'homme.

-Tu t'es déjà retrouvé au prud'homme ?

-Oui. Mais tu sais, je ne risque pas grand chose. Mon père à la retraite s'est trouvé un passe temps : faire ami-ami avec les juges.

-Il y a de la corruption dans l'air...

Akashi sourit et se rapprocha d'Aomine. Il attrapa sa cravate et l'enroula dans sa main.

-Hum... Je pourrai même corrompre un policier...

-Akashi... on a dit qu'on arrêtait là...

-Je pense que ça ne sert à rien de nier l'évidence.

Aomine faisait face à un combat intérieur. Il avait envie de prendre Akashi, il avait envie de passer du temps avec lui. Aomine attrapa le poignet d'Akashi et le tira vers la remise. Il ferma la porte à clé. Les deux hommes firent passionnément l'amour contre le mur.

Ils savaient que maintenant, ils ne pouvaient pas retourner en arrière.

Après ça, ils commencèrent à se voir régulièrement. Akashi passait beaucoup de temps chez Aomine. Il allait chercher Hana à l'école, l'aidait à faire ses devoirs, cuisinait. La petite fille semblait ne pas se demander pourquoi cet homme passait tant de temps chez eux. Mais elle avait déjà vu Akashi Seijuro auparavant, elle savait que c'était un ami de son père.

Le premier qui commença à se douter de quelque chose, ce fût Kuroko, bien entendu. Pour rentrer de son travail, il passait devant l'immeuble d'Aomine, et il avait bien noté la présence de la voiture d'Akashi presque tout les soirs. Kuroko décida d'en parler à Momoi.

Celle-ci invita Aomine chez elle pour en discuter.

Aomine vint la voir un samedi après-midi, avec Hana. Pendant que la petite dessinait dans la cuisine, Momoi et Aomine purent discuter.

-Tu as des nouvelles de sa mère ?

Aomine jeta un coup d'œil vers la cuisine.

-Non. Elle ne demande pas de nouvelles de Hana non plus.

-Peut-être qu'elle reviendra quand sa fille lui manquera.

-Pff ! Comme si j'allais la laisser voir Hana si facilement après le coup qu'elle m'a fait.

-Oui, je comprend...

Momoi passa une main dans ses longs cheveux. Elle semblait pensive.

-Au fait, Akashi-kun semble passer pas mal de temps chez toi. Je ne vous savais pas si proches.

-Oh... disons qu'on se comprend en ce moment. Son divorce, ma séparation... ça nous a rapproché.

-Je vois.

Aomine avait tout de même très envie de se confier à Momoi. Il hésita. Puis il céda.

-Akashi et moi, on a couché ensemble.

La mâchoire de Momoi faillit se décrocher. Elle regarda Aomine avec des yeux ronds et bafouilla.

-Mais... mais... tu m'as dit...

-Il fallait que j'en parle à quelqu'un. On a longtemps hésité, mais maintenant on est ensemble.

-C'est... inattendu. Vous êtes en couple alors ?

-Oui. Depuis trois semaines maintenant.

-D'accord... et ça se passe bien ?

-Ouais. Hana ne se doute de rien. Je doute qu'elle puisse envisager que son père sorte avec un de ses amis.

-C'est sûr. Et bien, Dai-chan, si tu es heureux, je te soutiens à 100%.

-Merci, Satsu.

-Tu m'autorise à le dire à Tetsu-kun ? Demandât-elle avec un sourire narquois.

-Je lui dirai moi-même.

Finalement, ce fût Akashi qui en parla à Kuroko. Les deux étaient plutôt proches. Kuroko prit bien la nouvelle. Il était heureux pour ses amis même s'il ne cacha pas qu'il trouvait ce couple étrange, un peu mal assorti.

Ensuite, Aomine en parla à Kagami qui tomba des nues et manifesta également son soutient. Akashi en parla à Midorima. Lui était contre cette relation. Déjà, il trouvait les relations entre hommes bizarres. Elles l'étaient encore plus entre deux amis de longues dates fraîchement séparés. Akashi informa ensuite Murasakibara qui s'en fichait royalement du moment qu'Aka-chin était heureux.

Kise sauta de joie à l'annonce de la nouvelle. Il trouvait tout ceci trop mignon. Finalement, à part Midorima, tout le monde accepta cette relation, aussi incongrue soit-elle.

L'ambiance était cependant un peu étrange quand les anciens de Teiko se retrouvaient. Akashi et Aomine passaient beaucoup de temps ensemble, se touchaient, s'embrassaient, mettant Midorima mal à l'aise. Il se mit à fuir ces réunions. Il était pourtant déjà rare qu'ils se retrouvent tous.

Aomine découvrit que vivre au quotidien avec Akashi n'était pas des plus facile. Le rouquin était plutôt exigeant concernant la tenu de la maison. Il détestait voir les caleçons d'Aomine traîner à côté de la panière de linge ou encore la vaisselle pas faite après le repas. Aomine laissait le rouge le disputer. Lui-même n'aimait pas quand Akashi lui donnait des leçons sur comment sa fille devait se tenir à table. Aux dernières nouvelles, c'était Aomine et non Akashi le père de Hana.

Quelques disputes éclatèrent, vite pardonnées, vite oubliées sous les draps. Puis, Aomine commença à reprocher à Akashi qu'il travaillait trop, qu'il ne passait pas assez de temps avec lui, que quand il était là, il râlait pour un rien. Les deux n'habitaient pas ensemble à proprement parler. Akashi avait encore son appartement et allait y dormir de temps à autre, quand il avait la flemme d'aller voir Aomine ou quand il allait chercher des vêtements. Akashi finit par supposer qu'il passait trop de temps avec Aomine et que cela nuisait à leur couple. Il faudrait qu'ils se voient moins souvent pour qu'ils soient moins dans les pâtes de l'autre.

-C'est complètement débile. Si on reste ensemble, il faudra bien qu'on vive sous le même toit, non ? Alors autant commencer maintenant.

Akashi ne répondit pas. Plus le temps passait, plus il se disait qu'il ne passera jamais tout le reste de sa vie avec Aomine. Pour commencer, son père ne le permettrait pas. Ensuite, il voyait bien qu'ils avaient tous les deux un fort caractère. Il était difficile pour eux de faire des concessions.

Aomine avait dû comprendre à quoi Akashi pensait.

-Ou alors, tu crois que ça ne durera pas entre nous et donc que ça sert à rien d'aller trop loin.

-Disons qu'avec mon père...

-Oh, ça va. Ton père, c'est qu'un vieux salopard. Tu peux l'envoyer se faire foutre de temps en temps.

-Je ne peux pas. Ce serai un manque de respect envers lui et creuser ma tombe. Et la tienne par la même occasion. Je crois que tu ne te rends pas compte du pouvoir qu'il a. Il pourrait te faire virer d'un claquement de doigt et t'empêcher de retrouver un travail. Que deviendrait alors Hana ?

-Donc si ton père me met dans la merde parce qu'on sort ensemble, tu ne serai pas là pour m'aider à retrouver un travail ? Tu me laisserai tomber ?

-Je n'ai jamais dit ça !

-Si tu t'oppose à ton père, ça voudra dire qu'on fait équipe. Moi, si mon père venait à te créer des embrouilles, et bien je t'aiderai.

Akashi n'avait pas renchéri. Il ne voulait pas de disputes ce soir-là. Mais cette discussion laissa quelques traces dans leur couple. Aomine réalisa qu'Akashi ne le voyait pas comme un partenaire de longue durée, mais plus comme une conquête rapide avant de trouver quelqu'un d'autre. Aomine par contre ne savait pas comment il envisageait l'avenir. Il était clair qu'il serait mieux pour Hana qu'elle le voit engagé dans quelque chose de sérieux, qu'elle grandisse au sein d'un foyer heureux. Un homme et une femme ou deux hommes, ce n'était pas là le problème. Le couple qu'il formait avec Akashi était-il assez stable ? Et puis, à cause du père d'Akashi, ils étaient obligés de se cacher. Ils ne pouvaient pas se montrer à l'extérieur, hormis quand ils étaient avec la génération des miracles.

Kise, Kuroko, Momoi, Murasakibara et Midorima comprirent qu'il se passait quelque chose, qu'il y avait des doutes. Midorima qui était contre ce couple depuis le début essayait de convaincre Akashi de lâcher Aomine et d'écouter son père qui lui cherchait une femme.

-Ce n'est pas ce que je veux. Je ne veux pas d'un nouveau mariage arrangé. Je n'ai pas été heureux avec mon ex-femme. On n'était pas un couple. Avec Aomine, on forme un couple. On s'embrasse, on se câline, on se sourit pour de vrai.

-En continuant comme ça, tu vas te mettre ton père à dos. Tu sais qu'il pourrait te faire beaucoup de mal.

-Tu parles de choses que tu ne connais pas.

-Je sais reconnaître un vrai couple quand j'en vois un.

-J'en doute. Tu es trop froid pour ça.

Midorima essaya de ne pas prendre mal cette remarque. Il voulait seulement raisonner Akashi.

-Tu es amoureux d'Aomine alors ? Ça faisait quoi... cinq, six mois que vous sortez ensemble. Tu as des sentiments ? Des vrais ?

Akashi était incapable de répondre. C'était quoi, être amoureux ? Il ne l'avait jamais vraiment été. Au début, il se sentait bien avec Aomine. Il le faisait sortir de son quotidien, il le poussait vers une autre façon de vivre, un peu plus bordélique qui avait fini par l'agacer. Le laissé allé d'Aomine n'avait été bon qu'un temps.

Akashi essaya de parler de ses problèmes avec Murasakibara. Mais le géant ne contredisait jamais son ancien capitaine si bien que la conversation n'aboutit à rien de constructif. Sauf sur la fin.

-Tu vois, Aka-chin, quand je suis en train de choisir un paquet de bonbon ou une pâtisserie, si j'ai un doute, en fait, j'ai pas de doute. Tu vois ? Dès qu'un petit truc ne me plaît ou que je suis pas sûr que ça me plaise, je l'achète pas. Alors... si tu as un doute avec Mine-chin, pourquoi tu reste avec lui ?

-C'est pour répondre à cette question que je suis venu te voir.

Et la réponse se faisait attendre.

De son côté, Aomine discuta avec Kise de sa relation avec Akashi. Kise trouvait que les deux allaient bien ensemble et ne voulait pas qu'ils se séparent. Il était convaincu que tout s'arrangerait avec une bonne conversation et s'ils faisaient chacun des concessions.

-Mais le problème, c'est plutôt qu'on ne sait pas où on va. Lui veut une chose et moi une autre.

-Tu exagères !

-Non. On s'est mit ensemble à cause de cette... pulsion qu'on a eu. On s'est dit que ça fonctionnerait mais on a pas réfléchit à l'après.

-Bah... vous verrez bien. C'est juste une passade, tu sais. Vous devriez vous prendre du temps rien que tous les deux. Partez en week-end ! Je peux garder Hana. Un voyage, c'est un projet à court terme.

Aomine approuva cette idée. Il commença à organiser un petit voyage avec Akashi. Si tout se passait bien, il lui proposera de partir avec Hana durant les vacance scolaire. C'était un projet en famille.

La semaine seul avec Aomine se passa bien. Ils se retrouvèrent sous les draps, ne parlèrent pas du boulot, pas vraiment de l'avenir. C'était un moment hors du temps qui leur rappela leur première nuit. Quand ils faisaient l'amour, le monde extérieur n'existait plus. Il ne pouvait plus rien leur arriver. Ces moments étaient si intenses qu'ils ne pouvaient que se demander pourquoi ils voudraient arrêter.

Quand ils revinrent de leurs vacance, Aomine proposa à Akashi de partir avec Hana et lui. Le rouquin se montra un peu hésitant. Il dit qu'il devait y réfléchir. Partir en « famille », c'était délicat. Hana était une enfant adorable, Akashi l'aimait beaucoup. Mais à aucun moment il s'était dit qu'il devrait la considérer comme sa fille. Elle était la fille d'Aomine. Rien de plus. Il s'en voulait de penser comme ça.

Aomine se confia à Momoi et Kuroko. A vrai dire, Momoi avait un avis assez tranché sur la question.

-Si tu n'es pas heureux, ne reste pas avec lui. On sait tous comment Akashi-kun peut être. Il n'est pas facile à vivre. Pas vrai, Tetsu-kun ?

-Oui... mais il a aussi ses raisons. Sa situation est complexe. Il ne veux pas s'engager parce qu'il a peur de ce que son père pourrait faire.

-Je sais, je sais. Mais c'est chiant ! S'il n'y avait pas son père, je suis sûr que ça réglerait la question et qu'il arriverait à se projeter avec moi.

Quand tout avait commencé entre Akashi et Aomine, ce dernier pensait que ce serai lui qui serait le plus réticent à s'engager dans une relation sérieuse. Il pensait que sa rupture avec la mère de Hana l'aurait bien plus traumatisé. Mais le fait est qu'il s'était sentis assez vite en confiance avec Akashi. Il le connaissait depuis des années désormais. Est-ce qu'Aomine cherchait à le garder pour ne pas être seul, de peur de ne plus jamais trouver quelqu'un pour lui ?

Kuroko était partagé. Il ne savait pas vraiment s'il devait soutenir Aomine ou Akashi. Son fort intérieur lui criait qu'il y avait urgence, que si ce couple implosait, ça allait ruiner leur groupe d'amis. Il savait qu'Akashi et Aomine pouvaient se montrer très rancunier.

Kuroko décida d'aller voir Akashi un jour, à son travail, pour lui exposer sa vision des faits.

-C'est rare de te voir dans le coin, Kuroko. Quelle est la raison de cette visite impromptue ?

-J'ai parlé avec Aomine-kun.

Aussitôt, le sourire d'Akashi s'effaça. Il sentait que la conversation n'aura pas le ton léger qu'il espérait.

-D'accord. Et donc ?

-Il t'a proposé d'aller en vacance avec Hana et lui. Tu y a réfléchit ?

-Il t'envoie quérir ma réponse ?

-Non.

Akashi s'affaissa dans son bureau.

-J'y ais réfléchis. Je ne sais pas encore. Non pas que je n'aime pas Hana... elle est adorable. C'est une vraie crème. C'est simplement... je préfère quand Aomine et moi sommes seuls. On peut faire... plus de choses.

Pas besoin de faire un dessin, Kuroko comprenait de quoi il parlait.

-C'est important pour lui, tu sais.

Akashi soupira.

-Je sens que je ne pourrai pas construire une famille avec Aomine. Je ne peux pas faire de lui mon amant et épouser la femme que mon père va me trouver, ce serait irrespectueux envers lui. Et chercher moi-même une femme... j'en ais pas envie pour le moment. J'apprécie ma vie avec Aomine, c'est sans prise de tête. Je crois... que j'ai juste pas envie d'avoir une famille.

-Dans ce cas, pourquoi tu ne quittes pas Aomine-kun ? Tu lui fais plus de mal en restant et en te montrant froid sur certain point. Il ne peut pas renoncer à sa famille et il t'invite a en faire partie.

-Ce n'est pas si simple, Kuroko. Je me sens si bien quand je suis avec Aomine, quand on est rien que tous les deux, sous les draps... ce sont des moments parfaits. Il y a quelque chose... c'est physique, mais pas que...

-Qu'en penserait ton père ? Son avis a l'air de beaucoup te préoccuper.

-Pour le moment, il ne sait rien.

-Tu ne pourra pas rester éternellement avec Aomine-kun en te cachant de ton père. Et puis...

-Qu'est-ce que tu essais de faire, Tetsuya ? Tu veux que je quitte Aomine ? Tu essais de me convaincre que ce serait mieux pour tous le monde ?

-Oui.

Akashi resta muet une minute, le temps de digérer ce que venait de dire Kuroko.

-Akashi-kun, je pense que ce serait mieux que tout s'arrête là avant que ça ne dégénère. J'ai parlé avec Kise-kun il a peu de temps. On s'est disputé à votre sujet. Kise-kun m'a confié qu'il s'était également disputé avec Midorima-kun. Encore une fois, à cause de vous. Je sens que ça va mal finir.

Akashi se leva d'un bond.

-Sors de mon bureau, Tetsuya. Tout de suite !

Kuroko n'ajouta pas un mot et obéit.


Quelques semaines plus tard, Akashi parvint à réunir la génération des miracles. Le rouquin voulait que ses amis le voir heureux avec Aomine, qu'ils cessent de s'inquiéter pour leur couple. Ils se retrouvèrent dans un terrain de street basket. Ils passèrent plus de de temps à discuter qu'à jouer. Midorima resta dans son coin, il semblait remonté contre Aomine et Akashi. Il était venu, mais par pure politesse. Kise tenta à de nombreuses reprises de le faire sourire.

-Allez, Midorimacchi ! Fait pas ta tête de constipé ! Tiens, prend un verre et joins-toi à la conversation !

-Je n'ai pas envie de boire, Kise.

Kise fit une moue triste.

-Ne me dit pas que tu es encore fâché ?

Akashi sentit ses épaules se tendre. Il jeta un regard vers Kuroko qui ne bronchait pas. Le bleuté n'avait fait que lui dire bonjour depuis son arrivée.

-Comment ça « encore fâché » ? Vous vous êtes disputé ? Demandât Aomine.

Les deux concernés le regardèrent et Kise n'osa pas répondre. Midorima remonta ses lunettes et décida de se jeter à l'eau.

-Plus ou moins. Disons que nous sommes en désaccord sur un point.

-C'est le principe d'une dispute, Mido-chin.

-De quoi vous avez parlé, Ki-chan, Midorima-kun ?

Kuroko attrapa la manche de Momoi, comme pour lui signifier qu'il ne fallait pas en parler. Mais c'était trop tard. Aomine reposa la question face à l'absence de réponse. Plutôt que de mentir, Midorima décida de dire la vérité.

-Kise pense que toi et Akashi êtes bien ensemble. Et je ne suis pas d'accord.

Aomine fronça les sourcils. Il leva un peu le menton et dévisagea Midorima. Akashi comprenait désormais ce que Kuroko avait tenté de lui dire.

-Ah oui ? Midorima, tu es contre notre couple depuis le départ, dit Aomine en posant sa main sur la hanche d'Akashi.

-Je maintiens qu'Akashi ferait mieux de se trouver une femme avec qui il pourra avoir une vraie famille. Ce serait plus...

-Correct ? Compléta Akashi. Plus conventionnel, peut-être. Ou plus normal.

-Tout à fait. Et je pense que la petite Hana serait plus heureuse si...

-Si quoi ? Vas-y, continue, Midorima. Développe son idée. Ma fille serait plus heureuse si je me remettait avec sa mère ? Si je me cherchais une bonne petite femme ? Tu penses que je ne suis pas un bon père, qu'elle est malheureuse avec moi ?

Midorima se sentait coincé. La dispute éclata. Kuroko regarda ses amis s'insulter, se crier dessus. Midorima restait campé sur ses positions, utilisant parfois des mots très dur pour faire comprendre son point de vue. Murasakibara défendait Akashi et son désir de liberté. Kise pensait qu'Aomine et

Akashi étaient heureux et prônait qu'ils devaient faire ce qu'ils voulaient. Momoi ne disait presque rien, de peur de froisser Aomine. Mais Kuroko savait qu'elle pensait qu'il serait mieux sans Akashi.

Cette scène rappela à Kuroko la profonde blessure qui les avait séparé à la fin du collège. Il ne voulait pas revivre ça. Prit dans leur dispute, ils ne le virent pas prendre ses affaires et partir. Akashi fût le premier à remarquer son absence et à le voir au bout de la rue. Il voulu lui courir après, lui dire qu'il était désolé.

Il regarda ses amis. Il était leur capitaine, il devrait les réconcilier. Il devrait prendre ses responsabilités. Mais à cet instant, il n'avait qu'une envie : fuir avec Aomine, loin de tout. Il recula de plusieurs pas, la respiration rapide et regarda ses amis déchirés. Il prit la fuite. Aomine le vit du coin de l'œil et le suivit.

-Aomine-kun ! Lui criât Momoi.

Il ne s'arrêta pas et rattrapa Akashi.

-Akashi, attends-moi.

-Qu'est-ce qu'on a fait... demandât le rouge en passant une main sur son front.

-Rien. On est simplement ensemble. C'est eux qui se prennent la tête et...

-Non, ce n'est pas que ça. Tu penses qu'il serait mieux qu'on arrête ? Tu penses qu'on devrait reprendre nos vies avant que ça n'aille trop loin ? Parce que ça va continuer. Je pense que tu le sais comme moi. On aura d'autres obstacles qui amèneront aux mêmes réactions de la part de nos amis.

-Tu veux arrêter ?

-Non ! Oui...

Akashi reposa son dos contre le mur le plus proche.

-Quand on est juste tous les deux, c'est parfait. Absolument parfait. Mais tu as ta fille.

-Tu ne m'aimes pas assez pour supporter chaque aspect de ma vie, c'est ça ?

-J'en sais rien.

Aomine posa sa main sur l'épaule d'Akashi.

-Viens, rentrons. On reparlera de tout ça à tête reposée.

Il était étrange que ce soit Aomine qui propose d'attendre. Lui qui était plutôt un fonceur. Akashi acquiesça.


Le soir, après avoir couché Hana, ils s'assirent dans le canapé. Ils allumèrent la télévision et mirent un film. Toute l'après-midi, ils avaient reçu des messages de leurs amis. Akashi avait tenté d'appeler Kuroko pour s'excuser, sans succès.

Akashi étendit ses jambes pour les mettre sur les genoux d'Aomine. Le basané commença à lui caresser les pieds, puis les jambes. Tout doucement, sa main remonta vers ses cuisses. Il se faufila entre et titilla la bosse sous le pantalon d'Akashi.

Ils se regardèrent avec des yeux de braise. Akashi sourit. C'était ce sourire, un peu paresseux, qui faisait craquer Aomine. Il se pencha sur son corps et alla chercher sa bouche. Aomine approfondis le baiser.

La sonnette retentit. Aomine jura. Compte tenu de l'heure, ça ne pouvait être qu'une urgence. Il se va et ouvrit la porte. Akashi le vit s'immobiliser.

-Salut, dit une voix féminine. Daiki... je... je suis tellement désolée... Je ne te demande pas de me pardonner. Laisses-moi juste voir Hana.

Akashi se leva du canapé et s'approcha. Il vit une femme d'une trentaine d'année entrer. Il la reconnu sans difficulté tellement elle ressemblait à Hana. La femme regarda Akashi et lui sourit avant de le détailler de haut en bas. Elle regarda ensuite Aomine et une lueur apparue dans son regard.

-Attends... vous êtes qui ?

-Akashi Seijuro.

La femme le dévisagea.

-Daiki, ne me dit pas...

Elle avait remarqué leurs cheveux décoiffés, le renflement de leur pantalon et les rougeurs sur les joues pâles d'Akashi. Elle nota surtout que Aomine avait l'air coupable et ne la contredit pas immédiatement.

-Tu... Tu t'es tapé un mec ? Pendant mon absence ? Alors que Hana... dors à côté ?

-Je ne vois pas en quoi ça te regarde. Tu as abandonné ta fille.

-Tu as couché avec... Merde... mais Akashi Seijuro, c'est ton ami de collège ? Tu as couché avec un te tes amis ?

Aomine ne savait pas quoi dire. Il se retrouvait d'un coup fasse à une femme qui avait le culot de revenir après presque un an, juste pour voir sa fille et qui l'accuse d'avoir refait sa vie entre temps. Akashi par contre compris son manège : elle essayait de faire culpabiliser Aomine pour qu'ils ne reparlent pas de son départ à elle, pour qu'il pense que c'est lui qui a fait la plus grosse trahison.

-Akashi, tu devrais partir...

Le rouge voulu prévenir Aomine mais ils le pressèrent tous les deux vers la porte. Il se retrouva dehors, seul.


Akashi n'eut pas de nouvelles d'Aomine pendant deux jours. Il imaginait qu'il fallait un moment pour que la situation se stabilise.

Aomine était persuadé que Hana allait en vouloir à sa mère d'être partie. Mais ce ne fut pas le cas. Elle lui sauta dans les bras. Elle était heureuse, tellement heureuse de retrouver sa mère. Aomine se demanda si sa fille avait été heureuse quand elle n'était qu'avec lui. Préférait-elle sa mère en fin de compte ? Il savait que jamais il ne lui posera la question. La réponse pourrait lui faire trop de mal.

Pendant qu'Aomine allait au travail, la mère de Hana emmenait la petite un peu partout pour renouer avec elle le lien. Elle voulait effacer toute trace de reproche chez sa fille. Elle voulait qu'elle ne la déteste pas. Elle tentât de lui expliquer pourquoi elle était partie mais qu'elle s'était sentie si triste de ne pas avoir sa fille... si seule sans elle...

Aomine avait compris la combine. Son ancienne compagne voulait récupérer la garde de Hana. Il ignorait pourquoi, soudain, elle s'intéressait au sort de sa fille. Un éclair de lucidité ? Le problème étant qu'elle gagnait bien plus d'argent que lui et qu'Aomine était persuadé que s'ils allaient devant un juge, elle aurait la garde. Alors que faire ? Comment garder sa fille auprès de lui ? Que deviendrait-il sans elle ? Il sentait qu'il manquait d'armes.

En désespoir de cause, il alla voir Akashi. Il savait que ce dernier avait des amis hauts placés et un père qui aimait bien passer du temps avec les juges.

Akashi n'avait pas bonne mine ce jour-là. Aomine le prit longuement dans ses bras.

-Tout va bien ? Demandât-il au rouquin.

-T'inquiète. Et toi, pourquoi es-tu venu ?

Aomine alla s'asseoir sur le canapé. Il repensa au premier soir qu'il avait passé avec Akashi ici. Ils avaient fait l'amour. Ce moment semblait si lointain.

-Mon ex veut récupérer Hana. Je ne sais pas quoi faire... Je sens qu'elle est en train de la manipuler. Si un juge demandait à Hana chez qui elle aimerait vivre, peut-être qu'elle répondrait « avec maman ». J'ai tellement peur de la perdre... Je serai quoi sans ma fille ?

-Vous n'étiez que pacsé, je doute que ce genre d'affaire passe devant un juge.

-J'en sais rien... Elle a beaucoup changé. Je ne reconnais plus la femme que j'ai aimé. Elle semble malveillante. Je ne saurai pas expliquer ce sentiment. Et puis, je ne sais pas pourquoi elle est venue d'un coup pour réclamer Hana. Akashi, il faut que tu m'aide. Si elle fait appel à un juge, j'aurai besoin de ton soutient.

-Bien sûr. Je ferai tout mon possible.

Aomine se sentit soulagé. Un poids était partis de ses épaules. Akashi par contre avait toujours ce visage tendue.

-Il se passe quelque chose, non ?

Akashi soupira. Il s'assit à côté d'Aomine.

-Je vais me remarier.

Aomine tomba des nues. Il passa un bras autour des épaules d'Akashi et l'attira contre lui. Il savait parfaitement ce que ça voulait dire et ce que ça impliquait.

-Mon père a finit par me trouver une femme.

-Tu ne peux pas refuser ?

-Pourquoi je le ferai ? Toi et moi, Aomine, que ce soit comme toi tu l'imagine ou moi, ce n'est pas possible. On imagine pas le même avenir ni la même façon de vivre. Tu veux continuer à construire ta famille, moi, je ne veux que toi et toi seul.

Ils soupirèrent tous les deux et se prirent dans les bras. Ils ne purent résister à l'appel du corps de l'autre, sachant que ce sera une si ce n'est la dernière fois. Ils firent longuement l'amour sur le canapé.

Un moment parfait.


L'ex d'Aomine parvint à faire appel à un juge pour déterminer si Hana devait vivre avec elle ou son père. Akashi paya un avocat très réputé à Aomine, l'avocat qui défendait la famille Akashi depuis de nombreuses années. Hana semblait ne pas comprendre pourquoi on lui demandait de choisir, pourquoi on essayait de savoir lequel de ses parents elle aimait le plus. La préférence de l'enfant, surtout à cet âge, n'avait pas une grande valeur dans un procès.

Aomine pensait qu'il allait gagner. Il pensait que c'était dans la poche. Mais les revenus de sa femme et le fait qu'elle semblait plus stable, le fait qu'Aomine ait eu une relation avec un homme (l'avocat de l'opposition essaya de prouver que c'était une preuve d'instabilité), lui fit perdre la garde de Hana.

La vieille du mariage d'Akashi, il tambourina à la porte de ce dernier, emplis d'une rage et d'une détresse folle. Akashi lui ouvrit. Il savait déjà qu'Aomine avait perdu le procès.

-Elle m'a volé ma fille ! Comment je vais faire maintenant ?

-Aomine, tu devrais te calmer...

-C'est ton putain d'avocat ! Il a pas fait son boulot ! Il était passif, il m'a à peine défendu. J'ai eu envie de le tabasser... j'ai... Akashi... j'ai perdu ma fille...

Il s'effondra. Akashi n'avait presque jamais vu Aomine pleurer. Cette vue lui fendit le cœur. Il s'accroupit à côté de lui pour le consoler.

-Je suis désolé, Aomine.

-Ton putain d'avocat... si seulement il avait fait son boulot... et le juge... comment a-t-il pu ne pas voir qu'elle est malveillante, qu'elle veux me voler ma fille ? Pourquoi m'a t'ont reproché de t'avoir aimé, d'avoir couché avec toi ? Pourquoi...

-Aomine... Je suis désolé...

Aomine mit un moment à capter qu'Akashi pleurait lui aussi. Le basané ne compris pas pourquoi. Pourquoi répétait-il ainsi qu'il était désolé. Étrangement, cela calma Aomine.

-Akashi... pourquoi tu pleures ? Je veux dire... ton avocat est un enculé, mais je ne voulais pas te faire culpabilisé comme ça...

-Aomine... il sait.

Aomine le regarda sans comprendre.

-Mon père sait. Il sait qu'on a eu une relation. Il me l'a dit.

-Mais...

-Je suis tellement désolé...

Le cerveau d'Aomine semblait bloqué. Quoi ? Qu'est-ce qu'Akashi cherchait à lui faire comprendre ?

-Tu penses que ton père a influencé le juge ? Mais pourquoi ? On est plus ensemble.

-Je ne sais pas. Aomine, je te jure que...

-Depuis quand ?

-Pardon ?

-Depuis quand es-tu au courant ?

Akashi ne répondit pas. Aomine comprit que cela faisait longtemps qu'il le savait. Le basané se releva, le regard vide. Il sortit de l'appartement. Akashi continuait à pleurer. Sa poitrine lui faisait mal. Il savait qu'il aurait dû lui dire. Aomine aurait pu se préparer. Mais à aucun moment Akashi n'avait imaginé que son père irait jusqu'à racheter à sa cause l'avocat d'Akashi, corrompre le juge, rien que pour punir son fils d'avoir eu l'audace et l'inconscience d'entreprendre une liaison avec un homme.


C'était sûrement le mariage le plus triste. La famille de la mariée semblait contente, Masaomi aussi ainsi que tous ceux qui ignoraient que c'était un mariage arrangé. Akashi n'arrivait pas à se forcer à sourire contrairement à sa femme qui cachait assez bien ce qu'elle ressentait.

De la génération des miracles, seul Midorima semblait satisfait. Il voyait son ami revenir dans les bons rails. Murasakibara voyait à quel point Akashi souffrait. Aomine était là, mais il restait dans un coin. Il fulminait de colère, de contrariété.

Après la cérémonie, Akashi alla rejoindre ses amis dans un coin de la salle. Kise le prit longuement dans ses bras. Kuroko se contenta d'un maigre sourire. Momoi tapota gentiment son épaule avec des yeux tristes.

-Allons, pourquoi faîtes-vous ces têtes, demandât Akashi. C'est mon mariage.

-Justement, Akashicchi. On voit bien que ça ne te fait pas plaisir.

Midorima remonta ses lunettes. Akashi le regarda durement.

-Vas-y, dit ce que tu as à dire. Je t'écoutes.

-Je n'allais rien dire.

-Vraiment ? Tu n'allais pas dire que c'est mieux ainsi ? Chacun à sa place ?

-Si...

Kise ne pouvait pas entendre ce genre de choses. Il posa violemment son verre qui faillit se casser.

-Midorimacchi ! Tu vois bien que personne n'est heureux !

-Le papa d'Aka-chin a l'air heureux.

-Bien sûr qu'il est heureux ce vieux renard, dit Kise. Il veut seulement avoir des petits-enfants. Il ne cherche pas à ce qu'Akashicchi soit heureux. Et...

-Kise, c'est bon. On a compris. Arrêtez. Vous vous donnez en spectacle.

Midorima tourna les talons et s'en alla. Akashi regarda Aomine qui restait dans son coin. Kuroko aussi le regardait, la mine triste. Kise reprit sa flûte de champagne.

-Midorimacchi ne changera jamais...

Akashi vit Aomine se décoller de son mur et se diriger vers Masaomi qui semblait parler avec Midorima. Akashi pressentit une catastrophe, tout comme Kuroko. Avec le bleuté les autres qui, curieux, les suivirent, ils s'approchèrent pour arrêter Aomine.

-En tout cas, Midorima, je tiens à vous remercier, dit Masaomi. Cette union n'aurait sûrement pas été possible sans votre aide.

Aomine s'arrêta. Midorima vit Akashi. Il vit ce regard rouge qui venait de comprendre que son ami l'avait trahis.

-Midorimacchi ? Qu'est-ce que tu as fait ? Demandât Kise.

-Rien... je...

-Seijuro, c'est ton ami qui m'a informé que tu fréquentais un homme.

Momoi mit ses mains sur sa bouche, choquée. Kuroko laissa tomber sa flûte de champagne. Il regarda Aomine puis Akashi. Les deux semblaient détruits de l'intérieur. L'ultime trahison. L'ultime coup de couteau pour les achever, porté par un ami.

-Tu as dénoncé Aka-chin, Mido-chin ?

-Je...

-Tous les deux... commençât Aomine. Ma fille... à cause de vous... on m'a prit ma fille.

Tous les regards se tournèrent vers eux. Akashi ne pouvait plus prononcer le moindre mot tellement il était sous le choc. Il regarda son monde imploser. Aomine se rua sur son père, Kise insulta Midorima pendant que Murasakibara semblait se retenir de frapper celui qui avait fait du mal à son Aka-chin. Momoi chercha à les raisonner. Kuroko voulu intercepter Aomine. S'il frappait le père d'Akashi, il mettrait un terme à toutes ses chances de récupérer la garde de sa fille un jour et il mettrait fin à sa carrière.

Comme par réflexe, Akashi attrapa le bras d'Aomine avant qu'il ne commette l'irréparable. Le basané le regarda avec ses yeux tristes.

-Ne m'en empêche pas, Akashi. Tout est de leur faute.

-Va t-en, Aomine. Quitte cet endroit sur le champ. C'est un ordre.

-Tu ne peux pas me priver de ça ! Ils m'ont prit ma fille.

-Je sais. Ils viennent de me prendre ma vie. Mais je te demande de t'en aller.

Akashi lâcha la manche d'Aomine et regarda ses invités.

-Allez vous en ! Tous ! Je ne veux plus voir personne !

Tout le monde se regarda, mal à l'aise ou friand de ce malheur.

-DÉGAGEZ !

Petit à petit, la salle de réception se vida. Il ne resta bientôt plus qu'Aomine et Akashi.

-Je préfère que tu ne déteste que moi, Aomine. Dis-toi que tout est de ma faute. C'est un peu vrai de toute façon.

-Pourquoi tu les as défendu ?

-A quoi ça t'aurai avancé de tabasser mon père ? Il se serait vengé. Et Midorima ne mérite pas ta colère. Il est trop rigide pour changer un jour. J'aurai dû comprendre plus tôt...

Ils restèrent silencieux un moment, les yeux baissés. Même la nouvelle femme d'Akashi était partie. Le rouge se demanda ce qu'elle pouvait bien penser de lui.

-Et maintenant ?

-Rien. Il n'y a plus rien.


Et voilà ! Une histoire qui finie mal... pour pas changer, hein.

Joyeux Noël de nouveau ! pas trop déprimé ?

PS : J'ai pas corrigé les fautes, je le ferai plus tard.

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